L'édito de Mathieu Bock-Côté : «David Lisnard, la répartie qui dérange l'ultragauche»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:06PrésentateurChiffre
« Jean Sevilla, dans son livre plus récent sur la vérité cachée autour de la guerre d'Algérie, dit, oui, il y a eu 30 morts. »
- 2:57PrésentateurFait
« je cite exactement, je m'en fous, je n'étais pas né, j'en ai rien à cirer. »
- 5:54PrésentateurFait
« LFI, c'est le fascisme rouge. »
- 6:02PrésentateurFait
« Les communistes sont parfaitement capables d'être totalitaires par eux-mêmes. »
- 7:22PrésentateurFait
« Le seul racisme qui tue aujourd'hui, à grande échelle, c'est le racisme anti-blanc et l'antisémitisme. »
Temps de parole
- Présentateur97 %
- Locuteur non identifié2 %
≈ 9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Oui, la formule, elle choque, et en fait, je trouve que c'est une scène très intéressante parce qu'elle nous change des génuflexions habituelles à droite devant le terrorisme moral et intellectuel de la gauche radicale. Alors, il y
a
un personnage que nous avons vu, elle s'appelle Laura Fleur Wittaker. Elle est militante, elle est fille, et c'est la parfaite caricature de ce qu'on pourrait appeler l'extrême-gauche Instagram. Alors, on la voit, elle est magnifique, il faut le dire, elle a les cheveux magnifiquement coiffés, manifestement. Elle nous dit qu'elle est crève-la-faim, elle a les moyens d'aller chez le coiffeur, c'est important de le dire. Elle nous... et si on fouille un peu, parce qu'on a passé la journée, en fait, la Twittersphere s'intéressait à son cas toute la journée, elle voyage en Malaisie, en Égypte, à Oman, en Sicile, en Croatie, en Grèce.
Franchement, si c'est ça les crèves-la-faim d'aujourd'hui, le monde a changé. Elle nous dit, présentant son existence sous le signe le plus atroce, ma mère souffre tellement qu'elle est obligée d'amener ses propres gâteaux au travail parce qu
'elle
n
'a
pas les moyens d'aller à la cantine. Alors, c'est peut-être vrai, mais dans ce cas-là, je dirais, cher ami, prive-toi d'un voyage en Croatie et fais manger ta mère. Bon, mais quoi qu'il en soit. Donc, et si je peux me permettre, tous ces voyages, franchement, c'est vraiment mauvais pour le bilan carbone. Il
y a
un manque de respect pour la planète chez Mme Lola Fleur-Wittaker qui me renverse. Et elle a étudié dans les meilleurs établissements, des écoles qui coûtent très cher, notamment au Royaume-Uni, aujourd'hui à la Sciences Po. Mais quoi qu'il en soit, elle dit, nous crévons de faim. Alors, certains, je ne dis pas que c
'est
mon cas, moi, je ne conteste pas sa parole, mais certains l'ont accusé de mentir, de mentir publiquement pour être capable de faire passer son message. On pourrait appeler ça la taquia progressiste à laquelle nous sommes habitués.
Quoi
qu'il en soit, on revient sur la scène où il y avait des drapeaux algériens et palestiniens et d'autres dans le cadre des manifestations de l'émeute de samedi.
Et
elle nous dit, M. Lissnard, vous savez pourquoi il y avait des drapeaux algériens. Et là, elle prépare son couplet sur les émeutes du 17 octobre 61 que nous connaissons. Évidemment, personne ne conteste leur existence historique où on dit qu'il y a eu, un récit dominant dit qu
'il
y
a
eu 300 morts. Jean Sevilla, dans son livre plus récent sur la vérité cachée autour de la guerre d'Algérie, dit, oui, il y a eu 30 morts. C'est 30 de trop, c'est terrible, mais 30, ce n
'est
pas 300. Corrigeons quand même, le souci des faits devrait être plus important que la passion de la légende. Bon, quoi qu'il en soit, mais que dit Lissnard devant cela? Elle nous dit, il y
a
la guerre d'Algérie, rappelez-vous, 17 octobre 1961. Donc, elle s'attend à avoir un argument d'autorité morale pour casser Lissnard en disant, à genoux, couche et répète ensuite les bonnes prières. Lissnard, un peu comme dans Le Père Noël est une ordure, film de référence pour des citations de circonstances, dit, ça ne nous intéresse pas, ça ne nous intéresse pas. Vous rappelez de la circonstance, c'est, tu avances quand je recule. Bon, il dit, ça ne nous intéresse pas, ça ne nous intéresse pas.
Monsieur est
en forme.
C'est Lissnard, surtout
qu'il l'était. Intéressant, pourquoi? Parce que dès lors,
il
dit, je cite exactement, je m'en fous, je n'étais pas né, j'en ai rien à cirer. Alors là,
on
pourrait dire, est
-ce
qu'il veut dire qu'il n
'a
rien à cirer de ce qui s
'est
passé en octobre 1961? Non.
Il
dit, parce qu'il ajoute, je vois clair dans votre rhétorique, je vois clair dans votre manœuvre, je vois que vous cherchez à écraser le présent, c'est-à-dire des émeutes pilotées par l'ultra-gauche, des émeutes ethniques selon plusieurs, à tout le moins une émeute, pour reprendre la formule, je pense que de Maréchal, des écueils racaillaux-gauchistes. Donc, on est devant cette séquence-là, et elle cherche à ramener ça vers le passé, certaine de sa puissance d'intimidation morale, et dit non. Non, non, je ne rentrerai pas dans le jeu, je ne rentrerai pas dans le jeu. Alors, évidemment, à gauche, on est scandalisés.
Oh là là, David Lissnard tournerait en ridicule ce qu'ont vécu les Algériens en octobre 1961. Donc, ils disent tout simplement, nous ne sommes plus en 1961, on n'est plus en 1945, on n'est pas en 1933, on est en 2026, et par ailleurs, évidemment, on va en trouver à gauche, au centre,
à
droite, pour s'indigner, parce que là, c
'est
l'occasion de prendre la pause. Oh là là, ce que dit Lissnard, c'est très grave, il oublie l'importance de l'histoire. Il n'oublie pas l'importance de l'histoire. Il rappelle qu'on ne doit pas vivre sous le signe du rétroviseur permanent. Et de ce point de vue, dénonçant le terrorisme de l'ultra-gauche et les camps d'entraînement, parce que c'est la bonne formule, les camps d'entraînement qui préparent les militants d'ultra-gauche, ce qu
'on
pourrait appeler la guérilla urbaine aujourd'hui, eh bien, il confronte frontalement cette jeune femme et dit, je pense qu'auprès de plusieurs, en fait, il y
a
un sentiment de soulagement.
Ça
fait un peu penser à la gifle de Bérou, je crois, c'est en 2007, quand on dit, tu ne me fais pas les poches. Eh bien, ce coup-là,
c
'était, tu ne me feras pas la leçon.
Imaginons, Mathieu Beaucoté, que cette attitude devant la gauche se généralise. Qu'est-ce que cela voudrait dire ? Ce
sera une révolution. Ce n
'est
pas une réforme, mais une révolution, en fait. Imaginons, il y
a
deux scénarios. D'abord, devant les journalistes. Parce que vous le savez, souvent, un homme de droite, droite nationale, droite libérale, conservatrice qui se retrouve devant les grandes chaînes de la Pravda collective est obligé de se justifier et d'exister en permanence. Eh bien, imaginons qu'un homme politique décide désormais de ne plus se laisser intimider ou imposer les catégories médiatiques ou idéologiques qu'imposent les médias dominants. Imaginons qu'ils disent, cette question, elle est orientée. Cette question, elle est piégée. Ce que vous cherchez à faire, en ce moment, c'est de la propagande, c'est de l'idéologie, ce n'est pas du journalisme.
Nous voyons ce que vous faites et nous tenons à le souligner. Il y
aurait
une portée, c'est-à-dire que ça inverserait le rapport de force. Et désormais, les journalistes se sentiraient moins autorisés à tout dire, à dire n'importe quoi sur le mode de l'intimidation morale s'ils avaient dans eux des gens qui sont capables et qui oseraient leur répondre. Premier élément. Et devant leurs adversaires, ils pourraient apprendre à ne pas céder. Et là, je vais donner quelques exemples de ce que voudrait dire être une droite qui n'est pas simplement une non-gauche.
Par
exemple, sur les sujets historiques, et là, je reprendrai même Lysnard, ça lui a pris du temps, Lysnard, je dirais, à avoir une posture aussi affirmée, quelquefois,
il
y
a
des rechutes. Quand il dit, par exemple, LFI, c'est le fascisme rouge. Non, non, non, c'est pas le fascisme rouge, c'est le communisme. Le communisme n'a pas besoin de passer par la case fasciste pour devenir totalitaire. Les communistes sont parfaitement capables d'être totalitaires par eux-mêmes. Ils n'ont pas besoin de passer par Rome ou par Berlin pour vouloir, en dernière instance, tuer des gens par millions. Petit rappel historique, Lénine, autrement dit, n'a pas été à l'école de Mussolini pour devenir le personnage que l'on sait, Trotsky non plus. Quoi qu'il en soit, lorsqu'il parle de fascisme rouge, lui-même une petite rechute, mais je tiens ça pour secondaire.
Par
ailleurs, on pourrait dire sur la question des inégalités. Quand une partie de la droite dit, oui, oui, c'est absolument essentiel de lutter contre les inégalités, les inégalités, c'est absolument terrible. Non, la droite pourrait répondre théoriquement, il faut lutter contre la misère. Il faut lutter pour créer les conditions de l'ascenseur social pour que chacun, quel qu'il soit, puisse avoir une chance de se réaliser dans la vie. Mais, une fois que c'est dit, certains plus talentueux, certains qui font les meilleurs choix, certains qui font le moins bon choix, il y aura des inégalités à la fin, et les inégalités, c'est l'autre nom de la disparité des talents et des possibilités de chacun.
Vouloir l'égalité à tout prix, c'est vouloir à terme couper la tête à tout le monde. L'obsession égalitariste, c'est l'autre nom de la fin de la prospérité et la fin des libertés. La droite pourrait cesser de pratiquer la généflexion devant les totems égalitaristes.
Sur
la question du racisme systémique ou structurel, on peut cesser de dire théoriquement, oui, bien sûr, il y a du racisme, nous le condamnons, mais le racisme systémique va trop loin. On pourrait dire non, la France est un pays où le racisme est absolument périphérique et marginal aujourd'hui. Le seul racisme qui tue aujourd'hui, à grande échelle, c'est le racisme anti-blanc et l'antisémitisme. Mais l'idée d'un racisme d'État, là on cherche à atténuer la thèse, surtout à propos des policiers, on aime frapper sur des policiers, on aime cogner sur des flics. Quand on parle de violences policières, il faudrait dire non, il n
'y a
pas de violences policières. Il y a des violences anti-policières. Et il
y a
un parti à l'Assemblée nationale qui trouve ça à peu près normal. Et là, c'est intéressant sur la question des cultures. Moi, ça me frappe cette question. On dit souvent, ah oui, mais vous savez, en France, des gens viennent de cultures quelquefois qui sont très éloignés de la nôtre pour vivre, enfin, d'avoir la possibilité de la liberté chez nous, donc de pays venant de, je ne
sais
pas, des pays musulmans quelquefois, ou de pays du sous-continent indien, le Pakistan, l'Inde, etc. Prenez des exemples que vous souhaitez. Et là, on dit, ils ont la chance de venir chez nous vivre une pleine liberté. Nous n'avons rien contre leur culture d'origine, mais ils doivent embrasser les valeurs de la République. Théoriquement, la droite devrait avoir le droit de dire un instant, il y a certaines cultures qui ne doivent pas s'établir en France. Désolé, elles ne s'intégreront pas. Les individus, oui, les individus,
c
'est très bien, mais certaines cultures n'ont pas leur place ici parce qu'elles ne sont pas intégrables. Et sur la question de l'impôt, je termine là-dessus, vous connaissez ma petite passion antifiscale, on pourrait dire aussi, vous connaissez la phrase des cocus de droite, ça ne me dérange pas de payer beaucoup d'impôts pour plus que j
'ai
de bons services. Non, tu te fais voler, bonhomme, ose le dire.
Alors, dernière question, Mathieu Bocoté, David Nislard, est-ce que là, il vient de donner un coup d'accélérateur à sa campagne parce que tout le monde en parle.
Alors là, il se passe peut-être en effet quelque chose.
C
'est-à-dire là, on est devant le moment de transgression. Vous savez, en politique, il faut un moment de transgression fondateur et Nislard, en ne se pliant pas au terrorisme moral de l'ultra-gauche, de la gauche radicale, dis-je, a refusé. Donc, il
y a
un effet d'accélération. Alors, toutes les missions n'étaient pas égales par ailleurs, mais sur cette séquence-là, il réussit à gagner quelque chose, il frappe les esprits, il frappe l'imaginaire. Et on peut imaginer, alors je comprends parce que moi, vous savez, quand j'étais plus jeune, je croyais au hasard, maintenant, j'y crois un peu moins. Et je me dis que l'opération Nislard,
qui
est une opération qui est politiquement intéressante à voir se déployer, globalement, elle repose en partie sur la chose suivante, il y a un créneau à prendre à droite. Si la candidature Retailleau ne lève pas, ça, c'est l'hypothèse de certains, si la candidature d'Édouard Philippe ne lève pas non plus, et si pour mine et une raison Reconquête ne réussit pas à avoir ses signatures, il y a beaucoup de ci, vous me direz, il y a un espace qui se dégagerait pour une candidature Nislard.
Et là, à partir de là, s'il est à 10, 12 % dans les sondages, demain ou après-demain, ça devient objet de spéculation médiatique et les chroniqueurs, les journalistes n'aiment rien tant que spéculer sur le troisième homme inattendu qui vient bouleverser une présidentielle. Quoi qu'il en soit, on verra ce qui se passe, mais là, il
y a
un événement politique qui se passe, les autres candidats qui comptent dans le jeu devraient s'intéresser à cette candidature, quelque chose s'est vraiment passé.
Quoi
qu'il en soit, Lislard hier a joué une carte gagnante, celle de la transgression, c'est le contraire de la dédiabolisation, il se peut que ça fonctionne à l'occasion.