Liban, actes antisémites, finances publiques... L'interview en intégralité de Mathilde Panot
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Il est 8h32 sur BFM TV et RMC. Mathilde Panot, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous en studio ce matin. Merci à vous. Présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, premier groupe de gauche, 72 députés, premier dans cette coalition de nouveaux fronts populaires. Mathilde Panot, je vais vous interroger au lendemain de ce grand oral de Michel Barniste chez nos confrères de France 2. Le Premier ministre a pointé le risque d'une crise financière qui menace la France en raison de la dette. Il a précisé quels efforts il demandera au plus aisé.
Les ménages qui gagnent plus de 500 000 euros par an et qui n'ont pas d'enfants vont devoir payer plus d'impôts, ainsi que les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse le milliard de résultats. Franchement, Mathilde Panot, vous allez vraiment censurer un Premier ministre qui parle comme vous ?
Bien sûr, nous allons le censurer d'abord. Ce qu'a dit M. Barnier, c'est le bilan de l'échec de la politique macroniste qui devait, rappelez-vous en 2017, ruisseler sur l'ensemble de la population. 60 milliards d'économies, c'est exactement le montant des cadeaux qui ont été faits notamment aux plus riches et aux multinationales et qui est le manque à gagner en recettes, c'est la Cour des comptes qui le dit, qu'a fait chaque année Emmanuel Macron. 40 milliards d'économies et 20 milliards d'euros, c'est pour être précise. Oui, alors ce qui m'inquiète, moi, c'est que vous allez à côté d'une taxation des plus riches qui est exceptionnelle, qui est temporaire, ils ont bien insisté dessus.
Oui, mais c'est un tournant, taxer les riches après 7 ans de baisse de la fiscalité,
c'est une rupture avec Emmanuel Macron, Michel Barnier. Oui, mais vous imaginez à quel point ils sont fanatisés pour que M. Darmanin dise « jamais je ne voterai le budget proposé par M. Barnier » alors que nous parlons des couples sans enfants qui gagnent plus de 500 000 euros par année, c'est-à-dire 41 000 euros par mois, c'est-à-dire 30 SMIC. Et même ça, ça serait inacceptable.
C'est 65 000 contribuables.
Donc, ce que je dis, c'est que ce qui m'inquiète, c'est l'austérité qui va être faite et finalement, les cadeaux fiscaux faits aux plus riches et aux multinationales par Emmanuel Macron pendant 7 ans vont être payés par les retraités de ce pays, les malades, les 9 millions de pauvres, ceux qui, bref, ont le moins, c'est le peuple qui va payer, les services publics. Et j'aimerais, Mme Latrousse, que vous me disiez un service public où on peut encore couper et enlever du budget alors qu'ils sont aujourd'hui tous à terre.
On va y arriver au piste d'économie. Je reste juste sur ce 20 milliards de recettes. La hausse d'impôts que l'on vient d'évoquer pour les Français sans enfants qui gagnent plus de 500 000 euros par an, c'est un tiers de ce que rapporterait un rétablissement de l'ISF, de l'impôt sur la fortune, dans son ancienne formule. Qu'est-ce que vous dites ? Michel Barnier, M. le Premier ministre, vous prenez quand même le bon chemin ? Vous voyez le verre à moitié plein quand même ?
Mais ça fait 7 ans que nous proposons tous les ans des amendements pour taxer les super profits, pour rétablir un impôt de solidarité sur la fortune. Et Michel Barnier vous dit « je suis d'accord pour le faire ». Regardez, là, ils nous disent « nous allons demander des miettes » aux plus riches qui se sont engraissées comme jamais sous le quinquennat d'Emmanuel Macron. Pourquoi des miettes ? Parce que ce sont des miettes. Regardez, les 500 plus grandes fortunes de France ont doublé leurs fortunes depuis 2017. Les dividendes du CAC 40 ont doublé depuis 2017. Et là, on leur dit « on va vous prendre un petit peu ». Mais attention, c'est temporaire, ce n'est pas beaucoup.
Et je ne sais même pas à la fin quels seront les impôts qui seront faits. Donc, je vais vous dire, au-delà de la crise financière dont parle M. Barnier, qui est le résultat de la politique qu'a menée Emmanuel Macron, Moi, ce que je crains, c'est un risque récessif sur notre société. Parce que l'économie française est faite à 53% par la consommation populaire. Nous sommes d'ores et déjà dans un moment où la déconsommation populaire est la plus forte depuis 10 ans. On n'avait jamais vu ça depuis 10 ans. Donc, il faut relancer la consommation populaire. Et ça veut dire, par exemple, augmenter les salaires, ce que ne compte pas faire M. Barnier.
Et là-dessus, Michel Barnier vous dit « je touche à certains allégements de charges pour les entreprises, pour permettre d'augmenter… » pour permettre d'augmenter les cotisations patronales, pour augmenter les salaires. Il vous dit aussi « j'augmente de 2% le SMIC dès le 1er novembre, en anticipation, ça devait être le 1er janvier. »
On va le remercier, grand prince. Vous savez combien ça fait pour les salariés au SMIC. Non, mais il ne parle pas comme vous. Mathilde Panot ne parle pas comme vous. Non, il ne parle pas comme nous. Je veux dire, il y a eu une politique économique qui a été faite pendant 7 ans, qui nous mène à cette situation catastrophique. Juste pour les salariés au SMIC, avancer de 2 mois une revalorisation qui devait avoir liée au 1er janvier, c'est leur donner un cadeau de 50 euros net. Donc merci grand prince pour cela. Donc ils ont fait exactement le contraire. Et là, on nous explique qu'en modifiant à la marge, ça va s'améliorer. Il faut rompre avec cette politique économique.
Il faut remettre des recettes dans la caisse. Nous avons beaucoup de propositions dessus. Et les 60 milliards, nous pouvons les trouver en taxant l'argent là où il est
pour pouvoir réinvestir plus. Qu'est-ce que vous allez lui proposer à Michel Barnier qui hier disait, de toute façon, je suis entre les mains du Parlement, je n'ai pas seul les bonnes idées. Qu'est-ce que vous allez lui proposer ?
Nous avons proposé à plusieurs reprises la taxe sur les super profits, qui rapporte 15 milliards. Nous avons proposé à plusieurs reprises un impôt de solidarité sur la fortune, qui rapporte 10 milliards. Nous avons proposé à plusieurs reprises imposer les très gros héritages. Pour nous, c'est à partir de 12 millions, qui rapporte 17 milliards. de supprimer les niches fiscales qui sont polluantes et inutiles, 27 milliards d'euros. Donc nous avons beaucoup de pistes pour augmenter les recettes, parce que nous avons un problème de recettes. Et ensuite, il faut dépenser plus.
Il faut dépenser plus dans l'hôpital public, dans l'éducation nationale, dans la protection judiciaire de la jeunesse, où ils ont encore supprimé 500 passes cet été, dans tous les services publics qui permettent bien aux gens d'avoir accès à leurs droits. Et puis, évidemment, augmenter les salaires, ce qui permet de relancer encore une fois la consommation populaire et l'économie dans le pays.
C'est l'un de vos points de divergence avec Michel Barnier, Mathilde Panot. Lui, il dit plus de recettes, d'accord. Vous n'êtes pas d'accord sur le montant du chiffre d'affaires des entreprises ou le montant pour les ménages les plus aisés. Mais lui, il dit aussi qu'il faut faire des économies. Il faut faire 40 milliards d'économies. Et ça va être très dur, a prévenu le Premier ministre, qui a esquissé quelques pistes. Il dit qu'il faut être plus efficace dans la dépense. Il faut fusionner certains doublons, dans les agences de l'État, par exemple. Et pourquoi pas ne pas remplacer des fonctionnaires ? Mais attention, sa limite, c'est ceux qui ne sont pas en contact avec le public.
Pour le reste, il renvoie au débat parlementaire. Sur les fonctionnaires, la Cour des comptes, par exemple, qui n'est pas sous la coupe d'Emmanuel Macron ou de Michel Barnier, dit qu'il y en a trop dans les territoires. Il y a 100 000 postes de fonctionnaires territoriaux de trop. Est-ce que là-dessus, vous pouvez trouver un consensus ?
Non, et c'est ce qui revient tout le temps. La Cour des comptes dit aussi que chaque année, Emmanuel Macron a privé de 62 milliards d'euros de recettes l'État. Et donc, on se retrouve dans une situation où, à la fin, on regarde dans les petites choses. Est-ce qu'il y a des fonctionnaires en trop ? Alors que tout le monde comprend dans le pays que non seulement on a appauvri l'État, on a appauvri les services publics, on a appauvri l'ensemble des collectivités qui, aujourd'hui, essayent de faire au mieux pour répondre aux besoins de nos concitoyens. Donc, je ne suis pas d'accord avec cela. 40 milliards d'économies et d'austérité, 40 milliards, c'est une austérité jamais vue dans ce pays.
Il récuse ce terme. Alors moi, je vais vous dire sur quoi on peut faire des économies. On peut faire, par exemple, des économies sur l'utilisation de McKinsey. On peut faire des économies sur le pays d'impôt recherche où on donne 1 milliard d'euros en 10 ans à Sanofi qui va ensuite licencier des chercheurs qui travaillent sur la question des cancers, qui vont ensuite vendre des actifs comme le Doliprane. Eh bien, sur tout cela, on peut faire des économies. Mais sur le reste, il faut rompre avec cette politique économique. C'est ce sur quoi le nouveau Front populaire a gagné les élections le 7 juillet.
Michel Barnier dit que certains services de l'État vont aussi quitter Paris. Il dit, voilà, le foncier à Paris coûte trop cher. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Envisager de sortir des ministères ou de l'Assemblée ? Pourquoi c'est vendre la France ? Parce que vous ne croyez pas qu'ils vont vendre les bâtiments. Vous, vous pensez que le plan secret, c'est de faire rentrer de l'argent en revendant les billets de famille en quelque sorte ?
Oui, je pense que quand vous avez un président de la République qui a vendu et mis à terre tous les fleurons nationaux, qui a désindustrialisé la France et qui, justement, essaye de faire des économies de bout de chandelle, je vais vous dire qui va avoir la plus grande part des économies qu'on demande au peuple de faire. Ce sont les retraités, dont je rappelle 2 millions vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce sont les malades à qui on va demander maintenant d'avoir un reste à charge de 4 euros pour les consultations qu'ils vont faire.
Ça, c'est ce que vous craignez. Ce ne sont pas les pistes qui sont pour l'instant mises sur la table.
Les retraités, ce n'est pas une piste qui est sur la table ? Si, c'est seulement le montant des retraites.
La réindexation des pensions de retraite est décalée de 6 mois. Oui, ça c'est 150 euros par retraité.
C'est votre enfant qui, par exemple... Mais sur la santé, vous dites que le reste à charge va exploser. Ça, c'est une proposition qui a été faite. Oui, oui. Donc, que ce soit les malades qui payent. Sur, par exemple... Mais par qui ?
Par le gouvernement. Mais pas par Michel Barnier. Il ne l'a pas mis sur la table pour l'instant.
Il ne l'a pas dit hier, mais c'est une piste qui circule et donc qui est une piste qui peut être sérieuse. De même que, par exemple, ça va être votre enfant, et ça, M. Barnier l'a annoncé, qui va aller à l'école et qui aura un professeur retraité en face de lui.
Il a envisagé le retour des professeurs et des médecins aussi retraitées.
Nous sommes la septième puissance économique au monde. Il y a largement assez d'argent pour que tout le monde vive dignement dans ce pays, sans avoir à faire cette cure d'austérité qui va être terrifiante pour le peuple et qui fait payer au peuple et aux gens les cadeaux fiscaux qui ont été faits par Emmanuel Macron.
Ah si, mais je vous le redis. L'argument de la crise financière, par exemple, est-ce que vous l'entendez quand il dit « je crains une crise financière de Michel Barnier » ou est-ce qu'il dramatise pour vous ?
Mais il ne dramatise pas. Il explique le bilan catastrophique d'Emmanuel Macron dont nous disons depuis sept ans que la politique économique s'il mène nous mène dans le mur. Ça nous mène dans le mur. Et que font-ils ? Eh bien, ils continuent encore et encore ce qui va amener à une récession en France.
C'est catastrophique. Mathilde Panot, j'aimerais que l'on revoie ensemble un extrait qui date de mardi. C'est une vidéo qui tourne beaucoup sur les réseaux sociaux. Michel Barnier à la fin de sa déclaration de politique générale qui reprend la parole pour vous répondre.
J'ai du mal à comprendre votre ton et votre agressivité. Et moi je vais vous dire une chose, Madame la Présidente. Plus vous serez agressif, plus je serai respectueux.
Je rappelle que précédemment, vous aviez pris la parole pour dresser un réquisitoire contre le gouvernement de Michel Barnier et réclamer la destitution d'Emmanuel Macron. Quand vous voyez la séquence, vous dites quoi ? Michel Barnier 1, Mathilde Panot 0 ? Mais pas du tout.
Écoutez, moi je ne vois pas ce qui a été irrespectueux dans ce que j'ai dit au Premier ministre. J'ai dit au Premier ministre qu'il était illégitime démocratiquement puisque c'était la coalition du Nouveau Front Populaire qui était arrivée en tête. Qu'il était illégitime pour continuer sa politique à gouverner contre le peuple qui est celle d'Emmanuel Macron puisqu'ils ont été sévèrement battus dans les yandes trois fois d'affilée.
Je leur ai dit qu'ils étaient illégitimes depuis qu'ils rampaient devant l'extrême droite et qu'ils tenaient par l'abstention de Madame Le Pen avec un ministre de l'Intérieur qui est salué par l'extrême droite comme étant un porte-parole du RN magnifique et qui utilise par exemple l'expression de pétain, de français de papier qui m'est insupportable. Je ne vois pas en quoi c'est irrespectueux de faire ça. Par contre M. Barnier est effectivement irrespectueux avec la démocratie et je crois que finalement c'est plus le fond qui le dérange et qui le sort sur la question de la forme.
Est-ce que son attitude par exemple d'être au moins dans les pics politiciennes comme pouvait l'être un Gabriel Attal va vous amener à changer de ton à l'Assemblée ou en tout cas à revoir vos modalités d'action à l'Assemblée nationale ?
Vous savez la démocratie, la démocratie parlementaire a été inventée pour qu'il n'y ait pas de guerre civile dans ce pays, pour que l'affrontement entre des idées, les grands choix que peut faire le peuple lorsqu'il va aux urnes, puissent se matérialiser dans des débats d'idées. Et donc les débats d'idées ont le droit d'être dur. Les débats d'idées, c'est justement la question de la démocratie où on montre les antagonismes dans la société.
Et je vais vous dire que moi quand je vois la société de malheur qu'il y a aujourd'hui avec 2043 enfants qui sont à la rue, plus 120% depuis 2020, quand je vois un parent sur trois qui se prive de repas pour que son enfant mange à sa faim, je crois que non, les mots ne sont pas trop durs pour décrire la politique qu'il mène et notre envie de rupture avec cette politique de malheur.
Juste, Patrick Pado, comme on a évoqué la censure et la destitution, brièvement, la motion de censure, est-ce que vous savez déjà lorsqu'elle sera examinée à l'Assemblée nationale ? Probablement mardi. Et la procédure de destitution, pour le coup, du président de la République, c'est toi pas du chef de gouvernement ?
Oui, après la commission des lois, ils ont 13 jours pour l'inscrire en hémicycle et donc 13 jours, ça devrait arriver fin de semaine prochaine, début de semaine d'après.
Vos alliés de gauche n'ont pas soutenu d'ailleurs votre motion de censure en commission des lois, en tout cas pas les socialistes.
Les écologistes, ils l'ont soutenu, les communistes et les ultramarins l'ont soutenu.
Mais pas les socialistes ? Est-ce que c'est une trahison de leur part ?
Non, mais je dis juste que lorsque nous avons un problème aussi évident avec le président de la République, eh bien qu'ils ont encore quelques jours pour réfléchir s'ils veulent destituer le président de la République qui manifestement manque à ses devoirs, et notamment celui d'être le garant des institutions républicaines, avec des gens qui vous disent partout, nous avons voté et on nous vole le résultat des urnes. C'est un problème démocratique qui est très grave avec le premier président de la République qui a une procédure de destitution engagée contre lui.
D'un mot aussi Mathilde Panot, puisque l'on parle du parti socialiste, le maire de Montpellier, Michael Delafosse, dit être victime d'une campagne de dénigrement de vos relais, de militants insoumis qui l'accusent d'être islamophobe, de mener une campagne anti-musulman. Il évoque des tracts qui ont pu être distribués devant une mosquée, notamment, pour le dénigrer. Est-ce que vous appelez au calme à Montpellier ? Je rappelle que depuis quelques jours, ce maire est sous protection policière face aux menaces qu'il subit. Est-ce que vous dites aux militants insoumis de Montpellier, ce n'est pas comme ça que l'on combat ?
Vous pensez vraiment qu'il est sous protection policière à cause de militants insoumis ? Les insoumis n'ont jamais utilisé la violence physique. Les insoumis sont les partisans de la révolution citoyenne par les urnes pour changer. Quant à ce maire, c'est un maire qui nous insulte extrêmement régulièrement. Mais il est islamophobe ? Je n'en sais rien. Je ne sais pas, je ne connais pas les détails de ça. Mais c'est quelqu'un qui nous insulte extrêmement régulièrement, qui est quelqu'un qui combat le nouveau Front populaire. Donc, encore une fois, qu'il commence lui-même par être respectueux. Et ensuite, nous verrons... Parce que lui vous accuse.
Les insoumis n'ont rien à voir avec une protection policière ou avec des appels à la violence.
Et avec la campagne qu'il subit ?
Je ne sais pas de quoi vous parlez, en fait. Vous m'amenez en sujet... C'est des collègues de l'Opunion qui affirment que Michael Delafosse accuse les insoumis. Par exemple, Nathalie Oziol, qui est députée de Montpellier, elle vous donnera les détails qu'il faudra.
Vous n'êtes pas au courant, donc Mathilde Panot. J'en viens à la situation au Proche-Orient, si vous le permettez. Et l'armée israélienne a mené cette nuit une nouvelle salve de frappe sur le sud de Beyrouth. Les appels de la communauté internationale au cessez-le-feuille et au dialogue résonnent dans le vide. Israël menace de frapper les installations nucléaires iraniennes après que l'Iran a envoyé lundi 200 missiles sur Israël. Est-ce que la communauté internationale est démunie, dépassée, Mathilde Panot ?
Je crois que là, on arrive à un point d'escalade. Nous avions craint ce moment-là où le conflit au Proche-Orient allait prendre une escalade et une régionalisation qui est extrêmement inquiétante et où, à la fin, la loi du plus fort est en train de primer sur le droit international. Vous avez vu que Netanyahou a dit que maintenant, le secrétaire général de l'ONU était persona non grata sur les territoires israéliens. Je veux dire que ce n'est pas une guerre entre Israël et l'U.S. Bola. C'est une guerre contre le peuple libanais, tout comme ce n'est pas une guerre entre Israël et le Hamas, mais un génocide qui est fait au peuple palestinien. Et que donc, la clé, c'est d'arrêter Netanyahou.
Et pour arrêter Netanyahou, il faut passer des paroles, qui sont souvent vaines, à des actes. Et je le dis pour la France notamment. Quand la France arrêtera-t-elle les livraisons d'armes à Netanyahou ? Netanyahou ? Quand la France décratera-t-elle des sanctions à l'encontre d'Israël ? À partir de quand agira-t-elle pour mettre fin et pour suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël ? Et quand la France reconnaîtra-t-elle enfin la reconnaissance de l'État de Palestine ? Parce que je le dis, la clé, c'est le cessez-le-feu à Gaza. S'il y a le cessez-le-feu à Gaza, alors la guerre au Liban s'arrêtera.
Si la guerre au Liban s'arrête, il devra avoir justement le cessez-le-feu à Gaza. Donc il faut impérativement que les voies pour la paix se mobilisent partout et que nous forcions les gouvernants à prendre des mesures et des actes qui vont au-delà des paroles.
Point par point, Mathilde Panot, est-ce que vous entendez ceux qui disent si aujourd'hui, dans le contexte actuel, les livraisons d'armes cessent vers Israël, Israël devient vulnérable, n'est plus en mesure d'assurer sa sécurité ? Est-ce qu'il y a des garanties de sécurité à apporter au peuple israélien aussi ?
Mais vous savez, je crois que c'est Netanyahou qui est en train de mettre en danger la sécurité d'Israël. En menant d'un côté un génocide, une politique de colonisation extrêmement agressive en Cisjordanie, la guerre au Liban, pays allié et ami de la France, c'est Netanyahou qui met en danger la sécurité d'Israël.
Vous ne craignez pas que la cessation brute de livraison d'armes mette Israël davantage en danger ? Compte tenu du contexte dans lequel on est aujourd'hui.
Non, je ne crois pas. Je crois que c'est ce qui force justement à Netanyahou d'arrêter la guerre totale qu'il souhaite pour pouvoir se maintenir au pouvoir et que c'est justement en arrêtant Netanyahou que nous pourrons faire en sorte qu'il y ait une paix durable dans la région et notamment la solution à deux États qui est celle que promets et que promeut les résolutions
du droit international et de l'ON. Est-ce que la clé, ce n'est pas aussi le retour des otages qui sont toujours retenus à Gaza ? 97 des 251 otages enlevés se trouveraient toujours dans l'enclave. Comment on fait pour les faire revenir ? Ça passe par le cessez-le-feu.
D'ailleurs, vous avez vu qu'il y a beaucoup des manifestations monstres, des grèves qui ont été faites en Israël qui comprennent que le fait de continuer le génocide depuis maintenant un an à Gaza est quelque chose qui met en danger les otages. Donc la question, c'est celle d'avoir le courage de la paix. Vous savez, moi...
Est-ce que vous vous joindrez lundi ? C'est l'anniversaire tragique du 7 octobre. Est-ce que la France Insoumise se joindra au rassemblement pour réclamer, par exemple, le retour des otages ? Mais nous avons toujours demandé le retour des otages. Par exemple... Mais lundi, vous serez dans les cortèges. Vous serez dans les rassemblements.
Non, je ne suis pas sûre parce que nous, nous voulons qu'il y ait à la fois l'hommage aux personnes qui ont été massacrées dans les actes terroristes du 7 octobre, mais aussi dénoncer le génocide en cours depuis un an, apporter tout notre soutien au peuple libanais. Et juste un peu après le 7 octobre, j'avais fait un discours à l'Assemblée nationale où je redonnais les paroles que le père d'une jeune fille qui avait été prise en otage disait. Il disait, il faut avoir le courage de la paix parce qu'aussi à Gaza, il y a des gens qui pleurent des morts. Et donc à quoi ça sert tout ça ? De faire toujours plus de morts, toujours plus de morts.
Donc le fait de dire qu'il faut respecter le droit international, que Netanyahou doit être arrêté d'urgence et qu'il faut donc des sanctions pour obliger Netanyahou à arrêter cette guerre totale, est justement ce qui va vers la paix, ce qui permet aux otages d'être en sécurité et surtout au peuple palestinien et au peuple libanais d'arrêter d'être massacré.
Mathilde Pâneau, je ne vous reprends pas sur le terme de génocide et toutes les polémiques qu'il peut y avoir sur l'utilisation du nom du terme. Pour un national de justice. Un chiffre révélé par RMC hier, les actes racistes et antisémites à l'école explosent. Plus de 3600 recensés l'an dernier, quatre fois plus d'actes antisémites en un an. On voit que les secousses du 7 octobre fracturent aussi la société française. Comment on refait société après une année telle que celle que l'on vient de vivre ?
On fait société notamment en ne faisant pas croire que parce que vous êtes de telle religion, vous êtes un soutien inconditionnel à Netanyahou. Parce que vous êtes de telle autre religion, vous seriez un opposant à je ne sais quoi. donc en arrêtant d'essentialiser les gens. Et nous, nous sommes des humanistes et les humanistes disent que quelle que soit votre couleur de peau, quelle que soit votre religion, quel que soit votre genre, eh bien en aucun cas vous ne pouvez être discriminé. Et nous avons toujours dit qu'à chaque moment, si quelqu'un était discriminé du fait de sa religion, si quelqu'un était agressé du fait de sa religion, nous serons à leur côté.
Enfin, dernière chose qui me tient particulièrement à cœur. Il faut arrêter d'aller dans la vision que porte l'extrême droite qui fait croire que, en quelque sorte, les antiracistes que nous sommes serions devenus des racistes et notamment des antisémites. Et je le dis, lorsque vous avez Netanyahou qui dit à l'ONU que l'ONU est devenue antisémite, eh bien vous comprenez que c'est une accusation qui est faite et une infamie qui est faite sur tous ceux qui soutiennent le peuple palestinien. Et nous n'arrêterons pas de soutenir le peuple palestinien.
8h53 sur BFM TVRMC. Mathilde Panou, merci d'être venue à ce micro ce matin. Président du couple La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, député du Val-de-Marne. Bonne journée à vous et bonne journée à tous. Merci.
Mathilde Panot