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interviewRMC· 14 septembre 2023 21 min

L'interview politique intégrale de Marion Maréchal sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Il est 8h32 sur RMC et BFM TV. Bonjour Marion Maréchal. Vous êtes vice-présidente de Reconquête, le parti d'Éric Zemmour. Vous êtes tête de liste désormais aux élections européennes. On va revenir évidemment sur cette bataille qui s'engage, puisque vous avez décidé de vous lancer dans cette campagne des élections européennes. On commence par ces images qui nous arrivent de Lampedusa. Lampedusa, c'est cette petite île au sud de l'Italie, au sud de l'Europe, qui est en état d'urgence depuis hier soir pour avoir vu débarquer 6 000 migrants en 24 heures. La plupart d'entre eux viennent de Libye, où la situation est évidemment terrible depuis le passage de cette tornade.

Qu'est-ce que vous feriez ?

0:53
Marion Maréchal

Déjà, il faut que les gens qui regardent ces images mesurent que ce n'est que le début. Nous ne sommes même pas aux prémices de ce que nous allons vivre. C'est dire l'immense défi civilisationnel qui nous attend à travers cette submersion migratoire. Je pense que quand on a 6 000 migrants qui arrivent en 24 heures sur une île de 6 000 habitants, on peut parler de submersion. Les Italiens ont un terrible sentiment d'abandon. Première chose, d'ailleurs, puisque vous parlez à l'instant des élections européennes, ça nous rappelle l'immense enjeu qui est celui de ces élections européennes, à savoir changer non seulement de majorité, ce qui sera possible, et changer la présidence de la Commission.

Je rappelle que Mme von der Leyen, qui a été élue notamment par le groupe auquel appartient les Républicains, est une femme qui a évincé l'ancien président de Frontex, Fabrice Leggeri, parce que cet homme voulait faire de Frontex une agence de protection de nos frontières. Alors elle voit Frontex comme une agence humanitaire qui est là d'abord pour aller chercher les bateaux de migrants et les ramener sur nos côtes.

1:40
Présentateur

Oui, mais entre-temps, ils sont là, c'est bâton.

1:41
Marion Maréchal

Oui, mais pardon, mais ils sont là, mais parce qu'il y a aussi ce genre de signal qui est envoyé. Ils sont là parce qu'il y a aussi des signaux, tels que celui que nous avons vu hier avec la tribune de la gauche.

1:51
Présentateur

Pour vous, ils sont là à cause de ces signaux ? Ils ne sont pas là parce que...

1:53
Marion Maréchal

Ils sont aussi là à cause de ces signaux ? Ils n'ont plus rien à perdre. Pardon, madame, mais quand on regarde aujourd'hui le modèle qu'il y a en Australie, qui a envoyé des signaux extrêmement fermes, de fermeture justement de leurs frontières et de refus d'accueil, il n'y a plus aujourd'hui de bateaux qui tentent de la traverser pour aller en Australie. Géographiquement, vous reconnaîtrez que ce n'est pas tout à fait la même situation. Tout à fait, mais il y a aujourd'hui des appels d'air, j'y reviens, qui sont envoyés.

Je vous parlais à l'instant de la tribune qui a été co-signée par la gauche par une partie de Renaissance et du modèle, qui appelle à la régularisation des sans-papiers, qui existe aujourd'hui d'ailleurs déjà dans notre pays, même si elle n'est pas automatique.

Mais quand vous cumulez, s'il vous plaît, si vous voulez, à la fois ce message de récompense possible quand vous violez les frontières françaises, l'accès particulièrement généreux aux aides sociales, l'accès à la nationalité également, qui aujourd'hui est en France extrêmement facile, notamment par l'existence du droit du sol, bien évidemment vous incitez à cette immigration et donc vous alimentez le souhait et l'envie de ces populations de se rendre en Europe

2:45
Présentateur

Je vais revenir sur ma question parce que... Sur le rêve d'un El Torado qui n'existe pas malheureusement ou plus en tout cas. Ça m'a frappée lorsque je vous ai posé cette première question sur les images que l'on voit et que je décris pour ceux qui nous écoutent sur RMC, de ces toutes petites embarcations, ces tout petits bateaux avec effectivement sur chacun plusieurs dizaines de migrants qui affluent. Vous m'avez tout de suite répondu, c'est un enjeu civilisationnel. Oui. Je voudrais qu'on s'arrête sur ce mot civilisation. Vous êtes chrétienne, vous le dites, vous le revendiquez, vous parlez d'ailleurs des racines chrétiennes de la France.

Le pape, le pape François arrive en France dans quelques jours et lui, il estime qu'il s'agit précisément d'un naufrage de notre civilisation. Il utilise le même mot que vous. Naufrage de notre civilisation que de garder cette politique migratoire européenne qui repousse l'étranger.

3:37
Marion Maréchal

Oui, moi je suis en désaccord avec le pape François. Je trouve que le pape François n'a pas affaire de la politique et qu'il en fait trop. Vous savez, le pape n'est infaillible que sur le dogme. On ne va pas faire de la théologie. Mais donc, en l'occurrence, il a son prisme aussi de pape sud-américain qui ne connaît pas finalement aujourd'hui le type d'immigration que nous connaissons et qui manifestement ne mesure pas ce à quoi nous sommes confrontés.

Je crois qu'il n'est pas charitable aujourd'hui de promettre à ces populations un accueil que nous ne sommes plus en mesure de leur donner, un travail que nous ne sommes plus en mesure de leur donner et surtout au prix de la cohésion et de la sécurité et du calme de nos propres sociétés. Oui, mais je ne le choisis pas entre les êtres humains. C'est-à-dire qu'au fond, il a été à l'entrée d'une, le pape. Il a choisi cet endroit pour aller dire la messe à cette année. Je suis une responsable politique française. Et donc, ce qui m'importe d'abord, c'est le bien-être, les intérêts et la cohésion de mon peuple et de mon pays.

Moi, ce que je vois aujourd'hui, c'est les conséquences de cette immigration incontrôlée sur notre pays, à la fois en matière de sécurité. J'espère bien sûr qu'on y viendra en matière économique et en matière culturelle. Vous me parlez à l'instant des racines chrétiennes. On n'a pas besoin d'être catholique dans ce pays pour admettre quand même que notre pays a des racines chrétiennes. Il est évident qu'aujourd'hui, l'immense bascule culturelle que nous sommes en train de vivre peut changer définitivement le visage de notre pays.

Si demain, pardonnez-moi, mais l'islam devient majoritaire et que de fait, comme dans l'ensemble des pays où l'islam est majoritaire, la charia s'applique à des niveaux différents, bien nous ne serons plus le visage de la France que nous connaissons aujourd'hui, celui de la liberté de la femme, celui de la liberté d'expression, d'opinion, de la liberté même de conscience. Et donc moi, je ne veux pas, j'ai deux petites filles, je ne veux pas avoir cette bascule à l'œuvre. Et en voyant aujourd'hui ces bateaux arriver, il faut comprendre que c'est ça qui se joue. Et donc c'est ça aussi qui va se jouer au niveau européen, j'insiste. C'est ça qui se joue.

Et c'est ça qui se joue aussi au niveau européen. Parce que ça, ce qui est vrai, et là vous avez raison, c'est en ça que les Italiens se sentent abandonnés. Ils sont la porte d'entrée géographique du continent. C'est évidemment une réponse nationale d'abord. On a parlé tout à l'heure d'un certain nombre de pistes. Mais c'est aussi une réponse européenne, bien évidemment. Parce que c'est devenu un enjeu continental. Aujourd'hui, pendant longtemps, un certain nombre ont cru que la France payait, d'une certaine manière, son passé colonial ou son succès lié à la francophonie. Mais non, on voit bien qu'aujourd'hui, tous les pays européens sont frappés.

Donc ça appelle aussi une réponse collective. D'où la nécessité de changer la présidence de la Commission. Et de faire enfin, notamment de Frontex, une véritable agence de défense de nos frontières.

5:49
Présentateur

On l'a bien compris. Et d'ailleurs, c'est votre slogan. Le slogan de votre campagne, c'est « Protéger notre civilisation ». Je vous repose la question. Avez-vous, avec le pape, une autre acception du mot ? Pour vous, vous ne parlez pas de la même chose qu'en vous disant le mot « civilisation ».

6:03
Marion Maréchal

Pour vous, « civilisation », c'est quoi ? Je veux bien qu'on parle du pape pendant un quart d'heure. Mais je ne suis pas là pour faire un débat avec le pape. Je vous ai dit que j'étais en désaccord sur son point de vue. Je considère qu'il y a une civilisation européenne, comme il y a une civilisation africaine, chinoise, indienne. Je considère que cette civilisation européenne a sa spécificité, sa singularité, sa beauté. Qu'elle a le droit, dans le concert de l'humanité, d'exister et de continuer d'exister.

Et qu'elle sera condamnée à la disparition, si en effet, pardonnez-moi ce terme abrupt, mais le continent africain se déverse pour des raisons démographiques et économiques sur le continent européen. Et donc, en cela, je considère que le pape n'a pas à se mêler de politique. Vous savez, il commence déjà par remplir les églises françaises qui sont bien vides, face au contraire à un islam de plus en plus complètement.

6:46
Présentateur

Il s'apprête à remplir le stade Vélodrome pour une messe.

6:50
Marion Maréchal

Et de plus en plus fondamentaliste. Donc, en l'occurrence, je ne peux pas vous dire mieux. Vous auriez été, vous, présidente, vous iriez à une messe du pape au stade Vélodrome ? Je ne suis pas du tout choquée par ça. Je veux dire, là, on est face à une polémique en ce qui concerne la présence éventuelle du président à la messe. Ou pas, Emmanuel Macron qui prévoit d'y aller. Totalement montée par la France insoumise.

C'est, effectivement, une polémique qui n'existe pas dans la société française, mais qui est d'autant plus ridicule qu'on a, depuis quelques jours, LFI, qui, au contraire, invite à la violation des lois de la République au sein des écoles, qui n'est pas choquée, manifestement, par le fait qu'on puisse porter des tenues islamiques à travers l'abaya au sein de nos écoles publiques et qui, dans le même temps, va faire une polémique parce que le président pourrait éventuellement assister à une messe. Bon, honnêtement, je trouve que ce n'est pas à la hauteur du niveau du débat politique.

7:35
Présentateur

Au-delà de la question politique, au-delà de la question de la foi, vous, femme française de votre âge, vous seriez à Lampedusa, face à ces bateaux qui arrivent, vous faites quoi ?

7:44
Marion Maréchal

Ah, mais je pense qu'il faut les renvoyer vers les ports d'origine. Parce que le problème, si vous voulez, parce que, moi, je veux bien qu'on parle de charité. Vous les retournez, vous les traitez. Mais il faut imaginer que derrière ces images, on n'est pas face à quelque chose de spontané. On est face à quelque chose d'organisé. Je veux dire, on ne va pas y revenir, on en a très largement parlé. On sait aujourd'hui qu'il y a des trafics d'êtres humains, on sait qu'il y a des ONG, ça a été démontré par de nombreux rapports, notamment en Italie, qui participent de ce trafic et qui alimentent ce trafic.

On sait évidemment que, pour des raisons statistiques, plus il y a de tentatives de traverser, plus il y a de morts en Méditerranée. Donc, je veux dire, les politiques aujourd'hui que nous mettons en place, ce laxisme que nous alimentons, ils participent de la mort de ces personnes qui, au péril de leur vie, bien sûr, traversent. Moi, je n'en veux pas à ces personnes, j'en veux aux responsables politiques qui continuent de leur dire que nous sommes en capacité de les accepter. Enfin, je veux dire, on a encore vu une terrible nouvelle de cette femme qui a été massacrée à Nice par un Ougandais. On voit aujourd'hui le lien que plus personne... Non, non, un suédois.

Non, pardon, la personne qui a attaqué la femme à Nice, manifestement, est de nationalité subsaharienne. Et donc, en l'occurrence... Non, non, je pensais que vous parliez de celle qui est... Pardon, à Nîmes. Oui, oui, non, on ne parle pas de la même chose. Mais je vous donne cet exemple, mais qui est révélateur... C'est-à-dire qu'il y en a un suédois hier,

8:59
Présentateur

vous choisissez quand même... En effet, excusez-moi, moi, je suis remontée sur celle... Oui, mais qui a été tabassée en pleine nuit, effectivement, visiblement, dans une agression totalement gratuite et laissée pour morte, il était suédois. C'est-à-dire qu'en fait, vous, quand même, vous choisissez celui qui vous arrange...

9:11
Marion Maréchal

Non, je ne choisis pas du tout. Aujourd'hui, même le ministre de l'Intérieur, Gérald Dandemain, admet qu'il y a un lien structurel entre immigration et délinquance. Il y a des chiffres du ministère de l'Intérieur, pour ne citer que cela, qui rappellent quand même que la moitié de la délinquance à Paris et à Marseille sont liées à des personnes de nationalité étrangère, de nationalité étrangère. À Lyon, c'est 40%. Donc, je vous laisse imaginer à Nice et dans toutes nos grandes villes.

Donc, aujourd'hui, à un moment donné, expliquer qu'il est charitable de laisser cette situation se mettre en place, allez expliquer ça aux familles, aujourd'hui, qui sont autour du lit de ces victimes, soit laissées pour mortes, soit mortes. Une fois de plus, moi, d'abord, je m'intéresse à ceux dont j'ai la responsabilité, c'est-à-dire ces victimes françaises dans leur propre pays qui n'arrivent plus à vivre du fait des conséquences...

9:51
Présentateur

– Marie-Marie, on va revenir sur la loi immigration, sur cette question aussi de sécurité. Je voudrais qu'on parle d'Europe, puisque ça va être effectivement votre cheval de bataille. Quand vous voyez justement l'Italie, Georgia Meloni n'a pas voulu choisir entre l'Italie et l'Europe. Elle est restée très pro-européenne, et d'ailleurs, ça se passe très bien avec les institutions européennes. Est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est compatible ? Est-ce que quand on partage des idées de Georgia Meloni, dont vous partagez un grand nombre d'idées, on peut finalement, comme elle, bon an, mal an, rester assez pro-européenne ?

10:21
Marion Maréchal

– Alors déjà, la situation italienne n'est pas tout à fait la situation française, comme vous le savez, et c'est en cela d'ailleurs que le sujet, notamment de la dette et de la situation économique, est un sujet majeur de souveraineté et de liberté, parce qu'aujourd'hui, l'Italie est tributaire d'un certain nombre de plans de relance européens, qui d'une certaine manière... – Ce que vous voulez dire, c'est qu'elle n'a pas le choix que d'être européenne, elle a besoin des Européens comme de ses banquiers. – Je pense qu'il y a une partie subie, c'est-à-dire qu'on parle de l'immigration.

Moi, j'ai vu Georgia Meloni, je la suis depuis longtemps, je sais que c'est une femme qui a l'idée très claire sur aujourd'hui le risque que représente l'immigration, notamment clandestine, qui a voulu prendre un certain nombre de mesures très fortes, qui s'est vue empêcher, soit parce qu'en effet la Commission a tapé du poing sur la table, soit parce que la Cour européenne des droits de l'homme l'a rappelée à l'ordre, soit parce que même les cours nationales, par des jurisprudences complètement scandaleuses, ont empêché aujourd'hui qu'on puisse condamner les ONG qui étaient à l'origine de l'arrivée de ces migrants.

Et donc la conséquence, c'est qu'elle s'est dit bon, je change de stratégie, je monte au niveau européen et je tente de trouver un consensus au niveau européen. Et pour cela, en effet, elle travaille avec la Commission. Moi, ce que j'ai envie de dire à l'occasion de ces élections européennes, c'est que comme nous avons l'opportunité historique de pouvoir faire basculer le centre de gravité vers la droite, tous les sondages le montrent, l'objectif c'est quoi ?

C'est de permettre à des gens, justement comme Mme Mélanie, de pouvoir appliquer en lien avec l'Union européenne les politiques qu'ils ont envie de mettre en œuvre et non plus d'avoir au sein de l'Union européenne une politique contraire qui veut justement désarmer tous ces pays face à ce phénomène.

11:37
Présentateur

Jordan Bardella sera la tête de liste pour le Rassemblement national. Aucun moyen que vous vous réconciliez,

11:46
Marion Maréchal

que vous fassiez une liste commune ? Alors, vous savez, moi j'ai lancé un appel le dimanche dernier lors de mon discours, aux Républicains notamment, j'ai invité à ce que nous puissions travailler avec des gens comme François-Xavier Bellamy, pour qui j'ai beaucoup d'estime, qui avait, souvenez-vous, appelé, expliqué qu'il voterait Éric Zemmour face au deuxième tour des élections présidentielles s'il était face à Emmanuel Macron, pour Nadine Morano, qui a eu une intervention courageuse sur la répartition des migrants contre d'ailleurs son propre groupe, ou des gens comme Julien Aubert, je l'ai longtemps combattu dans le Vaucluse, mais tout ça pour vous dire que...

Enfin, ça c'est du côté des Républicains. Ça veut dire que vous tournez le dos, vous êtes passé de ce côté-là et non plus du côté du HLN. On a pu être concurrents, mais je trouve qu'à un moment donné, la conviction que j'ai et le souhait que j'ai ardemment, c'est que les idées auxquelles je crois puissent gagner. Et je crois qu'aucun parti ne peut gagner seul. Et donc depuis le départ, c'est l'un des fondements de mon engagement. Déjà, quand j'étais au Rassemblement national, je défends cette idée d'alliance des droites. avec les Républicains, avec également le Rassemblement national. Nous l'avons proposé. Ça vous demande plus d'efforts ? Non, non, pas du tout. Non, pas du tout.

Parce que je veux que les choses soient claires et que ça concerne tout le monde. Au moment des législatives, nous avions proposé cette coalition face à la coalition de l'extrême-gauche. Le Rassemblement national avait refusé comme les LR. Aujourd'hui, j'ai cru percevoir une évolution de Jordan Bardella il y a quelques jours. Et donc j'ai immédiatement répondu très bien, discutons-en, mettons-nous autour de la table avec les Républicains, prenons rendez-vous et voyons comment cette coalition peut prendre forme ? Jusqu'ici, je n'ai pas eu de réponse claire. Il ne vous a pas rappelé ? Vous n'avez pas échangé de message ? Non, pas à l'heure où on parle. Mais vous pourriez rejoindre sa liste ?

Vous pourriez prendre place dans la liste de Jordan Bardella ? Aujourd'hui, il ne s'agit pas de savoir qui va être où dans la liste. Il s'agit déjà d'une question de principe. Est-ce qu'on est prêts ou pas à travailler avec d'autres... Est-ce qu'ils sont prêts ou pas à travailler avec d'autres parties, ce qu'ils n'ont jamais fait jusqu'alors, à se mettre autour de la table et à réfléchir à un accord sur un projet européen ?

13:33
Présentateur

Et s'il n'y a pas d'accord avant les élections, est-ce que vous vous dites que nous pourrions siéger dans le même groupe une fois que nous serions dans l'émission européenne ?

13:40
Marion Maréchal

Je continuerai de défendre cette idée. Enfin, que les choses soient quand même dites. Il ne faut pas se tromper d'enjeu, il ne faut pas se tromper d'élection. J'entends aujourd'hui dire à un certain nombre de responsables du RN, oui, les autres ne servent à rien, les autres ont des candidatures de témoignages, ils vont diviser, nous, on doit arriver premier. Très bien, mais en 2014, le RN arrive premier, ça n'empêche pas Emmanuel Macron d'être élu. En 2019, ils arrivent premiers, ça n'empêche pas Emmanuel Macron d'être réélu. Donc il ne faut pas se tromper, si vous voulez. Là, l'objectif, ce n'est pas d'être premier.

L'objectif, c'est d'envoyer un maximum de députés pour alimenter cette recomposition de la droite au Parlement européen. On est un scrutin à un tour proportionnel. Les votes se cumulent, ils ne s'annulent pas. Il n'y a pas de deuxième tour. Attention de ne pas tromper d'élection.

14:17
Présentateur

Est-ce que quand vous voyez les chiffres, vous l'avez peut-être vu sur notre antenne depuis ce matin, ce sondage Elab qui montre une Marine Le Pen plus forte que jamais. Les Français estiment, je cite, qu'elle est capable de rassembler les Français, qu'elle a les qualités nécessaires pour être présidente. Ils ont une image où ces quelques défauts qui lui étaient attribués sont en baisse. Ils la trouvent un peu moins autoritaire, un peu moins arrogante, un peu moins inquiétante et à l'inverse, plus courageuse, plus dynamique. Bref, tout est au vert. Est-ce que vous ne dites pas que je suis partie au moment ?

14:50
Marion Maréchal

Je reconnais volontiers de grande qualité personnelle et politique à Marine Le Pen. Mais je maintiens quand même que qualité ou pas, personne ne peut gagner seul. Ce n'est pas une question de Marine Le Pen ou pas d'ailleurs. C'est nos institutions qui veulent ça. Et la deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui, à Reconquête, nous avons un projet politique différent. Il y a des convergences avec les LR ou avec le RN. Il y a des divergences avec les LR ou avec le RN. Aujourd'hui, on a un parti qui en effet a pour priorité la défense de notre identité et de notre culture, qui a un projet pour simplifier économiquement de droite. On aura peut-être la question de le développer.

C'est peut-être là-dessus

15:20
Présentateur

que vous êtes d'ailleurs le plus éloigné

15:22
Marion Maréchal

du parti dont vous êtes issu. Entre autres, mais il y a beaucoup de singularité. On est très engagé, vous le savez, sur les questions d'école, de lutte contre le wokisme, de propagande LGBT. Donc, on a un projet qui est différent, qui a sa singularité. Donc, aujourd'hui, on va défendre ce projet auprès des Français dans cette élection. Mais vous ne vous dites pas quand même... Mais je n'ai pas eu le sens du timing. Moi, je considère qu'il n'y a pas d'ennemis à droite. Il y a des concurrents, c'est d'abord la gauche, c'est d'abord le centre allié à la gauche. C'est aujourd'hui ceux qui gouvernent, en effet, au Parlement européen.

Et c'est en cela, d'ailleurs, que j'essaye et j'espère que nous aurons l'occasion de révéler, finalement, ce double jeu des Républicains au niveau européen pour certains des élus, pas tous, pour certains des élus qui participent d'un groupe qui a fait élire Mme Marlène.

16:08
Présentateur

Marion Maréchal, quand vous voyez dans ce sondage, il y a quand même un chiffre qui est assez saisissant et qui est en progression. Aujourd'hui, 54% des Français se disent d'accord avec les idées de Marine Le Pen.

16:22
Marion Maréchal

Mais je pense qu'aujourd'hui, il y a une large majorité des Français qui sont d'accord sur les questions notamment identitaires parce que c'est quand même un sujet majeur et ce qui est révélé dans tous les sondages et confirmé dans tous les sondages, c'est que c'est l'un des rares sujets qui fait même consensus. Donc, dans ces conditions, on a du mal à comprendre pourquoi, en effet, le président de la République n'arrive pas à se résoudre, à mettre en place un projet de loi qui soit plus restrictif.

Lui qui, je le rappelle quand même jusqu'alors, est quand même le président record de l'immigration illégale et illégale alors même que, pour une fois, on a la chance d'avoir des Français qui sont d'accord. Mais manifestement, les États-majors politiques ne sont pas en accord avec leur base.

16:53
Présentateur

Pas de regret, donc, d'avoir quitté l'ERN ?

16:55
Marion Maréchal

Non, mais une fois de plus, je suis là où mes convictions m'ont amenée.

16:59
Présentateur

Marion Maréchal, vous parliez de la question de la régularisation des sans-papiers. Le parti présidentiel est tiraillé sur cette question. Initialement, il souhaitait faire une régularisation des sans-papiers qui travaillent sous certaines conditions dans les métiers dits en tension. Il semble qu'ils s'apprêtent à renoncer à ce volet-là pour obtenir les voix DLR. Concrètement, vous vous dites qu'ils sont revenus à la raison. Est-ce que vous pensez aussi à tous les patrons de PME dans la restauration, dans le bâtiment qu'ils ne trouvent pas d'emploi ? Alors là,

17:37
Marion Maréchal

en l'occurrence, ils ne renoncent pas par conviction mais par stratégie politique comme vous venez de le révéler. Mais ça fait 40 ans qu'on nous explique qu'il y a des métiers en tension et ça fait 40 ans qu'on fait venir de l'immigration en disant qu'on va justement régler le problème de ces métiers en tension et ça fait 40 ans que les métiers restent en tension. Donc comment on les règle ces métiers en tension ? Peut-être changerons de stratégie. Peut-être posons-nous la question de savoir si on donne les moyens à ces agriculteurs ou restaurateurs ou patrons de PME de payer correctement ces métiers en question. Peut-être posons-nous la question aussi du coût des salaires.

Paisons-nous aussi la question aujourd'hui des dérives de l'assistanat quand dans certains cas ne pas travailler et cumuler les aides est plus intéressant que d'être un travailleur pauvre au SMIG. Évidemment tout ça participe d'un pays dans lequel il y a 5 millions de chômeurs et on a en effet des branches aujourd'hui qui n'arrivent pas à recruter. Mais la stratégie si vous voulez de dire aujourd'hui faisons venir encore davantage d'immigration montre bien ses limites avec toutes les conséquences qu'il y a. Je rappelle par ailleurs qu'il y a aujourd'hui un taux d'inactivité chez les ressortissants étrangers qui est deux à trois fois plus important que chez les Français.

Donc en fait en réalité au prétexte de faire venir de l'immigration de travail on alimente encore davantage même le chômage et l'inactivité de notre pays qui pèsent bien sûr sur les Français et les classes moyennes en particulier.

18:44
Présentateur

La sécurité après le pouvoir d'achat c'est la sécurité qui arrive en deuxième point comme préoccupation majeure des Français. Lorsque l'on entend j'ai entendu la préfète de police des Bouches-du-Rhône par exemple qui était mon invité hier sur RMC qui dit mais ce qu'il se passe aujourd'hui à Marseille à Nîmes c'est précisément parce qu'on s'attaque au trafic de drogue c'est précisément parce qu'on agit est-ce que vous l'entendez ?

19:10
Marion Maréchal

Oui alors j'ai entendu aussi dire suite à un récent rapport que s'il y avait la surpopulation carcérale en France c'est parce qu'en fait on avait une politique pénale très ferme et que donc du coup nos prisons étaient pleines.

Elles sont ultra pleines elles sont totalement ultra pleines mais que les choses soient dites Il y a trois détenus pour deux places Mais ne nous trompons pas sur les causes c'est-à-dire qu'aujourd'hui la France est un pays où le taux de criminalité et de délinquance est l'un des plus importants d'Europe même le plus important dans certaines catégories je pense aux homicides en parallèle de cela nous avons un taux d'incarcération qui est un peu en dessous de la moyenne européenne et nous avons évidemment des places de prison qui relativement à la population sont en dessous de la moyenne européenne donc concrètement ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'aujourd'hui ça n'est pas la politique pénale ferme qui est à l'origine de cette surpopulation c'est parce que nous avons un parc carcéral dont la taille n'est pas adaptée à la gravité de la situation criminelle du pays Donc le problème c'est pas le nombre de personnes incarcérées c'est le nombre de places de prison C'est déjà d'une part de savoir pourquoi nous sommes à un tel taux de criminalité et en effet un nombre de places insuffisant Si le gouvernement avait tenu sa promesse des 15 000 places de prison d'ici la fin du quinquennat nous n'en serions déjà pas là on n'est qu'à 2441 places de mémoire qui ont été construites donc très loin du compte et pardonnez-moi quand même de le rappeler ça c'est les chiffres aussi du ministère de l'Intérieur il y a aujourd'hui 25% de personnes dans nos prisons qui sont de nationalité étrangère c'est 60% dans certaines prisons à Nice donc posons-nous aussi la question une fois de plus de ce phénomène sur l'état de la surpopulation carcérale

20:32
Présentateur

Marion Maréchal vice-présidente de Reconquête tête de liste aux élections européennes merci d'avoir répondu à mes questions 8h52 sur AMC BFM TV Merci à Pauline de Malherbe dans quelques instants le live sur BFM TV avec cette information à Marseille une enquête est ouverte après une agression à caractère antisémite à un jeune étudiant juif de 21 ans menacé insulté volé ce sera juste après cette petite pause

20:56
Locuteur non identifié

quand on pense qu'il y a des gens qui continuent d'aller chez le médecin avec tous leurs documents de santé alors qu'avec mon espace santé ils pourraient s'éviter ça et avoir leur dossier médical toujours accessible utilisez donc mon espace santé vous irez chez le médecin plus léger mon espace santé téléchargez dès maintenant l'application c'est le médecin

21:24
Marion Maréchal

quand même