Nicolas Dupont-Aignan invité de Jean-Michel Aphatie et Bruce Toussaint
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Nous allons aborder votre actualité politique, le dialogue qui n'a pas l'air simple que veut nouer avec vous Marine Le Pen.
- 0:18OuverteRéponse partielle
Le Sénat va se prononcer aujourd'hui sur la réforme de la SNCF que présente le président de la République.
- 0:33FerméeÉludée
C'est une bonne nouvelle que cette réforme puisse passer et que la SNCF puisse vivre sa vie désormais ?
- 0:49RelanceRéponse directe
En surcoût, c'est-à-dire ?
- 1:24OuverteÉludée
Qui profite à la SNCF ?
- 1:46OuverteRéponse partielle
Et le statut des cheminots ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueFait
« Et puis la SNCF, qui avait une vocation à redistribuer les profits de certaines lignes vers les déficits d'autres lignes, fermera petit à petit et renverra sur les régions. »
- 1:37Invité politiqueFait
« Mais partout où cela a existé, faire passer des trains de différentes natures, de différentes compagnies sur des voies uniques, ça n'a jamais marché vraiment bien. »
- 1:49Invité politiqueFait
« Et en Angleterre, on a l'exemple précis, on est en train de renationaliser et ça coûte une fortune aux usagers. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Je me réjouis au moins que le gouvernement reprenne la dette, et que ça allège les finances de la SNCF. »
- 4:12Invité politiqueFait
« Tout dépend de la capacité de l'État à garder ce que j'appelle une action une golden share ou une action forte pour éviter qu'une entreprise nationale qui a des conséquences très importantes sur la vie du pays ne soit emparée par le privé. »
- 7:56Invité politiqueFait
« J'ai simplement dit à Marine Le Pen que face à un de ses soutiens du second tour de la présidentielle qui avait été très correct, même après le débat du second tour, je n'avais rien dit. »
- 7:58Invité politiqueFait
« Je suis le seul homme politique qui, au second tour, a osé la soutenir. »
- 10:01Invité politiqueFait
« Moi, j'ai mis 5 jours à négocier un infléchissement du programme de Marine Le Pen sur des points qui me paraissaient fondamentaux. Notamment l'euro, pas de sortie immédiate. »
- 11:32Invité politiqueFait
« C'est que les Français ne croient plus dans le système qui les gouverne. Et ils ont élu Macron en croyant qu'il allait changer les choses. »
- 19:24Invité politiqueFait
« J'ai proposé un référendum d'initiative populaire. Les Français n'ont jamais été consultés sur l'immigration, jamais depuis 40 ans. »
- 20:20Invité politiqueChiffre
« Je vous fais remarquer, Jean-Michel Apathy, que 80% des Français y sont favorables. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan65 %
- Présentateur18 %
- ?10 %
- Présentateur 23 %
≈ 42,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L
'invité de France Info ce matin est Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la France, Jean-Michel Apathy. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour à vous deux. Nous allons aborder votre actualité politique, le dialogue qui n'a pas l'air simple que veut nouer avec vous Marine Le Pen. Mais avant, quelques questions d'actualité. Le Sénat va se prononcer aujourd'hui sur la réforme de la SNCF que présente le président de la République. Cette réforme, le président de la République, va sans doute la faire aboutir à la mi-juin. Il y aura une commission mixte paritaire qui clorera sans doute les débats législatifs.
C'est une bonne nouvelle que cette réforme puisse passer et que la SNCF puisse vivre sa vie désormais ?
Malheureusement, si c'était cela, je m'en réjouirais. Mais malheureusement, les Français vont payer très cher cette réforme en surcoût,
en
fermeture de petites lignes.
En surcoût, c'est-à-dire ?
En surcoût, c'est-à-dire que les tarifs vont augmenter. Ah bon ? Bien sûr, puisque quelques compagnies privées écumeront les lignes rentables.
Il
n
'y
en a que deux, Paris-Lyon et Paris-Lille. Et puis la SNCF, qui avait une vocation à redistribuer les profits de certaines lignes vers les déficits d'autres lignes, fermera petit à petit et renverra sur les régions. Le coût des petites lignes, cela veut dire beaucoup de soucis à se faire pour tous ceux qui habitent en province. Et je regrette cette ouverture européenne à la concurrence, qui est une fausse concurrence. Je suis
pour la concurrence.
Qui profite à la SNCF ? Non. Qui est sur quelques marchés, enfin qui
est
sur des marchés étrangers,
européens
notamment. Vous savez, moi je suis pour la concurrence. Je ne suis pas Mélenchon. Je pense qu'il faut de la concurrence quand il y a possibilité de concurrence. Mais partout où cela a existé, faire passer des trains de différentes natures, de différentes compagnies sur des voies uniques, ça n'a jamais marché vraiment bien.
Et le statut
des
cheminots ? Et ça n
'a
jamais vraiment marché bien, j'insiste. Et en Angleterre, on a l'exemple précis, on est en train de renationaliser et ça coûte une fortune aux usagers. Et s
'il
faut
être complet, en Allemagne, ça marche ?
En Allemagne,
ça marche
sur certaines lignes, c'est différent. Et il n'y a pas du tout le territoire français qui a beaucoup de petites lignes.
Ça ne marche
pas en Grande-Bretagne et ça marche à
l'Allemagne.
Ça
ne marche
pas tant que ça. D'accord. Chacun son avis. Non, ce n
'est
pas un avis. Je ne
sais
pas, j'ai lu des papiers, parce
que
je ne
suis
pas allemand. J'ai lu des papiers. Le statut des cheminots ?
Le statut des cheminots, je pense qu'il faut une évolution. Mais pour autant, je pense que ce n
'est
pas la question majeure. Je pense que la question majeure, c'est le coût des investissements,
la dette. Et je me réjouis sur un point... Excusez
-moi, le statut des cheminots, est-ce que c'est une bonne chose qu'en 2020, ou une mauvaise chose, des gens soient employés à la SNCF non plus sous le statut des cheminots, mais sous un statut différent ? Je
connais
bien le statut des cheminots, parce que j'étais maire 22 ans d'une ligne qui bordait le RERD. D'une ville qui bordait le RERD. Aujourd'hui, avec le statut des cheminots,
avec
le statut, qu'on dit très favorable, la SNCF n'arrive pas à recruter. Donc, on peut supprimer le statut des cheminots, mettre un statut privé, ça ne coûtera pas moins cher. Donc, je pense qu'il faut le modifier à terme, parce que je pense qu'à terme, les Français veulent l'égalité des statuts. Et qu'il
y
a des gens qui travaillent très dur dans les transports routiers, partout, qui n'ont pas de statut. Donc, mais c'est un faux débat. On a voulu diviser les Français sur le statut des cheminots, on a voulu en faire des boucs émissaires. À terme, il faudrait une égalité de tous les travailleurs français. Mais, je le dis, ce n
'est
pas le problème majeur. Le problème majeur, ce sont les investissements énormes du TGV qui ont été faits, qui pèsent sur la rentabilité
de la SNCF,
et à la
demande de tous les gouvernements,
et qui ont été utiles pour certains. Dans tous les pays, des investissements ferroviaires ont un coût. Je me réjouis au moins que le gouvernement reprenne la dette, et que ça allège les finances de la SNCF.
Autre sujet, le groupe hôtelier Accor se dit prêt à acheter la part que l'État possède dans le capital d'Air France, un peu plus de 13%, une part qui valorisait à peu près 500 millions d'euros. Et le gouvernement, il réfléchit de manière plutôt positive, ou voit la demande d'accord de manière plutôt positive. On va écouter la secrétaire d'État, Delphine Jenny Stéphane, qui s'exprimait sur Boursorama.fr.
Le
gouvernement est
ouvert
sur le principe dès lors qu'il y
a
une discussion entre les deux entreprises qui fait apparaître un projet industriel qui tient la route et qui crée de la valeur pour les entreprises.
Une alliance Accor Air France. Bonne, mauvaise chose ? Tout dépend
de la capacité de l'État à garder ce que j'appelle une action une golden share ou une action forte
pour
éviter qu'une entreprise nationale qui a des conséquences très importantes sur la vie du pays ne soit emparée par le privé. Donc, pourquoi pas céder quelque part ? Mais moi, je tiens à ce que l'État garde
une
action. Et là, il s'agit d'Accor veut racheter les 13%
?
Oui,
la totalité
de l'État. Eh bien, je pense que l'État doit garder
une part. Ça ne veut pas dire qu'il ne
faut
pas un peu de souplesse. La vraie question, ce n'est pas ça encore. C'est la manière dont l'État a géré cette compagnie depuis tant d'années. Oui, la vraie question...
La vraie question, c'est la concurrence déloyale. Non, mais la vraie question, c'est la concurrence déloyale. Les problèmes se posent comme
ça. La vraie question,
c
'est la concurrence
déloyale. Il n'y a
pas de concurrence déloyale.
Si, Air France fait l'objet. Ben si. Quand vous avez une compagnie comme Ryanair qui est en Irlande et qui ne paye pas de taxes, et que de l'autre côté, vous avez Air France qui a été accablée de taxes par tous les gouvernements, il ne
faut
pas s'étonner qu'Air France vole mal. Donc, il
y a
un moment, il faut que l'État soit cohérent. La vraie question, c'est la concurrence loyale. Parfois, il y
a
des privilèges aussi à enlever, mais la vraie question, c'est la concurrence loyale. Mais
si c'est la concurrence loyale, qu'est-ce que vous voulez dire ? Regardez ce qui se passe sur le transport routier. Non, mais si
on peut parler de tous les transports, par exemple.
Vous voulez
parler...
C'est la même
problématique.
Qu'est
-ce
que c'est la concurrence loyale ? Vous voulez dire qu'il faudrait faire converger en Europe tous les systèmes sociaux... Je
dis qu'on ne devrait pas
pouvoir intervenir en France. Vous êtes plus européens que les fédéralistes, alors.
On
peut aller que si on n'accepte pas que des pays trichent avec le libre-échange. Je vais vous donner l'exemple des transports routiers. Vous savez mon combat contre le travail détaché. Est-ce qu
'on
veut faire de la SNCF, du transport aérien, la caricature de ce qui s'est passé dans le transport routier où des dizaines de milliers d'emplois ont été supprimés car vous avez des travailleurs roumains, polonais, qui viennent en France sans payer les charges sociales ? La vraie question, c'est est-ce que la France est capable de défendre son modèle social ? Pour ça, il faut qu'un travailleur qui vient de
l
'extérieur paye les charges sociales des Français. Sinon,
on
n'aura plus d'artisans français, plus de transports routiers, plus de cheminots, plus de pilotes d'avions.
C'est ça la
vraie question.
C'est un modèle social que personne n
'a
copié parce que c'est un modèle social où la part des dépenses publiques est la plus importante et où les prélèvements obligatoires
sont les plus importants. J'ai dans
mon programme
présidentiel, M. Apathy, j'avais dans mon programme
présidentiel la baisse des charges sur les producteurs français pour relocaliser. Mais tout est une question d'équilibre. On peut baisser les charges sociales sur les producteurs français et on peut éviter la concurrence déloyale. Il faut trouver un juste milieu.
Donc nous allons poursuivre cette discussion en abordant plus directement votre relation avec le Front National. Dans quelques instants. En effet, vous restez avec nous, Nicolas Dupont-Aignan. Il est quasiment 8h40, l'essentiel de l'info, Edwige Koupès. Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la France et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy. Jeudi, Marine Le Pen vous a tendu la main en prévision des élections européennes qui se dérouleront au printemps prochain, mai 2019. Vous avez pour l'instant refusé l'offre d'une alliance avec Marine Le Pen. Elle pense que vous l'avez fait, ce refus. Vous l'avez exprimé parce que vous avez peur.
Elle l'a dit à France Bleu Nord, c'était hier.
Je ne crois pas que les propos de Nicolas Dupont-Aignan soient définitifs. Je ressens de sa part une crainte en quelque sorte d'être absorbé dans le mouvement Rassemblement National. Ce n'est pas mon objectif, je le dis de la manière la plus claire qui soit.
Bon, vous avez peur ? D'être absorbé dans le Rassemblement National ?
Dans ma carrière politique ou dans ma vie politique, ne pas avoir eu trop peur. J'avoue que
je
n
'ai
pas très bien compris de recevoir une lettre de Marine Le Pen publique alors que son bureau à l'Assemblée Nationale est quasiment en face de moi. Vous
n'en avez pas parlé
avant
? Jamais. Donc je n
'ai
pas très bien compris sa démarche. S'il y a une personne qui ne peut pas être suspecte
de
vouloir la division du camp national ou des patriotes, c'est moi. Je suis le seul homme politique qui, au second tour, a osé la soutenir. Donc j'ai simplement dit à Marine Le Pen que face à un de ses soutiens du second tour de la présidentielle qui avait été très correct, même après le débat du second tour, je n'avais rien dit. Vous auriez pu en me dire plus que vous en avez dit.
Vous
auriez pu en dire plus. Je trouve que ce sont des méthodes un peu politiciennes, peut-être parce qu'elles venaient de créer le Rassemblement National et qu'elles voulaient donner l'impression qu'elles ouvraient les bras. La question n'est pas là.
L
'union, elle est vitale, notamment face à Macron. Mais l'union que je veux faire,
et
où elle est la bienvenue, c'est une union beaucoup plus large. Le duo qu'on a mené à la présidentielle
n'a pas
suffi.
D
'autre part, l'union, pour moi, n'a de sens que s'il y
a
un projet.
On
ne s'unit pas pour s'unir. On s'unit quand on travaille. Moi, j'ai entamé avec Debout la France, avec des partenaires, les centres des indépendants, Jean-Frédéric Poisson du Parti Chrétien-Démocrate, des non-inscrits, Jean-Louis Masson, des gens qui viennent des Républicains, des gens qui viennent du Front National. J'ai entamé une démarche de travail. Parce que j'ai essayé de tirer les leçons de la présidentielle.
On
n
'a
pas gagné.
Il
faut comprendre pourquoi. Peut-être parce que les Français n'étaient pas convaincus par le projet. L'affaire européenne, elle est vitale pour l'avenir du pays. Donc moi, je travaille à la fin de l'été. J'espère que notre projet sera terminé. J'espère que Marine Le Pen aura travaillé. J'espère que Laurent Wauquiez aura travaillé. Et
je
pense que tous les deux devront dialoguer avec nous sur un projet, sur du sérieux.
Qu'est-ce qui a changé depuis mai 2017 ? Il y a un an tout juste, vous étiez les meilleurs amis du monde. Aujourd'hui, vous dites pas question.
Non,
vous traduisez
bizarrement.
Ce qui a
changé,
d
'abord, ce n
'est
pas du tout le même contexte électoral.
Il
y
a
un an, une élection présidentielle. Je suis candidat au premier tour. Au premier tour, chacun développe sa pensée. J'ai développé un projet. J'ai presque eu 2 millions de Français qui m'ont quand même suivi, dans un contexte difficile, reconnaissez-le.
Il
fallait choisir entre Macron
et
Le Pen. J'ai fait mon choix et j'ai négocié. François Fillon a soutenu Macron au bout d'un quart d'heure, à 20h15. Moi, j'ai mis 5 jours à négocier un infléchissement du programme de Marine Le Pen sur des points qui me paraissaient fondamentaux. Notamment l'euro, pas de sortie immédiate. Sur des points divers, il y avait 6 points.
Dans
ma vie politique, je suis toujours parti des idées. J'ai quitté l'UMP quand ils ont trahi le référendum de 2005 du non. Je ne mets pas la charrue avant les bœufs. Je ne suis pas dans la cuisine. L'enjeu, ce n
'est
pas de sauver le Rassemblement national.
L
'enjeu, c'est de sauver la France. Ça part d'une démarche sérieuse. Et je suis désolé d'avoir dit non. En l'occurrence, là, je sais que ça a été mal pris peut-être par certains. Mais qu'importe. Vous avez un contact ? Je veux... J'espère en avoir. De toute façon,
je
n
'ai
pas besoin de passer par l'extérieur. On en parlera. Parce que, encore une fois, je pense que les Français, qui ne veulent pas de Macron et qui ne votent pas de Mélenchon, attendent de notre part
une
démarche de fond, une démarche méticuleuse, des propositions fondamentales, notamment pour l'Europe. On n
'a
pas parlé des migrants. On n'a pas parlé de l'affaire fondamentale de l'action économique. On l'a dévoilé, là, sur le problème de
la concurrence déloyale. Les Français
attendent des hommes politiques,
au-delà de la cuisine
politicienne.
On
connaît votre projet sur l'Europe. Vous vous dites, on va travailler sur l'Europe, on va présenter un projet.
Oui, je
veux améliorer encore
les choses. Non, mais
vous connaissez, mais vous allez être surpris.
Sur
quel point ? Sur, justement, par exemple, les GAFA. Comment se fait-il que la Chine et les États-Unis s'emparent de toutes les nouvelles technologies
?
Ça, je n'en ai pas parlé jusqu'à maintenant. Sur la concurrence loyale ou déloyale, sur l'aide à l'Afrique, les Français... Moi, j'ai compris une chose à la présidentielle. Je vais vous dire ce que j'ai compris. C'est que les Français
ne
croient plus dans le système qui les gouverne. Et ils ont élu Macron en croyant qu'il allait changer les choses. En fait, c
'est
le pire des systèmes. Mais pourquoi ils n
'ont
pas voté Marine Le Pen au second tour ? Pourquoi ils n'ont pas été seulement convaincus, même s'il y en a quand même 10 millions qui ont voté pour nous, si je puis dire ? Eh bien, c'est parce qu'ils n'étaient pas encore convaincus par le sérieux de notre programme. Eh bien, moi, je tire les leçons, je bosse avec des gens très différents. Je veux ouvrir sur les Républicains. Parce que quand je vois que M. Castaner va faire des listes communes aux municipales, avec les Républicains de M. Wauquiez, je sais que les électeurs républicains ne veulent pas de ça. Du moins, une partie d'entre eux. Et je veux tendre la main aux
ces
Républicains. Bref, je veux
une une plus large, plus solide. Les Républicains, ils ont envie de s'allier
avec vous
?
L'électorat, oui, la base. Ah, l'électorat. Les dirigeants, non, ils sont en train de faire la magouille électorale, la cuisine, avec En Marche.
Ah
bah oui. M. Wauquiez a dit que ces listes municipales seraient ouvertes à En Marche. Alors,
moi, qu'on m'explique, comment ? C'est avec le magouillard que vous allez être obligé de parler, si vous voulez, vous alliez avec les
Républicains. Je vais parler avec... Si
vous les qualifiez comme ça, c'est mal parti.
Non, parce qu'il y
a
un moment, Jean-Michel Apathy, les affaires du pays sont trop graves, il faut de la franchise. Oui, si vous les
qualifiez de magouillard,
je dis... C
'est
des magouillards que je
fais
les Républicains ? Sont en train de magouiller avec En
Marche.
Je sais que l'électorat,
à la
base...
C
'est sallié politiquement,
c
'est pas
des magouilles. Ben alors, écoutez, excusez-moi. C'est pas
malhonnête. Vous pouvez y être opposé
politiquement, mais
magouiller, c'est un terme...
Ah bah si. Jean-Michel
Apathy.
Déjà le rimeur. J'assume ce que je
dis. D'accord. Et
vous, vous avez magouillé en
2017
avec Marine Le Pen ? Pas du tout, parce que c'était sur un problème de fond. Ben là, c'est la même chose. Non, excusez-moi. Je
vais être très précis. Comment Laurent Wauquiez, qui est président du premier parti d'opposition,
qui
se dit, et qui critique sans arrêt Emmanuel Macron, peut-il ouvrir les listes municipales des Républicains avec l'accord de M. Castaner à la majorité ? Les Français attendent de la clarté politique. On est dans l'opposition, ou on est dans la majorité. Moi, j'ai toujours été clair dans ma vie politique. On part des idées. Après, ce que je dis peut ne pas plaire à certains, mais reconnaissez au moins le mérite de la cohérence. Et la cohérence,
ça
passe par le travail. L'élection européenne,
elle
est dans un an. On a le temps.
La cohérence aurait été de
dire oui à Marine Le Pen, il
y
a une semaine, honnêtement. Non, parce que le programme n'est pas établi. J'ai eu
une expression... Mais le programme sort
d'une élection présidentielle où le débat a duré des mois et des mois. Sur l'Europe,
excusez-moi. Sur l'Europe, parce que ça a été votre cheval de bataille. Eh bien, je vais vous donner un exemple. Si je ne travaillais pas
suffisamment sur ce point, vous n'avez pas remarqué qu'il y
a
eu un petit bug au débat sur l'euro
?
Vous en avez assez parlé. Oui, mais... Vous ne croyez pas... Excusez-moi,
M. Apathy, vous ne croyez pas... Même vous, quand vous dites que je ne suis pas
pour la sortie immédiate
de
l'euro, on ne comprend pas
bien.
Vous ne croyez pas qu'il faut travailler ce point-là ? D'ailleurs, si je ne le travaillais pas, vous seriez le premier, dans les futures interviews au moment des élections européennes, à me dire qu'est-ce que vous proposez là-dessus.
Les Français
attendent de leurs hommes politiques, peut-être de la clarté, du sérieux, parce qu'il s'agit de l'affaire de la France et pas des partis politiques.
Je ne change pas
d'avis là
-dessus. On regardera au mois de septembre ce que vous dites sur l'Europe, l'euro et tout
ce qui
reste. On voulait juste vous faire entendre peut-être la personnalité la plus curieuse à droite qui va peser ou pas dans les futurs mois ou les futures années dans le débat politique.
C
'est Marion Maréchal-Le Pen. On a du mal à suivre quelquefois sa stratégie. On l'écoute.
Je suis et resterai toujours un membre de la famille Le Pen, mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'était un montré politique. Aujourd'hui, je sors de l'avis politique, je suis sortie de
l
'avis politique et j'ai envie de mener à bien cette nouvelle carrière dans le privé.
Voilà, donc c'est Marion Maréchal, puisqu'elle souhaite et c'est très respectable, évidemment qu'on l'appelle comme ça désormais. Marion Maréchal, vous pensez que ça va être une actrice des prochains mois ? Vous l'espérez ? Vous parlez avec elle ? Je n'en sais rien.
Elle a dit qu
'elle prenait du recul. Et vous y croyez ?
Parce que prendre du recul et
apparaître tout le temps sur
la scène publique... Mais c'est vous qui
allez mettre vos caméras de télévision
devant elle.
Si elle disait non...
Écoutez,
moi je n'en sais rien, il
faut
lui poser la question. Vous
parlez avec elle
? Bien sûr que je peux parler
avec elle. Vous avez parlé
récemment avec
elle
? Pas
récemment, mais j'ai parlé souvent avec elle. Vous
espérez qu'elle
revienne dans la vie politique ?
C
'est à elle de décider. C'est
une
femme indépendante. Moi, vous savez, j'aime bien les
gens indépendants de nature. Sur
les questions sociétales, tout ça,
c
'est... Oui, on a des points d'accord, des points de désaccord. Vous savez,
la
France a besoin de talent. La France a besoin de renouvellement. Moi, mon seul objectif, c'est une nouvelle offre politique qui rassemble tous les amoureux de la France, j'appelle ça les amoureux de la France, et qui arrive à convaincre les Français qu'il y
a
une autre voie possible que celle de M. Macron, qui
fait
beaucoup de mal au pays,
et
qui arrive aussi à convaincre les Français qu'on peut construire une autre Europe beaucoup plus protectrice et beaucoup plus utile pour la nation. C'est mon combat, je le mène depuis un certain temps, et je ne dévierai pas de mon calendrier. Tout le monde aime la France, mais tout le monde l
'aime. Oui, mais on l'aime chacun à sa façon, c'est la démocratie.
J'estime que M. Macron abîme la France et fait souffrir les Français. On a encore le droit d'être en opposition, mais l'opposition, pour être crédible, doit être sérieuse. Et c'est tout l'enjeu du débat des mois qui viennent.
8h51. Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Boules à France, et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy. L'extrême droite est au pouvoir désormais en Italie. Le nouveau ministre de l'Intérieur qui dirige la Ligue s'appelle Matteo Salvini. Il était en Sicile dimanche et il parlait des immigrés clandestins.
On
l'écoute.
Je le dis à haute voix, les immigrés réguliers et les honnêtes gens n'ont rien à craindre, mais pour les immigrés clandestins, fini le bon temps, préparez vos valises.
Fini le bon temps.
D
'abord,
je ne considère pas ce gouvernement
comme un gouvernement d'extrême droite.
Je tiens à le dire. J'ai dit que la Ligue était d'extrême droite. C'est
le gouvernement du peuple italien. C'est une très bonne nouvelle pour l'Europe. Est-ce que c'est... La
Ligue n'est pas un mouvement d'extrême
droite ? Non, pas pour moi.
D'accord. C'est quoi ? C'est un mouvement de droite, mais ce n
'est
pas un mouvement d'extrême droite. D'accord. Ne confondons pas les choses. Deuxième point, enfin, enfin, un discours clair.
Fini le bon temps. Fini le bon temps, oui, parce que... C'est du
bon temps pour
les clandestins ? Il faut... C'est du bon temps dans les camps... Les mots...
Ah,
la
politique, c'est des mots,
hein.
Oui, mais enfin, la vraie question, c'est d'être clair. Donc c'est du bon temps ou
pas ?
Monsieur Apathy, quand le Canada, quand l'Australie, disent exactement la même chose, et mieux, font la même chose, parce que M. Salvini n'a pas encore fait. Moi, j'attends au pied du mur.
Tout
le monde trouve ça très bien.
On
reçoit M. Trudeau avec tous les égards, un homme généreux. Vous ne qualifiez pas d'extrême droite.
Non,
mais
ils
n'ont pas les mêmes problèmes d'immigration.
Là,
nous sommes face à des arrivées
d'immigrés nombreux
depuis
trois ans. Monsieur Apathy,
pourquoi l'Australie... Le Canada,
qu'on n'ait pas ce problème. Pourquoi l
'Australie n'a pas les mêmes problèmes d'immigration ? Parce que l'Australie a clairement dit
que
toute personne qui arriverait dans son pays serait expulsée. Ce qui est extravagant, c'est qu'on dénie à l'Europe... C'est pas du tout le
monde.
Excusez-moi. On dénie à l'Europe les moyens qu'utilisent la plupart des pays du monde. C'est-à-dire, les clandestins doivent repartir dans leur pays. Tant qu
'on
ne fera pas ça, l'Europe sera submergée par un flot migratoire. Le terme d'ailleurs de submersion, d'invasion, a été utilisé même, le terme de submersion, par le ministre M. Collomb.
Vous
le reprenez à votre compte
?
Je le reprends
et je l'assume. Vous
pensez que le grand remplacement, c'est un
risque que pour la France ?
Je dis simplement qu'on ne peut pas continuer à avoir des millions de clandestins qui arrivent sur le sol européen. Comme il n'y
a
pas de frontière entre la France et l'Allemagne, qu'est-ce qui se passe ? Des centaines de milliers de migrants acceptés par Mme Merkel viennent en France profiter des aides sociales qui sont beaucoup plus fortes qu'ailleurs. Le benchmarking dont parlait M. Collomb. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que j'ai proposé un référendum d'initiative populaire. Les Français n'ont jamais été consultés sur l'immigration, jamais depuis 40 ans. Avec cinq questions, très simples. Cinq ?
Cinq
points. Contrôle des frontières. Suppression des aides sociales pendant cinq ans si vous ne travaillez pas. Vous devez travailler cinq ans quand vous êtes étranger avant de bénéficier des aides sociales. Expulsion des délinquants étrangers,
c
'est quand même ce qui se fait dans tous les pays du monde. et puis quota par nationalité et par profession en fonction
des besoins migratoires. Sur le contrôle des
frontières, ce que reproche notamment Matteo Salvini à la France, c'est d'avoir rétabli un contrôle aux frontières entre la France et l'Italie en 2016 pour empêcher le passage des migrants. Vous voyez, c'est compliqué de s'y retrouver. Mais c'est
très simple. C'est ce qu'il reproche à la France. C'est très simple. Vous
avez rétabli un contrôle
aux frontières et c'est un mauvais coup que vous avez porté contre l'eau. D'abord, ce contrôle aux
frontières est très lâche et vous le savez très bien. Oui, mais c'est l'existence mais il
faut
rétablir les contrôles dans tous les pays.
Il
faut une double coque.
Les
bateaux qui tiennent la mer ont une double coque. La coque nationale des contrôles nationaux, c'est ce que je propose. Je vous fais remarquer, Jean-Michel Apathy, que 80% des Français y sont favorables. Rétablir les contrôles aux frontières, de vrais contrôles.
C'est-à-dire finir avec
Schengen
?
Totalement finir. Totalement. Et il faut...
80% des Français y sont favorables. Ça sera à des points
près de l'élection européenne. Les Français devront trancher ce point. Et puis, il faut aussi une coopération européenne. parce que c'est pas tout seul qu'on y arrivera. Il faut une coopération européenne pour en finir avec les passeurs qui tuent en Méditerranée, en finir avec les ONG qui font venir les migrants sur le sol italien et enfin, mettre en place un vrai plan de développement économique vers le Maghreb et vers l'Afrique car il faut bien sûr traiter la cause. C'est un projet global que je défends depuis des années. Sinon, nous aurons le chaos migratoire que nous vivons dans nos communes. C'est tout.
Mais la cause, on ne la traite pas depuis des années parce qu'on ne
peut
pas décider à la place des pays africains et des pays arabes de leur politique. On ne
va
pas s'introduire dans leur politique. Vous trouvez
normal,
M. Apathy, que l'on
donne... C'est la bonne conscience de tous les
discours. La cause, on ne peut pas la traiter. Vous trouvez normal que la Banque Centrale
Européenne finance pour près de 60 milliards d'euros par mois
les
banques, la création monétaire des banques privées, de la finance internationale et n
'ait
pas été capable depuis des années, parce que là, l'Europe serait utile, de
mettre sur la
table quelques milliards pour permettre la stabilisation des populations, pour contrôler nos frontières.
Je vous faisais juste remarquer que dans le discours sur l'immigration, la notion de « on va régler les problèmes des pays africains à
leur place »,
c'est de la bonne conscience.
Ça ne suffit pas. C'est pourquoi,
M. Apathy,
je veux contrôler les frontières, supprimer
l'aide sociale qui sert d'appel d'air, expulser les clandestins. Oui, ils doivent faire leur bagage. Il y
a
un moment, il faut dire les choses crûment, parce que sinon, ce sont les Européens, les Français qui feront leur bagage, c'est-à-dire qui ne sont plus Français dans leur propre pays.
Pendant la campagne des Européennes, vous pourrez vous associer par exemple à la Ligue italienne ? Nous verrons où nous en serons.
Ce sont des partenaires
pour vous ? Pour moi, le Mouvement 5 étoiles est déjà un partenaire et la Ligue italienne, le gouvernement italien doit être soutenu. Et je me réjouis qu'Orban ait été réélu très largement par le peuple et il est temps
que les peuples... Un vrai
démocrate, Victor
Orban. Il est
temps que le peuple...
Un vrai démocrate,
Victor Orban. Un vrai démocrate, autant
que les autres. Et il est temps
que les peuples de Rome reprennent en main leur destin.
Reprennent en main leur destin. Car je ne crois pas que la France avec des camps de migrants le long des autoroutes soit un modèle
d'esprit républicain.
Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Aignan. Très bonne
journée.
Merci à vous.
Merci à vous.
Nicolas Dupont-Aignan