Primaire socialiste : « La gauche social-démocrate ne peut gagner qu’en laissant M. Mélenchon de l’autre côté », Patrick Kanner
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
On aura ce soir les résultats du premier tour de la primaire socialiste.
- 0:10OuverteRéponse directe
Le scrutin a été perturbé par une cyberattaque, est-ce que vous ne craignez pas que certains candidats contestent les résultats ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Il a fallu payer pour cette primaire, 15 euros ou 10 euros en fonction des revenus, certains ont trouvé ça très cher.
- 2:47OuverteRéponse directe
Cette primaire a donné lieu à quelques règlements de compte, est-ce que vous croyez vraiment que les perdants soutiendront loyalement le vainqueur ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Derrière les querelles, il y a vraiment l'ombre de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'une gauche dite social-démocrate peut encore gagner sans lui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueChiffre
« Nous avions un site qui pouvait recevoir jusqu'à 10 000 appels en même temps. »
- 2:31Invité politiqueChiffre
« Effectivement, c'était une somme qui peut paraître importante. Mais bon, finalement, on a quand même 140 000 votants. »
- 2:39Invité politiqueChiffre
« Non, ben voilà, on a dépassé la barre des 100 000, très largement. »
- 3:31Invité politiqueFait
« C'est vrai que quand M. Durugi rejoint M. Macron alors qu'il devait soutenir Benoît Hamon, je ne vous cache pas que c'était plutôt pénible. »
- 4:24Invité politiqueFait
« une gauche surtout européenne, et une gauche qui décide d'arrêter, finalement, toute forme de relation avec l'extrême-gauche, avec LFI, pour être très clair »
- 5:28Invité politiqueChiffre
« l'horloge biologique de M. Mélenchon s'est arrêtée le 10 avril 2022 avec ses 22%. »
- 5:35Invité politiqueFait
« 22% c'est beaucoup. C'était le vote utile. »
Temps de parole
- Patrick Kanner65 %
- Présentateur34 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Patrick Cannaire.
Bonjour
M. Delafécher.
Merci d'être avec nous ce matin sur Europe 1. On aura ce soir les résultats du premier tour de la primaire socialiste. Mais Patrick Cannaire, le scrutin a été perturbé, on le sait, par une cyberattaque au point qu'il a dû être prolongé de 24 heures ce vote. Est-ce que vous ne craignez pas, Patrick Cannaire, que dans ce contexte certains candidats puissent contester les résultats qui seront délivrés ce soir
? Non,
effectivement on a reçu une attaque, on a subi une attaque dès 8h vendredi matin par des bots, c'est
-à
-dire des robots qui ont saturé notre site. Nous avions un site qui pouvait recevoir jusqu'à 10 000 appels en même temps. Et en fait, ces robots ont tout perturbé. Après, il y a eu, je dirais, des rectifications techniques et aucun candidat ne contestera le résultat puisque la sincérité du scrutin ne peut pas être mis en cause. C'est vraiment une opération de sabotage. Une procédure judiciaire a été lancée par les instances de la primaire et j'espère que nous trouverons les auteurs de ce qui est finalement une attaque contre une démarche démocratique tout à fait sincère. C'est bien dommage.
Il y a eu une enquête effectivement qui est en cours. Il a fallu payer pour cette primaire, Patrick Cannaire, 15 euros ou 10 euros en fonction des revenus de chacun. Certains ont trouvé ça très cher. Mais c'est vrai que vous parliez de cette attaque, de cette cyberattaque. Le but de faire payer les sympathisants, c'était notamment d'éviter des ingérences extérieures. C'était également, l'objectif est de financer évidemment le scrutin. Mais comme quoi, les cyberattaques, il faut s'en méfier de plus en plus aujourd'hui.
Écoutez, c'est une cyberattaque contre notre primaire. Mais les cyberattaques, il y en a des dizaines, des centaines tous les jours contre les sites économiques, contre les sites de l'État. Je vous rappelle ce qui s'est passé sur le fisc pendant cet été où des centaines de milliers de données ont été piratées. Oui,
c
'est un danger. Bon, là je pense qu'on est plutôt sur une démarche qui vient de l'intérieur probablement. Mais les puissances étrangères vont tout faire d'ici la présidentielle pour, je dirais, mettre le doute dans l'esprit des Français. Donc, j'espère que le gouvernement a pris toutes les dispositions pour au moins réguler, empêcher ce type de menaces
pour la démocratie finalement.
Mais
les
15 euros que vous avez demandé, c'était aussi pour éviter ce problème-là au
départ aussi ? Oui, tout à fait. Tout à fait. Effectivement, c'était une somme qui peut paraître importante. Mais bon, finalement, on a quand même 140 000 votants. Vous savez, je me souviens qu'au début de la primaire, on disait, bon, si on est 80, 80 000, on sera bien content. Non, ben voilà, on a dépassé la barre des 100 000, très largement. Et au moment où je vous parle, je pense qu'il y a plus de 110 000 votants qui se sont déjà exprimés pour cette primaire.
Alors, cette primaire a donné lieu à quelques règlements de compte. Ségolène Royal accuse Raphaël Glucksmann de vouloir faire un hold-up sur le Parti Socialiste, d'avoir même eu des antisèches pendant cette primaire, d'être un stagiaire. Olivier Faure n'y
est
pas allé de main morte non plus. Il parle de génocide à Gaza quand Jérôme Gage l'accuse de faire le jeu de l'antisémitisme de la France insoumise. Dans ce contexte, pardon, Patrick Caner, est-ce que vous croyez vraiment que les perdants soutiendront loyalement le vainqueur qui pourrait être annoncé ce soir ?
C'est en tout cas à quoi ils se sont engagés. Non pas de manière, je dirais, violée, mais de manière formelle, en signant la charte d'engagement pour l'organisation de la primaire. Donc je sais bien qu'on va me dire, oui, mais il y a eu d'autres exemples. C'est vrai que quand M. Durugi rejoint M. Macron alors qu'il devait soutenir Benoît Hamon, je ne vous cache pas que c'était plutôt pénible. Mais voilà, moi je fais confiance, je fais confiance aux quatre candidats qui, ou ce soir, ou la semaine prochaine, puisqu'il y a un second tour éventuel, je fais confiance aux quatre candidats qui ne seront pas retenus par les votants pour respecter leur engagement.
La campagne a été dure, il y a des mots qui ont été, voilà, parfois maladroits, des réponses parfois extrêmement sévères à l'encontre de tel ou tel candidat. Oui, il
y
a des lignes
assez
différentes. C'est une campagne, des lignes très différentes. Vous savez, moi j'ai décidé de voter pour Raphaël Glitzman, je me suis exprimé sur le sujet, parce que je crois à cette gauche de responsabilité, celle qui a déjà gouverné ce pays, une gauche laïque, une gauche féministe, une gauche surtout européenne, et une gauche qui décide d'arrêter, finalement, toute forme de relation avec l'extrême-gauche, avec LFI, pour être très clair, parce que je pense qu'il y a une autre voie que l'extrême-droite de Mme Le Pen, M. Bardella, et l'extrême-gauche de LFI, M. Mélenchon. Voilà,
et justement,
Patrick Cannaire, Jean-Luc Mélenchon, parlons-en, derrière les querelles, il y a vraiment l'ombre de Jean-Luc Mélenchon. Jérôme Gage et Raphaël Glitzman ne veulent plus entendre parler d'alliance avec la France insoumise. Olivier Faure, à l'inverse, laisse la porte entreouverte à certains accords. Alors, c'est vrai que j'insiste, est-ce qu'une gauche dite sociale-démocrate peut encore gagner sans Jean-Luc Mélenchon, en le laissant vraiment de côté
? Écoutez,
je pense qu'elle ne peut gagner qu'en laissant M. Mélenchon de l'autre côté. Toute ambiguïté nous met un peu comme le lapin dans les phares du camion de M. Mélenchon, il ne faut pas être subjugué, il ne
faut
pas avoir peur d'être socialiste, il faut avoir la fierté d'être socialiste, social-démocrate et européen. Arrêtons de raser les murs. Encore une fois, nous avons connu une période où M. Mélenchon a dominé la gauche. Vous savez, l'horloge biologique de M. Mélenchon s'est arrêtée le 10 avril 2022 avec ses 22%. Il faut le dire, 22% c'est beaucoup. C'était le vote utile. Comment faire finalement pour que la gauche
social-démocrate redevienne
le vote utile à gauche ?
Et depuis, il y
a
eu les jeux de mots sur Epstein, Epstein, en disant que ça faisait plus russe. Il y
a
eu aussi sur l'antisémitisme résiduel en France, il n
'est
pas venu marcher. Et c'est vrai qu'on s'étonne qu'Olivier Faure puisse encore croire à un accord avec ce monsieur.
J'espère que M. Olivier Faure, qui est mon premier secrétaire du Parti Socialiste, n'est pas déjà à l'étape ultérieure, c'est
-à
-dire l'étape où on serait battu à la présidentielle et qu'on devrait déjà négocier des accords pour les législatives. Moi, j'avale les plats les uns après les autres en politique. Il y a une étape qui est majeure, qui est celle des élections présidentielles. Il faut tout miser sur cette élection. Et il n'y a pas de fatalité à ce que le vote utile soit pour M. Mélenchon. Le vote utile à gauche doit être un vote pour la gauche social-démocrate, la gauche de responsabilité.
Merci Patrick Cannaire, président du groupe socialiste au Sénat, pour votre éclairage ce matin sur Europe. Un bon week-end à vous.
Patrick Kanner