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Podcast / conversationLegend (sur YouTube)· 1 juillet 2026 139 minComplaisantDivertissementDéfenseInstitutions & élections

FORCES SPÉCIALES :150 OTAGES LIBÉRÉS, LES IMAGES GOPRO INÉDITES ET RÉCIT DE LEUR PLUS GRANDE MISSION

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 31 %Attaque 2 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39?Fait
    « Potentiellement des otages, potentiellement des terroristes, peut-être les deux. »
  • 0:45?Fait
    « son assurance lui dit "Si vous restez dans l'armée mais que vous êtes réformé, on vous donne 514000 €." 514000 balles, c'est 16 ans de salaire et il répond, "On ne refuse pas l'honneur de se battre pour son pays." »
  • 14:30Charles d'AzeraFait
    « Le CPA10 il fait partie il y a trois unités qui font l'action directe au sein des op spéciales. On attend par action directe, libération d'otage, c'est ce que tu disais, neutralisation de haut cadre ou alors dans une guerre plus importante comme on parle aujourd'hui, on parle de guerre de haute intensité, ça être du sabotage ou de la neutralisation de cibles à hautees valeurs ajoutées derrière les lignes. »
  • 15:07Charles d'AzeraFait
    « élimination de haut cadre, c'est quand tu parles de cadre, c'est cadre dans l'organisation terroriste, c'est les chefs. Vous allez taper les chef. »
  • 27:40?Fait
    « ils arrivent avec quatre généraux plus leur chef d'étatmajor c'està dire pratiquement l'ensemble des têtes de chaînes qui étaient surveillé depuis mangi ils arrivent chez nous avec leur armement et leurs mecs donc environ 300 400 mecs armés pickup 145. »
  • 35:16?Fait
    « Le chef que tu dois capturer, s'il se laisse pas capturer, est-ce queil y a élimination ou est-ce que ça c'était tout le débat ? »
  • 35:59Charles d'AzeraFait
    « les règles d'engagement, c'est le cadre juridique qui nous permet d'aller délivrer de l'armement à un endroit. Donc ça c'est des phrases un peu techniques. Mais ça veut dire que en parle nous comme en avant si tu veux tu as un dossier renseignement. Grâce au dossier renseignement on a la certitude que tel avec tel pédigri avec tel armement il il faut le neutraliser, il faut le capturer. »
  • 47:39non_speechFait
    « taper euh avec une charge assez assez significative quand même pour taper des véhicules et cetera. Et là, tu as un missile haute qui passe. »
  • 48:52non_speechFait
    « On finit au gloc. Exactement. Qu'est-ce que vous allez faire des 10 mecs autour et cetera ? Bah les 10 mecs, il y en a qui seront bah morts évidemment. »
  • 49:32non_speechFait
    « une compagnie c'est 150 bonhommes. 150 150 qui rentrent dans la ville à ce moment-là et en fait ils attendaient qu'on ait pris le QG ennemi et quand il rentrent dans la ville, il y a des roquettes qui passent entre ils se font pas touchés et eux leur but c'était de saisir la ville, la sécuriser et nous en fait on avait coupé la tête tu vois »
  • 50:10non_speechFait
    « Et on va retrouver la veste du général, le téléphone du général. On prend son téléphone parce qu'on le trouve pas. Je regarde. Dégage les Français arrivent. vous avez été balancé ? On a été balancé. »
  • 1:00:44non_speechFait
    « il y a des photos devant votre prise de guerre, je vous les mets à l'image, c'est exceptionnel aussi. On voit une petite peluche de tas ou c'est votre petite c'est votre mascotte à vous. »
  • 1:04:34non_speechChiffre
    « ils sont entre 3 et 15. Il y a déjà eu des voitures en feu. Entre 3 et 15 terroristes. Vous avez pas d'autres infos. »
  • 1:05:18non_speechFait
    « l'aéroport était noir. Mais oui, en fait était encore en l'air. Oui, parce qu'en fait normalement un aéroport de nuit c'est une constellation de plein de petite lumière parce qu'il faut voir la piste et là il était fermé, noir, lumière coupée. »
  • 1:05:57non_speechFait
    « nous la vraiment le truc qui nous qui nous concernait c'était ils sont combien d'ennemis à l'intérieur sont combien et où ils sont parce qu'une fois que la menace elle est traitée derrière nous on peut on peut faire le reste. »
  • 1:07:12non_speechFait
    « il y a certaines images qui sont des illustrations qui ont été refaites lors d'entraînement pour vous montrer comment les colonnes avançaient. Mais il y a certaines images qui sont réelles de l'époque »
  • 1:08:28non_speechFait
    « récupère mon chef de mission du CP10 qui est Morimur qui est l'équivalent de Stéphane mais pour le CP10 et le chef conduite nous dit OK Bayon, vous allez rentrer par l'entrée de service et le CPAD vous allez monter sur le toit de l'hôtel Palm Beach qui est juste à côté et vous allez rentrer par le toit »
  • 1:09:51non_speechFait
    « le cappuccino café, faut imaginer que c'était comme ce qui s'est passé à Paris 2 mois plus tôt. Ouais, c'est un c'est 2 mois après le Bataclan. 2 mois après le Bataclan, exactement. Dans le restaurant, tu as des vieillards, des femmes enceintes, des enfants qui gisent par terre avec des pizza encore chaude, des cocas qui ont été servis »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gens d'émission exceptionnelle. Aujourd'hui, vous allez voir avec un militaire qui s'appelle Charles d'Azer. Ce n'est pas son vrai nom, il est toujours en fonction aux forces spécials. Charles est chef d'un groupe action au CP10, au commutiste de l'air numéro 10. Et mission exceptionnelle aussi puisqu'on a l'autorisation de diffuser quelques images embarquées par l'armée française. Ça n'a jamais été fait. On va faire rentrer Lorenzo. C'est son pseudo. Il était au premier Payma. On enchaîne les chambres et moi je passe devant la fenêtre et je place le miroir et là je me fais taper le miroir.

Tu veux monte la vidéo et et t'expliques ce qui chaque chambre tu remets ta vie en jeu parce que une nouvelle pièce c'est une nouvelle situation tactique. Potentiellement des otages, potentiellement des terroristes, peut-être les deux. On a un ami commun. Lui il va se prendre une rafale de 3 dans la jambe. Il va prendre une grenade défensive [musique] qui va lui péter dans le dos. Il va mourir trois fois sur la table. Il a été réanimé trois fois. Il lui restait plus que 2 L de sang.

son assurance lui dit "Si vous restez dans l'armée mais que vous êtes réformé, on vous donne 514000 €." 514000 balles, c'est 16 ans de salaire et il répond, "On ne refuse pas l'honneur de se battre pour son pays." Et il y retourne. Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gens d'émission exceptionnelles. Aujourd'hui, vous allez voir avec un militaire qui s'appelle Charles d'Azera. Ce n'est pas son vrai nom. Il est toujours en fonction aux forces spéciales. C'est une émission vraiment sur les forces spéciales. Charles est chef d'un groupe action au CPAD, au commodo parachutiste de l'air numéro 10.

Ils sont parachutés sur les zones de guerre, vous allez voir sur les théâtres parfois pour faire de la libération d'otage, capturer ou éliminer un terroriste. Il va nous raconter ce qu'il a vécu de plus fou. [grognement] É mission exceptionnelle aussi puisqu'on a l'autorisation de diffuser quelques images embarquées par l'armée française lors de ces théâtres et lors de ces missions. Ça n'a jamais été fait. Donc je voulais remercier l'armée de nous avoir autorisé cette émission. Charles est encore d'actif donc c'est-à-dire qu'il est encore en fonction. C'est pour ça qu'il est anonyme sur le plateau avec un bret, vous allez voir, et aussi un un cache-coup sur le visage.

En tout cas, juste avant de commencer l'émission, je voulais remercier notre sponsor sur cette vidéo. C'est Nor VPN, on vous en a déjà parlé plusieurs fois sur la chaîne. C'est l'un des VPN les plus utilisés au monde. Concrètement, ça permet de sécuriser votre connexion internet au quotidien. Votre adresse IP est masquée, vos données sont chiffrées et vous naviguez beaucoup plus sereinement, surtout sur les réseaux WiFi public. Norvépen permet aussi de changer votre localisation virtuelle pour accéder à certains contenus depuis l'étranger comme les plateformes françaises quand vous voyagez.

Norv de bloquer les sites malveillants, les tentatives de fishing, les pubs intrusives et certains trackers. Résultat, vous avez une navigation plus fluide et plus sécurisée et surtout NorvPN applique une politique nologue. Aucune activité de navigation n'est conservée et avec la surveillance du dark web, NorvPN peut vous s'alerter signe de vos adresses mail ou de vos données personnelles fuites sur internet pour que vous puissiez réagir rapidement. En ce moment, vous avez 4 mois offert sur l'abonnement 2 ans, ça revient à moins de 3 € par mois avec 30 jours satisfaits ou remboursés. Alors, si ça vous intéresse, on vous met toutes les infos en description.

Vous le savez, j'aime pas beaucoup parler de moi depuis toujours, hein. Je préfère poser des questions que d'y répondre. Mais il y a une histoire que je n'ai jamais vraiment raconté depuis des années. Vous voyez les interviews légendes, vous voyez les résultats final. Une heure ou deux de discussion hein qui sort sur YouTube mais derrière ces vidéos, il s'est passé des choses [musique] complètement folles. On s'est retrouvé par exemple encerclé, arrêté par l'armée au Liban avant d'interviewer Carlos Gone. Un membre de l'équipe a fini aux urgences après la morsure d'un animal sauvage. On a aussi sauté en parachute avec les forces spéciales françaises et tout ne s'est pas passé comme prévu.

On a même été poursuivi par des chiens de sécurité après avoir exploré une centrale [musique] nucléaire abandonnée. Et ça ce n'est qu'une petite partie de l'histoire parce que légende ce n'est pas seulement des interviews, c'est [musique] une aventure humaine. C'est des invités qui annulent au dernier moment, des voyages qui tournent mal, des doutes, des critiques, des erreurs, mais aussi des rencontres extraordinaires et une équipe qui a continué à avancer quand peu de gens croyaient en ce projet.

On sort notre premier livre aux éditions hors cadre et pour la première fois, je raconte pourquoi légende [musique] a été créé, la vraie histoire, les réussites mais aussi les galères et tous ces moments dont nous n'avions jamais parlé publiquement. J'avais envie de garder une trace de cette aventure et de remercier tous ceux qui nous accompagnent depuis le début. [musique] Alors, j'espère que ce livre vous plaira et je l'ai aussi enregistré pour vous en livre audio. Donc, si vous voulez l'écouter, vous pouvez le retrouver sur Spotify. Il y a plus qu'à cliquer dessus. [musique] Et merci vraiment sincèrement pour votre soutien.

Si vous voulez le commander, toutes les informations sont dans la description de la vidéo. J'attends vraiment vos retours en [musique] commentaire avec impatience. Voilà, merci beaucoup à une sponsorisé. Merci d'être si nombreux. Abonnez-vous à notre chaîne YouTube juste avant de commencer. C'est pas raté d'émission, c'est tous les mercredis, vendredi et dimanche sur les gens. N'hésitez pas à commenter aussi et nous dire ce que vous en avez pensé. Si vous êtes militaire, si vous voulez mettre un mot gentil sur Charles de son pseudo, vous pouvez le mettre en commentaire et en podcast audio. Vous pouvez nous suivre sur Spotify, Apple Podcast et Amazon Podcast.

Et c'est parti maintenant avec une émission spéciale donc sur les forces spéciales françaises avec Charles qui est au CPA10 sur les gendes. On y va. Je suis liant colonel Charles d'Azer et je suis venu ici sur le plateau de légende parce que j'ai écrit un livre à cœur ouvert récit d'un commando du CP10. Ce livre c'est un témoignage rare sur les opérations spéciales de ces 10 dernières années. Un hommage aux hommes d'exception que j'ai amené au combat et certains m'ont dit merci d'avoir écrit pour nous.

Et évidemment une réflexion intime sur le fait de donner sa vie, sur évidemment les forces morales qu'il faut avoir pour partir au combat, pour y retourner, la résilience que ça demande et cette question très grave qui est celle de ôter la vie à quelqu'un ou d'accepter de donner sa vie pour son pays. Tu peux claper. Bienvenue Charles, content de te recevoir. Merci Gu vous allez voir, émission exceptionnelle aujourd'hui. Je remercie le général des forces spéciales déjà parce que tu es d'active, c'estàd que tu es encore en fonction. Normalement, on n pas le droit de passer dans une émission raconter. Merci aussi au chef d'étatmajor des armées. On a une autorisation exceptionnelle.

On va montrer des vidéos aujourd'hui, des vidéos embarquées, des vidéos de certains de tes collègues, certains avaient des caméras sur eux. On va pouvoir comprendre ce que vous vivez de l'intérieur. Pourquoi est-ce que tu veux faire l'émission ? expliqué un petit peu au début déjà, tu vouis expliquer les forces morales, pourquoi est-ce que tu vas expliquer tout ça aujourd'hui ? Alors, c'est vraiment pas évident pour moi Guillaume. Je On est Merci d'être là déjà. Oui, merci beaucoup.

Écoute, on est déjà l'avantage de les gens aujourd'hui, c'est que et je te remercie pour ça, c'est que ton travail, tu t'adresses à à tout le monde de je crois qu'il y a pas de différence d'âge, de couche sociale, de zone géographique et ça c'est vraiment ta force. Merci. Euh évidemment, tu t'adresses aussi à la jeunesse et finalement c'est l'avenir de notre nation, la jeunesse et les armées, on s'adresse très souvent à la jeunesse et pour moi, c'est pas facile aujourd'hui de de te rendre ce témoignage, d'échanger avec toi parce qu'on est souvent comme je te l'avais déjà dit en aparté, on est protégé par l'anonymat, c'est pas pour rien.

Oui, là tu es alors si vous nous suivez en podcast audio, tu as un cache-coup, c'est comme ça qu'on dit hein, jusque sous les yeux et un ber donc on voit que tes yeux aujourd'hui. Pourquoi est-ce que tu es sous anonymat pour ceux qui découvrent aujourd'hui ton métier ? Alors déjà, il y a une protection juridique essentielle, c'est Michel Alomarie euh qui au milieu des années 2000 a créé ce statut pour nous protéger. Elle protège les opérations spéciales, les cercles du renseignement, euh les services qui qui concourent directement à la sécurité de la nation. Et c'est pour deux choses essentielles.

Un, nous protéger nous et nos familles et évidemment ces unités d'exception qui servent qui servent le pays. [grognement] C'est pas ton vrai prénom Charles pour info. C'est ce qu'on appelle enf un pseudo. C'est un pseudo. C'est des calls sign on dit dans l'armée. C'est des pseudos qui sont utilisés entre vous choisis par tes collègues d'ailleurs je crois. Ouais, tout à fait. Exactement. Et donc toi Charles n'est pas ton vrai prénom. C'est pas la peine de chercher Charles. Tu es au CPA 10 command parachutiste de l'air numéro 10. On a eu la chance de pouvoir sauter avec eux euh il y a quelques mois maintenant de la 400M. Un avion, un Airbus qui s'ouvre de l'arrière.

On a pu sauter avec tes collègues. Euh toi tu étais, je sais pas comment dire, tu vas me rattraper sur les termes. On va raconter des missions. Tu as fait des choses incroyables. Tu all évidemment éliminer des terroristes, en capturer certains quand il y a besoin de de renseignement. tu as libéré des otages, tu as fait les parmi les plus belles missions des des forces spéciales euh qui sont presque jamais raconté parce que c'est des missions qui sont secrète alors plutôt discrète on dirait.

Mais effectivement, elles sont en fait, il y a un vrai, il y a une sémantique parce que les gens qu'ont vu bah le bureau des légendes euh verront aisément il y a une différence et on utilise opérations discrètes pour les opérations spéciales parce qu'elles sont revendicables et on dit secrètes pour les opérations clandestines parce qu'elles sont pas forcément revendiquées. C'est vraiment c'est une frontière sémantique et qui se décline de manière différente au dans notre métier. tu as sorti un un livre, je vous incite à aller le le lire à cœur ouvert. Moi, je l'ai vraiment. Regardez, il est il est usé. Je vous mens pas. Il même les pages, voilà, je les ai plié un petit peu.

J'ai un peu abîmé le livre. Il y a des photos au centre. On va en montrer certaines et puis on va montrer aussi des vidéos que tu nous as ramené. Euh à cœur ouvert, récide d'un commando du CPAD, c'est chez Maruil édition, Charles d'Azera qui est un pseudo, c'est un village Azera. Euh c'est c'est un c'est un des livres, j'ai j'ai j'en lis beaucoup des livres avec euh en faisant ça fait maintenant 700 épisodes à peu près qu'on met sur les gens. Donc on tourne, on a un petit peu d'avance. Euh je je c'est c'est un des rares livres où j'ai à la fois souris, j'ai été ému, j'ai eu la larme à l'œil à plusieurs reprises. Euh c'est toi qui l'a écrit ? Ouais, tout à fait. Tout seul. Pas facile.

Pourquoi tu l'as écrit ? En fait euh pour être tout à fait honnête, il aurait pas dû sortir. C'est un bouquin vraiment euh en fait la première mission euh qui était que j'ai intitulé dans mon livre le baptême du feu. Je me suis dit bon là c'est une mission un peu dingue. [grognement] En parler c'est c'est sympa mais coucher sa pensée sur le papier c'est vraiment structurer aussi sa manière de penser. Et puis ben je vais écrire ça pour ma femme et mes enfants. Et c'était vraiment le seul objectif que j'ai eu, c'est mon épouse et mes enfants. Voilà. C'est pour laisser une trace laisser une trace pour transmettre. Voilà.

Et évidemment mon épouse, mes enfants et puis mes frères d'armes parce que ils font c'est c'est ma famille élargie, on va dire, avec qui j'ai combattu et ils auraient évidemment ils m'ont dit tiens, si tu écris, écris pour nous parce que nous on n' pas cette chance de maîtriser la plume. Euh [grognement] on serait ému de pouvoir de pouvoir le lire. Et en fait, c'est euh le parrain d'un de mes enfants qui me dit "Bah écoute Charles, moi si tu veux, je relis ton manuscrit puis il sera il sera très bien pour ta famille." Euh lui, il est normalien donc évidemment il a une une plume un peu plus différente. Et le lendemain, il m'appelle, tu sais ce qu'il me dit ?

Il dit "Charles, faut que tu publies. Les jeunes ont besoin de lire ça et même moi que je suis dans le tourbillon de la vie du quotidien, j'ai besoin de prendre de la hauteur, de la profondeur sur ce qu'on vit au quotidien." Avant de continuer l'émission, sachez qu'à partir du 7 octobre, les gens part en tourné partout en France. 18 dates dans les plus grandes salles, les zénites avec six invités qui ont marqué l'histoire de la chaîne pour un show exceptionnel en scène centrale. À chaque ville, il y aura des surprises avec des invités incroyables et puis ce que vous allez entendre, vous allez être les seuls à pouvoir le vivre puisqu'on pourra pas filmer à l'intérieur des salles.

Vous verrez, les dernières places sont dispo sur le site légende-t-our.fr. Allez les prendre rapidement. tu as tu as un truc avec avec ton épouse, tu tu parles de ton épouse, de tes enfants, de entre chaque mission, on va y revenir, vous allez voir, on va essayer de comprendre ton parcours. On refait le principe de légende, c'est vraiment de comprendre le feu, la flamme intérieure, de C'est pas la même expression quand tu dis on a connu le feu, c'est connaître les tirs et cetera. On a besoin de connaître la flamme intérieure de la personne, comprendre comment euh parce que c'est quand même pas des métiers euh communs pour toi.

C'est c'est tout ton entourage doit être peut-être militaire, mais c'est pas un métier qui est commun euh de partir à la guerre en disant au revoir à sa famille au cas où. C'est quand même il faut qu'il y ait une flamme intérieure qui aille au-delà entre guillemets de ton métier. Oui, tout à fait. Tu vois, donc on va y revenir là-dessus. Tu as libéré des des otages, vous allez voir parachuter sur un camp d'entraînement terroriste. Vous avez libéré, on va parler de Wagadougu aussi au Burkina. Il y a eu une grosse opération des forces spéciales lors d'une prise d'otage et malheureusement une c'était une tuurie de masse hein dans un hôtel. Ouais, exactement.

Euh toi tu as participé euh tu étais le le chef de de de l'équipe qui allait là-bas. J'étais jeune lieutenant, on est rentré par les toits, c'était ma deuxième mission spéciale et euh et ce qui est assez marrant, c'est que j'étais avec un avec avec un pote de lycée de militaire, tu vois. Et on lui, il est rentré par l'entrée de service, je suis rentré par les toits et c'était une mission hors norme. Vous allez voir, on va en parler tout à l'heure de cette mission. peut-être une des missions les plus notables de de des forces spéciales en tout cas qui a raisonné. On a entendu beaucoup parler de cette mission puisque c'est passé dans tous les JT.

On aura tout à l'heure Lorenzo, c'est son pseudo. Il était aux premières pays Mage justement donc les forces spéciales terres de de Bayon, les les forces spéciales aussi qui ont donné l'assaut. Vous étiez deux, le CPA10 donc l'armée de l'air et fort spéciale de l'air et force spéciale de terre. vous êtes rentré en même temps, tu as donné l'assaut avec lui mais vous vous connaissez pas forcément euh de depuis vous êtes pas forcément revu. Il va venir raconter et comme ça on va pouvoir entendre vos deux voix sur cette histoire. Euh on va y revenir dans un instant. On a récupéré une image digne d'un film américain.

Vous allez voir vraiment je tant qu'on l'a pas vu nous en tant que civil sur une caméra embarquée d'un d'unun d'un d'un d'un membre d'effort spécial. Vous allez voir, je je vous dis juste ce qui va se passer, puis on en parlera tout à l'heure. Il casse un morceau de miroir de la salle de bain. Il regarde avec un morceau de miroir à travers la fenêtre pour voir où est le sniper des terroristes. Et en fait, le sniper va toucher son petit bout de miroir et va tirer dessus. Euh toi, ça doit te paraître habituel entre guillemets dans tmission. Nous, on n'a pas l'habitude de voir ce genre de vidéo. Ouais, c'est clair.

En fait, c'est euh et je te remercie de de l'invitation aussi pour Lorenzo parce que c'est vrai que on parle du CPAD dans ce livre mais je crois que quand tu l'as lu, tu t'en es bien rendu compte. Évidemment, ma légitimité de l'écrire, c'est parce que je suis un monde du CPAD mais mes frères d'armes, c'est il y en a au CPAD, il y a les commandos qui sont à Bayon, il y a les commandos marines, on a les opérateurs renseignement du 13e RDP. En fait, on est tous et c'est c'est ce qui est assez unique dans le comand des opérations spéciales. On est tous d'armées différentes mais en fait, on se connaît tous parce qu'on est au feu en même temps.

On a tous perdu des copains des autres des autres unités et c'est quelque chose qui nous tient vraiment au trip. Juste si vous découvrez aujourd'hui en en deux mots, qu'est-ce que c'est que le CPA10 ? et après on va rentrer dans dans ton parcours. Alors le CPA10 il fait partie il y a trois unités qui font l'action directe au sein des op spéciales. On attend par action directe, libération d'otage, c'est ce que tu disais, neutralisation de haut cadre ou alors dans une guerre plus importante comme on parle aujourd'hui, on parle de guerre de haute intensité, ça être du sabotage ou de la neutralisation de cibles à hautees valeurs ajoutées derrière les lignes.

Ces trois unités, il y en a une par armée, les commando marines pour la marine nationale, le premier RPAR pour l'armée de terre et le CPA10 pour l'armée de l'air. et nous faisons partie donc ça c'est notre cœur de métier. Historiquement on est issu des premiers parachutistes, des actions spéciales de la seconde guerre mondiale et des commandau de chasse en Algérie. C'est c'est pour brosser assez assez succintement le CPAD c'est ça. Et aujourd'hui, on a participé à toutes les opérations spéciales modernes jusqu'à aujourd'hui. Quand tu dis élimination de haut cadre, c'est quand tu parles de cadre, c'est cadre dans l'organisation terroriste, c'est les chefs. Vous allez taper les chef.

un autre pays euh une de nos missions ça pourrait être d'aller faire de la neutralisation d'un général ennemi quel qu'il soit parce que si c'est lui qui est à la tête d'une opération majeure si les renseignements estiment que sa neutralisation c'est un game changer pour gagner une bataille ou la guerre ça peut être une mission qui nous a ordonnée. Toi tu es chef d'un groupe action j'ai commencé chef de groupe action. Exactement. C'estd que tu tu as une dizaine de personnes avec toi. Dizine de bonhommes. Ouais exactement. On était 14 15 et je partais avec environ 10 missions. On va parler de comment tu te fais accepter en tant que chef aussi parce qu'il faut faire ses preuves.

Tu te retrouves avec plein de personnes qui ont des spécialités différentes mais parfois plus âgé comme tu as forcément un jour tu arrives, tu es nouveau forcément on est tous le nouveau quelque part un jour et donc il faut se faire respecter par les plus anciens. Tu vas nous dire comment dans un instant. Toi tu as beaucoup d'enfants, tu une famille nombreuse. Tu dis une belle phrase page 97 dans le livre, tu dis la foi était le fondement de notre mariage, les moments de qualité en famille, notre ciment et notre amour. notre clé de voûte aussi. Je mesurerai la grâce permanente d'être au cœur d'une famille aimante et d'un foyer accueillant et rayonnant.

En fait, tu vis des trucs tellement difficile. On va y venir maintenant que tu es obligé d'avoir un cocon familial hyper solide quand tu rentres, j'imagine pour entre ces missions là. Sinon, tu pas En fait, on me dit euh la place de ta famille, sans ma femme, sans mes enfants, je pense que j'aurais jamais été aussi bon et j'aurais jamais pu être à ma place de manière aussi équilibrée. Et ça, c'est une évidence. Et en fait, si tu veux, moi je compare avec des avec des opérateurs, des frères d'armes aujourd'hui dans les autres armées qui ont pas eu cette chance là parce que aussi faut faut trouver la bonne, faut se marier.

Enfin, c'est des choses qui sont pas c'est c'est c'est pas une pochette surprise. Il faut quand même s'investir un petit peu et si tu veux imagine-toi tu rentres d'opération spéciale, tuvres ta porte, c'est un appartement qui sonne vide. Ah ouais ? Tu es tout seul, tu peux tu peux péter un là.

Ton chef ton chef il te dit prends un peu de perme mais les permes pourquoi je suis tout seul perme permission vacances tu vois pourquoi pourquoi je suis tout seul alors que moi tu vois j'ai ma femme mes enfants enf c'est pas c'est pas du tout le même sens tu vois et puis parfois il il y a des des tu peux vivre des trucs tellement difficiles pour pas péter un boulon aussi c'est important j'imagine d'avoir tu vois et puis mine de rien des enfants qui qui arrivent qui rigolent tu joues avec ça te décompresse quoi en fait les enfants c'est quand même bon c'est un petit peu trivial ce que je veux dire mais les enfants c'est la vie et c'est aussi notre avenir en fait quand tu quand tu es prêt à te donner ta vie pour ton pays, quand tu es prêt à tout donner pour ton pays, c'est pas pour ta génération et ma génération.

Nous, on est déjà presque, je vais pas dire qu'on est périmé, mais on est Attends, calme-toi. On Non, je rigole. Mais tu vois ce que je veux [rires] dire ? C'est pour On est la moitié de notre vie. Oui, on est à la moitié. C'est vrai. C'est pour nos enfants qu'on fait ça. Évidemment. Donc en fait, s'il y a pas d' tu vois, tu vois les armées quand on parle de projection pour l'avenir de euh du fait qu'on va Exactement. Et quel monde on va laisser ? Bah sans enfants, ça avec des enfants, tu tout prends du sens. Et tu vois, il y a une phrase assez forte que dit mon sou mon épouse. On lui dit "Mais attends, ton mari c'est une phrase qui arrive sourd.

Il fait un métier d'égoïste, il part en opération, il s'éclate, toi tu es toute seule avec les enfants." Elle répond : "Et vous croyez que ça lui euh ça lui fout pas les euh le moral dans les chaussettes de nous laisser tout seul ? Vous croyez que c'est facile pour lui ?" Et elle explique aux enfants, "Non, non, s'il est parti, papa, c'est pour notre pays, c'est pour qu'on puisse vivre librement ici." En fait, c'est tout le sens de de l'engagement militaire. Il est bien plus profond que je vais à droite, je vais à gauche, je m'éclate, je saute en parachute. Ça c'est l'image sexy qui peut attirer parfois le jeûne mais la vraie profondeur du métier, c'est celle-ci. Sinon, ça pas de sens.

Je pense que ce qui attire aussi c'est tu dois avoir une fraternité avec des tu vois, tu dois tu dois découvrir un truc, on va y revenir. Mais voilà, tu sais ce que dit un mec qui part à la retraite dans l'armée, il dit le truc qui m'a le plus manqué, c'est la fatalité d'armes. C'est quand tu pars dehors dans le civile, tu as plus enfin je sais pas, tu as plus de copains mais tu tu es un peu plus seul quoi, tu vois. Oui. C'est peut-être pas la même ambiance. Tout à fait. Exactement. Tu vas partir en Centrafrique en 2014. Oui.

Euh comment tu juste la veille pour finir sur le sujet femme et enfant, on y reviendra après tout à l'heure sur après mission, mais quand tu pars pour tu as un rituel avec ta femme Ouais. Qu'est-ce que c'est en fait dans les dans les armées et plus particulièrement les opérations spéciales, l'acceptation du risque, elle est quand même forte, c'estàdire on peut ne pas rentrer et c'est dommage de ne pas préparer administrativement, mentalement et affectivement sa famille et son environnement à une une éventuelle disparition. Et si tu veux, moi ça tu le fais à chaque fois. À chaque fois je donne mon alliance, ma médaille de baptême à mon épouse. Ah w tu pars pas avec ton alliance.

Pour quelle raison ? Pardon ? Pour quelle raison ? Mais imagine, je me fais capturer par un théroïde. Je me fais capturer. Le fait d'être marié, c'est une pression. Tu es marié, je je vais trouver ta femme et tes enfants, tu verras. C'est peut-être pas vrai parce que on est quand même en France, un pays où on est protégé par les forces de l'ordre et cetera. Mais c'est une pression où tu es au bout de 20 jours, 30 jours, 40 jours de captivité si ça arrive, tu sais plus trop. Et euh il faudrait pas que que ça soit en moins de pression. Donc je la laisse à mon épouse et euh derrière on prend le classeur assurance compte bancaire mutuel les codes. Si je disparais, il faut réclamer ça, ça ça.

Elle note tout sur un papier. Pam pam. On ferme le classeur. Ça c'est bon. Ça c'est pour le côté un petit peu pratique, un peu morbide. Et après, en général, on veut toujours clôturer par une par une belle journée en famille. la veille du départ, on sort dimanche un petit peu, on se fait un bon repas en famille type fête de Noël, tu vois. Moi, j'achète des cadeaux pour tout le monde. On se fait un bon repas, on fait une photo de famille sur le canapé dans le salon et après mon épouse les imprime pour le mettre sur les sur les tables de nuit de tout le monde et le lendemain, je m'en vais.

Tu vois, ça permet d'avoir avant de partir les enfants, tu sais, on on dans le tic tac plutôt se dire "Papa part, tic-tac, on va passer un super moment. Si je disparais, il y a une belle photo avec des bons souvenirs et administrativement tout est réglé. Et ça en fait moi ça me permet aussi ce rituel de me dire "OK tout est en ordre, je peux partir." Mon épouse ça permet de dire "OK les enfants c'est compris même si les premiers jours sont toujours compliqués hein.

Première mission là je pars en Centrafrique au bout de [grognement] 3 jours, ma femme le racontera après parce que j'ai pas de téléphone et cetera." Elle me dit "Les les mes mes deux aînés, ils ont pris un paquet de farine, ils l'ont vidé dans leur chambre. [rires] C'était l'enfer." Pourquoi ? parce qu'il en mode papa est parti, c'est l'enfer. Voilà. Bon, voilà. Pour ta première mission, vous allez être envoyé à à Bangi, donc c'est c'est une ville de Centrafrique. Qu'est-ce que vous allez y faire pour comprendre un peu, tu arrives tu arrives en avion ? Est-ce que tu peux qu'on puisse se mettre dans la peau d'un d'un membre d'effort spécial ?

Est-ce que tu peux nous décrire au maximum parce que ça va dégénérer très rapidement. Mais qu'on comprenne quand tu arrives déjà en en deux phrases. Bangi, déjà pour expliquer, on appelait ça bang la coquette. Pendant ce conflit, on appelle ça bango on peut en rigoler. En Centrafrique, ça tap très fort, c'est la capitale et en fait, il y a eu des grosses insurrections. Le pouvoir a été renversé. Une partie de l'armée s'est rebellée contre le pouvoir central et en fait l'armée française est appelée par le pouvoir centrafricain pour maintenir la stabilité du pays et garantir si tu veux un passage de témoins avec des élections. Voilà.

Donc quand on arrive on atterrit une espèce de de chape de plot. On est pas on est trop hein. La terre on appelle ça la latérite. La latérite si tu veux c'est la terre rouge un peu. Terre rouge. C'est comme si tu étais à Roland Garos tout le temps. Tu étais stressé avant de partir la première fois. Est-ce qu'avant avant de première mission ? Il y a il y a pas tellement de stress. J'a plutôt une une excitation parce que première fois que je pars pas en Afrique parce que comme tu l'as vu Stage Beloua on part un mois à Jibouti qui est quand même un un centre un terrain d'entraînement remarquable pour le tir et cetera. Donc ça c'était top.

La centrafrique, je sais que j'y vais dans nos caisses, tu sais. Ça rigole pas la centrafrique, hein. Ça rigole pas. Il y a pas mal de militaires m'ont raconté des trucs de là-bas. C'est c'est là la violence, les charniers, les combats sont d'une rudesse et d'une violence rarement vécue ailleurs. Ah ouais. Daesh à peu près équivalent, mais au sel par exemple, pas du tout pareil. Tu vois là vraiment on est sur une logique, c'est on est presque pas sur du gor mais quand même pas très loin. [grognement] Vous au début les premiers jour ça va aller.

Alors si tu veux tu l'expliques très bien dans le livre on arrivé à Borgille nous on est déployé à l'extrême est du pays qui dans une ville qui s'appelle Bria. Alors même pareil il s'appelle Bria la saintillante. Bon, tu as compris pourquoi ? Parce que c'était la terre des diamants globalement et elle elle aura été rebaptisée par les c'est pas nous qui les rebaptisons, hein, c'est les ils appellent ça brille à la sanglante, tu vois ?

parce que on va en fait à la suite de l'action qu'on va mener de mon baptême du feu en fait c'est une ville qui pendant la saison des pluies tout va bien c'est assez euh hors du temps, tu vois tu as des grands arbres il mangent des canopés de végétation tu vois des animaux hors du commun croises des éléphants, tu croises des fauves comme ça à côté de toi dépaysé là tu es complètement dépaysé c'est vraiment l'Afrique vierg il y a la population est là elle est joyeuse la population africaine populations qui qui sourit, qui dansent, qui chantent, on est hyper bien accueilli et nous notre rôle au début c'est juste on est sur place, on veut pas qu'il y ait d'ingérence de de troupe armée en dehors de celle gouvernementale et on est là pour assurer que tout se passe bien, montrer les muscles, même pas, on est là, on participe, tu sais, aux réunions municipales, à la préfecture et cetera parce qu'ils ont une un maillage territorial qui correspond à celui de la France et on les accompagne.

Donc on on fait nos petites réunions, on se balade. Tu as une des photos qui est assez marrantes, enfin nous a pas fait trop rire mais plutôt sué je dirais. Si tu veux, c'est on a un autre camion et puis la le chemin s'affesse et on tombe dans un mar comme ça. On a mis 8h à le sortir. Bon c'était bon c'est l'aventure, tu vois. On est vraiment dans une, tu imagines, tu sais dans les films où tu vois les gens qui se baladent en Jeep, en Afrique ou dans le désert avec entre guillemets juste ta boîte de ravioli, un peu d'eau et une baguette de pain, bah c'est exactement. Donc là, tu as pas de combat au début. Là, tu as pas de combat.

Là, tu tu et moi et patrouiller et nous en fait dans Exactement. On patrouille, on prend on prend des informations, on a des entretiens donc on prend du renseignement aussi. On sait qu'on a quelques cibles un peu d'intérêt périphérique mais pas plus que ça. Et même je vais te dire ça c'est c'est ça le doc s'en est voulu parce que doc le docteur le médecin militaire du CPAD nous dit avant de partir vous là-bas en allant là-bas le seul truc que vous risquez c'est les moustiques avec la dingue et le paludisme. Donc tu partais même pas pour dire tu te dis non on était convaincu.

Moi j'ai un de mes vieux alors je vais imiter sa voix, il dit "E Charles, tu verras on arrive en saison sèche, ça va qu'enfra, c'est sûr. Ça va qu'enfra, ça va qu'en campfré ça va défouryer quoi. Parce que lui, il était allé en 2006. Euh, il faut toujours écouter les anciens. Faut toujours écouter les anciens parce qu'il s'est pas trompé. Et c'est lui qui m'avait dit "Tu seras jamais notre chef". Tu vois, on était déjà arrivé avant le départ à une vraie fusion fraternelle. Évidemment, j'avais pas encore fait mes preuves au feu, mais on était arrivé à un niveau, il m'avait plutôt bien accepté dans le groupe. Là, vous allez partir la situation va dégénérer. On sent que ça dégénère. Pourquoi ?

Saison sèche, saison sèche en Afrique égale quoi ? Réouverture des pistes. Réouverture des pistes égale quoi ? Accès à tout. Les diamants, les pays limitrophes, le darfour, le Soudan, tout ce que tu veux. Donc qui dit piste ouverte dit armement, bande armée. Et là, tout le monde commence à arriver vers cette ville. Pourquoi ? parce qu'elle est suffisamment éloignée de la capitale pour ne pas trop avoir de force française. Il y a des diamants et de l'or. Donc là avec ça, tu fais ce que tu veux pour faire ce qu'il faut. Et tu avais une grosse influence aussi djihadiste qui essayait de faire une contre-insurrection sur la partie est du pays.

Et nous on se retrouve au milieu de ça, on sait que tout le monde arrive. [grognement] On est 18 18 au fin fond de l'Afrique avec rien. Vous êtes que 18 en [rires] rien. Tuas tu as mes 10 bonhommes de groupe action 10. J'ai réussi en embarquer un 11e qui me sert de majeur de camp mais comme ça ça me fait un opérateur en plus. Ah oui c'est c'est Faut pas avoir peur faut avoir confiance en les 17 autres. Écoute après c'est tous des mecs triés sur le volet des super mecs face à 200 personnes tu vois.

Ouiou effectivement au début on n pas dans cette dans cette optique là tu vois comment ça va dégénérer alors on le sent assez vite parce que si tu veux on nous dit il y a tel général qui arrive avec tel autre tel autre tel autre il convergent vers leur brillant [musique] et ils arrivent avec quatre généraux plus leur chef d'étatmajor c'està dire pratiquement l'ensemble des têtes de chaînes qui étaient surveillé depuis mangi ils arrivent chez nous avec leur armement et leurs mecs donc environ 300 400 mecs armés pickup 145. Donc 145 c'est le calibre globalement c'est gros comme ça, c'est long comme ça. C'est ob quoi. Tu pètes un véhicule, tu pètes un hélicoptère avec.

Enfin, c'est on est quand même sur du calibre où on rigole pas du tout avec ça. Tu vois si tu tuis on connaît un petit peu les les les gens connaissent en général un petit peu les vabses, les véhicules de l'avant blindé. C'est c'est les véhicules qu'on avait en France jusqu'à il y a pas très longtemps. On en quelques-uns. La 145, ça passe au travers comme ça. Alors les mecs arrivent et petit à petit, on le sent dans la dans la population, ça change les gens nous le regard change. Les notables avec qui on traitait avant disparaissent en brousse. Et là je dis à un de mes à mon adjoint qui s'appelle son pseudo Roy Roy va dans cette petite ruelle là. Ça ça craint un peu en général.

On va leur on va essayer de voir un petit peu comment ça se passe. On y va. Deux mecs sont armés avec des kalashnikov, donc des des fusils mitrailleurs et nous on va les contrôler comme on le fait régulièrement. En théorie ce qu'on appelait à l'époque les accords de confiance, ça veut dire quelqu'un qui portait une arme, il se devait d'avoir un papier justificatif, un port d'armes. Un port d'arme et s'il l'avait pas, ça veut dire que c'était pas des forces gouvernementales mais quelqu'un qui était peut-être dans l'opposition. On y va, ils ont rien. Donc nous, on leur demande de confisquer l'armement.

Et à ce moment-là, des trois maisons qui sont autour de nous, il y a 15 combattants armés qui sortent avec lance-roquette tous armés. La population arrive 20 30 40 50 pas loin de 100 personnes, femme, enfant machette et commence à taper sur nos bagnoles comme ça, même les femmes et les enfants tout le monde machette, tout le monde en disant Allah Akbar et il tape sur les bagnoles et il disait la France dégagé. Et je sais pas si tu te souviens de la chute du faucon noir, le film. Un film de guerre. Ouais, un film de guerre. Exactement. En fait, on voit les Américains qui sont en galère dans Mogadicho. Pareil, ils ont des foules qui se baladent partout et c'est ingérable.

Et moi en fait, en général quand on fait comme ça, je dis je dis "OK, vous vous désengagez doucement, pas de mouvement brusque parce que là, si évidemment on peut réduire les mecs, on n'est pas du tout à l'abri de faire des dommages collatéraux." Et c'est pas et c'est pas le sujet. En France, nous les tuer des populations civiles parce que c'est un moindre mal, c'est pas du tout notre sujet, tu vois. Donc ça c'était hors de question. Et moi ce que je voulais c'arriver à me désengager cette situation avec si possible qu'il y a pas de coup de feu. Tu vois ça déjà c'était c'était quand même pas simple. Les mecs se reculent à chaque fois.

Évidemment, on avait un fusil par armé derrière pour être sûr que si ça part à la gifle, moi je puisse rappeler tous mes opérateurs quand même. Et on rentre en souplesse, on arrive à rentrer tranquillement. C'est que tout le monde se vise là. Tout le monde se vise. Tout le monde recule. On avait tous un pointeur sur chaque tout le monde. Et moi j'avais mes trois mecs qui étaient descendus qui dansent à pas de loup, tu vois. Il remontent en véhicule, on met le contact demi-tour et on rentre au pas avec toujours les mitrailleuses braquées sur les mecs au cas où il nous tire sur notre tour. On rentre au camp.

Bon làà on [grognement] a fait des un petit peu de goutte parce qu'on s'est dit si ça part en live, on se prend un coup de match. Mais bon voilà le pendant la nuit, on entend un hélicoptère tigre qui pose. En fait, c'est le général commandant les forces françaises. Quand il apprend ça, il dit "OK, c'est pas normal. Euh, vous y retournez cette nuit parce que dans cette dans cette ruelle parce que je veux qu'on affiche que la sécurité c'est la République centrafricaine qui la détient. Donc, par ce biais, les forces françaises qui sont là pour les soutenir et pas ces bandes d'armé." OK, très bien. Donc là, on y va. Là, tu as un mec armé, deux mecs armés qui sont en faction.

L'hélicoptère tigre qui tour autour et qui nous dit "OK, il y a un mec, deux mecs, trois mecs". Il revient sur votre position puis la sentinelle, elle nous voit, elle nous braque. Juste avant de tirer, elle est neutralisée et les mecs se carapatent direction leur leur leur villa, ferment tout à clé. la population, on entend qu'ils sont, ils ferment tout la clé et nous on reçoit l'heure de désengager en disant "OK, voilà, on a fait comprendre que on a fait comprendre que euh derrière la sécurité, on va espérer qu'elle revienne en en ville et le lendemain, on a toute la foule qui débarque dans le camp, [musique] qui pète l'entrée du camp, qui nous balance deux grenades défensives, tu vois.

Et en fait, comme c'était pas évidemment des pros de la grenade, ils s'en tirent une dessus, donc ils ont trois blessés. Nous, on rentre dans la foule, on va récupérer les blessés, on les médicalise nous. ! Ah oui ! Euh et c'est pas un blessé même ennemi. Non mais là c'était la population civile, la seule crainte qu'on avait. Est-ce que c'est considéré comme des civils quand ils jettent des grenades dessus ? C'est ça le en fait c'est toute la difficulté c'est dans dans ces situations là c'est jamais tout noir tout blanc. Là on a une imbrication énorme. Tu as de la population civile avec derrière des agitateurs qui font partie de cette demande.

Nous on s'est dit bon voilà on a en fait il y a jamais un pas sans appui. Donc on va protéger au mec. On les exfiltre et en fait le fait d'avoir eu des blessés, ça a coupé tout le monde, il se barre et en revanche derrière on a on a plus pu sortir une seule fois de de ce camp. Donc là on a rempli des sacs de sable, on s'est mis en défensive, on avait plus que 10 jours de flotte et de bouffe. Les les avions on avait plus le droit de nous ravitailler. Donc on était en train de se d'économiser la bouffe, la flotte. Euh là, tu te dis qu'est-ce que je fous là ? Il y a un moment où tu te dis ça ou pas ? On a fait un plan d'urgence. On fait toujours des plans d'urgence au cas où ça merde.

Mais alors là, on avait fait un, on avait centralisé dans toutes les pièces tout ce qu'on devait détruire comme matériel classifié. On avait posé des charges de circonstan sur un bout du mur pour pouvoir faire une brèche dans notre camp pour péter ton propre mur propre m pour pouvoir se barrer dans la dans la dans la brousse de nuit si les mecs ils arrivent pour tout nous récupérer enfin en tout cas disparaître. Vous aviez pas d'hélico dans votre camp pour partir en écho ? Non 18 quoi 18 et à ce moment-là on s'est renforcé par une section d'infanterie parce qu'on dit les gars la 18 ça va être chaud.

Et donc ils arrivent, ils nous renforcent et eux ils restent en sur le campant avec nous quoi. Moi je sais partir avec mes chargeurs et mon armement pour me défendre et tout ira bien. Et à ce moment-là, c'est là où tout bascule. On reçoit alors on ti on remplit nos sacs de sable et là j'ai le chef de l'équipe de recherche. Donc là c'est le 13e RDP ceux qui sont en charge nos frères d'armes plutôt dans la dominante on va dire renseignement. Ils vient me voir, il s'appelle Chris, il me dit "Charles, viens me voir. On a reçu un dossier du objectif à quoi ? dossier d'objectif, il faut qu'on aille capt on va on va les capturer leur chef. C'est souvent ce qui arrive.

Tu sais quand quand on est sclérosé dans une situation, faut capturer la tête, enfin faut couper la tête, soit on coupe la tête, soit on arrive par le volume, tu sais, à asphyixier la menace. Là, il avait été décidé ça, tu vois. Et donc le le c'est un chef quoi ? C'est un chef de guerre, c'était un chef c'est un trafiquant. C'était C'est un chef de guerre. C'est un ancien chef de l'armée centrafricaine parce que tu sais sur place ce qu'on appelait les SCA, c'était une parce que en Afrique ça marche souvent comme ça.

C'est l'armée qui s'était rebellé, tu dis c'est une armée qui s'est rebellé avec des pans qu' on qui sont tombés dans le djihadisme parce qu'en fait par le djihadisme tu avais accès au Darfour. Au darfour tu as accès à toutes les armes que tu veux. Tu échanges chacun des diamants parce qu'en fait quand tu es en Centrafrique, tu en as plein. Euh bon, je te passe les les détails qui amènent à ça. Mais ce d'étatmajor c'était il était reconnu de tous, il avait 400 bonhommes avec lui dans la ville. Il a été armé avec des de l'armement que même moi j'ai du mal à voir chez Da. Tu vois ?

[musique] Donc là, tu pars, tu sais que c'est monsieur je sais pas quoi, il te dit une fiche de dossier d'objectif. Tu as le visage, on a sa il ressemble. Ouais, on sait à quoi il ressemble. Tu sais son nom, son prénom. On sait son nom, son prénom. On sait où il habite dans la ville de c'est renseignement militaires qui vous font un dossier. Ouais parce qu'en fait les mecs on les suit d'autres services. Vous donne le dossier près long. Nous, on est les effeurs, enfin on va faire les effets militaires. Tu vous allez faire c'est lui, il habite tel endroit, c'est le boulot.

Je peux te poser une question personnelle, tu me réponds pas si tu peux, mais je te pose des questions qui me viennent naturellement. Le le chef que tu dois capturer, s'il se laisse pas capturer, est-ce queil y a élimination ou est-ce que ça c'était tout le débat ? Comment ça se passe pour l'armée ? Enfin, pour vous. Alors si s'il y a capture, en fait, on est on a ce qu'on appelle quand on fait des missions, on nous donne des règles d'engagement. Les règles d'engagement, c'est le cadre juridique qui nous permet d'aller délivrer de l'armement à un endroit. Donc ça c'est des phrases un peu techniques. Mais ça veut dire que en parle nous comme en avant si tu veux tu as un dossier renseignement.

Grâce au dossier renseignement on a la certitude que tel avec tel pédigri avec tel armement il il faut le neutraliser, il faut le capturer. Bon peu importe. Et en fonction de ça, on va dire "OK, bah le chef tactique, donc celui qui est sur le terrain, il a le droit de le capturer, pas de le capturer, de le tuer. Voilà, tu sais ce que tu peux faire ? Je sais ce que je peux faire." Et après d'ailleurs si le mec il arrive, il me braque avec son flingue, voilà. Tu fais quoi ? Ça c'est la légitime défense. S'il appuie et que ça et que ça siffle à mes oreilles, c'est qu'à priori, il voulait me tuer. Mais [grognement] déjà, tu attends pas ça normalement. Ah non, j'entends pas ça.

Non, en général, c'est le mec qui me braque, on appelle ça intention intention hostile t-é c'est act hostile. En fait, si le mec a une intention au style, c'est dire il braque, il y a une ROE qui dit si le mec a une intention au style, une RO o E règle rule of engagement, règle d'engagement, tu vois, c'est la c'est le cadre juridique desion parce qu'en fait nous, ça c'est quand même important de le dire à ceux qui t'écoutent, c'est ceux qui tuent pour l'argent c'est les mercenaires, ceux qui tuent pour des contrats, c'est les assassins. Un militaire, ça tue pas. Militaire, il défend son pays dans un dans une guerre qui a été maîtrisée par le renseignement parce qu'on sait pourquoi on y va.

Nous dans nos batailles qu'on mène, on le fait parce que le renseignement nous dit que c'est bon, pas bon et le cadre juridique, il est hyper clair. Là, tu dois capturer un chef dans cette mission là. Par contre, les autres autour, les 10 là armé et cetera, eux, il y a pas de capturer, on s'en fout. Pas de renseignement en fait. Non, c'est pas on s'en fout. C'est que tuas une règle d'engagement qui nous dit intention mais qui se rend mais c'est pas obligé de les capturer. Exactement. Et ça c'était tellement touchy qu'on avait un commissaire de l'ONU qui nous suivait sur cette mission.

Donc en fait quand un commissaire de l'ONU et à 100 m on avait trois ONG en fait tu savais que ça allait taper fort ? Nous on savait que ça taper fort. Les chefs militaires français en doutaient un peu parce qu'en fait comme tu as une distorsion temporelle tu te dis oh ça va être une intervention police. Et c'est vrai tu peux croire ça. C'est rare qu'on entende des des des détails comme ça. Bah vous montrer les vidéos. Il y a des vidéos que tu as ramené aussi. Vous allez voir c'est du jamais vu. He je dis vraiment c'est du jamais vu. Là je petite question personnelle.

Est-ce que avant d'attaquer tu as tuas tu as peur comme tu restes un être humain, les chevaliers ils ont peur, ils ont le droit, ils sont courageux mais la il faut avoir un sentiment de peur. En fait, on était on a pas beaucoup dormi la nuit d'avant parce qu'en fait on sentait alors nous avec mon groupe, avec les tases on savait les tases c'est ton c'est un pseudo entre vous az une petite pug. Exactement. un peu d'autodérigant, ça fait toujours du bien dans des mondes dans le monde très sérieux, quoi. Faut savoir un peu rigoler de soi et euh et si tu veux, on on n pas très bien dormi parce que on savait que la mission, elle allait être dure.

Euh moi je connaissais l'objectif parce qu'on l'avait répété répété répété avec les fameuses photos, je te disais, on a fait une maquette au sol reconnaissance, vous avez fait une maquette avec des bouts de bois ou au maître près, on a on a fait une maquette. On a beaucoup parlé de l'action force spéciale des Américains sur Maduro. Eux, ils ont fait une maquette grandeur nature avec les moyens américains. D'accord. Et c'est quand on fait des quand on fait des interventions, on fait des maquettes pour voir qui va rentrer par où. Qui va rentrer par où. Donc on a fait une maquette sur le quartier, sur par où face les véhicules. Une maquette de la maison à l'échelle une.

Donc à l'échelle, on rentre par telle porte. Pam pam. Raconte-nous comment ça se passe le matin quand vous partez. C'est de nuit, c'est de jours. On est pleine nuit vers 4h 5h du matin. Donc la nuit est encore bl hyper noir. Je vais au petit centre opération de fortune qu'on avait et on attend, tu sais ce qu'on nous on appelle ça, on attend le vert. Le verre ça veut dire est-ce qu'on y va ou vers action ? Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on y va pas et vers action c'est Paris qui vous dit oui OK c'est bon ou pas bon ? Là, on a vertion, le capitaine qui est Hervé qui me dit "Écoute Charles Veraction." Donc là, je je suis ressorti avec Tu reprends un coup là.

Là, j'ai pris les épaules hyper lourdes et là, je les croise. Ils étaient tous le regard, tu sais, hyper concentré. Hyper concentré vraiment que ils attendaient juste quelques mots et pas plus. OK, on a le vertion, on y va. Là, on s'est tous équipés dans un silence de mort. On met nos porte plaque. Porteplaque, c'est c'est de gilet gilet par balle où tu as tes protections, ton équipement. Et là, un par un, je leur je leur sers la main et on se dit la devise de notre groupe qui est force et honneur. Bon, c'est comme dans Gladiator et cetera, mais c'est un truc qui nous qui nous tenait à cœur. Force et honneur. Ouais, exactement. Tu sers la main de chaque mec. Force et honneur.

Et en fait, moi ça c'est quelque chose qui je l'ai fait à chacune de mes émissions quand j'étais chef de groupe parce que ça permettait par la la poignée de main de mon mec de savoir OK, tu es là ou tu es pas là, par le regard, tu tu es chaud ou tu es pas chaud.

parce que là là ça va être chaud et tous je leur fait comme ça tous regarder puis à la fin j'aur dit juste un mot je dit les gars on laisse personne sur le carot au fond de moi ça voulait pas dire je ramène tout le monde parce que je sentais que ça allait être hyper chaud et qu'on aurait la probabilité qu'on ramène qu'on ramène des cadavres était hautement probable honnêtement c'était c'était chaud bah tu le verras quand tu vas montrer la vidéo on voit l'intensité quand quand ça tire dans tous les sens c'est c'est assez énorme.

Donc vous vous serrez tous la main et moi fa moi je me dis je ramènerai peut-être des cadavres mais je ramènerai tout le monde et on monte à bord des véhicules et là gros silence là on est tu vois les visages un peu blancs tu trembles un peu pour la première en fait c'est pas la peur c'est pas la est-ce que c'est une vraie peur non c'est pas vra tu es vraiment enfin tu es dans ta mission tu ton cerveau il est tu as toutes tes capacités cognitives mon gars ils sont là j'y vais j'ai tout répété et il va forcément entraîner pour ça, il va se passer ce que j'ai pas répété, ça c'est sûr.

Et comme tout le reste je le maîtrise, on va y arriver et j'espère juste que l'ennemi sera pas bien super à ce qu'on pensait que ça sera à chaque fois on imagine le pire dans faut juste espérer que ce soit pas pire que le pire. Voilà. [grognement] Donc quand on y va, euh j'ai j'ai un petit temps souvent, j'ai une ou deux petites secondes, ça ça me permet de me soulager un petit peu ce que j'ai sur mes épaules. Je confie l'ensemble de mes groupes à don le saint patron des des parchistes c'est Saint-Michel Archange. Donc je dis bon voilà, tu pries, faites en sorte que tous mes mecs soient là à fond et que et on déroule ce qui a déroulé et puis après on verra quoi.

Tu arrives donc vers 4 5h du matin, tu descends devant cette villa-là, il vous droppent devant ou il vous dépose à 5 les les vabes arrivent les les les véhicules blindé, on passe et là on voit la villa parce qu'en fait on avait prévu la contourner pour euh comme une mesure de déception si tu veux. Les mecs nous voient, ils font rien parce qu'en fait c'était comme les patrouilles qu'on avait fait avant, il avait habitué à tourner, il les habitué à tourner et cetera. Donc il dit OK patrouille et au moment où on bifurque pour rentrer dans le quartier, le vap de tête dans lequel il y avait mon le véhicule. Ouais. Groupe.

Moi j'étais dans le Moi j'étais mon adjon était dans le V de dans dans le blindé de tête. Moi j'étais dans le dans le deuxième blindé. Bim plein fer dans le carot. Il se pr une rafale pour shooter le pilote tu vois. Et là on entend sur les blindages sur les blindé sur les v blindé. Ouais. Là on entend bing bing bing bing bing sur les blindages. Ça arrous dans tous les sens. Et là tu vois le on avait des fantassins du 3è rima 3è régiment en infanterie de marine qui sont à bon c'est c'est l'infanterie. Très bon soldat aussi. Très bon soldat aussi. Exactement.

et qui sont là là, ils faisaient sais l'appui donc c'était vraiment leur cœur de métier aussi et [grognement] euh forcément eux la plupart c'est des gamins, tu vois comme moi, tu me diras à cépoque là 24 mais pas avec le même pas aussi armé, pas aussi entraîné donc et là expérience du feu ça tire dans tous les sens et tuas certains qui sont rentrés dans les véhicules en voulant bah se mettre à l'abri tu vois et nous on leur poussait au cul en dessous dans les dans les dans les en disant les gars faut que tu tires parce que nous sinon on va sortir et il y aura personne pour nous appuyer ça va être pour nous donc [musique] là tu vois l'ennemi tu l'identifies et tu arroses parce que sinon nous là on va on va on se fait déciner comme sur les plages du débarquement quoi.

Tuouvre le blindé et tu as tout le monde qui tire dessus. C'est c'est juste infernal. [grognement] Ma deuxième ma première équipe, elle va se mettre au plus près. Elle balance deux grenades assourdissantes. Donc c'est le but c'est de te blaster l'intérieur de la villa parce que nous sommet àom parce que nous tu vois le but c'est de c'est de capturer he c'est pas de c'est pas de neutraliser hein. Et moi pendant ce temps on ouvre et là je me souviens la c'était c'était surist on sort du blindé et tu vois tu vois des gerbes de sable comme ça qui est au pied pomp on se fait de partout personne en prend une personne. personne en problème.

Et là, on se retrouve, tu vois, on se met en base d'assaut et de toute façon on fait une poignée, tu sais, sur l'épaule là. Ah, pour dire je suis là, pour dire je suis prêt, je suis prêt, je suis prêt. Et le dernier, c'est lui qui sait. Parce qu'en fait, quand tu es au milieu, tu vas toi tu prends ton secteur de tir, tu prends que ton secteur de tir, tu prends pas autre chose. Ça remonte et moi si je le passe, ça veut dire que c'est bon, on y va. Et [grognement] là, quand on déroule, voilà, encore miraculeux, tu vois, une porte plutôt occidentale, tu vois, en terme de de largeur. Là, j'ai mon binôme de tête qui enroule la porte. enrouler.

Ça veut dire tu prends un côté, tu tu le prends comme ça et là tu as une rafale de mitrailleuse qui part entre mon mec qui passe et le montant de porte tu vois et mon opérateur celui qui celui que Stan qui est où je t'ai passé les vidéos Stan que j'ai reçu l'autre stand un autre Stan parce qu'on a reçu aussi un Stan [musique] qui était du CPA justement dans la 400M qu'on embrasse aussi ex et toi tu as reçu Brasco aussi j'ai reçu Brasco. Brasco était sur cette mission, c'éit un de mes opérateurs Brasco et euh il était sur le splendide aussi de Wagadogu dans on était dans le même groupe. Exactement. Comme tu parles de l'assaut, je sais qu'on a on a on a une vidéo. C'était sur toi ?

C'était sur quelqu'un d'autre ? C'était quoi là ? En fait nous tu on se filme jamais normalement en mission ou hyper rarement quand il n cité de rétexte et cetera, on le fait mais en général on se filme pas.

Et euh et là en fait c'est les mecs tu sais du les soldats du 3è rima donc les fantas qui étaient avec nous et il s'était mis des gopros sur eux et on a appris après qu'ils avaient filmé et en fait vous avez pu récupérer c'est la première fois normalement on est Ouais donc là tu vois les les blindés se remettent en route la pam une grenade assourdissant là on est en train de monter à la saut tu vois les petites lumières qui va au fond [rires] c'est mon groupe là on est en train de monter à la tu nous vois ici Les flash à chaque fois les tirement. Il y en a qui font du bruit, d'autres pas. Mais et là ça défourille.

Donc là c'est quand on monte à l'assaut et c'est l'épisode que je viens de te raconter. Et là on voit ça va tirer ça va tirer au fond la mitrailleuse. Donc c'est une dou une grosse mitrailleuse sur le sur le véhicule va tirer tout droit d'où on vous tire. En fait on voit la lumière dont on vous tire là-bas. C'est comme ça que tu repères. C le c'était l'un des fameux généraux avec ses 10 ces 10 gardes du corps. Ils sont à peine à 20 m de la position et ils essaient de reprendre le dessus pour nous repousser. Tu vois là, on voit cette vidéo, il y a il y a quelque chose qui part en l'air. Espèce de missile qui part en l'air. Qu'est-ce que c'est ?

En fait, si tu veux sur la mission comme elle était assez assez assez velu quand même, ils nous ont mis un tigre. Donc un tigre c'est c'est les hélicoptères d'attaque. Tu as fait un reportage dessus Julien pilote qu'on emmène en tournée d'ailleurs avec nous, le pilote d'hélicoptère Tigre qui est vraiment un hélicoptère la conduite de tir est remarquable. C'est du 30 mm. Bon, ça c'est quoi ? C'est quoi qui passe là ? Et après, tu as deux gazelles hautes. Les gazelles, c'est des petits des tout petits véhicules, des tout petits hélicos avec des tubes sur les côtés.

C'est des missiles philo guidés et qui sont hyper précis qui vont taper euh avec une charge assez assez significative quand même pour taper des véhicules et cetera. Et là, tu as un missile haute qui passe. On va le voir qui va passer là. Attention là. Donc là, on a là là pour te donner l'intensité, le tigre il est revenu au bout d'une demi-heure, il avait plus de munition donc c'est 400 terminé. Les deux gazelles hautes, donc elles ont chacune deux missiles. Les quatre missiles ont été tirés. On avait aussi un Puma dit pirate. Pirate c'est pour parce qu'il a sur le côté, ils ont mis une 12 avec une cadence de tir accélérée. Plus de munition tous les hélicos.

Ça a vraiment beaucoup tiré pour ta première mission une demi-heure tous les hélicos sont rentré plus de munition. le chef ennemi que vous allez euh enfin votre cible en tout cas qui est votre qui qui est un chef ennemi euh vous allez réussir à l'atteindre. Alors si tu veux quand on rentre dans la baraque toi tu tires ou pas pour ta première ? Est-ce que tu ouvres le feu ? Moi je moi je moi j'aurais tiré sur la mission d'avant et sur celle-ci en fait. Je me retrouve dans dans l'encadrement de porte.

Euh, j'ai en visuel l'ennemi et euh en fait, ils auront été séchés par la grenade et j'aurais tiré un ou deux coups, tu vois, pour les parce que je vois je vois un mouvement un mouvement d'arme avec une avec un flash et ça passera juste à côté de moi. Et tu vois le le fameux Stan qui me donne les vidéos, il m'a il m'a rappelé, tu vois, il y a de jours, il m'a dit quand on est monté à l'assaut, j'avais du sable dans les yeux parce que l'impact de balle a tapé sur le mur à côté de moi et j'ai pris les projections, tu sais, du mur du mur. Personne n'a été touché dans votre mais personne. Personne. Pas un blessé. C'est un coup de chance là. Énorme.

En fait, nous on essaie de de minimiser la chance par l'entraînement mais il y a des moments, tu vois quand tu es dans un espace réduit qui une petite une petite maison, tu rentres à 10 dedans, tuenroules la porte, une rafale qui passe et après on est on est tous rentrés pièce par pièce. On a terminé au gloc donc au pistolet. Tu tu termines au gloc pourquoi au pistolet ? Parce qu'en fait on est dans des distances qui sont telles que il pour éviter les rebonds des munitions, c'est trop puissant.

En fait, c'est bien d'avoir le 9 mm, donc le le calibre des classiquement, ils ont un pouvoir d'arrêt qui est tel que à courte distance, le mec il est il est blasté et puis il tombe tout de suite, il est séché. Alors qu' des petits calibres de guerre, il en faudra plusieurs. Et ça, il peut avoir des effets de rebond et quand tu es trop prêt, c'est trop dangereux. Donc, tu finis au gloc. On finit au gloc. Exactement. Qu'est-ce que vous allez faire des 10 mecs autour et cetera ? Bah les 10 mecs, il y en a qui seront bah morts évidemment. d'autres qui vont se barrer dans la qui vont tous s'évaporer dans la brousse et derrière tu as une compagnie donc une compagnie c'est 150 bonhommes.

150 150 qui rentrent dans la ville à ce moment-là et en fait ils attendaient qu'on ait pris le QG ennemi et quand il rentrent dans la ville, il y a des roquettes qui passent entre ils se font pas touchés et eux leur but c'était de saisir la ville, la sécuriser et nous en fait on avait coupé la tête tu vois et et cet exemple de de prise de la ville de Bria, elle sera pendant quelques années un cas d'école pour le centre d'entraînement en zone urbaine pour les armées françaises. Donc les les mecs qui sont autour de ton chef, vous allez arriver dans la pièce où il est. Les tout derniers vont se rendre. Non, en fait non, il en a aucun qui va se rendre. Ils nous attendaient tous poster.

Ils nont tous tiré dessus. Tous ceux qui sont dans la baraque, ils auront été neutralisés. Exactement. Et on va retrouver la veste du général, le téléphone du général. On prend son téléphone parce qu'on le trouve pas. Je regarde. Dégage les Français arrivent. vous avez été balancé ? On a été balancé. Ouais. Mais par qui ? Vous êtes 18 en fait ?

Non mais en fait c'est ça vient pas de chez nous, c'est évident fait quand tu travailles l'ONU dans un environnement où il y a l'ONU, les ONG, ce qui fait que les opérations spéciales, on aime bien souvent de se travailler en tu sais juste entre nous et de manière tout est hyper cloisonné, c'est parce que tout le monde n'est pas voilà donc il vous attendait. Donc il nous attendait et c'est pour ça que c'était aussi violent et ça aurait pu être pire. C'est ce que j'ai écrit dans mon livre. être attendu sur un assaut dans une zone qui est tenue, on n' pas eu de mort, c'est ou ou des blessés, c'est miraculeux. Vous allez rester combien de temps là ?

Tu tu racontes hein, page 51, tu dis sous le feu des sous le feu nourri des ennemis retranchés mes deux premiers opérateurs prè pied dans la première pièce, une rafale ajustait les frô et passa entre eux et le montant de la porte et [grognement] à leur passage de l'encadrement donc énorme coup de bol. Saint-Michel était définitivement avec nous. Ouais, en fait ils m'ont tous ils me regardent tous à la fin. Ce qui est marrant, c'est que tu on sort de la baraque, tu à la fin, on récupère tous les matériels d'intérêt, tu sais, armement, munition et cetera, ce qui est normal parce que on les confisque, c'était aussi notre rôle.

J'ai jamais trouvé autant de munition et de flingue que dans cette baraque dans toutes mes opérations. C'est vrai, il y avait des lance-grenades de 35 mm sud-africain, des mitrailleuses, des munitions en quantité vertigineuses, toute l'arborescence de leur organisation, il y avait tout. Le le chef de guerre vous, il s'enfuit, il s'est volatilisé. Vous avez juste récupéré son téléphone. Ouais. Après, on a essayé de le pister et puis il a complètement disparu. Il a plus jamais eu de rôle politique. Il est jamais redevenu chef. Non, il a compris qu'il fallait pas. Je sais pas.

Enfin, en tout cas et euh si tu veux de semaines après, tu as les membres de conseil de sécurité de l'ONU qui étaient en charge de cette mission qui sont venus à Bri pour nous féliciter de de cette manip. Tu perds 7 à 10 kg dans cette opération. tu rentres beaucoup plus épuisé que quand tu tu pars. C'estd que c'est c'est pourquoi vous perdez autant ? C'est le la chaleur, la bouffe, le stress. En fait, quand je t'ai dit on est 18 au fin fond d'un pays, on a été assiégé avec tu sais une logique avec plus que 10 jours de nourriture et de et de flotte. Tu as une logique où tu sais on se nourrit avec les conserves qu'on a.

On a tous perdu entre c et entre ceux qui ont le moins perdu, ils ont dû perdre 6 kg parce qu'ils avaient déjà plus grand-chose. Mais après, on était pas on est pas épuisé épuisé. Je dirais que c'est plutôt notre métabolisme qui s qui s'est habitué aux habitu au local. Il y a des photos devant votre prise de guerre, je vous les mets à l'image, c'est exceptionnel aussi. On voit une petite peluche de tas ou c'est votre petite c'est votre mascotte à vous. mascotte, on t on tous. Tu l'as posé sur un enfin vous l'avez posé sur un lance-roquette. Ouais, je je sur un lance-patate ou un l un lance-grenade. D'ailleurs, ça monte crochendo déjà là. C'est fort. Ouais.

Euh, tu reviens au bout de combien de temps après cette mission ? Oui. On revient en France un mois après. Un mois après. Donc il s'est passé juste un mois sans ta famille. Non parce qu'en fait avant on était déjà on était là-bas depuis 3 mois. Oui. Donc en fait il y a 4 mois en tout. Ouais. 4 mois en tout. 4 mois. Ouais. Et tu vois entre cette mission et tu sais la fameuse mission de la ruelle où ça part en live il y a un mois donc pendant un mois état de siège à remplir des sacs de sable. Donc on était un peu comme ça tous les jours.

Tu vois tu racontes à ta femme la première fois mais à chaque fois quand tu rentres est-ce que tu lui expliques la réalité de ce que tu vis ou elle va l'apprendre en regardant la vidéo ? En fait j'essaie de si elle te reconnaît mais je pense que tu vas lu dire que tu es là. Oui ou je pense qu'elle le sait. Ouais, [rires] je vais pas faire de cachoterie. Non, en fait, elle sait euh quand je rentre en général dans les 4 5 jours qui précède mon retour, j'essaie de de me remémorer tous mes souvenirs, de les trier pour faire en sorte de lui expliquer les choses dures, les choses joyeuses, enfin essayer de recoller ce qui s'est passé pendant 4 mois parce qu'évidemment, j'ai pas été là.

Il faut reprendre le cycle de la vie de famille. Euh et si tu veux, ça fait partie, on parlait tout à l'heure, tu vois, des forces morales avec la vie de famille. Euh en fait, c'est important de s'il est peut-être plus facile de partir, le retour est quand même hyper important parce qu'il faut pas passer à côté de ça. Et je lui raconte tout le premier soir ou le deuxième soir, ça dépend mais assez tôt. Mais ce qui est marrant c'est que je ce livre que que j'ai écrit et ce pourquoi je suis là, je lui ai offert un mois avant qu'il sorte.

J'is demandé à mon éditeur et quand elle l'a lu, elle m'a dit "J'avais pas imaginé tout ça parce que j'ai tuas en fait tu as beau raconté bah toi qui a écrit un livre aussi quand tu es seul face à ta feuille tu dis il y a plus de tuincarnes plus le récit tu" tu vois parce que quand tu vois quand tu racontes [musique] même à ton épouse à laquelle tu caches rien raconter ce qui s'est passé il y a il y a un petit peu de pudeur ça lui sert peut-être à rien d'avoir des détails en plus non après elle va se dire elle va s'inquiéter J'ai toujours dit parce que pour moi c'est important parce que si tu veux entre risquer sa vie et tuer quelqu'un ou voir des gens mourir, c'est qu' un poids moral qui est pasin et ça te marque à vie.

Ça c'est une certitude. Tu te gommeras jamais. Donc par définition, comme tu le gommes jamais et que tu dois vivre avec et que ton épouse bah elle elle t'accompagne toute ta vie, bah il est hors de question qu'elle passe à côté de ça. Voilà. Donc c'est donc ça je lui dis, je lui ai toujours dit. Après les détails de comment qu'est-ce qui s'est passé, les photos, on s'en fout. C'est pas le but.

Mais je sais que dans dans le livre, il y a quelque chose de plus incarné et euh elle m'a dit "Ça m'a fait beaucoup bien le lire, je comprends mieux les rouages, le temps, la fatigue, ces choses-là." Parce qu'on a l'impression "Je te parle de force spéciale." Tu te dis "Bah, tu as fait quatre coups de feu sur 4 mois, qu'est-ce que tu as fait le reste du temps ?" Ben le reste du temps, on prépare, on saute, on s'entraîne, on prend du renseignement. Chaque mission jusqu'au moindre détail, elle est prête. Et quand on y va, c'est une telle concentration tout ce qu'on sait faire que en fait c'est assez épuisant. Est-ce que c'est ta plus grosse mission ?

Est-ce que c'est un truc tuas le plus marqué l'émission de la mission de de Wagadou ? Waga, elle a été hyper marquante parce qu'elle a eu des retentissements jusqu'à jusqu'à jusqu'à ma famille parce que quand quand on des tout le monde en a entendu parler. Tout le monde a entendu parler, sorti sur toutes les grandes chaînes d'information. prise d'otage d'un hôtel le splendide s'appelle à Wagadougu. Donc c'est c'est au Burkina Faso. Euh 2 mois après les attentat de Paris, donc c'est le 15 janvier 2016, j'avais noté la date pour être précis, euh trois terroristes du du du groupe Al-Qaïda ouvrent le feu dans un bar, un restaurant et un hôtel à coller.

C'est des endroits qui sont très fréquentés par les occidentaux c'est ces trois lieux-là. Le CPIS va être appelé donc commando parachutiste de l'air et aussi le premier RPMA réchiment parachutiste d'infanterie de marine. Euh on va faire rentrer si tu veux bien euh Lorenzo, c'est son pseudo. Il était au premier Payma. Il a l'autorisation de venir nous raconter parce que vous êtes passé chacun d'un côté sur cette mission. Il avait lui une caméra sur lui, il a pu nous ramener une image. Vous allez voir, c'est on se croirait vraiment dans un on dirait un film c'estd que même dans un film, tu vois ça, tu crois pas vraiment. tu dis c'est un peu gros. Euh, on va faire rentrer Lorenzo.

Vous allez nous raconter cette mission qui est une des plus grosses missions des des forces spéciales et comme ça on va voir votre point de vue simultané en fait sur cette mission. C'est parti. Ça y est, Lorenzo est là. Bienvenue Lorenzo. Salut Guillaume. Comment tu vas ? Alors Lorenzo, on se connaît très bien. C'est pas ton vrai prénom, c'est ton call sign, c'est ton pseudo en gros dans les forces spéciales. C'est pas les vrais prénoms qui sont employés par mesure d'anonymat. On le voit Charles, c'est pas ton vrai prénom. On l'a dit en début d'émission. Exactement. Ton vrai prénom ? Moi, c'est Johann. Voilà, tout simplement.

[rires] Tu étais dans l'effort spécial donc en 2016 lors de cette mission qui qui a été des missions [musique] plus extraordinaire en tout cas officiellement parce qu'il y en a peut-être qu'on connaît pas. Tu es parti quand des forces spéciales pour comprendre ton parcours ? 2019 en fait en réalité moi je suis rentré en 2006 dans les armées. J'ai fait un petit cursus de 2 ans dans un régiment d'infanterie puisque'à cette époque là en fait Bayon l'unité du premier pim là où le premier paiement est basé ne prenait plus en direct. Donc on était obligé de passer par une unité différente avant de pouvoir prétendre à rentrer au sein des forces spéciales.

Et là, à ce moment-là, bah j'ai rejoint le cursus en 2009 et j'ai fait un petit peu plus d'une dizaine d'années au premier Payma. Voilà. Ça fait 10 ans for spéciale. Ouais, c'est ça exactement. Ouais. Tous les deux, vous avez vous étiez sur la même mission à donc en en 2016. Est-ce que vous étiez parlé à l'époque parce que vous étiez quand même quelques-uns. Est-ce que vous vous rappelez l'un de l'autre ou est-ce que vous auriez pu vous reconnaître dans un bar ? Je te laisse parler Charles là-dessus. [rires] Est-ce qu'on s'est parlé personnellement, on était dans les popotes d'à côté en fait ?

On en bas arrière une popote c'est c'est en quand dans l'émission spéciale souvent ça arrive on a une baseraire où on est un peu plus un peu plus tranquille et on a un lieu de convivialité un lieu de vie communique là c'est de la fraternité d'armes. C'est le soir on arrive après une séance de tir quoi que ce soit on boit une bière avec les commandau d'à côté et le CPIS et Bayon le premier payement était vraiment les popotes à côté et ça nous arrivait de faire des soirées ensemble. Ouais, c'est ça.

On sociabilise en fait en réité parce que des fois on s'est pas croisé sur d'autres théâtres juste avant mais certains on a pu se croiser à l'entraînement sur euh voilà dans dans différents cadres et donc du coup bah ça permet quand on arrive sur le même théâtre de de pouvoir tout simplement passer d'une popote à une autre. C'est vraiment un lieu convivial en fait. C'est ça je pense qu'il faut qu' fautir exement. On va vous montrer une vidéo exceptionnelle dans un instant. une vidéo que on dirait un film, je peux vous dire autre chose.

Allez voir c'est tu tu avais une caméra pendant quelques instants et on a pour l'entraînement pour essayer de comprendre ce que vous faites, les déplacements [raclement de gorge] et cetera. Parfois vous filmez quelques instants, on va vous montrer ça a été autorisé donc c'est vraiment exceptionnel. Vous allez pouvoir voir ça pour la première fois et cette vidéo ça fait 10 ans qu'elle est sur une carte mémoire. Tu ne l'avais jamais sortie. Non, tout à fait. En fait, bah encore une fois par raison de pudeur et puis parce qu'en fait ce type de vidéo là, elle servve exclusivement à base de rétex. Ce qu'on appelle les rétex, c'est les les retours d'expérience.

Donc comment est-ce qu'on opère, comment est-ce qu'on travaille, comment est-ce qu'on communique, comment on bouge, les erreurs qu'on a qu'on a commises mais aussi bah ce qu'on a réussi. Et donc j'ai jamais en fait eu le besoin de la ressortir et la l'afficher un peu comme un trophée. En fait, elle était là et bah si aujourd'hui elle ressort, je pense qu'il il y a des raisons qui sont valables pour ça, qu'elles peuvent servir au plus grand nombre. On a la chance que ce soit documenté, donc tant mieux. En fait, en réalité, pour comprendre l'ambiance dans laquelle vous êtes ce soir-là, euh on va commencer tiens Charles euh donc c'est le 15 janvier 2016.

Euh c'est c'est c'est quelque chose de de euh d'exceptionnel. C'était un peu hors norme. Je crois que vous avez euh libéré On [raclement de gorge] va juste donner le chiffre de du nombre d'otages que vous avez sauvé ce jour-là. C'est combien d'otages que vous avez sauvé ? Plus de 150 otages. Plus de 150 otages avec euh deux groupes commando premier Pays-Mas, un groupe du CPA10, une équipe de tireur d'élite des [raclement de gorge] commando marines et il y avait une équipe du 13 qui nous servait à à filtrer les otages parce que tu imagines bien quand tu reçois tu as des otages 1 2 10 20 15.

Nous, notre mission c'est de pièce après pièce, chambre après chambre, arriver à voir si l'ennemi est là, libérer les otages. On peut pas non plus être sûr que tous les otages qui ils sont et comment ils sont. Voilà. Alors, qu'est-ce qui se passe ce jour-là ? Toi, tu es tu es où au moment où tu apprends la mission ? On va essayer de la vivre avec vos chacun de vos côtés. Vous allez nous raconter votre vision de de cette mission. Toi, tu étais où à ce moment-là ? Alors, à ce moment-là, je suis plutôt Normandie et euh si je dis pas de bêtises, euh on on rejoint une ville un peu plus au sud et je retrouve Johan à ce moment-là, on est dans un moment où ça fait 2 semaines qu'on est un peu à fond.

Ouais, clairement euh euh bah tu le diras mieux que moi parce que toi toi tu as tu as vécu d'autres choses un peu plus au nord. Nous la nuit d'avant, on a fait une nuit blanche parce qu'on a des camarades qui ont pété sur une mine. On est all on allit les exfiltrés. On a passé la nuit à sécuriser la zone, neutraliser les les éléments et les véhicules qu'on avait sur place. On s'est fait exfiltrer au petit matin et le soir, donc le 15 au soir, on se retrouve avec nos frères du premier Pay autour d'un barbecue qui nous a été préparé par le major de camp et c'est un bon moment de convivialité. On est plutôt content de se retrouver. Voilà. Ouais.

Donc barbecue, vous êtes en en détente à ce moment-là. C'est le moment où vous vous pouvez vous reposer un peu quoi. Détente et et je vais dire euh détente assez rapide parce que on est on a des belles cernes, on est on est bien éclaté. Ouais. Globalement on prend de quoi becter et on n'est pas loin d'aller se coucher parce que vous êtes déjà au bout de vos batteries quoi. On est on est plutôt au bout des batteries. On a bien attaqué le potard. Ça faisait deux ou tr semaines qu'on faisait des euh disons voilà, on faisait des beaucoup de cercles dans le désert pour parler poliment de cette façonlà.

Et effectivement, on est on est revenu à cette base arrière et franchement euh ouais, on avait juste envie d'aller au dodo quoi. Moi, je me souviens, on est en train de faire barbuck, je suis en train de boire un coca et à ce moment-là euh je reçois on explique ça parce que c'est une mission qui va durer qui va être très long, un assaut qui va durer, vous allez voir, très longtemps parce que forcément 150 otages, un hôtel complet à vider, à vérifier surtout, ça demande du temps, ça demande de l'énergie et déjà vous partez en ayant des batteries quasiment à zéro quoi.

Juste imaginez, on vous appelle juste avant d'aller vous coucher, vous êtes crevé là, on vous dit maintenant tu pars sur un truc énorme. Donc là vous êtes appelé, vous partez, vous partez en avion, vous partez à combien de temps avant d'arriver et quelle information vous avez ? Charles à ce moment-là moi je je vois Stéphane qui était lui l'officier opération donc le patron et les chefs de groupe, on parlait avec lui. Donc c'est les deux chef chefs de groupe du CPIS, il y avait les deux chefs de groupe de Bayonne. On parle avec lui puis il part et en général quand Bobs part Ouais.

c'est qu'il y a une mission qui est en cours et à ce momentlà toi avec les opérateurs, bah tu reçois le message de ta femme. Donc nous, on dit ça va partir et là tu sens qu'il y a un truc électrique, je dis ou il y a un truc. Et effectivement de la même manière, j'ai un mec de mon groupe qui me dit "Attends Charles, regarde ce qui se passe à Ouaga. C'est c'est chaud, ça tire dans tous les sens. C'est un bata clambis Burkina Fasso." C'est ça que vous avez comme info ? C'est ça qu'on a comme info. Ouais. [grognement] Et au moment, on nous dit "On va y aller", comme on a zéro, enfin vraiment zéro info, on allume la télé. Ouais. France 24, on dit "OK, ils sont combien en face ?

C'est où l'hôtel ?" Parce que en fait dans la ville, nous nous la ville on la connaît très peu la ville de Wou. Tout à fait. Ouais. Où est l'hôtel ? Si on doit vraiment intervenir, comment on y va ? Ils sont combien ? Quel type d'otage ? Est-ce qu'il y a des blessés ? On sait pas. Et là on et là les chaînes d'info nous dit ils sont entre 3 et 15. Il y a déjà eu des voitures en feu. Entre 3 et 15 terroristes. Vous avez pas d'autres infos. Donc c'est très large 3 et 15 c'est pas même chose. On sait qu'il y a un restaurant le cappuccino qui est en feu et où il y a eu déjà eu des exactions. Enfin tu imagines même pas. C'est c'est comme au Bataclan femme enfant vieillard femme enfant.

Ouais des occidentaux enfin c'est c'est une boucherie et vraiment c'est assez marquant. Enfin je pense qu'on en reparlera après. Ouais ouais ou tout à fait. Et donc ça vous avez les infos quand vous êtes dans l'avion en l'air en fait. Non ça ça quand au sol décoller et là on fait un petit brief. Stéphane nous dit "OK Charles, toi tu vas les deux groupes de Bayon vont passer en tête. Toi tu vas déposer les les tireurs d'élite sur le toit et après tu nous rejoins et on ira libérer les otages et saisir l'hôtel." Là on arrive alors je me souviens avoir regardé parce qu'avec les ches de mission on regardait par les fenêtres. Ah ouais, déjà l'aéroport était noir.

Mais oui, en fait était encore en l'air. Oui, parce qu'en fait normalement un aéroport de nuit c'est une constellation de plein de petite lumière parce qu'il faut voir la piste et là il était fermé, noir, lumière coupée. On voit au loin l'hôtel qui était en flamme et on voit des balles traçantes dans le ciel comme ça. Là, on se dit "OK, bah c'est par là, il est là l'hôtel parce qu'on découvre la situation tactique, hein. Nous d'habitude quand on part en mission on prépare tout ce qu'on peut avec les éléments qu'on a et là c'est dans des cadres de mission on répondra à une urgence et l'urgence c'était libéré les otages.

Donc euh vous saviez qu'il y avait 150 otages à libérer ou même pas le nombre un hôtel un restaurant on nimagine pas une cinquantaine une centaine peut-être. On on a pas trop parlé du nombre d'otage. Nous la vraiment le truc qui nous qui nous concernait c'était ils sont combien d'ennemis à l'intérieur sont combien et où ils sont parce qu'une fois que la menace elle est traitée derrière nous on peut on peut faire le reste. Et d'ailleurs l'info qui circule dans l'avion c'est il y a plus personne à tour de contrôle l'aéroport il est éteint ça risque de cogner à l'atterrissage. Moi c'est je me souviens de ça et je me dis ah ouais bon ok la mission commence bien.

Ouais on est dedans ou vous êtes mélangé dans le même avion tous dans avion for spécial même si vous êtes pas des mêmes groupes. Non non, en fait là-dessus, on est euh complètement mélangé. C'était euh la tasque force donc le groupe commando force spécial tous dans le même avion. On va faire la même mission. Il y a pas de notion de le nom de la mission c'est Onix 141. Euh il y a un chiffre, c'est Onix, c'est le nom de la mission au sens large et après avec le chiffre c'est les interventions que vous allez faire. Il y a un film un film documentaire qui est sorti par Manto Production qu'on embrasse et qui nous autorise et Canal Plus à vous diffuser quelques images.

Donc il y a certaines images qui sont des illustrations qui ont été refaites lors d'entraînement pour vous montrer comment les colonnes avançaient. Mais il y a certaines images qui sont réelles de l'époque et certains 3D, vous allez voir du motion design, donc des reconstitutions en 3D. Donc on va agrémenter. Merci à eux de nous avoir autorisé ça. Quand vous allez raconter, il y aura des images donc de Onix 141. Je vous mettrai le lien si vous voulez retrouver le film. Euh dans la description de l'épisode en dessous, euh vous arrivez devant l'hôtel, comment est-ce que vous allez commencer la mission ? Alors, les les commandos restent plutôt derrière, plutôt dehors.

On fend la foule avec la presse et France la foule France 24 toutes les grandes chaînes étaient là. Je me souviens sortir du véhicule et tu sais c'est ces caméras de nuit avec des gros flashes et là je voyais rien parce qu' il nous il nous filmait en fait. Et là, ils prennent tous les chefs d'éléments. Donc les chefs de groupe, Stéphane et on monte dans un hôtel qui est à côté. Et là, il nous il nous il nous déroule au chef d'éléments le plan de l'hôtel. Voilà, c'est le dans l'hôtel splendide, le couloir. Nous, moi je vois le truc, ça va même pas durer 5 minutes. Je regarde, je dis c'est un couloir, des chambres.

Bon, OK, un [raclement de gorge] hôtel un hôtel un hôtel comme on en trouve dans les standards européens, tu vois. Je dis [grognement] bon, ça je saurais faire. Et là on dit là le plan change.

récupère mon chef de mission du CP10 qui est Morimur qui est l'équivalent de Stéphane mais pour le CP10 et le chef conduite nous dit "OK Bayon, vous allez rentrer par l'entrée de service et le CPAD vous allez monter sur le toit de l'hôtel Palm Beach qui est juste à côté et vous allez rentrer par le toit et vous allez faire jonction entre le 3è et et le deè donc vous Johann vous passez par-dessous vous pardessus et vous devez vous rejoindre en ayant nettoyé chaque étage c'estàdire vérifier qu'il y a plus de terroriste et Rchaussé 4e 1er 2è en libérant les otages à chaque fois et donc c'estd que vous vous les remontiez par le haut et vous vous les emmener vers le bas c'est ça fait [raclement de gorge] à chaque fois on les stockait euh à l'abri parce que en fait tant que ton étage n'est pas libre tu vas pas l'amener dans un endroit où ils peuvent croiser un ennemi.

C'est ça exactement. Une fois que ton étage est libre tu sais que c'est une zone qui est à peu près claire. tu passes à l'étage suivant et après une fois que tout était joint, bah on a pu les sortir de de la zone. Qu'est-ce qu'il y a au cappuccino café ? Qu'est-ce qui vous motive ? Qu'est-ce qui vous donne la flamme encore plus d'y aller pour sauver ceux qui restent ? Ouais, le cappuccino café, faut imaginer que c'était comme ce qui s'est passé à Paris 2 mois plus tôt. Ouais, c'est un c'est 2 mois après le Bataclan. 2 mois après le Bataclan, exactement.

Dans le restaurant, tu as des vieillards, des femmes enceintes, des enfants qui gisent par terre avec des pizza encore chaude, des cocas qui ont été servis et en fait ils ont tué tous ceux qui sont tous ce pourquoi nous on on se bat, c'est on défend les plus faibles, tu vois. et eux l'ignomini euh djihadiste, bah c'est d'aller taper les plus faibles pour pour montrer devant le monde bah nous voilà voilà qui voilà qui nous sommes. Et il y a un côté assez assez scandaleux en fait dans cette dans cette manifestation et qui et qui est très marquante parce que aller à la confrontation face à les terroristes, c'est quelque chose qui est qui est dans notre ADN.

On on habitu on est habitué à faire ça. Enf en tout cas c'est notre c'est ce pourquoi on s on s'entraîne à libérer des otages. On sait le faire aussi. Pour ça que vous êtes engagé aussi. C'est pour ça qu'on s engagé aussi. C'est la plus belle chose que puissiez faire. Bah c'est un des actes moral libération d'otage en tant qu'homme. C'est un des actes morals les plus forts. C'est tu tu risques ta vie alors que tu tu es chargé de famille. Moi j'étais per famille à ce moment-là pour pour aller pour aller sauver quelqu'un qui parce qu'il est citoyen français et puis là parce qu'il est au tage tout simplement tu tu donnes tout pour le libérer. Et ça c'est quand même un acte hyper forcé.

La gratuité absolue là aujourd'hui tout ça. Tu tu donnes tu donnes ta personne pour tu es pas payé pour donner ta vie. Bah le militaire tu le risques mais il y a pas d'argent. C'est on parle plus d'argent. Si tu veux si tu meurs on peut bien te payer l'argent tu tu vas pas la gagner tu vois. que donc c'est c'est ça c'est une gratuité absolue et en fait quand on quand on va libérer quand on y va il y a un côté qui [grognement] marque parce que là on on est presque sur une notion de massacre on appelle ça une tue de masse. Ça porte bien son son terme.

Ils sont arrivés, ils ont rafalé tout ce qui bougeait si possible les femmes, les enfants, parce que c'est c'est les cibles faciles, c'est marquant et c'est quelque chose qui reste dans qui qui reste marqué. Il y avait des blessés, vous avez pu aider des gens ou c'était déjà trop tard ? Non, nous quand on rentre dans le cappuccino café, je rentre, je suis avec mon chef de groupe dedans, ça continue de tirer dans la rue. Il faut prendre le temps aussi parce que c'est vrai que là, on parle de l'opération, on parle du déroulement et je franchement je vais avoir une pensée pour les familles, pour ceux qui ont été enuillés. Euh voilà, j'ai une pensée pour eux, ça je pense c'est c'est important.

Et s ils viennent à regarder c cette émission, voilà, je j'aimerais juste dire qu'on a fait tout au plus rapide et comme on pouvait justement pour euh bah je pour éviter que le feu ne se répende si je puis dire. S'il y avait des Français euh des occidentaux, il y avait de tout une majeure partie d'occidentaux. Évidment, com on est à Wagadou Burkina Faso qui est un état francophone, il y a plus de Français mais il y avait pas que des Français et l'ambassadeur de Russie, il y avait euh des Américains, des Espagnols, enfin il plein de nationalité.

Disons que disons que là-dessus, sur un aspect euh quand quand je rentre dans le cappuccino, quand on rentre dans le cappuccino euh café, il y a il y a plusieurs éléments. Il y a comme ils ont tiré un peu partout, il y a des canalisations d'eau qu' on pété et cetera. Et euh c'est une petite anecdote et je sais pas pourquoi ça me ça me marque, mais euh il y avait un mélange, bah je suis enfin c'est le terme, je suis désolé, mais de de sang et d'eau mélangé au sol et donc qui faisait une flaque d'eau immense partout. Et je me souviens m'arrêter parce qu'en constatant ça, je portais ma paire de chaussures et ça atteignait le le sommet haut de ma semelle.

Et en fait, ça m'a un petit peu pas choqué, je dirais, mais ça m'a un petit peu marqué cet événement là. Ça paraîit peut-être rien mais en fait je me suis Ah quand même le deuxième c'est que quelqu'un est était aux toilettes en fait à ce moment-là et est mort littéralement sur les toilette parce qu'ils sont allés les traquer jusqu'à l'intérieur. Et je dirais la troisième chose moi qui m'a marqué en rentrant dans ce cappuccino café c'est de voir des gens dans des positions bizarres si je puis dire et surtout un un événement marqueur pour moi, ça a été les téléphones portables qui sonnaient.

Et en fait à ce moment-là, quand on quand tu es [musique] dedans euh il y a une connexion qui s'établit avec les gens instantanément parce que tu peux pas t tu peux pas t'empêcher d'imaginer les familles qui appellent et qui disent "Putain mais j'espère que c'est pas elle, j'espère que c'est pas lui, j'espère que c'est" et donc qui appelle et donc au final il y a cette il y a cette connexion et ça du faire le métier, c'est une chose mais en fait il y a tout l'écosystème qui l'entoure et ça ça en fait partie.

Et euh tu fais des frissons c'est c'est parce qu'effectivement il y a des familles qui m' donne aussi mais voilà c'est pour ça que il y a l'opération elle-même mais il y a aussi la la connexion avec les gens. On a fait ce qu'on a pu aussi vite qu'on pouvait aussi vite qu'on pouvait. Ouais et j'aimerais juste saluer leur mémoire en fait et je je peux que faire preuve d'empathie à leur égard parce que ben en fait au final quand quand c'est à l'extérieur et que ça nous concerne moins, on n pas cette connexion. Et là, on l'état euh là on l'état, moi je l'ai eu pour eux. Et ouais, c'est que les téléphones c'est quelque chose d'assez c'est une mission qui t'a marqué toi psychologiquement ?

Parce que faut aussi savoir que les militaires donnent aussi beaucoup et puis psychologiquement il y en a qui parfois qui trinquent. Euh il faut il faut le dire, c'est important. Je je sais pas forcément dire que cétait arrivé he mais dire que ça peut arriver aussi et c'est un engagement total. Ouais, c'est marquant ça c'est certain. Maintenant, j'ai un peu le syndrome du rugby man. C'est vrai qu'on a échangé un peu là-dessus.

J'ai un peu ce syndrome là où j'ai j'oublie en fait avec le temps, j'ai presque l'impression parfois que c'est par de Sébastien Chabal qui disait qu'il ex et euh [grognement] et je crois que c'est une page et que finalement je l'ai tourné et c'est vrai que maintenant ça fait 10 ans mais euh elle fait partie de mon existence. Si ça peut servir à d'autres, tant mieux. [musique] Mais encore une fois, moi je je l'ai pas sur un je la mets pas sur une étagère comme un trophée et j'y étais. Je porte la parole pour ceux qui étaient avec moi mais euh il y en a qui qui sont encore là-bas de ton groupe à l'époque. Qu'est-ce qui se passe quand on vous voyez ça ? Vous vous montez par en haut, c'est P.

Donc on monte par en haut et déjà c'est ce que tu disais, c'est vrai que quand on leur rend hommage, on nous on a fait ce qu'on a pu dans le sens où bah ce que je te disais Guillaume, on regarde le plan. On aurait pu analyser le plan et dire on va passer par là prendre 1 heure. On l' même pas regardé 5 minutes. Moi je suis arrivé dehors, mes mecs sont arrivés et j'ai fait ce que tu ce que je te disais avant que Joan arrive. Moi je je serrais la main de mes mecs et je leur disais forcé honneur qui était la devise de notre groupe pour aussi mesurer leur capacité à être prêt à partir au combat.

Et en fait eux, ils pensaient [musique] aller déposer les tueurs d'élite et et faire les missions plutôt euh pas par l'arrière, mais en tout cas pas être en en tête de colonne. Et là, en fait, on nous apprend, bah, vous allez être en tête de colonne, vous passez par les toits. Et moi, je les ai pas briefé. Je leur dit, on passe par les toits, je les ai regardé, il m' dit "OK Charles, on y va." Et là, c'était Corto de son pseudo qui était le chef conduite qui dit "Charles là, on y va." Et en fait quand on disait on a fait ce qu'on a pu, on a été les plus rapides.

Je sais même pas si on a pris plus de 5 minutes 30 à enfin on est arrivé en véhicule 5 minutes après, on avait vu les plans, 30 secondes après, on était parti en colonne. Et c'était tellement rapide et intense que si tu veux, nous euh on rentre par les toits et je suis censé avoir euh un bidom fraction et avoir du matel de bah pour pour casser les portes.

Et en fait l'expert EOD enfin en explosif qui était changé censé venir avec moi dans le dans le dans dans le dans le brouillard de la guerre entre guillemets, bah il est parti avec la mauvaise colonne, il est parti avec la tienne dans la pagille parce que la pagaille il est parti d'un côté, nous on fait un bon et pendant que eux ils se faisaient tirer dessus en train de de rentrer par l'entrée de service, nous on fait un bon et depuis le 3ème étage, il resté un terroriste qui nous arrosse par la fenêtre et là on apprend en montant l'étage l'escalier en col maassçon bah que un mec de chez toi a été blessé à la cuisse.

On dit "OK, ben là on est dans le livre du sujet, j'ai pas de quoi ouvrir les portes, il faut que j'y [grognement] aille." Euh bah du coup, on a tout fait ça à coup de jaret. Tu as pas de quoi ouvrir les portes. Il y a combien de portes par étage ? C'est des centaines. C'est un énorme un bon paquet. Ouais. 45 50 tu Et tu les pètes comment ? À coup de jaret, c'est quoi ? un coup de un coup grand coup de jambe un grand coup de pied. Donc là alors là ce qui est quand même pour péter des jambes des des des je sais pas le le la qualité de la porte mais il faut y aller fort.

Alors au premier étage c'était enfin au 4e étage pardon c'était assez faisable parce que c'était du bois et puis avec l'adrénaline en fait tu es capable de faire des trucs. Voilà. En sachant qu'il y a peut-être un mec derrière qui t'attend. Alors c'est exactement et ça ça pour le coup pour nous ce qui était très dur c'est quandme de faire ça c'est-à-dire que tu acceptes parce que quand tu y es que c'est tu acceptes de mettre un opérateur devant la porte ou une porte en bois le mec avec une kalashnikov il il tire dans la porte tu tu y passes quoi.

D'habitude on on fait en sorte d'être d'être pas dans l'angle de tir parce que ça ça fait partie de de la façon de travailler de sécurité tout simplement. Donc là on accepte rapidement par un grand coup de un grand coup de jambe un grand coup de pied de péter la porte. On rentre derrière et après pièce par pièce, on va on va nettoyer. Pièce par pièce, tu fais tout l'hôtel. Tout l'hôtel. Tu vas tomber sur des gens qui se cachaient sous leur lit partout. Il se cachait, il était trop envois. On envoie. Ouais. Mais vous vous annoncez, vous dites que c'est l'armée quand vous rentrez pour pas qu'ils aient peur.

Au début, on était euh comme on connaissait pas le bâtiment, bah système D, on a récupéré tu vois les plans d'incendie. OK. Une porte là, une porte là. On entendait parfois la radio parce que il y a il y a une logique de numéro vert qui a été mis en place. OK. Il y a deux espagnols dans la chambre numéro temps, deux américains dans la chambre numéro temps. Ce qui nous permettait à nous de OK, s'ils ont appelé et qu'ils sont là, c'est qu'àprès dans cette chambre, c'est un peu plus safe.

Donc au début, nous on y allait vraiment en comment dire en souplesse avec avec une grande discrétion et après quand quand ça commence à avancer, on dit armée française pour que les gens bah pensent sachent que c'est nous et qui qui la porte. Mais c'était hyper on a on a eu tous les comportements. Tu as celui qui se planque sous son lit. Ah qui a peur quand même et qui cache ses mains. Est-ce qu'il a un flingue ? Est-ce qu'il a un couteau ? J'en sais rien. Toi, tu te posais la question parfois si c'était des terroristes ou pas. En fait, à chaque chaque chambre, tu repars zéro. Tu repars à zéro.

Ça veut dire que tu remets ta vie en jeu parce que une nouvelle pièce, c'est une nouvelle situation tactique. C'est potentiellement des otages, potentiellement les terroristes, peut-être les deux. Et à chaque pièce, tu repars à zé. Peut-être qu'il y a un autre terroriste qui prend unage et là si tu veux là la tête ça tourne, ça tourne et là on a tous tourné. Je sais pas combien on a fait de chambre chacun. Tu veux y a des gens qui te tombent dans les bras pour te remercier qui qui te sautent dessus ou qui te disent merci qui veulent commencer à discuter parce il y a eu des mercis très furtifs parce qu'ils étaient tellement dans la panique.

Chaque porte qu'on a passé, je pense que c'était pareil pour vous voyez les impacts sur les sur les tours de balles sur les tours de porte parce qu'en fait il quand les terroristes n'ont pas réussi à aller les aller les tuer il tir ils arrosaient dans la porte pour au cas où il y a quelqu'un derrière tu vois. Ah ! Donc nous on tape les mecs en fait il flippent et tu en as qui lèvent les mains. Donc là plutôt facile. Tu en as qui se planquent, tu sais pas s'il est armé donc faut aller les récupérer, les contraindre et puis nous en fait tu as la porte de derrière. Peut-être qu'il y a un mec dans la porte de derrière donc vite on le fouille, on le passe derrière.

Et là, c'était tout le rôle du 13e RDP qui est avec nous, 13e régiment de dragon parachutiste. Donc les commandau du renseignement entre guillemets, [musique] eux leur mission c'était clairement de bien les fouiller et être sûr qu'il y a pas un terroriste qui se déguise en otage parce que ça c'est aussi tu en as un qui passe et il nous arrose par l'arrière parce que je sais pas, il a caché une arme quelque part, normalement tout est clair derrière nous mais on est on n'est pas à l'abri quelque chose fouiller un hôtel en combien ça va durer de temps cet assaut ? Tu te rappelles to Joan ? Moi j'ai perdu un peu la la notion du temps ce mais ça a duré un moment. rentrer à minuit. Ouais.

À 8h du matin, c'était fini. Ouais. Mais globalement à 10h, bon, je triche un peu, hein, c'est que comme on fait, tu sais, des rétex dans des retours d'expérience, moi en tant que chef de chef de groupe, j'ai participé au retour d'expérience et on on on redébriefait toute toute la synchroatrice, enfin toute la sorte d'aprèsmch regarder comme un pour que mais mais je suis comme Johan à la fin quand je termine, je sais pas quelle heure on a lancé l'assaut. Je sais juste que quand il est fini, il fait jour.

Voilà, c'est vous faites tirer dessus, vous voyez d'où ça vient ou vous sa de l'extérieur il y en a eu mais nous mais nous on s'est fait tirer dessus depuis l'intérieur quand on est arrivé depuis le 3ème étage et quand on finit le 3è ils sont plus là.

ce qu'on apprendra exactement en fait ce qu'on apprendra après et ça je sais pas si tu le savais parce que ce qu'il faut dire c'est qu'avec Johan on s'est pas vu pendant depuis 10 ans là vous voyez la première fois de cion depuis la mission c'est la première fois qu'on se trouve donc là on reconfronte nos nos souvenirs et ça je l'avais su parce que à titre de rétex de retour d'expérience c'est que les terroristes quand ils ont su que c'était pas l'armée du Burkina Faso qui est rentré dans l'hôtel bah ils ont vu la péoche et ils sont barrés à ce moment-là quand ils ont vu les français Ah ouais ils sont partis par en fait Le temps qu'on arrive par le haut et vous par les bas, ils sont partis par un par un escalier de service et ils sont allés en face dans le taxi brousse qu'on Qu'est-ce que c'est le taxibro ?

Le taxib c'est un petit troquet, un café qui est juste en face de petit bar. Exactement. Euh et c'est de là qui qui vous tire dessus, c'est ça ? Et et c'est de là alors ça on le verra après mais qui vous tire dessus du deuxième étage et ça c'est vraiment le sait pas. Où est-ce que tu vas te faire tirer dessus ? On va voir la vidéo dans un instant. C'est ta caméra à toi. C'est fou. C'est vraiment exceptionnel. C'est la première fois, vous allez voir, c'est c'est choquant mais c'est surprenant. C'est que t tous les gens qui l'ont vu dans l'équipe quand on l'a mis sur l'iPad, on l'a découpé par sa propre et c il y a tout le monde a eu un petit un petit sursaut quoi.

Ouais déjà tu as de la chance que moi je l'ai pas encore vu tu vois. Toi tu l'as pas encore vu encore jama Alors où est-ce que tu es là ? Parce que là tu es pas dans le même hôtel à ce moment. Tu es plus dans le splendide. En fait, on a terminé le splendide, on s'est dirigé vers le cappuccino café et ensuite en sortant de ce cappuccino café, il a fallu voilà ex et là je repasse en tête du dispositif hein. Pour le coup [musique] tu es tout devant là sur le coup sur ce coupl. Oui effectivement pour aller jusque dans l'hôtel Ibis. Ça s'appelle l'hôtel IBI en fait en gros il y a c'est pas l'hôtel Ibis ça rien à voir.

Ça s'appelle Ibou et en fait au final tout est regroupé puisque c'est un carrefour en croix. Finalement le taxi brû s'occupe une case de ce Carrefour en croix. l'hôtel splendide, le cappuccino et donc on retourne dans un second hôtel moins luxueux moins luxueux celui-ci sur ta vidéo on voit que c'est pas standard européen tu disais standard donc les portes moins moins épaisses bah là on ouvre tout l'extincteur et quand l'extincteur c'était plus suffisant qu' fallait aller vite hein quand même. Là c'était un grand coup de pied effectivement qu'on ouvrait les piortes.

Il y a eu du tuilage avec des unités étrangères et donc du coup avec leur procédé d'intervention, leur méthode d'intervention et donc du coup moi je je m'engouffre finalement dans une chambre. Tu parles de quelle unité étrangère ? Pardon ? Alors là on est sur des unités américaines puisqu'ils étaient aussi présents sur vous aider aussi en fait comme il y avait les otages américains, ils avaient quelques delta force à l'ambassade, ils ont ils ont c'est toujours le cas. Et là ils ont demandé au patron français de les mettre dans notre colonne. Nous on avait quelques-uns dans ma colonne et quelquesuns qui tombent jit. Qu'est-ce qu'on va voir sur la vidéo ?

Ben, on va voir décrisnous ce qu'on va voir et puis on va la regarder après. Compren bien. Qu'est-ce qu'on voit en fait ? Bah, on le voit sur les photos pour ceux qui iront chercher sur internet. On voit quelqu'un qui est habillé avec un un jean avec équipement mix un petit peu militaire et habit civil. Parle du terroriste là. Non, là je parle de l'Américain avec lequel je suis en train de d'intervenir et en fait on est en train d'enchaîner les on est en train d'enchaîner les chambres finalement d'hôtel. Toi tu es habillé en habit civil aussi ? Non non, nous on est en multicam.

Vous êtes vous pouvez pas euh ouvrir le feu en habit civil ou vous êtes toujours obligé d'être en tri ou si imaginons, je dis n'importe quoi, hein, tu es tu es lors d'un barbecue, tu es en short parce qu'il fait 40° vous êtes et tu as pas le temps d'aller de changer, tu dois partir tout de suite pour gagner, vous pouvez y aller. Sûr, évidemment, enfin après le si la fin le justifie, il éidobactement. La fin la finalité, c'est la mission et on la et on la réalisera coûte que coûte. Ouais, tu as toujours un casque quand même ? Tu as toujours le minimum ou si tu as pas le temps de mettre un casque, tu as déjà combattu sans casque. Moi, j'ai jamais combattu sans casque.

Moi à Centrafrique, j'étais en casquette. Ouais, casque. Mais ça arrive que Ah go ! Ben si, moi je me suis déjà fait prendre la partie où j'étais juste habillé comme là tu l' Mais bon, il y avait pas une notion préliminaire de combat. Il y avait pas de préparation pour un combat pur. Ça nous est tombé un peu dessus par hasard. Donc bon ben des fois ça peut arriver. Voilà, on va dire c'est alors excuse-moi, je t'ai je t'ai coupé donc pas de souci. Donc tu tu es avec cet Américainou et qu'est-ce qui va se passer ?

Ben en fait, on pète les portes hein finalement et on enchaîne les chambres et à un moment donné, je rentre dans une pleule donc lui parlons une chambre, je rentre en premier, j'aiffittu tout simplement bah le travail qu'il y a à faire dedans. L'américain suit, lui m'annonce clear, donc il sort de de la ple et moi je passe devant la fenêtre. Bah parce que lui il allait assez vite mais moi j'avais ce besoin de regarder personne sous le lit, personne ceci. Donc je suis obligé de passer devant une fenêtre et au moment où je passe devant la fenêtre là je je me fais prendre la partie en fait. Donc je sais pas si on le voit bien je me fais prendre la partie dire tirer dessus. Ouais littéralement.

Donc je pense que quelqu'un voit une onde passer devant la fenêtre puis ça nous on le voit parce qu'on tu as l'hôtel Ibbi et juste en face tu as l'hôtel splendide et nous on est on est en train d'appuyer leur leur manœuvre dans l'hôtel et on voit un mec qui tire sur sur la façade et là je préviens du coup bah ça vous permet de localiser j'étais derrière la façade tuis donc tu te fais tirer dessus. Heureusement, bah là je me fais pas toucher pour le coup. Là, j'ai eu un peu de chance.

Et euh bon ben je le vois, il y a il y a un espèce de poteau métallique là qui donne un peu près sur une terrasse ou que c'est voir la vidéo après et [grognement] euh et donc effectivement là je me dis ou c'est pas passé loin mais par contre ben c'est pas parce que ça passe pas loin qu'il y a pas un devoir finalement de de pouvoir continuer finalement à bah soit renseigner soit je veux dire c'est pas ce que je ne peux pas utiliser les armes que je je ne suis pas utile à autre chose. Bon ben là clairement je me jette au sol, je me dis ou là c'est pas passé loin. Donc je commence à ramper sous la fenêtre et je me dis mais ça vient d'où ça ? et je vois un miroir en face de moi.

Et pour l'anecdote, c'est quand même fou en fait, j'avais regardé gamin euh il faut sauver le soldat Ryan et quand il y a en fait le bunker, il tend avec son son chewing-gum un petit miroir et en fait euh les Allemands tapent sur le miroir contre les forces américaines. Et donc du coup, je me dis "Attends, là si le mec il a tapé aussi proche et que je tends ma mon visage, là c'est terminé. Donc je casse ce morceau de de miroir puis je prends mon temps parce qu'en fait je sais que j'ai la structure pour moi." Tu es à l'abri ?

Je suis à l'abri mais je sais qu'il y a un angle à peu près donc je me dis bon bah on va être un peu joueur et donc du coup je découpe, je prends mon temps toc, j'arrache et je place le le miroir quoi finalement et là je me fais taper le miroir et là je me souviens faire pas de retrait là par contre et bon je il bon tireur ça veut dire quand même. [grognement] Alors est-ce que c'était un tir précis ? Est-ce que c'était une rafale et cetera ? Ça, je saurais jamais le dire.

Bah onentend pas de bruit, on entend juste le miroir qui fait Oui, parce que la c'est vrai que la la comment dirais-je la la caméra contour euh c'était on entend pas les bruits de la rue et cetera mais par contre bon, il y avait quand même du travail dans la rue et euh à ce moment-là, je fais pas de retrait et je me souviens en fait pour l'anecdote euh bon j'en rigole aujourd'hui mais bon sur le coup ça m'avait un peu surpris. Le miroir pète, je fais pas de retrait, je tu tiens un bout de miroir et p Ouais, c'est ça exactement et je le place, je me dis ça vient d'où ça ?

Là, il me tape, ça finit dans le mur de devant, je fais pas de retrait et je me souviens de dire un mot qui finit par qui commence par P, qui finit par 1 et je voilà, je je crie quoi. Et là, l'Américain le droit de dire "Putain, il y a pas de problème, je tu peux tu peux y aller, tu viens de te faire tirer dessus, il y a pas de problème." Voà, l'Américain, il déboule dans la ple parce qu'il croit que je suis blessé en fait, vu que je crie comme ça, déboule, il me dit "Ouais, ça va mec ?" et je me retourne et j'essaie de m'exprimer dans un anglais approximatif parce qu'à ce moment-là ben je peux je suis là et tu peux monre la vidéo et tu et t'expliques ce qui s'est passé après.

Regardez ce qui s'est passé à ce moment-là euh et comme ça tu viens de raconter ce qui se passe juste après. Ça c'est le miroir que tu as cassé. Ouais, c'est ça exactement. Ouais, ce que j'ai pu choquer et tu vas essayer de chercher le tireur. Savoir d'où ça comme dans sauv. Ouais. Ouais, exactement. Pour l'anecdote, c'est ça. Ouais, c'est Non mais ça peut-être sauver ta vie ce film là. C'est sûr quand tu sûr. Regardez la précision et et comment tu es pas passé et l'intelligence que tu as eu de faire ça. Regardez. Ouais. Euh là, tu enlèves la moustiquire. Ouais, je prends mon temps quoi. Tranquille. Ouais. [rires] là tu entends le bruit que ça fait. Ouais ouais.

Ça tape dans le ça tape dans le mur quoi. Et c'est vrai que du coup je mets donc l'Américain vient t'aider. Ouais bah en fait, il arrive dedans parce qu'il se dit "Oh j'espère qu'il est pas blessé quoi. Finalement, il déboule là-dedans et je dis "Ouais voain, le mec, il m'a tiré dans le miroir et tout et puis il me regarde et là il me sort quand même un truc, ça marqué la vie et il me fait "Ouais, yolo mec, [rires] il m'a dit yolo le type." Et là je me suis dit mais lui il est complètement cintré, c'est pas possible. Et moi je suis là et ouais je pouvais plus pointer ma tête.

Je longe le mur pour sortir, je rencontre bien évidemment, je dis "Ouais, attention là ça part par là" et puis bah on renchaîne, on renchaîne. Mais là, à ce moment-là, c'est vrai qu'il y a un petit moment de de sidération quoi. Là, je me dis "Ouais, c'est quand même pas passé loin." Mais il y a eu plusieurs fois quand même dans ma carrière où il y a eu des moments où c'est passé assez proche aussi. Mais là, ce coup-là, bah c'est documenté. J'avais Tu as eu la caméra quoi. C'est toi qui filme sur ton test. Ouais. Ouais, c'est ça. C'est sur côté droit. J'ai ma contour qui est allumée. Contour, c'est une marque de c'est une marque de caméra.

Disons qu'à cette époque-là, c'était celle qui permettait de pouvoir la fixer sur le casque et de pouvoir tourner le comment dirais-je l'OL objectif au bout. Donc ça me permettait d'avoir une vision assez droite quand on faisait les débriefings. Et euh d'ailleurs, on voit la ce qu'on appelle la griffe là où on pose les JVN dessus. On a de vision nocturne en gros les jumelles. Ouais. Voilà. Les les les jumelles de vision nocturne, les dispositifs de vision nocturne. Donc effectivement Ouais.

Donc là ça va ça va servir à quelque chose ce tir c'est que vous allez l'hôtéliser exactement comme nous on est dans l'hôtel splendide à ce moment-là on voit la rafale et d'ailleurs moi j'étais sur deux étages avec mon groupe et l'étage du dessous j'ai un de mes opérateurs qui là c'est pas passé loin parce qu'ils ont en fait il y a une rafale qui passe à travers la fenêtre [raclement de gorge] elle lui passe au-dessus de l'épaule il me dit ok là on les a identifié et ils sont fait tirer sur l'hôtel Libi là on ils vont tirer dessus et là on identifie qu'ils sont dans le taxibrousse et en fait à ce moment-là donc là vous savez qu'ils sont dans le café en bas sais qu'ils sont dans le café en B.

Vous savez combien ils sont maintenant ou pas ? On sait pas. On sait toujours pas combien ils sont. Et là, à ce moment-là, moi, je rencontre au-dessus euh les équipes de Bayon qui sont dans dans l'hôtel I Libye savent où est-ce qu'ils sont. Et là, on est sur des tirs croisés avec les tireurs d'élite Cordo Barid audessus de nous. Donc là, si le mec qui sort, il sait qu'il est cuit. Il y en a un qui fait le malheur de de se présenter un peu trop. Donc là, on le neutralise, il tombe et derrière les deux suivants vont essayer de récupérer leurs copains et c'est à ce moment-là qu'on va les qu'on va les neutraliser aussi. Voilà. Ils étaient combien ? Donc là, les trois tombes, ils étaient trois.

Donc là, tr Donc là, il y a trois trois terroristes qui qui meurent à ce moment-là. Et là, on reçoit l'ordre pour terminer l'action avec mon groupe plus un groupe de Bayonne. Donc toi, toi, tu vas rester dans l'hôtel Libi pour nous appuyer. Ouais, c'est ça. Tout à fait. Ouais. Et nous, on va faire le dernier bon pour terminer dans le taxi brousse pour rentrer dedans au cas où.

rentrer dedans parce qu'en fait on nous a dit au début entre 3 et 15 hein donc euh on est toujours dans cette expectative de com en vous disant il y a encore 12 mecs dedans on sait pas ouais on y va 1 2 3 mecs et là ils étaient quand même euh entre 5 et 10 chargeurs par mec donc ça veut dire qu'ils étaient prêts pour euh pour durer longtemps des grenades Ouais ils avaient improvisé hyper bien équipé des lampes scotché moi ça m'a marqué ça je me suis dit ils avaient tout prévu quo il av tout prévu exactement ouais et là on on on on est on le taxi Brous et clair sous contrôle comme c'était un peu une tu sais comme dans les auberges tu as des chambres audessus on libère encore 15 20 otages et là on apprend à la radio que le périmètre est clair et qu'à priori ils étaient trois et et l'opération se termine comme ça.

Alors il y a une super photo que que je t'ai passé. On est tous devant l'hôtel splendide. Je vous la mets à l'image. Il y a les commandau de Bayon les commandis Johnny le 13e RDP je sais pas s'il y a les américains dessus. Peut-être cis pas il y a que nous. mémoire, je sais plus. Et on voit bien le bouclier au milieu. Il y a une grosse croix blanche dessus. Tu es sur la photo aussi ? Sur la grande photo finale, non parce que j'étais retourné avec un binôme à l'intérieur de l'hôtel. Mais on a fait des photos groupes. Ouais. Oui, exactement. Ouais, on avait fait des photos. Chaque groupe avait sa photo.

Mais du coup si moi je l'ai à la maison imprimé dans un petit cadre avec [grognement] le groupe et puis euh si ça reste tellement notable quand même cette mission que tu l'as encadré. Tu Ouais. C'est-à-dire que en fait on me l'a remise à la fin. On m'a dit tiens c quand je suis parti finalement euh elle est pas accrochée à un mur, elle est posée sur un bureau comme ça et j'ai là et est-ce que lors d'un assaut comme ça, c'est quand même exceptionnel, tu sais le le la quantité d'otage, vous savez qu'il y a enfin c'est une mission voilà très grosse. Est-ce que tu as des moments de peur ? Je parle à l'humain, pas au militaire, mais à Johann qui est derrière le sous le casque.

Est-ce que est-ce que tu as des moments de peur, de panique avec la fatigue, avec tout ça accumulé ? Est-ce que tu vois ? Ben en fait, je mentirai si tu veux si je te dis que dans une carrière complète, tu passes pas par des épreuves difficiles. Et moi, je sais que j'ai un ou deux affrontements que j'ai mal vécu. En fait, j'ai mal vécu soit parce que j'étais pas dans le contrôle, soit parce que je me sentais pas en sécurité.

[grognement] Et donc du coup à ce moment-là, c'est vrai que j'ai j'ai réalisé à un moment donné, je me permets ce parallèle parce qu'il me semble important que souvent les gens ils sont bâtis et ils sont bâtis avec pas une base d'argile en fait, c'est sur un château de cartes et en fait c'est ce qu'on appelle la préparation psychologique au combat tu vois. Et en fait euh pour dire en fait euh il y a une fois en fait je me suis fait on s'est bien fait euh jef la tronche. On était dans un véhicule, ceux qui étaient avec moi ils s'en souviendront et en fait on était pas du tout dans le contrôle. Voilà, [musique] on avait les feux sur nous, les mecs nous nous tapaient et cetera.

Pas dans le contrôle de la situation, tu vois. Ouais, absolument pas. On éit qu'avec des glocs qui faisaient nuit. Enfin bref, c'était c'était le bazar. Et en fait, sorti de là, je me souviens avoir fait une une crise de ce qu'ils appellent de spasmophilie. En fait, elle est venue après euh sur un gros moment de fatigue et cetera et en fait ça m'a duré mais pendant des années. En fait, j'ai perdu la j'ai perdu la flamme quoi. En fait, je me suis dit euh j'ai plus confiance, j'ai plus confiance en la c'est l'interface esprit corps et après ça met le doute surtout. Et quand on en arrive à là et ben on devient un peu un danger pour soi-même.

Et ensuite ça se ressent aussi au niveau du boulot parce qu'en fait tout le monde fait preuve de résilience jusqu'à un moment donné où on finit par craquer. Et c'est comme ça qu'arrive en fait les les syndromes post-traumatiques, le burnout, peu importe en fait le nom qu'on va mettre dessus, il y a un moment donné, ben en fait il y a il y a il y a un point de faille et s'il est pas traité et surtout ou plutôt ça devient problématique. Et quand j'ai eu ce ce point de rupture-là, en fait, à un moment donné, ça été quelques années euh qui ont précédé en fait cette opération-là, j'ai tout de suite pris conscience que il va falloir que je soigne ça en fait.

Donc j'ai soigné ça et par des lectures. Mais euh en fait, on parle souvent des pensées euh du stoïisme. Al, je sais pas si tu as déjà entendu parler. Rexplique, si tu veux. Oui. Voilà. Ben en fait bah il y a Marc Corel, il y a SCE, il y a Epic Têet et cetera et en fait c'est qu'est-ce que c'est le stoïisme [musique] ? Disons que c'est des c'est des c'est des principes philosophiques qui visent à c'est des conversations, je dirais, qui ont été ouvertes, il y a des millénaires en fait, tout simplement et qui se sont jamais refermé.

En fait, c'est des sujets sur la vie, sur la mort et c'est des conversations qui ont été ouvertes il y a il y a 2000 ans par des personnes qui étaient extrêmement réfléchies et qui en fait nous invitent finalement à rejoindre leur conversation presque 2000 ans plus tard. Donc, ils ont ils ont ouvert des portes finalement sans jamais alors aujourd'hui, je peux pas dire voici comment combattre la de la mort. voici et cetera. Mais du coup de me dire que des gens ont pensé à tout ça, je parle notamment SC, lettre à Lucilus que je que j'adore.

C'est c'est des lettres qu'il a écrit à quelqu'un qui est de 20 ans plus jeune que lui et qui partage son expérience de vie finalement et ses erreurs, ses réussites et cetera, mais surtout un chemin de vie. Moi, ça m'a beaucoup aidé et alors ça va peut-être faire aussi rire des gens, mais en fait à ce moment-là, quand on est un peu dans une détresse psychologique, si je puis dire, on a le besoin d'aller chercher. Alors, certains ils se redécouvrent la religion par exemple. Moi, je sais qu'elle m'avait quitté et en fait le fait d'y revenir, ça m'a donné une force puisque je me suis dit en fait, je suis pas tout seul, je suis entouré aussi.

bien évidemment qui a la famille, il y a les amis et cetera, mais quand on a des blessures profondes et qu'on a besoin de de construire, de bâtir quelque chose de solide, ben on est obligé de repasser par ça.

Et du coup, anecdote très rigolote, un an ou deux après justement ce premier gros accrochage que j'avais eu, j'ai relu parce que gamin, tu sais, je pense que tu es de la génération de Tortue Ninja [musique] aussi et je souviens le dessin animé avec les bandeaux et moi ça me fait marrer parce qu'en fait en réalité, qui aurait pu puiser mais ceux qui ont écrit les Tortu Ninj, c'est des gros fans finalement de l'époque des samouraï et cetera et le premier tome qui a été écrit qui était un noir et blanc et extrêmement en fait en réalité sanglant, il se coupait les membres et tout, à un moment donné lui finit une des tortues contre un mur et il y a le foot clan qui est face à lui et qui disent le foot clan tu sais c'était les ennemis en fait un petit peu et les dos en fait finalement un mur et on voit les ombres portées c'est très cinématographique et il disent bon ok on va te on va te buter en fait tout simplement et elle la tortue en fait sort ses deux katanas ou peu importe et dit bah qu'il en soit ainsi et ça a été un révélateur pour moi parce que au-delà même de l'acceptation ça été comment est-ce qu'on peut arriver à un état d'esprit qui fasse dire je il il va se passer des choses, j'en ai plus le contrôle mais je les accepte.

Et en fait à ce moment-là, j'ai j'ai pris conscience finalement que [grognement] il y avait quelque chose de plus grand en fait qui nous anime. Je pense que ce qui ce qui fait que les gens sombres dans l'immobilisme ont peur, c'est parce qu'ils ont une peur phobique de la mort. Et je moi je l'affronte pas. Elle est pas mon ennemi, elle est rien de tout ça en fait. Elle est présente dans l'équation, mais je refuse en fait qu'elle soit qu'elle soit omniprésente. Et en fait quand on est dans ce genre d'OP, les gens disent "Ouais, tu as peur ?" Ben en fait sur le coup, j'ai pas tellement le le temps d'avoir peur. C'est c'est plus tard, ça passe par un processus analytique.

Dire "Putain, ouais, c'est pas passé loin et tout, mais la réalité c'est que quand tu repenses, tu dis "Ouais, c'est pas passé loin." Mais sur le coup, tu es tu es pris dans le feu de l'action, tu as plein de choses à réfléchir, tu as tout le collectif et on verra plus tard pour tout ça. Pour le moment, c'est c'est le cœur de l'action. Donc non, sur le coup, je veux pas dire que j'ai pas peur, je peux être surpris et cetera, mais je pense que la la les gens quand ils sont engagés, la plupart du temps, s'ils sont c'est j'espère que s'il y a une mort, elle sera rapide, indolore, que je la verrai pas venir parce que j'ai pas envie de de souffrir à l'agonie et cetera.

Euh je dirais que moi c'est ça qui a été le processus de reconstruction finalement psychologique. Je pense que c'est des voies qui dans laquelle il faut aller soi-même aller chercher et moi c'est ce qui m me permet aujourd'hui peut-être d'en être là. Tu as fait des années après et tu allait mieux. Ouais. C'est-à-dire que là tu étais tu étais à 100 % sur l'émission. Ouais, tout à fait. Mais plus serein que je l'étais par le passé. En fait, avant je me croyais vraiment fort. Mais en fait, j'étais juste un un salmom assis sur un château de sable pour citer un chanteur. Mais j'étais ça en fait. En fait, je me croyais invincible. Je me disais tout tout ce qui va m'arriver si tu veux.

Moi je suis le boss ici. Mais clairement, mais en fait on se on se on se on nous éduque à ça. On nous éduque à gagner. on nous éduque à être des leaders des des mecs. Le problème c'est que quand on prend le mur de la réalité là c'est plus compliqué. Et donc euh moi je je voulais pas, ça me semble important de partager ça parce qu'en fait euh on a tous un point de de faille à un moment donné et euh c'est très facile en fait d'endosser une cape de de héros de dire moi je suis une carapace dire je suis un dur et tout mais moi je suis je suis pas ça en fait.

Je suis pas un dur, je suis pas infaillible, je suis pas et cetera euh mais je suis quelqu'un qui jour après jour essaie justement de de me développer et et d'être meilleur que j'ai été hier tout simplement. Et en passant par ça, ben en fait ça m'a rendu plus performant dans le cœur de l'action parce qu'en fait j'avais une confiance en moi. D'ailleurs, j'ai j'avais fait un Le fait de savoir que tu es pas invincible, ça t'a donné confiance en toi Sasse. Ouais, bien plus.

Parce qu'en fait la réalité c'est que euh on a tous enfin tous moi en tout cas j'ai eu ça, je j'avais fait bénir finalement un petit ange gardien que j'avais placé dans ma pochette contrepôt à l'arrière de C'est ça exactement. Bon et euh et pour et je l'ai jamais retrouvé après cette opération là. C'est comme si en fait il avait fait sa mission et il m'avait servi pour cette mission là et j'y croyais à de à 200 % en fait. Et je me suis dit il est avec moi et maintenant je suis serein. Et je tomber dans l'acceptation c'est facile. C'est dire ouais on verra. Non c'est pas ça. J'accepte j'accepte les règles du jeu. Je ferai mon maximum. Si ça doit arriver ben fatalement ça va arriver.

Je ferai en sorte en tout cas que ça n'arrive pas. Fort. Ouais. Merci en tout cas de merci. Là c'est tu t'es livré là. Ouais. Bah je sais pas trop si ça serve tant mieux. J'en suis très content. Parce qu'on a pas la en fait on n pas le monopole en fait en étant dans les armé. Euh j'avais dit il y a il y a pas si longtemps que ça. On n' pas le monopole de la tristesse, on n pas le monopole des drames, on n pas le monopole de tout ça. Je veux dire quelqu'un qui part en montagne, quelqu'un qui fait un disport automobile à haute vitesse, quelqu'un qui connaît un drame familial et cetera, eux aussi connaissent la tristesse, le le danger et cetera.

Euh je pense qu'il y a il y a pas de les armées c'est plus dur et cetera. Je pense que la construction euh psychologique doit s'effectuer à l'échelle personnelle collective, à l'échelle d'une nation aussi. Euh c'est la force morale ça. Ouais. Je pense comme ça le fait d'avoir de la force d'être euh je pense. Ouais. Et et je pense que dans alors là je me permets un petit peu de peut-être de partir un peu, mais il me semble important de souligner que on sait jamais de quoi l'avenir sera fait en fait. Et il est important aussi de de s'éduquer soi-même.

Euh je suis pas le combattant proprement dit des réseaux sociaux et cetera, mais je suis le combattant de ceux qui euh tombent dans encore une fois dans l'immobilisme, dans euh devenir finalement fragile d'esprit parce qu'en fait on occulte tout, on passe tout et puis on excuse-moi du terme, parfois on s'abrutit un petit peu le cerveau avec des bêtises à gauche à droite et on en oublie en fait l'essentiel. La vie elle est magnifique en fait. Et c'est parce qu'elle est magnifique que en fait [musique] moi je me bats aussi. Je me bats parce que je veux préserver ce qu'on a. Je veux je me bat pour ma famille. Je me bats pour ma famille, mes proches. Je me bats pour ma ville.

Je me bats pour ma région. Je me bats pour mon pays. C'est un enfant aussi. Je j'ai un petit garçon, je vois grandir tous les jours. C'est la plus belle chose que j'ai au monde en fait et je veux lui offrir ce qu'il y a de meilleur. Je veux essayer autant que je peux d'être un aussi un un exemple si je puis dire. Mais un exemple, c'est pas le superhéros qui a peur de rien et cetera.

c'est voilà quel ces moments de doute et et si ça se si ça peut inspirer des gens à être meilleur, à être plus fort et cetera, ben grand bien en face [musique] parce qu'encore une fois, on sait pas de quoi l'avenir sera fait et je pense que c'est important pour tout le monde justement de de grandir collectivement. On est on est un beau pays. [musique] Je pense qu'on est et il faut ça en fait, il faut des gens qui soient soudés, qui soient forts ensemble, qui se préparent et voilà, c'est mon avis sur la question. Pour terminer, c'est important de de comprendre. Est-ce qu'il y a une image qui te reste, un moment qui t'a marqué de de cette mission qui est encore en toi ? Ouais.

Alors moi du coup, c'est la préintervention où tout le monde se check parce que j'ai j'ai senti un moment de fraternité qui a vraiment été très intense et c'est cette notion de partir tous ensemble. Donc ça, je dirais que ça ça a vraiment été un un un vraiment un événement sur le collectif moi qui m'a vraiment beaucoup marqué. [grognement] Euh le retour après quand on est retourné euh sur à la base quoi finalement [grognement] euh bah tout le monde attend les nouvelles à maison. Donc en fait le le téléphone il est plein savait que vous étiez dessus du coup.

Et ouais effectivement et puis tout le monde suivait ça en temps réel et euh donc tout le monde [musique] euh t'écrit quand c'est comme ça. Tout le monde t'envoie un message tout le monde te dit dès que tu as mon message écris-moi écris-moi écris-moi. Surtout que bah voilà ils avaient que les chaînes de télé ça passait en boucle. Etth moi je je prends du coup mon téléphone, je sais plus quelle heure il est. Il doit être quasiment midi ou un truc comme ça. On est rentré. Vous avez toujours pas dormi ? Non, toujours pas. Et euh et en fait, je m'isole un peu sur le camp, on a des antennes.

Donc, on savait que bah pas très loin de la salle de derrière la salle de sport, derrière le truc de pillage, de parachute et cetera, il y a un truc où on captait un peu. Donc, je veux m'isoler à ce moment-là.

J'appelle bah du coup j'appelle ma femme et ouais super heureuse très contente d'avoir de mes nouvelles et elle me pose un truc une question et ça c'est la question qui m'a qui m'a tué m'a dit ça va ouais ça va ça va et fallait pas qu'elle me le repose encore une fois en fait et là je sens au fond de moi que c'est pas le ça va d'habitude en fait là je me dis [musique] non en fait ça va pas là-dedans parce que là on n pas dormi qu'on est fatigué qu'on voir des des choses assez traumatisantes que le le sûr tuas encaissé. Ouais, voilà. Et cetera et je je lu inventé un craque en fait.

Je dis "Ouais, il faut faut que je reparte, on rattaque le débrief et tout." Et je suis resté comme un con à côté de cet arbre à côté de cet arbre là avec mon de téléphone à main. [musique] J'ai remis dans ma poche. J'ai en fait non, je suis je suis fatigué, je suis éclaté. Mais il était hors de question qu'elle est ce rendu là en fait. Voilà, ça c'était un moment un peu un peu à titre perso en tout cas que qui est important. Ouais.

Tu dis "Tu as pas toujours tout dit à ta femme Non, on dit pas toujours tout à nos proches aussi un petit peu pour préserver, mais après je voilà, on n'est pas non plus h je c'est pas que je cache, on cache pas en fait, mais c'est juste qu'on épargne un petit peu, on n pas besoin de faire part de tous les détails et je dirais c'est pas je je ça fait ça ferait un petit peu trop cinématographique de dire non, je cache des choses car en fait non, c'est juste qu'on épargne un peu. On a aussi notre part [musique] qu'on qu'on doit encaisser par soi-même et la part de stress qu'on encaisse tout ça, bah j'évite de le faire supporter autour de moi en fait tout simplement. Je pense que c'est ça.

Vous êtes reparti combien de temps après là sur une are mission ? Vous avez le temps de dormir ? Ouais, on a eu le temps de dormir. Bah après nous on est rentré je crois de 2 mois après un truc comme ça. Donc en fait en réalité ouais on a eu d'autres d'autres OP qui se sont faites he sur ce mandat là.

les Onix 142 143 144 du coup c'est mais moi j'avais j'avais adoré cet après cette après-émission pour nous parce qu'en fait c'est là où on constate finalement que quand il y a un événement aussi majeur là il y a plus de mini barrières de petites compétitions de il y a plus rien en fait il y a une fraternité qui s'installe de manière naturelle tout le monde est très proche tout le monde est très uni parce qu'on sait en fait la valeur profonde des gens et on les respecte profondément pour ce que pour ce qu'ils ont fait avec nous, les moments qu'on a pu traverser et puis après voilà, ça déroule un peu comme du papier musique.

On se dit "OK, voilà, là j'ai fait un truc intense, place à la suivante en fait je suis pas trop dans le oh tiens, je vais repenser encore et encore." Non non, on avance quoi. Charles, pour terminer sur le sujet, est-ce que tu as une image qui te reste en tête de cette mission ? Moi, j'ai deux images. La première, elle est avec elle est avec mes mecs. Quand on est juste avant de partir, eux, ils imaginent parce que il y avait pas assez de place dans les véhicules. Donc moi, j'étais parti seul en véhicule pour aller me faire briefer. Ils imaginent qu'on va suivre les commandos du PR Pima et qu'on sera pas nécessairement en tête de colonne.

Et là, en fait, on vient de la prendre, je les vois, ils sortent de la voiture et on me dit "On part dans 30 secondes." Là, il faut que je leur brief qu'ils vont être en tête de colonne, qui vont rentrer par les toits et qu'on est pas forcément équipé pour. Pourquoi ? parce que en fait notre équipement, on l'avait laissé en base arrière parce qu'on était on avait pas prévu d'être à cet endroit-là et il y a surtout plus assez de place dans l'avion pour le prendre. Voilà, sinon on l'aurait pris. Et là, je les prends, je leur sers à chacun la main et je leur dis "Est-ce que tu es prêt ?" Et ils m'ont tous dit "Oui, avec une gravité.

Euh j'avais confiance parce que 8 mois avant on l'avait fait en Centrafrique. Euh mais il faut imaginer qu'en 30 secondes, tu bascules de je vais entre guillemets, même si c'est c'est pas simple, remplir des pièces à je vais rentrer en premier et c'est moi qui vais tirer ou me faire tirer dessus. Et euh et ça c'est quand même un acte un acte assez assez fort. Et chacun d'entre eux ils m'ont fait confiance. Je leur ai fait confiance et juste avec le simple la simple poignée de main et le regard dans les yeux, je savais qu'on qu'on partait et qu'on était solide. Le deuxième souvenir que j'ai, c'est on rentre en bas arrière un peu comme ce que disait Joan juste après.

Et moi, j'ai pas le temps d'appeler ma femme parce que nous, on repart dans la foulée au nord du Mali. Et vous repartez. On repart dans la foulée et là, on repart pour x jours de véhicule. Et en fait, on a même pas dormi sur place le matin, on a pris l'avion avec nos caisses, on est reparti. Je sais pas comment vous donnez hein. Et là là moi j'étais j'étais j'étais moi j'étais en croix complet. J'ai pas lué mon téléphone depuis 72h. Donc ma femme elle s'est pas encore voilà et euh et un jour et demi ce que j'ai écrit dans mon livre ça c été une grosse une grosse expérience pour elle. Enfin en tout cas ça l'a beaucoup marqué.

Elle en a témoigné à d'autres à d'autres épouses parce que le chef du CPADIS l'appelle à ce moment-là. Il lui dit euh enfin voit le numéro. Oui. Bonjour. Bonjour madame vous allez bien ? dit à couche là, qu'est-ce que tu vas me dire là ? Il est blessé, il est mort. Euh il est-ce que quand le patron appelle, c'est pas mon signe. En fait, quand le patron appelle, normalement il se déplace physiquement mais bon, on sait jamais. Tu vois, il est blessé, il est mort, il a perdu quelque chose. Qu'est-ce qui se passe ? Et en fait, elle conclut en disant "Non, avec les commandu du premier PIMA, avec les commando marines, le groupe de Charles, ils ont fait une mission héroïque.

Est-ce que ça vous dérangerait d'appeler les autres épouses ? Et ça entre-temps, elle a eu mon chef avant de m'avoir au téléphone. Tu vois moi elle sait toujours pas l'émission. Pourquoi tu l'as pas appelé en 2 secondes ? J'étais moi quand je suis trop dans ma mission, j'ai j'arrive pas à me enfin je suis dedans. C'est vrai. Ah ouais, j'arrive pas. Tu peux même pas appeler, démarrer ton téléphone, dire tout va bien et tu es tellement je suis je suis dedans. J'ai besoin de prendre un temps avec si j'ai besoin d'appeler la femme, il faut que je sois une zone où je peux lui consacrer du temps et pas juste te dire oui chérie, j'ai 15 minutes parce qu'après je repars.

Bah déjà au moins ça rassure. Attends. Mais j'arriverais pas à le faire. Enfin, j'étais pas prêt à faire ça. Et après, je l'ai appelé là pendant rester quelques pas longues heures parce que j'avais pas plusieurs heures devant moi, mais quelques longues minutes et j'ai senti qu'elle avait besoin de de vider son sac parce que ma fille qui avait 4 ans en voyant les infos, elle a dit à ma femme "Il est là papa." Là, elle était comme ça quoi. Dit je je sais pas, tu vois. Voilà. [grognement] Donc c'est les souvenirs que je garde évidemment.

Et ben merci beaucoup euh Joan d'être venu d'être venu raconter euh une partie de la mission comme ça on a eu les moi qui ai proposé à Joan pour tout vous dire. On se connaît très bien. Je savais que Charles venait euh raconter que c'était dans dans le livre, on allait aborder ce sujet-là. Je tiens, ça serait bien d'avoir une une deuxième version qu'on puisse parallèle parallèlement raconter les deux histoires. Merci en tout cas beaucoup. Merci d'être venu de Bayon. De Bayon. Ouais, tout à fait. Euh on continue l'émission avec Charles du CPAD. Du coup, on te voit, il y a une photo de toi qui n'est pas floutée dans le livre.

Je je vous la mets à l'image là où on te voit avec avec une mar il y a un air de Benoît Saint-Denis sur la photo. On te l'a dit ou pas déjà ? Alors que pas du tout quand tu as la [rires] quand tu as la barbe. Comme quoi la barbe ça quand même ça change et c'est pour ça que tu l'as mise. Ouais exactement. C'est que si on te voit là aujourd'hui si tu enlèves ton cachecoup et qu'on montre cette photo avec la barbe, on te reconnaît pas. Il y en a plein qui m'ont dit "C'est pas toi ? Ouis, on te reconnaît pas." Ouais, tout à fait. Euh c'est c'est des photos, c'est pour montrer un peu ton ton équipement. Vous allez repartir au Levant.

Euh [musique] en fait, vous allez rejoindre une coopération interaliée. Donc c'estàd qu'en fait, il y a des il y a des Britanniques à l'époque, il y a des Américains qui sont là-bas aussi. Euh votre mission c'est de planifier une opération pour enfoncer en gros les lignes de l'État islamique. C'est ça. Mais vous allez vous faire attaquer par les terroristes. Ouais.

En fait, si tu veux, on est sur une position qui est tenue depuis le long mois qui est presque un petit peu al pas comme les tranchées parce que on n'est pas non plus sur des tranchées mais peut-être des monticules de terre avec des postes d'observation un peu partout et et ça c'est la position qui est tenue et nous on est là pour appuyer les forces partenaires et donner le tu sais le le game changer qui fait qu'on pourra enfoncer la ligne de dche et donc on doit on doit percer avec alors on est avec avec des avec des alliés, on a les Américains les anglais qui nous accompagnent et puis des forces partenaires. Et et à ce moment-là, la la mission planifiée et d'enfoncer les lignes.

On va l'enfoncer de plusieurs centaines de kilomètres en de 150 km à la fin de notre mandat. On sera quasiment 150 km plus loin. Plus loin. Exactement. Et on se retrouve à faire du à se faire du combat de rue contre des combattants de DH. un moment, tu vois, je j'ai un de mes opérateurs, mes commandaos qui me dit "Charles, là, j'ai un comportement bizarre, il y a quatre mecs qui se baladent un peu, il progresse de manière technique avec des un équipement tactique assez élaboré, le voit à travers des des jumelles thermiques." Donc, on les voit, on les voit très bien.

"Viens voir, je vais voir." "Ouais, effectivement, là ça là, c'est chaud." Euh [grognement] on va on fait équiper tous ceux qui étaient en repos. Enfin, en général quand tu sais quand quand on se repose pour que tu as toujours la moitié des effectifs ou un petit peu moins qui est de garde équipé, prêt à réagir, tu vois, en situation ennemi et les autres on dorme, tu tout habillé avec l'équipement pas loin, on a juste à à se le mettre sur la sur soi et puis on repart, tu vois. Donc tout le monde est prêt et euh et en fait juste après, ils ouvrent le feu sur ma position. Moi je pars avec une petite équipe à l'extérieur, on va on va en descendre deux.

M tirur d'élite en en descendre d'un autre et le lendemain matin on verra les les cadavres des mecs qu'on a descendu en fait il s'était équipé tu sais avec en bombeur tu vois en fait c'est explosif gilet explosif en fait tu vois nous et là moi c'est ce que j'ai décrit dans mon livre c'est c'est assez c'est une c'est une un gap culturel en France tu on préfère les donner enfin en France dans le monde occidental c'est on a plus on va plutôt donner sa vie c'est c'est le casre de la libération d'otage qu'on parlait avant aller donner donner ma vie pour sauver quelqu'un ou alors pour mon frère d'arme qui est à côté ou dans dans une mission particulière offrir ma vie pour mon pays pour qu'on puisse gagner à la fin ça c'est possible mais alors aller se faire péter juste parce que je vais me faire suider en plus on voit que le mec ils sont complètement shootés là parce qu'en fait ils ils se droguent parce qu' en fait on a retrouvé des cachetons de tu sais de drogue sur eux parce qu'en fait les mecs ils ont entre guillemets ils savent qu'ils vont aller combattre les forces spéciales occidentales donc la française c'est le captagon non c'est pas ça Il y a ça puis il y en a d'autres.

En gros, ils prendent des anxiolitiques pour essayer de se d'appréhender avec euh pour palier le manque de courage. Ils prennent des anxiolitiques, tu vois. Et en fait, aller se faire péter pour nous c'est euh il y a rien de pire parce que si tu veux, au lieu d'avoir une plaque ici qui qui te protège des balles là, ils ont une plaque cette épaisseur de de plein de C. que de l'ex avec plein de petites billes métalliques là avec un double allumage pyro donc ça veut dire par allumage thermique ou électrique. C'estàd qu'en gros si dans tous les cas ça a fonctionné. Il a un bouton. Ouais. Et s'ils se font péter mais même si tu es à 30 m je perds tout le groupe. C'est du shrapnel.

Tu te fais découper c'est fini. Et là par chance en fait on a des procédés où en fait quand quand c'est des quand c'est ce type de personnel euh on vise directement la mort cérébrale parce que sinon tu tires la tête quoi. Bah obligé. Sinon si tu fais pas ça le mec il peut avoir le réflexe d'appuyer là tu es sur la photo. Mais c'est quand même hyper c'est c'est pour nous c'est assez stressant parce que tu peux dire "Oui c'est normal c'est un conflit." Oui, sauf que nous on est on essaie je suis qu'avec des mecs qui sont surs sélectionnés, surentraînés pour faire des missions techniques.

Et là pour ce que j'exprime, ce que j'exprime, c'est c'est très personnel mais pour moi c'est un acte de plus grand de l'acheter. que tu arrives, tu te drogues parce que tu veux pas combattre, tu te fais péter parce que tu sais pas parce que tu oses pas aller aller te mesurer entre guillemets savoir si tu vas gagner une position, c'est quand même quelque chose qui est pour nous psychologiquement c'est un comportement qui qui est un peu à vomir, tu vois, on se dit c'est qu'est-ce que c'est que ces combattants tu vois ? En fait, c'est vraiment ils sont tellement idéologisés les djihadistes de Daesh que il y a pas de règle, tu vois. L'ordre moral n'existe pas avec eux, tu vois.

Et nous nous en on continue de de se forcer à l'appliquer l'ordre moral parce que parce qu'on incarne la France. Donc tuas tu as une espèce de de dissymétrie des règles, tu vois. Mais c'est pas grave, on l'assume, on est entraîné pour ça. Tu dis les femmes et leurs enfants étaient leur bouclier pendant que les hôpitaux et les écoles leur servaient de retranchement pour les États-majors et les combattants ennemis. Page 93. Oui, il se cachent sous les écoles ou dans les écoles, tu dis ? Ouais, tout à fait. Ou les hôpitaux. Tout à fait. C'est pour ça que parfois on voit qu' des hôpitaux qui sont attaqués ou des Ah, exactement. parce que parfois ils sont cachés dessous.

Ils utilisent toutes les tous les bâtiments qui qui pour nous moralement ne sont pas des ne peuvent pas être par nature tu je t'expliqué des règles de pas abîmer nous les tu as des listes de de bâtiments respecter les les civils et c'est d'ailleurs ça fait partie des conventions de Genève c'est tout ce qui est école lieu de culte hôpitaux ça ne peut pas être détruit et ils utilisent ça plus les femmes, les enfants, les familles comme bouclier en pour nous moralement c'est quelque chose tu Et ça ça a été hyper dur parce qu'en fait tu vois ça euh du coup tu évidemment nous c'est contre notre notre ADN de rentrer dans leur jeu parce que sinon à vouloir jouer au jeu du plus pire bah du pire si tu veux en fait on se on se décrilise et en fait c'est pas nous nous nous si on veut incarner une certaine force morale de la nation française si on veut montrer que la France elle elle se place au-dessus de ces choses-là on doit combattre de la manière que les Français ont toujours fait depuis des siècles.

Tu vois, tu parles de deux commanda blessés dans la lutte contre Da page 102, tu dis ils avaient subi la barbarie des pièges lâchés déployé par l'État islamique. Les guerres asymétriques ont cette odeur rance éloignée de toute noblesse et bravoure humaine. Ouais. C'est quoi la chose la la plus dure que tu es vu là-bas chez quand tu as combattu Taesh ?

Je dirais que la plus dure que j'ai vu là-bas, c'est vraiment le tu sais cette cette déconnexion morale où euh l'ennemi, tu sais, dans dans l'histoire de l'humanité, c'est pas rare de voir des ennemis qui rendent les honneurs ou les armes à ceux qu'ils ont combattu en face parce que bah ils ont bien combattu, ils ont respecté le combat, ils ont enf le combat, j'ai pas dit qu'il était beau parce que c'est toujours une une certaine quand tu as de la mort, c'est dire que c'est beau, mais en tout cas euh ça a été fait dans les règles de la guerre entre guillemets qui sont communément admises depuis leur antiquité. Enfin, c'est quand même pas quelque chose de nouveau.

Et là, là-dedans, tu te rends compte que ce n'est pas possible. C'est pas possible. Nous, si nous on combat avec ces règles là, eux en face, ce qui est hyper dur, c'est c'est ce c'est ce et tu as toujours cette pression et c'est pour ça que j'utilise le terme rance parce que c'est vra un côté nauséon, tu vois. Derrière et je je voulais je voulais terminer, c'est parce que on a un ami commun, pour tout vous dire. Euh son pseudo c'est Tutu euh qui est au CPA10 aussi.

C'est pour vous montrer à quel point ceux qui sont là-bas en for spécial sont impliqués dans ce qu'ils font et qu'ils le font pas euh pour euh euh ils le font pour les bonnes raisons, ils le font pas pour l'argent, ils le font pas pour c'est important de le comprendre parce qu'il y a un rapport à l'argent, tu vois, où je veux en venir. Est-ce que tu peux raconter ? On racontera pas l'entièreté de l'histoire parce que c'est pas possible pour plein de raisons. Mais est-ce que tu peux raconter cette histoire qu'on connaît tous les deux de Tutu ? Je pense que c'est c'est intéressant que vous la connaissiez. Alors Toki connaît bien euh pourquoi on en parle là ?

aussi parce que en écho avec mon livre, en écho avec ce qui compte aujourd'hui, je pense que tu tues c'est un vrai chevalier des temps modernes. C'est c'est un c'est vraiment on imagine un chevalier, vous voyez Tutu arriver, vous dites tiens c'est un chevalier en 2000. lui il donnerait sa vie pour la veuve l'orphelin pour son pays.

il le porte dans son cœur, dans ses tripes et euh et c'est normal de le d'un peu de l'ériger en exemple parce que la vie qu'il a eu et les souffrances qu'il a porté et puis aussi les les cicatrices qu'il porte sur son corps dont on va parler euh sont quand même édifiantes et montrent aujourd'hui dans un monde qui est un petit peu asceptisé quand même que le courage, l'audace et puis ce certains cette force de caractère, cette force morale sont des choses qui qui doivent faire partie de notre ADN comme ils l'ont fait partie pour nos ancêtres. Qu'est-ce qu'on peut en dire ?

Tutu et avec son groupe, ils sont ils sont appelés en renfort d'une mission où un marin a déjà été blessé, a pris une balle dans le casque, un courando marine et lui avec son groupe, il monte à l'assaut et il se prend une rafale de trois. Donc ça veut dire qu'il trois balles qui partent. Une première, il la prend sur le côté, la troisième dans les plaques. Dans les plaques donc protège par gilet par balle, porte plaque balistique. Et la dernière, il la prendra dans le casque. Donc il sera blessé. il va continuer de se battre et son binô le recevra lui aussi une balle dans le casque. On peut dire que c'est une mission miraculeuse.

[musique] Tu imagines sur un assaut, trois commanda français, trois casques touchés, pas de mort et à la fin l'ennemi est neutralisé. C'est la première fois qu'il est blessé. Donc là, il est opérateur en groupe action. La deuxième fois, il passe la qualification de tireur d'élite dans ce qu'on appelle nous THP, tireur haute précision. Euh il va partir euh au Levent et euh là dans un dans un combat contre Daesh euh au Levant, c'est un petit peu comme l'Afghanistan ceux qui connaissent. Il y a une superposition telle d'avion qu'il y a une on est une vraie supériorité militaire sur l'ennemi.

Sauf que là, il y a une grosse tempête de sable et se retrouve dans un combat acharné contre des Il est blessé une deuxième fois et quand la tempête de sable se lève, les avions de chasse et les arrivent et arrivent à les désengager, il est blessé une deuxième fois. La troisième fois qui est la sans doute la plus remarquable, ils sont dans une zone qu'on appelle tu sais des zones sanctuaires. On dit sanctuair pourquoi ? Parce que c'est un endroit où l'ennemi il est retranché, il est chez lui, il en maîtrise tous les contours et tu n'iras jamais le chercher. Donc là, c'est des lieux imprenables quoi. Lieux imprenable.

Et là, il est décidé, il y a une fenêtre d'opportunité qui est très très petite parce que il y a il y a une raison, il y a des cadres peut pas dire mais qui est on peut pas les dire mais qui est très important. très important parce qu'en fait c'est ce qui fait qu'ils y sont allés et là il y a des zones parfois qu'on on appelle ça des zones qui puent la défaite dans notre jargon. une zone qui pue la défaite, c'est que tu sais que c'est mal parti en fait. Tu sais que tu vas euh tu vas vraiment engager le gabarit. Tu sais que tu peux pas être partout et [musique] que si le mec il tire bien à cet endroit-là, tu peux mourir, tu peux être blessé. Et là, ils vont monter à la de cette position.

Euh, il va y avoir des blessés, des morts au combat. Ça va être une mission qui va être vraiment hardcore. Les partenaires vont se désengager et lui il va se prendre une rafale de 3 dans la jambe. Il va prendre une grenade défensive qui va lui péter dans le dos. Donc là il coûte bien 200 polycribré avec 200 impacts dans le dos. Et alors qu'il a acculé qu'il s'effondre parce que tu sais avec le blast et la blessure, il va il va être soulevé de 2 m après les les vidéos. Lui en fait il va il va il va soulever 2 m par la par la grenade. Donc déjà il se prend tr il a la cuisse ouverte. Cuisse ouverte.

Ouais et enfin le tibia aussi on voit son ses enfin c'est c'est quelque chose je savais pas que c'était possible de remarcher après ça et il va être donc soufflé par la grenade et lui il va continuer de combattre quand même. Alors qu'il va il va mourir trois fois sur la table. Donc son cœur va s'arrêter trois fois. Il va continuer. Enfin et là tu vois dans ces situations là on peut dire on peut se dire bah c'est bon c'est fini. façon, j'ai été blessé déjà deux fois dans ma carrière là. Je suis je suis fatigué. On pourrait baisser. Non, la résilience c'est dire tourner. Et là, il sort son son pistolet, son gloc et il continue à tirer, à tirer, à tirer sur sur ceux qui viennent vers lui.

Il va encore en descendre quelques-uns. Alors qu'il a, comme tu dis, sa cuisse ouverte, le type éclaté. Il a deux de ses frères d'âes qui sont aussi blessés et qui vont se mettre eux-mêmes les garau. Les garau, c'est espèce de gros sangle que tu tires hyper fort pour couper l'hémorragie. Don tu te les mets toi-même et derrière tu continues le combat. Il l'évacue à la fin parce que les Américains c'est c'est une histoire qui pas l'hôpital américain dans le pays dans lequel ils étaient, ils seraient décédés. Tu sais combien il a resté de litre de sang à tutu à l'hôpital ? Vas-y dis-moi. 2 L 2 L et comme tu le dis normalement on meurt hein.

Lui ça il redémarré trois fois parce qu'ils arrivaient pas. Là il é il a été réanimé trois fois. Il lui restait plus que 2 L de sang. Euh les Américains, on on fait globalement, on crée un parking sur place tellement ils étaient édifié du comportement héroïque des combattants français et et tu tu es revenu. Et là, la dernière fois, j'ai en dégant et on racontait ces histoires là et et là il y a quand même quelque chose d'assez fort et qui me semble essentiel à souligner.

son assurance lui propose une somme d'argent en lui disant tu tuas tu t'es engagé pour ton pays et c'est important de le dire parce que il s'est engagé pour son pays il a été blessé trois fois pour son pays sur la troisième fois il a fa il a failli mourir trois fois il est retourné à chaque fois on a oublié de dire un truc c'est que lorsqu'il a été très blessé sur la dernière mission sa femme était enceinte et sa femme était enceinte c'està dire que il on parle aussi de on parle de résidence mais on parle évidemment de sans enfant quel Quel est notre avenir ? On se bat pour notre avenir. Et lui, sa femme était enceinte.

Et là, on lui dit "Bah écoute, tu peux rester dans l'armée mais quelque part on peut avoir la tentation de dire service rendu et j'ai fait ma part, maintenant je m'occupe de ma famille, ce qui est possible." Et là, son est-ce qui sera pas une honte d'ailleurs pour qui sera pas une honte ? Exactement. son assurance lui dit est-ce que voilà si si vous restez dans l'armée mais que vous êtes réformé on vous donne 514000 € il gagne 2500 € à la louche et il répond on ne refuse pas l'honneur de se battre pour son pays et il y retourne. aujourd'hui dans le monde moderne, incroyable dans le monde moderne qui avec 2500 € par mois crache sur 500000 balles alors que il avait déjà été blessé deux fois.

Donc la troisième fois, il s'est fait ranimer trois fois qu'on est chargé de famille qui pour faire les chiffres 514000 balles c'est 16 ans de salaire. Ah là là. Voilà.

pas et il y retourné là il y retourné et il est encore ce qui est fou c'est que malgré ses jambes il est encore debout et il court aussi bien que n'importe qui he c'est impressionnant ex et là en exemple de force morale pour aller se battre résilience pour y retourner et se battre pour l'avenir de son pays et de sa famille on est sur un vrai chevalier des temps modernes est-ce que retour d'une mission tu as eu un un un syndrome post-traumatique un moment où psychologiquement tu étais plus atteint par une mission comprendre que d'autres ou est-ce que tu as eu tu es passé à travers les mailles du filet sur ça ?

Alors [grognement] assez étonnamment, on on pourrait croire que oui ou je suis je suis pas certain d'en avoir un caractérisé à mon avis j'en ai pas d'un point de vue médical. tu peux être touché sans avoir un PTSD dans ce que j'écris dans mon lit qui est assez vrai euh c'est que quand on pose cet acte moral d'accepter de mourir, de voir ses amis mourir ou parfois de neutraliser un ennemi avec les images qui vont avec ou de sauver un otage ou de voir des blessés, ça blesse l'âme au plus au plus profond. Et ça c'est quelque chose qu'on doit porter à vie et le plus dur c'est d'en cicatriser.

Moi tu vois jeccis dans mon livre les trois dimensions qui m'ont permis de cicatriser et qui font entre guillemets ma ma force morale c'est ma famille parce que quand je reviens je suis pas tout seul et ça c'est important. Elle me permet de tenir. La famille c'est une petite société hein. C'est voilà c'est ma foi parce que quand on parle d'un homme les Grecs le disent même c'est corps, âme esprit. [musique] Mais si l'âme elle ne peut pas cicatriser, ben c'est une sorte de destruction interne et évidemment c'est mon attachement au pays parce que si j'appartenais pas à un ensemble qui est plus important euh ça ça n'aurait pas de sens d'aller donner sa vie pour pour autre chose.

[grognement] Il il paraît que ceux qui ont fait la guerre nous on se rend pas compte tant qu'on l'a pas fait mais il y a évidemment ce que tu vois il y a un truc qui est inimaginable pour nous c'est peut-être aussi ce que tu entends. Ouais. Est-ce qu'il y a un bruit que tu n'oublieras pas de la guerre ? Il y a deux choses que j'oublierai pas. C'est les bruits, les odeurs. Parce que finalement la vue, on peut toujours arriver, tu sais, à mettre un filtre. Aujourd'hui, on met des fils sur les images. On arrive à à convaincre son cerveau qu'une image reste une image.

Le bruit, je sais pas, il y a une mémoire auditive où tu as par exemple, c'est marrant mais parfois quand tu as des feux d'artifice au 14 juillet ou des trucs comme ça, c'est pas quelque chose qui me qui me qui me débloque une une réaction psychique, mais j'ai une petite Ah ok, non, c'est bon, c'est le 14 juillet. Il y a toujours une le bruit des balles, les vidéos que tu as montré là, j'ai l'impression d'y retourner, tu vois. Mais je vis avec très bien.

Et les odeurs aussi, tu as les euh je sais pas si je vais le décrire parce que c'est quelque chose qui est qui est hyper fort et tu vis avec en fait quand tu as quand tu la partie cadavérique, les la poudre, le c'est des choses qui sont qui restent à vie marqué et sans un environnement stable, il est difficile de s'en remettre. page 159 dans ton livre pour terminer, tu écris défendent notre pays jusqu'au sacrifice de leur vie, ils forcent l'admiration et je peux affirmer qu'avec de tels rempars, notre chère terre de France dispose d'un véritable d'une véritable coorte d'ange gardien. [grognement] Si le ciel venait à s'obscurciir, il nous apporterait de la lumière.

Ils sont le fer de lance de notre espérance et d'incarnation de ce que de ce qui n'est plus la gratuité du don de soi. Tu parles de chevalerie là. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ? quelque chose d'assez d'assez éloigné pour beaucoup de gens. Aujourd'hui, tu sais, on est on est on est dans une situation où on cherche touche un peu des exemples de vie pour des héros pour essayer de se de se transcender, de viser quelque chose. Et dans notre culture en France, on a toujours été on a tous appris plus jeune les histoires de de chevalier et cetera.

Et c'est pas tellement les comptes et les légendes qui sont importants, c'est qu'autrefois dans l'histoire, la chevalerie, elle était adressée à tous. Aujourd'hui, on a cette cette situation un peu galvodée où on a l'impression que c'est une situation héritée. Sauf que ce n'est pas vrai. La chevalerie originelle, tout le monde y était appelé. Et le plus dur, ce n'est pas d'en être digne, [musique] c'est de maintenir et derrière de servir les plus faibles.

Et aujourd'hui, finalement quand tu regardes les opérations spéciales, tu as soit un rapport du fort au faible, c'est-à-dire quand tu vas libérer un otage, c'est tu prends le meilleur guerrier possible, le plus sélectionné pour donner sa vie, pour aller chercher le plus petit, le plus en délicatesse à l'autre bout du monde. Ou alors c'est du rapport du fort au f ça. tu prends le meilleur chez toi, l'opérateur force spécial pour aller derrière les lignes ennemies dans une situation complètement dans une guerre dit totale.

Ce qu'on a pu voir pendant la Seconde Guerre mondiale par exemple où tu vas aller neutraliser un chef et ça en fait au au prix de leur vie tuenvoies les meilleurs pour faire ce qui peut sauver ton pays à un moindre coûpt parce que le perdre une division de plus de 1000 bonhommes, tu vas peut-être perdre 15 bonhommes. Est-ce qu'il y a des choses que tu ne pourras jamais raconter ? Je pense qu'on aime tous avoir un petit un petit jardin secret.

[rires] Je sais pas s'il raconterai jamais parce que au plus profond de mon âme, j'ai envie d'une chose, c'est d'arriver à transmettre pour que ma famille, notre pays au sens large se reconstruise de la meilleure des manières et reste dans la bonne dans cette dans cette force qui nous incarne tous depuis les débuts de notre histoire avec un grand tâche et il y a des choses que tu gardes si tu veux. On a tous ces histoires là en nous plus ou moins graves suivant nos métiers mais c'est pas les bons moments pour les sortir. Il faut il y a toujours un moment pour pour transmettre. Il faut aussi pour enfin et puis personnellement il y a des choses aussi à digérer.

Il faut il faut il faut attendre un petit peu avant de d'écrire. Voilà. Qu'est-ce qu'un homme qui a vu la guerre de si près comme toi, c'est que les autres ne savent pas, que la vie ça a pas de prix et que la liberté aujourd'hui, on imagine que tout s'achète et en fait on se rend compte, j'ai une petite une anecdote que qui m'est arrivé assez récemment.

Je je parlais à la chaîne d'un d'un messe militaire, donc c'est un restaurant en entreprise entre guillemets, la cantine la cantine et puis je à côté de moi, à côté du du plateau, j'ai j'avais un sénateur parce qu'on [grognement] avait des échanges avec le monde politique et euh en se marrant, il regarde mon plateau en me disant "Ah mon colonel, vous allez pas avoir assez de points." Enfin, les points c'est pour payer à la chaîne pour payer votre plateau. Je dis "C'est pas grave, je payerai." Il me dit de toute manière rien n'est gratuit. Je dis vous savez monsieur le sénateur si je meurs demain c'est gratuit. Il était sillé il m'a dit oui tu as raison.

En fait aujourd'hui sans doute l'une des choses qu'on le sait le plus les militaires surtout qui connaît la guerre c'est la gré la gratuité du don de soi et c'est quelque chose qui a plutôt disparu ou qui est plutôt mis à la marge dans notre monde où c'est plutôt la rentabilité qui pilote. Mais si un de tes enfants te dit "Demain, je veux rentrer au CPA10, je veux rentrer au force spécial", qu'est-ce que tu lui dis ? [souffle coupé] Je pense que je serais hyper fier. Hyper fier parce que c'est pas tellement ce qui ce qui me toucherait, c'est pas ce qu'on pourrait croire. Il il fait comme son père.

C'est qu'il a compris le sens de servir son pays et quand on dit force spécial CPAD alors je serais très content qu'il a au CPAD mais je serais aussi hyper content s'il allait au premier Pays chez les commandau marines servir son servir son pays même au sens large dans un dans un beau régiment en fait servir son pays c'est quand même quelque chose qui est qui n'a pas de prix et qui incarne euh ce que la nation a le plus cher c'est des des jeunes gens qui sont prêts incarnés par leur force morale à défendre la liberté dont nous jouissons aujourd'hui nous sur ce plateau. Tu regrettes pas d'avoir choisi cette voie de dans l'armée militaire chef de guerre ?

Je je regrette tellement pas que je me suis jamais posé cette question. Je je j'ai l'impression d'être vraiment je suis à ma place. À la place c'est j'accomplis ma vocation à cœur ouvert. Voilà récit d'un commando du CPA10 les amis chez Maruil édition. Vraiment si vous avez envie de lire un livre et vous regardez cette émission, sachez que vraiment c'est un des livres que j'ai le plus aimé lire depuis vraiment très longtemps. J'ai même pas souvenir d'avoir eu les larmes aux yeux. Vraiment, j'ai j'ai je l'ai dévoré le livre, c'est même l'expression.

il est très abîmé parce que je l'ai je l'ai j'ai vraiment feuilleté, j'ai noté, j'ai essayé de prendre un maximum d'extrait dans cette émission qui a été très courte, vous l'avez vu. Euh on a pris longtemps de tournage parce que il fallait qu'on raconte beaucoup d'anecdotes et en réalité, on aurait pu durer vraiment deux fois plus longtemps. Euh ça sera l'occasion de se revoir et de faire peut-être d'autres vidéos ensemble plus tard. Toi, tu es encore au fort spécial, encore au CPA10. En tout cas, je vous mets le lien si vous voulez commander ce livre, c'est important.

Si vous voulez l'offrir à quelqu'un qui cherche aussi à en donner une vocation qui a envie même pas forcément d'être militaire mais en tout cas juste d'entendre des messages. J'ai trouvé très motivant ce ce livre. Je pense que c'est motivant au sens noble du terme. C'est que c'est pas forcément pour faire l'armée moi que j'ai lu déjà c'est pour te recevoir mais c'est en plus j'ai trouvé ça magnifique dans de sentir un peu cette flamme. Tu sais que parfois on cherche ce qu'on a envie de faire, on cherche des exemples des héros. Ben, je crois qu'on a un un peu de réponse avec des photos dedans. Je vous le disais, on a rigolé tout à l'heure. C'est dès qu'on Moi, j'adore.

Dès que je prends un livre, je regarde tout de suite les photos pour voir un peu ce que je vais trouver dans le livre. Voilà, je vous mets le lien les amis, vous pouvez cliquer directement sous la vidéo dans la description YouTube et puis en podcast audio, peu importe sur quelle plateforme vous nous suivez, il y a marqué description en dessous de l'épisode. Vous pouvez retrouver directement le lien pour commander le livre, vous l'aurez chez vous. Merci en tout cas Charles. Euh Charles d'Azera, c'est c'est ton pseudo mais c'était un plaisir de t'avoir. Merci Guillaume, j'étais ravi.

Euh c'était un plaisir de t'avoir avec nous et j'espère que tu as apprécié aussi le moment parce que tu fais pas d'interview, tu c'est pas ton métier. Euh en tout cas merci à toute l'équipe, merci à à l'armée qui nous a autorisé au général des forces spéciales, ce qu'on appelle le GCOS et puis le chef d'étatmajor des armées d'avoir validé le fait de pouvoir mettre des vidéos d'illustration. C'est vraiment la première fois, c'est inédit de voir des vidéos comme ça de l'armée française. Donc merci beaucoup à tout le monde. Euh, merci à toute l'équipe d'avoir préparé cette émission avec moi. Mar Street qui a beaucoup travaillé aussi sur la préparation. Je vous embrasse fort.

On se retrouve de toute façon trois fois par semaine, le mercredi, le vendredi et le dimanche sur les gens. Ciao tout le monde.

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Non speech

[musique] [musique]