Philippe Brun, l'énarque en gilet jaune
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Bonjour Philippe Brun.
- 0:23OuverteRéponse partielle
Bonjour.
- 0:23OuverteRéponse directe
Alors je parlais à l'instant de votre nounou.
- 1:33OuverteRéponse directe
Pendant que vos camarades de classe collectionnaient les vignettes panini de joueurs de foot, vous, vous faisiez quoi ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Alors, ça se traduisait comment, cette passion de la politique ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Si on s'intéresse plus à votre engagement politique, l'élément déclencheur, ça a été, d'une certaine façon, les Gilets jaunes, fin 2018.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« À l'époque, les questions étaient le mercredi après-midi. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Jean-Louis Debré était président de l'Assemblée nationale. »
- 2:30Invité politiqueFait
« Je sortais de l'ENA. »
- 2:40Invité politiqueFait
« C'était le 17 novembre. »
- 3:12Invité politiqueFait
« On ne parle pas d'immigration, on ne parle pas d'insécurité, on ne parle pas d'islam. »
- 3:29Invité politiqueFait
« On a vu un peuple, finalement, à l'État brut, qui essayait de reprendre la main sur son destin. »
- 6:00Invité politiqueChiffre
« Il y avait, mon discours, plus de 500 personnes qui m'ont écouté. »
- 6:39Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, 80% des députés sont cadres, alors que 80% des Français ne le sont pas. »
- 6:42Invité politiqueChiffre
« Il n'y a plus que deux ou trois, je crois, ouvriers à l'Assemblée nationale. »
- 6:45Invité politiqueChiffre
« Il y en avait 50 dans les années 70. »
- 7:20Invité politiquePromesse
« Moi, je porte ce principe de la parité populaire. »
- 7:24Invité politiquePromesse
« Il faut aujourd'hui qu'on ait au moins 40% d'ouvriers et d'employés à l'Assemblée nationale. »
- 9:05Invité politiqueFait
« Jamais je n'aurais eu finalement communication des documents que j'ai demandé. »
- 9:10Invité politiqueFait
« Je crois que nous devons réfléchir collectivement à cette entrave aux libertés constitutionnelles qui a aujourd'hui été imposée par le gouvernement et qui est sans précédent dans l'histoire de notre République. »
- 9:38Invité politiqueFait
« c'est l'article 57 de la LOLF, loi du 1er août 2001, on a le droit de faire des contrôles sur pièce et sur place. »
Temps de parole
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- Présentateur29 %
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L'engagement tient parfois à peu de choses. Mon invité ne serait peut-être jamais devenu député sans sa nounou et sans les gilets jaunes. Bonjour Philippe Brun. Bonjour. Alors je parlais à l'instant de votre nounou. Je vous avoue que ce n'est pas tous les jours qu'on parle des nounous des hommes et des femmes politiques.
Je vous laisse nous la présenter. Elle s'appelle Josette. C'est une ancienne marinière. Elle a travaillé pendant des années sur les bateaux sur la Seine. Elle habite Pause, dans l'Eure, un des villages dans lesquels j'ai grandi. Et quand elle me gardait, quand j'étais enfant, elle me faisait voir avec mon frère et ma sœur les questions au gouvernement. C'était le mercredi après-midi. A l'époque, les questions étaient le mercredi après-midi. On regardait le JT de 13h de Jean-Pierre Pernault. Après, les feux de l'amour. Ça fait à 15h. Les questions au gouvernement, à l'époque, c'était sur France 3. Vous avez quel âge à l'époque ? J'ai entre 8 et 10 ans. Ça vous intéressait déjà ?
Oui, quand on explique. C'est très compréhensible la politique. Il y a plein de choses qu'on comprend bien. On parle des situations des uns et des autres. Évidemment, un enfant de 8 ans ou de 9 ans ne comprend pas tout au premier abord. Mais elle m'expliquait les choses. Et à l'époque, je me souviens, Jean-Louis Debré était président de l'Assemblée nationale. Il était député d'Evreux, donc pas très loin de là où j'habite. Et donc, j'étais très heureux de regarder ça. Et j'avais très envie de passer de l'autre côté de la télévision.
C'est donc votre nounou qui vous a un peu éveillé à la politique. Pendant que vos camarades de classe collectionnaient les vignettes panines de joueurs de foot, vous, vous faisiez quoi ? Alors, ça se traduisait comment, cette passion de la politique ?
Alors, je n'ai jamais eu des posters de politique dans ma chambre. Non, ça n'allait jusque-là. Je n'allais pas exagérer, mais c'est vrai que j'étais un gamin un peu particulier. Je lisais Le Monde, j'avais 12 ou 13 ans. Je m'abonnais à tout un tas de revues. J'étais vraiment passionné par la politique. Et finalement, les meilleurs moments de mon enfance, c'est les Coupes du Monde de foot et les présidentielles, qui sont un peu les Coupes du Monde de la politique. C'est l'équivalent. Voilà.
Donc ça, c'est pour votre réveil à la politique. Si on s'intéresse plus à votre engagement politique, l'élément déclencheur, ça a été, d'une certaine façon, les Gilets jaunes, fin 2018. Alors, à l'époque, vous étiez diplômé d'HEC, tout juste diplômé de l'ENA. Et ça peut paraître assez étonnant, mais vous avez décidé de vous rendre sur les ronds-points.
Pourquoi ? Oui, on est en novembre 2018. Et puis, je sortais de l'ENA. Et on a eu notre classement à peu près à ce moment-là. Donc, on n'a pas d'affectation encore. Je retourne chez mes parents en Normandie. Et puis, arrive le mouvement des Gilets jaunes. C'était le 17 novembre. Et là, je vois arriver sur les ronds-points tout un tas de gens que je connais, des copains qui étaient avec moi au collège, à l'école primaire. Et je vois finalement tout un tas de gens, abstentionnistes militants, ou qui votent d'habitude pour le RN ou pour les extrêmes, et qui finalement se politisent, viennent discuter les uns avec les autres, trouvent des solutions.
Et quand ils se mettent ensemble sur un rond-point, de quoi parle-t-il ? Eh bien, de pouvoir d'achat, de nouvelles institutions démocratiques avec le RIC. On ne parle pas d'immigration, on ne parle pas d'insécurité, on ne parle pas d'islam. Et j'ai vu finalement, dans les Gilets jaunes, une expérience démocratique nouvelle que la gauche, d'ailleurs, n'a pas très bien saisi. La gauche, pendant longtemps, a pensé que c'était un mouvement néo-poujadiste.
C'est-à-dire, pour vous, ça a été une révélation ?
Oui, une révélation. On a vu un peuple, finalement, à l'État brut, qui essayait de reprendre la main sur son destin, qui essayait de retrouver, finalement, le chemin du collectif dans un pays... Et de se repolitiser d'une certaine façon. Se repolitiser au sens noble du terme. Et ce qui s'est passé sur les ronds-points est une grande leçon pour nous, les femmes et les hommes politiques, et doit, de mon point de vue, nourrir la refondation de la gauche dans les années qui viennent.
Alors, sur ces ronds-points, vous avez fait une rencontre déterminante. C'est Ingrid Levavasseur, une des figures des Gilets jaunes. On peut dire qu'elle est un peu à l'origine de votre première candidature à une élection. On le voit sur cette photo. Vous avez été tête de liste au municipal, avec elle, sur votre liste, à Louvier.
Absolument. Ingrid, que je connais bien, qui était dès tous les débuts du mouvement sur le péage de Bouville, qui est aussi dans ma circonscription. Et effectivement, avec Ingrid, on a monté cette liste au municipal.
Vous l'auriez fait sans elle ?
Probablement, mais ça aurait été totalement différent sans elle. C'est une personnalité très charismatique, avec une forte capacité d'entraînement, et qui a incarné un combat absolument central, celui des femmes monoparentales. Et puis aussi, la question des soignants. Elle était soignante, aide-soignante. Et avec son charisme, sa détermination, elle a réussi à donner une très belle image de ce mouvement, qui a malheureusement été dégradée par les manifestations parisiennes.
Mais je distingue finalement les gilets jaunes des ronds-points, dont il faut retenir, je crois, beaucoup de choses, et les manifestations parisiennes, qui ne correspondaient pas à l'esprit de ce que nous voyait, moi, sur les ronds-points à Louvier.
Alors, ces deux expériences, les gilets jaunes et cette liste au municipal, vous ont convaincu qu'il fallait refonder la gauche. Alors, c'est ambitieux. Vous auriez pu théoriser cette refondation en écrivant un livre. Non, vous, vous avez préféré organiser une fête populaire avec foire à tout, barraque à frites et auto-tamponneuse. Et au milieu de tout cela, on le voit sur cette affiche, discours de Philippe Brun. La refondation de la gauche, ça passe par ce genre d'événement ?
Oui, absolument. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la politique est une langue étrangère pour beaucoup de gens. Elle est incompréhensible. Et les gens qui vont aux réunions politiques sont des gens déjà convaincus d'un certain âge. C'est des militants, vous voulez dire. D'un militant, avec un fort capital culturel. Et de fait, nous faisons de la politique souvent en chambre, sans être près des préoccupations des gens. J'ai décidé d'organiser un rassemblement politique où ce ne soient pas juste des grands discours, et finalement des militants déjà convaincus. Mais pour faire venir les gens, il y avait effectivement une foire à tout. Les foires à tout, chez nous, ça veut dire braderie.
Foire à tout, c'est un mot qui n'existe qu'en Normandie. Il y avait effectivement des trampolines, des barbas-vapas, des frites. Donc à un moment festif. Et ça a marché ? Ça a très bien marché. Ça a fait venir plein de gens. Il y avait, mon discours, plus de 500 personnes qui m'ont écouté. Et puis des ateliers sur le féminisme, des ateliers sur le monde du travail, des ateliers sur les retraites, des ateliers sur la sécurité.
Et pour moi, c'est à ça que doit servir un événement politique, populaire, où il y a des gens qui passent, qui viennent pour une raison ou pour une autre, et qui se politisent, se rendent compte que leurs colères, elles sont partagées par plein d'autres gens, et que quelque chose se passe dans la société et qu'il faut suivre.
Alors, ce qui résume assez bien aussi votre engagement, c'est ce que vous avez appelé l'école de l'engagement, que vous avez créé vous-même, avec Arnaud Montebourg comme parrain de la toute première promotion. Ça aussi, c'est lié à votre diagnostic d'une gauche qui s'est un peu coupée du peuple ?
Oui. Aujourd'hui, 80% des députés sont cadres, alors que 80% des Français ne le sont pas. Il n'y a plus que deux ou trois, je crois, ouvriers à l'Assemblée nationale. Il y en avait 50 dans les années 70. La politique est devenue une profession réglementée. Et il y a tout un tas de gens sur le terrain qui pourraient parfaitement être députés, être parfaitement représentés les autres.
Donc l'idée, c'est d'avoir des élèves dans cette école qui soient plus représentatifs de la société française ?
Absolument. Donc les élèves de cette école sont tous ouvriers, employés, éditières, aide-soignantes, opérateurs sur une plateforme téléphonique. Et ces gens-là, ils ont vocation à nous remplacer. Moi, c'est ce que je porte très fortement, c'est qu'il y ait finalement à l'Assemblée nationale au moins 40% d'ouvriers et d'employés. Moi, je porte ce principe de la parité populaire. On a fait la parité femmes-hommes. Il faut encore qu'on fasse des progrès sur ce sujet-là. Il faut aujourd'hui qu'on ait au moins 40% d'ouvriers et d'employés à l'Assemblée nationale.
Et ce que j'ai remarqué pendant les Gilets jaunes, c'est que sur les ronds-points, il y avait des gens qui s'exprimaient aussi bien que les députés que vous interviewez sur l'LCP et qui étaient aussi experts que les gens parfois qu'on entend dans l'hémicycle. Et donc ces gens-là, moi, je préférerais les voir représenter leurs concitoyens. Et vous leur apprenez quoi dans cette école ? C'est une école pour se donner les clés finalement, pour s'engager. Donc il y a des cours évidemment théoriques. Vous avez de la philo, de l'histoire, pour avoir des outils de défense intellectuelle. Vous avez du droit, des finances publiques, des savoirs techniques et puis des savoir-faire politiques.
Comment on monte une manifestation ? Comment on monte une pétition ? Comment on crée une mobilisation dans son école, dans son usine, dans son entreprise ? Comment on fait une campagne électorale ? Car le but à la fin, c'est évidemment d'être élu. D'un mot juste, un ouvrier qui serait sympathisant
du Rassemblement national, il aurait sa place dans votre école ?
Non, c'est une école qui n'est pas partisane, mais qui a un socle de valeur. On n'est pas là pour former des députés RN ou des députés macronistes, mais des gens qui partagent les valeurs de la gauche. C'est quoi les valeurs de la gauche ? C'est la justice sociale, la reconstruction écologique et puis de nouvelles institutions démocratiques.
Alors, si on s'intéresse à votre travail à l'Assemblée à présent, il a pris une forme assez originale avec tout ce que vous avez fait sur le dossier EDF. On vous a confié une mission, vous avez posé des questions, on ne vous a pas répondu. Et donc, vous vous êtes rendu sur place au ministère de l'Économie et des Finances.
Je suis venu avec l'administratrice de la Commission des Finances et nous avons recopié sur des cahiers les documents qui nous ont été montrés. Donc, c'est un peu ridicule. Là, on a très très mal au poignet. Jamais je n'aurais eu finalement communication des documents que j'ai demandé. Mais je crois que nous devons réfléchir collectivement à cette entrave aux libertés constitutionnelles qui a aujourd'hui été imposée par le gouvernement et qui est sans précédent dans l'histoire de notre République.
Alors, ce qui m'intéresse là-dedans, ce n'est pas forcément le fond du dossier, ce n'est pas vraiment l'objet de notre émission, c'est plutôt votre démarche. Ça ressemble presque à une perquisition, c'est assez spectaculaire. Mais vous exercez là un des pouvoirs de députés.
Oui, députés ont beaucoup de pouvoirs et souvent ne les utilisent pas. Il est vrai qu'en tant que rapporteur spécial de la Commission des Finances, c'est l'article 57 de la LOLF, loi du 1er août 2001, on a le droit de faire des contrôles sur pièce et sur place. Et donc, dans le cadre de la question de la nationalisation d'EDF, j'avais demandé des documents au gouvernement. Le gouvernement ne voulait pas me les donner et donc je suis allé à Bercy faire un contrôle sur pièce, c'est un peu les clients d'une perquisition et j'ai découvert effectivement un plan caché du gouvernement de procéder à nouveau à un démantèlement d'EDF après la montée au capital.
Donc ça a été utile, mais est-ce que les députés ont vraiment conscience de tous les pouvoirs qu'ils ont ? Est-ce qu'ils les exercent pleinement ? Parfois, ils ont peur de les exercer parce qu'on se dit, comment je vais faire ? Et c'est pour ça que le savoir, c'est le pouvoir. L'école de l'engagement est là pour ça aussi, pour donner le savoir et dire, en fait, j'ai le droit de faire ça, donc je vais le faire. Et je sais qu'il y a pas mal de collègues qui ont vu ce que j'ai fait et qui désormais ont envie de le faire. Encore une fois, c'est pas pour faire du spectacle. Si le gouvernement m'avait donné les documents que je demandais, je ne serais pas allé le faire.
Vous n'auriez pas eu besoin d'aller sur place
et de recopier tout à la main que vous l'avez fait. C'est l'heure de notre quiz. Alors, le principe est assez simple. Je vous explique, je vais prononcer, lire le début d'une phrase et ce sera à vous de la compléter. Vous êtes prêts ? C'est parti. Eh bien, on y va. Ce qui m'agace le plus à l'Assemblée, c'est ?
Les jeux de rôle. Qu'est-ce que vous entendez par là ? Eh bien, la politique devient souvent un théâtre d'ombre. Moi, je préfère quand on dit ce qu'on pense et qu'on pense ce qu'on dit. La dernière fois que j'ai croisé Bruno Le Maire ? C'était probablement à la commission des finances de l'Assemblée nationale.
Ça se passe bien entre lui et vous ? Parce que vous l'avez un peu agacé avec votre démarche sur le dossier EDF.
Oui, bien sûr, mais oui, ça se passe bien. Il est ancien député de l'Eure, donc des territoires qui sont proches. Sa circonscription est basculée dans le camp du Rassemblement national. Effectivement, il a été très peu coopératif sur la question d'EDF. Mais j'ai évidemment du respect pour lui, comme pour tous les ministres.
Enfant, quand je regardais les questions au gouvernement à la télé, je pensais que...
Je pensais que les députés avaient vraiment de la chance d'être là.
Vous rêviez d'être député ?
Un jour, j'étais dans ma tête. Je n'étais pas à un plan de carrière. Moi, j'avais envie d'être juge. Je suis devenu juge et c'était mon métier, ma passion. Mais c'est vrai que j'avais un peu ce rêve-là. Et aujourd'hui, je ne suis pas déçu.
Vous n'êtes pas déçu, mais est-ce qu'il y a des choses qui vous ont surpris quand vous êtes arrivés à l'Assemblée ? Des choses auxquelles vous ne nous attendiez pas ?
Non, ce qui a été vraiment différent, ce qui a changé dans ma vie, c'est que localement, le regard des gens a un peu changé. Avant, j'étais un peu l'enfant du pays qui est sympa, qui se présente aux élections. On va peut-être mettre un petit bulletin pour lui, mais on ne croit pas trop en ses chances. Dans notre territoire, la gauche est de plus en plus absente. On a la question du Rassemblement national qui dévore... Vous êtes le seul député non-Rassemblement national dans votre département. Je suis le seul député qui n'est pas vraiment du Rassemblement national. Et cette victoire, oui, elle a donné un nouveau statut à la gauche dans mon territoire et aux idées que je représente.
Et c'est ça surtout qui a changé pour moi. Très bien.
C'est la fin de cette émission. Merci beaucoup, Philippe Brun, d'être venu dans La Politique et moi. Merci beaucoup, Philippe Brun.
Philippe Brun