Jean-Michel Blanquer : « Non, je ne soutiens pas spécialement Édouard Philippe »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et l'invité politique à 8h16 sur Sud Radio, c'est Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'éducation nationale, président du laboratoire de la République. C'est son cercle de réflexion. En anglais, on dit un think tank.
Bonjour monsieur Blanquer, merci de nous consacrer du temps. Vous êtes donc à sens où vous organisez ces universités d'été. Alors, vous réunissez en ce moment même lors de vos universités d'été plusieurs personnalités comme Sébastien Lecnu.
Alors, il y en a beaucoup, je vais pas toutes les citer hein. Édouard Philippe, François Hollande, Xavier Bertrand. Mais d'entrée de jeu, vous excluez la LFI et le RN.
Pourquoi ? Ils ne sont pas dignes du débat ? Si ils sont bien sûr dignes du débat.
J'ai jamais été excluant, mais c'est dans d'autres enceintes. Là, l'objectif euh c'est surtout de voir quel serait un un projet de société pour 2027 qui ne serait pas un projet extrémiste mais qui transformerait réellement la France. Alors, ça veut pas dire que les gens qui viennent ici sont tous du même avis.
Il y a des des points de vue même très différents, mais disons qu'il y a un socle de de valeurs qui sont pas celles de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen. Donc, c'est normal de ne pas être avec eux. En revanche, on a des occasions de débattre chez vous par exemple ou dans différents médias.
Donc mais là il s'agit vraiment de dire que le sujet ne doit pas être un sujet de personne vu les enjeux énormes pour le pays, mais un sujet d'idées et de projets très concrets pour vraiment remettre la France sur sur les rails en mettant certains thèmes vraiment en haut de la pile. Le l'un d'entre eux, c'est la revitalisation du territoire qui est le sujet clé dont on va parler au cours de ces deux jours. Est-ce que précisément avant de avant d'évoquer cette revitalisation du territoire et qui est évidemment un élément clé euh et dont on a un peu parlé d'ailleurs lors du débat hier, mais d'abord votre regard sur le débat d'hier.
Est-ce que on a là les grandes lignes de la campagne qu'on va vivre pour les les h proches à mois en partie ? Oui, mais pas complètement. C'estàd d'abord parce qu'il y a pas forcément tous les candidats présents hier.
Euh ensuite parce que les formats permettent pas toujours d'aller au bout de des idées. Puis troisièmement parce que comme il s'agit d'une invitation euh du MEDF, c'est forcément et c'est normal très centré sur les questions économiques. Donc je pense que ce qu'on a eu hier, c'était euh notamment quelque chose d'assez euh intéressant et assez complex sur les enjeux économiques.
Euh mais il y a évidemment d'autres enjeux, par exemple [grognement] au politique et puis bien entendu les tous les enjeux régaliens de la France qui qui ne peuvent pas être approfondi dans un cadre comme celui-là. En revanche, sur le plan économique qui est essentiel, des choses très importantes ont été dites en effet. Alors justement Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'éducation nationale et président donc du laboratoire de la République, vous soutenez Édouard Philippe aujourd'hui ?
Non, pas spécialement. Il est invité et je l'apprécie beaucoup et je le considère digne d'exercer la fonction. Mais aujourd'hui, je suis pas en soutien d'un candidat puisque précisément le but est de dire il faut un projet de société.
Ne parlons pas d'abord des personnes, il est légitime que des candidatures s'expriment. Mais pourquoi faire ? Qu'est-ce que nous voulons au service de de notre pays ?
Et donc c'est ça le c'est ça qui est traité au cours des des deux jours qui viennent à sens. Et c'est d'ailleurs c'est pas pour rien qu'on a choisi la ville de sens. Il y a bien des raisons.
D'abord parce qu'elle est emblématique de ce territoire qu'on que à a à revitalisé si vous voulez avec de belles de belles réussites et aussi de de des ambitions mais aussi parce que nous voulons montrer que il y a la nécessité de de rassembler aujourd'hui les les Françaises pour des enjeux comme cela. Vous et le voyez le slogan c'est faire sens ensemble. C'est presque une définition de la République.
Euh, on a besoin en France aujourd'hui de d'être un peu moins dans le conflit. Justement euh si on fait le lien entre le débat d'hier et certaines propositions qui ont été faites, je pense à celle d'Edouard Philippe justement euh concernant peut-être le les règles commerciales et la concurrence évidemment chinoise. Et si on fait un lien avec la revitalisation nécessaire de notre territoire, est-ce que la proposition d'Edouard Philippe vous la reprenez ?
Est-ce qu'elle vous paraît en tous les cas une bonne piste de travail ? Même si pour le moment c'est un peu le sentiment qu'on a, c'est qu'on a l'impression qu'il y a des idées qui sont sur la table. On attend de voir exactement concrètement commentait tout comment tout cela pourrait se traduire.
Mais concernant cette idée, il explique que à chaque fois qu'il y a un partenariat avec des Chinois et qu'il y a un investissement à l'étranger, il pourrait y avoir une forme de réciprocité qui pourrait s'appliquer dans notre territoire en France. Voilà quelque chose en tous les cas qui parle. Je pense au aux gens qui nous écoutent.
Est-ce que vous reprendriez cette idée-là ? Bien sûr, je pense que les idées doivent être à la fois cohérentes entre elles. C'estd que c'est pas des idées séparées et en même temps, elles doivent être précises pour être rapidement applicable une fois qu'un président ou une présidente serait serait élue.
Celle-ci, à mon avis, est une bonne idée. Tout ce qui va dans le sens de la réindustrialisation de la France va dans le va dans le bon sens. Tout ce qui va dans le sens aussi d'une vision qui nous protège par rapport à la concurrence des loyales dans le monde et notamment vis-à-vis des des de la Chine et des États-Unis est très important.
D'où l'importance d'avoir des règles françaises d'une part, européennes d'autre part qui nous permettent d'être dans de la compétition loyale à l'échelle à l'échelle mondiale. Et c'est le genre de chose que nous prenons évidemment au laboratoire de la République. Le nous avons au cours des décennies récentes été beaucoup trop candide par rapport aux enjeux de de concurrence.
Il est largement temps de de de réindustrialiser la France. Certaines choses ont bien commencé. Vous faites référence par exemple à notre façon d'aborder la Chine il y a 25 ans en disant faut y aller, c'est formidable, faut aller investir là-bas.
Euh résultat, bah on s'est un peu tout fait piller hein, pardon de le dire comme ça, mais c'est un peu le sentiment que que que les Français ont. Oui. Oui.
Mais ils ont ils ont raison. Moi, j'ai toujours pensé ça. D'ailleurs, j'ai jamais été dans un enthousiasme excessif sur cette question.
Alors, il fallait aller en Chine, certains l'ont fait et l'ont fait de manière pertinente, mais il fallait pas le faire n'importe comment et surtout il fallait rester vigilant sur les stratégies industrielles. C'est-à-dire que on ne devait pas perdre des capacités à faire et et on ne devait pas se laisser doubler. Or aujourd'hui, si vous regardez où on est la Chine, elle est extrêmement avancée, compris sur les enjeux de transformation écologique, d'électrification du territoire.
La France garde de très solides atout. Je pense à son énergie nucléaire, je pense à sa capacité de de formation des ingénieurs. Bon, à tout à toute une série d'atouts, un territoire fabuleux.
Euh maintenant, le moment est venu d'avoir une grande stratégie type 1958 si vous voulez ou et c'est aussi ce que nous prenons. C'est aussi pour ça que je prône la recréation d'une data ce que j'appelle une datar plus, c'est-à-dire une capacité à réinvestir sur tout le territoire de manière équitable de façon à ce que bah à la fois le renouveau de l'agriculture et le renouveau de l'industrie soit à la base de la prospérité. don dont on a besoin et c'est possible c'est une question de de volonté politique mais aussi de rassemblement c'estichel banquer peut-être qu'il faut rappeler à nos auditeurs ce que ce qu'est la datar parce que j'imagine que vous faites allusion à l'exemple américain on peut le raconter peut-être pour expliquer parce que c'est un élément qui permet des très grands investissements et c'est ce qui structure un pays mais comment ça marche est-ce que vous pourriez nous l'expliquer ça fait référence à la fois à la France des années 60 et aux États-Unis et à la Chine d'aujourd'hui.
à la France des années 60 parce que la DAT à l'époque a été vraiment un instrument d'investissement sur le territoire et je dirais de de presque de complicité entre l'État et les acteurs locaux pour bah que des grandes industries se déploient dans les grands domaines comme que j'ai cité d'ailleurs comme le nucléaire ou ou par exemple l'aéronautique des sujets qui parfois ont été dans un cadre français parfois déjà dans des cadres d'alliance industrielle européenne. Les deux sont possibles. Et puis comme vous le disiez aux États-Unis, vous avez des agences notamment dans le domaine de la sécurité qui littéralement arrose le le monde économique sur des grands projets.
On a besoin aujourd'hui aussi de motiver la France sur des grands projets. Je pense par exemple au canal à toute la politique que nous devons avoir de de canaux fluviux que ce soit au nord avec le Avré Paris et le canal vers le nord ou que ce soit au sud entre Marseille et Lyon. Nous avons euh besoin de à la fois de d'avoir une vision pour la France qui s'accompagne de transformation écologique, d'où l'importance du fluvial et du ferroviaire et euh qui s'accompagne aussi de de projets qui vont créer de l'emploi de de la richesse.
Ce sont des choses que sur ce point sur ce point Jean-Michel Blanquer, j'entendais lors du débat hier euh Raphaël Gluxman dire "On passe notre temps à faire du saupoudrage sur la réindustrialisation et sur la revitalisation des territoires." Donc c'est totalement lié. On est dans le sujet dont vous parlez et qui est l'objet de vos universités d'été de ce weekend.
On fait du saupoudrage, on ne fait pas de choix. Et par exemple, il citait la filière bois évidemment l'écologie. Est-ce que vous êtes partisan aussi que peut-être ce pays se décide à à à tracer une ligne et à dire voilà on choisit deux tr quatre grandes lignes d'investissement qui vont nous permettre d'être les meilleurs au moins à l'échelon européen ?
Oui, il faut évidemment des priorités, parfois elles existent un peu. Il faut pas non plus caricaturer le la situation présente. Par exemple, si vous voyez ce qui s'est fait en matière de batterie électrique récemment avec l'installation d'une grande usine méga usine dans le nord et cetera.
Donc il y a des domaines qui ont été qui ont été définis. Il y a le projet qui s'appelle France 2030 qui n'est pas rien et qui aboutit à certains résultats mais c'est encore pas à l'échelle. Donc en effet, il faut des grandes priorités dont certaines sont incontournables parce que on ne peut pas être mauvais.
L'exemple typique, c'est évidemment l'énergie. Il se trouve que la France est bonne là-dessus. Elle peut être encore meilleure euh que ce soit au titre du nucléaire ou au titre de de certaines énergies renouvelables à condition que ce soit bien fait.
Mais en tout cas, il est évident qu'on peut être une grande puissance énergétique, ce qui a beaucoup de sens dans un monde où en deuxème lieu, ce qui est très important, ça va être l'arrivée de la révolution de l'intelligence artificielle qui elle-même suppose de l'énergie propre. ce que nous sommes capables de faire. Donc déjà sur ces deux enjeux, on ne peut pas être à la traine.
Il se trouve que sur l'enjeu du numérique, on a pris du retard, mais on a encore quand même quelques atouts. Donc, il faut faire levier avec ces ces atouts-là et avoir vision de la société qui prennent en compte l'intelligence artificielle à la fois sur le mode offensif, c'est-à-dire être un être bon dans le domaine. On a des des acteurs comme Mistral qui peuvent nous permettre de l'être.
Et puis euh euh sur le mode défensif, c'est-à-dire défendre nos libertés, éviter d'entrer dans un monde déshumanisé, tenir compte de l'IA dans les évolutions de du système éducatif et de la vie de nos enfants. Tout ceci, c'est ça compose un véritable projet de société. Nous nous avons des transformations gigantesques devant nous.
Elles peuvent aller vers le très négatif ou vers le très positif selon le projet politique qui va les canaliser. Jean-Michel Blanquer, pour terminer, parlons un petit peu de la rentrée parce que vous êtes ancien ministre de l'éducation nationale et pour beaucoup de Français, vous êtes vous vous restez en mémoire comme quelqu'un qui a osé parler vrai au sein d'un ministère qui n'était pas toujours réformable et facile à à manier. À 2 jours de la rentrée, ça fait partie des annonces et des axes de travail d'Edouard Gef.
Il en fait une des priorités. Est-ce que vous diriez que le niveau scolaire en France est mauvais comme lui ? Non, je le le niveau scolaire est hétérogène.
C'est pas tout à fait la même chose. Si si nos auditeurs regardent autour d'eux, ils auront sans doute tous des exemples de d'école, de collège ou de lycée qui vont mal et d'autres qui vont bien. Donc là aussi, on a une grande hétérogénéité territoriale et et sociale.
Et donc si vous regardez par exemple la Bretagne, elle sur le plan scolaire, elle va elle va bien. De façon générale, il y a une frange ouest de la France qui va plutôt bien sur le plan scolaire. d'autres endroits et de notamment dans les grandes métropoles qui euh euh qui vont qui vont mal et qui c'est lié aussi à beaucoup de phénomènes de société qui entourent l'école, pas forcément à à l'école elle-même.
Donc non, je pense pas qu'il faut dire des choses trop générales sur l'école. Il faut faire attention. Et par contre, il y a évidemment quand vous dites d'autres phénomènes vous pensez quand vous dites d'autres phénomènes, Jean-Michel Blanquer, vous pensez à quoi ? pensez aux périphéries, vous pensez donc peut-être à l'immigration et donc à une intégration qui est difficile.
Bien sûr, bien sûr, les les les ratés de l'intégration d'une part, les phénomènes de violence et de drogue d'autre part, tous ces sujets-là viennent percuter l'école et c'est évident que ça n'est pas facile et qu'il y a des pays où il y a moins ces phénomènes et donc c'est plus facile pour l'école. Faut il faut le faut le dire clairement. Mais il y a aussi ce que l'école doit faire.
Et puis n'oublions pas que l'éducation c'est pas seulement l'école, c'est évidemment la famille. C'est aussi tout ce qu'on réussit à faire dans les temps de l'enfant en dehors de l'école. Et là aussi, le projet de société, il doit être sur ce qu'on fait pour la culture, le sport, le contact avec la nature des enfants pendant non seulement le temps scolaire mais surtout en dehors du temps scolaire.
D'où les différentes choses que j'avais pu faire aussi comme ministre de l'éducation mais aussi des sports et de la jeunesse, c'est-à-dire ce qu'on a appelé les vacances apprenantes, le plan mercredi, toutes ces choses qui vont dans le bon sens mais qui doivent aller beaucoup plus loin dans les dans les temps à venir. L'actualité sur le plan juste une chose sur l'actualité sur le sur le plan de l'éducation, c'est aussi malheureusement beaucoup de fermeture de classe et notamment dans les petits villages et on est très écouté dans dans les territoires. Pourquoi n'a-t-on pas un choix fort en matière de préservation des des classes quit à ce qu'elles soi moins nombreuses ?
Pourquoi ce choix systématique de dire il y a un seuil en duquel on ne descend pas et malheureusement vous savez ce qui se passe. On vous parlez de revitalisation au sein de vos universités d'été lorsqu'il y a une fermeture des classes. Après derrière ce sont des des parents qui s'en vont, ce sont des villages qui sont désertés et c'est toute une série de c'est une spirale en réalité et et qui est très mauvaise.
Bien sûr, mais je suis complètement d'accord avec vous. Et d'ailleurs, vous noterez que lorsque j'étais ministre de l'éducation nationale, on a euh fermé le moins possible d'écoles en milieu rural et j'ai toujours tenu le discours de la revitalisation de des des villages et des petites villes. Alors ça parfois la démographie la démographie malheureusement est tellement désastreuse actuellement que ça conduit à des fermetures inévitables.
Il faut le reconnaître. Mais néanmoins, on doit avoir C'est ça le volontarisme dont je parlais tout à l'heure si vous doit avoir des stratégies complètes pour un territoire. Bien sûr, on en manque et c'est pour ça je j'ai fait tout ce que j'ai pu lorsque j'étais ministre de l'éducation sur ces questions.
Vous pouvez les uns les autres peuvent regarder sur le plan rural, on a on a fait des choses. Mais il est évident que ça va au-delà de l'éducation. C'est-à-dire, c'est des stratégies territoriales où vous vous dites réindustrialisation, renouveau de l'agriculture, renouveau des services publics, présence de l'école qui soit attractif pour des jeunes ménages qui du coup auront des enfants, hein.
Aujourd'hui, ce qui est catastrophique, c'est qu'on a 1,6 enfants par femme en moyenne depuis enfin ça se dégrade année après année. Euh mais le désir d'enfant, c'est 2,3. Donc qu'est-ce qu'on fait pour que le pour atteindre le 2,3 pour que tout simplement les jeunes couples aient le nombre d'enfants qu'ils souhaitent avoir parce qu'ils ont ils auront un cadre agréable ?
Le logement par exemple, on a une immense crise du logement alors que vous avez des logements et des commerces qui ferment dans les petits villages. C'est c'est vraiment un crève cœur. Donc c'est pas par le c'est pas en ayant une politique du laisser faire que les choses vont s'améliorer.
C'est en ayant une vision pour le territoire et c'est ce que on va prener en ayant une vision pour le territoire tous les sujets viennent avec. L'économie, l'école, la santé bien sûr à la santé pouvoir d'achat et le pouvoir d'achat. Donc on va prener par exemple pour vous donner un exemple et bien sûr on termine avec ça et on termine avec ça Jean-Michel Blanquer.
Allez-y. C'est la régionalisation de la santé en en une des propositions qu'on va faire on en a parlé sur cette antenne cette semaine. Oui.
D'ailleurs Xavier Bertrand fait partie des personnes présentes. C'est un ancien ministre de la santé, il en il en dira un mot aussi mais c'est régionalisation de la santé, c'est-à-dire donner cette responsabilité aux régions et avoir une politique de prévention. Vous savez que notre santé c'est 80 % de la prévention, 20 % du curatif.
Merci, nous mettons tout l'argent sur le 20% comment demain, on peut avoir de la médecine et des infirmiers au plus près des gens. Ça fait partie évidemment des des enjeux des enjeux majeurs. Merci infiniment Jean-Michel Blanquer de nous avoir accordé du temps et bonne université d'été du côté de Sens.
Vous êtes ancien ministre de l'éducation nationale et président du laboratoire de la République
Édouard Philippe