L'invité politique Sud Radio - Christelle Morançais, Présidente de la région Pays de la Loire, vice-présidente d'Horizons est l'invitée politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse partielle
Pensez-vous que Mediapart soit un média militant qui profère des mensonges et qui veut assassiner politiquement Jordan Bardella ?
- 3:01OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous croyez que Jordan Bardella est capable d'avoir tenu ce genre de propos, ou d'avoir écrit ces propos-là ?
- 3:22OuverteRéponse directe
400 lycées bloqués hier, est-ce qu'il y a des blocages dans votre région ?
- 4:00OuverteRéponse directe
C'est grave parce que vous sentez une montée de la violence ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon cherche à plonger le pays dans le chaos ?
- 5:56ComplaisanteRéponse partielle
Dangereux pour la démocratie.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueFait
« nous sommes shootés à la dépense publique »
- 11:40InvitéChiffre
« Edouard Philippe dit la vérité sur la situation du système de retraite. Ce système de retraite, il est né en 1945, où la situation, on avait 4 actifs pour financer un retraité. Aujourd'hui, on est à 1,7 actif pour financer un retraité. Demain, on sera à 1,3. »
- 20:46Invité politiqueFait
« on est shooté à la dépense publique »
- 21:51Invité politiqueChiffre
« Vous avez impressionné en allant chercher ces 100 millions d'euros d'économie »
- 10:03InvitéPromesse
« aujourd'hui, il faudra baisser le nombre de fonctionnaires »
- 11:30InvitéFait
« C'est la proposition d'Edouard Philippe. C'est lui qui est candidat à l'élection présidentielle. Et c'est une proposition que je soutiens et que je défends. »
- 11:59InvitéFait
« la démographie est en train de baisser. Donc, il y a urgence à réformer le système de retraite. »
- 14:04InvitéFait
« Si aujourd'hui, la proposition d'Edouard Philippe, c'est 65 ans, l'âge de départ, c'est que, tout simplement, il faut un âge pivot. Sans âge pivot, le modèle ne tient pas. »
- 16:53InvitéPromesse
« j'espère un rassemblement le plus large possible, à droite et au centre »
- 25:32InvitéFait
« C'est irresponsable. Totalement irresponsable. Là, la République est attaquée. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Christelle Morançais29 %
- Locuteur non identifié4 %
- ?3 %
≈ 10,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. Il est 8h28, merci d'être à l'écoute de Sud Radio. C'est l'heure du grand entretien politique et aujourd'hui, Jacques, vous recevez Christelle Morancé, présidente de la région Pays de la Loire, vice-présidente d'Horizon et auteure de Courage et Coeur, paru aux éditions du Rocher.
Christelle Morancé, bonjour.
Bonjour. Alors
justement, ce livre, le voici, Courage et Coeur, je le montre pour tous ceux qui nous voient sur YouTube. C'est dans lequel vous revenez sur votre parcours personnel et politique, vous plaidez pour des économies budgétaires, vous expliquez vos choix qui ont été durement critiqués, d'ailleurs vous le racontez, et dans votre région. Alors vous êtes souvent donné comme la future ministre de l'économie d'un certain Édouard Philippe, président de la République, on abordera cette question-là tout à l'heure, vous dites que nous sommes shootés à la dépense publique, on abordera cette question bien sûr, et tout ça donne envie de vous écouter.
On va y revenir en détail dans un instant, mais d'abord l'actualité est ce qu'il convient d'appeler l'affaire Mediapart-Bardella, après les révélations selon lesquelles Jordan Bardella aurait écrit des messages à caractère antisémite. « Pensez-vous comme Marine Le Pen que Mediapart soit un média militant qui profère des mensonges et qui veut assassiner politiquement Jordan Bardella ?
»
Écoutez, concernant les médias, et notamment Mediapart, mais il y en a d'autres, je sais ce qu'il en est, puisque j'ai été servie, notamment pendant mes coupes budgétaires,
j
'ai quand même le souvenir de certaines matinales où j'étais le personnage principal de toutes les matinales. En revanche, sur cette affaire, permettez-moi d'en dire quelques mots, bon, après on verra, laissons se dérouler les faits, on verra ce qu'il en est exactement, mais enfin si c'est le cas, si c'est avéré, c'est quand même extrêmement grave. Et je pense qu'on est dans une situation, dans notre pays aujourd'hui, et surtout à l'approche d'une élection présidentielle vis-à-vis aussi de nos enfants, il
y a
des propos qu'on ne peut pas tenir, il y
a
des propos extrêmement graves, et donc voilà, laissons l'affaire se dérouler, mais soyons extrêmement prudents, et tout n'est pas acceptable.
Jordan Bardella dit, nous arriverons à montrer la nature de Mediapart, qui est un média militant d'extrême-gauche, ce sont ces termes, est-ce que vous les reprenez
?
Écoutez, moi je ne
suis
pas là en train de faire des commentaires, ou de reprendre les propos de Jordan Bardella, encore une fois, si ces propos sont avérés, c'est très grave. Et voilà, il faut regarder aussi l'actualité que nous avons depuis quelques jours, moi je suis très inquiète, très inquiète en tant que présidente de région, très inquiète aussi en tant que maire de famille. On
a une
responsabilité, quand on est homme public, de ne pas dire n'importe quoi, et aussi concernant les médias, je pense que c'est une responsabilité collective, dans une situation où le pays est extrêmement tendu.
Sur cette affaire, et pour terminer sur cette affaire, Mediapart promet une deuxième sortie et de nouvelles révélations dans les heures qui viennent, c'est ce que le journaliste qui enquête sur cette affaire vient de déclarer il
y
a quelques heures. Est-ce que vous croyez que Jordan Bardella est capable d'avoir tenu ce genre de propos, ou d'avoir écrit ces propos-là ?
Écoutez, je ne sais pas, et on verra dans quelques heures, et puis chacun prendra aussi ses responsabilités. Moi j'insiste vraiment là-dessus, ce sont des propos, s'ils ont été tenus, qui sont extrêmement graves.
Alors,
400 lycées bloqués hier, on rappelle qu'en tant que présidente de région, vous êtes directement, vous en avez la charge de ces lycées. Est-ce qu'il y
a
des blocages dans votre région, je crois, qu'il y en a, que vous êtes concernée également ?
Oui, il y a eu pas mal d'incidents et d'effets graves, là encore, hier, et notamment dans un lycée en Mayenne à Laval, où un élève a giflé un de mes agents de ce lycée. Et donc j'ai porté plainte, on a porté plainte aussi sur pas mal de dégradations qu'on a pu avoir sur l'ensemble de nos lycées. Et là encore, ce qui se passe, c'est grave. C'est vraiment très grave.
C
'est grave parce que vous sentez une montée de la violence ? Oui, moi j'ai,
vous voyez depuis, je suis à la tête de cette région depuis 2017. Et tous les ans, à la rentrée de septembre, je fais la tournée des lycées, je vais dans l'ensemble de nos lycées de la région. Et pour la première fois cette année, j'ai senti cette montée de violence et notamment une opération très identifiée de politisation dans nos lycées. et qui vient de l'extrême gauche. De
la France insoumise,
clairement.
De la France insoumise. Et donc moi je suis très inquiète parce que nos lycées ne sont pas des lieux de propagande. Et on voit très bien la manipulation aussi de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise. Ils veulent le chaos et ils utilisent nos enfants, ils utilisent les jeunes dans leur manipulation, dans leur jeunesse. Et je trouve ça très grave.
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon cherche à plonger le pays dans le chaos ?
Mais c'est totalement le chaos qu'il souhaite. Totalement le chaos. Et moi ce n
'est
pas ce que je souhaite pour la France. On est un beau pays
et notamment
la manipulation vis-à-vis de la jeunesse.
C'est irresponsable d
'agir comme ça ?
C'est totalement irresponsable. Mais vous savez, ça fait déjà quelques années...
C'est
irresponsable mais il ne
se
passe rien en fait. C'est-à-dire que les politiques ne demandent pas de compte à la France insoumise. On dit c'est irresponsable et puis ça s'arrête là.
Moi je demande des comptes.
Lesquels
?
En tant que présidente de région et notamment dans nos lycées, j'ai porté plainte. Sans arrêt, je le dénonce, je le dis publiquement sur les réseaux sociaux, sur votre antenne encore ce matin. Il faut dénoncer. Moi j'ai le souvenir aussi, pendant les élections régionales en 2021, ils étaient capables de tout. De mensonges, d'agressivité, etc. Et je l'ai dit, je
l'ai dénoncé. De tout, c'est-à-dire de violences, y compris de violences
? De violences, verbales, ça peut être aussi physiques, notamment dans la période du budget que j'ai vécu aussi au sein de la région. Et je le dénonce depuis 2021. Il faut faire tomber les masques parce que ces gens-là sont extrêmement dangereux et ils veulent le chaos de notre pays.
Dangereux pour la démocratie. Valérie Pécresse dit qu'elle va envoyer la facture de 100 000 euros de dommages sur la voie publique à Bali Bagayoko. Elle a raison.
Elle
a raison. Quand j'entends en Ile-de-France que ça monte à 1 million d'euros, c'est catastrophique. Qui doit
payer ce million d'euros ?
Le million d'euros, il faut faire payer tous ceux qui cassent. Donc la France insoumise ? La France insoumise. Et puis que chacun prenne ses responsabilités. Vous cassez, vous payez. Je pense que
ça,
c
'est
indispensable.
En tous les cas,
ça ne peut passer que par une plainte éventuellement.
Oui, et c'est ce que j'ai fait
moi dans ma région. Hier, nous avons déposé plainte pour les agressions qu'il y
a
eu sur nos agents. Et puis toutes les dégradations, on ne peut pas laisser faire. C'est une dérive et c'est inacceptable. Parce que sinon, on laisse passer tout dans notre pays et ce n
'est
plus possible.
Et au bout du bout, ce sont les Français qui devront payer pour ces saccages de lycées.
Exactement.
Est-ce que c'est une politique que justement vous pourriez faire adopter, de faire payer aux auteurs de tous les dommages causés en France ?
Oui,
moi je pense que c'est aussi une responsabilité. On le voit donc là par rapport aux incidents qu'il peut y avoir au niveau de nos lycées. Mais c'est également lors de matchs de foot, etc. Je pense qu'il
y a
un moment, celui qui casse, il doit payer. C
'est
une philosophie que vous, demain, si vous étiez aux manettes avec Edouard Philippe, président, c'est une philosophie que vous pourriez mettre en place. Le casseur doit payer.
Oui,
encore une fois, il faut mettre les gens devant leurs responsabilités. Et notamment, quand il s'agit des jeunes et qui sont mineurs, il y
a
un rôle aussi d'éducation, des parents. On oublie aujourd'hui le rôle des parents. C'est vrai qu'on vit dans un pays où c'est l'État nounou. L'État doit intervenir sur tout. Mais moi, la première chose en termes d'éducation, en termes de responsabilité, ça commence aussi par les parents. Et donc les mettre aussi, vous avez un jeune. Moi, je vais regarder avec beaucoup d'attention dans ma région. Déjà, ce jeune qui a agressé cet agent, je veux qu
'il
y
ait
des sanctions.
Et
c'est inacceptable. Il
y a
eu des profs tabassés. Il y
a
eu même un
prof lynché dans le Nord. Mais vous
imaginez
?
Dans quelle situation on se trouve ? Là, ce n'est plus possible. Il
y a
un moment, il faut arrêter. Et il faut des sanctions. Mais pour ça,
il
faut... Je prends un autre exemple très concret dans ma région. Il y a quelques années, les maraîchers nantais ont subi des violences et des dégradations. Et ça, c'était il
y
a trois ans. Je vais les rencontrer il y a quelques semaines. Rien n'a bougé. Ils ont porté plainte depuis trois ans. Rien ne bouge. Donc il y a un moment, comme tous les faits, de sécurité, d'agression, etc. Vous êtes arrêté, vous avez des sanctions et des pénalités.
Est-ce que, dans le même temps, vous comprenez la colère des lycéens ? Ou bien est-ce que vous pensez que, d'une certaine façon, les lycéens se font un peu embarquer par la France insoumise et que ce mouvement les dépasse ?
Écoutez,
je
pense que je vais répondre avec aussi de la nuance. Je pense que c'est important. Il y a, en effet, des revendications qui sont légitimes. Quand il n
'y a
pas de professeur pour faire cours depuis quelques jours, quelques semaines, voire même une année complète, ce n'est pas acceptable. Quand les conditions d'apprentissage, vous êtes dans des classes extrêmement surchargées, ce n'est pas acceptable. Mais ça,
c
'est l'ensemble de l'éducation nationale et qui reflète aussi les claisements pisins qu'on a pu avoir il y a quelques semaines. En revanche, ça n'explique pas tout. Ça n'explique pas tout et on ne doit pas avoir cette violence. On peut ne pas être d'accord, mais absolument pas avec de la violence et des cas comme on a pu avoir hier en poussant le chaos. Et là encore, ça ne reflète pas l'ensemble de la jeunesse. C'est une partie de la jeunesse qui est manipulée aussi par la France insoumise.
Christelle Morant,
c
'est hier grosse journée de manifestation dans la fonction publique, des milliers de manifestants dans les rues de France pour défendre leur pouvoir d'achat. Vous, vous défendez les économies à tout crin. Pour être claire sur ce point, est-ce que vous promettez avec Edouard Philippe de supprimer un certain nombre de fonctionnaires ? Ou bien est-ce que vous dites aujourd'hui, ce matin, on ne touchera pas au nombre de fonctionnaires dans ce pays
?
Il ne
faut
pas que ce soit un sujet tabou. Oui, en effet, aujourd'hui, il faudra baisser le nombre de fonctionnaires. Moi, je l'ai fait dans ma région. Vous avez aussi l'intelligence artificielle qui arrive. Il faut aller travailler aussi l'enjeu de l'efficacité de nos politiques publiques. Combien de postes ? Combien de postes ?
Je
ne
suis
pas là. Vous savez, il ne
faut
pas qu'on arrive non plus dans une situation pendant cette campagne présidentielle où chacun va annoncer son chiffre, etc. Il y
a
un moment, il faut regarder, un, au niveau de l'État, deux, sur l'ensemble des collectivités locales également. Il ne
faut
pas que ce soit un sujet tabou. Si on prend sur l'éducation nationale que je vous évoquais tout à l'heure, il y a une baisse de la démographie. Donc, il
y
aura moins d'élèves. Il faudra moins de professeurs. Donc là, bien évidemment. En revanche, si vous prenez l'enjeu de la santé, je pense notamment dans nos hôpitaux, on a besoin de plus d'infirmières, on a besoin de plus d'aides-soignants. Sur la sécurité, c'est la même chose. Les policiers, il y
a
un enjeu énorme sur la sécurité. Donc, ne prenons pas, il ne faut pas tout mélanger. Je pense que dans nos collectivités, encore une fois, dans l'administration, il faut aller chercher l'efficacité. Et donc, oui, moins de fonctionnaires. Et puis, dans certains domaines, il faut les maintenir, voire en augmenter.
Alors, vous êtes la madame économie d'horizon. Est-ce que, on vient de l'apprendre, Edouard Philippe a dévoilé son projet de réforme des retraites avec un âge de départ maintenant à 65 ans et non plus 67, et 45 années de cotisation. C'est votre proposition ?
C'est la proposition d'Edouard Philippe. C'est lui qui est candidat à l'élection présidentielle. Et c'est une proposition que je soutiens et que je défends. Et je trouve que c'est une proposition courageuse. Permettez-moi de l'évoquer quelques instants avec un peu de pédagogie. en disant d'abord la vérité. Edouard Philippe dit la vérité sur la situation du système de retraite. Ce système de retraite, il est né en 1945, où la situation, on avait 4 actifs pour financer un retraité. Aujourd'hui, on est à 1,7 actif pour financer un retraité. Demain, on sera à 1,3. Je vous l'ai dit, la démographie est en train de baisser. Donc, il y a urgence à réformer le système de retraite.
Le réformer, mais pour quoi
? Pour
faire quoi ? Donner du sens. D'abord, pour le préserver. Pour le préserver, parce que c'est un système... Les Français sont très attachés au système par répartition.
Ça, je pense
que les Français ont bien compris. Mais l'information de ce matin, c'est quand même qu'on passe de 67 à 65 ans.
C'est un
recul.
Mais de 67 à 65 ans ?
Oui.
Pourquoi vous me dites ça ?
Parce qu'Edouard Philippe avait, dans un premier temps, parlé des 67
ans. Non, on
va reprendre ses propos. Il a dit, il faudra partir soit à 65, 66 ou 67 ans. Mais tout le monde a focalisé sur 67. Mais aujourd'hui, s'il annonce 65 ans, c'est poser, réfléchir, travailler. C'est un projet, aujourd'hui, équilibré et juste. Et permettez-moi
de terminer... Mais vous
abandonnez quand même l
'âge légal de 67
ans. Permettez-moi de terminer. C'est vérité. Donner du sens pour les générations à venir et préserver une partie du modèle par répartition. Ça, je pense que c'est un enjeu majeur. Et après, avoir le courage de réformer. Et dans ce pays, il
faut avoir
le courage de réformer. Sinon, notre modèle social, qui est envié du monde entier, et notamment le système de retraite, si on ne le réforme pas,
il est voué à
disparaître.
Et donc, la
réforme, c'est 65 ans,
45
ans d'annuité, et puis après, une partie par capitalisation. C'est
quand même un
recul, puisqu'il avait évoqué la possibilité
de départ à 67 ans. Non,
mais il n'y a que les médias qui, en boucle, tournent sur le 67 ans. Il a dit 65, 66 ou 67 ans, jamais il s
'est arrêté sur 67 ans. Il commence à adoucir les angles, est-ce que ça... Je
rappelle, honnêtement, c'est une réforme courageuse, équilibrée et juste pour les Français.
Alors, Gabriel Attal, lui, propose une réforme à la carte, sans âge fixe. Est-ce que ce n
'est
pas plus simple, sa proposition ?
Oui,
mais ça ne tient pas, financièrement, ça ne tient pas. Aujourd'hui, la proposition d'Edouard Philippe, qui a été très travaillée, encore une fois, elle est équilibrée et elle est juste, et aujourd'hui, ce modèle...
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Gabriel
Attal, il n
'est
pas sérieux dans sa proposition ?
Je
ne
sais
pas ce que je vais dire, ne me faites pas dire la petite phrase que vous attendez. Si aujourd'hui, la proposition d'Edouard Philippe, c'est 65 ans, l'âge de départ, c'est que, tout simplement, il faut un âge pivot. Sans âge pivot, le modèle ne tient pas.
Vous allez plus loin que Bruno Retailleau, qui fixe l'âge de départ minimal, lui, à 63 ans, avec 43 ans d'annuité. Il va bien falloir, à un moment donné, que vous accordiez vos violons
?
Écoutez, avec Bruno Retailleau, je pense que, sur la mesure, la réforme des retraites, elles sont très proches. Et oui, il
faut...
Mais ça veut dire que, lui, ce qu'il propose est insuffisant pour sauver le système ?
Écoutez, est-ce que c'est insuffisant ? Je pense qu'elle est très, très proche de celle d'Edouard Philippe. En revanche, il n'évoque pas les 45 années d'annuité. Et c'est indispensable pour la réforme des retraites. Encore une fois, cette réforme, elle est importante dans cet objectif. Encore une fois, on a cette responsabilité de la transmettre à nos enfants.
Autre responsabilité, c'est le budget 2027 qui sera présenté demain. Est-ce que les retraités doivent être mis à contribution via le gel des pensions ou bien par la suppression de l'abattement de 10%, voire les deux ?
C'est un très bon exemple. Vous voyez, si on ne réforme pas en profondeur la réforme des retraites, il n
'y a
pas 36 000 solutions. Soit vous augmentez les cotisations, et je pense qu
'au
niveau de la France,
on
est champion du monde en termes de prélèvements. Soit vous baissez les cotisations, ou la troisième solution, c'est que vous réformez, comme le propose Edouard Philippe.
C'est
une proposition, encore une fois, qui est sérieuse. Sinon, derrière, c'est moins de pouvoir d'achat. Et encore une fois, c'est les Français qui vont payer.
C'est votre philosophie, c'est de dire on baisse les dépenses et on ne touche pas aux ménages
? C
'est indispensable. Moi, je pense que dans ce pays, il faut aussi avoir, encore une fois, le courage de dire les choses et surtout de réformer en profondeur. Il ne faut pas avoir peur de réformer dans ce pays. Je pense qu'il faut faire un reset. Notre modèle, sur pas mal de choses, ne tient plus. Et donc, si on veut garder la puissance de cet pays, au niveau, à l'international, d'être encore un pays avec des atouts extraordinaires, pour ça, ça nécessite de le réformer.
Et sur le budget de 2027, quelle est votre préférence ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Vous seriez aux manettes aujourd'hui à Bercy. Qu
'est
-ce que vous diriez à Sébastien Lecornu ? Est-ce qu'il faut geler les pensions ou bien supprimer l'abattement de 10% ? Je suis
désolée, mais sur le budget de 2027, je n'attends rien. Je n'attends rien, ce n
'est
pas là que ça se joue. Parce que, malheureusement, on a bien vu l'année dernière, où ils ont été capables de sacrifier la réforme des retraites ou d'augmenter, encore une fois, les impôts. C'est ce qui se fait depuis 40 ans, parce que ça,
c
'est la facilité, plutôt que d'aller réformer. Et donc, on l'a bien vu, pour préserver, et puis avec une assemblée comme celle-ci, extrêmement compliquée. Moi,
ce
que j'attends, c'est l'élection présidentielle, c'est là où ça va se jouer. Et l'enjeu de notre pays, il va se jouer avec des gens qui vont porter des réformes courageuses, comme c'est le
cas pour
Édouard Philippe. Avec des gens qui vont porter des réformes courageuses. Est-ce que vous appelez Bruno Retailleau à vous rejoindre, à rejoindre Édouard Philippe, qui est en recul dans les sondages devancés par Jean-Luc Mélenchon ?
Mais bien sûr, j'espère un rassemblement le plus large possible, à droite et au centre.
Vous appelez Bruno Retailleau ce matin ?
Bien évidemment, je souhaite que Bruno nous rejoigne, parce que c'est indispensable, si on veut aujourd'hui, faire une équipe de France. Bruno a énormément de qualité, c'est un homme qui aime profondément la France, mais on ne peut pas partir séparés. Moi, je l
'ai
vu sur les dernières élections sénatoriales dans mon département, quand la droite et le centre sont divisés, c'est la machine à perdre. Donc, il
y a
un moment, il faut un rassemblement. Les Français attendent ce rassemblement. Moi, je suis interpellée dans ma région, régulièrement. Il vole le rassemblement de la droite et du centre pour cette élection présidentielle. Quand on aime son pays, on doit se rassembler.
Et
pour le moment, Gabriel Attal, lui, il décide de faire cavalier seul. Est-ce que vous l'appelez lui aussi à
revenir ? Bien
évidemment, quand je dis... Et c'est pour ça que Edouard Philippe, c'est celui qui est le plus à même à rassembler. Bruno Retailleau et Gabriel Attal.
Merci Christelle Borancé. On va se retrouver dans la deuxième partie de cet entretien. Un auditeur vous interpellera sur la communication de votre candidat, Edouard Philippe, qui a fait réagir un certain nombre de gens. Il y aura l'actualité des réseaux sociaux avec une séquence qui fait polémique autour de la France insoumise. Et puis, votre carte blanche, je le rappelle, qui est consacrée à la sortie de votre livre Courage et cœur. D'une certaine façon, il y a ici la philosophie, l'idée que vous aimeriez voir mettre en place si vous étiez aux manettes demain. A tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
Christelle Morossé, présidente de la région Pays de la Loire, est notre invitée. Elle est également madame économie du candidat, Edouard Philippe. Elle est l'invité de Sud Radio ce matin. Dans cette deuxième partie, Christelle Morossé, un auditeur, va vous interpeller sur la communication de votre candidat, Edouard Philippe. L'actualité des réseaux sociaux également avec Félix Mathieu et une séquence qui fait polémique autour de la France insoumise. Mais d'abord, votre carte blanche consacrée à la sortie de votre livre Courage et cœur aux éditions du Rocher, 175 pages.
Ça n'est pas un programme politique, vous dites, mais enfin bon, il y a quand même les prémices de quelques idées et on voit bien quel est le chemin que vous voulez prendre et notamment ce qui vous a fait connaître. Ce sont ces 100 millions d'euros de coupes budgétaires à l'échelle de votre région.
Oui, au point de départ, je ne voulais pas écrire ce livre. C'est mon éditeur qui est venu vers moi et qui m'a dit, compte tenu de ce qui s'est passé, écrivez un livre. Il faut raconter votre histoire. Et j'ai mis du temps parce que, voilà, je ne me lève pas tous les matins en me disant que
je
vais écrire un livre à tout prix. Et en fin de compte, aujourd'hui, avec du recul, je pense que c'est important de raconter tout ce qui s'est passé sur cette période, ce budget qui a été d'une violence extrême et qui continue d'ailleurs dans certains déplacements. Et puis, j'ai voulu faire ce livre à cœur ouvert. Dire aussi qui je suis, ce qui m'a construit, les échecs aussi que j'ai pu avoir. Et je pense que c'est important d'avoir ce discours de vérité, de montrer parce qu'on est, vous savez, les politiques, on est souvent assez caricaturés ou une certaine image.
Vous l'avez été notamment puisque
vous avez été dépeint et vous racontez
cette scène par
libération.
Vous
avez été dépeint avec une tronçonneuse à la main et vous racontez que c'est un passage qui vous a beaucoup heurté parce que vous avez été caricaturé.
Ça a été, pour tout vous dire, quand je vois cette une un samedi matin, je pense que c'est une fake news ou quelqu'un qui a fait un montage. Non, c'était la vraie une d'un certain journal très identifié aussi politiquement. Et là,
je
me suis dit mais c'est juste pas possible. Il y
a
un moment, moi, les coupes budgétaires que j'ai pu faire, je les fais comme n'importe quelle famille ou comme n'importe quel chef d'entreprise.
C
'est-à-dire, quand vous avez 100, vous continuez pas à dépenser 150. Vous faites attention. Et malheureusement, on est tellement habitué. C'est pour ça que je dis qu'on est tellement habitué à dépenser l'argent qu'on n'a pas
au niveau des États. Et vous dites qu'on est
shooté à la dépense publique.
Et oui,
on est shooté
à la dépense publique. Il va falloir
faire de la pédagogie parce que c'est difficile à entendre pour les Français.
Oui, mais il y
a
une majorité de Français qui sont totalement conscients.
Vous n'avez pas peur de faire
fuir avec ce discours ? On sait que le discours libéral est très compliqué à
faire entendre. Parce
que je suis libérale. Je l'ai fait, encore une fois, par responsabilité.
Je
n
'ai
pas pris mon budget en disant, voilà, je suis libérale et donc je vais faire mon budget parce que je suis libérale. Je l'ai fait comme n'importe quel chef de famille. C'est-à-dire que vous regardez ligne à ligne et quelles sont les priorités, quelles sont mes missions et vous enlevez tout ce qui n'est pas nécessaire. Et ce qui m'a vraiment marquée quand j'ai fait ce budget, quand je l
'ai
fait ligne à ligne pendant deux semaines, et là, vous voyez, on intervient dans des choses qui ne sont pas de nos compétences. Tout ça, c'est du saupoudrage et du clientélisme. Et on peut, aujourd'hui, c'est absolument nécessaire de faire le nettoyage surtout et de focaliser sur nos priorités. Et là-dessus, dans les réformes, moi, je suis absolument convaincue qu'il faut une compétence et un responsable. Et vous verrez que les choses sont gérées totalement différemment en France.
Vous avez estimé, Christelle Morencel, le montant des sommes qu'on pourrait aller récupérer, vous, à l'échelle de votre région. Vous avez impressionné en allant chercher ces 100 millions d'euros d'économie. On s'est dit, c'est une coupe terrible. Vous l'avez fait. Aujourd'hui, les comptes bientôt seront à l'équilibre. Ce serait combien à l'échelle de la France ?
À l'échelle de la France,
ce
qu'il faut, c'est travailler sur différents piliers. D'abord, enlever les doublons. Mais l'estimation ? Mais l'estimation, aujourd'hui, je ne vais pas vous donner, moi, aujourd'hui, ce chiffre. On balance des chiffres à tout vin. Ce qui est sûr, c'est de travailler sur arrêter les doublons, de regarder chaque dépense et de voir l'efficacité derrière. Moi, je suis convaincue qu'on peut faire mieux avec moins. Et puis, enfin, travailler sur des réformes en profondeur. Le pacte social, mais pas que, sur l'ensemble de nos politiques publiques. Malheureusement, aujourd'hui, vous êtes jugés, les différents ministres sont jugés, en fonction du budget, en augmentation ou pas, de leur ministère.
C'est dramatique. On ne travaille pas comme ça. Il faut tout reprendre. Je suis favorable à un reset total et une réforme en profondeur.
On voit que vous avez travaillé dans le privé avec Christelle Morancet.
C
'est
juste
du bon sens.
Bien sûr. On écoute la question d'un auditeur.
Bonjour, Mme Morancet. Nicolas, 58 ans, cadre de santé. Alors, moi, je vous appelais et la question qui se posait à moi, c'était celle de la mise en scène d'Edouard Philippe sur façon réalité, en train de cuisiner, compagnie. Est-ce qu'il a vraiment besoin de faire ça ? Est-ce qu'on doit abaisser le niveau de la campagne à ça ? Merci.
Edouard Philippe, c'est aussi un homme comme tout le monde. Il a une femme, des enfants, il vit au quotidien, il cuisine chez lui. On ne
va
pas focaliser
là-dessus. Il a
besoin de modifier un peu son image. C'est ça aussi qu'on doit comprendre à travers ces séquences où on le voit couper des pommes de terre, faire des frites.
Oui, après, c'est des séquences qui sont prises. Vous savez, aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, etc., moins de petites images, elle est prise et utilisée et surutilisée. Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on parle aussi du fonds parce qu'Edouard Philippe, depuis déjà quelques mois, il fait des propositions de fonds et on peut en parler.
Bon, ce sera, en tous les cas, il y aura le moment des propositions de
fonds et c
'est déjà le cas. Vous parliez des réseaux sociaux. Justement, avec vous, Félix Mathieu, on va regarder ce qui fait le buzz ces dernières heures.
Avec hier, des journalistes de la chaîne BFM TV agressés lors d'un blocage de lycée du côté de Saint-Denis et cette réaction du maire LFI qui suscite beaucoup d'agacement. Donc, cette équipe de BFM TV a été insultée, prise à partie physiquement. Elle a dû quitter les lieux du reportage. C'est ce qu'a fait savoir la société des journalistes de la chaîne. Le maire LFI, Bali Babayoko, a depuis retiré son tweet mais dans un premier temps, il avait retweeté une vidéo signée Le Média. Le Média, vous savez, c'est cette chaîne proche de LFI, vidéo d'une lycéenne qui justifie l'hostilité à BFM.
Dans
la société française, aujourd'hui, on ne
veut
pas de BFM dans notre vie, on ne
veut
pas de frontières dans notre vie. Donc, on ne
veut
pas de Média. Les chassés, encore une fois.
Et
alors, le commentaire de Bali Babayoko en repartageant cette vidéo sur les réseaux sociaux, elle a raison, a juste écrit le maire LFI de Saint-Denis. Donc, il a depuis supprimé ce retweet mais beaucoup s'indignent. Il a commencé par la société des journalistes de la chaîne qui écrit « La réaction sur X de M. Babayoko aux violences dont nos collègues ont été victimes » est inadmissible. Un élu de la République ne devrait pas soutenir les violences contre les médias. Christelle Morence, est-ce que ça vous choque ? Est-ce qu'on est encore dans la critique légitime des médias ou est-ce que là, c'est de l'huile sur le feu ?
Je suis choquée. Totalement choquée. J'ai mal à ma France. J'en ai mal au ventre d'entendre ce qu
'on
vient d'entendre. Ce n
'est
juste pas possible. C'est irresponsable. Totalement irresponsable. Là, la République est attaquée. Il faut vraiment montrer ce visage, faire tomber les masques de ces gens-là. Ils sont extrêmement dangereux. À quelques mois des élections présidentielles, il faut que les Français se rendent compte qu'ils veulent le chaos de ce pays. Moi, j'aime ce pays. J'aime la jeunesse. Et on ne peut pas aujourd'hui voir ce parti politique manipuler ces jeunes comme ils le font. Là, c'est vraiment un cri du cœur. C'est une colère. Colère d'une présidente de région, mais surtout colère d'une maman.
Bali Bagayoko dit dans un entretien juste après cette séquence que la violence peut être justifiée lorsque l'objectif est d'atteindre un certain nombre de choses.
Comment un élu de la République peut appeler à la violence ?
Il n'appelle pas à la violence, mais il dit qu'il peut
justifier...
Non ! Il ne peut pas justifier. Comment un élu de la République peut tenir de tels propos ? C'est scandaleux. Ils veulent juste le chaos de ce pays. Il
parle de légitime. Il dit que la violence peut être légitime
dans certains cas. Il n'y
a pas de légitimité. Quand on est élu de la République, on se doit d'être exemplaire. Dans un pays aujourd'hui qui est tendu, qui est à feu, etc., on se doit d'apaiser. Il peut y avoir des revendications.
On
peut ne pas être d'accord. Mais on débat dans un atmosphère paisible. Et ça, c'est la responsabilité d'un élu. Moi, je trouve ça scandaleux. Ses propos sont scandaleux. Je suis outré.
Christelle Morancet, pour finir, je reviens à un petit mot de politique intérieure. On parlait tout à l'heure des ralliements avec possiblement Bruno Retailleau, Gabriel Attal. Est-ce que vous appelez également David Lysnard à vous rejoindre
?
Mais oui, bien sûr. David Lysnard qui est chez les Républicains ou un pied dedans ou un pied dehors. Mais c'est pour l'ensemble, moi, je crois vraiment à ce rassemblement autour d'Edouard Philippe. Mais
vous y croyez ? Mais
aujourd'hui,
on
a le sentiment, ça fait quatre personnes qui quand même ont des points communs et qui sont, qui chacun font cavalier seul.
Mais on n'a pas le choix. C'est une responsabilité collective. Si on a l'amour de la France, on doit se rassembler autour d'Edouard Philippe. Il a tendu la main. Il a tendu la main avec cette
réunion. C'est en train
de se traduire aujourd'hui. Jean-Luc Mélenchon est donné au second tour avec quatre ou cinq
points d'avance sur
Edouard Philippe.
Je pense que ce qu'on vient d'entendre, ce qu'on entend chez certains élus de la France insoumise ou la majorité des élus de la France insoumise, on se doit de se rassembler pour notre pays.
Vous appelez donc David Lysnard à vous rejoindre ?
J'appelle l'ensemble des candidats de droite et du centre à nous rejoindre autour d'Edouard Philippe.
Merci infiniment Christelle Morancet de nous avoir accordé cet entretien ce matin et donc je rappelle ce livre Courage et Coeur aux éditions du Rocher. Vous y racontez votre expérience et toutes les difficultés auxquelles vous avez dû faire face pour prendre les décisions que vous avez prises au sein de votre région. Très bonne journée à vous. Dans un instant, dans la vérité en face, deux questions. On parlera des enseignants frappés lors des manifestations devant les lycées bloqués. L'État doit-il durcir le ton ou négocier ?
C
'est la question qu'on vous pose et bien sûr vous pouvez intervenir dans la libre antenne à partir de 9h30 et puis deuxième sujet très important. Faut-il augmenter les produits sucrés transformés ? Une taxe sur ces produits se justifierait-elle dans le budget de la sécurité sociale ? A tout de suite.
Christelle Morançais