Réunion publique à Chassors (16) : discours de Gilles Lebreton
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30PrésentateurFait
« Pierre Moscovici, c'est notre ancien ministre de l'économie socialiste qui a contribué, il faut bien le dire, à ruiner notre pays. »
- 6:40PrésentateurChiffre
« 340 multinationales ont trouvé le moyen d'aller payer leurs impôts au Luxembourg, quand il était Premier ministre, plutôt que chez nous. »
- 14:15PrésentateurChiffre
« Un million de migrants est arrivé rien qu'en Allemagne. »
- 16:34PrésentateurChiffre
« Nous avons besoin de 50 millions de migrants à l'horizon 2060. »
- 19:18PrésentateurChiffre
« Ce traité avec le Canada menace 50 000 emplois dans notre filière bovine. »
Temps de parole
- Présentateur96 %
- ?4 %
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Merci, chers amis.
C
'est toujours avec une grande joie que je reviens en Charente, puisque vous m'avez fait l'honneur de m'élire il y a déjà cinq ans,
et
je suis toujours heureux de revenir dans ma circonscription, et particulièrement dans ce département.
Je
viens souvent à Angoulême, à Birac, à Cognac. J'étais là encore il y a à peu près deux mois.
Je
vais aussi à différentes fêtes qui sont organisées dans votre département. Moi, la fête du Vaud-Chalet, par exemple, j'ai eu d'excellents souvenirs. Et puis je suis heureux aussi de revenir parce qu'il y a Isabelle Lassalle, votre déléguée départementale, qui
mérite
vos applaudissements. Je n'oublie pas qu'elle est aussi conseillère municipale de Cognac, et puis elle a aussi été sur ma liste européenne il y a cinq ans. Elle était en huitième position, et donc c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup. Et je la remercie de m'avoir invité aujourd'hui. Je suis très sensible à cette invitation. Alors, je viens vous parler de l'Union européenne, bien entendu, et l'Union européenne, eh bien, ne nous convient pas, telle qu'elle fonctionne à l'heure actuelle. Tout est à changer, et ce que nous voulons, notre projet, c'est de la remplacer par une Europe des nations et des libertés. Alors, que faut-il changer dans cette Europe ? Eh bien, tout.
Les institutions, les dirigeants
et
les politiques. Alors, les institutions, tout d'abord, vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a trois grandes institutions qui nous dirigent, la Commission, le Conseil et le Parlement.
Alors,
commençons par la Commission, parce qu'à l'heure actuelle, c'est en réalité la Commission de Bruxelles qui nous gouverne. C'est elle qui a le rôle essentiel de l'initiative des lois. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'un texte nouveau nous dirige, dirige nos vies, eh bien, il émane en réalité de la Commission qui en a l'initiative. C'est un peu l'équivalent, si vous voulez, du gouvernement en France, puisque en France, par comparaison, c'est le gouvernement qui a l'initiative des lois. Ce qui est choquant, c'est que la Commission de Bruxelles est un organe qui n'est pas élu. Comment devient-on commissaire ? Eh bien, au prix de marchandages que vous n'imaginez même pas.
Je vais vous donner un exemple concret.
Il
y a à l'heure actuelle 28 commissaires. Chaque État a le droit d'essayer d'en placer un.
La
France, du temps de François Hollande, avait choisi Pierre Moscovici. Pierre Moscovici, c'est notre ancien ministre de l'économie socialiste qui a contribué, il faut bien le dire, à ruiner notre pays. Eh bien, comme récompense, on a eu l'idée de le nommer commissaire à l'économie. Alors là,
les
autres pays étaient quand même un petit peu sceptiques. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la candidature de Moscovici n'enthousiasmait pas les foules.
Eh
bien, comment la France s'y est-elle prise, la France de Hollande à l'époque, pour l'imposer quand même ? Il y a eu un échange contre un autre commissaire, un Espagnol, qui s'appelle M. Cagnetté, qui est devenu commissaire à l'énergie. Alors, Cagnetté,
c
'est un PPE, c'est-à-dire un membre du Parti politique européen auquel les LR sont affiliés.
Et
Cagnetté avait un inconvénient, c'est qu'il avait rendu un CV, un curriculum vitae, qui était faux. Il avait oublié de mentionner qu'il était propriétaire de deux sociétés pétrolières. Ce qui vous en conviendrait pour un commissaire à l'énergie pose un tout petit problème. Alors, on a découvert ça dans ma commission, commission d'affaires juridiques, Et là, j'exultais, je lui dis, ça y est, au moins, paf, un commissaire à mon tableau de chasse, celui-là, il ne se relèvera pas de ce qu
'on
vient de découvrir. Vous savez, j'étais un peu comme ces aviateurs qui cochaient des petits avions sur leur carlingue, moi, c'était un petit commissaire, déjà. Bien, eh bien, pas du tout, figurez-vous. Il y a eu un marchandage dans les couloirs, les socialistes ont voté pour M. Cagnetté, qui est donc devenu commissaire à l'énergie, malgré tout ce qu'il avait fait. Et en échange, en échange, les PPE,
dont
les LR, ont voté pour M. Moscovici, qui est devenu commissaire à l'économie. Voilà comment les choses se passent. Eh bien, moi, je dis que ça doit cesser. Il faut nous débarrasser de la commission de Bruxelles, la transformer en un simple secrétariat technique qui sera aux ordres du Conseil.
Parce
que le Conseil, et j'y arrive maintenant, c'est le deuxième organe européen. Et lui,
il
faut le garder. Parce que qu'est-ce que c'est que le Conseil européen ? C'est un organisme dans lequel, périodiquement, les 28 chefs d'État ou de gouvernement se réunissent pour déterminer la politique européenne. Et ça, c'est une bonne chose, parce que les chefs d'État et de gouvernement en Europe, ils sont tous élus démocratiquement. Donc, il est normal qu'ils se réunissent pour faire le point sur les problèmes qu'on peut régler en commun. Donc,
il
faut garder ce Conseil européen, bien sûr, et lui donner l'initiative des lois. C'est à lui d'avoir l'initiative des lois, et non plus à la commission de Bruxelles. Et puis, bien sûr, il y a le troisième organe, qui est le Parlement européen. Et lui, on peut le conserver. C'est un lieu de dialogue, c'est un lieu de débat. Je peux en attester, puisque moi-même, j'y suis maintenant depuis cinq ans. Et je crois que c'est très bien que des députés issus de diverses nations européennes puissent discuter ensemble des problèmes communs, finalement. Alors, on n'est pas toujours forcément d'accord, mais je crois qu'il faut avoir un lieu de dialogue. C'est un gage de paix.
Et ça, je crois qu'il faut le maintenir. Voilà. Mais, bien sûr, le fonctionnement du Parlement européen sera aussi à revoir, parce que là encore, je peux vous en attester, il ne fonctionne pas dans des conditions de transparence suffisantes. Il y a malheureusement, là encore, beaucoup de coups fourrés, beaucoup de dysfonctionnements auxquels il faudra mettre fin.
Les
dirigeants, maintenant. Alors, les dirigeants, bien sûr, ils sont à changer également.
J
'aimerais vous en citer quelques-uns. Qui sont les gens qui, à l'heure actuelle, nous dirigent vraiment ? Alors, cette fois-ci, je vais vous donner des noms. Alors, le premier, c'est Jean-Claude Juncker. Jean-Claude Juncker ?
Oui,
merci pour lui.
C
'est l'homme fort de la Commission, comme vous le savez. Il est président de la Commission de Bruxelles, donc il a véritablement un rôle extrêmement important. Eh bien, c'est un très bon choix, figurez-vous, parce qu'il symbolise à mes yeux totalement tous les dysfonctionnements de
l
'Union européenne.
D
'abord, c'est un personnage qui, il faut bien le dire, est malfaisant, puisque quand il était Premier ministre du Luxembourg, entre 1995 et 2013, il en a profité pour faire de l'optimisation fiscale sur notre dos. 340 multinationales, vous m'avez bien compris, 340 multinationales ont trouvé le moyen d'aller payer leurs impôts au Luxembourg, quand il était Premier ministre, plutôt que chez nous. Ça nous a fait perdre des milliards d'euros de rentrée fiscale.
Vous
vous demandez peut-être comment notre pays a pu creuser à ce point son déficit. Eh bien, l'une des causes, c'est M. Juncker.
Et
comme vous le voyez, comment l'a-t-on récompensé
pour
ses bons et loyaux services ? Eh bien, en l'élisant, en prison de la Commission. Inutile de vous dire qu'en 2014, nous, on n'a pas voté pour lui. On a voté contre lui. On a même tenté
de
soulever une motion de censure contre lui, juste après son élection. Et cette motion de censure n'a recueilli qu'une centaine de voix sur 750. Nous, on a voté contre lui. Nous, on a essayé de lui barrer le passage. Les LR, qui nous donnent des leçons aujourd'hui, des grandes leçons de démocratie, eh bien, ont voté pour ce monsieur et ont refusé de voter notre motion de censure. Voilà la vérité.
Alors,
M. Juncker, il n
'est
pas seulement malfaisant, il est en plus ridicule, puisqu'il multiplie
les
gaffes, il nous fait honte en réalité. Et encore dernièrement, il représentait l'Europe
au
Rwanda pour commémorer cet affreux génocide qui a eu lieu en 1994. Et il y avait, au cours de la cérémonie, un feu qu'il fallait attiser avec un flambeau. Eh bien, en se retournant, il a failli mettre le feu à la robe de l'épouse du président du Rwanda. Voilà. Alors,
vous
voyez, ça nous fait rire, mais mettez-vous à la place de tous ces gens qui se disent, voilà le personnage qui représente l'Europe. C'est une honte. C'est une honte.
Un
deuxième personnage célèbre
à
Bruxelles, mais complètement inconnu ailleurs, et qui est en réalité le véritable homme fort de l'Europe, bien plus que M. Juncker, c'est un Allemand qui s'appelle Martin Selmayer.
Et
je suis sûr que vous n'en avez jamais entendu parler. Alors, qu'est-ce qui m'autorise à dire qu'il est tout puissant ? C'est le secrétaire général de la Commission de Bruxelles, c'est-à-dire c'est le bras droit de M. Juncker.
Et
comme on sait bien que M. Juncker
est
un homme qui est maintenant très affaibli, bon, pour diverses raisons, je vous fais grâce, c'est en réalité Selmayer qui dirige tout derrière lui. Eh bien, ce qui est choquant,
c
'est que Selmayer a été nommé en violant
tous
les règlements européens. Il n'avait pas l'ancienneté, il n'avait pas les titres suffisants pour accéder à ce poste. Eh bien, on l'y a nommé quand même. Et pourquoi ? Et pourquoi ? Parce que Mme Merkel le voulait. C'était le candidat de Mme Merkel. Et vous savez que malheureusement, cette Union européenne est totalement aux ordres de l'Allemagne. Je le vérifie chaque jour, et vous en avez là une preuve éclatante.
La
médiatrice européenne, Mme Aurélie, qui est une femme honnête, a dénoncé l'illégalité de cette nomination. Donc il n
'y
a pas que moi qui le dit, il y
a
aussi la médiatrice européenne, qui est un personnage très respecté.
Que
s'est-il passé
?
Se sentant découvert, Selmayer a essayé de faire pression sur ses collaborateurs pour susciter des faux témoignages. Et malheureusement, une de ses collaboratrices, qui s'appelait Mme Laura Pignataro, s'est suicidée, à la suite de ces pressions qu'elle n'a pas supportées.
Qui
parle de cela
? Moi,
évidemment. Sous un prétexte fallacieux, j'ai pu avoir la parole dans l'hémicycle, et j'ai parlé de ce suicide, et j'ai accusé l'Union européenne d'en avoir été à l'origine.
Parce
que
cette
femme a subi des pressions, parce qu'elle a été une lanceuse d'alerte. Quand elle a compris que la nomination de Selmayer était illégale, c'est elle qui a averti la médiatrice européenne. Et malheureusement, son geste a été découvert, elle a subi des pressions, et ne pouvant les soutenir, eh bien, elle s'est suicidée. C'est absolument une honte. Et ça vous dit bien ce qu'est l'Union européenne. C'est pas seulement un ennemi qu'on combat pour des raisons économiques, pour des raisons de politique migratoire. C'est aussi parce que c'est une institution qui est devenue profondément inhumaine. La vérité, elle est là. Alors,
le
Parlement européen, à la suite de cette malheureuse affaire, s'est ressaisi, enfin, et a fini par voter, là, ces derniers jours, une demande de démission. Donc on demande à M. Selmayer de démissionner, compte tenu de tout ce qu'on a découvert. Et lundi prochain, c'est-à-dire dans trois jours, sachez que dans la commission à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir, il va y avoir une réunion extraordinaire pour essayer, à nouveau, de remettre ce sujet sur le tapis et d'essayer, ce serait une façon de finir le mandat en beauté, d'essayer de pousser M. Selmayer à la démission. Donc on n'abandonne pas. Mais vous voyez, ça, c'est vraiment inacceptable.
Et puis, les gens qui dirigent l'Union européenne, derrière, eh bien, il y a deux chefs d'État qui sont aux manettes,
et
c'est Mme Merkel et M. Macron, qui forment une diarchie. Mais dans la réalité, sachez que c'est une diarchie très déséquilibrée. Mme Merkel, bien sûr, fait ce qu'elle veut. À chaque fois que Macron propose une nouveauté, Mme Merkel lui dit non. Nine, devrais-je dire. Macron voulait des listes transnationales. C'était d'ailleurs une très mauvaise idée. Mme Merkel a dit nine.
M.
Macron voulait le budget de la zone euro. Mme Merkel a dit nine.
M.
Macron voulait un salaire minimum européen.
Nine,
Mme Merkel a dit nine.
Et
même quand ce pauvre Macron a fini par signer le traité d'Aix-la-Chapelle, qui est un traité extrêmement déséquilibré, dans lequel il fait allégeance à l'Allemagne, eh bien, ça n'a pas encore suffi. Mme Merkel réclamait davantage. Elle veut ouvertement que nous partagions le siège de la France au Conseil de sécurité de l'ONU avec l'Allemagne. Voilà la vérité. Macron n'arrive à rien. Il est complètement déconcidéré. Pas seulement dans notre pays, mais aussi sur la scène européenne. Alors Macron croit avoir trouvé l'arme absolue pour se remettre en selle une personnalité extraordinaire qui s'appelle Nathalie Loiseau.
Eh
bien, franchement, je crois que Nathalie Loiseau va se faire manger toute crue par Mme Merkel.
Déjà,
elle s'est faite manger toute crue par Marine Le Pen. En dehors de ces personnages qu'il faut changer, bien sûr, il y a aussi les politiques européennes à changer. Alors nous, au Rassemblement national, nous sommes très pragmatiques. Il y
a
des bonnes politiques qu'il faut garder, et puis il y
en
a des mauvaises qu'il faut abandonner, voire transformer. Parmi les mauvaises politiques, il y a bien sûr la politique d'immigration. Ça ne fonctionne pas du tout. Alors on nous explique que Schengen serait un système extraordinaire. En réalité, c'est une double passoire. Jordan avait raison l'autre jour d'amener une passoire à la télévision pour symboliser ce naufrage. Alors moi, je dis que c'est une double passoire. Il y
a une
double passoire. Il y a d'abord la passoire que constituent les frontières extérieures de l'Union. Ça n'arrête personne. On l'a vu en 2015. Un million de migrants est arrivé rien qu'en Allemagne. On se demande à ce moment-là où était la frontière extérieure de Schengen. On la cherche toujours. Et les frontières nationales, les frontières intérieures, sont devenues des passoires puisqu'il n
'y
a plus aucun contrôle. Voilà, c'est supprimé puisque soi-disant, les frontières extérieures suffisent. Donc nous, nous voulons évidemment changer cela
à
la place de cette double passoire. Nous voulons une double protection. D'une part, en renforçant vraiment les frontières extérieures. Et là, nous sommes prêts, évidemment, à aider les États qui en auraient besoin comme la Grèce, comme l'Espagne et pourquoi pas comme l'Italie. Et d'ailleurs, l'Italie, il n'y a plus trop besoin de l'aider parce que depuis que Salvini est aux commandes, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais les choses vont quand même beaucoup mieux en matière d'immigration.
Mais
enfin, ceux qui ont besoin d'aide, il faut les aider. Et ce sont les États qui doivent intervenir pour aider leurs partenaires et sûrement pas l'agence Frontex.
Moi,
on me reproche personnellement d'avoir toujours été extrêmement critique à l'égard de l'agence Frontex. Mais Frontex, c'est une passoire.
C
'est une agence dont on vous dit officiellement qu'elle est chargée de surveiller les frontières. Mais dans la réalité, elle fait l'inverse. Elle va chercher les migrants jusqu'au large des côtes libyennes. M. Légeri, qui est un Français qui dirige Frontex depuis 4 ans, s'était vanté en 2015 d'avoir sauvé 150 000 migrants. Mais c'est pas ce qu'on lui demande. Enfin, il y
a
Maldon, là. On lui demande de laisser entrer personne. On ne
lui
demande pas d'aller chercher les gens. Donc Frontex, pour moi, c'est totalement déconsidéré. Il faudra changer totalement ce système.
Et
puis, bien sûr, inutile de vous dire que, dans notre esprit, les frontières intérieures doivent être rétablies
dès
que nécessaire. Et dans cette période de submersion migratoire que nous vivons, c'est évidemment nécessaire. Ce qu'il nous faut, c'est un changement de philosophie. L'Union européenne est favorable, en réalité, à la migration. Pourquoi ? Parce qu'elle est obnubilée par la crise démographique que vivent certains États, notamment l'Allemagne. Le commissaire à l'immigration, le grec Avramopoulos, nous l'a avoué,
le
8 juin 2015, j'ai gravé la date dans ma mémoire parce que j'étais là, et ce qu'il a dit m'a stupéfié. Il a dit ceci, nous avons besoin de 50 millions de migrants à l'horizon 2060.
C
'était tellement incroyable comme déclaration que je me suis dit, j'ai mal compris, comme c'était en anglais, j'ai repassé la bande. Non, non, c'était bien ça. C'était bien ça, et d'ailleurs, ça a été réitéré ensuite. Alors, pourquoi ? Eh bien, officiellement, c'est pour remédier à la crise démographique. Dans l'esprit de l'Union européenne, des Syriens peuvent remplacer des Allemands, qui manquent. Bon,
c'est
une drôle de conception. Et, par la suite, Juncker a aussi été l'instigateur, dans le même esprit, d'un plan de relocalisation des migrants. Alors, on a commencé simplement avec 160 000 migrants qui étaient arrivés en Italie et en Grèce, et Juncker, avec ce plan, demandait aux autres États, dont la France, de bien vouloir se le répartir.
Là,
on a commencé à comprendre que tout ça était dangereux, et beaucoup d'États se sont révoltés, à commencer par la Hongrie, de Viktor Orban. Et donc, ce plan est resté largement lettre morte. Mais l'Union européenne, sachez-le, n'a pas renoncé.
À
l'heure où je vous parle, il y a toujours un projet de règlement qui est en cours d'examen, qui est le projet de règlement Dublin IV. Ça consiste à pérenniser le plan de relocalisation de Juncker, c'est-à-dire à le prolonger indéfiniment, mais cette fois-ci, sans le limiter, à 160 000 migrants. Il s'agirait de se répartir tous les migrants qui arrivent en Grèce, en Italie, en Espagne, etc., et d'après des critères
qui
obligeraient, je vous le donne en mille, qui ça, la France, à en prendre un maximum. Bien sûr, M. Macron est pour. Eh bien, moi, je suis contre.
Et
le Rassemblement national est contre aussi.
Voilà. Alors,
l'Europe des nations, évidemment, veut se débarrasser de cette philosophie immigrationniste. L'Europe des nations veut protéger les identités nationales, et la seule façon de protéger les identités et les souverainetés nationales, c'est bien sûr de lutter farouchement contre la submersion migratoire.
Un
deuxième exemple de politique qu'il faut changer, c'est la politique commerciale. L'Union européenne favorise le libre-échange. Vous savez qu'on est en train de passer les traités de libre-échange avec le monde entier. Et ces traités sont d'inspiration ultra-libérale. Et ils sont extrêmement dangereux parce qu'ils nous mettent en concurrence avec des États qui ne connaissent pas nos charges sociales et puis nos règles environnementales et sanitaires. Donc ça crée une concurrence déloyale à notre détriment. Je prendrai un seul exemple.
Le
traité de libre-échange avec le Canada, le CETA, qui malheureusement est appliqué à titre provisoire déjà. Eh bien, d'après les chiffres officiels que nous avons, ce traité avec le Canada menace 50 000 emplois dans notre filière bovine.
Voilà
le résultat. Vous voyez que c'est un exemple quand même
qui
parle. Donc nous,
ce
que nous voulons, c'est bien sûr continuer à commercer avec les autres États. Mais nous voulons remplacer le libre-échange par un juste échange. C'est-à-dire que nous devons négocier ces accords au mieux de nos intérêts et pas constamment comme ça nous sacrifier.
Et
puis, bien sûr, il faut privilégier le localisme, c'est-à-dire les circuits courts. Et ici, vous en avez un bel exemple à Cognac. Aujourd'hui même, avec Jordan, j'ai rendu visite à un viticulteur et à un tonnelier. Et nous avons vu que les viticulteurs ici, font travailler les tonneliers qui sont installés à Cognac et que les tonneliers font travailler des artisans installés à Cognac aussi qui fabriquent des outils pour réparer les tonneaux. Vous voyez ? C'est un circuit court.
C
'est exactement ce que nous voulons faire. Alors, sur la lutte contre le libre-échange, là aussi, l'exemple de Cognac est bon parce que le Cognac, c'est un alcool qui se porte bien, qui s'exporte formidablement à l'heure actuelle. mais il y a grand danger avec l'Union. Et on a rencontré pas mal de représentants des producteurs de Cognac ce matin qui nous ont confirmé qu'ils étaient inquiets. Les traités de libre-échange risquent de porter atteinte
à
l'appellation d'origine protégée Cognac. Il faut faire très attention. Et la nouvelle politique agricole commune risque de réduire les aides dont bénéficient aussi nos agriculteurs et nos viticulteurs. Donc, il
faut
être extrêmement vigilant.
Vous
voyez qu'avec l'Union, même les choses qui marchent bien sont en péril.
Alors,
à côté de ça, il y a bien sûr des politiques qui marchent beaucoup mieux et que nous souhaitons conserver. Je vous les mentionne rapidement. Erasmus, par exemple, c'est une bonne politique. Ça permet aux étudiants d'aller passer un semestre ou une année à l'étranger.
Ça
favorise le dialogue des cultures, etc. Moi, je suis professeur d'université. Je peux vous garantir que c'est plutôt une bonne chose. On souhaite maintenir ça. Également, toute la politique de l'Union européenne assez récente qui consiste enfin à lutter contre les GAFA, ça va évidemment dans la bonne direction.
Vous
avez sans doute entendu parler du règlement général de protection des données, le RGPD, que le Parlement européen a voté en 2016. Nous étions pour car ça permet d'obliger ces GAFA
à
protéger nos données personnelles. Il y
a
eu beaucoup de scandales avec Facebook qui montrent qu'il y en a bien besoin. Et puis également, plus récemment, nous avons voté un règlement copyright en 2019 qui oblige, là encore, les GAFA à verser des droits d'auteur à nos créateurs européens. Et là encore, ça va dans le bon sens puisque jusqu'à présent, les GAFA pillent nos oeuvres sans rien payer. Maintenant, ça sera fini. En conclusion, notre monde est plein de menaces.
Il
y a des guerres un peu partout. Il y a de très graves problèmes écologiques avec le réchauffement de l'atmosphère qui se pointe à l'horizon. Nous vivons en une ère de migration massive et nous avons donc besoin d'une Europe qui protège. Et donc, ce que nous souhaitons faire passer comme message aujourd'hui, c'est que nous disons non à l'Europe de la Commission de Bruxelles, non à l'Europe de la mondialisation ultralibérale, non à l'Europe des lobbies et des puissances de l'argent qu'incarne l'Union européenne.
En revanche, nous sommes favorables à une Europe de la culture, à une Europe des identités nationales, à une Europe de la solidarité qu'incarne notre projet d'Europe des nations et des libertés. Et finalement, tout est une conception de l'homme. Nous, nous ne voulons pas d'un monde dans lequel des esclaves à l'autre bout du monde fabriqueront des produits qui seront vendus à des chômeurs en Europe.
Nous,
nous voulons que chaque personne humaine puisse développer en Europe librement son identité, sa personnalité, sans être transformée en une marchandise qu'on va broyer sans aucun état d'âme.
Et vraiment,
en conclusion, cette fois, c'est ce qu'avait compris notre académicien André Frossard qui disait ceci et il avait raison, l'Europe cherche à se donner une politique commune mais elle a surtout besoin d'une âme.
Je
vous remercie.
Je vous
remercie.
Je vous remercie.