La Grande interview de Laurence Ferrari avec Franz-Olivier Giesbert
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Europe 1 La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari Et notre invitée dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Franz-Olivier Gisbert. Bonjour à vous ! Bonjour Laurence ! Journaliste, auteur de Voyages dans la France, d'avant chez Gallimare et la France, est-elle un pays communiste ? Chez Plon ! Une question très simple, Franz-Olivier Gisbert. La campagne présidentielle sera lancée demain dès lors que le nom du candidat du Rassemblement National sera connu. La justice se sera prononcée sur le sort de Marine Le Pen. Est-ce que vous avez déjà connu un tel cas de figure sous la Ve République ?
Bah non ! On avait eu quand même l'épisode de 2017 où François Fillon, qui était le favori, le grand favori pour l'élection présidentielle, avait été mis en examen juste, enfin, presque quelques jours du scrutin. Mais il s'était présenté ! Il avait pu se présenter ! Bon, alors, je dirais, à Marine Le Pen, on a fait à nouveau une Fillon. Il n'y avait aucune raison, c'était quand même une enquête qui a commencé il y a dix ans, disons, et il n'y avait aucune raison de, comment dire, la condamner à l'IGBT. On a eu l'impression que c'était calculé pile-poil pour qu'elle ne puisse pas se présenter. Donc, on lui a fait une Fillon.
Et moi, je trouve que ça montre quelque chose de la grande dégradation de la démocratie que nous vivons aujourd'hui. Parce qu'on sait très bien la justice... Qui est due à quoi ? C'est-à-dire, la justice, aujourd'hui, ça dépend d'abord de quel type de juge va travailler sur votre cas. C'est clair qu'il y a les juges rouges, on les appelait juges rouges dans les années 70. Ça fait longtemps que ça existe, le syndicat de la magistrature. Et puis, il y a les juges qui jugent en droit. Mais il y a quelque chose qui cloche, visiblement. Alors, je ne vais pas aller jusqu'à ce que disait De Gaulle. Vous vous souvenez, il disait... Alors, tout en haut, il y a la France. Après, il y a l'État.
Et après, seulement, il y a le droit. Non. Je pense que le droit, c'est important. Mais en même temps, il ne faut pas se réfugier toujours derrière ce mot « État de droit » qui regroupe des choses, quand même, qui n'ont pas grand-chose à voir avec la justice.
François-Olivier Ziberg, est-ce qu'il y a une différence pour vous entre Marine Le Pen et Jordan Bardella qui se sont jurés mutuellement confiance et amitié hier devant leurs partisans à Liévin, dans le Pas-de-Calais ? Est-ce que ce trentenaire peut incarner un chef de l'État ? Et surtout, est-ce que ça existe, les vrais tandems en politique ?
Oui, ça existait. Ça existait, on l'a vu très souvent. Regardez Mitterrand-Mauroy. Il y avait des vraies différences. Ils s'engueulaient beaucoup. Et en même temps, ils travaillaient bien ensemble. De Gaulle-Pompidou jusqu'à 1967, quand ça a commencé la foire. Oui, ça s'est mal terminé. Non, mais ça s'est mal terminé, mais ça avait bien commencé. Ça existe. Le problème, là, c'est que je ne vois pas quand même Marine Le Pen accepter, même si je pense qu'elle est sincère, là. Je suis sûr qu'ils veulent. Oui, oui, ils sont sincères. Mais je ne vois pas Marine Le Pen accepter que son travail, quand même, de 10, 20 ans, on vous rendait compte. Enfin, elle est allée partout et s'est battue.
Soit comme ça, comment dire, emportée par le petit jeune. Ça va être très dur. C'est-à-dire qu'elle va essayer d'être sympa au début, mais je ne vois pas comment ça pourrait continuer longtemps. D'autant qu'il y a des divergences. C'est-à-dire, je pense que Nicolas Sarguézzi, il a eu le mot juste quand il a dit « Bardella, c'est le RPR ». C'est-à-dire qu'il est visiblement…
C'est le Chirac des années 90, soit.
Oui, c'est-à-dire que ce n'est pas du tout la même chose. Marine Le Pen a une ligne, à disons, un petit peu différente.
François, les Français n'ont pas envie qu'on leur vole cette élection présidentielle. En 2022, on sait qu'il n'y a pratiquement pas eu de campagne et qu'Emmanuel Macron n'a pas souhaité faire campagne. Cette fois, est-ce qu'il faut qu'il y ait un vrai débat, au fond, sur le projet, sur les idées ? Sinon, il y aura beaucoup de colère qui sera du côté des Français.
Vous avez vu l'état de la France ? Non, mais c'est quelque chose d'épouvantable. Quand on regarde bien les chiffres, quand on regarde… Bon, on commence par l'endettement. L'endettement, c'est quelque chose quand même de… Les Français ont compris maintenant. Ce n'est pas vrai. On voit dans les sondages, et ça, c'est… Merci, François Bayrou. Les Français ont compris qu'il y avait un énorme problème. Il faudra le régler d'une manière ou d'une autre. Sûrement en travaillant aussi sur les retraites, parce que c'est le vrai sujet. Mais il y a aussi d'autres problèmes. C'est-à-dire qu'il faut baisser les dépenses, etc.
On ne peut plus vivre au-dessus de nos moyens et en vivant, comment dire, sur le dos des nouvelles générations, des prochaines générations qui devront payer pour les bêtises de leurs parents et de leurs grands-parents. Alors, je sais qu'aujourd'hui, il faut dire que tout est la faute des boomers, des boomers dont je fais partie. C'est vous, c'est vous, le boomer. Mais je ne vois pas en quoi on est responsable. De la situation actuellement. Je n'ai jamais défendu cette politique. Cette politique qui est aberrante, qu'Emmanuel Macron a commencé en 2017, avec son Premier ministre, Édouard Philippe. On va en parler dans un instant.
Selon vous, le Rassemblement National est devenu un parti attrape-tout. Qu'est-ce que vous voulez dire, François-Olivier Gisbert ?
En général, c'est les partis qui vont l'emporter. On l'a vu avec le Parti Socialiste. À la fin des années 1970, c'était l'expression qu'employaient les politologues. C'est-à-dire que c'est un parti qui emporte un peu, disons, toutes les colères. Et puis, en même temps, les espoirs. Puis, en même temps, vous voyez, il a un programme un peu foireux, c'est le moins qu'on puisse dire. Et les électeurs, ils s'en foutent. Et ça me rappelle un petit peu ce qu'on a vécu. Par exemple, à la fin des années 1970, j'avais le malheur de dire, mais la retraite à 60 ans, c'est idiot. On ne peut pas le faire, c'est absurde, etc. Et les gens vous disent, oui, mais bon. Il y a un côté...
On a l'impression que c'est fait dans leur tête, comme si c'était leur tour. Mais ça peut changer. Une élégion présidentielle, c'est jamais joué d'avance.
Et là, on est beaucoup trop tôt.
On est beaucoup trop tôt. Et puis, il y a toujours des bolides comme ça qui peuvent arriver au dernier moment.
Vous croyez aux candidats surprises, providentiels, ou la femme qui s'en gérerait de l'ombre ?
Il peut arriver à tout moment. Regardez d'ailleurs 2016-2017. Emmanuel Macron. Vous avez vu ? Ben oui, mais c'était absolument pas prévu. C'était pas prévu. Moi-même, d'ailleurs, c'était peut-être la seule fois que je me suis trompé, je ne le voyais absolument pas arriver. Je trouvais qu'il ne semblait pas qualifié, d'ailleurs. Il n'était pas. Il a donné la preuve ensuite.
François-Olivier Gisbert, l'autre parti très structuré et en ordre de marche, c'est la France insoumise. Tout est au carré, dit Jean-Luc Mélenchon. On peut lui faire confiance là-dessus ? Tout est prêt, côté LFI ? C'est le plus préparé des candidats ?
Non, je dirais que c'est le meilleur. C'est le meilleur. C'est le meilleur. Pourquoi ? Oui, pour l'instant, dans la liste qu'on a. Pourquoi ? Parce qu'il est très souple. On voit très bien. Il se laisse prendre à rien du tout. Il a une adaptabilité qui est sidérante. Moi, ça m'a frappé, par exemple, au moment de l'invasion de l'Ukraine. Plus poutiniste que Mélenchon, il n'y a pas. Poutiniste comme un phoque, même, j'irais. Eh ben, regardez ce qui s'est passé. Mais en 24 heures, voilà, il avait changé de discours. Je ne dirais pas qu'il était passé en faveur de l'Ukraine, mais enfin, presque.
Et alors que le pauvre Zemmour, lui, qui était récent en politique, lui, continuait à mouliner le même discours. Évidemment, il s'effondrait à ce moment-là. Vous voyez ? Donc, il y a chez lui cette espèce de capacité, tout de suite, à aller vers ce qu'il va faire des voix. Alors, il n'y a que du cynisme, là-dedans. Beaucoup de machiavélisme. C'est clair que je ne suis pas sûr qu'il croit absolument à tout ce qu'il dit. Mais, vous savez, en politique, on finit toujours par croire ce qu'on dit, ce qu'on répète tout le temps donc c'est pour ça qu'il peut faire très peur.
Et Jean-Luc Mélenchon a modéré son discours.
On a raison d'avoir peur.
Ah ben non, mais il va le modérer de plus en plus. Oui, oui. Mais oui, mais alors... Mais on voit que ses élus, en revanche, vont de plus en plus loin dans la stratégie d'organisation.
Tout ça est prévu parce que c'est important d'entretenir la flamme du noyau dur. Le noyau dur, c'est quoi ? C'est 10-15%. Et c'est avec ça qu'il... Et après le noyau dur, vous allez développer autour. Tout ça est une stratégie. Tout ça est passé. Est-ce qu'il peut accéder au second tour, Jean-Luc Mélenchon ? Je pense, oui. Aujourd'hui ? Ah oui, je pense. Aujourd'hui, il affiche CRN. Vous allez voir, entre les deux tours, il va devenir tout mignon, il va tendre les mains, il va avoir des alliés qui vont arriver de l'autre monde. Là, peut-être Dominique de Villepin et autres. Enfin, je vois déjà. Ce sera un cinéma et beaucoup de Français s'y laissent reprendre.
Et il agglomérera toute la gauche qui dit que non, évidemment, aujourd'hui, pas question, mais qui se ralliera à sa bannière ?
Toute la gauche parce qu'il est des ennemis mortels à l'intérieur de la gauche non-communiste. Quand même, c'est clair. François Hollande et puis Raphaël Kulkusman aussi qui sont vraiment des ennemis mais sans pitié.
D'accord. Et donc, si Elifi arrive au second tour, ça serait vraiment une victoire pour Jean-Luc Mélenchon ?
Ben, bien sûr.
Accéder au second tour. On ne parle pas de victoire. Ben, bien sûr.
Après, je ne parle pas de victoire parce que je pense qu'il est... Mais, si vous voulez, ça dira quelque chose sur l'état de pays. Et, vous savez, après le deuxième tour, souvent, il y a des troisièmes tours, il y a des quatrièmes tours. Dans la rue. Dans la rue ou ailleurs, d'ailleurs. Il peut y avoir encore des élections, etc. Mais, c'est une marche importante. Ça peut être une marche importante pour lui.
François Gisberg, Edouard Philippe, le patron d'Horizon, a fait son premier gros meeting de campagne hier. Tout n'est pas perdu. Pour peu qu'on dise la vérité, qu'on tienne enfin ce que l'on promet, a-t-il lancé à ses partisans. Et surtout, il dit qu'il assume de dire aux retraités qu'ils devront contribuer davantage au financement de notre modèle social. Alors, il ne précise pas encore comment. Le programme n'est pas encore révélé. Mais, qu'est-ce que ça vous inspire, ce discours-là ?
C'est, disons, un discours assez raisonnable. C'est-à-dire, il faut chercher l'argent de la bouillée. Et là, ce sont les vieilles recettes de la Quatrième République, d'ailleurs. On va vers la désindexation. Et puis, voilà, on va faire les poches des grandes masses. Puis ça, ça peut rapporter beaucoup d'argent. Mais, je dirais, il faut penser aux dépenses. Il faut penser aussi au système des retraites. Il faut tout revoir. Et ça, j'espère qu'il y aura jusqu'au bout. 67 ans.
Il promet 67 ans.
Non, il l'a promis. Puis après, on ne sait plus trop parce qu'il veut faire un référendum. On voit bien. Enfin, voilà, il se tortille. Mais, je n'ai pas une confiance absolue parce que je trouve aussi que quand quelqu'un dit je vais être le président de la Constance, c'est très freudien. Parce que, jusqu'à présent, il a été un petit peu inconstant. Si on regarde bien sur le nucléaire, je ne sais plus. Moi, j'avais l'impression qu'il a été pour à une époque. Quand il était Premier ministre, il a voulu l'arrêter avec Emmanuel Macron. Et puis après, maintenant, apparemment, il est pour. Enfin, voilà. Ce serait plutôt le président de la Constance.
Est-ce qu'il peut créer une dynamique ?
On en a déjà eu un. On vient d'en avoir un, d'ailleurs.
Est-ce qu'il peut créer une dynamique autour de lui ? On voit qu'il y a des ralliements. Il y a eu Maud Brégeon. Laurent Wauquiez le soutient implicitement en disant qu'il est capable d'incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France. Est-ce qu'il peut créer cette dynamique-là qui est l'histoire de la présidentielle ? En fait, c'est créer des dynamiques.
Ça, il peut, peut-être. Peut-être, mais le vrai problème, c'est ça qu'il faut regarder. Il y en a un peu assez des bons politiques comme ça qui savent rassembler. Lui, d'ailleurs, il fait une campagne de second tour. Attention, il ne faut pas qu'il oublie qu'il y a un premier tour. Mélenchon, lui, il travaille sur le premier tour. Il travaille sur le second tour après. Lui, il est déjà sur le second tour. Et c'est peut-être... C'est une erreur ? C'est peut-être une erreur parce qu'il rassemble, il rassemble. Et moi, je pense, chez lui, de toute façon, il y a quelque chose qui doit nous prouver, c'est qu'il a du caractère. Parce que qu'est-ce qui a manqué depuis 2017 ?
Qu'est-ce qui a manqué ? Vous savez très bien, d'un bout à l'autre, le caractère. Celui d'Emmanuel Macron, donc. Oui, bien sûr. Alors, on ne peut pas dire... On ne peut pas comparer avec François Hollande. François Hollande, c'est pas vrai. Il y avait du caractère. Il y avait du caractère sur le terrorisme. On l'a vu, d'ailleurs. Il s'est retrouvé contre sa propre majorité sur la déligeance de nationalité. Vous vous souvenez ? Il y a eu toute une campagne contre lui. sur le rétablissement des comptes publics. Il a travaillé là-dessus. Ça a été salué, d'ailleurs, récemment par l'Institut Fipeco. C'est-à-dire, bon, c'est un des rares qui a travaillé.
Donc, si vous voulez, le caractère, c'est important. On peut dire que Nicolas Sarkozy avait beaucoup de caractère aussi. C'est-à-dire, le problème d'Édouard Philippe, c'est ça. C'est-à-dire, bon, je pense que le problème des Français, c'est qu'il faut arrêter de prendre des candidats ou des futurs présidents qui font tout pour passer à travers les gouttes et qui sont dans l'évitement. Il faut quelqu'un qui assume de traverser la table. Les problèmes sont tels qu'il faut vraiment les traiter. Je pense qu'on peut continuer comme ça, éternellement, à remettre les choses. Mais là, le problème, il est là devant nous. On le voit sur la justice, on le voit sur la violence.
Non, mais, de presque, en 2022, je commence à le vendettement sur l'économie, sur la finance. Enfin, on est quand même en danger. Vous savez très bien, il peut y avoir une attaque financière à tout moment. Nous sommes quand même... Il faudra débourser 100 milliards chaque année pour juste la charge de la dette. Ce n'est pas pour la rembourser, juste pour la charge qu'on est obligé de rembourser parce que si on ne le fait pas, le ciel nous tombe sur la tête. Il faut 100 milliards par an et puis ça sera très vite 170 milliards en 2032, etc. Tout ça va monter. Il faut que ça s'arrête. Il faut tout reprendre à zéro pour que la France continue.
Vous voyez, parce que la France va finir par être en danger.
Sur l'état de la grande famille de la droite, qui n'en finit plus de se déchirer, on a l'habitude des trahisons, des coups de jarnac à droite. Comment est-ce que vous jugez aujourd'hui à la fois Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez qui plutôt se rallient à Édouard Philippe même s'il sera demain matin notre invité et il nous confirmera ce qu'il compte faire ou pas. La droite a encore un avenir ou est-ce qu'elle est morte ?
Ça ne pourra pas continuer éternellement. Comme ça, ce qui se passe aujourd'hui de toute façon dans ce qu'on appelle le bloc central, il y a les centristes d'un côté Philippe et Attal et puis de l'autre côté disons le LR. On voit bien que ça ne pourra pas continuer parce qu'il ne joue plus un grand rôle aujourd'hui dans la politique. Alors, comme on est au début de la campagne, je le répète, on ne sait pas comment ça va se terminer. Moi, je n'écarte pas Bruno Retailleau parce que, bon, c'est quelqu'un de... Bon candidat ? Non, je ne dirais pas que c'est un bon candidat mais ça pourrait faire un très bon président. Mais attendez, il y a une différence.
Il faut être candidat avant des présidents en France. Oui, mais il y a une différence. Il y a une différence. C'est très important ça. Regardez tous ceux qui ont relancé leur pays. D'ailleurs, ils n'étaient pas élus directement au suffrage universel. Je pense à Schröder, le social-démocrate en Allemagne ou Margaret Thatcher, la conservatrice en Grande-Bretagne. Bon, ils ont été portés par le parti parce que c'est un système tout à fait différent où le Premier ministre est une émanation du parti qui gouverne. Nous, nous savons l'élection au suffrage universel. Bon, alors, c'est vrai qu'il faut plutôt regarder le caractère.
C'est-à-dire des gens qui sont capables de dire, vous savez ce que disait De Gaulle, gouverner, c'est dire non, non, non, non. C'est ça gouverner. Même une petite PME, c'est ça gouverner. Et nous avons des gouvernants, nous avons notamment un président qui depuis 2017 n'a cessé de dire oui, oui, oui, oui. Et voilà l'état de la France aujourd'hui.
Justement, Emmanuel Macron, son quinquennat deuxième, quinquennat second, quinquennat plutôt touche à sa fin, quelle trace il laissera dans l'histoire de la politique française, François-Lége Gisberg ? Alors, vous faites un petit signe qui dit zéro, je le lis pour nos auditeurs,
il ne laissera aucune trace ? Rien. Rien. Qu'est-ce qui va rester ? La loi sur l'euthanasie ? Non, mais la loi sur les retraites ? Sur l'euthanasie ? Oui, voilà, c'est ça, parce que si vous regardez bien, oui, alors on dit beaucoup, il a permis d'introduire une certaine flexibilité, mais le travail avait déjà été fait par son prédécesseur, François Hollande. C'est une application des lois qui a fait que le chômage, des lois qui avaient été votées sous Hollande, ça a continué après, sous Macron, mais enfin, ce n'était qu'une continuation. Et je ne sais pas, grâce auquel des deux, le chômage a commencé à baisser lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
Donc il n'y a aucun héritage, Emmanuel Macron, en fait, après deux quinquennats pour vous, François Gisbert, vous qui connaissez la cinquième, vous avez vécu presque toutes les élections présidentielles,
presque.
Oui, oui, je ne vois pas, non, je ne vois pas ce qui va rester, je ne vois pas ce qui va rester, il va rester deux héritiers, Philippe et Attal, qu'ils détestent tous les deux, parce que je ne sais pas lequel déteste plus Macron, d'ailleurs, que l'autre.
Et qui se neutraliseront ?
Qui se neutraliseront peut-être pas, parce qu'ils ont peut-être des intérêts communs. Puis de toute façon, Attal, il roule pour, il est tellement jeune, il a tellement le temps pour lui, je pense qu'il, je ne dirais pas qu'il peut se présenter encore à la fin du siècle, mais enfin, il est quand même... Ces héritiers du blog central ne seront pas marqués
du saut des années macronistes, François Gisbert, pour vous, que ce soit Gabriel Attal ou Édouard Philippe. Est-ce que ce bilan d'Emmanuel Macron ne va pas leur coller à la peau quand même pendant toute cette campagne qui s'annonce ?
Vous savez, on n'est pas élus jamais et on est élus sur un projet. Alors, on attend le projet. Après, moi, je pense qu'il faut cesser aussi de croire au projet. Vous savez, vous vous souvenez du projet de Macron, le projet de ses prédécesseurs aussi. Il y a toujours des trucs. Il y en a qui verrait enchanter la France. Il y en a autre qui dit, voilà, on va en finir avec la paperasse, la bureaucratie, on va arrêter d'emmerder les Français. Enfin, c'est toujours les mêmes slogans. Et puis, rien, rien ne change. Donc, pourquoi rien ne change ? Ce n'est pas parce que ce sont des menteurs. C'est parce que, devant la difficulté, ils cèdent.
Et donc, il faut choisir des personnages qui ont de la volonté. Arrêtons de prendre des présidents soi-disant intelligents qui n'ont aucun courage et qui s'effondrent devant l'obstacle. Voilà. Et qui font de la musculation quand il s'agit de Trump ou de Poutine qui sont très loin et qui s'effondrent devant la première manifestation de la CGT. France,
Olivier Gilles Berg, une dernière question concernant la liberté d'expression qui vous est chère. C'est vraiment votre bannière. Vous vouliez vous exprimer sur la mise en demeure de l'ARCOM concernant notre chaîne, concernant le pluralisme. Qu'est-ce que ça veut dire pour vous ?
C'est une honte totale. C'est-à-dire qu'on glisse dans un autre système. Il faut savoir ce que c'est. Moi, d'abord, je suis très attaché au pluralisme. Autrefois, quand l'humanité, le quotidien communiste et il n'y a pas plus d'anticommunistes que moi, était en danger, j'avais fait partie d'un petit groupe autour d'Edmond Charleroux et voilà, on a essayé de faire tenir ce journal dont, à mon avis, la France avait besoin. Bon, CNews existe. CNews est la première chaîne d'information, en tout cas, à ma connaissance aujourd'hui. Et donc, l'idée de s'attaquer à une chaîne de télé qui est apparemment la plus regardée parmi les chaînes d'info, c'est quelque chose de fou.
Alors, je comprends très bien. Macron veut laisser des traces. Mais s'il laisse ça... Alors, évidemment, il y a une partie de la gauche qui sera très contente. Mais où est la démocratie là-dedans ? Enfin, on se rapproche, on sort de la démocratie pour rentrer dans la démocrature. Alors après, dans une démocrature à la Poutine... Une démocrature d'une dictature, on est pas loin. Oui, bien sûr, bien sûr. Parce que, bon, moi je trouve normal qu'il y ait des chaînes d'information où il y a un peu plus d'opinion. Il y en a partout. Et ce qui est normal, et ce qui est très bien, moi je... C'est incompréhensible.
Et si vous voulez, ça montre simplement à quel point le libéralisme en France est une valeur en perte de vitesse. C'est-à-dire que ce président qui s'est dit libéral, en fait, est illibéral. Illibéral. Et on va finir par ressembler à une... Comment dire ? Oui, je dirais... Une démocratie de papier mâché, une espèce de truc... Enfin, d'Amérique latine, le général Tapioca, etc. D'ailleurs, en fait, c'est répondre là, c'est appliquer le programme de LFI, déjà. Si Matin Adjari, le copain de Macron que Macron a nommé, s'il réussit ça, ben oui, on pourra l'appeler le général Tapioca. Vous savez, dans Tintin, vous vous souvenez de ce dictateur à la noire ? Bon, on est un peu là-dedans.
Je trouve que c'est... Il faut... Et puis, qu'est-ce qui se passe après ? Ben, on va arrêter les opposants. On va pas se gêner. C'est ça qui est... Non, mais il y a quelque chose qui cloche. Et je veux dire, l'espèce de... Vous voyez, les Français, ils sont inquiets. Il y a plein de problèmes dans ce pays qu'il faut régler de tous les côtés. Et là, c'est ça le sujet ? Après la loi euthanasie, ça serait ça ? Non, mais ça termine très mal, ce mandat. Alors, je sais que les mandats se terminent toujours mal, en général. Mais alors, celui-là, ça va être quelque chose. Le crépuscule sera atroce.
Et c'est pas terminé. Merci beaucoup, François-Olivier Gisberg. Le voyage dans la France d'avant, on le recommande à nos éditeurs-téléspectateurs. Et puis, la France, c'est-elle un pays communiste ? On y a un tout petit peu répondu ce matin. Merci beaucoup, cher François. Bonne journée à vous sur CNews et sur Europe 1. Merci Laurence Ferrari. Merci François-Olivier Gisberg. Vous êtes sur Europe 1. Il est 8h30. Bienvenue à suivre dans la prochaine demi-heure, dans 20 minutes, la revue de presse de Christophe Bordet. Dans un quart d'heure, le Club Culture Européen et Louis-Sgois vous recommande une mini-série dans les coulisses du palais de Buckingham.
Dans un instant, les infos avec en particulier ce retournement tout à fait inattendu dans l'affaire Cédric Jubilard. A tout de suite sur Europe 1.