Proche-Orient : entretien exclusif avec Emmanuel Macron - La Story
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:00OuverteRéponse directe
Dominique de Villepin : Faut-il reconnaître l'État palestinien tout de suite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Emmanuel MacronFait
« Je fais partie des rares dirigeants qui n'ont jamais cessé de lui parler et qui ont toujours assumé des désaccords profonds. »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« Je ne pense pas qu'il serve la sécurité des Israéliens dans la durée en faisant croire que la réponse n'est que sécuritaire. »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« Ce que vous faites est aussi un crime et ce n'est pas en fait vos valeurs. »
- 7:00Emmanuel MacronChiffre
« La France, c'est le pays en Europe qui a la plus grande communauté juive. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je veux croire à la paix, je pense qu'elle est indispensable et aujourd'hui on a une intensité de cette guerre qui est terrible. Depuis le 2 mars, il n'y a plus rien qui passe, plus d'eau, plus de nourriture, plus de médicaments, plus aucun blessé qui sort. La seule réponse pour tout cela, c'est une solution politique, c'est-à-dire reconnaître chacun dans ses droits, l'existence de chacun et aussi les solutions de sécurité pour lutter contre les terroristes mais permettre à chaque peuple de vivre en paix.
C'est l'histoire d'une visite inédite. Hier Emmanuel Macron s'est rendu à quelques kilomètres de la frontière entre l'Egypte et la Palestine. C'est la première fois qu'un dirigeant occidental se rend aux abords d'une frontière avec la bande de Gaza depuis le début de la guerre.
Accompagné du président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, le chef d'Etat a visité un hôpital, l'hôpital d'Elarich. Là-bas, il a rencontré plusieurs enfants victimes des raids de l'armée israélienne. Ma présence à Al-Alarich aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas le droit d'oublier Gaza.
Il y a aujourd'hui en tout cas une génération à Gaza qui a vécu le pire. Et j'ai vu, c'était bouleversant, des enfants, des adultes. Certains avaient des regards qui portaient l'au-delà de la douleur.
C'est-à-dire quand vous n'avez...
Quand au fond, vous êtes allé au-delà même de l'humanité, quand vous voulez survivre. Il y avait une jeune femme qui avait été blessée à la colonne vertébrale, qui était restée dans les décomptes de septembre à mars. Son regard n'était pas un regard de douleur.
Elle avait perdu tous ses frères et soeurs. Tous. Devant sa belle-mère qui était là et qui avait perdu cinq enfants, petits-enfants.
Son regard n'avait plus de douleur. Elle avait...
C'était même pas de la rage. Elle voulait revenir sur sa terre. Et donc, quand on arrive à ce degré-là, l'immense responsabilité que prennent ceux qui font cela, c'est de construire des générations qui auront grandi dans le ressentiment.
Le président n'a profité pour visiter la plateforme humanitaire du croissant rouge. C'est là que sont entreposées des tonnes d'aides venues de France et d'Europe. Des stocks périssables bloqués à cause du blocus humanitaire imposé par Israël.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, près de 1500 civils ont été tués depuis le 18 mars dernier et la reprise des bombardements. Emmanuel Macron est ferme. Selon lui, Benjamin Netanyahou doit changer de stratégie.
Je fais partie des rares dirigeants qui n'ont jamais cessé de lui parler et qui ont toujours assumé des désaccords profonds. On a d'abord un désaccord là, sur l'humanitaire, mais au fond, le rapport à la vie. Mais on a un désaccord stratégique.
Je ne pense pas qu'il serve la sécurité des Israéliens dans la durée en faisant croire que la réponse n'est que sécuritaire. Et d'ailleurs, c'était la même histoire qu'il leur racontait il y a 15 ans et ça n'a pas été vrai. Il y a eu le 7 octobre.
Ceux qui pensent aujourd'hui que la réponse n'est que sécuritaire se trompent, se mentent à eux-mêmes et mentent au-delà. La réponse, elle est politique. Notre rôle, c'est d'être aux côtés de l'humanité.
Il faut respecter le Premier ministre israélien, il faut respecter le peuple d'Israël, mais il faut aussi essayer de lui dire à un moment donné ce que vous faites, d'abord, n'est pas conforme au droit international. Ce que vous faites est aussi un crime et ce n'est pas en fait vos valeurs. Et ce qui est en train d'être fait en votre nom n'est pas votre intérêt.
En Égypte, Emmanuel Macron a rencontré son homologue égyptien, le roi Abdelha II de Jordanie. Le chef de l'État s'est aussi entretenu avec le prince, héritier d'Arabie Saoudite. Si Emmanuel Macron rejette tout futur rôle du Hamas dans le territoire palestinien, il ne veut pas entendre parler de déplacement de population face au projet inhumain de la Riviera, réaffirmé par Donald Trump.
Tous ce matin, l'hôpital, ne marchant pas, ayant perdu les proches, me disait « je retournerai, c'est ma terre ». Il ne peut pas y avoir de déplacement forcé. On ne va pas refaire des apatrides, on ne va pas refaire des femmes et des hommes qu'on mènera.
Non, c'est à nous de savoir construire une solution. Et donc, ce n'est pas un sujet d'immobilier. Le simplisme, parfois, n'aide pas.
Et donc, moi, ce que je fais, c'est que je dis au président Trump, c'est vrai que c'est trop lent tout ça, je comprends ton impatience. Peut-être que ce serait formidable si un jour ça se développait de manière extraordinaire, mais là, notre responsabilité, c'est de sauver des vies, de retrouver la paix et de négocier un cadre politique. Si tout ça n'existe pas, personne n'investira.
Aujourd'hui, personne ne mettra un centime à Gaza. Emmanuel Macron a également rappelé l'urgence de la libération des otages et de la restitution des corps israéliens à Gaza. Le président a rappelé l'importance de lutter chaque jour contre ceux qui importent le conflit de manière violente en France.
La France, c'est le pays en Europe qui a la plus grande communauté juive. Et nous sommes le pays qui a le plus d'enfants d'origine maghrébine, du Proche et Moyen-Orient. Et on est un des pays d'Europe qui a le plus de concitoyens dont la confession est la confession musulmane.
Il y avait toutes les recettes pour qu'après le 7 octobre, nous explosions. Je suis très fier de nous. Néanmoins, bâtir l'unité, ça va se faire comment ?
Un, en nous battant contre l'antisémitisme qui a flambé en France depuis le 7 octobre parce qu'il y a toute une jeunesse qui, en accédant à la conscience, par les simplifications, les réseaux, l'accélération, les manipulations, pensent qu'être pour Gaza c'est être contre Israël et du coup qu'être contre l'existence d'Israël c'est être contre tous les juifs partout dans le monde. C'est n'importe quoi. Et donc je dis à toute cette jeunesse regardez vos semblables en France.
Ce sont des citoyens, des citoyennes. C'est ça notre force, notre unité. C'est la République.
C'est le fait qu'on ait des citoyens, des citoyennes. N'essentialisez jamais quelqu'un selon son origine, selon sa religion ou autre. Donc tous nos jeunes qui sont bouleversés, émus par Gaza.
Ne cédez pas aux raccourcis, aux bêtises. Vous avez raison d'être indigné. Je le suis comme vous.
On doit se battre pour la paix. Alors qu'il est poussé par plusieurs dirigeants politiques et experts à reconnaître la Palestine comme 149 autres États. Pour la première fois, à notre micro, Emmanuel Macron annonce un chemin pour le faire avec une date à une condition.
On se bat pour Gaza, le retour de la paix, de la sécurité, l'humanitaire et une solution politique. On doit aller vers une reconnaissance. Et donc, dans les prochains mois, on ira.
Et je ne le ferai pas pour l'unité ou faire plaisir à tel ou tel. Je le ferai parce que je pense qu'à un moment donné, ce sera juste et parce que je veux aussi participer à une dynamique collective, c'est-à-dire qui doit permettre aussi à tous ceux qui défendent la Palestine de reconnaître à leur tour Israël ce que plusieurs d'entre eux ne font pas, d'être clair pour lutter contre ceux qui nient le droit d'Israël à exister, ce qui est le cas de l'Iran, et de nous engager sur une sécurité collective de la région. Notre objectif, c'est quelque part en juin, avec l'Arabie Saoudite, de présider cette conférence où on pourrait finaliser le mouvement de reconnaissance réciproque par plusieurs.
Dominique de Villepin, vous traitiez encore le sujet de la reconnaissance de l'État palestinien ce matin. Selon vous, il faut reconnaître l'État palestinien tout de suite, maintenant ? Bien sûr, c'est la seule façon de transformer ce drame en politique, sortir de la violence pour rentrer dans la responsabilité politique et de ce point de vue, je salue le chemin qu'offre le président de la République d'ici à la conférence du mois de juin.
Je suis heureux aussi du geste qu'il fait en se rendant à proximité de Gaza et des mots qu'il emploie. Mais ça fait 18 mois que nous pouvons tous voir ce qui se passe à Gaza. Nous pouvons voir au quotidien ce drame se jouer malheureusement dans l'indifférence de trop d'États, y compris dans l'Union Européenne et de trop de responsables.
Donc, il faut mettre fin à tout cela et il faut sortir de cette escalade aujourd'hui où Israël est entraîné par un gouvernement en dépit des résistances de son peuple parce que l'élément qu'il ne faut pas oublier aujourd'hui c'est que le peuple israélien manifeste tous les jours contre ce qui est en train de se passer, bien sûr pour la vie des otages mais aussi pour sortir de cette horreur au quotidien qui se déroule à quelques kilomètres des grandes villes israéliennes. de cette horreur au quotidien de cette horreur au quotidien
Emmanuel Macron