Gabriel Attal : « Après la dissolution, j’ai pensé à arrêter la politique »
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quand on parle pas soi-même de sa vie personnelle, d'autres en parlent à votre place. Est-ce que tu as eu des moments euh oui d'envie d'arrêter ou des doutes qui étaient vraiment profonds. J'avais pas réussi manifestement à avoir une relation de confiance suffisante avec le président pour qu'il me parle de son projet de dissolution. Des parents me disent est-ce que mon enfant aura un travail plus tard ? Alors, je suis ravie de vous retrouver sur cette chaîne YouTube. Je vous savez, je l'ai lancé cette ces rencontres il y a pratiquement 2 ans maintenant. Alors, je tiens à vous dire que la plupart du temps, vous le savez, j'ai reçu des amis artistes et j'en étais ravie. Et bien, nous innovons aujourd'hui et j'en suis aussi très heureuse puisque nous allons parler, j'allais dire, de la
citoyenneté, de la politique avec une personnalité qui est différente puisqu'il vient de cette vient de déclarer sa candidature à la présidentielle. C'est Gabriel Atal. Bonjour Gabriel. Bonjour Claire. Je précise que nous allons euh nous tutoyer si tu en es d'accord bien sûr, même si évidemment une personnalité politique quelque chose d'un peu plus solennel et que le fond euh sera évidemment euh peut-être un peu plus grave que ce que peut me dire un artiste, un acteur ou un chanteur. Euh mais je pense que ça reflète aussi notre relation et je crois que c'est à cette sincérité que nous croyons et nous y tenons et donc nous allons faire cette cette conversation d'abord. Bon, merci beaucoup cher Gabriel. Tu viens de présenter ta ta candidature à la présidentielle.
Je rappelle que tu as été le premier plus jeune premier ministre de France à 34 ans. Tu as commencé en janvier 2024 et que tu es aujourd'hui secrétaire général du parti Renaissance. Et c'est ainsi que donc tu te présentes à la présidentielle. Tu es donc un jeune homme politique même si tu as fait beaucoup de choses. Et d'ailleurs, tu viens de le raconter dans un livre qui s'appelle En homme libre. ce livre qui détaille à la fois tout ce que tu as fait dans tes ministères. Il y en a eu plusieurs euh de l'éducation nationale, les finances, puis la Matignon bien sûr. Euh un peu de ta vie personnelle aussi, euh ce à quoi tu crois, euh des failles, des fellures aussi, des évidemment des moments de doute parfois et c'est ce qui rend évidemment les choses plus
intéressantes. Dis-nous simplement déjà enfin dis-moi ce qui t'a poussé à écrire, à faire cette espèce de bilan finalement de de ta vie. Moi, j'ai ressenti le besoin d'écrire parce que ça reste quand même le moyen, je trouve, le plus complet pour s'exprimer directement au français, en tout cas à ceux que ça intéresse. J'ai ressenti ce besoin parce que j'étais à un moment qui faisait suite à plusieurs années d'exercice euh gouvernemental et parce que c'était avant de déclarer une candidature à l'élection présidentielle et donc j'avais à la fois le besoin de de dire ce que j'avais fait dans les différentes fonctions qui m'ont été confiées. J'ai occupé plusieurs ministères, secrétaire d'État à la jeunesse, porte-parole, les comptes publics, l'éducation nationale
Matignon, j'ai fait beaucoup de choses, j'ai dit beaucoup de choses et je pense qu'il pouvait y avoir un peu le sentiment d'un forme de nuage de point. C'était important pour moi de montrer qu'il y avait un dessin des choses dans ce Oui. Puis qu'il y avait une cohérence entre les différents les différents ministères. Et puis aussi parce que euh avant de déclarer une candidature, je pense que beaucoup de Français veulent savoir qui est l'homme derrière l'homme politique. Bien sûr. Et donc raconter euh comment je me suis construit personnellement, comment est-ce que j'ai eu envie de m'engager, ce que j'ai traversé, ce que j'ai rencontré et le le voilà le coucher sur le papier. Voilà. Bien sûr. Euh ça s'appelle un homme libre. Alors déjà peut-être on peut juste expliciter le titre, ce
sentiment de de voir exercer sa liberté, est-ce que tu l'as eu très tôt ? Est-ce que on te l'a inculqué, j'allais dire chez toi ? Est-ce que tu as senti qu'il y avait ça qu'on te transmettait ? Moi, j'ai été totalement façonné par des parents qui m'ont expliqué que la valeur la plus importante c'était la liberté. Oui. C'était partout chez nous. C'est pas le cas de toutes les familles. Non, c'est vrai. Et je pense que j'ai eu de la chance de ce point de vue-là. Euh et c'est d'ailleurs c'était une approche assez différente entre mes deux parents. Ma mère, c'était beaucoup la liberté intérieure, la liberté personnelle. J'ai une mère qui s'est mariée avec mon père très jeune. Elle avait pas 20 ans. Mon père en avait 15 de plus. Il travaillait et donc pendant une toute
une partie de sa vie, elle a pas travaillé. Elle s'occupait de nous et puis ils ont divorcé, elle l'a quitté et là elle avait jamais travaillé. Elle avait pas de diplôme, elle a dû se construire toute seule et gagner sa liberté. Oui, c'est ce que tu racontes évidemment en partie dans le livre d'ailleurs. Voilà. Et et et vraiment une phrase qui m'a toujours marqué quand on était petit avec mes sœurs. À chaque fois, on lui demandait ce qu'elle aimerait qu'on fasse plus tard. Je pense c'est des questions que beaucoup d'enfants posent à leurs parents et elle nous répondait toujours je m'en fiche, je vous ferai ce que vous voudrez du moment euh que vous serez libre. Et moi c'est la seule chose qui m'importe, c'est que vous soyez libre. J'ai vraiment grandi avec ça. Et
de l'autre côté, j'avais mon père qui lui était plus euh il me parlait plus des libertés politiques euh en tout cas de la liberté au sens politique du terme. Euh c'était un 68. Euh bah ça façonne quand même à ça façonne et et oui enfin lui m'a toujours dit en fait notre devise républicaine c'est liberté égalité fraternité et si les révolutionnaires puis les républicains ont choisi cet ordre làà c'est qu'il y avait un sens et que la liberté était plus importante que le reste. C'est comme ça que j'explique aussi mon engagement politique au départ. Et alors aujourd'hui par rapport à c cette double, j'allais dire origine euh Parti socialiste puis le macronisme, c'est réel, c'est ta c'est de là que tu viens. Euh est-ce que toi tu as le sentiment de
d'exercer une liberté par rapport à ça ? Euh de d'une forme d'émancipation ? Oui, bien sûr. Et ça, je l'ai gagné. Euh dans les différentes fonctions qui ont été les miennes euh et que j'ai pu euh acquérir par le travail, par une détermination, je me suis progressivement senti de plus en plus libre. Euh mais évidemment le fait euh de de quitter ma fonction de premier ministre et de que par conquérir par moi-même euh un nouveau statut de nouvelles fonctions, c'est là où j'ai éprouvé le le plus grand sentiment de liberté et aujourd'hui je me sens libre parce que je construis mon propre chemin. Et sur le plan alors évidemment dans ce livre, je le disais, tu abordes beaucoup d'aspects personnels.
famille, ton orientation sexuelle, ton tes ton union et cetera, l'enfance aussi à l'école. Est-ce que le fait de au fond de de jouer cette transparence euh tu as pensé que ça te rendait plus libre aussi d'une certaine façon ? C'est fait tu tu voilà, tu es tu es transparent. Ouais, je pense que on est dans une société où aujourd'hui je suis pas sûr que il reste beaucoup de place pour la vie. Oui. Privé quand on est un responsable politique, on peut trouver que c'est bien, que c'est pas bien. J'ai envie de dire même quand on n pas un responsable politique, on peut d'ailleurs le une personnalité publique en tout cas. Euh et on peut voilà, on peut le parfois c'est difficile, c'est vrai.
Mais c'est c'est un fait. Donc et j'ai j'ai pu mesurer que quand vous parlez pas vous-même, quand on parle pas soi-même de sa vie personnelle, d'autres en parlent à votre place et ça t'enferme finalement. Voilà. Et et donc moi, j'avais aussi envie d'avoir la maîtrise euh de du récit de ma vie. Euh et qu'encore une fois, y compris de choses difficiles que j'ai pu traverser dans ma famille avec mon père et cetera dans lesquels j'avais pu voir dans certains articles de presse ou certains certaines enquêtes que certains commençaient à en parler le toucher du doigt. Mais je voulais surtout pas qu'on salisse l'image de mon père, qu'on donne une image totalement fausse de ma jeunesse, de mon rapport à mes parents, de mon homosexualité. Et donc je me suis dit voilà,
je vais le je vais en parler moi-même, je vais [raclement de gorge] tout dire. Et c'est vrai qu'on se sent libre derrière. Bien sûr, ce que l'on constate quand même et c'est ce que tu racontes, c'est que cette façon d'assumer ce que tu es, ben ça a été quand même une conquête parfois. Je veux dire qu'on tu n'étais tu ne te sentais pas forcément libre d'être celui que tu voulais à certains moments, notamment dans ton à l'école, dans ta jeunesse. Bien sûr. C'est le cas pour beaucoup de gens, bien sûr. Voà, beaucoup de gens et tous les et encore aujourd'hui, beaucoup de jeunes qui sont homosexuels. C'est une conquête aussi cette liberté. sont se sentent pas libres euh d'assumer l'orientation sexuelle, de le dire et de le vivre. Hm hm. Euh et et finalement, en en parlant
moi-même, je j'ai aussi voulu peut-être leur donner un exemple de la force et moi ce qui me touche le plus, c'est les témoignages que je reçois de personnes qui me disent "En vous entendant parler de votre homosexualité, ça m'a donné la force et le courage d'en parler autour de moi." Et pas seulement d'ailleurs des très jeunes, hein, parfois des personnes qui sont plus âgées euh qui voilà étaient enfermé quelque part dans cette impossibilité d'en parler et à qui j'ai pu donner une forme de déclic. C'est un terme qui est revenu dans plusieurs messages que j'ai reçu et ça même s'il y a qu'une personne que ça concerne, c'est déjà formidable ça. Bien sûr, c'est une liberté conquise et aussi avec ton aide et c'est évidemment très important. On a aussi peur quand même quand on
embrasse une carrière politique, c'est ce que tu as fait très jeune, de perdre une enfin, j'allais dire de perdre une forme de disponibilité ou de liberté. Enfin, il y a des il y a que ça comporte des contraintes énormes. Est-ce que toi tu en tu tu l'as ressenti ? ça dans ta vie d'homme politique oui mais je ne le vis pas comme une souffrance et même pas vraiment comme une contrainte parce que c'est un choix en fait je pourrais faire autre chose de ma vie et tous les hommes politiques, les femmes politiques pourraient faire autre chose de leur vie s'ils le souhaitait. Donc moi, j'ai toujours trouvé ça étrange de se plaindre des contraintes de qui exercent la vie politique sur nos vies puisqueencore une fois c'est personne nous a forcé à proposer aux Français de nous élire dans
les mandats où ils nous ont élus. Mais mais après c'est sûr que il y a il y a une forme de renoncement mais qui est totalement choisie et assumé me concernant. Est-ce que dans ta vie maintenant de jeune mais quand même comme tu as commencé très tôt tu as eu des moments de découragement ou de dire moi cette vie politique est quand même rude, tu le dis plusieurs fois dans le livre, c'est c'est une vie où il faut accepter les coups, accepter d'être critiqué. Est-ce que tu as eu des moments euh oui d'envie d'arrêter ou de des doutes qui étaient vraiment profonds ? Bah le seul que j'ai eu vraiment moment de doute, c'est à la suite de la dissolution. Ça je le raconte dans le livre. Je suis parti à Sozi la BR qui est la résidence de de weekend du premier ministre et euh je me suis isolé et
vraiment j'ai pensé arrêter parce que je me suis dit euh que finalement cette situation c'était aussi mon échec. H euh j'avais pas réussi à ce qu'on gagne l'élection européenne euh puisque si le président a dissous après une défaite aux élections européennes, j'étais chef de la majorité, je me suis dit c'est aussi mon échec. J'avais pas réussi manifestement à avoir une relation de confiance suffisante avec le président pour qu'il me parle de son projet de dissolution. Échec aussi pour moi. On a forcément tous les deux une responsabilité [grognement] et puis j'ai pas réussi à le convaincre au moment où il me l'a dit de ne pas le faire. Donc là, je me suis dit quelle est ta légitimité à continuer dans tes fonctions de premier ministre, à continuer en politique ? Et vraiment, je
me suis euh je me suis interrogé. J'ai même un certain moment dans cette nuit-là décidé de d'arrêter d'arrêter. Sinon, je peux pas dire que je sois passé par des moments de de découragement ou de doute auparavant. Alors, tu as fait tu as tenu un meeting il y a pas très longtemps. Hm. Euh où tu as euh tu tu définis quatre axes importants pour toi. Euh a l'éducation bien sûr, euh le travail, euh le l'intelligence artificielle, enfin ça vient après, et les frontières. Bon, on peut pas on peut pas rentrer dans dans tous ces détails-là, mais on sent bien qu'évidemment et on sait combien le ministère de l'éducation a été important pour toi, euh bah il y a la jeunesse quoi. Il y a c'est c'est c'est ça qui est le point d'ancrage de je pense de ce que tu veux faire. Enfin, c'est ce que
tu nous as montré. Est-ce que c'est parce que tu as conscience que cette jeunesse et on le [raclement de gorge] constate est un peu en en désarrois qu' a même des vrais soucis de santé mentale chez les jeunes étudiants ? On le sait ça enfin tu le sais Gabriel. Euh est-ce que tu penses que nous sommes dans une situation où vraiment il y a plus de désarrois qu'avant ? parce que c'est on a une jeunesse qui est fragile aujourd'hui très parce que la succession des crises ces dernières années entre le Covid, le retour de la guerre en Europe, le dérèglement climatique, la situation géopolitique qui est particulièrement angoissante, la révolution de l'intelligence artificielle qui insécurise quand même énormément de jeunes et de familles aujourd'hui. Oui. Voilà.
La première chose dont on me parle quand je me déplace, c'est des parents qui me disent "Est-ce que mon enfant aura un travail plus tard h et qui pour certains ont des enfants qui sont en école de commerce, en école de communication et qui disent "Mais on voit que déjà aujourd'hui il y a des jeunes qui sortent d'école qui sont diplômés qui ont du mal à trouver un boulot alors qu'avant c'était bien sûr c'était plus facile." Alors tu cites l'intelligence artificielle, c'est un des t chapitres d'ailleurs importants. Euh évidemment ça nous arrive quoi. on est voilà, on le on le vit avec les évidemment les avantages que ça représente, les normes progrès notamment en matière médicale et cetera et puis ce que tu dis, c'est-à-dire les risques d'être supplanté, de voir des
emplois détruits, même si le progrès technique comme Schum Peter l'a dit peut être destruction créatrice et il faut compter là-dessus bien sûr, mais là quand on est un homme politique qui brigue les plus hautes fonctions, là il va falloir faire face à ça. et c'est et on se sent impuissant d'une certaine façon. B je pense que toutes les toutes les révolutions techniques ou technologiques ont amené leur lot d'angoisse, d'inquiétude face aux destructions d'emplois, mais on a vu rétrospectivement quand même que d'autres emplois ont été créés et qu'un plus grand nombre d'emplois ont été créés. Mais là, c'est vrai que c'est particulièrement vertigineux parce que ça va très très vite euh et c'est exponentiel. Euh et je je je pense que c'est un c'est un des chantiers capitaux pour l'avenir du
pays. Si on n'est pas capable de maîtriser et de dominer cette révolution, on sera effacé par cette révolution. On n'est pas en tête évidemment, on n'est pas dans la course dans les premiers aujourd'hui. Non. Et en une forme de moment spoutnique entre les États-Unis et la Chine avec une course entre les deux à l'innovation. C'est vrai sur l'IA, c'est vrai sur le quantique, c'est vrai sur la robotique. Et si la France et l'Europe, parce que ça se joue beaucoup au niveau européen, sont effacés durablement. on sera colonisé technologiquement par les États-Unis et la Chine et ça personne peut l'accepter d'abord pour des raisons de d'indépendance mais aussi pour des raisons de prospérité. Euh nos nos abonnés nous ont posé beaucoup de questions pour toi Gabriel mais ils sont
ils sont très respectueux. On va l'écouter. Bonjour monsieur Atal, je m'appelle Marie. Ma question est la suivante : est-ce que le développement de champions français et ou européen dans les secteurs stratégiques est encore à votre sens réellement possible ? Je pense à la prise de possession d'actifs stratégiques français par des entreprises étrangères d'une part et à notre dépendance d'autre part surtout vis-à-vis des géants du numérique américain. Merci beaucoup. Voilà donc tu as déjà en en partie répondu bien sûr mais c'était bien qu'on entende cet abonné mais c'est une vraie préoccupation. Oui, et c'est possible et d'ailleurs on en a. On a évidemment Mistral euh dans le domaine de l'intelligence artificielle. On a Pascal dans le quantique qui est aussi un un champion. Et moi
vous enfin si on regarde ces dernières années notre génération sur la révolution du numérique, la révolution du du numérique, qu'est-ce qu'elle a montré ? Elle a montré qu'on avait tous les talents et tous les atouts en France pour avoir les idées, mais qu'on manquait de capitaux, d'argent pour pour investir dans ces dans ces projets et probablement d'un cadre juridique suffisamment simple pour qu'il puisse se déployer. Qu'est-ce qu'on a vu ? On a vu des Français qui ont inventé quelque chose qui s'appelait Viado au même moment que LinkedIn qui faisait globalement la même chose. Bon, c'est LinkedIn qui a gagné. On a vu des gens qui ont inventé un site qui s'appelait copain d'avant et c'est Facebook qui a gagné aux États-Unis. On a vu des Français qui ont
inventé chauffeurs privés à peu près au même moment que Uber. Euh et je pourrais multiplier les exemples comme ça. Donc on a les talents, on a les atout. Aux États-Unis, ils ont plus d'argent, ils ont des fonds de pension parce qu'ils capitalisent leur retraite. C'est pour ça que je propose de le faire aussi en France. Et ils ont un cadre réglementaire qui est beaucoup plus favorable à l'innovation. Et c'est ça qu'on doit changer et c'est possible. Et moi, c'est aussi quelque chose que je rappelle régulièrement. La France, elle a quand même toujours éclairé le monde. Euh je dire, on a inventé le cinéma. Euh et si on revient, si on est plus récemment sur des inventions et des innovations technologiques, je veux dire le le nucléaire civil, le TGV, euh le Concord
euh et on on je pense que la France, elle peut encore à l'avenir être pionnière et éclairer le monde sur des grandes innovations de de rupture. Oui. Alors bah pour que ce progrès soit français, évidemment c'est très important. Tout ça commence à l'école. Bon, évidemment, beaucoup dans la formation. Euh, on le disait, tu as tu as eu un passage, je crois très important à l'éducation nationale. C'est quelque chose qui t'a évidemment qui était très euh qui était très proche de tes préoccupations, ça le reste. Euh qu'est-ce que tu as envie de d'imprimer dans ce domaine ? Tu avais fait des choses, déjà, lancer des choses, mais qu'est-ce qui te paraît primordial dans ce domaine là ? D'abord, l'école est primordiale parce que l'école, elle se confond avec la République. C'est ce qui permet de
former des républicains. Euh c'est ce qui permet la liberté des Français, l'émancipation, la capacité à avoir un esprit critique, à faire ses propres choix, à s'élever de sa condition. Et donc euh tout commence par l'école et beaucoup des mots que notre société traverse peuvent se régler par l'école. Euh et pour moi, il y a trois priorités aujourd'hui pour l'école. La première, c'est évidemment la question du niveau, l'élévation du niveau général. et on a perdu globalement ces 30 dernières années 1 an de niveau. C'est-à-dire qu'un élève de euh 4e aujourd'hui a le niveau d'un élève de 5e d' 30 ans. Ensuite, je pense qu'il faut euh il faut revoir les les priorités qu'on se fixe et regarder le monde tel qu'il est aujourd'hui et quels savoirs
fondamentaux ont reculé dans notre pays et sur lesquels on doit investir de manière plus forte et notamment tout ce qui est tout ce qui concerne les matières scientifiques et les mathématiques. On a vu un recul du niveau en mathématiques. On était en dans parmi [grognement] les premiers, on était en très très bon dans ces matiè. Et le le dernier classement PISA pour moi, le plus grave, c'est pas tant la baisse du niveau général qu'on constate depuis plusieurs décennies, c'est qu'on a toujours eu en France les meilleurs des meilleurs. C'est-à-dire qu'on avait les nos meilleurs en mathématiques étaient meilleurs que les meilleurs des autres. Et là, pour la première fois, on a vu leur niveau baisser aussi. Bref, donc il y a d'abord la question du niveau,
ensuite il y a la question de l'autorité des enseignants. Un enseignant qui dit qu'un enfant doit redoubler mais dont les parents peuvent dire non souhaite pas qu'il redouble. Quelle est l'autorité pédagogique de cet enseignant ? Donc ça passe aussi par des mesures comme celle-là. Mais le respect de la la de la figure de l'enseignant, de son autorité, ça doit être une priorité politique poursuivie par le ministère de l'éducation nationale bien sûr et c'est aussi un enjeu d'attractivité du métier. Tu citais la le le le déclin des enfin disons le relatif déclin de notre niveau en science bon qui est encore évidemment très élevé. Il y a malheureusement la lecture. Bon, la lecture qui s'écroule euh le temps de lit de lecture par jour pour les plus jeunes, c'est passé à une
demi-heure contre 3h, plus de 3h de voir les écrans. Moi, c'est quelque chose d' là, on est on se sent impuissant malheureusement, on ne sait pas comment faire. Et là, on met le doigt au fond sur un domaine qui est très important, enfin en tout cas mes yeux qui est la culture euh qui là aussi est un facteur d'émancipation des et et des au fond de liberté pour chacun. Euh ce qu'on a envie de dire, c'est qu'on voudrait que ça commence dès l'école cette cet apprentissage culturel. Bien sûr. Je termine juste parce que j'ai dit qu'il y avait trois objectifs sur l'école. Le troisième mais ça va d'ailleurs avec la culture, c'est le bien-être des élèves, c'estàdire le fait que les enfants soient heureux à l'école. Et ça, moi je j'y crois beaucoup. Qu'on peut pas on
peut pas avoir une école où le le les savoirs sont se transmettent, une école où l'autorité de l'enseignant est respectée si les élèves euh vont mal à l'école. Et donc c'est la lutte contre le harcèlement, c'est l'action pour la santé mentale que tu évoqué aussi. Euh et oui, la culture pour moi c'est un élément, ça doit être un élément majeur à l'école. Combien de clubs théâtre ont sauvé un enfant un peu moins bien scolarisé ? Combien ? Bien sûr. Moi, j'ai fait du théâtre à l'école pendant plusieurs années. Ça m'a extraordinairement aidé. Ensuite en terme de enfin ça m'a aidé pour la confiance, ça aide pour la confiance en soi, pour la gestion de ses émotions, pour le travail en équipe, pour la prise de parole en public. C'est pour ça [raclement de gorge] un de mes grands
regrets, c'est de ne pas avoir pu pas avoir eu le temps de de de mettre en œuvre la réforme que j'avais annoncé quand j'étais ministre de l'éducation nationale qui était de de faire en sorte que tous les élèves fassent du théâtre à un moment de leur scolarité au collège. Ce serait vraiment bien. Aujourd'hui, il y a art, plastique et musique. Je voulais rajouter deux matières. le théâtre et l'histoire des arts et du patrimoine. C'est très important ce que tu dis, je pense. Enfin, vraiment même c'est c'est fondamental pour l'épanouissement, pour l'insertion même d'un jeune qui parfois se sent pas à sa place dans l'école, mais là il va trouver sa place autrement dans une autre expression, dans un autre mode d'expression. Est-ce que toi tu dis que tu as fait 10 ans de de théâtre, en
tout cas tu as aimé ça ? Tu dis tu définirais comment l'environnement culturel dans lequel tu as grandi ? On sait que ton père a été producteur de cinéma un moment et cetera, mais qu'est-ce qu'il y avait à la maison ou qu'est-ce qui avait comme goût ? Qu'est-ce qui se développer ? Il y avait beaucoup de films parce qu'effectivement mon père était un passionné de cinéma. Il l'était même mon père a surtout été avocat. Oui. Euh passionné de cinéma et à la fin de sa carrière, c'est vrai qu'il a il a produit quelques films. Donc il m'a vraiment élevé dans cette ce goût et cette passion du cinéma. Euh il y avait de la musique aussi euh plutôt du rock, les Rolling Stones. les Beatles, mais aussi Léonard Cohen. Enfin bon bref, il m'a il m'a transmis
beaucoup la musique, euh ma mère aussi et puis le théâtre. Ils étaient moins euh c'estàd que ils aimaient me voir jouer au théâtre, ils aimaient me voir lire du théâtre mais eux ils ne seraient pas forcément allés peut-être. Ils ils y allaient mais c'était pas leur passion. Ou et la lecture aussi bien sûr. Mon père était un très très grand lecteur. Ma mère aussi mais surtout mon père. Le livre était à la maison quoi. Oui oui oui. J'avais l'impression qu'il avait tout lu. C'était même quelque chose d'un peu écrasant. C'estàd que et toi tu as lu toi quand enfin je veux dire naturellement tu t'es mis à lire petit ou Oui oui oui mais enfin parce que ça m'a été transmis mais avec toujours ce côté écrasant de me dire je n'aurais jamais le temps de toute une
vie de lire tout ce que mes parents ont lu, ce que mon père a lu. Mais oui oui bien sûr. Oui bien sûr. Et euh et c'est aussi quelque chose qui m'a aidé à me c'est aussi des lectures qui aident à vous à vous construire, à vous interroger sur le monde, à vous interroger sur vous-même. Alors justement quand tu dis je on être ouvert s'interroger je pense que c'est un peu la clé d'ailleurs d'un j'allais dire d'un être humain et on parlait des doutes tout à l'heure et c'est aussi ça qu'on a envie de voir chez quelqu'un parce que il se définit aussi par ses failles par ce qui ses blessur par ce qu'il a pu vivre est-ce que tu dirais mais peut-être que je me trompe que la double une double appartenance religieuse que tu as chez toi t'a aussi permis de réfléchir autrement ? Oui,
oui, je pense parce que moi j'ai été élevé d'abord par euh j'ai été élevé par un père euh de culture juive euh et par une mère chrétienne orthodoxe. Et et c'est vrai que bah ça d'abord ça m'a transmis un rapport euh à la foi qui est particulier euh parce que d'un côté la religion était assez présente parce que ma mère était Oui. ou ça et de l'autre côté j'avais un père euh qui voilà de culture juive mais et qui t'en a parlé et qui t'a Oui. Mais qui me disait que enfin qui était totalement até en fait et qui disait pas pratiquant mais peut-être que c'était une tradition importante pour lui. Bien s une histoire.
Oui. Et en même temps, il m'expliquait sa phrase, je le raconte dans le livre, il me disait tout le temps Dieu est mort à Aushfitz. euh sous-entendu, il peut pas je pense qu'il paraphrasait Primo Lévi qui euh qui qui avait dit la même chose, mais euh quelque chose d'ussi abominable euh ne ne peut pas exister si euh si n'aurait pas pu se produire si Dieu existait. Si Dieu existait, oui. Euh donc j'ai toujours cette espèce de rapport un peu ambigu à à la religion. Oui. Euh et et d'ailleurs euh quand j'ai perdu mon père, quand il est mort, j'aurais je pense que j'aurais aimé pouvoir me réfugier quelque part dans la foi euh et y croire et à chaque fois que je que je le faisais, j'avais cette image de mon père qui me regardait presque un peu
peu incrédule ou oui, c'est ça. Incrédule en disant "Mais qu'est-ce que tu fais Oui. Donc euh et par exemple la tragédie du 7 octobre, tu as pas tu t'es pas dit là il y a quelque chose il y a forcément un la communauté est importante et bien sûr et aussi parce que pour le coup mon père avait beau ne pas être ne pas pratiquer la religionou elle était importante. Se sentait évidemment totalement solidaire. Il me l'avait dit comme ça d'ailleurs euh tu te sentiras toute ta vie solidaire du du peuple juif parce que tu subiras toi-même l'antisémitisme du fait de ton nom. Ce qui est vrai, je régulièrement des attaques, des injures, mais aussi parce qu'on le voit, c'est un c'est un peuple et une religion qui continue à être attaqué pour ce qu'elle est et pour ce qu' pour ce qu'elle croit.
Ouais. Donc tu en as cette conscience. Enfin, c'est en toi aussi ça. Même si ta mère avait aussi une, j'allais dire que une autre pratique religieuse et tout ça, c'est une richesse évidemment personnelle. Enfin, oui, je pense que tu le vis comme ça. Sûr bien sûr, parce que ça conduit quand même à Oui. Des réflexions, une forme d'introspection et et probablement une ouverture. Euh et [grognement] toi, ton passé qu'on a dit de venant du Parti socialiste et puis après passer par le macronisme et cetera, c'est ça au fond, comment toi tu vas aborder les choses, comment tu te situes. Je sais que c'est difficile parce que en fait pour moi, c'est pas difficile de me situer par rapport à des valeurs. Oui, parce que je sais pas s'il faut mettre des étiquettes, je ne sais pas.
Ben en fait, il y a une injonction qui avait euh d'ailleurs jusqu'en 2017 qui a à nouveau aujourd'hui notamment euh euh dans beaucoup de médias et mais il y a une injonction à nous positionner à nouveau sur le clivage droite gauche. Oui. Qui objectivement revient. Euh mais moi je refuse en fait. C'est-à-dire que tu les trouves pas pertinents ce clivage aujourd'hui ? En fait je pense qu'il a une pertinence historique. Il a peut-être une probablement une pertinence peut-être culturelle. Ouais. Euh je suis pas sûr qu'il ait une pertinence euh réelle dans le monde qu'on traverse aujourd'hui, en tout cas les défis qu'on a relevé aujourd'hui. Tout ce dont on se parle depuis tout à l'heure sur l'éducation, l'intelligence artificielle pour ajouter les bouleversements géopolitiques.
Voilà la construction européenne. Je ne considère pas que revenir à un clivage droite gauche qui structure la vie politique apporte des réponses plus efficaces à ces problèmes. Mais tu as bien conscience que tes électeurs enfin attendent de te situer. Oui, mais je pense que enfin en tout cas moi ce que je je vais je vais chercher à faire, c'est à ce qu'il puisse me citer sur des valeurs et sur des combats. Moi je suis libéral euh libéral notamment économiquement. C'est je considère que la liberté de l'entreprendre, la liberté de choisir sa vie, c'est c'est c'est une valeur suprême que toute démocratie doit poursuivre. Je suis pro européen. Oui. Je crois à l'Europe et je crois pas que la France s'en sortira mieux seul, mais je crois au contraire qu'on sera plus
fort face aux États-Unis et à la Chine au niveau européen. Je suis plutôt progressiste sur les questions euh sociétales et climatiques. Oui. Euh et je dirais et c'est probablement une vraie différence par rapport à ce que les Français ont connu du macronisme. Je suis intransigent sur les questions de sécurité, de justice, de laïcité, d'immigration, les questions régaliennes qui pour moi sont au moins aussi importante que les autres. Il y a évidemment la question centrale du modèle social parce que on comprend bien que toi tu es pour une économie libérale, enfin tu lui exposes euh avec euh évidemment des variante mais il y a notre modèle social qui nous définit bien sûr qu'on a fondé après la guerre dont on a peut-être plus beaucoup les moyens de de de sur lesquels on n pas
vraiment les moyens d'avancer ou en tout cas moins. Alors je crois qu'on a encore une petite question d'un abonné sur ce domaine parce que évidemment c'est c'est central. Bonjour monsieur Atal, je m'appelle Alix et ma question porte sur la crise du financement de notre modèle social dû en partie à notre démographie. Dans le même temps, les Français épargnent massivement mais cette épargne ne bénéficie pas à la compétitivité de nos entreprises qui souffrent d'un manque de capitaux. Quel est votre avis sur la question ? Ouai bah c'est ce que tu disais bien sûr. C'est Oui, c'est deux bonnes deux très bonnes questions. Moi je suis attaché à notre modèle social, je suis attaché à la sécurité sociale mais je suis lucide. Elle a été fondée et ce modèle a été bâti dans une autre période.
Dans une autre période. C'était pas la même démographie, c'était pas la même économie. Globalement, l'idée géniale, magnifique, c'était que ceux qui travaillent allaient cotiser pour financer un modèle pour eux-mêmes, pour ceux qui travaillent, pour la leur protection avant tout. Et et c'était une époque où la natalité augmentait, la population active augmentait aussi et on vivait moins vieux. Aujourd'hui, la natalité a beaucoup baissé, la population active diminue et bonne nouvelle, on vit de plus en plus longtemps. Et donc, on se retrouve avec un modèle qui est financé par ceux qui travaillent mais qui bénéficie maintenant majoritairement à ceux qui ne travaillent pas. Quelqu'un qui travaille il y a une quarantaine d'années sur l'équivalent de 100 € de salaire, il en
gardait 70. Aujourd'hui, c'est 50. Ouais. parce que ce modèle coûte de plus en plus cher et repose sur de moins en moins de personnes. Donc oui, pour répondre à la question, il faut il faut faire évoluer le financement de notre modèle social. Ce que tu as dit tout à l'heure par un peu de capitalisation par exemple pour les retraites pas c'est ça passe par les retraites et et et l'arrivée de la capitalisation comme un des piliers de notre système. Oui, mais tu as compris que c'est pas une idée de gauche entre guillemets. Enfin moins peut-être maintenant mais il peut y avoir débat là-dessus. Mais soit c'est ce à quoi tu crois. Oui, moi j'y crois. Je pense qu'il faut arriver à un modèle où vous avez une retraite de base par répartition de solidarité pour tout le monde
mais de base et ensuite un système de capitalisation où chacun cotise. Et donc ça fait le pont avec la deuxième question qui disait euh comment est-ce qu'on finance nos entreprises et notre économie ? La capitalisation c'est quand même un moyen de le faire. Aux États-Unis, ils ont des fonds de pension parce qu'il capitalisent. Alors dernière question cher Gabriel. Enfin, on n pas fait le tour de tout, mais qu'est-ce que on peut pas non plus. Et puis tu as le temps aussi de préciser ce programme et tu vas le peaufiner. Euh ta propre jeunesse, j'ai envie de dire. Euh bien sûr, c'est un atout par des tas de côté et puis ça implique cette détermination que tu as défini, cette volonté, cette force. Enfin, il faut aller puiser des forces he pour avancer. Mais qu'est-ce que tu veux enfin est-ce
que tu peux entendre que on on s'en inquiète aussi ? Bien sûr, c'est un vrai changement dans la vie politique française depuis 2017 de voir des jeunes accéder à des responsabilités importantes. Oui. Ça a commencé à l'Élysée avec le président en 2017 bien sûr, ça a été le cas à l'Assemblée nationale et j'en ai bénéficié avec d'autres. Faut bien se rendre compte qu'avant 2017, il y avait une seule députée qui avait moins de 30 ans à l'Assemblée nationale, c'était Marion Maréchal Le Pen. Les partis traditionnels de gauche ou de droite ne laissez pas de place aux jeunes. Moi, je suis pas dans le jeunisme. Je considère pas qu'il faut des jeunes partout. Je considère en revanche que les jeunes c'est une part de la population et donc ils doivent être une part de la décision et des responsables
politiques. En 2017, on a une trentaine de moins de 30 ans à être arrivé à l'assemblée de tout parti confondu d'ailleurs. Et oui, c'est un vrai changement et je je la chance d'exercer des responsabilités très importantes en étant jeune et je l'ai toujours fait d'ailleurs en me disant que j'avais une responsabilité pour tous les jeunes qui était de montrer qu'on pouvait faire confiance à un jeune sans être déçu et qu'on pouvait lui confier des responsabilités sans que ça se passe mal. en me disant que si jamais je donnais un mauvais exemple, bah beaucoup de jeunes qui cherchent à avoir une promotion dans leur entreprise euh ou qui cherchent à voilà à évoluer, bah finalement Patti c'est du mauvais exemple que j'aurais donné. Voilà, moi je trouve qu'on est c'est on
n pas fait le tour du personnage Gabriel Atal et on va le découvrir progressivement mais déjà tu nous as donné beaucoup de réponses et c'était vraiment passionnant. Merci Gabriel, merci beaucoup. Merci en homme libre, ça s'appelle c'est livre. Là vous avez un peu déjà, j'allais dire la substantifique moelle de de séquer ce candidat. Merci beaucoup. On se retrouve très vite aussi avec un autre invité.
Gabriel Attal