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Podcast / conversationRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 26 août 2026 12 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesCulture, médias & sportNumériqueInstitutions & élections

L'Arabie séoudite va créer trois parcs d'attractions près de Paris

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    L'Arabie Saoudite va créer trois parcs d'attractions près de Paris. Pouvez-vous nous en dire plus ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Est-ce une déclaration d'amour ou un risque d'influence cachée ?

  • 4:16OuverteRéponse directe

    Y a-t-il un agenda caché pour influencer la politique française ?

  • 9:12OuverteRéponse directe

    Entre laïcité française et Arabie Saoudite, y a-t-il une dimension religieuse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:25InvitéChiffre
    « On parle de 22 000 emplois directs pour ce méga projet saoudien en région parisienne. »
  • 5:06PrésentateurChiffre
    « Le Qatar avait accepté de financer les 400 millions de dollars qui avait demandé Kadhafi pour la libération des infirmières bulgares. »
  • 11:01PrésentateurFait
    « Les Saoudiens ont préféré s'entendre avec certaines entreprises françaises dont les dirigeants étaient des catholiques pratiquants et fervents. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Invité20 %
  • Présentateur 23 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame. L'Arabie Saoudite va créer trois parcs d'attractions près de Paris. C'est le thème de l'entretien de Louis Dufresne avec Michel Taubes, journaliste, fondateur du média indépendant Opinion Internationale. Bonjour Louis.

0:27
Invité

Bonjour Bruno. Oui, l'Arabie Saoudite va donc financer près de Pontoise, à court dimanche, à 35 km au nord-ouest de Paris, un parc d'attractions de l'ampleur de Disney. En fait, il s'agit de plusieurs parcs intégrant des hébergements, des équipements culturels et sportifs, mais aussi des logements sociaux et étudiants. Ce méga projet de parc à thème en région parisienne a été annoncé lundi par le président Emmanuel Macron et le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed Ben Salman. Ils avaient assisté ensemble dimanche soir à Paris à la finale de l'E-Sport World Cup. C'est une gigantesque compétition de jeux vidéo qui était organisée pour la première fois hors d'Arabie Saoudite.

Alors la société qui va le financer, qui va financer ce méga projet près de Pontoise, s'appelle Kidia Investment Company. C'est une société détenue par le fonds souverain saoudien. L'un des parcs pourrait être consacré à l'univers Dragon Ball, selon l'Elysée. En Arabie Saoudite, QIC, donc c'est le nom de cette société, développe déjà Kidia City. C'est une ville nouvelle avec le premier parc à thème Dragon Ball du monde, mais aussi un parcours de golf, un circuit de vitesse, etc. On parle de 22 000 emplois directs pour ce méga projet saoudien en région parisienne. Bonjour Michel Taub. Bonjour Louis Defrennes, vous allez bien ? Très bien, et vous-même ?

Ça va, bonjour à vos auditeurs et merci pour cette invitation. On va essayer de comprendre ce qui se passe, parce que vous avez déjà écrit la face cachée des Émirats Arabes Unis. Alors j'ai pensé à vous, je me suis dit que vous auriez sans doute des infos. Vous êtes fondateur du Média Indépendant Opinion Internationale. Comment percevez-vous les intentions de MBS ?

1:56
Présentateur

Écoutez, ça n'est pas une nouveauté. La France entretient des relations économiques et commerciales avec la plupart des grands pays du Golfe, que ce soit l'Arabie Saoudite, on va en parler, mais également les Émirats Arabes Unis, mais également le Qatar, qui est extrêmement présent dans l'économie française. Donc on a une tradition, non seulement de politique arabe de la France, mais de relations commerciales très fortes entre la France et les pays du Golfe.

Et il est vrai que depuis une dizaine d'années, l'Arabie Saoudite, qui a décidé peut-être un peu plus tardivement que, par exemple, le Qatar, de diversifier son économie et de ne plus dépendre uniquement du pétrole, a décidé d'investir massivement en Europe et plus particulièrement en France. Mohamed Ben Salman, qui est le prince héritier de l'Arabie Saoudite, qui est l'homme fort de l'Arabie Saoudite, a une appétence très très forte pour la France. Il y a acheté plusieurs propriétés. Il y vient quasiment tous les ans.

Et manifestement, il y a une sorte de proximité entre l'Arabie Saoudite et la France, qui en fait dépasse, je pense, vraiment la personne d'Emmanuel Macron et encore une fois des relations personnelles, mais qui s'inscrit encore une fois dans un mouvement de fond. Les pays du Golfe sont très présents dans l'économie française. Ils le sont de plus en plus. Et contrairement à ce que disent certains observateurs, ils sont loin d'être uniquement présents dans ce qui est peut-être un petit peu la face visible et spectaculaire de ces relations, à savoir effectivement l'économie du divertissement.

Cela concerne également d'autres secteurs d'activité, l'intelligence artificielle, l'armement, la recherche. C'est quand même des relations culturelles, on peut aussi en parler. Donc voilà, c'est vraiment une politique à 360 degrés qui est menée par l'Arabie Saoudite en France, avec l'accord, et plus que l'accord, l'intérêt très très prononcé de la France.

4:02
Invité

Vous y voyez, Michel Taubes, une forme de déclaration d'amour qui se manifeste à travers ce méga projet, et puis tant d'autres projets auxquels Mohamed Ben Salman est attaché. Est-ce qu'on peut y voir aussi ? Est-ce qu'il y a un risque ? Parce que vous pensez bien que si on parle de vases cachées, et justement c'est pour ça que j'étais quelque peu intrigué par cette dimension-là, est-ce qu'il y a une sorte d'agenda caché qui voudrait tendre à influencer la politique française ou la société française à travers ce parc d'attraction ?

4:33
Présentateur

Je pense qu'il ne faut pas être naïf. Il y a une stratégie d'influence globale qui existe depuis des décennies. Moi, dans les années 2000, j'ai beaucoup milité contre la peine de mort dans le monde et j'avais présenté à Nicolas Sarkozy les familles des infirmières bulgares qui étaient condamnées à mort en Libye. Pour ceux qui ont, comme moi, un certain âge, ils s'en souviennent. Mais la contrepartie de cette libération qu'avait obtenue Nicolas Sarkozy, c'était un rapprochement très fort avec le Qatar, puisque le Qatar avait accepté de financer les 400 millions de dollars qui avait demandé Kadhafi pour la libération des infirmières bulgares.

Et le Qatar doit beaucoup à Nicolas Sarkozy ses investissements massifs en France, notamment dans le monde de la communication, où le Qatar est extrêmement présent, mais où, également, il y a eu tout un volet de soutien à des jeunes issus des banlieues pour faire émerger une nouvelle élite issue des banlieues à laquelle le Qatar a participé très, très activement. Parce que, justement, il y avait clairement une stratégie de volonté d'influence dans la société française et pas uniquement au niveau des investissements purement financiers et commerciaux. Donc ça, c'est l'exemple du Qatar. Mais on peut le dire aussi pour les Émirats arabes unis.

Jacques Chirac avait une politique pro-émirienne extrêmement forte. Lorsque Jacques Chirac est décédé, une semaine après, à Abu Dhabi, si je ne me trompe pas, en tous les cas aux Émirats arabes unis, les autorités émiriennes ont inauguré une avenue Jacques Chirac, en hommage à Jacques Chirac, parce qu'il avait été tellement proche des Émirats que, voilà. Alors, pour ma part, vous faites référence à mon livre sur les Émirats arabes unis, qui est un livre qui date de 2018. C'est vrai qu'à l'époque, je critiquais beaucoup les Émirats arabes unis.

Après, j'ai beaucoup plus salué le rapprochement entre les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et Israël, parce que je suis favorable à un processus qu'on appelle les accords d'Abraham et qui consiste à rapprocher les points de vue, on va dire, pas que sur le plan d'ailleurs politique, mais également religieux, spirituel et du dialogue des civilisations. Donc, depuis, je soutiens ces démarches-là. Mais voilà, il ne faut pas être dupe.

Il est vrai que derrière ces accords commerciaux monumentaux, qui représentent des centaines de milliards d'euros, lorsqu'on les additionne tous depuis 10 ou 20 ans, il y a effectivement une présence économique, mais également une stratégie de soft power, parce que, comme vous le rappelez d'entrée de jeu, lorsque l'Arabie Saoudite décide d'organiser à Paris l'Esport World Cup, qui est un des plus grands événements mondiaux de e-sport, donc de jeux de vidéo, c'est bien dans le but de séduire la jeunesse française. C'est évident.

Donc, il y a véritablement une stratégie de séduction et de conquête, j'ai envie de dire, des cœurs et des esprits de la société française pour changer l'image qu'ont les pays arabes et les pays du Golfe dans notre pays. Et j'ai envie de vous dire, ils y réussissent plutôt bien, parce qu'en fait, ils y mettent les moyens. Et je vais vous donner un autre exemple. L'Arabie Saoudite a un projet qui s'appelle Vision 2030, vraiment d'adaptation de l'économie saoudienne à son ouverture au reste du monde et pas d'être centré que sur les pétrodollars, sans quoi ils ont bien anticipé les choses, parce qu'avec ce qui s'est passé avec l'Iran depuis quelques mois, ils ont bien eu raison de le faire.

Mais par exemple, l'Arabie Saoudite a un projet gigantesque qui s'appelle le projet Aloula, de créer une cité culturelle, patrimoniale, sortie de rien, sortie du désert, qui sera une sorte de méga-cité qui permettra de visiter l'histoire de l'Arabie Saoudite, à laquelle, quel est le pays qui participe parmi les plus impliqués ? C'est la France, c'est la France. Et c'est Jean-Yves Le Drian, notre ancien ministre des Affaires étrangères, ministre des Indéfenses, qui est le président de l'Alliance française pour le projet d'Aloula. Et il est très, très fortement impliqué.

D'ailleurs, il a signé un nouvel accord avec le prince Ben Salmane à Paris le week-end dernier pour renforcer le soutien de la France. Donc vous voyez, les relations entre les deux pays, mais j'ai envie de dire, la plupart des grandes puissances du Golfe sont très, très importantes.

9:09
Invité

Michel Taubes, autant que vous puissiez en juger, entre la République laïque et l'Arabie Saoudite, est-ce qu'il y a dans ce type d'accords commerciaux une dimension, comment dirais-je, de conformité religieuse ? C'est-à-dire, est-ce qu'il y a une coloration ? Est-ce que l'Arabie Saoudite ou les autres pays du Golfe ont une intention religieuse à travers ces projets qui sont liés à leur stratégie d'influence ? Est-ce qu'on peut le mesurer ?

9:32
Présentateur

Alors c'est très intéressant et je pense que c'est une question évidemment fondamentale. C'est assez étonnant comment la France de la laïcité, qui est censée être totalement neutre sur le plan religieux, est capable de signer les contrats et de s'entendre et de développer un dialogue culturel avec des pays qui sont en fait des théocraties et qui sont des régimes où la religion d'État est extrêmement présente. Évidemment, en Arabie Saoudite, c'est dans les pays du Golfe, c'est évidemment l'islam. C'est une anomalie française ? Je ne sais pas. Il y a en tous les cas, la France est aussi la fille aînée de l'Église et la France a une histoire religieuse extrêmement forte.

Donc moi, quelque part, ça ne m'étonne pas qu'au niveau des plus hautes instances de l'État français, et là, encore une fois, on ne parle pas de tel ou tel président de la République, on parle du dialogue entre les chefs d'entreprise, entre les institutions culturelles, entre vraiment les corps les plus profonds, l'armée française, donc les corps constitués les plus profonds de notre État, voient, à mon avis, d'un bon oeil, des discussions avec des pays qui ont effectivement une foi cheville au corps.

Je ne pourrais pas donner de nom, mais je peux témoigner que, par exemple, pour l'attribution de certains marchés publics, pour les sports de World Cup qui s'est tenu au Grand Palais pendant tout l'été, les Saoudiens ont préféré s'entendre avec certaines entreprises françaises dont les dirigeants étaient des catholiques pratiquants et fervents parce qu'ils trouvaient en eux peut-être une sorte de confiance réciproque par rapport à certaines valeurs fondamentales qu'ils portent plutôt que d'aller vers des compagnies purement business. Et donc, vous voyez, la France, bien qu'un pays très laïque, c'est aussi un pays où le religieux est très important. Il y a de plus en plus d'autres terrains.

Donc, il y a aussi cette dimension. Après, ce qu'il faut espérer, c'est que dans ces pays du Golfe, Mohamed Ben Salman, qui est souvent très critiqué pour la pratique de la peine de mort qui est malheureusement fortement appliquée et pour certaines pratiques qui sont contraires à la démocratie, en même temps, Mohamed Ben Salman est un homme moderne. C'est un homme qui veut moderniser l'Arabie Saoudite. Donc, il a une vision de l'islam beaucoup plus modérée que beaucoup plus de religieux extrêmement, beaucoup plus extrémistes. Donc, il faut aussi soutenir ces pays qui veulent se tourner vers la modernité et vers l'Occident sans rester dupes et en restant vigilants.

Mais il y a aussi ces enjeux de fond dont vous parlez et qui sont si importants, bien entendu, pour nous et pour nos enfants.

12:07
Invité

Merci beaucoup, Michel Taubes, d'avoir été des nôtres ce matin et de nous avoir fait profiter de votre analyse. Journaliste fondateur du Média Indépendant Opinion Internationale. À bientôt. Merci à vous.