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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 12 octobre 2026 24 minComplaisantActualité / polémiqueSantéEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Bernard Jomier : « Il faut instituer un véritable souverainisme européen » du médicament

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    En tant que médecin, est-ce que vous avez été confronté directement à ce problème de pénuries ?

  • 1:27OuverteRéponse directe

    Quels sont les produits qui connaissent le plus de ruptures ?

  • 2:03OuverteRéponse partielle

    Avec une perte de chance de guérir du cancer ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui explique ces chiffres ?

  • 3:07ComplaisanteRéponse partielle

    On va revenir sur l'enjeu de la relocalisation et de la gestion des stocks.

  • 3:21OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire qu'on consomme plus de médicaments ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « Je crois que 100% des médecins ont été confrontés à ce problème. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « La santé mentale est une grande cause. Rendez-vous compte, rendons-nous compte que des patients n'ont pas leurs médicaments dans le domaine de la psychiatrie, des neuroleptiques, des médicaments aussi importants, majeurs, manquent régulièrement. »
  • 2:45Invité politiqueFait
    « Parce qu'un des principaux facteurs, c'est la perte de la production de médicaments sur le sol européen. Les principes actifs et même ce qui sert après à fabriquer les médicaments ont été massivement transférés en Chine et en Inde. »
  • 3:15PrésentateurChiffre
    « 34% est expliqué par une augmentation du volume des ventes. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « Non, il y a une part de bonne nouvelle, c'est-à-dire que de plus en plus de personnes sur la planète ont accès aux médicaments. »
  • 4:16PrésentateurFait
    « Il y a une question d'approvisionnement. »
  • 5:06Invité politiqueFait
    « La relocalisation de la production se fait extrêmement lentement. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Quand vous communiquez pour dire, on va ouvrir une usine de doliprane en France, paracétamol, bon, très bien, mais enfin, c'est un médicament, d'abord, qui ne soigne aucune maladie, je tiens à le dire. »
  • 6:27Invité politiqueFait
    « Il faut une double volonté. Il faut une volonté française et européenne. »
  • 6:51Invité politiqueFait
    « Non, il faut instituer un véritable souverainisme européen. »
  • 9:02Invité politiqueFait
    « C'est surtout, bonjour monsieur, le résultat, la résultante de ce que j'ai expliqué, c'est-à-dire un défaut de politique industrielle en matière de médicaments. »
  • 9:50Invité politiqueFait
    « Il est temps, il est urgent, et c'est le travail qui est fait depuis deux ans au niveau européen, mais qui, encore une fois, est beaucoup trop lent, de mettre en place des mécanismes qui nous permettent de protéger cette industrie et de ne pas être dépendant d'une production d'héparine qui sera située à Chandernagore ou à Wuhan en Chine. »
  • 10:53Invité politiqueFait
    « On est extrêmement dépendant des productions étrangères. »
  • 19:32Invité politiqueChiffre
    « 40 000 personnes à peu près. »

Temps de parole

  • Bernard Jomier64 %
  • Présentateur17 %
  • Invité9 %
  • Invité 25 %
  • ?3 %

≈ 14,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Présentateur

écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bernard Jomier, vous êtes sénateur de Paris, désormais vice-président du Sénat. Vous siégez au groupe écologiste et vous êtes membre de Place Publique, le parti de Raphaël Luxemann, dont on parlera à la fin de cette interview. Mais d'abord, la question des pénuries de médicaments qui prennent de l'ampleur. Le nombre de ruptures et de risques de ruptures a été multiplié par 20 en 12 ans en 2026.

0:30
Locuteur

C

0:30
Présentateur

'est plus d'un cas des Français qui ont été confrontés à une pénurie. D'abord, Bernard Jomier, en tant que médecin, est-ce que vous avez été confronté directement à ce problème

0:40
Locuteur

?

0:40
Bernard Jomier

Je crois que 100% des médecins ont été confrontés à ce problème. Il est récurrent, ça dure depuis plusieurs années, avec une intensité particulière dans certains domaines. La santé mentale est une grande cause. Rendez-vous compte, rendons-nous compte que des patients n'ont pas leurs médicaments dans le domaine de la psychiatrie, des neuroleptiques, des médicaments aussi importants, majeurs, manquent régulièrement. Ça veut dire

1:08
Locuteur

quoi ? Des interruptions

1:09
Présentateur

de traitement ? Des impossibilités de débuter un

1:11
Locuteur

traitement ? Ça veut

1:12
Bernard Jomier

dire des interruptions de traitement, des sauts d'un médicament à l'autre, des médicaments qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Ça veut dire courir dans toutes les pharmacies pour les patients pour essayer de trouver une boîte du médicament. C'est une situation qui est intolérable.

1:27
Présentateur

Quels sont les produits qui connaissent le plus de ruptures, de risques de ruptures

1:31
Locuteur

?

1:32
Bernard Jomier

Il n

1:33
Locuteur

'y a

1:33
Bernard Jomier

pas une classe thérapeutique, mais il y a des médicaments en psychiatrie, il y

1:36
Locuteur

a

1:36
Bernard Jomier

des médicaments pour le cœur, par exemple, des médicaments qui servent à prévenir les infarctus ou à les soigner. Donc vous voyez, des médicaments qui sont majeurs. Il y a même en oncologie des ruptures thérapeutiques. Vous avez un cancer, et non seulement vous devez faire face à l'angoisse, de la maladie, tout ce qui va avec le traitement, mais en plus, vous êtes sur-angoisse parce que le médicament n'est pas forcément disponible. Donc c'est un problème majeur de santé publique.

2:03
Présentateur

Avec une perte de chance de guérir du cancer, de s'en sortir ?

2:07
Locuteur

On

2:07
Bernard Jomier

n'a pas pu les quantifier. On n'a pas pu, mais on peut estimer effectivement que quand vous avez des ruptures de traitement, que vous avez des difficultés à prendre de façon régulière vos traitements, oui, il y a des conséquences.

2:19
Locuteur

Qu

2:19
Présentateur

'est-ce qui explique ces chiffres ? Qu'est-ce qui explique ces pénuries et le fait qu'elles prennent une telle ampleur

2:23
Locuteur

?

2:24
Bernard Jomier

Alors, d'abord, la pénurie, elle n

2:25
Locuteur

'est

2:25
Bernard Jomier

pas française. Elle est mondiale. Il y a une hausse mondiale de la demande de médicaments.

2:30
Locuteur

Et

2:30
Bernard Jomier

puis, en ce qui concerne l'Europe, parce que l'Europe s'est saisie du sujet, ici, à la Commission des Affaires Européennes, du Sénat, avec mes collègues Pascal Grunier, Katia Poursopoulien, on a beaucoup travaillé ce sujet depuis deux ans, l'Europe essaye d'apporter des réponses. Parce qu'un des principaux facteurs, c'est la perte de la production de médicaments sur le sol européen. Les principes actifs et même ce qui sert après à fabriquer les médicaments ont été massivement transférés en Chine et en Inde. Et donc, il y

3:02
Locuteur

a

3:02
Bernard Jomier

un enjeu de relocalisation de la production et puis il

3:05
Locuteur

y a

3:05
Bernard Jomier

un enjeu de meilleure gestion des stocks.

3:07
Présentateur

– On va revenir sur l'enjeu de la relocalisation et de la gestion des stocks, mais vous avez publié un graphique, la Commission des Affaires Sociales du Sénat, où vous dites que 34% est expliqué par une augmentation du volume des ventes. Qu'est-ce que ça veut dire qu'on consomme plus de médicaments ? Aujourd'hui, on en consomme trop

3:25
Locuteur

? –

3:26
Bernard Jomier

Non, il y

3:26
Locuteur

a

3:26
Bernard Jomier

une part de bonne nouvelle, c'est-à-dire que de plus en plus de personnes sur la planète ont accès aux médicaments. Ce n

3:32
Locuteur

'est

3:32
Bernard Jomier

pas une mauvaise nouvelle, ça en soi. Le fait que le niveau de vie monte, que des pays se développent et que leur population puisse se soigner. On prend l'exemple des vaccins. Les vaccins sont considérablement développés parce que, par exemple, sur le continent africain, des enfants qui n'étaient pas vaccinés contre la rougeole le sont maintenant et sont protégés de cette maladie. Donc, il y a une hausse de la demande qui est très forte. Et face à cette hausse de la demande, les capacités de production ne suivent pas et il y a par ailleurs des tensions parce qu'il y a des pays qui peuvent payer plus et qui payent plus cher et d'autres qui payent moins cher.

Et donc, les fabricants vont orienter, on va dire, leur vente de médicaments. Et la France est un pays qui ne paye pas très cher les médicaments.

4:16
Locuteur

Et

4:16
Présentateur

puis, vous l'avez dit, il y

4:17
Locuteur

a

4:17
Présentateur

une question d'approvisionnement. Dès juin 2023, c'était en Ardèche, Emmanuel Macron annonçait une liste de 450 médicaments essentiels. On va réécouter le chef de l'État à cette époque.

4:30
Locuteur

Sur

4:31
Invité

une partie des produits sur lesquels on identifie un besoin de renforcer nos sources d'approvisionnement,

4:36
Locuteur

là,

4:37
Invité

on se dit, on doit absolument continuer de relocaliser

4:40
Locuteur

la

4:40
Invité

matière première ou le produit fini, parfois les deux,

4:42
Locuteur

pour

4:43
Invité

sécuriser l'approvisionnement en stock du territoire.

4:45
Locuteur

Et

4:46
Invité

si je puis dire, au sein de ces 450,

4:48
Locuteur

il

4:48
Invité

y

4:48
Locuteur

a

4:48
Invité

une liste cœur.

4:50
Locuteur

On

4:50
Invité

se dit, là, la diversification ne suffit pas, même doublonner nos chaînes d'approvisionnement ne suffit pas, il faut relocaliser.

4:57
Locuteur

–

4:58
Présentateur

150 médicaments en juin 2023, depuis, on est passé à 650 pour prioriser cette sécurisation. Ça marche ou ça ne marche pas

5:05
Locuteur

? – La

5:06
Bernard Jomier

relocalisation de la production se fait extrêmement lentement.

5:09
Locuteur

Pour

5:09
Bernard Jomier

le moment, il y a même des choix qui ne sont pas les bons choix.

5:15
Locuteur

Quand

5:15
Bernard Jomier

vous communiquez pour dire,

5:17
Locuteur

on

5:17
Bernard Jomier

va ouvrir une usine de doliprane en France, paracétamol, bon, très bien, mais enfin, c'est un médicament, d'abord, qui ne soigne aucune maladie, je tiens à le dire. C

5:26
Locuteur

'est

5:26
Bernard Jomier

un médicament du quotidien, c'est bien quand on a mal à la tête, bon, très bien, c'est utile, mais le véritable enjeu, c'est sur les traitements qui soignent des maladies, c'est sur les innovations, ce qu'on appelle tout le champ d'innovation thérapeutique. Vous avez vu ces traitements, par exemple, qui permettent, quand vous avez un cancer, de vous traiter avec un traitement personnalisé. L'enjeu, c'est ça, c'est de développer et de réimplanter sur notre territoire, une production de médicaments qui permettent de répondre aux enjeux actuels des maladies. Voilà, alors, il y

6:02
Locuteur

a

6:02
Bernard Jomier

eu beaucoup de communication, mais derrière, pour le moment, il n

6:06
Locuteur

'y

6:06
Bernard Jomier

a pas eu beaucoup d'actes.

6:07
Présentateur

Parce que c'est quelque chose dont on parle depuis le Covid, c'est-à-dire, ça a fait 6-7 ans qu'Emmanuel Macron est sur ce dossier. Pour vous, ça n'a pas suivi ? Il y avait, quand il s'est emparé du dossier, une cinquantaine de médicaments qui devaient être relocalisés, 8 projets de relocalisation, soutenus d'ailleurs par France 2030. Ça n

6:25
Locuteur

'a

6:25
Présentateur

pas été

6:25
Bernard Jomier

efficace, cette politique ? Il faut une double volonté. Il faut une volonté française et européenne. Parce que la réglementation, elle est aussi européenne. Et l'Europe a trop laissé son industrie partir à penser qu'en faisant du moins-disant environnemental et social, on arriverait à garder une industrie. Mais on ne sera jamais aussi mauvais que l'Inde ou la Chine en la matière, si je peux me permettre. C'est-à-dire, c'est un combat qui est perdu d'avance. Non, il faut instituer un véritable souverainisme européen. Il faut protéger nos frontières pour échapper à la dégradation des conditions sociales et environnementales de production.

Et donc, c'est ce qui est en train, doucement, mais beaucoup trop lentement, d'être fait. La dernière réglementation européenne qui a été adoptée l'année dernière prévoit effectivement des mécanismes qui protègent le marché européen. Et c'est dans ce marché européen que la France doit reprendre un rôle plus actif sur la production de médicaments. Il y a 20 ans, notre pays était un pays producteur, un grand producteur de médicaments. Il a perdu ce statut-là. Et ça, c'est le défaut d'une politique nationale couplée à une politique européenne.

7:43
Présentateur

Alors, justement, parce qu'on parle de politique nationale, de politique européenne, il y a aussi des questions intra-européennes. On va le voir. C'est le cas notamment du côté de la Bretagne. On parle de relocalisation. On apprend que Sanofi va céder des sites de production à une entreprise allemande. On va aller à Rennes. On retrouve Stéphane Bénier. Bonjour Stéphane. Merci beaucoup d'être avec

8:00
Locuteur

nous, directeur de l'information de

8:02
Présentateur

TVR. Stéphane, une usine, Sanofi en Bretagne, pourrait être cédée

8:06
Locuteur

? Oui,

8:08
Invité

on l'a appris. Aujourd'hui, cette usine qui est un peu emblématique en région de Bretagne, qui emploie 65 salariés, pourrait être cédée à une usine du groupe allemand chez Plafarm. C'est un peu un site stratégique pour cette usine créée en 1981. Sanofi est l'un des 19 sites de la marque. Site industriel stratégique qui fabrique de l'héparine. C'est un anticoagulant essentiel à partir de matières premières issues de l'industrie porcine. Le site produit chaque année entre 40 et 50 tonnes d'héparine, ce qui représente environ 50% du marché mondial. Monsieur le sénateur, bonjour. J'ai une question à vous poser sur cette pénurie.

Comment accepter que la France manque de médicaments essentiels alors qu'elle dispose encore de sites de production sur son territoire ? Est-ce que c'est un véritable paradoxe

9:01
Locuteur

?

9:02
Bernard Jomier

C'est surtout, bonjour monsieur, le résultat, la résultante de ce que j'ai expliqué, c'est-à

9:09
Locuteur

-dire

9:09
Bernard Jomier

un défaut de politique industrielle en matière de médicaments. On a laissé notre industrie partir. On n'est pas les seuls. L'Europe entière est concernée. On a laissé les chaînes de production s'en aller largement vers des pays asiatiques. Et aujourd'hui, on se retrouve à ne plus produire et à ne plus disposer, ce qui est vraiment problématique pour les malades, de médicaments aussi essentiels que l'héparine, par exemple, qui est un anticoagulant absolument fondamental.

Eh bien, il est temps, il est urgent, et c'est le travail qui est fait depuis deux ans au niveau européen, mais qui, encore une fois, est beaucoup trop lent, de mettre en place des mécanismes qui nous permettent de protéger cette industrie et de ne pas être dépendant d'une production d'héparine qui sera située à Chandernagore ou à Wuhan en Chine et qui sera soumise aux aléas d'abord de la production dans ces pays, du transport, et in fine, le résultat de cette politique de laisser-aller d'ultralibéralisme, en fait, où c'est juste la loi du marché qui dicte les conditions de production et les prix de vente, eh bien, le résultat de cette politique-là, c'est que

10:24
Locuteur

des

10:24
Bernard Jomier

patients français

10:26
Locuteur

n

10:27
Bernard Jomier

'ont pollu le médicament

10:28
Locuteur

que

10:29
Bernard Jomier

leur état de santé nécessite.

10:32
Locuteur

– Stéphane, vous avez une deuxième question ? –

10:34
Invité

Oui, une deuxième question, parce que vous avez parlé tout à l'heure, monsieur le sénateur, de souverainisme européen, c'est très important. On a envie que des sites comme Plohermel puissent encore demain garantir notre indépendance. Est-ce qu'on n'est pas trop dépendant aujourd'hui, justement, des productions étrangères ?

10:52
Locuteur

– On

10:53
Bernard Jomier

est extrêmement dépendant des productions étrangères, mais

10:56
Locuteur

ça

10:57
Bernard Jomier

n'est pas forcément problématique. Je veux bien préciser les choses. On ne peut pas tout produire sur le sol français, c'est ce que je veux expliquer, mais on doit avoir, avec nos partenaires de l'Union européenne, une capacité à produire ce dont on a besoin.

11:12
Locuteur

On

11:13
Bernard Jomier

ne peut pas résoudre le problème, nous, tout seuls, en France. Une politique industrielle uniquement française serait vouée à l'échec, pour de multiples raisons, et notamment en termes de matières premières, de matières de principes actifs nécessités pour produire les médicaments. Mais nous devons impérativement, avec nos partenaires de l'Union européenne, mettre en place cette politique. Et c'est ce défaut, encore une fois, de conjonction de volontarisme européen et de politique industrielle française qui a produit ce résultat qui fait que nous ne sommes plus en capacité d'avoir les médicaments dont nous avons besoin. Donc,

11:54
Locuteur

pas

11:54
Bernard Jomier

de réponse isolée, nous, tout seuls, sur le territoire français. Ça, c'est une blague. Ça, ça n'est pas possible. Mais une politique coordonnée avec les autres États de

12:03
Locuteur

l

12:03
Bernard Jomier

'Union européenne, oui, ça garantirait l'approvisionnement aux médicaments pour notre population.

12:08
Présentateur

Mais est-ce que là-dessus, on a suffisamment tiré les leçons du Covid ? Parce que cette politique coordonnée au niveau européen, il en a beaucoup été question en 2020, en 2021. Depuis, toutes ces belles promesses ont été un peu oubliées

12:17
Locuteur

?

12:18
Bernard Jomier

Je ne sais pas si elles ont été oubliées. Il y a un règlement, la législation pharmaceutique européenne a beaucoup changé. Et ce travail est bien issu du constat qu'on était démunis. Par ailleurs, l'Union européenne a mis en place un organisme que les citoyens ne connaissent pas mais qui s'appelle ERA qui joue un rôle maintenant dans la réponse aux crises sanitaires et qui est dotée de moyens. Mais vous avez raison, c'est un enjeu pour les années à venir justement de développer ces mécanismes de coopération et de travail en commun parce que sinon, à la prochaine crise sanitaire, on se retrouvera complètement démunis.

12:57
Présentateur

Merci Stéphane Beignet d'avoir été avec nous, directeur de l'information de TVR. Et afin de mieux éviter ces pénuries de médicaments, la droite sénatoriale propose donc de piocher dans les stocks de sécurité des laboratoires pharmaceutiques. Alex, vous allez nous expliquer ça.

13:12
Invité

Oui, Auriane. Rappelons d'abord que la loi actuelle oblige les groupes pharmaceutiques à constituer des stocks de sécurité de médicaments justement en cas de pénurie ou de tension d'approvisionnement. On va regarder ce que dit aujourd'hui le Code de la santé publique. Toute entreprise pharmaceutique exploitant un médicament constitue un stock de sécurité qui ne peut excéder quatre mois de couverture des besoins en médicaments. Mais pour la droite sénatoriale, ces stocks peuvent aller à l'encontre de l'objectif recherché.

Selon ces sénateurs, notamment les Républicains, si vous obligez les labos pharmaceutiques à constituer ces stocks de sécurité sous peine de sanctions financières, ces entreprises vont rechigner à commercialiser davantage de produits et cela peut créer des pénuries. On va lire l'exposé des motifs de cette proposition de loi qui est déposée par les sénateurs de la majorité sénatoriale. L'application des obligations de stocks peut fragiliser la disponibilité des médicaments et dissuader certains acteurs de couvrir les besoins du marché en période de tension.

Ce texte permet donc aux entreprises pharmaceutiques d'utiliser temporairement une partie de ces stocks stratégiques pour répondre à la demande.

14:19
Présentateur

Puiser dans les stocks de médicaments mais sur certaines conditions, Alex.

14:22
Invité

Oui, alors les auteurs de cette proposition de loi prévoient quelques garanties. Ce stock de sécurité doit être reconstitué au plus vite par le groupe pharmaceutique dans un délai fixé par voie réglementaire. Le marché national doit être approvisionné au niveau habituel. Pas question d'inonder le marché. Et puis la Commission des Affaires Sociales du Sénat qui a étudié le texte avant le débat cette semaine en séance publique a quand même rajouté quelques garde-fous. C'est l'Agence nationale de sécurité du médicament qui pourra autoriser cette diminution des stocks stratégiques. Et puis il sera interdit de puiser dans ses réserves juste pour des fins commerciales.

Et enfin, chaque entreprise devra toujours conserver un stock de sécurité supérieur à un mois de besoin du médicament en question. Bernard Jaumier, est-ce que vous êtes favorable à cette proposition de loi

15:09
Locuteur

?

15:10
Bernard Jomier

La question des stocks, vous savez, c'est le Sénat qui s'en est préoccupé le premier en 2018. C'est un amendement que j'avais déposé et qui a été adopté par le Sénat qui prévoyait des stocks de quatre mois pour ce qu'on appelle les médicaments d'intérêt thérapeutique majeur, des médicaments très importants. Depuis, la situation a évolué. Là, nos collègues de la majorité sénatoriale proposent de donner la main en fait aux fabricants, aux industriels parce que les industriels n'aiment pas en fait les stocks et ils ont été soumis à des sanctions assez importantes ces deux dernières années pour non-respect de la législation.

15:50
Locuteur

Le

15:50
Bernard Jomier

problème de la proposition, et vous l'avez bien rappelé, c'est qu'il excluait en fait l'agence de sécurité du médicament qui est le gendarme qui veille à ce que la loi soit respectée.

16:01
Locuteur

Il

16:01
Bernard Jomier

disait,

16:01
Locuteur

ben

16:01
Bernard Jomier

non, alors comme il y

16:02
Locuteur

a

16:02
Bernard Jomier

eu trop d'amendes, en gros, on va retirer le gendarme. Non, ça c'est pas possible. Donc la commission des affaires sociales a commencé, on va dire, à

16:12
Locuteur

corriger,

16:13
Bernard Jomier

à corriger cette situation, mais ça n'est pas satisfaisant. Parce que quand on donne trois semaines à l'agence de sécurité du médicament pour dire, non, la dérogation n'est pas possible, c'est ce qui est prévu dans le texte, c'est beaucoup trop court. Une agence qu'on a privée de moyens, on va lui demander de travailler en trois semaines. Et on dit que si elle ne rend pas son avis en trois semaines, eh bien la dérogation est accordée. On ne peut pas laisser des stocks de médicaments s'effondrer avec une agence qui n'a pas le temps de dire non, il faut conserver le stock. Il y

16:45
Locuteur

a

16:45
Bernard Jomier

un risque, il y

16:46
Locuteur

a

16:46
Bernard Jomier

un risque de pénurie. Il faut dire que depuis que la législation a changé, l'année dernière, les pénuries ont plutôt diminué,

16:54
Locuteur

plutôt

16:55
Bernard Jomier

diminué alors que, ça a été rappelé, depuis 15 ans, elles augmentaient sans cesse. Donc le dispositif est efficace.

17:02
Invité

Ça veut dire que vous ne comprenez pas l'argument de la droite sénatoriale qui affirme que finalement, ces stocks, ils peuvent créer justement des tensions sur le marché.

17:09
Locuteur

Ce

17:09
Bernard Jomier

que tout le monde comprend bien, c'est que pas de stock, ça s'appelle du flux tendu et c'est un facteur du pénurie et trop de stock, vous immobilisez inutilement. Donc tout le monde est d'accord là-dessus. Après, laisser la main aux industriels, c'est ça que veut faire la droite sénatoriale et moi je dis, nous nous disons non, il faut que le gendarme régule réellement et soit celui qui a le pouvoir de décision en la matière, c'est meilleur pour l'intérêt collectif.

17:37
Locuteur

En

17:37
Invité

fait, c'est une proposition de loi qui est plutôt inspirée par le lobby pharmaceutique qui voudrait se desserrer de certaines contraintes ?

17:44
Bernard Jomier

Je pense surtout qu'elle est un peu étonnante parce qu'en fait, il y

17:48
Locuteur

a

17:48
Bernard Jomier

un décret qui a été pris au mois de juin et qui prévoit la souplesse qui est demandée par la loi. Que les dispositifs soient ajustés, c'est plutôt intelligent. Il ne faut pas être figé, il faut regarder comment évolue le marché du médicament et l'objectif, c'est qu'il n'y

18:03
Locuteur

ait

18:03
Bernard Jomier

plus de pénurie pour notre population. C'est ça l'essentiel. Alors, il y

18:07
Locuteur

a

18:07
Bernard Jomier

un décret qui a été pris en juin qui met un peu cette souplesse

18:11
Locuteur

et

18:11
Bernard Jomier

cette proposition de loi, elle dit un peu la même chose mais en moins bien. Donc, au fond, on se demande pourquoi elle est présentée aujourd'hui.

18:19
Locuteur

Et

18:20
Présentateur

on la suivra demain, examen de ce texte puisque c'est la rentrée en séance pour les sénateurs et ce sera donc le premier texte examiné en séance demain. On va terminer en parlant politique puisque vous êtes l'un des deux sénateurs place publique, le parti de Raphaël Glucksmann et on va regarder justement cette image de Raphaël Glucksmann qu'il a postée lui-même sur ses réseaux lorsqu'il apprend hier le résultat de la primaire.

18:47
Invité

66,17%.

18:58
Locuteur

Alors,

18:58
Présentateur

on a l'impression, il y a la joie évidemment de Raphaël Glucksmann mais on a aussi l'impression d'une forme de sidération face à ce score de 66,17% au premier tour. Vous étiez dans le même état

19:08
Locuteur

? J

19:10
Bernard Jomier

'étais tout à fait heureux d'abord parce que le message en fait, vous savez, il y avait cette boîte noire de dizaines de milliers de Français qui s'étaient inscrits pour voter et dont on ne savait pas au fond ce qu'ils souhaitaient.

19:23
Locuteur

La boîte noire, c'est ceux qui s

19:24
Présentateur

'étaient inscrits sur le site Choisir 2027 et qui n'étaient donc ni membres de place publique

19:28
Locuteur

ni de

19:28
Présentateur

GRS ni d'UPS. Exactement.

19:32
Bernard Jomier

40 000 personnes à peu près. Voilà.

Et le message qu'ils ont envoyé qui est très clair, c'est, ils ont voté pour Raphaël Glucksmann très massivement et donc, ils disent nous on veut une gauche nouvelle qui se ressource, qui est claire dans ses choix, qui répond aux problèmes des Français et qui rassemble pour gagner cette élection présidentielle et donc, qui a eu ce mouvement aussi fort, c'est une bonne surprise, bien sûr, parce que la gauche elle n'est pas morte, parce que la gauche ça n'est pas Jean-Luc Mélenchon, parce que la gauche ce sont ces dizaines là de milliers et plus de 100 000 participants qui ont dit voilà, ce que Raphaël Glucksmann a proposé lors des élections européennes précédentes et qui fait qu'il a largement rassemblé n'est pas une fiction, c'est une réalité politique du pays et cette réalité politique et bien maintenant on doit la faire grandir.

20:23
Présentateur

Vous qui êtes membre de Place Publique, Raphaël Glucksmann pour avoir 79 000 voix, il a forcément eu un nombre conséquent de voix du Parti Socialiste. Est-ce que c'est aussi la victoire de Place Publique sur le PS

20:35
Locuteur

?

20:36
Bernard Jomier

C'est, vous savez, on est à un instant de l'histoire où la gauche elle doit se repenser

20:42
Locuteur

parce

20:42
Bernard Jomier

que les appareils actuels ne correspondent plus aux électeurs

20:47
Locuteur

et

20:48
Bernard Jomier

vous savez, il y

20:50
Locuteur

a

20:50
Bernard Jomier

une gauche démocratique qui est sociale, qui est écologiste, qui est claire sur ses choix, qui est intransigeante sur ses valeurs et cette gauche-là, vous la retrouvez dans le Parti Socialiste, vous la retrouvez à Place Publique, vous la retrouvez chez des écologistes, vous la retrouvez au PRG, etc. Donc vous la retrouvez dans différents appareils de la gauche. Aujourd'hui, nous avons collectivement, avec le Parti Socialiste et avec bien d'autres, la responsabilité de faire vivre cette gauche-là et ça n'est pas un affrontement.

Si affrontement il y a, ce sera avec l'extrême droite à la présidentielle mais au sein de la gauche, nous devons repenser nos organisations et c'est ça aussi le message des électeurs. Ils ont balayé ce que pouvaient être les consignes ou la place des uns et des autres dans les appareils politiques. Ils ont envoyé un message clair à nous de le respecter et de le faire grandir.

21:45
Présentateur

Pour terminer sur vous, Bernard Jomier, puisque je le rappelle, vous êtes donc l'un des deux sénateurs place publique, vous siégiez jusque-là au groupe socialiste avant le renouvellement du Sénat fin septembre. Vous avez choisi de le quitter pour aller au groupe écologiste. Pourquoi ce choix

21:56
Locuteur

? J

21:57
Bernard Jomier

'aurais continué mais alors sans aucune difficulté à siéger au groupe socialiste mais avec mon collègue Grégory Blanc, nous sommes deux sénateurs place publique et nous souhaitions s'yéger dans le même groupe. Écologistes ou socialistes, vous savez, il va falloir qu'on se retrouve.

22:11
Locuteur

Et Grégory Blanc ne pouvait pas venir

22:12
Présentateur

siéger chez les socialistes

22:13
Locuteur

?

22:13
Bernard Jomier

Les socialistes n'ont pas souhaité que Grégory Blanc vienne siéger dans leur groupe. Pourquoi ? Je le regrette. Ils n'ont pas su tendre la main simplement.

22:22
Locuteur

Ils

22:22
Bernard Jomier

n'ont pas su accepter notre autonomie politique, le fait que nous avons un message singulier. J'ai été neuf ans apparenté au groupe socialiste sans aucune difficulté. J'aurais pu l'être trois ans de plus. Maintenant, on va tous ensemble se tourner vers l'avenir, je crois.

22:37
Présentateur

Comment ça a été perçu chez Place Publique, le fait que vous quittiez le groupe socialiste en pleine primaire PS Place Publique

22:42
Locuteur

? Il

22:44
Bernard Jomier

me semble sans difficulté. Vous avez vu un communiqué qui rappelle les règles internes, mais je pense que ce communiqué était plus le fait de vouloir calmer les choses pendant la séquence de la primaire. Comme on l'a vu, vous savez, ce que font Bernard Jomé et Grégory Blanc, ça n'a aucun impact sur la primaire.

23:03
Locuteur

Mais il y aura des sanctions de Place

23:05
Présentateur

Publique parce que vous avez quitté le groupe PS ou pas ?

23:07
Locuteur

Je

23:08
Bernard Jomier

suis prêt à prendre le pari que tout ira bien demain.

23:10
Locuteur

Parce que Raphaël Glucksmann

23:11
Bernard Jomier

a gagné

23:12
Locuteur

?

23:13
Bernard Jomier

Non seulement parce que Raphaël Glucksmann a gagné, mais parce qu'au fond, le message politique qu'on a porté, c'est encore une fois qu'on devait rassembler au-delà de ces clivages de groupe.

23:21
Présentateur

Même si votre siège en moins, ça coûte la deuxième place au PS qui n'est plus deuxième dans l'ordre des groupes du Sénat, mais pas ce troisième derrière les centristes ?

23:27
Locuteur

Moi,

23:28
Bernard Jomier

ce qui me chagrine, vous le savez, c'est qu'à l'occasion du renouvellement sénatorial, la gauche a l'ha reculé au Sénat. C'est ça qui est le plus chagrinant.

23:34
Locuteur

Pourquoi ? Et

23:34
Bernard Jomier

c'est contre ça qu'on doit se

23:35
Locuteur

battre.

23:35
Bernard Jomier

Pourquoi elle a reculé ? Elle a reculé, elle a perdu quelques sièges. Et donc, c'est ça qui est problématique et c'est ça qui doit nous obliger. Quand on croit à nos valeurs,

23:44
Locuteur

ce

23:45
Bernard Jomier

qui doit d'abord nous motiver, c'est de faire progresser nos idées et c'est de gagner les élections.

23:50
Présentateur

Merci Bernard Jomier. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.