L'Interview Politique : Aurélie Trouvé, présidente du parlement de l'Union populaire
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L'interview politique. Bienvenue sur RMC 8h44, notre invitée ce matin, Aurélie Trouvé, bonjour. Bonjour.
Vous avez longtemps été militante associative, porte-parole du mouvement Attaque, avant de vous rapprocher de Jean-Luc Mélenchon, de la France Insoumise, et vous êtes aujourd'hui présidente du Parlement de l'Union Populaire, candidate de cette nouvelle union pour les législatives en Seine-Saint-Denis. C'est pour quand, Aurélie Trouvé ? Le concret, c'est pour quand ?
Parce que vous avez démarré en trombe, ce coup de force d'union de toute la gauche, mais le programme commun définitif, on ne l'a toujours pas, alors que ça devait être présenté dans la semaine. Les candidats de toute l'union de la gauche, on n'a toujours pas la liste définitive. Qu'est-ce qui coince ?
Pourquoi ce léger retard ? D'abord, le programme sera présenté lundi, pas d'inquiétude. Et puis, il faut bien se rendre compte que nous avons réalisé en quelques semaines ce que nous n'avons pu réaliser en plusieurs années.
Donc, c'est extraordinaire ce qui est en train de se passer. On est en train d'écrire l'histoire, on est en train de réussir à rassembler la famille de gauche et de l'écologie sur un programme de rupture qui soit à la hauteur des immenses défis écologiques, sociaux, démocratiques. Et on recompose aussi le champ de la gauche pour tourner la page des compromissions qui ont pu se réaliser, par exemple, pendant le quinquennat Hollande.
Donc, c'est énorme ce qui est en train de se passer. Le programme, lundi, la liste définitive des candidats aussi ? Dans la semaine, voilà.
Nous réglons les derniers ajustements. Mais ce qu'il faut surtout voir, c'est que nous réussissons en ce moment à avoir des candidatures uniques. Il y a près de 2000, et je veux les saluer, 2000 personnes qui se retirent pour permettre ces candidatures uniques.
Parfois avec fracas ? Parfois, mais je ne veux pas, moi, regarder les quelques circonscriptions. Je veux regarder les 577 circonscriptions pour lesquelles, pour 99%, nous sommes...
Il n'y a aucun souci sur la mienne. Écoutez, ça crée une dynamique très forte avec, pour ma part, j'ai le soutien des écologistes, des communistes, des socialistes. Vous êtes sur la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis.
C'était déjà occupé par une élue, la France Insoumise, qui arrête, Sabine Rubin ? Oui, parce qu'elle souhaitait faire un seul mandat, donc avec son soutien d'ailleurs, je prends son relais d'une élue de combat, et j'espère bien être une élue et une élue de combat. C'est plus que gagnable.
C'est jamais complètement fait, et surtout la campagne, et pour tout le monde, ce sera l'occasion de mettre en avant notre programme, c'est-à-dire le SMIC à 1 400 euros net, pour démarrer, et toutes les mesures pour transformer la vie de millions de gens. Donc je fais campagne depuis un petit moment déjà. Voilà pour votre circonscription.
Je reviens aux enjeux nationaux, toujours sur ces candidats. On vient d'avoir la liste de la centaine de candidats écologistes à l'intérieur de votre union. Julien Bayou, Sandrine Rousseau, pas d'Yannick Jadot ?
Ben non, pas d'Yannick Jadot. Écoutez, je ne sais pas. Je ne sais pas où il en est, voilà.
Mais ce n'est pas ça, moi, qui m'intéresse. Aucune nouvelle ? Non, je ne sais pas si vous en avez vu.
C'est-à-dire que vous ne savez pas où il en est ? Ben non, je n'ai pas de nouvelles, mais écoutez, ce n'est pas ça qui me préoccupe. Ce qui me préoccupe là, c'est que nous ayons Jean-Luc Mélenchon Premier ministre dans un mois pour changer la vie de millions de gens.
Alors, je vais vous dire, j'avais vu Yannick Jadot. Yannick Jadot, il faisait partie de ceux qui étaient réticents, justement, à certaines de vos idées dans ce programme commun, ceux qui vous critiquaient aussi. La réticence principale, c'était la désobéissance au traité européen.
Sur quoi vous voulez désobéir exactement ? Sur toutes les règles qui nous empêcheront d'appliquer notre programme. Nous voulons être cohérents, nous voulons répondre véritablement à ce pour quoi nous nous serons engagés pour les Français.
Par exemple, si nous voulons investir 250 milliards d'euros dans la transition écologique, et nous le devons dans la rénovation thermique des logements, dans l'agriculture biologique, etc., eh bien, nous devrons effectivement désobéir à certaines règles européennes, en l'occurrence aux règles budgétaires. Si nous voulons, par exemple, ne plus manger d'aliments traités avec des pesticides, non seulement nous devrons les interdire sur le sol français, mais nous devrons aussi nous protéger des importations de produits traités avec des pesticides.
Le critère, à chaque fois pour désobéir, ce sera si ça ne convient pas à votre programme, Aurélie Trouvé. Oui, pour répondre aux besoins, surtout aux besoins sociaux et écologiques qui sont dimanche. Donc vous allez désobéir tout le temps ?
Pas tout le temps, règle par règle, toutes les règles qui nous empêchent d'appliquer notre programme pour lequel nous aurons été élus. Et c'est un vrai respect du vote des Français. Jean-Luc Mélenchon qui se veut Premier ministre sans repasser par la case députée, parce qu'il considère qu'avec les millions de voix engrangées à la présidentielle, 22% au premier tour, il a une certaine légitimité.
Si ça ne se passe pas comme prévu, que se passe-t-il pour Jean-Luc Mélenchon ? D'abord, j'espère bien que ça va se passer comme prévu. Je lui ai dit quand même que les sondages nous placent en tête aujourd'hui, qu'il y a cinq ans, à 32%, je crois, Macron avait eu la majorité absolue à l'Assemblée.
Là, il y a des sondages qui nous mettent à 34%. Je dis d'abord, je tiens à le dire, c'est possible, nous pouvons gouverner le pays et ne pas laisser les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron dans un mois. Donc, il faut voter les 12 et 19 ans.
Et si ça n'arrive pas, Jean-Luc Mélenchon ne sera plus élu, il reste à la tête de la France Insoumise, à la tête de cette Union, il arrête la politique ? Vous êtes proche de lui, vous avez discuté de tout ça. D'abord, qu'est-ce qui va arriver dans ce cas-là, par exemple ?
Eh bien, si nous avons le premier groupe d'opposition, ce qui est là le plus probable, si nous n'arrivons pas à avoir le gouvernement, nous pouvons, par exemple, avoir la présidence de la Commission des Finances. Donc, nous aurons de quoi, en tout cas, eh bien, faire en sorte que Macron ne déroule pas tout son programme. Et je rappelle ce que c'est, Macron, c'est la retraite à 65 ans, bosser trois ans de plus.
Quoi qu'il arrive, Aurélie Trouvé, vous respecterez le résultat des urnes ? Bien sûr, nous respectons le résultat des urnes. Réécoutons Clémentine Autain, dans l'entre-deux-tours, sur France 2.
Elle ne disait pas exactement ça. Bien sûr qu'il faudra aller chercher la victoire dans la rue. D'ailleurs, même si on est majoritaire, il faudra continuer à aller dans la rue, je le dis très tranquillement.
C'est-à-dire que la mobilisation populaire, elle est aussi une des clés pour faire avancer la société. Même si on est majoritaire, on continue dans la rue. Mais si on est minoritaire à l'Assemblée, on va dans la rue aussi.
Le combat est dans la rue. Pour moi, il y a la transformation de la société. Il y a toujours eu deux jambes.
Et pour ma part, j'ai été une dirigeante dans le mouvement social. Alors évidemment qu'en tant que députée, nous respecterons le résultat des urnes. Tout le monde respectera le résultat des urnes.
Mais il n'empêche qu'un gouvernement peut plus ou moins entendre ce qui se passe dans sa population. Je rappelle qu'Emmanuel Macron a été élu président avec le vote d'un Français sur trois seulement. Et en plus, avec un vote, oui bien sûr, mais avec un Français sur trois, il a été le plus mal élu depuis 1969.
Je le rappelle. Donc il faut aussi qu'il entende la population et il entendra les mouvements sociaux. Et je rappelle qu'il y a une inflation galopante.
Il y a des prix qui flambent en ce moment. Il y a des gens qui tirent la langue, qui n'en peuvent plus. Oui, il y aura des mouvements sociaux.
Aurélie Trouvé, en tant que présidente du Parlement de l'Union Populaire, est-ce que vous faites partie, est-ce que vous siégez, entre guillemets, au comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de la France insoumise ? Je n'y siège pas, mais j'ai des camarades qui font un très bon travail de ce point de vue-là. C'est ce comité, le week-end dernier, qui a reçu un signalement concernant Taha Bouhaf, le journaliste, le militant.
On en a beaucoup parlé cette semaine. Des accusations lourdes. Clémentinotin, qu'on vient d'entendre parler même d'accusation d'une gravité jamais rencontrée.
Pourquoi ne pas avoir transmis ce signalement directement à la police, à la justice, Aurélie Trouvé ? Parce que nous respectons le souhait des victimes. Et je voudrais dire que nous avons été exemplaires de ce point de vue-là.
Et qu'aujourd'hui, par contre, à droite notamment, il y a des ministres qui ont des signalements contre eux de violences sexuelles et sexistes. Une enquête interne suffit. Et qui sont en poste.
Il y a des candidats pour la droite et pour Emmanuel Macron qui, aujourd'hui, ont des signalements contre eux de violences sexuelles et sexistes. Et pourtant, il ne se passe rien. Nous, nous avons fait un choix, c'est que cette candidature soit retirée.
Nous sommes exemplaires. Alors, pourquoi ne pas l'avoir annoncé vous-même ? Puisque c'est à Abouhaf qui annonce se retirer, sans faire mention d'ailleurs de ses accusations, mais plutôt en faisant mention de cette campagne de dénigrement à caractère raciste qu'il a subie sur les réseaux sociaux.
Il a retiré, effectivement, sa candidature. Pourquoi ce n'est pas la France insoumise ? Et nous l'avons actée.
Et de toute façon, nous aurions retiré cette candidature parce que nous, nous nous poursuivons aussi de façon exemplaire. D'abord, le souhait des victimes. Et Clémentine Autain a tout expliqué de manière très claire, à la fois dans une tribune et à la fois dans le journal de Mediapart.
Clémentine Autain qui a eu connaissance de ce signalement samedi dernier. Vous, vous en avez pris connaissance quand ? J'en ai pris connaissance mardi, c'est-à-dire au moment où l'affaire...
Comme Jean-Luc Mélenchon. Exactement. Au moment où l'affaire...
Personne dans ce comité ne se dit...
Mais parce que, vous savez quoi ? Parce que, je le répète, nous sommes exemplaires. Nous avons une commission qui fonctionne depuis longtemps, qui respecte la parole des victimes, et qui respecte la confidentialité aussi des dires des victimes.
Voilà, donc je voudrais le dire, parce que vous pointez tout cela, mais pointez ce qui se passe à droite et dans l'extrême droite, et le fait qu'il ne se passe rien alors qu'il y a des gens, il y a des élus, il y a des candidats qui sont poursuivis pour ça. Donc justement, je leur dis, je leur dis, regardez comment nous faisons. C'est pour ça que c'est intéressant, parce que ce comité n'existe pas franchement dans les autres parties.
Est-ce que ce comité scanne aussi ceux qui sont déjà en place à la France Insoumise, les élus ou les candidats ? A votre connaissance, aucun élu de la France Insoumise, aucun candidat pour ces législatives n'est concerné par d'autres signalements ou des faits similaires ? A ma connaissance, non.
Et si nous l'étions dans cette commission, ça se déroulerait de la même façon. C'est-à-dire qu'un élu de la France Insoumise serait exclu, retirerait sa candidature ? Bien sûr, nous avons un engagement féministe dans ce mouvement.
Nous avons d'ailleurs beaucoup de femmes qui ont des responsabilités dans ce mouvement. C'est pour ça que je m'y engage aussi, parce que nous respectons la parole des femmes, nous respectons aussi leur engagement dans tous les domaines. Et nous nous battons contre les violences sexuelles et sexistes, y compris dans notre propre mouvement.
Et quand vous êtes arrivée dans ce mouvement, il y a quelques mois, quelques années, personne ne vous a dit, attention, celui-là, méfie-toi. À propos de ? À propos de ceux qui composent la France Insoumise.
Comment ça, je me méfie ? De tel ou tel homme, élu, représentant national ou candidat, ça n'a pas existé, Aurélie Trouvé ? Je ne vois pas de quoi vous parler.
C'est-à-dire que nous avons, je le répète, nous avons une commission qui prend des signalements, et c'est ça qui est important, et c'est la prise en compte des paroles des victimes jusqu'au bout. Et la confidentialité de leur dire. C'est des femmes qui ont été extrêmement marquées par ce qui leur arrive.
Et donc c'est ça qui est au fond de toute notre action. Et je le redis, j'espère que dans tous les partis, il se passera la même chose que ce que nous faisons, c'est-à-dire vraiment cette écoute des victimes. Aurélie Trouvé, merci beaucoup d'avoir été avec nous, présidente du Parlement de l'Union Populaire, candidate de cette union aux législatives.
La loi de l'Union Populaire, n'est-ce que nous avons été avec nous ? La loi de l'Union Populaire, n'est-ce que nous avons été avec nous ?
Aurélie Trouvé