Bruno Gollnisch : "Marine Le Pen va pousser M. Macron dans ses retranchements"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse partielle
Bonjour Bruno Golnisch.
- 0:19OuverteÉludée
À J-4 du second tour, quelle doit être ce soir la bonne stratégie de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron selon vous ?
- 1:24RelanceÉludée
Eh bien je vous répondrais que c'était un reportage sur les professeurs qui ont fait un choix d'initier les élèves sur le vivre-ensemble.
- 1:59OuverteRéponse directe
À J-4 du second tour, donc ce soir, quelle doit être l'attitude de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron pour prendre l'avantage ?
- 2:45RelanceRéponse directe
Socialiste ? Vous dites que c'est un ancien ministre socialiste ?
- 3:07OuverteRéponse partielle
Vous dénoncez à l'instant le flou du programme d'Emmanuel Macron.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« J'ai été professeur, professeur d'université, doyen de faculté, je n'ai jamais fait état de mes opinions politiques. »
- 0:46Invité politiqueFait
« Je trouve absolument indécent et indigne ces professeurs de lycée qui, prétendant même ne pas faire de propagande ce qui est un comble, emmènent leurs élèves à des pièces où l'on suggère, de façon parfaitement abusive et grotesque naturellement, que nos idées conduiraient à la réminiscence des heures les plus sombres de notre histoire pour prendre la formule consacrée. »
- 2:12Invité politiqueFait
« Elle n'a pas besoin de moi pour savoir quelle doit être son attitude. Mais je pense que ce qui sera très intéressant, c'est qu'elle pousse M. Macron dans ses retranchements. »
- 2:33Invité politiqueFait
« M. Macron est un homme politique, c'est un ministre socialiste du gouvernement sortant. »
- 3:00Invité politiqueFait
« Il a été donc ministre de M. Valls, est nommé par M. Hollande, et chacun sait qu'il est le successeur, en réalité, l'héritier de M. Hollande. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Non, parce que la retraite à 60 ans, c'était avec 40 années de cotisation, c'était pour les gens qui ont commencé à travailler tôt. »
- 3:53Invité politiquePromesse
« qu'on s'efforcerait de négocier, et je pense que cette négociation, je vous le dis tout de suite, aurait des chances d'aboutir, parce que nous avons des appuis, il y a des gouvernements d'Europe centrale et orientale qui maintenant partagent notre point de vue. »
- 4:21Invité politiquePromesse
« si cette négociation échoue, nous ferons juge le peuple français par référendum. »
- 5:07Invité politiqueFait
« Mais cette affirmation ne repose sur rien. Ça repose sur absolument rien de sérieux. »
- 5:31Invité politiqueFait
« Non. Ce dont il s'agit, c'est de récupérer les éléments de notre souveraineté, c'est-à-dire d'avoir le manche. »
- 7:28Invité politiqueFait
« Non, ça repose sur la récupération de notre souveraineté monétaire, c'est-à-dire sur le fait que nous puissions décider, que la France puisse décider elle-même, d'abord que le gouvernement puisse emprunter à la Banque de France. »
- 7:49Invité politiqueFait
« possibilité qui a été supprimée sous Pompidou et Giscard, et qui contraint le gouvernement français à emprunter à des banques privées à des taux que celles-ci fixent. »
Temps de parole
- Bruno Gollnisch75 %
- Présentateur20 %
- Présentateur 24 %
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France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est le député européen soutien de Marine Le Pen, Bruno Golnisch. Bonjour Bruno Golnisch. Bonjour M. Delvaux. A J-4 du second tour, quelle doit être ce soir la bonne stratégie de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron selon vous ?
Je vais vous répondre, mais auparavant permettez-moi d'élever une protestation contre les faits qui ont été rapportés assez complaisamment, il faut le dire, dans votre reportage Grand Angle à l'instant. J'ai été professeur, professeur d'université, doyen de faculté, je n'ai jamais fait état de mes opinions politiques, j'ai présenté des institutions avec lesquelles je n'étais pas d'accord comme aurait pu les présenter leurs partisans.
Je trouve absolument indécent et indigne ces professeurs de lycée qui, prétendant même ne pas faire de propagande ce qui est un comble, emmènent leurs élèves à des pièces où l'on suggère, de façon parfaitement abusive et grotesque naturellement, que nos idées conduiraient à la réminiscence des heures les plus sombres de notre histoire pour prendre la formule consacrée. Je trouve que c'est absolument indigne de violer les consciences comme cela et de le faire d'ailleurs avec ce degré d'hypocrisie. Je tenais à dire ça à mes collègues professeurs du secondaire de gauche dont la partialité ne se dément pas, semble-t-il.
Eh bien je vous répondrais que c'était un reportage sur les professeurs qui ont fait un choix d'initier les élèves sur le vivre-ensemble. Ben voyons, ben voyons, sur le vivre-ensemble. Et sans aucune consigne de vote.
Ben bien sûr, bien sûr, on emmène les... Enfin écoutez M. Delvaux, ne prenez pas les auditeurs...
C'était leur parti pris M. Golnisch.
Ne prenez pas aux auditeurs pour des imbéciles. On emmène les élèves à une pièce où on leur explique que le sentiment national conduit au nazisme, à la déportation, etc. Et à part ça, on dit que surtout, on ne donne pas de consigne de vote.
Eh bien vous êtes là pour le dire sur France Inter. Agis moins 4 du second tour, donc ce soir, quelle doit être l'attitude de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron pour prendre l'avantage ?
Elle n'a pas besoin de moi pour savoir quelle doit être son attitude. Mais je pense que ce qui sera très intéressant, c'est qu'elle pousse M. Macron dans ses retranchements. Et notamment, le force à sortir de l'ambiguïté qu'il cultive, qu'il cultive dans son programme, qu'il cultive, du moins celui qu'il affiche officiellement, un peu moins quand on le pousse au chiffrage, et qu'il cultive aussi dans ses discours, il faut bien dire, la ligne des phrases grandiloquentes mais assez creuses. Or, M. Macron est un homme politique, c'est un ministre socialiste du gouvernement sortant. Il a été responsable de l'économie française, comme ministre et avant comme conseiller.
Socialiste ? Vous dites que c'est un ancien ministre socialiste ?
C'est un ministre, en tout cas, d'un gouvernement socialiste. Bon, vous avez raison, je veux bien être plus précis. Mais enfin, généralement, quand on est ministre, on est solidaire de la politique qui a été menée. Il a été donc ministre de M. Valls, est nommé par M. Hollande, et chacun sait qu'il est le successeur, en réalité, l'héritier de M. Hollande.
Vous dénoncez à l'instant le flou du programme d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous ne craignez pas, de votre côté, un certain flou sur des propositions de Marine Le Pen qui ont été un peu ripollinées, adoucies, je pense, à la sortie de l'euro, à l'euro ? Je pense même aux retraites à 60 ans, puisque Marine Le Pen a dit hier soir que ça pourrait finalement ne pas arriver. Si ça arrive, pas avant la fin du quinquennat. Est-ce qu'il n'y a pas un changement de discours dans cette fin de campagne chez Marine Le Pen ?
Non, parce que la retraite à 60 ans, c'était avec 40 années de cotisation, c'était pour les gens qui ont commencé à travailler tôt.
En ce qui concerne l'euro, écoutez, moi, depuis toujours, j'ai entendu dire à Marine Le Pen, et nous en avons abondamment discuté dans les réunions de notre bureau politique, qu'on s'efforcerait de négocier, et je pense que cette négociation, je vous le dis tout de suite, aurait des chances d'aboutir, parce que nous avons des appuis, il y a des gouvernements d'Europe centrale et orientale qui maintenant partagent notre point de vue, il y a des mouvements politiques qui progressent un peu partout en Europe, il y a eu le coup de semence quand même de la sortie de la Grande-Bretagne, qui amènerait, je pense, à un peu plus de souplesse, ce que j'appelle, pour faire simple, les eurocrates, les dirigeants européens, et si cette négociation échoue, nous ferons juge le peuple français par référendum.
Par conséquent, je crois qu'il n'y a pas de soucis de s'inquiéter. Maintenant, permettez-moi à ce sujet de reprendre le titre du Figaro, qui, après avoir été un tract filloniste, devient maintenant un tract macroniste, que vous avez cité tout à l'heure, en disant que... C'était un projet fou que de sortir de l'euro. Mais écoutez, on se demande comment on fait des pays de 2 millions d'habitants, comme l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, pour sortir de la zone rouble et créer leur propre monnaie.
Sauf qu'aujourd'hui, c'est bien trop tard, et ça va coûter très cher. Les détracteurs, c'est ce qu'ils disent. Sortir de l'euro, aujourd'hui, ça aurait été possible des années avant, mais aujourd'hui, ça va coûter une somme monstre.
Mais cette affirmation ne repose sur rien. Ça repose sur absolument rien de sérieux. Comment a fait la Slovénie, pour créer sa propre monnaie, un pays de 2 millions d'habitants, qui était d'ailleurs une monnaie assez forte, et pour quitter le dinar yougoslave, alors qu'elle était tenue des dettes de l'ancienne yougoslavie ?
Donc ça veut dire que vous assumeriez un manque de croissance, une dévaluation, voire une inflation ? Tout ça, elle serait assumée dans votre programme ?
Non. Ce dont il s'agit, c'est de récupérer les éléments de notre souveraineté, c'est-à-dire d'avoir le manche. Parce que sinon, le président de la République qu'on va élire ne sera que le sous-préfet, en quelque sorte, d'un arrondissement de l'Union Européenne. Il ne maîtrise rien. Et ce que nous demandons, c'est d'avoir les moyens, précisément, de prendre nos décisions. Il est tout à fait anormal que nos décisions financières, donc économiques, donc sociales, soient décidées exclusivement à Francfort.
Ce que condamne le Figaro ce matin, c'est plus précisément le franc pour payer sa baguette, et puis l'euro pour les multinationales. Le Figaro dit, voilà, on est en plein enfumage, on est dans le tripatouillage.
Je suis effaré de voir à quel point ceci suscite des commentaires. L'auteur, le journaliste du Figaro qui a écrit cet article, ignore sans doute que pendant, je ne sais plus, plus de 25 ans, nous avons vécu avec ce système. C'est-à-dire qu'il y avait une monnaie européenne qui était une unité de compte pour les paiements internationaux qui s'appelait l'EQ, European Currency Unit. Et cette EQ, c'était certes une monnaie théorique, mais on libellait des contrats en EQ, on payait des marchandises en EQ, on payait des royalties en EQ, ça servait pour les transactions internationales, et ça garantissait les entreprises qui se livraient à ce commerce international contre les pertes de change.
c'était une monnaie flexible puisqu'elle était la résultante de la moyenne des monnaies des États membres. On a vécu pendant 25 ans avec ce système et tout d'un coup, on découvre que ce serait une absurdité.
Parce que vous connaissez le point faible de cette stratégie de sortir de l'euro, c'est que dans le programme de Marine Le Pen, entre 75 et 80% des finances du programme de Marine Le Pen reposent sur la sortie de l'euro. Si jamais ça échoue, c'est tout le programme de Marine Le Pen qui s'écroule.
Non, ça repose sur la récupération de notre souveraineté monétaire, c'est-à-dire sur le fait que nous puissions décider, que la France puisse décider elle-même, d'abord que le gouvernement puisse emprunter à la Banque de France, possibilité qui a été supprimée sous Pompidou et Giscard, et qui contraint le gouvernement français à emprunter à des banques privées à des taux que celles-ci fixent. Deuxièmement, à pouvoir décider nous-mêmes de notre création de monnaie, de notre politique financière, donc de notre politique économique et sociale. Si nous ne faisons pas cela, encore une fois, nous sommes un État vassal. C'est le cas d'ailleurs depuis plusieurs années.
Propos ce matin du député européen, soutien de Marine Le Pen, Bruno Goldich, merci d'être venu ce matin sur France Inter. Merci à vous. Et bonne journée. Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Bruno Gollnisch