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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 3 septembre 2026 21 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Face à Face : Arnaud Rousseau - 03/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Vous êtes le président de la FNSEA depuis 2023

  • 0:22OuverteRéponse directe

    L'agriculture elle est en crise depuis des années

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Sébastien Lecornu avait solennellement affirmé que l'agriculture était son dossier prioritaire de la rentrée

  • 0:44RelanceRéponse directe

    Il a dit hier soir finalement dernière minute qu'il n'y aurait pas de mesures aujourd'hui

  • 1:17FerméeÉludée

    Vous avez une date pour les annonces ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Canicule, incendie, sécheresse : est-ce que vraiment c'est cet été l'été de trop ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiqueFait
    « Le pronostic vital de l'agriculture française est engagé »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « évidemment on peut pas attendre »
  • 1:28Invité politiqueFait
    « Nous ne pouvons pas attendre »
  • 1:31Invité politiqueFait
    « L'agriculteur qui doit semer son blé doit savoir et c'est dans quelques semaines »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « En tous les cas c'est une épreuve particulièrement difficile »
  • 2:43PrésentateurChiffre
    « La France importe davantage qu'elle n'exporte »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « nous sommes donc dans une situation où c'est stop ou encore »
  • 3:37Invité politiquePromesse
    « J'ai rendez-vous à Matignon la semaine prochaine, le 8 septembre avec le Premier ministre »
  • 4:54Invité politiqueFait
    « les pommes qui vont arriver dans quelques semaines ont aussi des impacts »
  • 6:55Invité politiqueChiffre
    « sur cette boîte de haricots, de passer de 13 centimes à 15 centimes ça changerait la donne »
  • 10:34Invité politiqueChiffre
    « les impacts de 40 degrés sur un troupeau de vaches laitières, c'est des impacts qui vont de moins 15 à moins 30% de production de lait »

Temps de parole

  • Arnaud Rousseau64 %
  • Présentateur32 %
  • ?4 %

9,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Présentateur

écoutez

0:01
Locuteur

RMC Face

0:06
Arnaud Rousseau

à Face

0:08
Présentateur

Apolline de Malherbe

0:10
Locuteur

Il

0:13
Présentateur

est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Arnaud Rousseau

0:17
Arnaud Rousseau

Bonjour Apolline de Malherbe

0:17
Présentateur

Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes le président de la FNSEA depuis 2023 L'agriculture elle est en crise depuis des années Les colères agricoles qui se multiplient Mais elle est désormais menacée de disparaître Voilà ce que vous nous dites Le pronostic vital de l'agriculture française est engagé Sébastien Lecornu avait solennellement affirmé Que l'agriculture était son dossier prioritaire de la rentrée C'est mon dossier numéro 1 Il avait promis des mesures Elles devaient arriver aujourd'hui Et puis hier soir finalement dernière minute Il a dit bah non ça va pas venir tout de suite Vous attendrez Vous pouvez attendre

0:49
Locuteur

? Non

0:50
Arnaud Rousseau

évidemment on peut pas attendre Mais le sujet pour nous ne sont pas les quelques jours Éventuellement que le gouvernement peut prendre Pour affiner le dossier Ce qui compte pour nous c'est que les annonces Je l'espère au plus tard en début de semaine prochaine Montre la compréhension du gouvernement De la situation que vous venez de décrire Qui est absolument catastrophique Et donc ce qui compte pour nous C'est à la fois la capacité à réagir maintenant Et puis ensuite à se projeter Mais le

1:16
Locuteur

sujet numéro 1 Vous

1:17
Présentateur

avez une date

1:18
Locuteur

?

1:18
Arnaud Rousseau

Je n'ai pas de date C

1:19
Locuteur

'est que

1:19
Présentateur

là il n'y plus de date

1:20
Locuteur

Écoutez

1:20
Arnaud Rousseau

ils ont dit quelques jours Encore une fois pour moi le sujet n'est pas de savoir Si c'est demain ou lundi

1:25
Présentateur

Si c'est dans les jours qui viennent ça va

1:27
Locuteur

Oui

1:27
Arnaud Rousseau

bien sûr Nous ne pouvons pas attendre Pour une raison simple et soyons concrets L'agriculteur qui doit semer son blé Doit savoir et c'est dans quelques semaines On

1:36
Locuteur

seme le blé la dernière

1:36
Présentateur

semaine de septembre

1:37
Arnaud Rousseau

Absolument Et bien achète-t-il ces semences ? Les prépare-t-il ? Oui ou non ? L'éleveur qui déjà est en train d'affourager C'est à dire de nourrir ses animaux avec de l'herbe Qu'il avait prévu pour l'hiver Est-ce qu'il a les moyens de racheter du forage ? Ou est-ce qu'il se sépare de ses animaux ? Ça c'est très concret Et c'est maintenant Les décisions se prennent maintenant

1:57
Présentateur

Canicule, incendie, sécheresse Effondrement des productions Le constat est terrible Est-ce que vraiment c'est cet été l'été de trop

2:09
Locuteur

?

2:10
Arnaud Rousseau

En tous les cas c'est une épreuve particulièrement difficile Vous savez les agriculteurs sont habitués à vivre Avec les affres du climat Ça fait partie intrinsèquement de leur métier

2:17
Locuteur

Mais

2:17
Arnaud Rousseau

quand vous avez un épisode de cette ampleur Et que par ailleurs, vous l'avez dit Il succède à des années difficiles Il y a un trop-plein

2:25
Locuteur

Et de

2:25
Arnaud Rousseau

surcroît Quand vous n'avez pas de vision politique De ce qu'on veut faire de l'agriculture en Europe

2:30
Locuteur

Ou

2:31
Arnaud Rousseau

en France

2:32
Locuteur

Vous

2:32
Arnaud Rousseau

vous interrogez Sur le fait de continuer à faire ce métier Qui par ailleurs a du sens Je rappelle que nourrir les français me paraît être noble

2:39
Locuteur

Mais

2:39
Arnaud Rousseau

que de plus en plus Nous importons notre agriculture du reste de la planète Près d'un tiers aujourd

2:44
Locuteur

'hui Pour

2:44
Présentateur

la première fois La France importe davantage qu'elle n'exporte

2:48
Locuteur

Et

2:49
Arnaud Rousseau

nous sommes donc dans une situation Où c'est stop ou encore Où il y a une vision Qui nous permet de continuer Et des moyens Et je dis pas simplement des moyens de l'État C'est aussi des moyens dans l'ensemble des filières Moi j'en appelle aussi aux consommateurs

3:03
Présentateur

On va y venir Parce que ça aura des conséquences évidemment sur les prix Mais vous appelez une forme de solidarité Je recevais d'ailleurs ici même le patron d'Intermarché hier On verra aussi quelle est leur réponse Et si elle est à la hauteur Une question malgré tout Est-ce que vous avez rendez-vous avec Sébastien Lecornu ? Je rappelle ce qu'il a quand même dit le week-end dernier Il a une semaine Il a dit il faut deux plans pour les agriculteurs Un plan de soutien et de sauvetage pour passer l'hiver Puis un plan de relance pour 2027 Est-ce que, il vous l'a dit dans les yeux Est-ce que vous avez rendez-vous avec lui ? Est-ce que vous savez de quoi il parle ?

3:32
Locuteur

D

3:32
Arnaud Rousseau

'abord je me réjouis de cette prise de conscience Mais je crois que le Premier ministre le savait déjà J'ai rendez-vous à Matignon la semaine prochaine Le 8 septembre avec le Premier ministre Évidemment ce que je souhaite C'est que les annonces aient été faites avant Pour qu puisse se projeter Il a raison de dire que d'abord la situation c'est l'urgence Est-ce que oui ou non Comme n'importe quelle entreprise française J'ai la trésorerie pour pouvoir me projeter Et préparer le cycle cultural suivant En gros éviter le sur-accident Ou pas Et par ailleurs Est-ce qu'on peut commencer à parler de la suite Parce qu'on ne va pas pouvoir attendre les présidentielles On a besoin de décisions dès 2027 Notamment dans le budget

4:09
Présentateur

La question de l'effondrement des productions d'abord Je voudrais que l'on regarde J'allais dire rayon par rayon Les salades Il suffit de faire ses courses Pour se rendre compte qu'il n en a quasiment plus Dans les rayons Elles manquent Et pas que les salades lavées Un peu industrielles Non Toutes les salades Ne sont plus au rendez-vous Est-ce que la production s'est effondrée ? Est-ce que vous allez réussir à la relancer ? On dit qu'il va y avoir beaucoup de concombres Mais très peu de salades

4:32
Locuteur

Oui

4:32
Arnaud Rousseau

vous avez raison Quand vous êtes maraîcher Et que vous faites en plein champ Les salades Et d'autres productions Vous avez subi un été meurtrier Quand il fait 40 degrés Et que vous n'avez pas d'eau Même avec de l'irrigation Vous n'avez la plupart du temps Pas de production Ou une production dégradée Et je le dis parce qu'on a parlé des légumes Mais je peux d'ores et déjà vous annoncer Que les pommes Qui vont arriver dans quelques semaines Ont aussi des impacts Qu'est que ça veut dire ?

Ça veut dire que Quand vous êtes maraîcher Y compris dans le nord de la France J'avais au téléphone il y a quelques jours Des maraîchers du nord Finistère Qui est une région Où il pleut habituellement De manière importante C'est la catastrophe C'est la catastrophe en choux-fleurs C'est la catastrophe en brocolis Et donc ça veut dire Qu'il n'y a pas de production Et que là Les quelques pluies qui sont arrivées Vont probablement permettre De préparer l'avenir Mais que c'est extrêmement difficile Et le sujet de fond C'est à la fois la production Mais c'est aussi le prix Parce

5:27
Locuteur

que

5:27
Présentateur

forcément ça aura des conséquences Parce que moins de fruits Les prix vont évoluer Est-ce que c'est aussi plus globalement Un choix qui a été fait par la France Que l'alimentation soit toujours tirée vers le bas Dans les prix Alors oui pour le pouvoir d'achat Mais au mépris des agriculteurs Est-ce qu

5:46
Locuteur

'il faut

5:46
Présentateur

changer cette logique-là ?

5:48
Arnaud Rousseau

C'est une nécessité C'est une nécessité Et je veux le dire parce que Les gens qui nous écoutent disent Oui mais moi à la fin du mois C'est compliqué Prenons un exemple concret

5:58
Locuteur

Une

5:58
Arnaud Rousseau

boîte d'haricots verts Une boîte de conserve Donc un produit extrêmement standard Qui pèse 800 grammes Dans lequel il y a à l'intérieur 440 grammes de haricots verts

6:07
Locuteur

Qui coûtent

6:08
Arnaud Rousseau

2,50 euros 2,60 euros Dans un supermarché français La part de haricots verts Payée aux producteurs C'est moins de 13 centimes Apolline de Malherbe Moins de 13 centimes Sur 2,50 euros

6:20
Locuteur

Le

6:20
Présentateur

reste ça va où ? Ça va à qui

6:21
Locuteur

? Le

6:21
Arnaud Rousseau

reste c'est évidemment De la transformation De la logistique

6:24
Locuteur

La distribution 'est'industrielle ? C'est monduel ? C'est la chaîne

6:30
Arnaud Rousseau

tout au long C'est la raison pour

6:31
Locuteur

laquelle

6:31
Présentateur

C'est le supermarché Leclerc ou Intermarché ? C'est eux finalement ?

6:35
Arnaud Rousseau

C'est toute la chaîne Et encore une fois Ne laissons pas penser Qu'il n'y pas de création de valeur Entre le haricot Qui sort du champ Du producteur Et le supermarché Il y a tout un tas De chaînes de valeur Ce que je veux expliquer C'est qu'un petit peu D'inflation alimentaire N'est pas un drame Nous parlons de quoi Pour le producteur ? Nous parlons de 2 centimes Sur cette boîte de haricots De passer de 13 centimes A 15 centimes Ça changerait la donne Et vous voyez bien Que si on veut continuer A consommer français C'est absolument ce qu'il faut faire Il faut rompre Avec cette idée Qu'il n'y aura jamais d'inflation Et que se nourrir C'est toujours moins cher

7:07
Présentateur

C'est très intéressant Ce que vous nous dites Arnaud Rousseau Parce qu'évidemment A la fois politiquement J'allais dire même Vis-à-vis du grand public L'idée de dire Il faut accepter En fait On a l'impression a des années Qu'on est là à dire L'inflation, l'inflation, l'inflation Au secours Et vous vous dites Ce matin Il faut accepter En fait Il faut accepter A un moment Qui est un peu d'inflation Sur l'alimentaire

7:26
Locuteur

C

7:27
Arnaud Rousseau

'est du bon sens Dans nos fermes Nous avons des collaborateurs Le coût du travail Augmente tous les ans Et c'est normal Pour rémunérer Nos collaborateurs Le coût de l'énergie Mais enfin Chaque français voit bien Que quand il fait le plein A la pompe Ça a augmenté Le coût de nos matières premières

7:43
Locuteur

Donc l

7:43
Présentateur

'inflation alimentaire Non seulement Elle est nécessaire Mais au fond Elle est vertueuse

7:48
Arnaud Rousseau

Elle est en tous les cas Pour peu qu'elle soit maîtrisée Parce que je ne voudrais pas non plus Que la traduction de mes propos Ce soit On va faire n'importe quoi J'entends encore une fois Que se nourrir Pour un certain de nos compatriotes C'est compliqué Mais l'enjeu C'est la souveraineté C'est la capacité A garder une agriculture française Au moment où elle s'effondre Un tiers est importé Notre balance commerciale s'effondre Alors que par ailleurs Nous avons tout pour réussir

8:08
Présentateur

Arnaud Rousseau Est-ce que ça Vous allez pouvoir le mettre en oeuvre C'est-à-dire qu'on le sait bien Ici en France Il y a des règles Et notamment Cette règle de discussion des prix Négociation des prix C'est une fois par an C'est au 1er mars Ils sont arrêtés pour l'année Vous allez rouvrir les négociations Avec les industriels Avec les distributeurs

8:24
Arnaud Rousseau

Nous souhaitons effectivement Que dans les filières Avant

8:27
Présentateur

mars

8:28
Locuteur

Ils le

8:28
Arnaud Rousseau

souhaitent Bien sûr Nous souhaitons qu'il puisse y avoir Des réouvertures de négociations commerciales

8:32
Locuteur

Vous

8:33
Présentateur

le souhaitez Mais est qu vous disent oui ? Est-ce qu ont accepté

8:34
Arnaud Rousseau

? Ça c'est la responsabilité de la ministre Et c'est la responsabilité des acteurs Moi j'ai entendu sur votre antenne Thierry Cotillard dire Le

8:41
Locuteur

patron des

8:42
Présentateur

magasins intermarchés

8:42
Locuteur

On

8:42
Arnaud Rousseau

est prêt à faire un effort Dont acte Et encore une fois Justifions ces hausses de prix Mais je crois que le consommateur Comprend qu'avec ce qui s'est passé cet été C'est plus difficile de produire Et la rareté va faire partie maintenant De notre environnement Ça va être plus difficile de produire Avec le dérèglement climatique La France a besoin de faire Un certain nombre de réformes structurelles Nous avons commencé Avec la loi d'urgence agricole Stocker de'eau est absolument

9:04
Locuteur

vital

9:05
Présentateur

Thierry Cotillard et les autres disent On va faire des grandes opérations Fruits et légumes moches Ça suffit ça ?

9:11
Arnaud Rousseau

Non bien sûr que non On

9:12
Locuteur

a l

9:12
Présentateur

que c la réponse C'est A Mais on va accepter des fruits et des légumes De plus petit calibre Les fruits et légumes moches Et on va les vendre chez nous Et c'est un geste très généreux

9:19
Locuteur

C

9:19
Arnaud Rousseau

'est un premier pas Par ailleurs nécessaire Mais vous voyez bien Qu'il faut aller plus loin Il faut accepter de dire Que si on veut garder Une agriculture française On ne pas expliquer Aux consommateurs en permanence Que c'est de la déflation Et que de toute façon L'alimentation restera toujours au même point Parce que la doctrine de pas d'inflation alimentaire Est ancrée chez tout le monde Ça n plus possible

9:37
Présentateur

Y aura-t-il Et faut-il s'habituer à une forme de rareté

9:39
Locuteur

? Bien

9:40
Arnaud Rousseau

sûr Vous savez Les impacts du climat Ce n'est pas qu'en France Je pense à nos collègues Des territoires ultramarins Ils subissent des sécheresses carabinées J'avais mes collègues de la Martinique Il y a quelques jours au téléphone Pour eux c'est terrible Je sais que c'est pareil en Guadeloupe Le reste de la planète Soufre aussi d'un certain nombre D'impacts du climat On a parlé du phénomène El Nino Nos collègues allemands Subissent une sécheresse Donc la production agricole Qui dépend du climat Va être sous pression sur la planète Et donc Cette difficulté nécessite Que nous nous adaptions C'est ce que font les agriculteurs Mais il faut donner Quelques moyens De continuer tout de suite Et ensuite Il faut poser la vision Et mettre les moyens en

10:14
Locuteur

face

10:14
Présentateur

S'adapter On va voir aussi La question notamment Du stockage de l'eau Mais encore une question Sur les rayons Les oeufs La volaille Le lait On nous parle de 30% De baisse de production de lait Pour certaines vaches Parce qu'elles ont moins bu Parce qu'il y avait plus de sécheresse Est-ce que c'est en effet le cas ? Et est-ce que le prix du lait Doit là encore Augmenter ? Est-ce qu'on doit tous l'accepter J'allais dire collectivement

10:33
Locuteur

?

10:34
Arnaud Rousseau

Évidemment Les impacts de 40 degrés Sur un troupeau de vaches laitières C'est des impacts Qui vont de moins 15 à moins 30% De production de lait Mais je pourrais vous dire la même chose Sur le maïs Qui va faire sa plus faible récolte Depuis les 45 dernières années Nous avons parlé du maréchal Partout Il y a une pression à la baisse Voir du lait en supermarché A 80 centimes La brique De lait UHT Ça n'est pas tenable Nous ne pouvons plus voir Du lait en grande surface En dessous d'un euro le litre Et encore Donc ça Ça doit être une prise de conscience collective Je vous parlais de quelques centimes Acheter une brique de lait 1 euro C'est garantir aux producteurs Un revenu Et la poursuite de son laitilité

11:10
Présentateur

Si vous dites à tous ceux qui nous écoutent Si votre brique de lait Elle est moins de 1 euro C'est qu y un problème

11:15
Arnaud Rousseau

C'est que vous êtes en train de détruire la production laitière française Il faut le dire clairement

11:19
Locuteur

Ils

11:19
Présentateur

avaient du temps pour se préparer La candidate écologiste Marine Tandelier Accuse le gouvernement d'impréparation globalement sur la séquence climatique Mais aussi sur le grand plan pour l'agriculture Elle dit qu s sont pris au dernier moment Ils calculent parce qu'en réalité ils ne sont pas prêts A ce niveau d'impréparation c'est très préoccupant Est que vous partagez

11:40
Locuteur

?

11:41
Arnaud Rousseau

Écoutez, on est dans une situation particulièrement difficile Et on aura besoin de tout le monde pour réagir D'abord je le dis On aura besoin de l'ensemble des partis politiques Et au moment de la présidentielle On souhaiterait que le sujet Pas seulement de l'agriculture Mais de cette vision d'une souveraineté pour le pays Avec une acceptation de la remise en cause du pas d'inflation Soit un sujet de campagne présidentielle Et pas que pour l'agriculture J'ai discuté avec des artisans et des commerçants C'est la même problématique Deuxièmement

12:06
Locuteur

Ce

12:06
Arnaud Rousseau

qui s'est passé est assez inédit Encore une fois, le monde agricole a déjà subi des impacts du climat Mais là c'est allé très loin Ce qui compte c'est pas de dire Vous n'avez pas fait ci, vous n'avez pas fait ça Les écologistes n'ont pas beaucoup aidé au stockage de l'eau Par exemple ces 20 dernières années Mais nous avons besoin qu'il ait une réaction à la hauteur Une réaction du gouvernement Une réaction des filières Et je le dis aussi, une réaction du consommateur

12:25
Locuteur

On

12:25
Présentateur

va revenir sur les candidats Par exemple, Edouard Philippe dit justement qu'il faut stocker l'eau Mais puisque vous dites Les écologistes n pas forcément aidé Votre confrère et concurrent La coordination rurale Bertrand Ventrault Est jugé aujourd'hui pour avoir eu cette phrase Lorsqu'il a été élu à la tête de la coordination rurale Les écolos, la décroissance, ils veulent nous crever Vous aviez partagé le constat au-delà des mots

12:48
Locuteur

? Non

12:49
Arnaud Rousseau

mais au-delà des mots C'est quand même assez essentiel de rappeler Que la justice l'a convoqué pour répondre de ça En tous les cas, l'écologie politique a causé un préjudice majeur En refusant de regarder la réalité en face Nous avons besoin d'eau Et d'ailleurs à peu près tous les syndicats

13:05
Locuteur

Ils ont

13:06
Présentateur

regardé en face la question du dérèglement climatique Ils ont alerté Mais ce que vous leur reprochez C'est d'avoir refusé une autre manière de

13:15
Locuteur

se adapter

13:15
Arnaud Rousseau

Le dérèglement climatique, les agriculteurs Ça fait longtemps qu'ils ont compris Quand les vendanges sont avancées de trois semaines Quand les récoltes de fourrage sont avancées parfois d'un mois Quand la moisson a lieu maintenant fin juin, début juillet Quand j'étais plus jeune C'était jamais avant le 14 juillet Donc tout ça on le voit dans nos fermes C'est très concret

13:31
Locuteur

Les vendanges qui pour la plupart

13:32
Présentateur

ont déjà commencé Alors que normalement c'était fin septembre

13:34
Arnaud Rousseau

Absolument Mais la question maintenant que le constat est posée C'est qu'est-ce qu'on fait ? Et nous vous savez on vit

13:39
Locuteur

Sur le

13:40
Présentateur

stockage de l Est-ce que vous estimez Arnaud Rousseau Que si la guerre des mégabassines n'avait pas eu lieu L'agriculture se porterait mieux Est-ce que cet été aurait été moins difficile à traverser

13:49
Locuteur

? En

13:50
Arnaud Rousseau

tous les cas si on avait eu de l'eau à disposition On aurait été capable de mieux résister Je ne dis pas qu'il n pas eu des impacts L

13:55
Présentateur

'Espagne le fait

13:56
Locuteur

Mais

13:56
Arnaud Rousseau

attendez l'Espagne le fait L'Italie le fait Le Maroc le fait Tous les gens qui ont été avant nous confrontés à ces problématiques Quelle que soit la couleur politique de leur gouvernement Ont pris des mesures Maintenant il faut réagir Et stocker de l'eau C'est pas seulement un parti pré-agricole Vous avez vu les incendies cet été On sait que demain pour le petit nucléaire On en aura besoin On sait que pour l'adduction d'eau potable On en aura besoin Tout le monde aura besoin d'eau Donc on a besoin de la stocker C'est du bon sens Maintenant il faut passer aux travaux pratiques La loi d'urgence ouvre un certain nombre de possibilités Je veux que d'ici l'été prochain Les premiers projets soient en route Et là on verra bien Si ceux qui luttent en tous les cas contre cette approche Déposent des recours Vous

14:34
Locuteur

alliez dire

14:34
Présentateur

quoi ? Vous avez ouvert vos guillemets Puis vous n'avez pas

14:36
Locuteur

osé

14:36
Arnaud Rousseau

? Non mais je n pas osé Vous voyez très bien de qui je parle Ceux qui systématiquement attaquent les projets Quand on veut développer un poulailler Quand on veut faire une retenue collinaire Voilà Ce

14:44
Locuteur

sont les

14:45
Présentateur

écologistes militants ?

14:46
Arnaud Rousseau

Oui Une certaine militance historique Qui a lutté contre le nucléaire Qui lutte maintenant contre ce qu'elle appelle l'agriculture insensible Moi je rappelle que l'agriculture française Est une agriculture familiale Implantée dans les territoires Et que face à ce qui se passe sur la planète Si nous ne

15:01
Locuteur

réagissons pas Elle une

15:01
Présentateur

agriculture familiale ?

15:02
Arnaud Rousseau

Bien sûr que si Elle

15:03
Présentateur

n'est pas que une agriculture familiale Non mais quand on dit familiale On a l'impression des petites exploitations

15:06
Locuteur

Non mais moi je vous parle des capitaux Il y a

15:08
Présentateur

aussi des très grosses exploitations Et c'est d'ailleurs une des questions Que les écologistes Qui s'opposent à ces méga retenues d'eau Avant ils disent Le problème c'est que Gardez l'eau Oui mais à qui va-t-elle être distribuée ? Ils y voient une forme de lutte des classes

15:21
Arnaud Rousseau

C'est

15:22
Locuteur

comme ça

15:22
Présentateur

qu'ils le lisent

15:22
Arnaud Rousseau

Permettez-moi de rétablir la vérité Le foncier français Est détenu par des petits porteurs Et la quasi-totalité des exploitations agricoles françaises Avec quelques exceptions dans la viticulture Dans les grands crus Est détenue par des familles Il n a pas de fonds de pension en France Apolline de Malherbe Maintenant la lutte des classes Comme on l'appelle Et le sujet aujourd'hui C'est de nourrir les français Si on ne développe pas une capacité à régir Il n'y a plus d'agriculture française Donc on aura réglé le problème de la lutte des classes Ce qu'il faut absolument aujourd'hui C'est permettre aux agriculteurs De continuer à produire Ou alors on dit Ça vient d'ailleurs

15:54
Locuteur

On

15:55
Arnaud Rousseau

délègue notre souveraineté Mais sur l'alimentation Quand on joue à ça Ça se finit toujours très mal dans l'histoire

15:59
Présentateur

Arnaud Rousseau Une question aussi sur la volaille La volaille Et notamment la volaille ukrainienne Ou importée Et la question aussi du bœuf brésilien Sur la volaille On a découvert ces chiffres assez inouïs En se disant qu'on avait pourtant Des très belles exploitations de volaille En France C'est pas la sartoise près de Loué Qui vous dira le contraire Et pourtant Plus de la moitié du poulet Qu'on consomme en France Est importée C'est toujours le cas ça Alors ça fait deux ans Qu'on en parle Rien ne s'arrange

16:29
Locuteur

C

16:30
Arnaud Rousseau

'est 55% Apolline de Merbe Des poulets que consomment les français Qui ne sont pas produits en France Thaïlande Brésil Ukraine Tout ça Dans des conditions de production Qui ne sont pas les standards Les

16:41
Locuteur

règles du jeu

16:42
Présentateur

Qu'on s'impose à nous On ne les impose pas aux autres

16:44
Locuteur

Mais

16:44
Arnaud Rousseau

non seulement Les règles qu'on nous impose Ne sont pas exigées des autres Mais on a des éondes très concrètes Vous parliez de la volaille C'est évidemment le cas Mais je voudrais pointer du doigt Ce que la commission européenne Vient de décider Concernant le Brésil Souvenez-vous Il y a 8 mois A

16:58
Locuteur

Strasbourg

16:58
Présentateur

A partir d'aujourd'hui Je voudrais bien redonner cette information A partir d'aujourd'hui Les importations de viande brésilienne Qui pourtant avaient donc été autorisées Seront interdites L'Union Européenne suspend Ces importations de viande brésilienne Parce qu'effectivement Ils ont visiblement réalisé Que ce n'était pas en conformité Avec les règles européennes

17:19
Locuteur

Nous

17:19
Arnaud Rousseau

le disions avec force Il

17:21
Locuteur

y a eu une mois Ils

17:21
Présentateur

vous écouter

17:22
Arnaud Rousseau

Disons qu'on essaie

17:23
Locuteur

de vous expliquer Que

17:24
Arnaud Rousseau

nous étions dans l'excès Nous n'étions pas des gens sérieux Nous forcions le trait Nous faisions un syndicalisme Un peu conservateur Et puis tout d'un coup 8 mois après On découvre que finalement Ce qui est importé N'est pas conforme A la législation européenne Et on l'interdit

17:38
Présentateur

Utilisation abusive D

17:39
Arnaud Rousseau

'antibiotiques Par exemple sur l'élevage Est-ce que les responsabilités Vont être pointées Dans cette affaire ? Nous avons cessé de dire Que nous étions d'accord Pour commercer Pour

17:49
Locuteur

le

17:50
Arnaud Rousseau

peu que ce soit Loyal Ça ne l'était pas On nous expliquait Qu'il y avait des intérêts autres Et que la réelle politique Conduisait Par anticipation Malgré le recours Devant la Cour de justice européenne A mettre en place cet accord Et aujourd'hui On nous explique Que finalement Pour protéger Le consommateur européen On va interdire Mais enfin

18:05
Locuteur

C

18:07
Arnaud Rousseau

'est inacceptable Qui est responsable de ça ? Qui va oser Devant les européens Assumer Cette incohérence majeure Que nous dénoncions Depuis des années

18:17
Locuteur

Continuer

18:18
Arnaud Rousseau

à produire en Europe Avec une alimentation Parmi les plus sûrs de la planète Pour garantir aux consommateurs La qualité La sécurité C'est ça notre boulot A nous les agriculteurs

18:27
Présentateur

Suspension non seulement Effectivement des importations De viande De volaille De bœuf brésilien Mais aussi Du miel Des oeufs Et des oeufs Ça veut quand même dire Que tout ça aurait pu être anticipé Est-ce que l'Union européenne S'est trompée de combat

18:44
Locuteur

? En

18:45
Arnaud Rousseau

tous les cas Elle a fait preuve

18:45
Locuteur

Est-ce qu'elle est aujourd

18:46
Présentateur

'hui Votre ennemi Plutôt que votre allié ?

18:49
Arnaud Rousseau

Non vous savez Nous on a toujours dit Que face aux grands blocs mondiaux Il fallait réagir en européen Mais effectivement Nous avons dénoncé Avec force Cette vision De ce que L'Europe a appelé Le Green Deal Le pacte vert Qui était une vision Idéaliste Très naïve Et il me semble Que au moins S'il y une vertu A cette réaction D'interdiction des imports C'est que peut-être Il y une prise de conscience Qui va conduire A garantir que Maintenant On va cesser notre naïveté On va contrôler Ce qui arrive Et surtout On va redonner De l'ambition A'agriculture européenne Parce qu'on ne peut pas En permanence Expliquer que ça vient d'ailleurs Et détruire la production Derrière la production Il y aussi La création de valeur Il y la restauration Des finances publiques Il y a tous ces sujets-là

19:26
Présentateur

Arnaud Rousseau Les tracteurs Aux portes de Paris Les blocages Sur un certain nombre D'autoroutes Est-ce que ce sont des images Que l'on va revoir

19:34
Locuteur

? Partout

19:35
Arnaud Rousseau

je vais sur le terrain Vous savez J'étais dans l'Aveyron Je serai cet après-midi En Normandie Les gens disent On va attendre de voir Quelle est la prise de conscience Des pouvoirs publics Mais je le dis aussi Des filières Du consommateur Parce que ça ne peut pas Simplement être l'État Nous sommes conscients De l'État des finances publiques Mais s'il n pas Une réaction massive Avec une mise en place D'un certain nombre De moyens très concrets Qui donnent des signaux Alors évidemment Cet hiver Les gens qui sont Au bord du gouffre Voir tomber dans le gouffre Quand j'emploie L'expression De Vraiment Le diagnostic vital Est engagé C'est qu'on en est là Il y a des gens qui disent Moi c'est terminé Je ne peux plus J'aime ce métier Mais ce n plus possible Quand vous êtes En zone intermédiaire Quand vous êtes En Occitanie Qui depuis plusieurs années Subit cette affaire Quand vous êtes Aujourd'hui viticulteur Et que vous voyez Les foires au vin Dans lesquelles on voit du vin À vil prix Ça n'est plus tenable

20:22
Présentateur

Mais est que ça veut dire Que ce que vous êtes en train De nous dire C'est que cette colère Elle est pour l'instant retenue Parce qu'ils ont encore espoir Mais au fond Le gouvernement En annonçant hier Que finalement Ils n'étaient pas prêts Que le plan Ne serait pas annoncé aujourd'hui Que les aides Ne seraient toujours pas Ni annoncées Ni versées Est-ce qu'ils jouent avec le feu

20:38
Locuteur

?

20:39
Arnaud Rousseau

En tous les cas Ça fait trois hivers Qu'on est dehors On a besoin Effectivement D'une réponse rapide Et tout porte à croire Que la colère n pas disparu Je vous confirme même Que la colère est là Donc on a besoin De travailler avec les pouvoirs publics C'est la raison pour laquelle J'irai à l'invitation Du Premier ministre La semaine prochaine On va voir les moyens Mises en oeuvre Et si on considère Que ça n'est pas suffisant Ou qu'en tous les cas Les choses ne vont pas assez vite Et bien à nouveau On viendra exprimer notre colère Mais je le redis Vous savez la colère Ce n un sport Qu'on aime pratiquer Dans le monde agricole Parce que tous les hivers On a autre chose à faire On a énormément D'autres choses à faire Mais on veut se battre Pour ce métier Parce qu'on pense Que ça a du sens pour le pays

21:12
Présentateur

Merci Arnaud Rousseau D'avoir été mon invité ce matin Vous êtes à la tête de la FNSEA Le Premier syndicat agricole Merci à vous Il est 8h50 Sur RMC et BFM TV