Nicolas Dupont-Aignan invité de la matinale de France Info
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30FerméeÉludée
L'Assemblée nationale a voté la loi de moralisation de la vie publique. Vous l'avez voté, vous ?
- 2:15RelanceRéponse directe
On peut entendre vos critiques, mais pourquoi ne pas voter une loi où les articles qui figurent vont dans le bon sens ?
- 3:16OuverteRéponse directe
Vous avez réclamé la démission de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Pourquoi ?
- 4:42OuverteRéponse directe
Le gouvernement a fait jouer son droit de préemption sur STX. Vous l'aviez proposé pendant la campagne. Qu'en pensez-vous ?
- 11:20OuverteRéponse partielle
Vous avez battu un candidat en marche aux législatives. Comment analysez-vous cette victoire ?
- 12:11OuverteRéponse partielle
Cette réaction d'habitant était liée à votre alliance avec Marine Le Pen au second tour. Comment l'avez-vous vécue ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« La montagne a accouché d'une souris, en vérité. »
- 0:59Invité politiqueFait
« L'obligation d'un casier judiciaire vierge pour tout candidat à une élection. »
- 2:03Invité politiqueFait
« Le vrai conflit d'intérêts, c'est-à-dire les puissances d'argent vis-à-vis de l'exécutif, ne sont pas touchés. »
- 3:41Invité politiqueFait
« La morale n'est pas toujours liée à la légalité. »
- 4:21Invité politiqueFait
« On débat pour contrôler les frais des parlementaires pour 300 euros. Très bien. Je l'ai toujours réclamé. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Mme Pénicaud ment devant le Sénat. »
- 6:17Invité politiqueFait
« La généralisation des 11 vaccins. »
- 6:27Invité politiqueFait
« La baisse de l'impôt sur la fortune uniquement pour les actifs financiers. »
- 7:20Invité politiqueChiffre
« On est en train de réduire de 60 euros par an des revenus des plus pauvres des plus pauvres. »
- 9:27Invité politiqueFait
« Il fallait éviter que ce chantier naval italien s'empare de STX pour une raison très simple, c'est qu'il a des liens très étroits avec la Chine. »
- 13:22Invité politiqueChiffre
« 63% des électeurs de ma ville ont revoté pour moi aux législatives. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan58 %
- Présentateur12 %
- ?12 %
- Invité6 %
- Invité 25 %
- Invité 32 %
≈ 64,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le
8h30 politique,
c
'est reparti pour une nouvelle semaine de politique sur France Info. Jeannick Halimi, du Parisien, est avec nous. Bonjour. Notre invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour, bienvenue. Bonjour à vous. Député de l'Essonne, président du mouvement Debout la France. Vous êtes avec nous jusqu'à 8h50. L'Assemblée nationale où vous siégez a voté dans la nuit de vendredi à samedi, la loi de moralisation de la vie publique ou de restauration de la confiance. On va voir au niveau des termes. Vous l'avez voté, vous ? Non, je me suis abstenu
parce
que cette loi est très décevante. La montagne a accouché d'une souris, en vérité. Et le gouvernement a proposé des mesures qui allaient de soi, que j'avais proposées en son temps.
Mais vous n'avez pas voté du coup
? Non, je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il
y
a une mesure à laquelle je tiens depuis des années, que j'avais votée en février, suite à une proposition de loi socialiste,
qui
était le casier judiciaire vierge, c'est
-à
-dire l'obligation d'un casier judiciaire vierge pour tout candidat à une élection.
Et
cette mesure a disparu.
À
ma grande surprise, sous un faux prétexte...
C'était
inconstitutionnel,
disait le gouvernement. C'est faux, puisqu'au mois
de février,
elle
ne
l
'était pas.
Et la présidente de la commission des lois.
Oui, mais en février,
elle
ne
l
'était pas. Donc, c'est curieux. Parce
que ce n'était pas
la même majorité.
Oui, c'est pour ça que...
Et ça
n'est pas allé jusqu'au bout du processus en
février.
En vérité, je m'étais engagé sur cette mesure, moi, comme candidat à la présidence de la République. Monsieur Macron avait repris mon idée. Et puis, évidemment, comme les autres, il ne veut surtout pas l'avoir appliqué. Parce que cette mesure avait un avantage énorme par rapport à ce qui a été voté. C'est que c'était systématique, automatique, pas à la tête du client, pas en fonction d'un juge. J'ajoute, deuxième point, que le gouvernement a reculé sur des points très importants, comme le conflit d'intérêts. Par exemple, l'activité de conseil n'est plus interdite systématiquement pour les députés. Par exemple, le verrou de Bercy, la justice fiscale n
'est pas mise en place. Vous étiez favorable,
vous, à le faire sauter, le verrou de
Bercy ? Bien sûr, depuis des années aussi. Donc, c'est une moralisation de pacotille, à courte vue, pour faire semblant vis-à-vis de l'opinion. Mais le vrai conflit d'intérêts, c'est-à-dire les puissances d'argent vis-à-vis de l'exécutif, ne sont pas touchés.
On dirait Jean-Luc
Mélenchon.
Oui, parce qu'il a raison sur ce point.
Et nous étions très nombreux à dire
la même chose de droite et de gauche. On peut entendre vos critiques, Nicolas Dupont-Aignan, mais pourquoi ne pas voter une loi où les articles qui figurent vont dans le bon sens
? En tout cas, c
'est
ce
que dit la classe politique, pratiquement à l'unanimité. Peut-être, mais moi je ne dis pas la même chose, parce que je n
'aime pas contre les Français. Vous dites que les textes qui
ont été écrits sont bons.
Vous
dites qu'on ne va pas assez loin. La réserve
parlementaire, vous étiez pour sa suppression ou pas
?
J'étais pour une autre attribution, c'est-à-dire que ce ne
soit
pas les députés qui l'attribuent, mais je n'étais pas pour la suppression, parce qu'à la fin, ce sont les associations, les petites communes qui vont perdre beaucoup d'argent. Vous savez, ce gouvernement, c'est le gouvernement
de
la com.
Les
Français commencent à comprendre que tout ça, c'était très pipo. Alors moi, je n'accepte pas de cautionner un mensonge. Je n'aime pas qu'on mente aux Français.
Les socialistes l'ont voté tout de même.
Eh
bien, c'est leur droit, mais les pauvres socialistes,
vous savez, ils ne savent plus
où ils habitent.
Bon,
on va voir où vous habitez, vous,
tout au long de ce rendez
-vous. Moi,
je n'ai pas changé d'idée.
Quand je m'engage, cher monsieur, sur un point, le casier judiciaire vierge, qui était une mesure simple, compréhensible, que le président de
la
République avait promis, j'estime qu'il a trahi sa promesse, je le dis. Il l'a fallu, et donc vous ne
l
'avez pas voté,
puisque ça n'y figure
pas. Vous avez réclamé, en revanche, la démission de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dont on a appris qu'elle avait fait une plus-value supérieure à 1 million d'euros, en 2013, en vendant des stocks options, lorsqu'elle était DRH du groupe Danone. Pourquoi réclamer sa démission ? Parce qu'il y a un moment...
Alors qu'il n'y a pas de procédure
du
tout
de lancer, ni préliminaire, ni encore moins judiciaire. La
morale n'est pas toujours liée à la légalité. J'estime qu'un ministre du Travail,
qui
est en train de faire voter une loi qui va généraliser la précarité,
la
misère dans notre pays...
Relancer
l'emploi
également, théoriquement. Moi, je pense que je pense. Et tous les Français vont le constater avec la généralisation du CDD, qui sera d'ailleurs, dont les règles seront négociées par branche, qui est très grave,
qui
s'est enrichie
sur
un plan social,
en
l'issociant dans une entreprise qui gagne beaucoup d'argent, Danone, ce n
'est
pas une entreprise en faillite, 900 salariés, et après faire valoir 1 million
d'euros de stock
options. Oui, mais 1 million d'euros de stock options. Si c'est ça l'image de la politique qu
'on
veut. Alors d'un côté, on débat pour contrôler les frais des parlementaires pour 300 euros. Très bien. Je l'ai toujours réclamé. Mais de l'autre, on laisse passer une oligarchie qui s'est emparée du pouvoir
et
qui va prendre des mesures détestables sur les salariés,
non
seulement par
des gens qui s'enrichissent sur la misère humaine. On va laisser
répondre la ministre du Travail, parce que vous dites qu'elle s'est enrichie en licenciant, et elle dit que ce n'est pas le cas, Muriel Pénicaud.
Il
s'agit d'une rémunération
décidée
des années avant
le
plan de départ volontaire, qui est un plan de départ volontaire,
qui
a concerné 200 salariés chez Danone.
Il
y a eu 233 solutions.
Ce
plan de départ volontaire est bien ultérieur. Donc,
par
démagogie, commencer à laisser interpréter autre chose que les faits, me semblent hors du champ, qui est la discussion sereine qui doit avoir lieu au Sénat sur les
faits. Je
peux répondre quelque chose ?
Mme Pénicaud ment devant le
Sénat. Elle ment. Elle ment ? Oui, elle ment. Parce que vous savez très bien que dans la réglementation des entreprises, l'exercice du droit d'option, c'est-à
-dire
des stock options, est à la demande de la personne. Et donc, Mme Pénicaud a exercé son droit de stock options. C'est vrai qu'il était prévu à l'avance, mais après, elle avait le droit de l'exercer quand elle voulait.
Il y avait des fenêtres fiscales
de levée des
options. Comme par hasard, elle l'a
exercée juste au lendemain de l'annonce du plan social qu'elle connaissait. Donc, si ce n
'est
pas un conflit d'intérêts, c'est un conflit d'intérêts grave. Et symboliquement, je ne sais pas si vous réalisez ce qui se passe dans notre pays. Une classe sociale s'est emparée du pouvoir.
Quand vous
dites une classe
sociale s'est emparée du pouvoir, vous parlez de quoi ? Des élections législatives
et auparavant présidentielles ?
Je
parle de la manière dont, aujourd'hui, une fois au pouvoir, ceux qui ont été élus renvoient l'ascenseur à des gros intérêts. Je pourrais parler de l'affaire des vaccins, qui est gravissime. La généralisation des 11 vaccins. La visite secrète du Premier ministre chez Sanofi.
Je
pourrais parler de la baisse de l'impôt sur la fortune pour les actifs
financiers. Les
vaccins, M.
Dupont. Non,
je finis. La baisse de l'impôt sur la fortune uniquement pour les actifs financiers. M. Macron travaillait beaucoup dans les banques. Tout ça me
paraît malsain. C'est expliqué, c'est
expliqué.
Oui, mais tout ça me paraît malsain. J'ai
le droit de dire, parce qu'on a encore la liberté d'expression. Les
gens le savaient au moment de beauté, on est d'accord.
Mais ils ne
l
'ont peut-être pas lu, ils ne
l
'ont peut-être pas vu. En tout cas, maintenant, ils ouvrent les yeux.
Il y
a quelques mois pour
leur dire.
Je le sais, je l'ai fait. Je n
'ai
pas réussi. Mais je dis maintenant que mon devoir, c'est quand même de dire, ça suffit. Je préférerais qu'on ne baisse pas l'APL, c'est-à-dire l'aide au logement pour les plus modestes. Et qu'on ne supprime pas cet impôt sur la fortune. Et dans l'opposition,
j'ai le droit de
dire, si on le supprime sur les actifs financiers, 3 milliards d'euros, 3 milliards d'euros de coûts pour le budget de l'État,
et
pour payer cette suppression de l'impôt sur la fortune, qui va favoriser les plus riches des plus riches, on est en train de réduire de 60 euros par an des revenus des plus pauvres des plus pauvres. Ce
n'est pas ma conception
de la politique. J'ai un autre projet pour le pays, je l'avais développé, et je pense que les Français vont ouvrir les yeux sur ce pouvoir.
On
va parler de votre projet dans la deuxième partie de cette émission. Nicolas Dupont-Aignan,
on
fait un point sur l'info à 8h40 avec Léo Chapuis.
L
'actualité,
c
'est d'abord le Venezuela qui s'enfonce dans la crise. L'élection de l'Assemblée constituante hier a viré au bain de sang avec une dizaine de morts. Moins de 42% des électeurs sont allés aux urnes.
L
'opposition boycottait ce scrutin censé permettre au président Maduro de consolider son pouvoir. Après des semaines d'attente, les salariés de GM et S devraient enfin être fixés sur leur sort. La justice examine à nouveau cet après-midi la seule offre de reprise de l'équipementier automobile de la Creuse. L'industriel GMD prévoit de sauver 120 des 277 emplois. Le footballeur Cristiano Ronaldo va être mis en examen ce matin en Espagne. Le portugais du Real Madrid poursuivi pour fraude fiscale, il aurait caché plus de 15 millions d'euros au fisc espagnol. Et puis toujours en football, les Français éliminés de l'euro. Défaite 1-0 hier soir en quart de finale, c'était face à l'Angleterre.
France Info. Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la France et l'invité politique de France Info. Emmanuel Macron et le gouvernement ont décidé la semaine dernière de faire jouer leur droit de préemption sur le groupe STX, sur les chantiers navals de Saint-Nazaire. Je vous propose d'écouter l'explication du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, de réagir ensuite.
C
'est un enjeu de souveraineté nationale. Face à ce risque, la France veut rester
un
partenaire majeur du chantier naval, quitte à assumer cette décision qui a pu surprendre certains et certaines d'entre vous, qui évidemment ne s'est pas faite contre nos partenaires italiens, mais s'est faite pour défendre les intérêts stratégiques et industriels de notre pays. La souveraineté, ça doit
vous
plaire ça ? Je l'avais proposé pendant la campagne présidentielle.
Tout vient
de vous
alors. Non,
mais je l'avais proposé, et c'est une évidence qu'il fallait éviter que ce chantier naval italien s'empare de STX pour une raison très simple, c'est qu'il a des liens très étroits avec la Chine, et que les Chinois cherchent à s'emparer de notre technologie, comme ils l
'ont
fait pour les avions, le TGV, le nucléaire, et que j'ai toujours demandé la nationalisation d'STX.
Donc c'est une bonne décision. C'est
une bonne décision.
Définitive, parce que pour le moment elle n'est que temporaire.
Non,
temporaire, je l'avais proposé temporaire, parce qu'on n'a pas vocation à tout nationaliser. En revanche, ce que je demande, c'est d'aller un peu plus loin, et c'est de fusionner avec des CNS, c'est-à
-dire le groupe
naval
militaire, qui a de très beaux succès, c'est dans la même région, l'Orient-Saint-Nazaire, et de faire un groupe français, un champion naval français, qui pourra nouer des partenariats avec d'autres groupes, mais à la condition que nous gardions un actionnariat majoritaire. Et j'attends donc la suite du gouvernement, parce que je pense que c'est une bonne décision de précaution qui a été prise, mais il faut aller au bout pour faire un vrai groupe français, qui ait la marge de manœuvre, pour après être privatisé.
Tu
ne
peux
pas être un groupe européen,
par exemple ? Voilà, le gouvernement français cherche encore à négocier avec Fiquet-Contierry.
Vous êtes contre toute solution de négociation 50
-50 ? Non, 50
-50, oui, je suis contre, parce que ça ne veut rien dire, il faut un patron, dans la vie, et je pense qu'on a, avec le groupe naval militaire, le groupe naval civil...
Un groupe
français vous suffit, un groupe européen n
'a pas votre préférence. Non, un groupe
français qui noue des partenariats, avec des groupes dans le monde, peut être très bien, et européen aussi, mais il faut une majorité, parce que derrière, c'est l'avenir de notre industrie navale militaire, du futur porte-avions, ce sont des brevets, et on a trop vu d'entreprises abandonnées, où les brevets sont pillés. Et je pense que c'est un bon pas, et quand c'est bien, moi je le dis, j'estime que c'est bien, vous savez, chacun son opinion.
Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes député de l'Essonne, vous avez réussi à battre un candidat en marche lors des législatives...
Oui, alors qu'on m
'avait imaginé battu avec...
Il y avait des
interrogations,
monsieur Dupont-Aignan. Une certaine délectation
d'une certaine presse.
Le « on » venait surtout,
le « on » venait notamment de la réaction de certains de vos administrés dans
votre ville
de hier, tiens, on va les écouter
pour se rassurer la mémoire,
pour
vous laisser réagir ensuite. Je
réagirai après. Allez-y.
Ça fait 7 ans que je suis hier, moi, j'ai voté au municipal pour Dupont-Aignan, j'ai aucun problème là-dessus. Par contre, de devoir accepter ce genre de compromis,
c
'est extrêmement choquant. Jamais j'aurais imaginé que monsieur Dupont-Aignan nous ait fait ça. Jamais. Pourquoi ? C'est parce que, je ne
sais
pas si il est de droite, mais moi je le voyais intègre.
Elle n'est pas révélatrice, cette réaction d'habitant, c'était lorsque vous avez
confirmé votre alliance avec Marine Le Pen au second tour.
La
manipulation
médiatique que vous avez organisée, pas vous personnellement, les
journalistes, qui a eu des gens pas contents
sur mon choix de second tour, quand M. Fillon a soutenu M. Macron, il n
'y a
pas eu de reportage sur
les gens des électeurs. Il n'y a pas eu de manifestation. Ah si, si. Et puis il y a eu
des
reportages. Le malaise
des électeurs de M. Fillon n'a pas été passé sous silence par la presse.
Mais je ne reproche pas à la presse
de
s'interroger sur le malaise qu'ont eu certains de mes électeurs. C
'est ce que la presse
a fait en
général. Et que je
connais, ce que je reproche,
c
'est qu'on n'a montré qu'une partie des électeurs.
Et
qu'on ne montrait toujours les mêmes, d'ailleurs je les vois, des militants socialistes, et c'est leur droit. Nous sommes en République, en liberté. Ce qui m'a choqué,
et
ce qui a choqué beaucoup des habitants de ma circonscription, et d'ailleurs ça a contribué peut-être à ma réélection, c'est le deux poids deux mesures permanents, et c'est qu
'on
ne montrait que ceux qui n'étaient pas contents. Je ne pense pas. J'ajoute
même
que
j'ai porté
plainte au CSA. Car certaines images montraient certaines personnes comme électeurs de ma ville,
alors
qu
'ils
n'habitaient pas ma ville. Et qu'ils étaient des adjoints socialistes de la ville d'à côté. Moi je veux bien tout. Mais la preuve en est, je vais vous dire, je m'en fiche maintenant, 63%.
63%
des électeurs de ma ville ont revoté pour moi aux législatives. Ce qui prouve que ce ne
sont
pas les médias qui font l'opinion, ce sont les électeurs.
Et moi
je demande aux Français d'avoir un regard le plus lucide possible sur ces manipulations. En fait dans notre pays,
on
n'a pas le droit d'exprimer des points de vue différents aujourd'hui. Ça devient de pire en pire.
Je
sais qu'il
y a
des électeurs qui étaient déçus. Je sais qu'il
y
en a qui étaient très contents. J'ai eu 2000 adhésions dans mon mouvement de gens, des Républicains, du
Front National et d'ailleurs,
qui étaient contents qu'enfin
un
homme politique
fasse
sauter un tabou. Je n'ai jamais adhéré au Front National, contrairement à ce qui a été dit. On a fait croire cette légende. J'ai demandé,
et
j'insiste pour la suite, qu'il y ait une union de tous les gens qui aiment la France, qu'ils soient d'ailleurs de droite et même certains de gauche, pour qu'on arrête cette politique délétère de régression sociale et de chute économique que va poursuivre M. Macron. Après, chacun a le droit de faire ce qu'il veut, mais de grâce.
Essayez d'être un peu impartial. Vous
avez été réélu et justement, puisque nous parlons de l'alliance entre les deux tours avec le Front National, pouvez-vous nous dire où vous en êtes par rapport au Front National et quelle place vous désirez prendre au sein de la recomposition de la droite qui s'amorce ?
Je pense que M. Macron a organisé une vraie recomposition politique.
Elle est en cours.
Oui, il a rassemblé tous ceux de gauche comme de droite qui étaient d'accord avec la politique menée par l'Union Européenne et la politique de sacrifices sociaux depuis 20 ans. Obligatoirement, j'ai dit qu'il fallait une recomposition à droite. Et moi, je veux qu'on unifie avec Debout la France, les Républicains, une partie du Front National, sans les défauts et les excès du Front National, sans les défauts et les excès des Républicains, notamment leur soumission à Bruxelles. Donc,
ce sera vous qui serez au
centre. Non, mais ce n
'est
pas la question de moi. C'est la question. Je suis convaincu
que
le Front National ne gagnera jamais seul comme il est aujourd'hui. Je suis convaincu que les Républicains ne gagneront plus jamais seul comme ils sont aujourd'hui. Et je pense que dans la vie, il faut s'adapter à ce qui se passe et qu'il faut bâtir un programme commun, sérieux.
Avec quelle place
par rapport à l'euro et par rapport à l'Europe ?
Parce que le Front National
est en plein bouleversement
sur
ce sujet. Vous, quel est le pont idéologique que vous pourriez faire, notamment sur l'Europe
? Moi,
je crois à l'Europe des nations libres et des projets. Je n
'ai
jamais été favori, par exemple, au Brexit. Et c'était ma différence et on en avait beaucoup discuté
avec Marine Le Pen. Donc, vous ne sortez
pas la France de l'Europe s'il
y a une union,
une alliance avec le FN et les
LR ? J'ai passé
toute l'élection présidentielle à essayer de convaincre nos concitoyens. Je n
'y
suis pas arrivé, mais il faut du temps. qu'on pouvait avoir une Europe différente
et
qu'il fallait renégocier les traités. Et qu'entre le Brexit d'un côté, qui est excessif, et de l'autre, la soumission, comme le fait M. Macron et M. Philippe, à cette mauvaise Europe qui nous conduit à la précarité, au décret économique et migratoire...
Qu'est-ce qu'en pense Marine Le Pen ? Est-ce que vous en avez parlé
récemment avec elle
?
J
'en
ai parlé souvent.
J'avais fait un accord
qui faisait évoluer le Front National. Malheureusement, cet accord, puisqu'elle a perdu, n'a pas abouti. Je pense qu'il faut continuer à travailler pour rassembler le meilleur des
forces. Est-ce que vous pensez que Marine
Le Pen est prête à faire cette reconversion
idéologique ? Vous lui
poserez la question.
Vous n'êtes pas en contact avec elle. Je ne suis pas
Marine Le Pen.
Vous n'êtes
pas en contact
avec elle. Je suis
en contact comme
avec les Républicains. C'est un nouveau parti, vous
en serez ? Non, je suis debout la France, je suis gaulliste. J'ai voulu, au second tour, briser un tabou et montrer aux Français qu'on pouvait faire autre chose. Ça n'a pas réussi. Je continue à penser
qu
'il faut une alternative pour traiter la cause des problèmes. Rétablir un minimum de frontières nationales, éviter cette Europe du moins-disant fiscale et sociale,
rebâtir l'école. Vous discutez avec Laurent
Wauquiez ? Je
souhaiterais discuter avec lui. En ce moment, il ne veut pas. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu
'il
est en campagne interne.
Est
-ce qu'on va rester à subir, M. Macron, alors qu'il y a eu 29 millions d'abstentionnistes ou de votes nuls ? Ce pouvoir a été élu, non pas parce que les Français le voulaient, mais parce qu'en face, il n'y avait pas l'offre capable de les convaincre. Donc,
je
critique M. Macron, mais je veux
tirer
les leçons de l'échec
et
proposer un programme plus sérieux, plus serein, qui arrive à convaincre un jour les Français. C'est quand même le B.A.B. convaincre avec un nouveau projet.
Le message est passé. Nicolas Dupont-Aignan, député de Lesson,
invité de France
Info. Merci à vous de
votre invitation. Je
voulais avoir une pensée pour notre consoeur
Sophie Huet, que vous avez
forcément croisée
dans les couloirs de l'Assemblée et qui nous a
quittée samedi. C'était une pensée pour elle et pour tous ses confrères et ses proches.
Nicolas Dupont-Aignan