Simone Veil, que reste-t-il de ses engagements ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment était-elle au quotidien ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quelle était sa vision de la politique ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Comment se distinguait-elle des autres politiques ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Quelle était sa position sur le féminisme ?
- 40:00OuverteRéponse directe
Comment envisageait-elle la démocratie ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
un matin avec Simon veille c'est ce que nous vous proposons aujourd'hui en très bonne compagnie avec deux personnes que j'aime beaucoup je vais vous présenter immédiatement pierre- frrançois veille bonjour vous êtes le benjamin des trois fils de Simone veille vous présidez la Fondation pour la mémoire de la choix auparavant vous avez œuvré pour la Fondation Yad Vachem qui est celle qui instruit les dossiers des justes en France Annie cjan vous êtes grand reporter au monde vous avez notamment consacré un ouvrage Simone veille et les siens un ouvrage publié chez Grasset où on trouve beaucoup de photos des photos très émouvantes donc de Simone veille et les siens vous avez également consacré à un roman graphique à cette femme vous l'avez souvent rencontré comment était-elle quand je pense à Simone ve je pense d'abord à à son visage c'est vrai c'est son visage qui m'apparaît avec ses yeux ses yeux Hitler presque 30 transparent et puis ce sourire qui était nimbé de mystère ce sourire qui n'était pas joyeux ce sourire qui était presque comme une concession à la vie aux usages à ses proches ce sourire qui qui cachait beaucoup de de tumulte de fracture qui disait beaucoup d'elle en même temps et qui me fascinait et puis c'est une allure c'est une dignité c'est une elle avançait avec ce effectiv ces yeux clair et cette a bravach donnant l'impression qu'elle était très sûr d'elle alors Queen fait elle était moins que ça sans doute moins qu'il en en apparaissait mais mais il y avait cette certitude aussi de de connaître sans doute mieux que quiconque ce que cachait l'âme humaine la nature humaine et je l'ai rencontré d'abord pour évidemment pour le travail en 93 elle revenait au gouver et moi j'ai arrivé dans le pool des grands porterirs au monde et on m'a confié la mission de de faire un grand portrait à ce momentlà on faisait vraiment des des portraits on avait eu un mois pour le faire et et c'était donc très important j'étais horriblement intimidé et je je je le faisais avec ma consœur en gade Lejard et je pense qu'on a rencontré d'abord une trentaine de personnes pour cner le personnage avant d'oser demander un rendez-vous et elle nous a invité un soir une segégure avenue de seggure dans son ministère et on a parlé et réellement journaliste devrait pas dire ça j'étais totalement subjuguée parce qu'elle nous parlait vrai elle nous parlait franchement elle était absolument pas dans la séduction il y avait pas ce côté Enour qu'on quelquefis les ministres quand ils veulent se faire connaître et et et justement qu' veulent plaire mais on était tellement loin de ça on était tellement loin des techniques de de communication de j'ai envie de me montrer sur le mon bon aspect et et cette façon qu'elle a eu de nous parler simplement bah ouais de son histoire de la Choa bien sûr et puis après de ce qu'elle voulait faire de cette déterm mination qu'elle avait pourquoi elle revenait au gouvernement c'était pas nécessaire au fond pour se dire elle était tellement populaire entreemps il y avait évidemment l'avortement et puis et puis son grand passage si marquant au Parlement européen mais elle revenait et elle disait B on lui demandait mais vous êtes tellement populaire que c'était nécessaire elle disait mais je là c'est Pierre-François qui va pouvoir répondre parce que elle disait mais je justement cette popularité mes fils me disait tu tu peux pas la garder pour toi enfin comme comme quelqu'un qui qui garderait son magot qui garderait son trésor et et qui mrait avec son son trésor sans rien en avoir fait voilà et donc elle était décidée à apporter effectivement ça contribution et et et faire la différence tellement sûr que si quelque chose était fait qu' ne lui plaisait pas et bien elle claquerait la porte vous lui disiez ça à votre maman Pierre-François veille bonjour Guillaum merner merci de cette émission et merci de de me recevoir avec Annie cjan pour laquelle je dois le dire tout de même maman avait beaucoup de d'affection c'était pas toujours vrai pour l'ensemble des gens qu'elle rencontrait elle avait en général de la considération ou en tout cas elle la manifestait mais pour annieogan elle avait beaucoup d'affection et je je tenais à le dire oui c'est vrai que c'est vrai que mon père mes frère et moi nous disions à maman que le le fait d'être je sais pas s'il faut utiliser le mot d'icône mais le fait d'être une icône devait devait l'inciter éventuellement à à rentrer dans le dans le débat et à dire ce qu'elle pensait si elle avait quelque chose à dire sur tel ou tel sujet et non pas simplement à resté comme une jolie potiche installée sur le dessus de la cheminée et donc celle qui était votre maman comment était-elle au quotidien je sais que vous êtes un homme pudique et que et pas vous faire violent écoutez au quotidien euh elle était elle elle était comme certainement comme comme comme toutes les mères alors tout le monde a tout le monde a évidemment pas la chance de de pouvoir venir à une matinale de Guillaume Herner pour parler de sa mère la plupart du temps les gens mettent donnent 70 € un psychanalyste une fois par semaine pour parler de leur mère je vous je vous remercie de cette cette occasion m donné elle elle était une mère comme les autres attentive s'intéressant à l'éducation de ses enfants je dois dire plus au probablement plus au aux valeurs morales qu'elle souhaitait nous nous communiquer que que que qu'à nos résultats scolaires et de ce point de vue-là je ne sais pas si elle a été gâtée du point de vue des des valeurs morales mais pour ce qui est des pour ce qui est des résultats scolaires nous ne l'avons pas déçu on va entendre Simone veille elle comment elle se voyait c'était au micro de de Jacques Chancel dans un radioscopie je crois que je suis sérieuse avec le manque d'humour que ça comporte qui est une chose don qu'on me reproche dans dans ma famille je crois que je peux pas prendre les choses à moitié j'ai les petites choses même je j'ai envie qu'ell soit qu'ell soit bien faite et qu'elle soit vu qu'elle soit vu au fond j'aim au fond j'aurais aimé être une femme superficielle j'aurais aimé être frivole je n'y arrive pas je n'y arrive pas et j'arrive pas à me désintéresser et je n'arrive pas surtout à ne pas me passionner la voix de Simone veille anque Cogon ça me fait rire quand elle dit j'aurais voulu être une femme frivole je sais pas si c'est vrai je j'ai l'impression que c'est presque un jeu de mot parce que non bien sûr elle était tellement profonde elle était grave en effet je pense qu'elle aimait rire parce qu'elle avait cette chance d'être entouré de d'enfants et et et d'un mari drôle et en tout cas le mari vraiment plein d'humour et est très faseux donc quelque fois peut-être ça ça pouvait la choquer mais en tout cas je je l'ai vu éclater de rire quand même parlais de son son sourire qui était pas pas si joyeux et qui était très loin du rire mais malgré tout le quand ses proches la faisait rire elle elle pouvait se donner elle elle aimait aussi être entourée de femm elle avait des copines euh elle aimait ses ses après-midis ses visites de de galerie de cinéma quelquefois entre filles et elle elle utilisait même l'expression ession donc elle elle pouvait de temps en temps quand même fac céder à une sorte de de légèreté heureusement justement on a retrouvé une archive où elle explique la nécessité de rire c'était au micro de Katheline Evin cette apparence que nous donnons d'être complètement dans la vie normale et même peut-être d'avoir un peu plus de vitalité je dirais que chaque fois que entre desportés entre déportés nous nous rencontrons les gens sont étonnés parce qu'on raconte des histoires absolument horribles en riant et en étant on a à la fois besoin de euh de le prendre en caricature de dénoncer pour pouvoir supporter certains souvenirs mais aussi parce que au fond nous sommes nous avons toujours l'impression d'être en survie que nous avons une grande vitalité mais si nous nous retrouvons entre nous ce crée un monde un monde clos où on se comprend par une allusion par euh geste tout à fait anodin vous parliez des du tatouage j'ai toujours le mien on le voit presque pas mais que les camarades voient il vous disent ah ben j'ai un numéro très proche du tien on doit être dans le même convoie le convoie d'après et puis surtout une façon de percevoir la vie qui fait que beaucoup de choses qui paraissent si importantes aux autres ne ne nous apparaissent pas la voix de Simone veille et si j'ai décidé de de consacrer ces matins à Simone veille c'est en raison de la publication d'un inédit pour les générations futures aux éditions Albain Michel et j'ai demandé à une merveilleuse comédienne Sophie carité qui fait un spectacle actuellement au studio eberto à Paris dans le 17e arrondissement du 5 novembre au 15 janvier je lui ai demandé de de lire des extraits de ce discours pour les générations futures voici un extrait nous étions un petit nombre et nous nous demandions où étaient tous ceux qui étaient arrivés dans le même train et qui avaient disparu notamment en dehors des hommes systématiquement séparés toutes celles qui avaient de jeunes enfants ou des parents d'un certain âge quand je dis d'un certain âge c'était aussi des femmes de 40 ans qui en paraissaient un peu plus ou qui fatiguées avaient choisi de monter dans les camions c'était un cas assez fréquent nous commencions donc à nous inquiitter de leur sort mais c'est lorsqu'on nous a rasé qu'on nous a coupé les cheveux qu'on nous a tatoué c'est à ce moment-là que nu et tatoué nous sommes devenus vraiment inquiètes nous avons demandé à cell qui étaient préposé à ce genre d'activité ce qui était devenu les absent et très rapidement on nous dit ne vous inquiétez pas parce que de toute façon regardez on désignait une petite fenêtre dans un coin vous voyez la fumée et bien voilà c'est terminé ils ont été gazés la fumée que vous voyez ce sont déjà ceux qui ne sont plus là un extrait de pour les générations futures lu donc par cette comédienne Sophie kité c'est compliqué à Nick cjan de de reprendre la parole après ces mots c'est une expérience une expérience de la déportation que Simone veille a voulu partager qu'elle partageait qu'elle a partagé avec vous oui qu'elle partageait très bien euh c'est important qu'elle parle de ça et elle le faisait toujours avec avec gravité avec douleur avec responsabilité parce que c'était tellement important de témoigner elle accordait elle pensait que c'était une de ses missions sans doute de le faire alors elle a toujours dit que les déportés avaient toujours voulu parler euh au sortir de la guerre évidemment simplement on pouvait pas les entendre on y arrivait pas on avait pas envie pour certains mais très clairement c'était trop difficile y compris pour les très pr compris pour les familles elle savait que c'était douloureux et puis il y avait ceux aussi qui demandaient des détails sordides qui l'orfiaent et puis ceux qui détournaient la tête donc finalement beaucoup de déportés se sont tu et ça n'est que petit à petit que finalement ils ont pu parler on les a entendu et c'est est adevenu ce qu'abnette vivorka appelle l'air du témoin mais pour elle c'était fondamental de le faire et d'inciter les autres d'ailleurs à le faire de le faire en public et en famille Simone veille au micro de Philippe Bertrand je crois qu'il faut aussi il faut leur en parler en même temps il faut pas de leur imposer moi je vois sur mes trois fils le plus jeune a toujours été beaucoup plus intéressé m'a posé beaucoup plus de questions et a été plus intéressé sûrement il y en a un qui lui alors affectivement le supportait très mal il m'avait toujours dit que même si nous organisions un voyage à H fice il n'irait pas il ne le supporterait pas et je crois que ce sont des choses qui sont l'affectivité se manifeste différemment et puis surtout surtout ils appartiennent à une génération où en famille ou en amis moi je vois j'ai une de mes belles sœurs une sœur de mon mari qui a été déporté son mari est comme le mien il ne supporte pas et chaque fois que nous en parlions il y avait toujours quelqu'un pour nous couper la parole et mes beauxparents donc c'était leur fille supportai très mal qu'on en parle aussi je crois que pour les proches c'est souvent très pénible alors maintenant pour C les nouvelles générations comme c'est devenu quelque chose de plus intégré dans dans la vie française il le supporte mieux la voix de Simone veille votre maman Pierre-François veille vous êtes le benjamin de ses fils vous avez consacré une bonne partie de votre vie à à la mémoire de la Choa puisque vous présidez la Fondation pour la mémoire de la Choa on sait à quel point cette parole n'a pas été entendue immédiatement et donc c'est à la fois au fils de Simon veille mais aussi au président de la fondation de la Choa que que je m'adresse euh je crois que c'est dans la la conférence qu'elle avait donné à l'enss dont dont est tiré le l'ouvrage pour lequel vous avez voulu nous nous réunir que que maman raconte que dans les années 80 un jour où elle parlait précisément de la Choa elle elle s'étonnait du temps qu'il avait fallu pour pouvoir en en parler euh un un rabin lui avait dit mais vous savez euh il faut 40 ans comme il a fallu 40 ans d'érance dans le désert pour euh pour arriver à la terre d'Israël après la sortie d'Égypte et ce 40 ans c'est pas un hasard c'est le passage de de deux générations euh il faut du temps pour pouvoir parler des choses euh et effectivement comme maman le l'exprime très bien dans le le passage que vous avez euh que que que que vous avez bien voulu reproduire euh quand elle dit que personne ne voulait entendre il faut pas seulement entendre que que la société française ne voulait pas entendre oui c'est vrai la société française ne voulait pas entendre mais les proches aussi ne voulaient pas entendre les familles ne voulait pas entendre il faut comprendre que c'était en réalité pour eux insupportable il faut comprendre ce que ça peut être que pour des parents qui par le hasard de la vie n'ont pas été arrêtés que de devoir se conf confronté après après le retour des camps à des enfants qui eux ont été arrêtés et ont survécu c'est insupportable c'est une culpabilité épouvantable et tout le monde était pris dans ses dans ses relations et puis et maman le dit aussi dans dans d'autres interventions les les pour survivre simplement pour survivre il fallait regarder devant alors quand quand les anciens déportés se retrouvaient entre eux et ça m'est arrivé de d'assister à de telles réunions soit de petits groupes soit de groupes plus importants effectivement ils en parlaient mais sinon c'était très difficile on va écouter la voix de Simon veille on regrette toujours quelque chose on a quelquefois envie de se dire qu'on aurait envie de d'avoir une vie totalement différente oui la voix de Simone veille pour les générations futures c'est ce livre inédit publié aux éditions Albain Michel Simone veille et les siens chez grassa c'est le livre que vous est préfacé Annie Cogan on se retrouve avec vous pierre- François veille dans une vingtaine de minutes on évoquera son engagement politique sa relation aussi aux questions plus générales du monde la manière dont elle a découvert Israël et ce qu'elle pensait de la condition juive 8h sur [Musique] franceculture ce que j'ai appris le plus c'est que quand c'était indispensable j'avais plus de de sans froid que je ne le croyais les matins de France Culture Guillaume Herner un matin avec Simon veille c'est ce que nous vous proposons depuis 6H30 aujourd'hui à l'occasion de l'pparution d'un inédit pour les générations futures c'est aux éditions Albin Michel nous sommes en compagnie du grand reporter au monde Annie Cojan on vous doit notamment un roman graphique Simon veille où la force d'une femme aux éditions sttinkiss et de Pierre François veille président de la Fondation pour la mémoire de la chois on vient d'entendre en pierre- frrançois veille le le billet politique comment votre maman envisageait-elle la politique euh d'abord je voudrais dire que maman a a bien connu Michel Michel Barnier puisque euh ils ont été ensemble au gouvernement entre 1993 et 1980 15 et que j'ai moi-même le souvenir d'unun voyage où euh maman et Michel Barnier accompagn le euh Jacques Chirac dans un dans un voyage euh en en Pologne dans un voyage commémoratif à à Auschwitz birgano euh comment est-ce que maman envisageait la la politique ça m'a fait sourire quand vous avez passé cette cette ce ce ce ce moment de de parole où elle dit que c'est lorsque les les moments sont sont sont tendus et et et et difficiles qu'elle sait garder son son sang froid euh je pense que ça devrait inspirer beaucoup de nos de nos parlementaires avant qu'ils prennent la parole aujourd'hui à l'Assemblée nationale qui de ce que de ce qu'on entend partout de ce que tout le monde pense de tout ce que tout le monde ressent devient un champ de un champ de foire plutôt que le temple de la démocratie qu'il devrait être cela que cela conduit à à s'inquiéter tout de même on peut en sourire mais il faut aussi s'en inquiéter parce que j'entendais l'autre jour sur une chaîne concurrente je vous prie de m'en excuser un un sondage récemment paru dans dans Le Parisien indiquant je crois que entre 1/4 et un/3 des Français pensait que la démocratie n'est pas le le meilleur des régimes il devrait tous ces gens se se souvenir de ce que disait de ce que disait Weston churchield la démocratie et est le pire des systèmes à l'exception de de de de de tous les autres il devrait se souvenir que quand il n'y a pas de démocratie il y a dans nos sociétés une disparition de la liberté une disparition de l'individu et une une une une mise en place d'une d'une dictature il faut toujours s'en souvenir et je crois que pour revenir à au position de de de maman c'était c'était quelque chose qui pour elle était absolument fondamental d'abord d'abord préserver le débat et le débat pourquoi parce que c'est la liberté pour chacun c'est la manifestation de la liberté pour chacun de s'exprimer et de vivre on va entendre Simone veille évoquer la manière dont elle envisageait la politique par exemple quel pouvoir dispose-t-on lorsqu'on est dans un ministère à la tête d'un ministère on n'est pas un personnage historique en revanche je crois qu'on est pas un personnage historique mais qu'on a beaucoup plus de pouvoir qu'on le dit en tout cas moi c'est le sentiment que j'ai eu pendant 5 ans dans mon ministère je pense pas aux lois que j'ai fait voter mais je pense à la gestion qu'on a d'un ministère je crois qu'il n'est pas du tout indifférent que ce soit telle ou telle personne et je crois que c'est une facilité de dire qu'on peut rien faire contre l'administration je crois qu'en réalité c'est parce que très souvent on y renonce que l'administration est un espèce d'alibi pour le non faire que notamment quand on parle du ministère des Finances qui ne vous laisse rien faire c'est aussi parce que quelquefis on est très content que le ministère des Finances assume les responsabilités que on ne veut pas assumer soi-même alors c'est vrai que c'est long que c'est difficile qui a plus que c'est plus compliqué qu'on pense mais que un ministre qui veut agir vraiment peut agir la voix de Simone veille en 1988 anque Cogan vous avez vu beaucoup de de politique vous avez beaucoup vu aussi Simone veille la femme politique comment se distinguait-elle des autres moi je trouve qu'elle écoutait beaucoup les autres c'est ça qui était intéressant euh j'avais pas l'impression de rencontrer une politicienne du tout d'abord elle était pas encartée et que ça l'intéressait pas et que c'était assez fascinant quelquefois elle disait d'ailleurs je je me laisse presque trop facilement convaincre par les autres parce qu'elle écoutait vraiment l'argument du du camp d'en face si on peut dire et puis qu'elle voyait pas les gens avec les étiquettes euh qu'ils avaient PE être sur le front je me rappelle de la façon dont elle a dont elle a travaillé avec Giselle Alimi par exemple sur pour l'avortement elle l'écoutait vraiment c'était une femme de gauche et elle se parlait elle s'entendait et ça c'était réellement formidable et peu importe que giseli effectivement avait des positions difficiles et était de de l'autre côté pas justement elle était de l'autre côté Giselle Alimi je veux dire est-ce que le le fait pour Simone veille d'être de droite c'était quelque chose qui qui faisait sens c'était je je pense que jéseli la voyait pas spécialement comme ça la voyait comme une femme qui avait envie de faire des choses pour aider les autres femmes et c'était vraiment la la question de l'avortement à ce moment-là mais il y a eu tellement d'autres questions dont elle s'est occupé elle a beaucoup travaillé pour les enfants elle a beaucoup travaillé pour la libération des femmes elle a travaillé sur le divorce elle a travaillé sur l'adoption il y a eu beaucoup de lois et de textes sur lequel elle a travaillé justement on va l'entendre évoquer sa manière d'envisager son travail pour les femmes pour en revenir au problème de féminisme antiéminisme et de l'attitude de la femme qui prend conscience peut-être avant l'homme actuellement de cette évolution de la société alors qu'on dit que la femme a toujours été sur le plan politique en fait plus conservatrice que l'homme plus attaché à certaines traditions au contraire j'ai le sentiment qu'en ce moment elle est beaucoup plus sensible que les hommes à certaines mutation de la société et parce qu'il s'est ajoutter la prise de conscience de ce que la femme du fait de son sexe était en quelque S sorte tenu en marge et que dans la mesure où les jeunes ont fait maintenant des études semblables à celles des jeunes gens des garçons où ell aspirent à une situation n'est pas une égalité mais à une situation qui donne les mêmes droits quand elles prennent conscience que ça n'est pas vrai elles ajoutent à leur contestation à leur revendication la contestation purement féminine et je crois qu'en fait l'évolution psychologique l'évolution d'ombre de choses leur montrera que si veulent avoir en fait les mêmes résultats elles devront lutter beaucoup plus la voix de Simone veille yannique Cogan oui c'est toujours frappant quand elle parle des femmes parce qu'elle en parle très très bien elle est elle est très très juste très profonde elle se sentait une vraie solidarité c'est vrai avec les femmes elle se sentait plus en sécurité même disait-elle avec les femmes sinrogeant si sur est-ce que ça venait peut-être de de son expérience de la déportation elle avait vu peut-être plus de solidarité malgré tout dans les camps entre femmes et puis et puis elle avait le sentiment qu'effectivement alors je sais pas si c'est une nature féminine céit un grand débat est-ce qu'il y a une nature féminine mais elle disait que je qu'elle avait la certitude peut-être que qu'elle partageait quand même des valeurs un peu différentes est-ce que c'était à cause de leur de ces siècles peut-être d'oppression et de de de difficultés qu'elles avaient dû surmonter ensemble mais en tout cas qu'elles avaient sans doute une autre façon d'appréhender le pouvoir et sans doute appréhender la politique et je trouvemi en tout cas que parmi les effectivement les personnages politiques que j'ai pu observer elle faisaent une différence par ce par cette indépendance d'esprit et cette ouverture à l'autre on va entendre aussi une autre Simone veille celle qui évoque des aspects plus intimes la question du bonheur une question posée par Jean d'Ormesson alors je vais vous demander quelque chose puisque je suis en face de vous est-ce que vous êtes tout à fait heureuse je ressens tout à fait même si ça ne doit pas se dérouler comme ça je me sens tout à fait cette période de ma vie comme une parenthèse j'ai tout à fait le sentiment que dans un mois ou dans 2 mois je me retrouverai comme magistrat à la Cour d'appel ou au tribunal de Paris et qui aura eu cette parenthèse qui aura été intéressante mais je pour l'instant je n'imagine pas du tout ma vie ayant pris un tournant et devant devenir une vie une vie politique Simone veille envisageant donc sa période d'engagement en politique comme une parenthèse Pierre François veille oui j'imagine que cet extrait que vous est de passé euh doit dater de de de de 1974 enfin du tout début de de la prise de fonction de l'intervention politique de maman oui quand elle est nommée quand elle est nommée au gouvernement au premier gouvernement de de Jacques Chirac en 1974 quand juste après l'élection de de Valérie giscardestin à la présidence de la République elle pense que ça va durer l'espace d'un instant elle pense que elle va faire une ou dire une une grosse bêtise et que et qu'elle quittera gouvernement c'est pas c'est pas à elle qui est arrivée cette mésaventure c'est C c'est à jean-jaces servancherebert et elle elle a eu le le parcours que l'on connaît mais comme le disait comme le disait anque cjan la particularité de maman dans le monde politique c'est de ne pas être encarté ce qui lui donne évidemment une une grande une grande liberté euh une liberté d'écoute effectivement de ce que de ce que les gens peuvent avoir à dire même si ils sont d'un autre bord d'un autre côté d'une autre pensée et et de venir à à à trouver des solution pour pour pour des problèmes qui sont parfois très très difficiles à régler je voudrais dire un mot sur euh la dépénalisation comme vous l'avez dit Guillaume Herner au début de votre émission tout à l'heure la dépénalisation de de de de l'avortement euh on a souvent pensé que ça faisait de maman une une une une militante féministe Giselle Alimi était une militante féministe maman n'était pas une militante d'abord maman n pas beaucoup le militantisme et même si elle pensait tous les extraits que vous avez passé le montre enfin il y a pas de sujet là-dessus que que effectivement les les femmes devaient avoir leur place comme les hommes dans notre société elle n'était pas une une militante et si vous réécoutez le le discours qu'elle prononce le 26 novembre 1974 à l'Assemblée nationale elle commence par dire que l'avortement est un drame et sera toujours un drame et que il faut donner aux femmes la possibilité et bien de de de sortir de ce drame et et et c'est cela qui compte pour elle beaucoup plus que d'affirmer un droit qui ferait avancer la cause d'un militantisme c'est d'abord la liberté individuelle et le droit le choix individuel de chacun anque cjan oui c'est vrai mais la façon dont elle avait défendu cette loi sur l'avortement il y avait aussi beaucoup de pragmatisme elle savait que il fallait qu'elle réussisse à convaincre cette petite portion de de de gens de droite qui étaient pas pour et qui quand même devaent se rallier puisque l'ensemble de la gauche était était quand même pour pour ce droit à l'avortement donc elle avait joué d'une avec un pragmatisme et une subtilité qui avait été formidable puisqu'elle avait vraiment réussi et sans doute était-elle la seule au gouvernement qui aurait réussi à faire ça et à défendre avvec trouvé les bons arguments et c'est vrai qu'elle a toujours parlé de de détresse de l'avortement mais je pense qu'elle a évolué petit à petit dans son féminisme et que 20 ans après elle avait des positions sans doute je j'allais pas dire radicales ce serait très exagéré mais sans doute une une affirmation plus forte sans doute de son féminisme vous avez raison vous avez raison parce que ça s'est manifesté alors d'abord pour revenir à à l'IVG je voudrais dire aussi que effectivement vous elle traitait d'abord un un problème de de santé publique personne ne doit oublier qu'il y avait en France 350000 ou 400000 avortements clandestins par c'était un truc épouvantable avec des morts des mutilation des choses épouvantables euh vous avez certainement raison sur son sur sur son sur son féminisme car je me souviens des des positions qu'elle qu'elle avait été amenée à prendre à un moment donné euh sur les les les la question des quotas la parité et la question des quotas de femmes dans les partis politiques dans les assemblées dans les conseils d'administration peut-être enfin la question s'était pas posée à l'époque et elle expliquait que pendant très longtemps y avait été par principe opposé et que par pragmatisme effectivement elle pensait que pour faire évoluer les choses pour pour débloquer un système il fallait le cas échant à un moment donné revenir sur cette question sur j'allais dire sur une position de principe et accepter que les quotas étaient le moyen de faire bouger les systèmes elle était vous avez raison extraordinaire d'abord pragmatique pour aboutir à des résultats ce ces matins Simone veille ce qui a donné naissance à cette idée c'est ce livre pour les générations futures publié aux éditions Albin Michel c'est le texte d'une conférence avec également une conversation avec des étudiants de l'enss et dans ce livre il y a une étudiante qui pose la question suivante à Simone veille vous avez évoqué lui dit-elle tout à l'heure les gens qui nient la spécificité de la choix ou qui prétendent qu'on en parle trop au détriment d'autres génocides or quand je me retrouve face à eux je ne sais pas forcément comment leur répondre je me sens un peu démuni devant ceux qui affirment qu'on parle trop des Juifs on va écouter la réponse de Simone veille réponse lue par une comédienne Sophie carité qui est à l'affiche de la pièce Simon en apparté au studio eberto à Paris du 5 novembre au 15 janvier je crois malheureusement que l'antisémitisme laissera toujours des séquelles qu'elles sont longues à passer et que l'on ne fait probablement pas toujours ce qu'il faudrait je dirais que le négationnisme est autre chose qu'il est pour une part fondé sur l'antisémitisme mais qu'il est aussi une posture c'est une façon de dire comme ça on en parle pas il nous embête et cetera en réalité on trouve bien peu d'historiens quel que soit leur pays pour soutenir le négationnisme en revanche on doit compter avec celui d'Internet qui est un négationnisme politique on a bien inventé les Protocoles des Sages de Sion on peut toujours raconter ce qu'on veut c'est de très bonnes guerr ir à vérifier il existe un public isolé peu cultivé ne sachant parfois même pas lire qui prend ses invention pour argent comptant cette propagande aura cours aussi longtemps que nous connaîtrons des conflits quel qu'il soit je ne pense pas seulement au Moyen-Orient mais à des conflits violents entre religions dont certaines utiliseront ce genre d'argument c'est à nous de savoir y répondre anque Cogan une réaction à ces propos de Simon veille lu par Sophie carité oui et bien lu d'ailleurs parce que on entend un peu les les intonations de Simone veille je trouve que c'est c'est admirable je je pense que elle accordé une importance énorme à l'histoire et au travail des historiens elle le dit d'ailleurs dans dans ce livre c'est très intéressant elle sait très bien que il y aura toujours des négationniste elle était pleinement conscience que l'antisémitisme ne serait pas éradiqué comme ça et et on le voit actuellement et c'est profondément désolant de voir qu'il y a presque une une ressurgence de l'antisémitisme d'où l'importance de l'histoire d'où l'importance de de de de creuser ce qui ce qui me frappe c'est quand elle répond aussi que euh que parfois les témoignages effectivement peuvent se contredire manquer un peu de justesse exagérer et et et très vite elle dit mais il faut justement que les historiens travaillent pour qu'on est qu'on soit d'une rigueur implacable et que ce soit appris à l'école et que l'éducation est absolument fondamentale qu'est-ce qu'on fait de la Choa il faut bien en faire quelque chose il faut bien que ça serve alors elle était absolument pas naïve le plus jamais ça sans doute n'existe pas et et si seulement ça pouvait nous nous euh empêcher les autrre génocide elle était pleinement conscience que ça avait recommencé c'est pour ça qu'elle était attentive à l'éducation à la transmission à au respect des historiens pas au devoirs de mémoire mais à au travail de mémoire et puis et puis évidemment à l'éducation des des générations futures Pierre François veille maman répondait à une question qui était de savoir si au fond la Choa faisait disparaître tous les autres génocides et interdisait de de parler des autres alors sur ce sujet je voudrais insister sur le fait que il y a deux institutions dans le monde qui s'intéresse un petit peu sérieusement au génocide qui s'est produit au Rwanda en 1994 c'est d'une part l'Institut yadvachem en Israël et d'autre part la Fondation pour la mémoire de la Choa qui a été créée en 2000 et que j'ai et que j'ai l'honneur aujourd'hui de de présider ce sont les deux seules institutions dans le monde qui parlent de du de ce qui s'est passé au Rwanda plus personne n'en parle tout le monde a oublié ça n'intéresse personne j'étais j'ai été extraordinairement frappé j'étais au début de cette année invité par des organisations Rand qui commémorait le le 30e 30e anniversaire si je puis dire si je peux utiliser ce mot de de de cette année 1994 et de ce ce drame épouvantable qui s'est produit au Rwanda il n'y avait absolument personne il n'y avait que la fondation de la mémoire et il n'y a que la fondation de la mémoire de la Choa qui soutiennent les efforts qui sont faits précisément pour essayer de faire vivre cette mémoire de de ranimer de de de raconter de savoir ce qui s'est pass pass au Rwanda alors non le la Choa a une unicité c'est qu'elle se produit en Europe dans une Europe démocratique c'est cela qu'il ne faut pas oublier et c'est effectivement le le témoignage que maman racontait tout à l'heure pardon d'être un peu long le témoignage de de maman tout à l'heure d'une chose qui n'a jamais existé nulle part à aucun moment qui est que des gens pouvaient montrer à d'autres gens ceux qui étaient devenus leur famille arrivé avec eux dans des vagons plombés une heure avant il partait par la cheminée on écoute Simone veille répondre à la question est-ce qu'en vieillissant les blessures où la douleur s'apaise non je suis encore plus en colère pour certaines choses je suis plus en colère parce que justement cette banalisation m'inquiète beaucoup cette confusion ça m'énerve je reste trop meurtriste pas par rapport à ma famille par rapport à ce que j'ai vu non je peux pas alors c'est pas une question de pardon parce que toute façon les Allemands qui sont là maintenant c'est pas eux N sont pour rien mais c'est le fait le fait c'est à nous de le rappeler moi j'ai longtemps dit moi sur sur mon lit de mort je crois que c'est à ça que je penseraiis pas à mes parents ni rien au fait lui-même au bébé 1 million et demi d'enfants comme ça quand je vois mes petits enfants je pense à ça je leur dis jamais naturellement merci à à tous les deux c'était évidemment la voix de Simone veille Simone veille et les siens c'est le livre que vous avez préfacé aux éditions gr anni cjan Simone veille pour les générations futures c'est ce discours aux éditions Albin Michel merci pierre-fançois veille de nous avoir accompagné merci à Sophie kité dont le spectacle Simone veille une femme libre et destiné notamment au au au collège au lycée au bibliothèque et puis Simon en aparté et ce spectacle proposé au théâtre etberto à Paris dans le 17e à partir du 5 novembre s'il ne fallait dire qu'un seul mot dans une vie Simon ve ce serait lequel s'intéresser aux gens à tous et mais oui j'ai une grande disponibilité je crois pour les gens et pas seulement pour les gens mais pour les choses probement parce que j'aime la vie les gens m'intéressent tout m'intéresse en définitive je crois que alors quand il vous intéressent on les aime forcément et c'est vrai pour les gens mais c'est vrai aussi aussi pour les choses j'aime la peinture beaucoup j'aime aller dans des expositions j'aime beaucoup lire et beaucoup de choses j'aime beaucoup le cinéma je suis très gourmande enfin je crois que j'ai une faculté disponibilité pour pour la vie surtout pour les gens très grand alors je êes gourm