Mobilisation des lycéens, parcoursup, maintien de l'ordre... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Baptiste
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 47 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous validez ce constat d'échec collectif ?
- 0:59RelanceÉludée
Ce que dit le président en creux, c'est qu'il y a eu une réponse politique trop tardive et qui a laissé la violence s'installer. C'est comme ça que vous le comprenez ?
- 1:17FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous regrettez la gestion de cette crise ?
- 1:53OuverteRéponse partielle
Est-ce que tout simplement sur Parcoursup, il n'aurait pas fallu faire des annonces plus tôt et acter le problème ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Est-ce que vous y croyez vraiment à la reprise des cours lundi ? Et ensuite, qu'est-ce que ça veut dire que les cours doivent reprendre ?
- 4:01FerméeÉludée
Est-ce que vous enverrez les forces de l'ordre pour débloquer les lycées, les universités, s'il y a des blocages ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:03PrésentateurFait
« C'est un échec collectif. Voilà ce que dit Emmanuel Macron au journaliste et vidéaste Hugo Décrypte après un mois et demi de contestation lycéenne et étudiante. »
- 0:12PrésentateurFait
« Il parle en particulier des nombreux blessés parmi les jeunes, certains très grièvement, des centaines de blessés aussi du côté des forces de l'ordre. »
- 3:14Locuteur non identifiéChiffre
« Il y a à peu près un sur deux qui va abandonner ses études. »
- 3:56Locuteur non identifiéFait
« Il faut arrêter les blocages. Il faut arrêter les violences. »
- 5:14Locuteur non identifiéFait
« Il y a des vrais bougés qu'on est en train de faire. »
- 5:17Locuteur non identifiéChiffre
« On a augmenté le nombre de places, on est en train de dire 15 000 places de plus, essentiellement en Île-de-France. »
- 5:33Locuteur non identifiéChiffre
« On est en train de mettre 1 milliard d'euros sur la table pour la rénovation. »
- 10:59Locuteur non identifiéFait
« Est-ce qu'on est pour ou est-ce qu'on est contre la sélection ? »
- 11:10Locuteur non identifiéChiffre
« On est passé, sur le bac général, à 96% de succès. »
- 16:21PrésentateurChiffre
« Le taux d'échec en fin de première année d'études supérieures grâce à Parcoursup a baissé en 8 ans de 60 à 50% de 10 points. »
- 18:13Locuteur non identifiéFait
« Nous sommes le pays le moins sélectif de l'ensemble des pays de l'OCDE. »
- 23:14Locuteur non identifiéChiffre
« On parle quand même en moyenne de 7 000 à 8 000 euros de plus par an pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié61 %
- Présentateur19 %
- Locuteur non identifié 212 %
- ?6 %
≈ 19,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Audrey. Bonjour. Et bonjour Philippe Baptiste. Bonjour. C'est un échec collectif. Voilà ce que dit Emmanuel Macron au journaliste et vidéaste Hugo Décrypte après un mois et demi de contestation lycéenne et étudiante. Il parle en particulier des nombreux blessés parmi les jeunes, certains très grièvement, des centaines de blessés aussi du côté des forces de l'ordre. Est-ce que vous validez ce constat ? Est-ce que vous reprenez ces mots d'échec collectif ?
Je pense qu'évidemment le fait qu'il y
ait
de la violence et le fait qu'il
y ait
une violence qui soit durable quelque part aujourd'hui, c'est évidemment quelque chose que personne ne peut souhaiter. Ce qui est important aujourd'hui c'est d'arriver à progresser, à résoudre ce conflit social, à prendre en compte les revendications des étudiants,
des lycéens. Justement, mais vous êtes là pour le dire aujourd'hui, après un mois et demi
de manifestation, vous avez donné vos réponses la semaine dernière, après cinq semaines de mobilisation. Ce que dit le président en creux,
c
'est qu'il y a eu une réponse politique sans doute qui a été trop tardive et qui a laissé la violence s'installer. C'est comme ça que vous le comprenez ?
On
peut toujours
discuter du calendrier, mais moi ce qui est important c'est d'abord les discussions avec les organisations représentatives, les syndicats et les
étudiants. Non mais la question que je vous
pose par dans le temps,
c'est est-ce que vous regrettez la gestion de cette crise ?
Vous savez ce qui est important, c'est aussi à un moment ou à un autre sur des sujets qui sont complexes. Je pense par exemple au système d'orientation et d'affectation dans le supérieur.
On va parler de tout ça. C'est des sujets qui sont
très techniques.
Et
donc derrière, en fait, il faut construire des réponses. C'est-à-dire que simplement aller sur un plateau de télévision ou de radio, pardon, et dire je vous ai compris, nous allons supprimer ceci, nous allons supprimer cela, et ne rien faire derrière. Moi, ce n
'est
pas ça ma
vision. Philippe Batty, vous avez mis plusieurs semaines à
acter le fait qu'il y avait un vrai souci avec Parcoursup et à promettre
sa
modification dans un premier temps, son remplacement dans un deuxième temps. Est-ce que tout simplement sur Parcoursup, il n'aurait pas fallu faire des annonces plus tôt et acter le problème ? Vous savez, il faut les construire les annonces.
C
'est d'abord écouter les lycéens, écouter les étudiants pour comprendre en gros quelles sont les difficultés. Ce qu'on peut changer immédiatement, Parcoursup,
c
'est une plateforme qui est adossée à une loi. Et donc, à un moment ou à un autre, il y
a
des choses que vous pouvez faire en gardant la loi telle qu'elle est aujourd'hui. C'est ce qu'on va faire pour la prochaine campagne, qui commence là, maintenant, dans quelques semaines. Et puis après, il faut construire la suite, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on va faire, comment on va changer la loi. On
va détailler ça. Ce n'est pas
juste des annonces concrètement,
c
'est des choses qui sont... Excusez-moi, je suis un scientifique, je suis un ingénieur. Avant de construire un pont, avant de construire une fusée, je veux être sûr que quelque
part,
On comprend bien que vous ne voulez pas exprimer de regrets sur la gestion de cette crise et sur la réponse politique du gouvernement. Vous avez dit, le travail doit reprendre lundi dans les universités et les lycées, lundi jour de rentrée. Emmanuel Macron dit hier soir, je souhaite que la jeunesse puisse reprendre les cours. Il souhaite, vous dites, les cours doivent reprendre. D'abord, est-ce que vous y croyez vraiment ? Et ensuite, qu
'est
-ce que ça veut dire que les cours doivent reprendre ?
Je pense que c'est absolument essentiel. Je vais vous donner un exemple très simple. C'est que les étudiants qui sont aujourd'hui en première année de licence, c'est un public très fragile. Il y
a
à peu près un sur deux qui va abandonner ses études. Donc,
c
'est vraiment un public très, très, très, très fragile. Aujourd'hui, ils ont eu entre trois et quatre semaines de cours depuis la rentrée. Et donc, on risque d'avoir simplement une hécatombe. Donc maintenant, il faut absolument que les cours puissent reprendre. Ça ne
veut
pas dire que je ne demande pas aux étudiants d'abandonner leur contestation ou d'abandonner leur revendication. Je pense que la porte, elle est toujours ouverte. On a posé des éléments pour commencer à discuter et pour commencer à travailler. Et la porte est encore ouverte. Les choses peuvent encore évoluer. Mais par contre, il faut arrêter les blocages. Il faut arrêter les violences. C'est absolument essentiel que les cours puissent reprendre en présentiel, pas simplement à distance, en présentiel. Parce que c'est indispensable, je pense en particulier encore, aux jeunes bacheliers qui rentrent en L1 et qui n'ont quasiment pas
eu
cours de la rentrée.
Mais est-ce que, par exemple,
ils doivent reprendre ? Ça veut dire que vous enverrez les forces de l'ordre pour débloquer les lycées, les universités, s'il y a des blocages ? Non,
je
ne parle pas
du tout de maintien de l'ordre. Je pense que simplement,
il
faut arrêter
les blocages. C'est une injonction
que vous faites aux lycéens et aux
étudiants. Non, mais je
pense qu'il ne
faut
pas... Pardon, la question n'est pas une question de sémantique. Je pense que le président de la République, je dis la même chose que le président de la République. C'est simplement, il est souhaitable, il est nécessaire que les cours puissent reprendre.
C'est vrai pour les bacheliers, c'est vrai pour les lycéens. On va écouter justement les
lycéens et les étudiants qui ont bien l'intention de poursuivre la mobilisation. Ils l'ont dit dès lundi devant Matignon.
Nous
avons obtenu des miettes par rapport à ce que nous demandons. Nous demandons 250 000 places dans les facs, nous en obtenons à peine 15 000. C'est ridicule. Ils nous proposent des choses, une soi-disant refonte de parcours sub. Ils vont modifier la police du site,
ils
vont rajouter trois fleurs dans les coins et voilà la refonte. S'ils continuent à nous faire virevolter, on continuera dans la rue, ce n
'est
pas un souci. Alors vous avez conscience, Philippe Baptiste, d'avoir répondu seulement
en
partie aux revendications
? Non,
alors il y a une plateforme de revendication des lycéens et des étudiants qui est très très ambitieuse et qui je crois ne correspond pas non plus intégralement à ce qu'il est souhaitable de faire. Il y a des choses, il y a des vrais bougés qu'on est en train de faire. Effectivement, on a augmenté le nombre de places, on est en train de dire 15 000 places de plus, essentiellement en Ile-de-France. Peut-être qu'il faut aller plus loin, peut-être qu'il faut une dynamique pluriannuelle autour de ça. Et là encore une fois, je l'ai déjà dit aux lycéens, je l
'ai
déjà dit aux étudiants, la porte est ouverte, on peut continuer à en discuter.
Alors
là-dessus,
on va poursuivre là-dessus 15 000 places en BTS. On est
en train de mettre 1 milliard d'euros sur la table pour la rénovation. Sur combien d'années ? 1 milliard d'euros sur 3 ans avec 200 millions d'euros d'argent frais dès cette année, enfin pardon, dès l'année prochaine, dès 2027. Pour les universités ? Pour les universités, pour la rénovation des sites universitaires.
C'est suffisant ?
Ce n
'est
pas suffisant pour tout rénover bien sûr, pour tout remettre au meilleur niveau. Mais c'est un pas qui est un pas extrêmement important dans la tension budgétaire qu'on connaît aujourd'hui. Donc je veux dire, on ne peut pas parler de miettes, ce n
'est
pas vrai. Il y
a
un vrai effort qui est fait. Tous les sujets qui ont été ouverts par les étudiants, les lycéens, on est en train d'y répondre. Pas toujours à la hauteur de
ce qu'ils demandent. Mais pourquoi ils continuent de se mobiliser
? Mais quelque part,
ils
continuent à se mobiliser, qu'ils continuent à revendiquer, qu'ils continuent à exiger, à demander des choses. C'est normal, ça fait partie du débat. Et ça, moi, je n
'ai
pas de difficulté avec ça. La seule chose que je dis aujourd'hui,
c
'est qu'il faut sortir du cycle de violence qu'on a connu précédemment. Et puis surtout, il faut sortir des blocages. Parce qu'il faut que les cours reprennent. C'est indispensable pour tout le monde.
On
l
'a
entendu. Il y a une manifestation qui est prévue samedi contre la vie chère, à l'appel notamment de Gilets jaunes. Les étudiants, les lycéens s'y joindront. En tout cas, c'est l'appel de leurs organisations. Est-ce qu'il faut s'attendre au même dispositif de sécurité que samedi dernier, très important après les pillages du 17 octobre ? Vous savez, le maintien de l'ordre, c'est un métier. Et
moi, je ne
suis pas un
spécialiste du maintien de l'ordre. Moi, je crois qu'on est dans une logique. Et une logique de, évidemment, continuer à avoir un dispositif de maintien de l'ordre qui permette de garantir, comme ça a été le cas juste précédemment, de garantir des manifestations
dans
de bonnes conditions. Le ministre de l'Intérieur a parlé, a priori, d'un dispositif similaire à celui du week-end dernier. Justement, le ministre de l'Intérieur, il reçoit les organisations lycéennes et étudiantes aujourd'hui. C'est assez inhabituel. Les jeunes ont l'intention de venir, forcément, avec leurs revendications, de demander un changement de doctrine de maintien de l'ordre. L'interdiction des gaz lacrymo, des sprays au poivre, des LBD. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Interdire ces armes, en tout cas qui sont utilisées, dans le cadre de manifestations à destination des jeunes. Je vais vous faire la même réponse. Le maintien de l'ordre, c'est un métier.
Ce n'est pas mon métier et je ne
suis
pas dans le commentaire. Donc, maintenant, je pense que...
Vous êtes au gouvernement, vous
parlez avec votre collègue
de
l'intérieur. Absolument.
Et vous vous occupez des
étudiants. Savoir si on utilise tel spray ou tel autre, excusez-moi, mais ça, c
'est pas...
Ce n'est pas des sprays
dont
on parle.
Laissez-moi peut
-être répondre, simplement. Non, mais juste, simplement,
vous n'avez pas d'avis sur, Philippe-Baptiste, sur les armes dites
intermédiaires qui
sont utilisées contre les
étudiants auxquels vous adressez. Je crois qu'aujourd'hui, la logique, c'est une logique de proportionnalité. Et évidemment, c'est celle-là qui doit être discutée. Je pense qu'il y
a
aussi un travail, évidemment, d'explication. Et je pense que c'est aussi ça que fera le ministre de l'Intérieur, expliquer quelles sont les doctrines de maintien d'ordre, comment ça fonctionne, comment ça marche. Et je pense qu'il
y a
une discussion qui va se nouer. Et ce n
'est
pas à moi de commenter avant la réunion, même les conclusions de cette réunion. Et quand vous entendez qu'il y a eu 248 élèves blessés, au moins, plus de 150 manifestants blessés les deux derniers week-ends, aussi un millier de forces de l
'ordre à blessés chaque week
-end, c'est un bilan quand même lourd.
Mais
c'est un bilan, je crois exactement ce que j'ai dit, c'est un bilan qui est lourd. Il faut évidemment être capable de sortir de ce cycle de contestation violente. Et moi, je ne demande pas du tout, encore une fois, aux étudiants, aux lycéens, d'abandonner leurs revendications. Ce n
'est
pas le sujet. Mais je pense qu'il faut qu'on arrive à sortir de cette violence, sortir des blocages, pour que les cours puissent reprendre.
Alors, vous avez dit, pardon, la négociation va continuer. Absolument. Et c'est normal. Et il y a des marges de négociation. Sur quoi
?
Mais je pense qu'on peut regarder, il y a différents sujets qui ont été ouverts aujourd'hui. Il y a le nombre de places, évidemment. Il y a le plan d'investissement et la manière dont on va le faire. Il y a aussi la question autour de la revalorisation des bourses, puisque, comme vous le savez, le gouvernement s'est engagé à indexer les bourses, qui est un grand dispositif
de baisse sociale. Sur
les augmenter autant que les prix. C'est-à-dire, en fait, faire
en sorte qu'elles
ne baissent pas. Ce qui est une revendication qui date de plus de 15 ans. Donc,
c
'est un
vrai pas en avant. Vous les maintenez au
niveau des prix. Mais est-ce que vous pourriez les augmenter ? Mais alors,
ces discussions, on peut les avoir. On peut regarder comment on va faire. Donc, voilà, la porte est ouverte. Il
y
a des sujets de négociation qui sont toujours ouverts aujourd'hui. Et aujourd'hui, on a des discussions. J'ai encore reçu hier et avant-hier les organisations représentatives, les organisations syndicales. Donc, on est vraiment dans un dialogue social qui est engagé, d'ouverture, tout en tenant compte aussi, pardon, n'oublions pas une chose aussi, c'est que les finances aujourd'hui du pays sont quand même extrêmement tendues. On est extrêmement observé sur les marchés financiers. Vous le savez. Et donc, c'est aussi extrêmement important d'avoir une rigueur budgétaire.
Les marchés
financiers,
ils
vont aussi regarder la stabilité de la
France et
le fait que le pays est quand même en ébullition sociale et en feu certains samedis. Bien sûr. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut avoir à la fois une discussion, une discussion sociale, réussir à avancer sur un certain nombre de sujets, tout en étant réaliste. Et puis aussi, en étant réaliste sur le calendrier, en expliquant bien qu'il
y a
des sujets qui sont des sujets qu'on peut faire tout de suite maintenant. Et puis, je rappelle quand même à tout le monde qu'il
y a
une présidentielle qui arrive dans
six
mois et donc qui, quelque part aussi, va permettre d'avoir un certain nombre de débats. Je veux dire, je reprends par exemple la question de l'affectation dans le supérieur. Le débat fondamental derrière, en fait, qui est un peu l'éléphant dans la pièce, c'est de savoir, en gros, est-ce qu'on veut un système qui soit un système plus sélectif ou un système moins sélectif ? Dans le temps, moi, quand j'ai passé le baccalauréat, on avait à peu près 40% de bacheliers. C'était la classe d'âge, c'était 40%. Et il y avait un taux de succès au baccalauréat qui devait être de 60%. On est passé, sur le bac général, à 96% de succès. Donc, il n'y
a
plus la sélection du baccalauréat. Est-ce qu'on doit refaire quelque chose
?
Alors,
vous allez nous
dire, justement,
je
pense que ça doit être un
débat de la
plateforme.
Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, vous allez nous dire, justement, comment vous voyez le futur de Parcoursup, en tout cas le dispositif qui va remplacer la plateforme.
Toujours avec vous, Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur. Vous promettez la fin de Parcoursup. Alors, avant de remplacer cette plateforme, il y
a
d'abord l'étape de l'année prochaine à la rendre plus transparente. Concrètement, qu'est-ce que vous allez faire pour la rendre plus transparente
?
Alors, effectivement, comme vous l'avez dit, il
y
a deux étapes. Une première étape, c'est, sans changer la loi, parce que changer la loi, ça prend du temps, faire un maximum de transformations qui permettent d'assurer, effectivement, plus de transparence. C'est une revendication, depuis longtemps, des lycéens en particulier,
autour
des algorithmes, ce qui est mal appelé, mais qui est appelé ainsi, les algorithmes locaux.
C
'est-à-dire, aujourd'hui, la plateforme elle-même est totalement transparente, le code est disponible, tout le monde peut savoir comment ça fonctionne. Par contre, après, chaque jury, en fait, chaque commission, dans une université, dans une école, elle a ses propres règles de fonctionnement, qui sont des règles de fonctionnement
interne. Donc ça,
tout doit être mis
noir sur blanc
? Alors, il y a déjà les critères qui sont aujourd'hui explicités, c'est déjà le cas depuis quelques années, mais au-delà, simplement, de ces critères un peu généraux, on va aller vraiment dans le détail, parce que je crois que c'est une demande, aujourd'hui, et ces détails,
ça
veut dire qu'en gros, les traitements automatisés, c'est-à
-dire
qu'en gros, si, par exemple, à un moment donné, ils utilisent une feuille Excel pour pondérer des notes ou des choses comme ça, eh bien, ce détail-là devra être, quelque part, explicité.
Transparence totale.
Totalement.
Les universités, tous les établissements d'enseignements supérieurs vont publier, quoi, sur leur site Internet, on utilise
tel logiciel,
on
s'est
réunis à tant de personnes dans une salle pour examiner les
dossiers.
Les traitements automatisés. On proposera aussi, alors, là, sur la base du volontariat, aussi, à des lycéens qui voudraient participer à tel ou tel jury, en fait, aussi, ce sera possiblement ouvert, donc, il y aura aussi un vrai travail de transparence. À côté de ça, je pense qu'on essaiera aussi, enfin, on essaiera, on donne, la possibilité à des lycéens qui sont refusés dans une formation de saisir la formation pour comprendre pourquoi ils ont été refusés.
C'est
un
appel
ou c'est juste une demande d'explication ? C'est une demande d'explication. Il
n'y a
pas d'appel. Non, non,
non. Il n'y a pas d'appel. Il n'y a pas d
'appel. Pardon, s
'il
n
'y a
pas d'appel, vous voyez, c'est déjà, la procédure d'affectation est déjà assez complexe. Si on met en place une procédure d'appel, alors là...
C'était pour comprendre le mot saisir.
Saisir. La fin de Parcoursup et son remplacement, ça ne plaît pas à tout le monde. L'ancien ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer qui a mis en place Parcoursup avec votre prédécesseur Frédéric Vidal vous accuse de l'acheter avec l'abandon de cette plateforme. On l'écoute.
C
'était ce mardi sur France Info.
Démagogie à gauche,
l
'acheter au centre et à droite, oui. Donc, y compris au gouvernement. Et surtout, immense démagogie aux deux extrêmes.
Alors, est-ce que vous avez cédé par facilité, Philippe Baptiste ? D'abord, je vais répondre à Jean-Michel Blanquer pour qui j'ai d'abord la plus grande estime et la plus grande amitié aussi. Donc, je le ferai avec beaucoup de plaisir. Là, il n
'y a
pas de lâcheté. Je crois qu'il faut refonder et reposer le débat. Et c'est bien de ça dont on parle pour la blockchain plateforme. La plateforme, ce n
'est
pas le sujet numérique. Ce n
'est
pas le sujet du logiciel Parcoursup qui est d'ailleurs... Enfin, j'entendais hier au débat à l'Assemblée nationale, le logiciel en tant que tel n'est pas tellement... Enfin, ce n
'est
pas tellement ça le sujet. La question fondamentale, c'est qu'il faut qu'on réponde à trois ou quatre questions de fond. Et quand je dis on, c'est aussi la représentation nationale. D'ailleurs, je n
'ai
pas eu les réponses hier. Est-ce qu'on est pour ou est-ce qu'on est contre la sélection
?
Première question.
Oui,
alors...
On vous pose la question. Vous êtes pour ou contre la sélection ?
Laissez-moi poser les quatre... J'ai quatre questions à poser. Quatre questions à poser qui me semblent être structurantes. Est-ce qu'on est pour ou est-ce qu'on est contre la sélection ? Est-ce qu'on veut une assignation territoriale des jeunes ?
C
'est-à-dire dire en gros vous avez fait vos études, votre lycée, votre baccalauréat dans telle ville, vous devez aller dans telle université. Moi, je suis résolument contre ça. Mais c'est une question fondamentale. Est-ce que oui ou non, on veut privilégier les boursiers ? Aujourd'hui, les boursiers sont privilégiés dans Parcoursup. Il y
a
des quotas. Donc moi, je suis résolument pour ça. Mais est-ce qu
'on
veut garder ça
? Est
-ce qu'on est pour ou contre conserver une dimension forte de l'apprentissage ? Vous savez, sur Parcoursup aujourd'hui, il y a 11 000 formations en apprentissage. Presque la moitié. Avant, il y
en
avait zéro sur APD. Est-ce qu'on veut faire ça ou pas ? Ces questions-là, elles sont structurantes. C'est de ça dont on doit parler dans les prochaines semaines. Et après, faire une loi. Et une fois qu'il y
aura
la loi, faire la plateforme. Vous
dites en gros c'est un bon système, Parcoursup. Les présidents d'universités disent que
c
'est un bouc émissaire facile. Jean-Michel Blanquet, on l'a entendu parce que vous n'avez pas répondu à la question. Il dit, en creux, il y a eu une lâcheté au
centre. Je viens
d'y répondre. Y compris au gouvernement. Et il dit, le taux d'échec en fin de première année d'études supérieures grâce à Parcoursup a baissé en 8 ans de 60 à 50 % de 10 points. Oui, en première année de licence. Donc vous validez
ça. Pourquoi supprimer
un
système qui fonctionne ? Parce que je pense qu'il y a des questions aujourd'hui. Il y a une colère sociale autour du système et il y a aussi une incompréhension d'un certain nombre d'outils qui sont utilisés dans le système. Donc, je veux dire, il faut répondre à ces revendications. Et puis, je pense qu'il faut aussi refonder le débat.
C
'est-à-dire que les questions de fond dont on doit parler, c'est est-ce que oui ou non on veut la sélection ? Est-ce que oui ou non on veut une assignation sociale des bacheliers ? Etc. Ces questions sont des questions de fond, des questions qui ne sont pas des questions de plateforme, qui sont des questions éminemment politiques.
Vous
nous dites quand même
qu'ils vont passer par une loi.
C'est indispensable.
Vous connaissez l'état de l'assumé.
Vous avez la moindre illusion de faire passer une loi là-dessus d'ici la fin de ce quinquennat.
Moi,
je pense que ce n
'est
pas complètement impossible. Peut-être, je ne sais pas si on arrivera complètement au bout.
Je
veux dire, qu'on ait à la fois le calendrier et les tensions. Mais en tout cas, qu'il y
ait
des propositions qui soient déposées et discutées, je pense que c'est possible. Et puis moi, j'appelle aussi les candidats à la présidentielle. On est dans un temps où les programmes se construisent. Eh bien, j'attends avec impatience des positionnements clairs. Et je ne parle pas des positionnements démagogiques, du RN ou du LFI que j'ai entendu hier. Ça veut dire ? C'est
-à
-dire des propositions qui sont construites. C'est quoi
les
propositions démagogiques
?
Créer 250 000 places dans l'enseignement à l'université demain. Est-ce que l'avenir de tous les jeunes doit passer nécessairement par une
licence et un master ? C'est parce que demandent
justement les organisations
lycéens et étudiants 250 000 places et vous en avez proposé
15 000. Mais on a le droit de se poser la question. Est-ce que l'avenir de chaque bachelier, de chaque lycéen, il doit passer par une licence et un master ? Je ne
suis
pas sûr. Moi, je crois qu'il y a des places, il y a des formations en apprentissage, il y
a
des formations dans d'autres types de formations du
supérieur.
Il faut
plus de sélections encore qu
'aujourd'hui
?
Mais aujourd'hui, monsieur, je vous renvoie à un rapport de l'OCDE qui est sorti il
y a
quelques semaines et qui classe les différents pays de l'OCDE en fonction de leur sélection. Et vous savez où est positionné la France ? Dites-nous. C'est la dernière. Donc nous sommes le pays le moins sélectif de l'ensemble des pays de l'OCDE. Moi, je veux bien qu
'on
soit encore moins sélectifs que ça. Mais enfin, ça commence à être compliqué. Mais la sélection, notre sélection, en fait, elle existe. Et vous savez où elle est, la sélection ? Elle est en première année de licence. C'est une boucherie. Et ce système-là,
il est une hypocrisie sans limite. Parcoursup avait permis de faire baisser le taux d'échec. Mais de 10
points et on est arrivé à 50%. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on en a presque 1 sur 2 qui ne réussit pas en première
année. Donc en fait, le remplaçant de Parcoursup, ce serait une plateforme encore plus dure pour les
lycéens ? Non, pas du tout. Je pense qu
'il faut la discuter. C'est probablement où il y a plus d'orientation, plus de discussion. Ce n
'est
pas du tout ce que je dis. Je ne dis pas du tout qu'il faut faire ça. Je vous dis simplement, en gros, il faut poser les questions. C'est des questions qui sont politiques. Il faut trancher les questions politiques.
Simplement,
Philippe Baptiste, juste, Audrey vous a posé la question et a pointé l'état de l'Assemblée aujourd'hui. Vous avez 6 mois. Vous dites, il faut discuter. Vous n'avez pas aujourd'hui d'idée précise de ce à quoi doit ressembler la prochaine plateforme qui remplacera Parcoursup. En gros, si je comprends bien, il y
a
une chance non négligeable que vous ayez promis aux étudiants le remplacement de Parcoursup et que vous quittiez le pouvoir sans l'avoir fait.
Mais
attendez, ce que nous avons dit aujourd'hui, c'est une prochaine plateforme pour la campagne 2028. Donc
vous laisserez ça au point de l'instant. Mais pas du tout.
Je pense que le travail peut être très largement avancé et c'est bien ce à quoi on s'engage aujourd'hui. Dans un calendrier où on a effectivement quelques mois devant nous, donc c'est effectivement un calendrier qui est un calendrier tendu. On a besoin évidemment d'avoir aussi l'avis de la représentation nationale et c'est pour ça que c'était très important d'avoir ce débat hier autour du 50-1 qui a été discuté à l'Assemblée pour la construction de la suite. Et cette loi,
vous voulez...
Mais
enfin,
se dire que... S'imaginer que c'est... Enfin, que... On va finir la construction de la plateforme dans les six mois qui viennent pour la session de 2028. Voilà,
donc ce sera le prochain gouvernement qui est le temps. Mais c'est les deux. Mais on va commencer le
travail.
On va commencer le travail. La loi, vous voulez
la mettre au vote avant mars, la fin de cette session
?
Écoutez, il faut commencer à discuter maintenant pour voir ce qu'on peut faire et si effectivement il
y
a possibilité de passer au moins dans l'une des deux assemblées avant la fin de la prochaine session.
D'accord, on a compris ce que vous vouliez
dire là-dessus.
La complexité de cette Assemblée nationale, elle est aussi présente pour l'adoption de ce budget. Ce sont les débats actuels. Les promesses que vous avez faites
il
y a quelques jours aux lycéens et aux étudiants, elles doivent pour la plupart être transcrites dans le
budget.
Cette Assemblée
n
'est pas très favorable à ce gouvernement. Elle va sans doute refuser le budget que vous proposez.
Sans
doute refuser vos amendements. Là aussi, question, vous avez fait des promesses que vous n'êtes pas sûr de pouvoir tenir en fait. Non, non, non, pas du tout.
Je
pense que d'abord, il y a le budget qui va vivre sa vie au Parlement. Il y aura des amendements du gouvernement qui vont être proposés pour financer les mesures additionnelles qui ont été proposées là tant pour le ministère de l'Éducation nationale que pour le ministère de l'Enseignement supérieur. Donc de l'argent en plus qui va financer toutes les mesures qui ont été proposées. Ça, c'est sûr et certain. Après, il y aura la discussion du budget. Moi,
je
pense qu'il peut y avoir une voie de passage. Je l'espère, je le souhaite. Et sinon, il y a des outils qui sont des outils constitutionnels. Le 49.3, par exemple, qui est l'une des pistes et qui permettra évidemment d
'intégrer... Ce n'est pas exclu
de passer le budget
en 49
.3. Mais je pense qu'aujourd'hui, tout le monde sait que c'est l'une des options parmi d'autres. Mais je veux dire, ce qu'on privilégie aujourd'hui, c'est le débat parlementaire. Il faut aller au bout du débat parlementaire parce que ce débat, il est important, il est fondamental. Et puis après, voilà.
Mais
donc, toutes ces promesses seront financées au travers du prochain budget.
L'association France Université qui regroupe les présidents d'universités,
vous connaissez
bien, dénonce un sous-financement chronique des universités. Il le rappelle aujourd'hui, mais le fait depuis des mois, des années. En résumé, les facs ne peuvent pas ni embaucher suffisamment d'enseignants chercheurs. Donc il n'y
a
pas que le problème des places, il y
a
le problème simplement des professeurs devant les élèves. Ils ne peuvent pas non plus payer leurs enseignants à la hauteur de leurs compétences. Pourquoi il n
'y a
pas de proposition là-dessus ? Alors,
quand on crée des places, et quand je vous dis qu'on crée des places, 15 000 places, c'est-à-dire qu'évidemment, on a les budgets correspondants qui seront transférés aux universités pour embaucher aussi, y compris des
enseignants Vous avez dit des places essentiellement de l'UTS,
IUT, là où on vous parle de
l'université
en général.
Oui,
mais ça tombe bien parce qu'en fait, les IUT sont de l'université. Vous savez, les universités, ce n
'est
pas que les licences, c'est aussi les IUT. Évidemment, il y a ça, d'une part. Et puis, d'autre part, s'agissant du financement et de la revalorisation des salaires des enseignants-chercheurs et des chercheurs, je voudrais souligner qu'il y
a
eu une loi qui s'appelle la loi de programmation de la recherche. On n'est pas allé complètement au bout. Elle a été mise un petit peu en stand-by contenu des contraintes budgétaires, mais il
y
a eu de très gros efforts de revalorisation qui ont été faits. Est-ce que c'est suffisant ? La réponse est non. Mais on parle quand même en moyenne de 7 000 à 8 000 euros de plus par an pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs qui sont arrivés et qui existent vraiment.
Et vous ne pouvez pas faire plus. Donc, il y a eu des
efforts et il faut aller plus loin. J'en suis profondément persuadé.
Et c'est a priori pas vous qui le ferez. Merci Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Merci beaucoup. Merci Audrey. Merci à vous de nous avoir suivis sur France Info, à la radio et sur le canal 16. Bonne journée.