L'intégrale du lundi 22 septembre
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce lundi 22 septembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Nouvelle semaine de discussion pour Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement et sans accord de non-censure. Que va faire le Rassemblement national qui détient une grosse clé du maintien du Premier ministre ? Dans une demi-heure, nous recevrons le porte-parole du Rassemblement national, Laurent Jacobelli, et puis le socle commun est-il uni ? Derrière, le Premier ministre. Gabriel Attal a fait sa rentrée hier avec un discours aux airs de campagne présidentielle.
Est-il en train de dissoudre le macronisme ? On en débat dans une heure avec Yves Tréard et Mathieu Souquier. Emmanuel Macron va reconnaître ce soir l'État de Palestine. Et dans son sillage, neuf autres pays font de même. A-t-il réussi son pari diplomatique ? Le sénateur socialiste Rémi Féraud sera avec nous dans quelques minutes. Et puis à la une de nos régions, les pêcheurs français, qui étaient réunis ce week-end à Boulogne-sur-Mer. Le premier port de pêche nous seront sur place. Pour dresser le bilan. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Alexandre Poussard. Bonjour Yann.
Et à la une de ce lundi 22 septembre, Emmanuel Macron qui va donc reconnaître l'État de Palestine. Le président de la République fera un discours ce soir à New York, devant l'Assemblée générale des Nations Unies, à 21h, heure française. La France va reconnaître l'État palestinien. Elle devrait être suivie de neuf autres pays. Emmanuel Macron a assuré néanmoins que la présence d'une ambassade de France en Palestine était conditionnée à la libération des otages du Hamas. Le Sud-Est frappé par de fortes intempéries. De fortes pluies et de violents orages ont touché hier plusieurs départements du Sud-Est, et notamment les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var.
Dans certaines communes, 10 centimètres de précipitation sont tombés en à peine une heure. Et parmi les départements touchés, vous le disiez Alex, il y a le Var. On retrouve sur place Guilhem Rikavi. Bonjour Guilhem. Merci beaucoup d'être avec nous, Guilhem, directeur éditorial de Var Matin. Des trombes d'eau qui se sont abattues dans votre région en très peu de temps. Oui, effectivement, vous avez raison de le dire. C'est véritablement des trombes d'eau qui sont tombées ici sur le Sud-Est. Ça a débuté du côté du Gard, où la fériade d'ailleurs a été annulée hier après-midi.
Et puis, ça a été au tour de Marseille, où là aussi, des dizaines et des centaines et des milliers de litres d'eau sont tombés sur la ville, provoquant notamment des éboulements du côté du quartier de l'Estac, provoquant des images incroyables sur le vieux port qui a véritablement débordé. Et puis, ce fut le tour du Var à partir de 20h30, et notamment du côté de Toulon et du Stade Mayol, où la rencontre de rugby entre Toulon et le Stade de La Rochelle devait avoir lieu. Cette rencontre a d'abord été reportée d'une demi-heure. Le coup d'envoi a été reporté. Et puis, finalement, il a fallu se rendre à l'évidence. Le match n'a pu avoir lieu. Le terrain a été inondé.
Et donc, ce sont des milliers de supporters qui se sont retrouvés dans le désarroi, devant quitter le stade, mais étant coincés à l'intérieur en raison des rivières qui étaient apparues dans les rues autour. D'autres quartiers de Toulon ont été touchés. C'est le cas du côté de la Rode. Et puis, également du côté du Pont-du-Las, où on a vu des seignes dignes des inondations de Valence en Espagne, avec des voitures qui flottaient au milieu de la rue. Donc, situation très compliquée dans le Var, notamment en matière de transport, puisque les trains ont été à l'arrêt. Beaucoup d'axes routiers ont été fermés. Et ce matin, l'heure est au bilan. Un bilan humain, pour l'instant, sans conséquences.
Pas de décès a priori à déplorer, mais des dégâts matériels sans doute très importants du côté de Toulon, mais aussi à l'est, à Saint-Raphaël et à Saint-Tropez, où là aussi, la pluie est tombée massivement en fin de soirée, jusqu'à à peu près à une heure du matin. Merci beaucoup. Merci, Guilhem, pour ces précisions. On vous retrouve dans quelques minutes avec le sénateur Rémi Férault. Et on regarde la une de Var Matin, le cataclysme. C'est à la une de votre journal avec ses photos d'inondations. Alexandre, Gabriel Attal a fait sa rentrée politique hier.
Oui, le président du Parti Renaissance était en meeting hier à Arras, dans le Pas-de-Calais. Il a appelé à moderniser notre vie démocratique avec davantage de recours au référendum. Et Gabriel Attal prépare déjà la présidentielle de 2027.
Car dans un an et demi, en 2027, aura lieu l'une des élections présidentielles les plus importantes de l'histoire de notre pays. Et je le dis comme je le pense. Il serait criminel de ne pas préparer le projet que notre famille politique devra présenter aux Français le moment venu. Et donc, j'assume, oui, j'assume, que nous préparions dès aujourd'hui un projet de changement profond pour les décennies à venir. Ce changement profond, ce changement profond, comme une lumière au bout du tunnel de l'impuissance publique dans laquelle nous sommes plongés depuis un an. Michel Barnier arrive en tête de la législative partielle à Paris.
L'ancien Premier ministre a récolté 45% des voix dès le premier tour de cette élection législative partielle dans la deuxième circonscription de Paris qui regroupe les cinquièmes, sixièmes et septièmes arrondissements de la capitale. Dimanche prochain, il affrontera au second tour la socialiste Frédérique Bredin qui a obtenu, elle, 31% des voix au premier tour. C'est l'ouverture aujourd'hui du procès Jubilard.
Oui, Cédric Jubilard est accusé du meurtre de sa femme Delphine disparue en décembre 2020. Son corps n'a jamais été retrouvé. Beaucoup d'indices semblent accuser Cédric Jubilard même si ce dernier n'y l'est fait. Un procès hors normes qui s'ouvre ce lundi à Albi dans le Tarn.
Joël Gariot démissionne de son poste de sénateur.
Oui, le sénateur de Loire-Atlantique
a écrit au maire de son département pour leur annoncer qu'il quittait ses fonctions au bout de deux ans de mandat. Selon les informations du groupe Ouest France, Joël Gariot dément tout lien entre cette démission et sa mise en examen pour tentative de soumission chimique de la députée Sandrine Jossot en vue d'une agression sexuelle. Les faits se sont déroulés il y a deux ans. Son procès est prévu le 27 novembre. Et puis près de 24 000 visiteurs se sont rendus au Sénat pour les journées du patrimoine.
Oui, les portes du Palais du Luxembourg étaient ouvertes au public ce week-end pour les journées européennes du patrimoine et une année particulière pour le Sénat qui fête ses 150 ans dans la République. Merci Alexandre. A tout à l'heure. On va revenir sur ces actualités avec vous. Rémi Ferrou, bonjour. Merci d'être avec nous, sénateur socialiste de Paris. Vous êtes l'un des spécialistes du budget ici au Sénat. On va évidemment en parler. Mais d'abord, on va regarder les unes de la presse régionale. On a sélectionné trois titres.
D'abord la une de l'Est républicain, Palestine, le geste fort de Macron, la France et une dizaine d'autres pays qui vont donc reconnaître ce soir la Palestine aux Nations Unies. La deuxième une, c'est celle de la Charente libre. Du pain frais, 7 jours sur 7, à la justice de trancher le tribunal de Poitiers qui devra dire si les boulangeries de Charente peuvent ouvrir 7 jours par semaine contre 6 actuellement. Et puis la dernière une, c'est celle de la Provence. Et ce très beau titre orage et désespoir au MPSG reporté à ce soir 20h en raison des pluies diluviennes qui ont frappé Marseille hier soir. De quelle une avez-vous envie de parler ?
Évidemment, un jour comme aujourd'hui, de la première, celle de l'Est républicain. Parce que c'est un fait historique que la France, avec d'autres pays d'ailleurs, reconnaissent l'État de Palestine. Et moi, qui n'ai jamais été un soutien du Président de la République, je veux saluer cette décision et cette démarche du Président de la République. Il a réussi un pari diplomatique, selon vous ? Certainement, puisque d'autres pays, et notamment la Grande-Bretagne, le Canada, l'Australie, accompagnent la France dans cette démarche. La France n'est pas isolée. Donc oui, c'est un progrès démocratique qui a un objectif, de permettre une solution à deux États.
à un moment où le risque, notamment d'annexion de la Cisjordanie, d'expulsion des Gazaouis de la bande de Gaza, est extrêmement fort. Et je salue aussi la démarche qu'a eue Anne Hidalgo, la ville de Paris hier soir, d'afficher sur la tour Eiffel, non pas un seul drapeau, mais les deux drapeaux, celui d'Israël et celui de la Palestine, en même temps. C'est le symbole que nous voulions envoyer. – Et on va revenir sur cette question des drapeaux, et notamment cette initiative d'Olivier Faure qui fait polémique, mais pour revenir sur la reconnaissance de la Palestine. Est-ce que c'était le bon moment ? Est-ce qu'il n'aurait pas fallu attendre le démantèlement du Hamas ?
– Le président de la République, je crois, avait dit il y a quelques mois qu'il fallait d'abord que les otages soient libérés et que le Hamas soit totalement désarmé. Et d'ailleurs, il n'a pas reconnu la Palestine à ce moment-là. Il a estimé qu'aujourd'hui, il n'était plus possible d'attendre. Je crois qu'il avait raison. – Mais pourquoi ? Alors que ces deux conditions ne sont toujours pas remplies. Il y a toujours des otages au moins du Hamas, et le Hamas n'est pas démontré. – Mais en raison de la folie meurtrière de Netanyahou et de son gouvernement. Et je crois que tout le monde le comprend très bien.
Non, je crois que ça aurait été une erreur aujourd'hui de ne pas le faire et qu'il a raison de le faire dans le cadre de l'Assemblée générale de l'ONU. Et après un travail diplomatique qui permet à un autre membre du Conseil de sécurité de l'ONU, c'est-à-dire la Grande-Bretagne, d'être sur la même position que la France et à d'autres grands pays, on peut penser au Canada, d'être sur cette position. – Derrière les mots, qu'est-ce qui va se passer concrètement ? Est-ce que selon vous, un État palestinien peut voir le jour tant il semble clair que Benyamin Netanyahou fait tout pour l'en empêcher ?
– Bien sûr qu'il ne verra pas le jour demain tel quel, mais l'erreur, ça aurait été de ne pas avancer sur cette voie, de protéger la perspective d'un État palestinien. – Mais pour le moment, ça ne restera que des mots ? – Probablement, mais l'inverse aurait fait que les faits auraient été rendus peut-être davantage impossibles. Je vois bien les menaces, le chantage de Benyamin Netanyahou, mais avec ce genre de dirigeants politiques extrémistes, il ne faut jamais céder à leur chantage et à leurs menaces.
– Reconnaître l'État de Palestine le jour de la fête juive de Rochachana, ça aussi, ça fait débat au sein de la communauté juive, est-ce que ce n'est pas un mauvais signal qui leur est envoyé ?
– C'est le moment de l'Assemblée générale de l'ONU,
donc ne confondons pas tout. Je sais par ailleurs l'inquiétude des Juifs de France et je la comprends et je la partage. J'ai vu qu'après avoir manqué à participer à la manifestation contre l'antisémitisme, le président de la République a eu des propos extrêmement clairs sur l'antisémitisme récemment, comme il l'a d'ailleurs toujours eu. Ne confondons pas les choses et ne mélangeons pas le religieux, le politique. Ça n'est pas Emmanuel Macron qui a choisi la date de l'Assemblée générale de l'ONU, je ne veux pas faire de lien entre les deux. – Olivier Faure, on en parlait il y a quelques instants, demande à Emmanuel Macron d'autoriser les drapeaux palestiniens sur les mairies aujourd'hui.
On va retrouver Guilhem Rikavi pour en parler, directeur éditorial de Varmatin. Guilhem, alors que la polémique hanfe sur les drapeaux palestiniens, il y a une autre affaire de drapeaux qui avait défrayé la chronique dans le sud. C'était à Nice il y a quelques mois. – Oui, effectivement, parce que Christian Estrosi, maire de Nice, lui n'avait pas mis des drapeaux palestiniens au balcon de son hôtel de ville, mais des drapeaux israéliens. Il avait tenu tête au préfet des Alpes-Maritimes qui lui demandait de les supprimer. Il l'avait d'ailleurs finalement fait.
Est-ce que pour vous, c'est une provocation de la part de Christian Estrosi d'avoir affiché comme cela un soutien très fort à Israël en mettant en place ces drapeaux ? – Christian Estrosi, je crois, a affiché le drapeau israélien après les attaques terroristes du Hamas. Et nous-mêmes, à Paris, nous avons projeté le drapeau israélien pour marquer notre solidarité face au terrorisme. Non, ce n'est pas une provocation. Et aujourd'hui, quand on affiche un drapeau sur une mairie, qui n'est pas le drapeau de la République française ou le drapeau européen ou le drapeau de la Commune, c'est qu'on veut envoyer un signal politique.
Et le signal politique qu'il faut envoyer aujourd'hui, je crois, celui qui est juste, c'est la défense d'une solution à deux États, la préservation de cette perspective. Et donc, c'est d'afficher les deux drapeaux. – Donc, vous nous dites qu'Olivier Faure, il n'aurait pas dû seulement demander d'afficher le drapeau palestinien. Il aurait dû dire, il faut afficher les deux drapeaux au fronton des mairies. – Mais évidemment, parce qu'en plus, c'est notre identité politique de socialiste. Vous savez, aujourd'hui, il y a le président de la République qui va dire que la France reconnaît l'État de Palestine. Vous voyez les soutiens du président de la République ?
Vous les entendez s'exprimer en soutien à cette position ? Non. Et vous avez, d'un autre côté, Jean-Luc Mélenchon qui court dans une espèce de dérive qu'il ne faut pas suivre non plus. Donc, il faut que les socialistes puissent affirmer cette position qui a toujours été la nôtre et l'affirmer avec force. Les deux drapeaux pour une solution à deux États, pour deux peuples qui ont le droit de vivre en sécurité et en liberté. Même si la situation est extrêmement grave aujourd'hui, il faut maintenir cette perspective. Et c'est aux socialistes de le faire en France. Comment vous l'avez prise, vous, à Paris, la décision d'afficher les deux drapeaux ?
C'est une décision qui s'est prise en Conseil de Paris ou c'est une décision d'Anne Hidalgo ? C'est une décision d'Anne Hidalgo et j'avais échangé avec elle sur cette décision et je crois que c'est la bonne décision. Je crois d'ailleurs qu'elle a été très bien comprise. Évidemment, la Tour Eiffel est un symbole qui sera vue dans le monde entier. Guilhem, à Marseille, on parle également de drapeaux aujourd'hui.
Oui, effectivement, c'est une initiative du président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, qui ce matin a décidé, lui, de pavoiser le bâtiment du Conseil régional, non pas avec des drapeaux israéliens, non pas avec des drapeaux palestiniens, mais avec une vingtaine de drapeaux tricolores. Là aussi, il faut y voir un symbole. Est-ce que ce n'est pas d'ailleurs la bonne solution de réaffirmer ce qu'est la France à ce moment-là ? Je ne sais pas en quoi vingt drapeaux changent par rapport à un. Je n'ai pas de commentaire à faire. J'ai envie de vous dire. Chacun envoie le message qu'il souhaite envoyer.
Et je crois que chaque mairie, chaque institution locale, régionale peut aussi faire ses choix. Moi, je suis fier du choix qu'a fait Paris. Que vont faire d'autres ? J'ai vu que Karim Bouamran à la mairie de Saint-Ouen avaient pris la même décision, affiché les deux drapeaux aujourd'hui. Merci beaucoup, Guilhem Rikavie. Merci d'avoir été avec nous ce matin et à très vite. On va passer à la politique avant de parler du budget dans quelques instants. Est-ce que vous souhaitez qu'un accord soit trouvé avec Sébastien Lecornu ou est-ce que la censure du PS dès le discours de politique générale est quasiment inéluctable ? Elle est probable. Mais attendons le discours de politique générale.
Pour le moment, vous savez ce que Sébastien Lecornu va faire, va dire « Moi, je n'en sais rien. » C'est le grand silence. Donc, il y aura une déclaration de politique générale au début du mois d'octobre. Sébastien Lecornu a annoncé une rupture. Quelle rupture ? Si les orientations qu'il annonce correspondent notamment à ce que nous avons demandé, proposé dans le contre-budget du Parti socialiste, alors il y a des possibilités. Je reste franchement très sceptique. Tout le monde est... Mais est-ce que le PS va tout faire pour trouver un accord ou pas ? Non, non. C'est à Sébastien Lecornu de tout faire pour trouver un accord. C'est à Sébastien Lecornu.
Nous, nous avons montré notre responsabilité au mois de février dernier pour que la France ait un budget. C'est François Bayrou qui n'a pas tenu ses engagements, notamment sur la réforme des retraites. C'est... N'inversons pas les rôles. C'est au Premier ministre de remplir les conditions d'un accord possible. Je reste très sceptique. Et même s'il y a dialogue, ça n'empêchera pas une censure. Et au cœur des discussions, il y a le budget. Le Parti socialiste qui demande l'abandon du budget Bayrou et a formulé ses propositions. Et c'est l'objet de votre éclairage, Alexandre. Le Parti socialiste qui défend donc en cette rentrée un contre-budget avec plusieurs propositions.
Qu'est-ce qu'on peut en retenir ? Alors d'abord, ce contre-budget socialiste propose au total un effort budgétaire de 21 milliards d'euros, une baisse du déficit de 21 milliards d'euros. C'est moins que les 44 milliards d'euros qui avaient été proposés cet été par François Bayrou. Les socialistes veulent étaler dans le temps la baisse de notre déficit pour qu'il atteigne 3% de la richesse nationale d'ici à 2032 et pas en 2029 comme c'était proposé par l'ancien Premier ministre François Bayrou.
Les socialistes proposent d'abord des mesures sociales pour le pouvoir d'achat, une augmentation de 900 euros par an pour les salaires nets en dessous de 2 000 euros par mois, une mesure financée par une baisse de la CSG et puis les socialistes entendent abroger la réforme de la retraite à 64 ans et revenir à un âge de départ à 62 ans. Rémi Ferrault, la suspension de la réforme des retraites à 64 ans, est-ce que c'est une condition des socialistes pour ne pas censurer Sébastien Lecornu ou est-ce que vous dites que ce sera réglé à la présidentielle 2027 ? Non, c'est une condition pour ne pas censurer.
Nous nous sommes attachés à la justice fiscale, à un effort pour le pouvoir d'achat, à la défense d'un modèle de protection sociale, au soutien aux services publics, à la transition écologique du pays, volontariste, vous avez vu encore les pluies diluviennes en Provence, elles sont liées au réchauffement climatique. Il y a une perspective politique derrière le contre-budget que nous avons proposé. Nous avons fait des propositions avec notamment une trajectoire budgétaire plus juste et plus réaliste, plus raisonnable. Nous verrons bien si Sébastien Lecornu y répond totalement, en partie, presque pas du tout, pas du tout.
Je ne suis pas très optimiste, mais franchement, dans l'État où est le pays, dans les risques qui pèsent sur nous, il faut suspendre cette réforme des retraites. Et d'ailleurs, une grande majorité des Français y sont favorables et puis il y aura une élection présidentielle dans un an et demi. Donc, cette suspension de la réforme des retraites, oui, évidemment, ce serait un geste extrêmement fort. Je crains que ce soit surtout une ligne rouge pour les soutiens de droite de la majorité présidentielle qui n'est pas majoritaire. Et dans ce contre-budget socialiste, il y a aussi des mesures de justice fiscale. Oui, notamment la taxe Zuckman dont on parle beaucoup en ce moment.
La taxe Zuckman, on le rappelle, c'est le prélèvement de 2% sur les patrimoines qui sont supérieurs à 100 millions d'euros. Cette taxe permettrait de rapporter 15 milliards d'euros dans les caisses de l'État. Et cette taxe pourrait viser la valeur des actions possédées par certains dans une entreprise. Et donc, du coup, le bloc central n'en veut pas. Écoutez sur ce point le sénateur centriste Vincent Capocanelas qui était sur ce plateau la semaine dernière. Je ne crois pas du tout à la taxe Zuckman parce que ça serait porter atteinte finalement à la propriété des entreprises
et ça ne fonctionne pas. Il faut trouver des solutions qui soient robustes économiquement. Le pays doit faire des efforts.
Il faut qu'il soit bien réparti.
Mais attention, ce n'est pas en fiscalisant en outrance qu'on y arrivera non plus.
Rémi Ferrault, vous entendez cet argument du bloc central avec cette taxe Zuckman ? Vous allez déposséder les entrepreneurs de leurs entreprises.
Oui, tout le monde sait que ça n'est pas vrai et qu'il existe un sujet on a beaucoup parlé de Mistral sur l'hélicorne. Il faut trouver à répondre à cet enjeu-là mais à dire tout le temps que ça n'est pas possible d'avancer sur la voie de la justice fiscale et notamment d'une meilleure participation des ultra-riches. Eh bien, c'est comme ça qu'on va dans le mur politiquement. Il y a une attente de justice fiscale. Mais est-ce que là, c'est possible autour d'une autre forme de taxation des ultra-riches que la taxe Zuckman ? Oui, mais il ne la propose pas et donc… Mais s'il vous propose autre chose, vous n'êtes pas arquebouté sur la taxe Zuckman ?
Mais ce n'est pas un totem mais on attend leur proposition. Pour le moment, on n'a rien vu. Ce sont les socialistes en effet qui ont porté cette proposition de la taxe Zuckman dans le débat public et c'est ça qui est extrêmement important, extrêmement positif et bien sûr que les Français sont attachés à la justice fiscale. Cette injustice fiscale qui est la marque de la politique macroniste depuis 2017, elle est arrivée au bout de son échec aujourd'hui. Et donc, il faut inventer de nouveaux outils. Emmanuel Macron avait supprimé l'ISF, nous nous proposons aujourd'hui la taxe Zuckman qui permet de prendre en compte l'augmentation délirante des inégalités de patrimoine.
Et c'est ça qui doit être une perspective pour le pays de justice.
Alors, dans ce contre-budget
socialiste, vous demandez également des efforts aux plus riches supplémentaires avec la flat tax, cet impôt unique sur les revenus financiers qui avait été créé en 2017 par Emmanuel Macron. Avec vous, il passerait de 30% à 32%. Vous prévoyez également un plan de lutte contre la fraude fiscale qui rapporterait 3 milliards d'euros. Et puis, ce contre-budget socialiste demande aussi un effort aux entreprises avec la suppression de certaines exonérations de charges patronales et la baisse de certaines aides aux entreprises. Par exemple, la niche fiscale dont bénéficie le secteur du fret maritime. Rémi Ferro, tous ces efforts demandés aux entreprises, est-ce que ce n'est pas le mauvais moment ?
Est-ce que ça ne va pas casser la croissance ? Mais, d'abord, ils ne sont pas toujours demandés aux entreprises. Alors, sur les suppressions
d'exonérations de charges, sur la suppression de certaines aides aux entreprises. Mais parce que nous sommes
allés trop loin en termes d'exonérations de charges sans condition et qu'il y a besoin de ressources pour notre protection sociale. On a vu au Sénat, dans un rapport, que les centaines de milliards d'aides aux entreprises, c'était un montant à la fois excessif et insuffisamment efficace parce qu'insuffisamment conditionné. Les efforts que demande le Parti socialiste dans son contre-budget, sincèrement, ils sont raisonnables, ils sont cadrés budgétairement. Il y a un chemin possible.
Donc ça ne va pas casser la croissance ?
Et ce n'est pas ça qui va casser la croissance. Ce qui casse la croissance aujourd'hui, c'est l'inquiétude des Français, c'est le risque d'une augmentation des impôts sur les classes moyennes et les plus modestes, c'est l'insuffisance en termes de pouvoir d'achat et donc de consommation. C'est ça aujourd'hui qui pèse sur la croissance ainsi que le manque d'investissement public. Et pour combler le trou de la sécurité sociale, qu'est-ce qui est proposé ? Les socialistes prévoient une baisse du déficit de la sécurité sociale de 4,6 milliards d'euros mais sans déremboursement de soins de santé.
Ce contre-budget demande un effort aux travailleurs les mieux payés avec pour ses salariés une baisse du cumul emploi-retraite, également une baisse des indemnités en cas de rupture conventionnelle et puis un plan de lutte contre les addictions à col, alcool, drogue, sucre, un plan qui est censé également améliorer les comptes de la sécurité sociale. – Merci Alexandre. Rémi Ferrault, François Bayrou, il avait fixé l'effort à 44 milliards. Hier, dans Le Parisien, Yael Brunpivet dit on peut trouver un compromis autour de 35 milliards. C'est votre avis ? – Déjà, ça diminue mais ce n'est pas un problème de discussion de marchands de tapis.
Ce n'est pas un problème seulement de montant de l'effort. C'est comment il est réparti. Et puisque, aujourd'hui, il faut faire des efforts, eh bien il faut d'abord demander ces efforts à ceux qui ont bénéficié de la politique fiscale d'Emmanuel Macron puisqu'elle n'a pas rempli ses objectifs en termes de redistribution. C'est assez simple. Je crois d'ailleurs que tous les Français, enfin les Français très majoritairement, le comprennent et l'approuvent, y compris ceux qui ne votent pas pour le Parti socialiste ou à gauche. Il est temps de l'entendre. Donc, voilà, ce n'est pas 44, 37 ou 35, ce n'est pas le seul sujet.
Mais bon, je constate que plus personne ne trouve raisonnable visiblement ce que proposait en termes de réduction du déficit François Bayron. On va parler de Paris pour terminer d'abord cette législative partielle qui avait donc lieu hier. Michel Barnier, l'ancien Premier ministre, est arrivé en tête de cette législative devant le Parti socialiste qui l'affrontera au second tour. Le score vous laisse vraiment de l'espoir ? Cette circonscription, elle a été découpée par le gouvernement de François Fillon pour être ancrée à droite. Et d'ailleurs, François Fillon en a ensuite été le député. Il y a un deuxième tour.
La candidate de la gauche a fait, pour une partielle en plus, où la gauche s'était faible dans les dernières partielles, un score tout à fait honorable, je crois à peu près équivalent à celui de l'an dernier. Et dans le cinquième arrondissement, elle est nettement en tête. Il y avait trois arrondissements, 5, 6, 7, et le PS est arrivé en tête dans le cinquième. Tout à fait, le cinquième et le cinquième arrondissement. Tout dépendra de la mobilisation et moi, j'appelle les électeurs de gauche à se mobiliser pour le deuxième tour parce qu'évidemment, si la participation augmente, alors tout est possible. Vous étiez candidat au municipal à Paris.
Emmanuel Grégoire a remporté la primaire socialiste. Est-ce que vous ferez campagne en faveur d'Emmanuel Grégoire ? Oui, je l'ai dit dès le soir de la désignation d'Emmanuel Grégoire par les militants socialistes. peut rencontrer des échecs, avoir des déceptions en politique. Comment vous l'avez vécu, cet échec ? Avec déception, c'est normal, mais avec responsabilité aussi. C'est tellement important que Paris ne tombe pas dans les mains de la droite de Rachida Dati.
Et pour cela, je souhaite que la gauche sache se réunir, la gauche parisienne, de la majorité municipale actuelle autour de la candidature d'Emmanuel Grégoire et de celle notamment de nos maires d'arrondissement dans les arrondissements pour avoir un dispositif le plus efficace possible. Et moi, je contribuerai autant que je le peux avec mes convictions à cette victoire de la gauche l'année prochaine au municipal. Mais est-ce que pour ça, il faut s'allier dès le premier tour ? Je pense que l'alliance du PS, des Verts, des communistes et de places publiques notamment dès le premier tour nous permettra d'être plus efficaces. Donc oui, je le souhaite.
Mais elle vous paraît possible autour de qui ? Elle me paraît possible et elle n'est possible qu'autour du candidat socialiste. Tout le monde le sait. Et donc j'espère que ce rassemblement pourra se faire. Tout le monde n'a pas l'air de le savoir. Les écologistes préfèrent que ce soit autour de David Béliard, les communistes autour de Yann Brossard ? C'est normal. Mais depuis 2001, le maire de Paris est socialiste. Et c'est autour d'un candidat socialiste que nous pouvons être le plus efficaces. Il y a une légitimité. Et c'est moi qui le dis.
Donc voilà, moi je souhaite que ce rassemblement se fasse autour d'Emmanuel Grégoire pour Paris et autour de nos maires d'arrondissement sortant dans les arrondissements. Il y a des maires d'arrondissement socialistes, il y a des maires d'arrondissement écologistes, il y a un maire d'arrondissement dans le 20ème de place publique. Ce sont eux et elles qui peuvent porter le combat si nous sommes tous unis. Et puis évidemment que chacun et les socialistes devront faire des efforts pour la constitution de la liste parisienne. Mais voilà, ne perdons pas de vue l'essentiel. L'essentiel, c'est de l'emporter en mars prochain. Vous étiez soutenu par Anne Hidalgo.
Anne Hidalgo, dont les frais de représentation ont été révélés ces derniers jours et il passe mal, plus de 84 000 euros de vêtements de luxe financés par la ville entre 2020 et 2024, dont des robes Dior. Alors, on précise qu'il n'y a rien d'illégal, elle est restée dans l'enveloppe prévue par la loi, mais quand même, est-ce que ce n'est pas déplacé à un moment où on demande tant d'efforts aux Français de voir des robes Dior à plus de 6 000 euros achetés par la maire de Paris ? On dit des robes Dior, peut-être une, pour justement la représentation comme maire de Paris.
Ce sont des frais de mandat dont les montants n'ont rien à voir avec ceux des ministres, des secrétaires d'État ou des parlementaires. Donc, cette polémique est à la fois absurde, injuste, j'allais dire un peu dégueulasse, et qu'elle relève du pur populisme. Anne Hidalgo a respecté les règles pour des frais de mandat d'un montant de 20 000 euros, enveloppe votée par le Conseil de Paris, et si des robes de grands couturiers ont été utilisées par ces frais de mandat, c'est justement pour représenter Paris, et notamment pour mener la campagne qui a permis à Paris d'obtenir les Jeux de 2024.
Donc, moi, je suis indigné par cette énième polémique qui ne vise qu'Anne Hidalgo, alors que, évidemment, tous les responsables politiques de premier plan dans ce pays bénéficient de frais de mandat. On peut le contester éventuellement, mais pas en accuser Anne Hidalgo. Et Olivier Faure, le premier secrétaire de Parti Socialiste, n'est pas forcément de votre avis, Alexandre ? Olivier Faure, qui n'est pas tendre avec Anne Hidalgo,
même s'il reconnaît que la fonction de maire de Paris exige certains frais de représentation.
Et il y a certainement quelque chose entre le jean et la robe d'or. Voilà. Donc ? Ça veut dire qu'il y a des déontologues qui doivent être partout dans nos collectivités et qui doivent dire ce qu'il est possible de faire, ce qu'il est raisonnable de faire et ce qu'il ne l'est pas. Et parfois, peut-être, pour de grandes manifestations, se faire prêter des vêtements par ces grandes maisons qui ont intérêt, elles aussi, à ce que une présidente ou une maire ou une présidente de région ou de département s'habille et fasse honneur à la création française.
Qu'est-ce que vous voulez répondre ?
On peut toujours compter sur Olivier Faure. C'est affligeant.
Pas Nidalgo, visiblement. Visiblement. C'est affligeant. Notamment au moment où la gauche parisienne, les socialistes parisiens sont engagés dans un combat difficile et essentiel pour les prochaines élections municipales. Mais il a par raison de dire qu'il faut de l'exemplarité de la part des élus ? Mais 20 000 euros de frais de mandat par an encadrés utilisés justement pour représenter Paris. Je ne vois pas en quoi cela est contraire à l'exemplarité. Tout cela est un rideau de fumée monté par une officine d'extrême droite afin de créer une polémique. Les chiffres sont vrais, Rémi Ferrand. Oui, d'accord, mais ils n'ont aucun caractère problématique.
Tout cela vise à noyer la mise en examen pour corruption de Rachida Dafti. Vous pensez que la révélation de ces chiffres, ça vient de Rachida Dafti ? Mais ça vient de l'extrême droite. Et Rachida Dafti, tout le monde le sait et ça vise justement à noyer l'ensemble des polémiques et à oublier qu'il y a quelque chose de grave. C'est ça qu'aurait dit autour de Rachida Dafti, c'est ça qu'aurait dû dire Olivier Faure. Merci Rémi Ferrand, merci beaucoup d'avoir été notre invité. Alexandre, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale.
Oui, on parlera de l'ouverture ce lundi du procès de Cédric Jubilard accusé d'avoir tué sa femme Delphine Jubilard disparue en décembre 2020 et dont le corps n'a jamais été retrouvé. Merci Alexandre. Place à l'entretien Laurent Jacobéli, le porte-parole du RL nous rejoint. Bonjour Laurent Jacobéli. Bonjour. Merci d'être l'invité de cet entretien. Vous êtes député de Moselle, porte-parole du Rassemblement national. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane. Auriane, bonjour Laurent Jacobéli, bonjour. Bonjour.
Et c'est une nouvelle semaine de discussion qui attend Sébastien Lecornu. Laurent Jacobéli, est-ce que le Rassemblement national va censurer le Premier ministre dès le discours politique général ?
Eh bien, il faut poser la question à M. Sébastien Lecornu. Si M. Lecornu est le fidèle petit macroniste qu'on imagine et qui nous représente un budget en déséquilibre et pour essayer une fois encore de ponctionner les Français et de leur faire payer la mauvaise gestion de leurs dirigeants, alors ce sera sans nous et bien sûr sans lui. Par contre, s'il écoute les propositions du Rassemblement national, nous verrons bien s'il comprend enfin qu'il faut faire des économies sur cet État devenu obèse plutôt que de piocher dans les économies des Français, alors peut-être survivra-t-il à une censure ?
La réponse est dans son camp mais très honnêtement, imaginez que le clone d'Emmanuel Macron qui doit tout à Emmanuel Macron menera à une politique de rupture à Emmanuel Macron relève probablement plus de la chimère que de la réalité politique.
– Vous ne pensez pas capable de trouver un compromis autour du budget ? Vos lignes rouges ce seraient quoi ?
Vous parlez de compromis mais compromis avec qui ? – Avec le socle commun, avec le gouvernement, pour doter la France d'un budget ? – Mais doter la France d'un budget si c'est un mauvais budget n'est pas une bonne solution. S'il négocie avec le PS l'augmentation des impôts parce qu'on voit bien qu'il y a une espèce de radicalité fiscale qui s'est emparée aujourd'hui de nos gouvernants, si c'est pour ça ce sera sans nous. Si c'est pour travailler avec un gouvernement où on a à la fois des LR défroqués et des socialistes en mal de poste ministériel ce sera sans nous. Une fois encore si M. Lecornu comprend que notre pays n'a pas assez d'impôts mais trop d'impôts alors très bien.
S'il comprend que les Français sont aujourd'hui en manque de liberté liberté de circuler parce qu'ils n'ont plus la sécurité liberté d'investir de consommer parce qu'il y a trop d'impôts s'il comprend qu'il y a un manque de liberté et bien très bien s'il ne le comprend pas et qu'il réduit encore le champ des libertés des Français ce sera sans nous. Une fois encore c'est lui qui a la réponse.
– Il y a une nouvelle rencontre Nathalie Sébastien Lecornu ?
– Alors je ne crois pas je ne sais pas mais s'il y en a nous irons. Nous on a toujours discuté avec les premiers ministres qui se sont succédés on a toujours présenté nos contre-budgets nous sommes constructifs. Vous avez la gauche et l'extrême gauche qui veut tout casser tout détruire nous on veut préserver la France mais on veut notamment la préserver d'une mauvaise justice.
– Mais quand il a rencontré le Rassemblement National la semaine dernière est-ce que vous avez le sentiment qu'il cherche réellement un accord avec vous ou pas ?
– Mais non mais d'ailleurs il ne dit pas chercher un accord avec nous quand j'entends les macronistes alors macronistes au sens large ça va du PS au LR quand je les entends dire on va faire une petite soupe entre nous on va tripatouiller nos petits intérêts mais surtout on ne parlera pas au Rassemblement National et on ne les inclura pas dans la discussion faites votre soupe entre vous mais clairement
– Ce qui n'est pas vraiment ce qu'il a dit Sébastien Lecornu à la presse régionale
– Il a dit très clairement qu'il allait nous écouter il n'a pas dit qu'il allait nous entendre
– Est-ce que les mobilisations des 10 à 18 septembre ont changé quelque chose ou est-ce que c'est de nature à changer quelque chose il y avait du monde dans la rue est-ce que ça mérite d'être écouté comment est-ce que le Rassemblement National va se positionner par rapport à ça
– Non mais vous savez nous on est très clair les choses changeront par les urnes c'est pour ça qu'on a demandé à ce qu'il y ait une dissolution de l'Assemblée Nationale pour qu'enfin il y ait une majorité majorité Rassemblement National vous imaginez bien que c'est ce que nous portons comme projet pour qu'il y ait un Premier ministre Jordan Bardella issu de cette majorité et donc une cohérence où on prenne des réformes pour réduire de 18 milliards le coût de l'immigration c'est possible et c'est la dissolution maintenant
– Mais pardon mais qu'est-ce qu'il vous dit qu'en cas de dissolution vous aurez plus de majorité que vous n'en avez eu il y a un an ?
– Ah mais tout simplement parce que l'histoire du Front Républicain entre guillemets ne marchera plus on ne pourra plus expliquer à des électeurs sincèrement de droite qu'ils doivent mêler leur voix avec certains gauchistes ou certains antisémites tout simplement pour faire barrage au Rassemblement National – Vous aviez déjà dit ça
il y a un an et ça a marché le Front Républicain
– Gabriel Attal dont on se demande en ce moment s'il n'est pas un peu en toupie enfin il a oublié que son papa s'appelait Emmanuel Macron enfin il veut tuer le père assez jeune un peu trop vite peut-être Emmanuel M. Attal qui arrive et qui dit votez les filles pour faire barrage au RN franchement c'est honteux d'ailleurs ça prouve bien qu'il pensait qu'on aurait la majorité absolue à l'époque nous n'étions pas le seul à partager cette analyse donc une fois encore les choses s'étant empirées dans la gestion du gouvernement nous avons de plus en plus de légitimité à demander ce retour aux urnes et à incarner l'opposition
– Et quand ? Vous le voulez quand ce retour aux urnes ? avant la fin de l'année c'est-à-dire avant qu'on ait réussi à doter ce pays d'un budget ou est-ce que vous seriez prêt à attendre le début d'année prochaine par exemple ?
– Mais il faut le faire le plus vite possible
– Donc quitte à faire tomber le gouvernement en plein examen du budget
– Mais il faut un budget qui corresponde aux attentes des français il faut un budget à l'équilibre il faut un budget qui réduise la dette il faut un budget qui préserve l'épargne et le salaire et le pouvoir d'achat des français aujourd'hui on a un budget on connaît le budget c'est le budget Barnier 1 Bérou 2 le Cornu 3 c'est la même chose on change de virgule on repeint le titre d'un coup il est plus rosé d'un coup il est plus rouge parfois il est un peu plus orange enfin c'est toujours la même chose donc il faut un autre budget et je le redis il faut faire des économies sur un train de vie de l'État devenu complètement fou 250 milliards notez bien ce chiffre c'est l'explosion des recettes fiscales depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron 250 milliards 1200 milliards de dettes supplémentaires faites le calcul pourquoi ?
pour moins d'éducation moins de santé moins de sécurité il y a quelque chose dans l'équation qui ne va pas les français payent plus le service public diminue ça veut dire que l'argent est mal géré ça ne veut pas dire que les français dépensent trop
mais à combien vous estimez vous le chiffre des économies à faire ?
100 milliards 100 milliards on peut les trouver dans un budget annuel 18 milliards du côté de l'immigration 5 milliards du côté de la participation au budget européen des dizaines de milliards dans les frais de fonctionnement de l'État et les agences qui ne servent à rien le reste est à trouver dans la fraude fiscale et sociale 100 milliards mais c'est un budget de combat 100 milliards en une année sur un exercice ? par an bien sûr pas forcément la première année mais c'est tout à fait possible une fois encore
vous pensez pouvoir faire passer un budget à 100 milliards d'économies ?
mais pourquoi nous n'y arriverons pas si nous avons la majorité ? nous nous présentons un projet cohérent obtenir la majorité Jordan Bardella Premier ministre budget d'économie et quand je dis d'économie c'est d'économie de fonctionnement mais sûrement pas d'économie sur le pouvoir d'achat des français
je ne sais pas la semaine dernière Marine Le Pen à Bordeaux évoquait le fait que dans le programme qui était le vôtre il y avait à peu près 60 milliards d'économies
à disposition là vous dites 100 milliards à disposition puisqu'il faut à côté des économies faire marcher la machine aller chercher l'argent volé volé par ceux qui profitent de la Cistana et qui croient qu'en jouant à la Playstation toute la journée on peut gagner autant que quelqu'un qui va trimer aller trouver l'argent sur ceux qui fraudent la sécurité sociale la CAF le RSA etc et qui souvent d'ailleurs ne sont pas des gens qui sont en France depuis très longtemps toute cette fraude sociale et fiscale doit être aujourd'hui chassée mais de même que la fraude du haut celle de ceux qui jouent avec les règles fiscales pour échapper à l'impôt tout cela est une manne de ressources supplémentaires dans laquelle il faut aller chercher
Et ces 100 milliards vous ne craignez pas que ce soit une source ou une cause de récession pour le pays
il peut y avoir un impact sur l'économie Justement pas c'est le contraire ces 100 milliards je le répète ne vont pas être pris dans le budget des entreprises ne vont pas toucher les investissements des entreprises ne vont pas toucher les impôts des français une fois encore croire que la taxe Zuckman ou je ne sais pas quoi va aider le pays c'est l'inverse les entreprises ont besoin de liberté elles en ont marre de crouler sur les normes Est-ce qu'il faut taxer
les ultra-riches ? Vous êtes contre la taxe Zuckman mais est-ce que vous êtes pour une taxe sur les ultra-riches ?
On parle depuis 10 minutes maintenant du sort du pays on ne parle que de taxes il faut sortir de cette logique de la taxe il y a probablement des ajustements à faire probablement qu'il y a des niches fiscales qui ne servent à rien il faut faire l'inventaire et voir si à chaque fois qu'une mesure fiscale est prise elle a un impact positif ou négatif sur l'économie c'est un travail important à faire mais croire que la solution sera d'étouffer encore plus les entreprises de normer encore plus le travail des chefs d'entreprise est une folie ils partiront l'emploi diminuera ce dont on a besoin aujourd'hui c'est de croissance créer des emplois attirer des investisseurs et c'est comme ça que demain nous renfourrons les caisses sociales pas autrement liberté entendons ce mot liberté liberté d'agir liberté de penser liberté de consommer liberté il y a pourtant du côté de l'opinion
il y a un très fort mouvement il y a un plébiscite autour alors peut-être pas de la taxe d'Ukman mais en tout cas du principe ou de l'idée qu'il faudrait taxer les plus hauts revenus ou les plus hauts patrimoines y compris dans votre électorat est-ce que votre électorat
comprend le discours que vous tenez aujourd'hui ?
je crois qu'il y a deux choses dire que le riche entre guillemets et l'ennemi c'est une vision de gauche qui est tout à fait inaudible comme quand monsieur Bérou disait que les retraités étaient l'ennemi aujourd'hui des finances tout ça n'est pas audible on n'est pas à la chasse tous les français se valent tous les français méritent d'être entendus on peut dire en revanche que le système fiscal actuel fait que certains peuvent dans une certaine limite échapper plus facilement à l'impôt que d'autres et ça ça mérite d'être vu mais de dire que l'alpha et l'oméga de la politique française c'est toujours plus de taxes est une erreur une erreur dans laquelle on est depuis 40 ans et qui montre bien que ça ne fonctionne pas je vais vous dire si la création de nouveaux impôts permettait l'essor de la France on aurait aujourd'hui un pays prospère sûr tranquille avec des français qui ont un bon pouvoir d'achat malheureusement ce n'est pas le cas
une dernière chose peut-être sur le budget le nouveau premier ministre a promis un grand acte de décentralisation la suppression d'agences inutiles ça ça va dans votre sens qu'est-ce que vous en pensez ? du concret bien sûr carifier les compétences c'est une bonne chose c'est nécessaire mais allons-y bien sûr
faisons le grand inventaire de l'État donc ça vous êtes pour ? mais ça fait 10 ans qu'on nous le promet M. Bérou nous l'a promis déjà on n'a rien vu M. Barnier je crois avait esquissé l'idée on n'a rien vu si dans les 3-4 semaines qu'il aura probablement M. Lecornu y arrive bonne chance bon courage et bravo
les 3-4 semaines qu'il aura c'est vous lui donner 3-4 semaines d'espoir de vie
je suis un peu taquin vous aurez remarqué mais je n'arrive pas à croire très sincèrement au fond de moi que M. Lecornu rompe avec la Macronie mais une fois encore s'il le fait tant mieux
l'Assemblée nationale qui reprendra ses travaux début octobre il n'y a pas de rassemblement national au bureau de l'Assemblée un nouveau vote doit avoir lieu dans les prochains jours Yael Brunpivet a dit hier qu'elle souhaitait que vous soyez représentée mais qu'il n'y a pas d'accord et qu'elle sera probablement obligée d'aller jusqu'à un nouveau vote dans l'hémicycle quand dites-vous ?
On en est là alors on en est à trouver presque naturel et normal que le premier parti de France le premier groupe de l'Assemblée nationale n'ait aucun représentant au bureau de l'Assemblée mais Mme Brunpivet à la mémoire courte j'ai l'impression elle l'a oublié qu'elle avait fait un accord avec LR à l'époque pour donner les places qui auraient dû revenir au Rassemblement national selon le règlement même de l'Assemblée nationale soient données au LR pour qu'elle puisse sauver son poste vous voyez ces petits tripatrouillages ces petites magouilles commencent à devenir à la fois visibles et dérangeants on a un principe dans notre 5ème République c'est que les citoyens soient représentés à due proportion de leur vote nous sommes aujourd'hui le premier parti de France premier groupe
vous voyez que le front républicain il existe même à l'Assemblée
mais quel front républicain ? c'est un front anti-républicain contraire aux institutions empêcher un parti de s'exprimer vous appelez ça républicain moi je pense qu'on s'éloigne des rives de la démocratie il est temps de retrouver ces rives
un mot sur la législative à Paris oui la législative partielle à Paris ce dimanche elle n'a pas souri à Thierry Marniani votre candidat qui réunit 7,33% des suffrages exprimés comment est-ce que vous l'expliquez ? est-ce que Paris est une terre
impossible à conquérir pour le Rassemblement National ? impossible n'est pas français et donc impossible n'est pas Rassemblement National en revanche
7% on est un peu loin
on est un peu loin mais on travaille vous auriez pu présenter les choses différemment dans une partielle qui sont d'ailleurs traditionnellement défavorables au Rassemblement National Thierry Marniani arrive 3ème à Paris 3ème derrière 2 listes macronistes très loin derrière celle de M.
Barnier et celle de Mme Bredin c'est pas 2 listes macronistes c'était une liste Les Républicains et une liste socialiste excusez-moi quand on travaille ensemble on assume de travailler ensemble moi je veux bien que ces gens-là se retrouvent tous autour de la même table autour du gouvernement et dans les mêmes bancs à l'Assemblée Nationale et qu'une fois qu'il y a des élections ils disent on se ressemble pas on se connait pas non il faut être clair avec les français ils veulent travailler ensemble M. Barnier a été Premier ministre d'Emmanuel Macron donc ne me dites pas que c'est un homme de droite s'il était un homme de droite il aurait rejoint Eric Ciotti
il travaillerait avec nous il y avait 2 listes macronistes hier dans cette circonscription sur 17 candidats je crois et ils ont fait une écrasante ils ont obtenu
une écrasante majorité des voix alors puisque à 2 ils font plus de 70% mais c'est le choix des parisiens je dis en une fois encore
si on vous écoute le macronisme ne va pas si mal
non mais une fois encore troisième sur 17 listes vous pouvez dire que c'est un échec vous pouvez dire aussi que pour Paris c'est finalement pas mal les parisiens choisiront vous savez ils ont déjà dans le passé choisi Anne Hidalgo comme quoi l'erreur est possible même à Paris
on va parler de la reconnaissance de la Palestine ce sera ce soir aux Nations Unies Stéphane oui c'est ça le président de la république reconnaîtra l'existence d'un état palestinien ce soir à 21h hors française devant l'ONU à New York le rassemblement national est contre cette idée pourquoi ?
alors nous sommes pour la reconnaissance de l'état de Palestine à terme pour une solution mais pas maintenant deux états parce que évidemment il est assez naturel que tous les peuples puissent décider de leur destinée c'est un principe fondamental auquel nous tenons en revanche reconnaître un état terroriste non jamais à aucun prix c'est pas le cas le Hamas aujourd'hui est très présent notamment à Gaza Israël se défend car Israël a été attaqué je rappelle qu'Israël est une démocratie face à des terroristes il faut pas tout mettre sur le même plan et reconnaître au terrorisme le droit de gérer un état c'est grave c'est grave de la part du président de la république c'est pas ce que fait
le président de la république il est quand même très clair
sur ses positions le jour où Emmanuel Macron sera clair je donnerai mon portable vous m'appelez le en même temps en politique internationale est parfois très compliqué c'est à dire effectivement
donc pour vous il reconnaît l'existence d'un état terroriste c'est ce que vous venez de dire comme les britanniques les portugais les canadiens les australiens les dix pays qui emboîtent le pas et qui accompagnent la France dans cette démarche
je pense qu'il faut procéder par ordre alors monsieur Macron est pressé il y a une course à l'échalote il veut faire de la com comme il a tout raté en France il veut apparaître sur la scène internationale mais là on parle de la sécurité de peuple et notamment d'un pays ami qui est la sécurité d'Israël première étape libération des otages deuxième étape effacement de la carte du Hamas et troisième étape la reconnaissance de la Palestine ça ça paraît être un agenda sérieux c'est celui que nous proposons et qui permettra d'avoir une solution stable pérenne pour que tous les ans ou tous les deux ans on n'en revienne pas à se dire mais comment on gère ce conflit israélo-palestine
les États-Unis demandent la même chose mais pas dans le même ordre c'est ce que vous êtes en train de nous dire
oui mais quand vous reconnaissez avant de demander à avoir des efforts je pense que ce sera compliqué d'imaginer la libération des otages et la fin du terrorisme à Gaza notamment
et Jean-Noël Barraud qui dit ce matin que la reconnaissance de l'État de Palestine c'est la fin du Hamas et c'est la sécurité pour Israël vous n'êtes pas d'accord avec ça ?
ça c'est un vœu pieux c'est la pensée magique M. Barraud est fait pour être ministre des affaires étrangères comme moi je suis fait pour être archevêque une fois encore il ne comprend rien à la politique internationale quand vous avez des forces terroristes islamistes dont on a payé le prix du sang quand même en France qui sont présents dans un territoire et que vous reconnaissez que ce territoire peut devenir une nation de fait vous reconnaissez le terrorisme si ça met M. Barraud à l'aise moi ça me met très mal à l'aise
et comment est-ce que vous jaugez ou vous interprétez la réaction de Benyamin Netanyahou qui dit qu'en fait il n'y aura jamais d'État palestinien à l'ouest du Jourdain et qui va intensifier
la colonisation je crois que les déclarations parfois radicales du président de la République française et d'autres chefs d'État amènent une réponse qui n'est pas beaucoup plus nuancée de l'autre côté je pense qu'il faut je le répète agir avec précaution et en maîtrisant bien les étapes d'abord soutien quand même à un État démocratique ami qui vit une situation face au terrorisme islamiste que nous pouvons comprendre c'est Israël deuxièmement libération des otages troisièmement fin du Hamas quatrièmement solution à deux états
et la situation à Gaza ne vous fait pas dire qu'il fallait agir et reconnaître plus vite que prévu peut-être par Emmanuel Macron l'État de Palestine ?
Ben non je viens de vous répondre une fois encore le Hamas n'est pas acceptable dans une situation est-ce que fait
Benyamin Netanyahou à Gaza pour vous c'est acceptable ?
mais une fois encore Benyamin Netanyahou aujourd'hui défend un pays qui a été attaqué le 7 octobre moi je veux bien qu'on inverse toutes les valeurs au bout d'un moment il y a eu des massacres terrifiants sauvages qui ont eu lieu en Israël ça n'autorise pas tout on est bien d'accord tout doit se faire dans les règles internationales en revanche qu'Israël se défende est une chose et l'importation du conflit israélo-palestinien en France notamment par l'extrême gauche pour réveiller certaines communautés et en tirer un bénéfice électoral ne me paraît pas tout à fait acceptable
Autre sujet Louis Alliot le premier vice-président du RN était hier à l'hommage à Charlie Kirk aux Etats-Unis ce qui fait dire à Boris Vallaud le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale hier sur notre antenne je le cite il est à sa place au milieu de cette famille réactionnaire intolérante que lui répondez-vous ?
Ben que lui était à sa place aussi au milieu de cette famille de la gauche devenue folle qui ne pense qu'à l'impôt et qui ne pense qu'à stigmatiser nos compatriotes de confession juive si lui est à l'aise dans sa famille c'est son problème M. Louis Alliot est libre c'est notre premier vice-président c'est un homme qui a montré qu'il savait gérer une ville perpignan qui est un homme de conviction qu'il soit allé aux Etats-Unis ne me choque pas c'est probablement conforme à certains principes qu'il défend et que nous défendons notamment la liberté d'expression parce que M.
Vallaud était très gêné dans cette situation ce meurtre terrible montre qu'on est devenu une société qui ne supporte plus le débat notamment la gauche la gauche aujourd'hui c'est simple soit vous pensez comme elle et vous êtes acceptable soit vous pensez différemment et donc vous êtes un facho et comme vous êtes un facho tous les moyens sont bons pour vous faire taire
il a dit hier qu'il fallait garantir la liberté d'expression mais qu'il ne fallait pas rentrer dans une violence politique c'est ça qui était condamnable
mais donc il devrait être choqué qu'un homme soit mort dans une démocratie pour ses idées c'est ça qui devrait faire se réveiller M. Vallaud apparemment il y a d'autres intérêts en jeu mais s'il aime la démocratie s'il ne supporte pas les discours de Herne alors pourquoi s'est-il fait élire avec LFI ?
On termine par une question un peu plus personnelle Laurent Jacobelli est-ce que vous serez candidat au municipal ?
Non
C'est acté ?
Je ne serai pas candidat au municipal je soutiendrai évidemment des listes notamment la liste que nous présenterons à Metz un certain nombre de listes dans ma circonscription
Mais vous ne direz pas en votre nom propre ?
Non parce que je suis aussi conseiller régional et député qui n'a pas le cumul des mandats et que je ne vous le cache pas j'espère que la région Grand Est deviendra une région rassemblement national en 2028 et j'y consacre beaucoup d'énergie
Ça veut dire que vous pourriez être candidat au régional ?
Si mon mouvement me fait confiance bien évidemment
Merci Merci Laurent Jacobelli d'avoir été avec nous La Une de Ouest-France La France va reconnaître ce lundi l'état de Palestine Stéphane et on va en parler dans quelques instants mais d'abord c'est l'heure de l'info dans nos régions D'abord c'est l'heure de notre reportage en région on va aller dans le Pas-de-Calais à Arras la terre d'élection du sénateur centriste Jean-Marie Van Lerenberg il était le doyen du Sénat et a pris la décision de le quitter avant la fin de son mandat Flora Sauvage est allée à sa rencontre Après 4 mandats de sénateur du Pas-de-Calais et 16 ans à la tête de la mairie d'Arras Jean-Marie Van Lerenberg un enfant du bassin minier a attiré sa révérence
Je suis né d'une famille qui travaillait dans les mines et l'objectif c'était pour nous de faire des études pour essayer de sortir de la condition ouvrière
Ingénieur de formation ce proche de François Bayrou figure centrale du modem garde un profond attachement au mandat de maire
Maire ça vous permet de vous projeter et de réaliser pratiquement dans la foulée à la différence d'un parlementaire qui peut agir parfois il m'est arrivé effectivement en tant que parlementaire d'avoir une action déterminante notamment pour lutter contre la pollution par l'amiant ça reste pour moi un moment très fort mais le mandat qui est le plus plein c'est le mandat de maire
Avec sa fibre sociale ce centriste s'est abstenu lors du vote sur le recul de l'âge de départ à la retraite il porte un regard critique sur le paysage politique actuel
Est-ce que les partis politiques d'opposition ont conscience qu'il ne s'agit pas seulement de traduire les colères mais l'intérêt général l'intérêt général c'est permettre à chacun de pouvoir travailler et vivre de son travail et c'est pas uniquement en descendant dans la rue qu'on y arrive Bonjour Brigitte
Une vision partagée par Brigitte Bourguignon ex-ministre à l'autonomie et à la santé devenue sénatrice du Pas-de-Calais à la place de Jean-Marie von Lerenberg Aujourd'hui on est dans cette fragmentation politique qui est trop radicale de part et d'autre et qui au milieu pourrait trouver un semblant de compromis et je le répète je le répète très souvent mais le compromis n'est pas une compromission Au sein du groupe centriste du Sénat la relève est assurée par Brigitte Bourguignon mais aussi par Isabelle Floren la fille de Jean-Marie von Lerenberg élue dans les Hauts-de-Seine aux dernières élections sénatoriales Et on poursuit le tour de nos régions mais on va rester dans le Pas-de-Calais Pas-de-Calais où étaient réunis les pêcheurs et pour en parler on est avec Stéphane Pinto Bonjour Merci beaucoup d'être avec nous Vous êtes maire d'Ambleteux c'est à côté de Boulogne Vous êtes vous-même marin pêcheur les pêcheurs français qui étaient donc réunis à Boulogne-sur-mer il y a quelques jours c'est le premier port de pêche pêcheurs réunis pour parler de l'avenir de la filière alors on le sait les pêcheurs ils ont connu des difficultés notamment au moment du Brexit dans quel état d'esprit sont-ils aujourd'hui ?
Bonjour un état d'esprit assez compliqué puisque le Brexit mais pas que est venu compliquer un peu la profession ces dernières années depuis l'annonce des mesures qui devaient être prises au niveau du Brexit c'est compliqué un état d'esprit difficile un manque de ressources une visibilité d'avenir compliquée par rapport à tout cela et aussi un manque d'écoute et surtout d'être entendu par les pouvoirs publics
Il y a encore des inquiétudes de la part des pêcheurs est-ce que le gouvernement y répond suffisamment ? La ministre des missionnaires était présente à Boulogne mais est-ce que le gouvernement est suffisamment présent à côté des pêcheurs ?
Le gouvernement tous les gouvernements ont toujours été présents plus ou moins à des moments c'était beaucoup plus facile de pouvoir discuter avec les gouvernements des fois c'était beaucoup plus difficile on a connu quand même des années assez compliquées des années noires où on avait besoin d'un soutien supplémentaire du gouvernement et pour lesquels on ne l'a pas eu je pense par exemple à la pêche électrique des métiers comme ça et là aujourd'hui actuellement il y a des revendications des pêcheurs qui sont coûtées mais pas entendues par exemple sur les pêcheurs eux-mêmes qui demandent à ce qu'il y ait des techniques de pêche qui ne doivent plus exister et qui ne doivent plus perdurer dans la profession telle actuellement qui est décriée c'est la scène des mersales dans la région des Hauts-de-France c'est une nouvelle technique qui est arrivée il y a une dizaine d'années voire un peu plus et qui a montré depuis qu'elle est arrivée chez nous une pression maximale et dangereuse pour la ressource les pêcheurs régionaux des Hauts-de-France mais pas que puisque de la Normandie aussi décrit et dénonce cette technique de pêche demande au gouvernement demande à l'Union Européenne puisque tout le monde le sait la politique commune des pêches dépendent de l'Union Européenne tout le monde demande à ce que cette technique de pêche au niveau des pêcheurs bien sûr soit interdite et pour autant ils n'ont pas été écoutés ils ne sont pas entendus on essaie de trouver des solutions des arrangements entre pays et ça je trouve que c'est un manque d'écoute et d'une profession qui tire la sonnette des larmes qui dit que depuis que cette technique de pêche est arrivée chez nous a mis à mal la ressource pour laquelle ils ont besoin pour perdurer dans le temps que cette profession ne s'éteigne pas malheureusement
Est-ce que l'avenir des pêcheurs de la filière pêche aujourd'hui il est sombre est-ce que cette filière est menacée ?
Oui on peut dire ça comme ça s'il n'y a pas plus d'écoute comme je disais à l'instant des pêcheurs qui disent c'est eux qui sont sur le terrain c'est eux qui voient l'évolution des ressources même si des scientifiques viennent des fois contrarier ce que disent les pêcheurs c'est eux qui voient sur le terrain ce qui se passe et puis ils rencontrent des difficultés financières économiquement parlant ils le dénoncent ils le disent il faut savoir que le port de Boulogne la région de Haute-France entre le port de Boulogne et la frontière de la Homme a ces dix dernières années perdu plus de 50% de ses navires donc à ce jour on ne peut pas dire que ce soit confortable et puis encourageant pour les jeunes qui n'ont pas de visibilité sur cet avenir donc je pense qu'il faut qu'à un moment donné on prenne conscience qu'il y a des acteurs que sont les pêcheurs ils dénoncent des techniques de pêche ils font le constat que la ressource se porte mal ce qu'on voit il y a le réchauffement climatique il y a beaucoup il y a beaucoup d'acteurs et beaucoup de choses qui font qu'il y a ce constat mais quand des pêcheurs quand des professionnels dénoncent une technique de pêche qui est aujourd'hui peut-être responsable ou qui le sera encore plus demain de la disparité de ce métier je pense qu'il faut l'écouter maintenant ne pas venir après se dire comme souvent c'est le cas quand on est face au mur et bien qu'est-ce qu'on fait on n'a pas de solution aujourd'hui il est clair je pense qu'il faut à tout prix que les pêcheurs soient entendus et écouter surtout
Merci beaucoup merci Stéphane Pinto d'avoir été avec nous maire d'Embloteuse c'est dans le Pas-de-Calais Alexandre on va regarder maintenant ce qu'il y a à la une de nos journaux régionaux il y a beaucoup de titres ce matin sur la reconnaissance de la Palestine Effectivement la France va reconnaître l'état palestinien suivi de neuf autres pays Emmanuel Macron prononcera un discours ce soir à 21h heure française à New York devant l'Assemblée Générale des Nations Unies un geste fort mais pour quels effets se demande le journal Le Dauphiné Libéré selon Vincent Lemire l'historien spécialiste du conflit israélo-palestinien je le cite cette décision historique va renforcer les capacités juridiques de l'autorité palestinienne mais cette décision n'est pas suffisante car je le cite les états européens sont déjà passés à la phase suivante c'est-à-dire des sanctions contre Israël car on ne peut pas reconnaître un état tout en laissant mourir ses futurs citoyens Autre titre à la une de beaucoup de nos quotidiens régionaux c'est le procès de Cédric Jubilard qui s'ouvre aujourd'hui L'homme de 38 ans est accusé du meurtre de sa femme Delphine Jubilard qui a disparu une nuit de décembre 2020 son corps n'a jamais été retrouvé Cédric Jubilard n'a pas avoué les faits même si de nombreux indices ont mené les enquêteurs vers la piste de sa culpabilité alors qu'est-ce qui explique l'engouement porté par l'opinion publique à cette affaire depuis 5 ans ?
Selon le journaliste de la dépêche du midi Frédéric Abella auteur d'un livre sur cette affaire cela s'explique par le mystère autour de la disparition d'une mère de famille je cite ce journaliste elle a 33 ans c'est une infirmière qui aime son métier elle aime les enfants elle aime la vie elle a un amant avec lequel elle veut refaire sa vie elle n'a aucune raison de disparaître volontairement Pour lutter contre les maladies les éleveurs bovins on appelle aux nouvelles technologies Oui c'est à la une du journal L'Ardennet la France et la Belgique vont lancer un projet de 100 fermes hyper connectées pour lutter contre les maladies du bétail alors dans ces fermes les animaux auront des capteurs un peu partout ils seront analysés sous toutes les coutures pour détecter par exemple des problèmes respiratoires leur lait sera analysé tout comme leur matière fécale et oui Auréane voilà et puis il y aura même une station météo dans chaque ferme pour étudier les impacts du changement climatique sur les élevages c'est un projet qui est financé par des fonds européens et c'est un projet crucial dans les Ardennes un département où les élevages ont été durement touchés l'an dernier par la fièvre catarale et puis c'était un week-end très pluvieux orageux dans le sud-est de la France le cataclysme titre le journal Var Matin aujourd'hui les départements du Var du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône ont été frappés par de violentes pluies et orages exemple à Sanary-sur-Mer dans le Var 10 cm de pluie sont tombés en à peine une heure dans ce même département du Var 50 000 foyers ont été privés d'électricité alors le match de rugby tout long la Rochelle a été reporté tout comme le classico en football entre l'OM et le PSG il aura finalement lieu ce soir à 20h au stade Vélodrome d'ailleurs en pleine cérémonie du Ballon d'Or à Paris où on espère que le joueur français Ousmane Nebelé et le joueur du PSG sera sacré voilà un classico oriane à 20h comme ça vous pourrez vous coucher un peu plus tôt c'est parfait 20h c'est parfait merci beaucoup Alexandre pour cette revue de presse place au débat dans quelques instants vous en avez parlé on va revenir sur la reconnaissance de la Palestine par la France ce sera ce soir mais d'abord retour sur la rentrée parlementaire de Renaissance et le discours très politique de son président Gabriel Attal hier l'ancien Premier ministre qui affirme sa ligne prend ses distances avec le macronisme Aurélien Romano Gabriel Attal ovationné par les militants avance à visage découvert dans la bataille de 2027 et donc j'assume oui j'assume que nous préparions dès aujourd'hui un projet de changement profond pour les décennies à venir ils attendent 2027 avec impatience pour tourner une page celle du chaos celle des vieilles recettes du passé celle des vieux schémas des vieux réflexes ils attendent 2027 pour mettre fin au jeu mortel de ces formations politiques qui continuent de semer la division et d'entretenir le chaos à longueur de journée celui qui fut le Premier ministre d'Emmanuel Macron jusqu'à juin 2024 assume maintenant ouvertement que la dissolution a marqué sa rupture avec le Président de la République l'origine première de cette instabilité c'est la décision de dissoudre l'Assemblée nationale cette décision chacun le sait je m'y étais opposé cela n'avait rien à voir avec mon sort personnel puisque j'avais proposé ma démission au Président de la République pour empêcher cette dissolution les prétendants à l'Elysée issus du bloc central n'évoquent pas aussi ouvertement que Gabriel Attal leurs ambitions présidentielles lors de ces journées parlementaires de renaissance Gabriel Attal n'était pas le seul orateur mais on aura remarqué l'absence de la plupart des ministres démissionnaires à l'exception notable d'Agnès Pagny-Runacher et de Gérald Darmanin certains autres ont préféré quitter Arras avant le discours de Gabriel Attal pour ne pas être associés à cette ligne trop anti-Macron du parti macroniste Yves Tréard bonjour directeur adjoint de la rédaction de Figaro merci d'être là les fils Mathieu Soukir bonjour Mathieu merci également d'être avec nous Mathieu comment vous analysez ce discours de Gabriel Attal est-ce qu'il est en train de tracer son propre chemin ?
Alors ce qui est sûr c'est qu'il y a une fissure dans le camp présidentiel par le discours que Gabriel Attal a tenu par par ailleurs comme votre sujet le rappelait la faible présence de membres du gouvernement alors on savait les relations entre Gabriel Attal et Emmanuel Macron notoirement mauvaises et même exécrables depuis justement la dissolution et la sortie de Gabriel Attal de Matignon c'est d'ailleurs assez cocasse de voir que celui qui dirige aujourd'hui le parti présidentiel n'a plus aucun contact avec le président en place ça c'est sûr alors ensuite quand même ce qu'il a dit ça veut dire jusqu'au renaissance aujourd'hui c'est plus le parti présidentiel en tout cas il y a une mue qui s'opère et qui s'opère par définition en fait dans des conditions pas évidentes alors revendiquer l'héritage tout en s'en éloignant je dirais que chaque héritier politique a connu des difficultés de cette nature Sarkozy quand il a eu à rompre avec Chirac Lionel Jospin quand il a eu à prendre la suite de Mitterrand il y a toujours un droit d'inventaire qu'il est compliqué de faire a fortiori pour un pouvoir qui est là depuis longtemps qui est usé qui est impopulaire donc je dirais que Gabriel Attal se situe évidemment sur une ligne de crête on verra où tout s'amène un point quand même c'est le moment en réalité où on est très loin de la présidentielle on est très loin de 2027 dès lors que la majorité devenue minoritaire a du mal à faire adopter on a du mal à se projeter dans un budget adopté pour 2025 donc un discours qui se projette dans l'élection présidentielle de 2027 peut paraître à contre-temps et c'est un moment où la majorité présidentielle devenue minorité a besoin de solidarité a besoin de faire PAC voilà je ne suis pas sûr que le discours qui était prononcé hier est une tonalité rassembleuse ça veut dire Yves qu'avant de chercher des compromis avec les oppositions Sébastien Lecornu il doit déjà solidifier son propre camp oui mais ça il en est conscient je crois que c'est ce qu'il a cherché à faire d'ailleurs en les recevant assez rapidement effectivement il y a un problème majeur c'est qu'on est dans une phase terminale je dirais d'usure du pouvoir on glose sur le macronisme mais le macronisme c'est plus rien sans Macron donc il faut que Gabriel Attal qu'on le veuille ou non il invente autre chose et on va voir ce qui va sortir moi je trouve que ce qui s'est passé hier n'est pas très clair sauf que cette espèce de prise de distance avec Emmanuel Macron la condamnation d'une certaine façon de la dissolution en dehors de ça vous retenez quoi ?
pas grand chose c'est quand même assez flou assez assez terne je dirais avec assez peu d'enthousiasme néanmoins en dépit des images qui sont montrées éternellement gays avec les drapeaux enfin on connaît la musique il ne faut pas se leurrer non il n'y a pas de je dirais que ça n'a pas marqué une étape hier il va avoir du mal d'ailleurs Gabriel Attal à se frayer un chemin dans le labyrinthe je dirais du bloc central d'autant plus que le discours sur la dissolution en fait n'est pas disruptif il exprime juste tout haut ce que l'intégralité des forces macronistes pensent désormais et il n'est pas nouveau et la dissolution ça a interrompu son bail à Matignon assuré alors oui en plus qui l'on nourrisse un égore personnel c'est une chose mais au-delà du cas personnel de Gabriel Attal je crois que personne en Macronie ne défend sérieusement la décision de dissoudre et peut-être juste un petit rebond sur ce que disait Yves sur le macronisme sans Macron c'est plus grand chose je ne dirais pas ça quand même la surprise c'est que après presque dix années de macronisme quand même même si les projections présidentielles ne valent pas grand chose même si les sondages ne sont pas très fiables à telle distance de l'échéance ce qu'on note quand même c'est que ce sont précisément les partisans du camp présidentiel qui demeurent en tête des sondages dans la perspective d'un deuxième tour les Gabriel Attal les Édouard Philippe restent des héritiers du macronisme qui devront malgré tout reprendre le son ils ne sont pas là comme héritiers ils sont là parce qu'il y a deux extrêmes de chaque côté il y a Jean-Luc Mélenchon et puis il y a Marine Le Pen mais ils ne représentent absolument pas l'héritage du macronisme et alors c'est une d'ailleurs c'est une des questions très intéressantes un des sujets très intéressants c'est la persistance d'Édouard Philippe en tête parce qu'il n'est pas en tête non non il n'est pas en tête dans certaines parce qu'il est bien placé dans les sondages et c'est dû au fait qu'il est là il est là il a du mal d'ailleurs et c'est un miracle mais il est là parce qu'il faut qu'il y ait quelqu'un il y a un vide et le vide il le remplit et juste Mathieu avant de vous redonner le pardon on va voir ce qu'on dit Laurent Jacobelli le porte-parole du Rassemblement National qui était notre invité il y a quelques minutes
Gabriel Attal dont on se demande en ce moment s'il n'est pas un peu en toupie il a oublié que son papa s'appelait Emmanuel Macron il veut tuer le père assez jeune un peu trop vite peut-être Monsieur Attal qui arrive et qui dit votez les filles pour faire barrage au RN franchement c'est honteux
il veut tuer le père trop vite alors ce qui est sûr c'est qu'y compris dans les troupes macronistes certains effectivement trouvent qu'il va un peu vite à partir du moment c'est pour ça que je rebondis sur ce que disait Yves qui dit ce ne sont pas des héritiers Edouard Philippe comme Gabriel Attal n'ont d'existence politique que parce qu'Emmanuel Macron a bien voulu leur en donner une mais c'est pas rien et deuxième dimension le macronisme pourrait survivre à Emmanuel Macron dès lors que les forces politiques gouvernementales qui dominaient le paysage depuis plusieurs décennies ne se sont pas reconstituées à ce stade même si Bruno Retailleau s'est imposé comme une figure de premier plan dans les sondages encore une fois à deux ans de l'échéance présidentielle ce sont les héritiers du macronisme ceux qui se situent dans la suite d'Emmanuel Macron et qui auront été ses premiers ministres qui restent devant alors ça n'est pas totalement un hasard Emmanuel Macron aurait pu acheter les républicains pour très peu cher en 2022 il l'a fait pour beaucoup plus cher en 2024 en donnant matignon à Michel Barnier et en ayant une feuille de route politique gouvernementale totalement alignée sur celle des républicains bon on va voir ce que ça donne avec Sébastien Lecornu mais pour l'instant on voit bien que le camp central reste central dans les...
Oui c'est le camp central mais c'est pas le camp matronien parce que justement et l'un et l'autre ne se réclament pas d'Emmanuel Macron depuis le début Edouard Philippe il a mis une cloison maintenant on le voit très bien avec Gabriel Attal encore une fois c'est le bloc central parce qu'il faut qu'il y ait un bloc central il y a plein de gens qui ne veulent pas et qui ne voteront jamais pour un des deux extrêmes et la politique aujourd'hui elle est organisée de façon tripartite avec d'un côté le Rassemblement National avec un LR qui a bien du mal à exister de l'autre côté la France Insoumise avec...
enfin là une gauche avec un parti socialiste qui a bien du mal à exister sans la France Insoumise et puis au milieu on ne sait même plus d'ailleurs vous faites un sondage dans la rue les gens ne savent pas au milieu il y a un bloc central mais faire la différence entre Attal entre Philippe entre les uns et les autres c'est très compliqué Darman Mais justement est-ce que dans ce contexte déjà compliqué pour Sébastien Lecornu il va pouvoir réussir à solidifier ce socle commun et déjà à faire que ce socle commun parle d'une seule voix En tout cas c'est le défi qui lui est donné je ne sais pas s'il y parviendra mais son équation Il les reçoit encore demain Mais son équation n'est pas plus simple que celle de ses prédécesseurs François Béroux et Michel Barnier alors manifestement il y avait un déficit de méthode reproché et à Michel Barnier et encore plus à François Béroux donc personne n'a véritablement compris qu'il cherchait à solidifier son socle d'une part et à tenter de l'élargir au parti socialiste La méthode Béroux a été savamment critiquée et tout le monde a l'air de considérer que Sébastien Lecornu de ce point de vue-là est plus habile plus fin tacticien que son prédécesseur Pour autant encore une fois je disais tout à l'heure que le camp macroniste avait été obligé d'acheter assez cher en 2024 les républicains avec Matignon pour Michel Barnier et une feuille de route gouvernementale alignée sur celle des républicains en réalité si Sébastien Lecornu veut aujourd'hui solidifier son socle et en même temps l'élargir il doit acheter encore plus cher le parti socialiste acheter encore plus cher le parti socialiste je ne sais pas ce que ça veut dire en termes de politique fiscale ou en termes de réforme des retraites mais ça veut dire quand même donner des gages au parti socialiste dont on voit mal qu'il ne soit pas excessif par ailleurs pour les alliés républicains donc je ne sais vraiment pas comment Sébastien Lecornu se sort de l'équation politique qui est la sienne parce que son équation budgétaire reste même avec une ardoise réduite on ne sera peut-être pas sur les 44 milliards de François Béroux mais même avec une ardoise réduite quand même relativement insoluble C'est insoluble Oui alors ce n'est pas insoluble vu de chez Sébastien Lecornu C'est rassurant Non mais bon j'adhère tout à fait à la description qui vient d'être faite et je pense qu'effectivement c'est très compliqué pour lui mais plus j'avance plus je me dis qu'Olivier Faure son intérêt n'est absolument pas de toper pour une non-censure Quel intérêt il aurait à ça ?
Passer pour un social traître perdre je ne sais pas combien de villes ou municipales se faire battre si jamais il y a une dissolution aux législatives lui-même d'ailleurs comme Boris Vallaud dans sa circonscription je ne vois pas où est son intérêt donc dans la mesure où il n'y a pas un intérêt manifeste du côté du Parti Socialiste je ne vois pas pourquoi il accepterait un accord de non-censure Il n'y a d'ailleurs pas d'avantage du côté des Républicains pour autant je ne sais pas si on sait définir la ligne de crête qui permet encore une fois de garder les Républicains ou de gagner pour partie la neutralité du Parti Socialiste sans perdre de l'autre côté les Républicains Je dirais en tout cas personne n'a intérêt à la dissolution ça c'est sûr y compris pas le Président de la République qui la dernière fois a pris tout le monde de court bon mais malgré tout en prenant tout le monde de court et en passant pour le maître de l'agenda malgré tout il a été largement arrosé l'arroseur a été largement arrosé s'il était contraint à une dissolution cette fois-ci ce ne serait plus du tout la même histoire ce ne serait plus une dissolution à sa main qui aurait pris tout le monde de court ce serait une dissolution subie en réalité parce que situation de blocage politique donc au départ dès le départ cette dissolution serait perçue comme une défaite du Président de la République et à la fin elle le serait tout au temps parce qu'au mieux les équilibres politiques actuels ceux qui traduisent une situation de blocage en fait seraient confirmés et au pire le parti de M.
Chacobili qui l'avait passé serait aux affaires avec une majorité relative voire une majorité absolue donc on est de toute façon dans une sorte de seringue et même d'impasse bien sûr il doit recevoir donc le bloc le socle commun ça c'est demain il doit aussi recevoir les syndicats Sébastien Lecornu ça ce sera mercredi est-ce que ça peut être décisif ça pour faire basculer la gauche et notamment le PS qui va ressortir de la rencontre avec les syndicats ?
Les discours sont figés les discours sont figés je ne vois pas la seule partie qui peut éventuellement évoluer et faire des concessions ça me paraît être le gouvernement je ne vois pas comment les syndicats certainement pas les syndicats d'ailleurs pourraient évoluer moi je pense que les discours de la CFDT de la CGT sont rodés avec une obstination de la part notamment de la CGT qui est toujours la même donc ça ne bougera pas là où ça peut bouger les seuls partis qui peuvent bouger les seuls partis qui peuvent bouger IES c'est les partis politiques précisément et notamment le bloc central enfin le gouvernement et puis LR et le parti socialiste mais bon ce n'est pas des évolutions énormes mais moi je n'y crois pas Si du côté des syndicats les choses paraissent un peu figées ça s'explique assez bien d'abord parce que Emmanuel Macron ça a été largement dit depuis 2017 quand même n'a eu de cesse de mépriser ou en tout cas d'ignorer les partenaires sociaux le seul moment où ils ont eu le sentiment d'être remis dans la boucle c'était avec François Bayrou qui s'est présenté comme un homme de dialogue bon tant en matière de dialogue parlementaire qu'en matière de dialogue social on peut dire que là aussi François Bayrou a échoué donc je pense qu'il fait peu de doute que les partenaires sociaux se sentent largement usés par la séquence qui a été traversée et puis deuxième dimension quand même ce qui frappe dans le contexte où l'argent public manque et où quand même depuis 8 ans une politique de l'offre a été largement financée par la population française depuis 8 ans quand même les transferts de fiscalité se sont faits au bénéfice des entreprises au nom d'une politique de l'offre dont je ne conteste pas les fondements et qui a produit un certain nombre de résultats mais c'est vrai qu'après 8 ans d'efforts faits en faveur des entreprises avec un certain nombre de résultats malgré tout la posture du MEDEF radicalement fermée à l'approche de la négociation budgétaire quand même peut aussi crisper ceux qui en face attendraient davantage de souplesse et on verra ce que fait Sébastien Lecornu cette semaine on va passer à l'autre actualité de ce débat et l'actualité c'est ce soir 21h Emmanuel Macron devant les Nations Unies qui va reconnaître l'état de Palestine on va voir ce qu'on disait hier le chef de l'état
ce que veut la France c'est la paix ce que veut la France c'est un cessez-feu immédiat ce que veut la France c'est que les 48 otages soient libérés sans délai ce que veut la France c'est le retour de l'aide humanitaire à Gaza ce que veut la France c'est un jour d'après possible à Gaza avec le Hamas démantelé et écarté du pouvoir
est-ce que la reconnaissance de l'état de Palestine va permettre tout ce que vient de décrire Emmanuel Macron ? elle ne permettra rien elle ne changera rien c'est un acte
pour le coup extrêmement symbolique qui est posé sans condition qui pèse lourd à mon avis en termes de politique intérieure vu du côté des Français juifs très lourd même
qui ne réglera rien pour autant en politique intérieure parce qu'il y a deux portées il y a une portée diplomatique et il y a une portée de politique intérieure qui est manifeste avec ça ne fera pas reculer l'antisémitisme ça ne fera pas reculer je dirais ça n'améliorera pas dans la communauté arabo-musulmane si tant est qu'il y ait une communauté parce que tout ça est très vaste et très divers ça ne ça ne réglera rien de son côté non plus donc c'est un geste je dirais c'est un geste vain mais il n'est pas aussi vain que ça quand même parce qu'il se situe non non mais si on n'en prend que la portée symbolique il se situe dans la continuité et la continuation plutôt d'une politique arabe qui a été dont le tournant a été marqué en 1967 par le général de Gaulle donc elle est dans cette dans cette continuation là moi je pense que c'est quelque chose dont on ne parlera plus dans une semaine donc c'est il n'y aura pas de suite c'est un geste sans effet Mathieu ça ne va pas changer l'attitude de monsieur Netanyahou ça ne va pas arrêter la guerre ça ne va pas permettre la restitution des otages ça ne va rien ça ne changera rien sur le fond je suis d'accord avec Yves mais je ne l'exprimerai pas du tout de la même façon évidemment je ne dirais pas que c'est un geste vain parce qu'il n'a pas vocation à très court terme à produire des effets je dirais que précisément c'est une démarche qui s'inscrit dans le long terme rappelons quand même que près de 150 pays ont déjà reconnu en réalité l'état de Palestine geste vain depuis le temps ce geste n'est pas vain d'abord parce que quand même comme le disait Yves c'est une reconnaissance symbolique du peuple palestinien au moment où sa reconnaissance physique le peuple ça fait longtemps qu'on l'a reconnu c'est l'état oui mais enfin précisément il y a la cohérence que vous évoquiez avec la position de la France depuis toujours depuis 47 en l'occurrence et il y a la cohérence avec un certain nombre de principes fondamentaux auxquels nous adhérons parmi lesquels il y a le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et donc précisément puisque le peuple palestinien est reconnu on peut dire qu'il était temps que d'une certaine façon son droit à disposer d'un état digne de ce nom soit lui aussi reconnu et encore une fois c'est quand même au moment où l'existence physique même du peuple palestinien est plus que contesté remis en cause par le jusqu'au-boutisme guerrier du gouvernement israélien que cet acte fondateur est posé ça n'est pas rien nous assistons tous quasiment impuissants depuis deux ans à un nettoyage ethnique dans la région et c'est d'ailleurs une tâche une tâche qui entachera durablement quand même la communauté internationale alors Dominique de Villepin l'a dit de façon un peu vive et sans doute un peu politicienne vis-à-vis d'Emmanuel Macron ce week-end mais c'est vrai la communauté internationale échoue depuis deux ans ce qui s'est passé le 7 octobre est terrible mais ce qui s'est passé depuis le 7 octobre est absolument terrible et d'une certaine façon la réponse de la France qui embarque avec elle nos fautres pays dont l'Angleterre dont l'Australie dont le Canada c'est pas rien la position de la France est d'une certaine façon une réponse à ce qui se passe depuis deux ans jusqu'au boutisme guerrier de monsieur Netanyahou qui aujourd'hui conteste même l'idée que le peuple palestinien puisse disposer d'un état moi j'ai beaucoup de mal avec ce discours parce que de toute manière il y a une condition primaire première c'est la restitution des otages point point c'est le Hamas qui est responsable de cette situation c'est le Hamas qui tient son peuple en laisse c'est le Hamas qui détruit la cause palestinienne et c'est le Hamas qui est responsable de tout ce qui se passe de cette tragédie même si côté israélien il y a des jusqu'au boutiste et des vatanguères tout à fait condamnables qui existent mais je suis désolé aujourd'hui il ne peut rien se passer et c'est bien d'ailleurs ce qu'il faut reprocher aussi à Netanyahou qui ne parle pas assez des otages qui n'ont pas fait une condition prioritaire d'une certaine façon parce que ça a toujours été confus entre est-ce qu'il faut supprimer le Hamas et récupérer les otages mais le fait que des otages soient encore à Gaza est une honte planétaire planétaire on ne discute pas ça alors pour autant contrairement à ce que disait Yves tout à l'heure qui disait qu'il n'y avait pas de conditionnalité à cette reconnaissance au contraire cette reconnaissance est assortie d'un engagement de l'autorité palestinienne à non seulement organiser des élections mais à démilitariser la zone on connaît bah non enfin on connaît en tout cas c'est précisément la condition oui mais le problème c'est qu'il faudrait reconstruire complètement l'autorité palestinienne qui n'existe plus on va juste voir ce qu'en dit le ministre des affaires étrangères des missionnaires Jean-Noël Barraud qui était l'invité ce matin de TF1
notre conviction profonde c'est que l'état de Palestine c'est la fin du Hamas et c'est la sécurité pour Israël notre plan le plan de la France qui vise la solution à deux états et qui comporte des étapes concrètes pour préparer l'immédiate après-guerre c'est ce qu'on appelle le jour d'après pour qu'une mission internationale de stabilisation puisse venir à Gaza assurer la protection des palestiniens comme des israéliens
vous n'y croyez pas ce jour d'après Yves ? mais attendez on ne va pas être naïf quand même c'est quand le jour d'après vous croyez que vous allez le voir le jour d'après ? non mais attendez il faut être bon on ne peut pas le jour d'après très bien mais M. Barraud ne sera pas là pour le construire le jour d'après M. Macron non plus le jour d'après le problème c'est que
il va falloir des années pour vous
mais qu'on puisse être sceptique c'est une chose mais quelle est l'alternative en face ? l'alternative en face encore une fois c'est le jusqu'au boutisme de M. Netanyahou soutenu d'une certaine façon par Donald Trump qui ne le gère pas qui ne le maîtrise pas mais qui propose avec lui une opération immobilière sur la rivière enfin sur Gaza rebaptisée en rivière quelle est l'alternative ? l'alternative c'était d'avoir une politique vis-à-vis du Hamas qui soit beaucoup plus prégnante beaucoup plus présente et beaucoup plus volontaire mais ça on peut le dire après et on sait que M.
Netanyahou lui-même en réalité avait pour allier objectif je ne parle pas d'Israël mais je parle de la France on va écouter un dernier réflexe la France a beaucoup pesé sur Yasser Arafat de temps en temps c'est Laila Chahid l'ancienne déléguée générale de la Palestine en France elle était ce matin sur RTL
ludiquement vous reconnaissez ou vous ne vous reconnaissez pas vous ne pouvez pas reconnaître avec des conditions parce que demain l'anglais dira moi j'ai une autre condition et le portugais moi une autre condition la loi le droit international dit on reconnaît un état après bien sûr c'est à nous de faire libérer et nous on le veut plus que vous parce que toute la guerre est justifiée par M. Netanyahou en disant c'est pour libérer les otages
elle n'a pas raison Yves non mais d'accord mais il faut si vous voulez il y avait un tas d'intermédiaires avec lesquels il fallait aller beaucoup plus loin le Qatar enfin c'est je l'aime enfin je je comprends Mme Chahid que je connais depuis 50 ans avec qui j'ai eu des débats passionnés et enflammés mais d'accord mais tout ça c'est de la gesticulation ça ne changera rien et ça ne change rien encore une fois on peut être sceptique face à une situation face à comment à une équation diplomatique extrêmement complexe que nous ne parvenons pas à solutionner depuis longtemps ce qui est sûr c'est qu'il y a une mécanique d'événement qui s'est enclenchée le 7 octobre rappelons effectivement que le 7 octobre est un truc absolument fou rapporté à la population française ce serait 8000 morts d'un coup donc le 7 octobre c'est une fracture majeure dans l'imaginaire collectif israélien et donc ce 7 octobre a produit derrière encore une fois une cascade de violence que nous payons aujourd'hui et donc de ce point de vue là il va raison cette boule de violence on ne va pas la détricoter très vite pour autant encore une fois même quand la situation est complexe on peut en revenir à des principes simples en particulier le droit d'un peuple à disposer de soi-même Yves, pour terminer on va regarder la une du Figaro État palestinien le pari risqué d'Emmanuel Macron Oui, donc tout est dit dans cette effectivement ça revient à notre conversation c'est-à-dire que c'est un pari qui engage risqué oui, risqué au sens où s'il n'a pas d'effet d'Emmanuel Macron pour lui-même c'est un pari risqué parce que ça peut échouer je lui souhaite tout le succès possible néanmoins ça serait le bonheur de tout le monde d'ailleurs On va terminer par l'histoire du jour tout autre sujet rien à voir mais elle est aussi dans le Figaro c'était ce week-end et elle incite à la prudence quand vous téléphonez dans le train c'est un passager du train entre Marseille et Paris qui a surpris une conversation confidentielle entre deux salariés d'une entreprise problème il parlait du licenciement à venir d'un certain Sylvain à son retour de vacances alors le dit Sylvain n'était pas informé par son entreprise mais il a été par une oreille indiscrète dans le train qui a écouté la conversation et a posté un message sur les réseaux sociaux une vidéo qui a tout de même cumulé 2,6 millions de vues et la conclusion de cette histoire elle nous vient de la SNCF qui a commenté la publication de l'oreille indiscrète elle a commenté la vidéo on vous a pourtant dit passez vos appels téléphoniques depuis les plateformes voilà c'est la conclusion merci beaucoup merci Yves merci Mathieu merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée sur Public Sénat retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
Laurent Jacobelli