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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 juin 2024 18 min

Les investitures de LFI, le programme du Nouveau Front populaire, le combat contre l'extrême droite... Le "8h30 franceinfo" d'Alexis Corbière

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur non identifié

Bonjour Alexis Corbière, la journée hier avait commencé par un nouveau front populaire, une belle photo de famille et cette journée s'est terminée par votre exclusion. Vous, une figure historique de la France Insoumise, un proche historique, un compagnon de route historique de Jean-Luc Mélenchon, vous n'avez pas été investi par la France Insoumise pour ses prochaines élections. Que s'est-il passé ?

0:23
Alexis Corbière

Je vais vous répondre, mais d'abord, le grand événement, vous l'avez dit, c'est ça, c'est le nouveau front populaire. Il faut battre l'extrême droite. Elle peut gagner les 30 juin et 7 juillet. C'est ça l'enjeu. Je vais vous répondre, mais d'abord, il ne faut pas sortir de cette dynamique-là. J'invite tout le monde à voter dans toutes les circonscriptions pour les candidates et les candidats du Front populaire. C'est des femmes et des hommes magnifiques. Il y a mes amis insoumis qui sont candidats. Je souhaite qu'ils soient élus. Je souhaite qu'ils soient élus.

Aussi, ce qui vient de se passer est irresponsable par rapport à ça parce que ça va créer un trouble qui n'est pas du tout à la hauteur des enjeux. C'est totalement mesquin, petit, un règlement de compte, alors que l'enjeu, c'est d'éviter que l'extrême droite prenne le pouvoir.

0:58
Locuteur non identifié

Pourquoi vous êtes exclu, Alexis Corbiens ?

0:59
Alexis Corbière

Sans aucun doute, évidemment, c'est parce que depuis un an, nous sommes là. Il y a cinq députés qui sont, comme moi, exclus, comme vous dites, purgés, que sais-je, qui portent une ligne au sein de la France insoumise qui était plus unitaire quelque part. Ce qui se passe avec le Front populaire, là, actuellement, qui est magnifique, un travail magnifique qui a été fait, est exactement la ligne que nous portions. Il fallait éviter depuis un an toutes ces divisions, ces attaques, parce que la menace de l'extrême droite que nous sentions monter dans le pays nécessitait que ce qu'avait été la NUPES continue. Et sans doute qu'après, il y a un caractère mesquin.

Alors moi, comment dirais-je, ceux qui l'ont mis à neuf, j'ai envie de dire un peu, comme on dit, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. Mais il y en a un qui est responsable, je vais le dire, c'est Jean-Luc Mélenchon, qui a réglé en compte avec moi, avec mes amis qui sont là, et qui ne souhaitent pas, ne souhaitaient pas que nous continuions à porter cette discussion. Mais je dis à tous mes amis qui vont être députés, je souhaite qu'il y en ait le plus possible insoumis, vous devrez vous aussi régler cette affaire au sein de la France insoumise.

On ne peut pas changer la société, on ne peut pas faire face à l'extrême droite sans une gauche démocratique, une gauche et des écologistes démocratiques.

1:56
Locuteur non identifié

Mais c'est quoi le problème à la France insoumise ? Pardon, parce que Raquel Garrido parle d'un crime de lèse Mélenchon, vous parlez de Jean-Luc Mélenchon, quel est le problème avec Jean-Luc Mélenchon à la France insoumise ?

2:04
Alexis Corbière

D'abord, la possibilité de pouvoir débattre, vous savez, les instances qui prennent des décisions, je ne sais même pas qui c'est, qui les a désignées, etc. Donc il faudra que tout ça soit mieux amélioré pour la suite, que des choses plus simples soient faites. Et par ailleurs, je pense qu'il y a une stratégie depuis un an qui était souvent de mise sous tension, notamment entre les différentes forces politiques, ce n'étaient pas les seules d'ailleurs, mais qui a amené à un moment donné à ce que les relations étaient extrêmement violentes entre les organisations politiques. Voilà, bon.

Et puis il y a eu l'os du mouvement des retraites, par exemple, je pense, alors qu'il fallait maintenir l'unité, une manière un peu de, des fois, de secouer par des tweets inutiles vis-à-vis des uns et des autres.

2:36
Locuteur non identifié

Une brutalisation du débat, comme vous le dites comme ça.

2:39
Alexis Corbière

Mais d'abord, ce que je veux dire, parce que je vois bien la provocation dans laquelle on va m'embarquer. Les amis, restez mobilisés, restez groupés, ne vous démoralisez pas, au contraire. Mais après, dans les cinq circonscriptions dans lesquelles nous sommes... Est-ce que vous allez vous présenter ? Évidemment. Que chose soit claire, il s'agit de Raquel Garrido, Daniel Simonnet, Hendrik David, député de Marseille, et Frédéric Mathieu, député à Rennes, Madame Simonnet, députée à Paris, et Raquel aussi en Seine-Saint-Denis. Déjà, un mot sur les femmes.

Les deux qui sont visées, Raquel Garrido et Daniel Simonnet, avaient pris position courageusement, notamment lors de l'épisode Adrien Quatennens. Elles avaient été très blessées de la manière dont, notamment, il y avait eu une espèce de soutien, dans le premier temps, de la part de Mélenchon, même des collègues qui s'étaient levés pour applaudir Adrien Quatennens quand il était revenu dans la municipalité. Et il est réinvesti. Et voilà, j'observe qu'en plus, celles qui, en interne, si je puis dire, étaient choquées par tout de même cet acte qui avait eu lieu, sont désormais non investies. Par contre, Adrien Quatennens s'est réinvesti. Mais qui peut comprendre ça ?

Face à l'extrême droite, quelles belles idées ça fait progresser, c'est l'inverse. Mais je ne veux pas perdre le fil. On vote. Cet après-midi, on va manifester, notamment, à l'appel des organisations syndicales. Il faut être un demi-million dans la rue. Il faut mobiliser la société. Comment on peut gagner ? Il y a 23 millions d'abstentionnistes au soir des élections européennes. C'est là-dedans qu'il faut mobiliser des gens. Ça va se finir bloc contre bloc, extrême droite contre le Front populaire. Il faut qu'il y ait un maximum de députés de Front populaire.

Mais les cinq députés qui sont visés, j'invite dans chaque circonscription, ceux qui m'écoutent, à voter, à nous élire pour qu'il y ait cinq députés Front populaire, unitaires, vraiment unitaires, et qui portent l'idée aussi qu'une société plus démocratique doit être portée par des gens qui respectent des pratiques démocratiques. Je ne défends pas des places, je défends une éthique. Une éthique politique. La Sixième République, c'est un projet, mais qu'on fait vivre aussi dans ces organisations politiques.

4:17
Locuteur non identifié

On voit que depuis hier soir, les réactions se multiplient, notamment de François Ruffin, qui a des mots très durs, qui parle de bêtises, de sectarisme. Il y a aussi Clémentine Autain qui vous soutient. Ce sont mes amis. Et ces derniers mois, effectivement, vous avez illustré les uns et les autres.

4:33
Alexis Corbière

Merci François Ruffin. Je suis d'accord avec la ligne qui porte comme celle de Clémentine Autain, François Ruffin.

4:38
Locuteur non identifié

Mais est-ce que, d'une certaine manière, ça n'illustre pas le fait que vous seriez mieux en étant mieux organisé de votre côté ?

4:43
Alexis Corbière

Écoutez, les circonstances amènent à ce que je le souhaitais pas. On me met d'un certain côté. D'abord, il faut démontrer que ce que je dis est vrai. Dans les urnes. Dans les urnes. Là, il y a 15 heures de campagne. Je me présente. Et puis, on va voir. Dans ma circonstitution, Montreuil-Bagnolet, on va démontrer qui c'est qui a raison, quel type de gauche on veut. Parce qu'hier, vous étiez en meeting. Rappelons-le. Vendredi, j'avais 350 personnes en meeting. Les deux maires des communes de Montreuil et Bagnolet qui me soutiennent. On était en campagne. C'est absurde. Et d'un seul coup, des gens qu'on connaît même pas deviennent candidats.

Et un comité, je ne sais même pas qui en fait partie, désigne. Et j'apprends à 23h, en regardant sur le site de la France Insoumise, que je ne suis plus candidat. Pas un seul coup de fil. Mais un parti politique émancipateur, ça fonctionne pas comme une entreprise privée. Ou le patron, d'un seul coup, vous licencie parce qu'il ne peut plus vous encadrer.

5:25
Locuteur non identifié

Alexis Orbière, il y a une clarification d'une certaine question. Est-ce que François Ruffin, il n'est pas un peu entre deux chaises, là ? Parce que les mots sont très forts. Jean-Rémi l'évoqué, il parle de la bêtise et du sectarisme d'LFI qui préfère un homme qui frappe sa femme, auteur de violences conjugales, à des camarades qui ont l'impudence d'avoir eu un désaccord avec le grand chef. Il est encore associé à LFI ?

5:45
Alexis Corbière

Je crois qu'il n'a pas demandé, d'ailleurs. Enfin, je veux dire, il y va sous ses propres couleurs aussi, avec ses... Il a un mouvement Picardie debout, mais il cherche à l'élargir. François Ruffin, surtout, il porte une ligne qui est intéressante. C'est qu'on a fait des bons scores à l'occasion des élections européennes dans les centres-villes. Moi, où je suis, en Seine-Saint-Denis, c'était des scores magnifiques qui se sont mobilisés. On a une surperformance de la gauche dans les centres urbains. Mais il est vrai, dans 93% des communes et communes semi-rurales, l'extrême droite est très, très forte.

Et il faut trouver une alliance, je reprends une formule pour le coup de François Ruffin, des tours et des bourgs. C'est-à-dire que la gauche doit être présente dans les tours, les cités, si je puis dire, mais aussi dans les bourgs, dans les campagnes.

6:22
Locuteur non identifié

Ce qui n'est pas la stratégie de LFI, selon vous ? Que doivent faire les autres membres du nouveau front populaire ? C'est pas simple, c'est pas simple, pardon ? Alexis Corbière. Marine Tondelier, la patronne des Verts, réunis en ce moment, sont partis. Qu'attendez-vous de vos partenaires ?

6:35
Alexis Corbière

Je vais voir, quelque chose qui débarque à 11h30, à permettez que c'est pas simple de vous répondre, j'espère. Et j'entends que Marine Tondelier, j'ai cru, j'étais collègue de France 2, a dit qu'elle n'acceptait pas ça. Les directions des partis politiques ne vont pas... Elle parle d'une erreur. Parce que c'est pas dans l'accord qui a été passé. Il y avait un aspect tacite dans l'accord.

6:52
Locuteur non identifié

Reconduction des sortants.

6:53
Alexis Corbière

C'était reconduction des sortants, hormis ceux qui avaient fait des choses, notamment des VSS, comme on dit, violences sexistes et sexuelles, etc. Mais c'était tacite, y compris que ceux qui, comme nous, portaient une voix critique n'allaient pas être purgés. Donc il y a des bases de l'accord remis.

7:08
Locuteur non identifié

Est-ce que tout ça pourrait faire un petit peu capoter l'élan du Front populaire ?

7:12
Alexis Corbière

Il ne le faut pas. Moi, je suis responsable. Il ne le faut pas. Ce qui est irresponsable, c'est celui qui a décidé de faire ça. Et je l'ai nommé. Mais il ne faut pas. Je dis aux gens, ne soyez pas dégoûtés. J'ai la tête claire, j'ai l'esprit lucide. Je sais très bien ce qui est en train de se passer. C'est une provocation. On veut en quelque sorte dire, c'est des gens qui défendent leurs petits intérêts. Non. D'abord, le Front populaire doit l'emporter. Mes amis, écoutez, s'il y a des amis insoumis, je viendrai les aider. Je souhaite, c'est mes copains. Il y a des gens magnifiques. Et puis, il y a des socialistes, des communistes, des écolos.

Il faut tous qu'ils soient bien élus, fortement élus. Il ne faut surtout pas que l'extrême droite gagne. Mais avec de telles méthodes, il faut être dingo, quoi. Il faut être dingue pour penser que ça n'a pas d'influence sur la mobilisation.

7:49
Locuteur non identifié

Alexis Corbière, député sortant France insoumise de Seine-Saint-Denis. On vous retrouve dans un instant, juste après le fil info de Claire Cheikh Aguini. Il est 8h41 sur France Info.

7:58
Présentateur

Mobilisation teste à 15 jours du premier tour des législatives. Entre 150 et 200 rassemblements contre l'extrême droite à l'appel de 5 syndicats et d'associations. Départ du cortège parisien à 14h, place de la République. Des candidats LR sous l'étiquette d'hiver droite. Il s'agit de Républicains qui s'opposent à la ligne d'Éric Ciotti. Impossible de se présenter sous l'étiquette de leur parti. En cause, la décision de justice d'hier qui donne raison au président des Républicains. Information donnée ce matin sur France Info par Philippe Gosselin. Réaction indignée de Marine Tondelier après l'éviction de plusieurs insoumis historiques par la commission d'investiture d'Elefi.

La patronne des écologistes a décidé de réunir ces instances. Elefi, justement, élément repoussoir du nouveau Front populaire pour Jérôme Gage. Le député de l'Essonne se représentera avec une seule étiquette. Il affirme avoir le soutien du PS. Tout sauf le RN pour l'ancien ministre Clément Beaune. L'élu Renaissance pourrait choisir un insoumis en cas de duel avec l'extrême droite au second tour.

8:58
Locuteur non identifié

Toujours avec Alexis Corbière, candidat à votre élection en Seine-Saint-Denis, mais sans l'étiquette de la France insoumise. Le nouveau Front populaire est fragilisé par ces divisions immédiates. Un accord avait été trouvé en quatre jours. On voit à quel point c'est difficile de rassembler les personnes. Mais sur le fond, surtout, est-ce que vous trouvez que cet accord, ce programme du nouveau Front populaire est réaliste ?

9:30
Alexis Corbière

Oui, il est bon, il est réaliste, il répond aux urgences sociales, il faut augmenter les salaires, il faut bloquer les prix, il faut avoir un investissement notamment dans le logement social, il faut aller vers une transition écologique, il faut réformer démocratiquement le pays.

9:43
Locuteur non identifié

On rase gratis ? Il faut tout augmenter, les salaires, l'allocation étudiant, supprimer la réforme des retraites.

9:49
Alexis Corbière

Mais oui, mais il faut investir dans certains secteurs, parce que ne pas investir dans certains secteurs, ça coûte cher. La pauvreté, la dégradation du niveau de vie des gens, ça coûte cher à la société. Il faut investir. Vous savez, il y a beaucoup de dépenses qui ont été faites par notamment Emmanuel Macron, c'est-à-dire souvent des suppressions d'impôts qui ont appauvri le pays.

Lui, il rase gratis, où il donne à toute une série d'entreprises sans condition, gratis, ce qui nous amène à une situation d'endettement extrêmement importante, non pas parce qu'il y aurait eu trop d'investissements, mais parce qu'en fait, il y a eu moins de rentrées d'argent et ça n'a pas eu un effet directement productif ou positif pour les gens.

10:22
Locuteur non identifié

Mais là, pour l'instant, dans le programme qui a été publié hier, c'est principalement des dépenses qui sont évaluées.

10:28
Alexis Corbière

Non, il y a aussi des augmentations d'impôts pour les plus riches, la moindre des choses. Ce pays est très riche. Non, mais attendez, écoutez, on va dire une chose. Il y a des gens dans ce pays qui ne payent pas assez d'impôts. Il y a des ultra-riches aujourd'hui qui payent moins d'impôts sur Emmanuel Macron que ce que c'était précédemment. Je veux dire, il y a eu une suppression de l'ISF.

10:43
Locuteur non identifié

Par exemple, le retour de l'ISF. Bien sûr. À la fin, vous récoltez combien ? 5, 10 milliards ?

10:49
Alexis Corbière

Non, mais il y a toute une série de secteurs de réinvestissement. D'abord, écoutez... On n'est pas sur les mêmes échelles. Mais non, mais tout ça est budgété dans ce programme. C'est le même programme, par ailleurs, que nous avons porté à différentes élections. Ne découvrez pas des choses. C'est chaque fois la même rangette. La situation, écoutez, ce que je veux dire surtout se trouve... Évidemment, on a parlé, le premier sujet qui m'obsède.

Mais souvent, quand il s'agit de la gauche, il y a une exigence de la part des questions qu'on n'a pas vis-à-vis du programme d'Emmanuel Macron, qui n'est pas du tout réaliste économiquement, qui nous amène dans une situation d'augmentation de la précarité pour beaucoup de gens, qui amène une situation d'endettement, qui est absurde économiquement. Mais il y a toujours cette impression que ce que dit la gauche est impossible, ce ne serait pas raisonnable. Et il n'y a pas la même exigence vis-à-vis même des fois du programme du Rassemblement national.

11:32
Locuteur non identifié

Dans les marchés, il y a la réaction des patrons. Moi, ce que je veux, c'est la réaction, pas des marchés, je veux la réaction des marchés populaires. Votre programme est comparé à celui du Rassemblement national.

11:39
Alexis Corbière

Oui, mais Mme Lambret, laissez-moi vous dire que la réaction dans les marchés populaires de Seine-Saint-Denis, elle est bonne si vous dites aux gens qu'on va augmenter le SMIC. Elle est bonne si vous dites aux gens qu'on va augmenter les APL de 10%. C'est ça que les gens attendent. Vous savez, la grande précarité des gens, les difficultés, et surtout la suppression de la réforme des retraites, qu'on en finisse de punir les gens pour les faire travailler jusqu'à ce qu'on sent quatre ans.

Est-ce que vous savez qu'au soir même, le Président de la République a dissous le 9, il a annoncé le 9 au soir qu'il allait dissoudre, et bien le lundi, ils ont continué à mettre en application la réforme de l'assurance chômage pour faire en sorte que 180 000 personnes supplémentaires...

12:10
Locuteur non identifié

Mais par exemple, la hausse du SMIC, par exemple, la hausse des salaires, ce qui est évidemment une bonne mesure en tant que pouvoir d'achat. Mais les chefs d'entreprise, les artisans vous disent, le boulanger vous dit, si on augmente le prix de mes salariés, moi je veux augmenter le prix de la baguette. Donc à la fin, il y a cet effet d'entraînement, vous ne craignez pas un effet d'entraînement ?

12:27
Alexis Corbière

Et par ailleurs, on peut imaginer aussi qu'il y ait toute une série, comment dirais-je, de péréquations sur l'augmentation des salaires. Vous augmentez les salaires, mais vous pouvez imaginer que vous avez une surcotisation de la part des entreprises pour pouvoir reverser... Il y a un aspect, pardon de le dire, mais la relance de la consommation est positive économiquement. Quand vous augmentez les petits salaires, les gens ils consomment, ça fait du bien à l'économie. Vous savez, l'économie, pour le dire de manière un peu simple, c'est de la tuyauterie.

12:55
Locuteur non identifié

Merci dit 1,2 millions d'emplois détruits à cause de vos propositions, notamment le passage du SMIC à 1 600 euros net ou la sixième semaine de projet payé.

13:02
Alexis Corbière

Mais c'est du baratin, je veux dire, en 1981 ou même en 1997, quand les salaires ont été augmentés, vous avez eu des créations d'emplois... En 1983, ça emmenait le tournant de la rigueur. Mais ça n'avait rien à voir, c'était le débat sur le serpent monétaire européen, ce n'est pas véritablement l'augmentation du SMIC qui amène la destruction d'emplois. On est dans un moment économique totalement différent. Non mais franchement, je veux dire, aujourd'hui, on est dans une situation, écoutez, de dégradation du pouvoir d'achat, notamment chez les fonctionnaires. Ils ont perdu du pouvoir d'achat.

La situation n'est pas de dire que, je ne vous promets pas un pays de cocagne où on va augmenter les salaires de manière responsable, mais de rattraper la dégradation du pouvoir d'achat qui a lieu. Et le creusement des inégalités, c'est ça, ce programme, les 100 premiers jours, et puis il doit être mis en œuvre de manière immédiate parce qu'on voit bien de quelle manière il y a une exigence qui monte. Je prends l'exemple de l'école. Il y a une dégradation aujourd'hui de l'école.

Moi, je viens d'un département où il y a des mobilisations pour un plan d'urgence pour l'école publique qui a été refusé, tout simplement pour que les départements les plus jeunes, les plus populaires aient les mêmes moyens que le département de Paris, par exemple.

14:04
Locuteur non identifié

Mais vous n'êtes pas d'accord surtout au sein de ce nouveau front peu-là. Il y a des points qui ont été plus difficiles que d'autres à régler, par exemple sur le Proche-Orient ou sur la question de l'antisémitisme. Donc le texte reconnaît l'explosion des actes racistes, antisémites et islamophobes. Est-ce que c'est une réponse aux propos de Jean-Luc Mélenchon qui, début juin, avait écrit « Je cite que contrairement à ce que dit la propagande de l'officialité, l'antisémitisme reste résiduel en France. »

14:28
Alexis Corbière

Mais vous aurez compris qu'après la première partie de notre émission, on a invité Jean-Luc Mélenchon et on vous l'expliquera en détail. Moi, je dis que dans ce pays, il y a des actes racistes qui augmentent contre les musulmans et l'antisémitisme augmente. Voilà. C'est un fait. Il y a plus de plaintes. Voilà. C'est sourcé. Et que, voilà, donc, pour pouvoir m'exprimer, peut-être que résiduel, ça veut dire que ça persiste et que ça existe. Mais moi, je pense qu'il faut dire les choses simplement. Le racisme, l'antisémitisme est présent. Il n'y a qu'à voir. Et là, il y a aussi...

14:54
Locuteur non identifié

Ce n'est pas la même chose résiduelle que... Non, mais j'ai bien compris.

14:57
Alexis Corbière

Non, mais moi, je pense que cette phrase, je ne la comprends pas bien non plus. Mais je pense qu'il faut inviter son auteur pour nous l'expliquer. Mais quoi qu'il en soit, moi, et je retrouve ça dans le programme, il y a de l'antisémitisme en France. Il y a encore une synagogue à Rouen

15:07
Locuteur non identifié

qui a été... Comment ils vont se mettre d'accord sur un Premier ministre, les membres de cette nouvelle union, de ce nouveau Front populaire, quand on voit les divergences ? Mais on y arrivera.

15:16
Alexis Corbière

Vous savez, si le mot de Front populaire a été pris, ça fait référence à 1936, une grande victoire. On parle tous de Léon Blum. Moi, j'ai regardé, je suis prof d'histoire, Léon Blum n'était pas, avant l'élection, annoncé comme étant président du Conseil s'il l'emportait. Il n'y avait pas marqué « Voter pour Léon Blum, Premier ministre ». Il n'était même pas dirigeant de son parti. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon doit partir ? Est-ce qu'il doit se mettre en retrait, voire quitter les instants ? Il faut, vous l'aurez bien compris, quelqu'un qui permet à ce que toutes les forces se retrouvent.

J'ai bien compris d'ailleurs que dans un moment qui était plus intéressant que ce qui se passait ces derniers jours, Jean-Luc Mélenchon avait dit qu'il ne cherchait pas à s'imposer. Il y a des noms qui sont arrivés. J'ai même vu le nom de mon ami François Ruffin. Mais son nom est toujours là, manifestement. J'ai vu même que le nom de mon ami François Ruffin pouvait permettre d'être un personnage qui rassemblait. Même Clémentine Autain a fait savoir. Puis il y a d'autres noms. Mais je veux dire, à l'heure actuelle, ce jeu des petits chouots et des noms, je répète ce que j'ai dit tout à l'heure. D'abord faire campagne. D'abord gagner.

Et puis après, une fois qu'on aura fait cette tâche et cette besogne indispensable parce que l'heure est grave, ça me prend la gorge de vous dire qu'il est possible que l'extrême droite l'emporte le 7 juillet. C'est incroyable. Voilà les conséquences de ce qu'a fait Emmanuel Macron qui est fou, qui dissout au moment où l'extrême droite est en dynamique. Nous pouvons bloquer ça. Nous sommes rassemblés, premières conditions, dans la clarté, un programme, un programme social qui peut mobiliser les milieux populaires.

16:35
Locuteur non identifié

Vous dites ça au moment où vous êtes exclu. Vous vous prenez que ce soit difficile à comprendre. Jérôme Guedj, par exemple, il y va aussi de chambosé. J'ai bien compris

16:41
Alexis Corbière

que ceux qui ont pris ces mesures contre mes amis Raquel Garrido, Daniel Simonnet, Hendrik Davy, Frédéric Mathieu, ces 5 députés que nous étions unitaires sont des irresponsables. Des irresponsables qui règlent,

16:56
Locuteur non identifié

doivent prendre ses responsabilités et doivent partir parce qu'il est un frein, un empêchement à l'Union.

17:00
Alexis Corbière

Je ne sais même pas où il est, partir de où. Moi, je dis qu'au sein des députés qui sont élus, il faudra trouver quelqu'un, une femme ou un homme qui permet que cette majorité, si elle a lieu, puisse gouverner. Il y a des noms qui sont possibles. Ceci dit, je crois que pour un sens que veulent les Français...

17:14
Locuteur non identifié

François Ruffin, Clément Timothée ?

17:15
Alexis Corbière

J'en ai cité, mais il y en a d'autres qui peuvent avancer.

17:16
Locuteur non identifié

Raphaël Glucksmann ?

17:17
Alexis Corbière

Mais lui, il a donné des noms aussi. Moi, j'en sais rien. Laurent Berger ? Il faudra voir quel est le nombre de... Moi, je souhaiterais plutôt que ce soit quelqu'un évidemment de la famille insoumise. Que les choses soient claires, malgré ce qui m'arrive, je reste un insoumis. Moi, je suis pour regarder ce qu'il y a de meilleur de l'insoumission. J'ai presque envie de dire que je suis un peu un des insoumis en Télon. Vous savez que le symbole des insoumis, le fi, vous voyez ce symbole-là, tous les Français connaissent. C'est moi qui l'ai inventé. C'est moi qui l'ai inventé. Donc, je dis aux petites personnes qui m'ont mis dehors. Que c'est moi qui ai inventé le fi.

Et ils ne m'ont même pas passé un coup de fil. Rien pour me dire que je n'étais pas candidat alors que je suis en campagne. Qu'on est en dynamique à Montreuil à Bagnolet. Et que partout ailleurs, mes copains vont gagner. Donc, on fait tous campagne. Et dans nos circonscriptions, voter pour des bons députés du Front Populaire, on se présente. On est un peu obligés. Et je crois comprendre que vous l'avez vu avec de Marine Tondoli ou autre, que toute une série de gens qui composent le Front Populaire seront à nos côtés.

18:05
Locuteur non identifié

Alexis Corbière, député en campagne, ancien député sortant en tout cas, en campagne, en Seine-Saint-Denis. Merci beaucoup malgré votre éviction des listes LFI. Merci d'avoir été ce matin l'invité de France Info. Agathe Lambram, on se retrouve demain pour une nouvelle interview.