Eric Ciotti: "Savoir qui on veut accueillir et qui on ne veut pas, c'est aux Français de le décider"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que cette image vous inspire, Éric Ciotti ? Est-ce que vous avez l'impression que la page des retraites est tournée, que le pays va vers l'apaisement ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Les retraites ont mis en lumière vos divisions dans le parti. On rappelle que près de 20 députés sur les 62 LR ont voté la motion de censure contre Elisabeth Borne.
- 1:12RelanceRéponse directe
Mais ce n'est pas fini, Éric Ciotti, ce n'est pas fini, puisque le groupe parlementaire Liot va déposer le 8 juin prochain une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites. Elle pourrait passer, si on fait les comptes. En tout cas, ce n'est pas plié. Est-ce qu'il y en aura d'autres qui vont le voter, ce texte ?
- 1:32FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il y en aura d'autres qui vont le voter, ce texte ?
- 2:11RelanceRéponse directe
Oui, mais votre groupe aura la même attitude, c'est-à-dire qu'on va avoir 20 députés LR qui vont voter le texte de Charles de Courson ?
- 2:21RelanceRéponse directe
Mais pourquoi vous ne les sanctionnez pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:53Invité politiqueFait
« J'ai soutenu cette réforme des retraites, je l'assume. »
- 1:57Invité politiqueFait
« elle était nécessaire, voire indispensable, face à la gravité de la situation de notre pays, face à l'évolution démographique, et avec un seul objectif, maintenir le système par répartition. »
- 5:19Invité politiqueChiffre
« Jamais nous n'avons accueilli autant d'étrangers dans notre pays. Ce fut le cas en 2022, avec des chiffres records, 480 000 titres de séjour légaux, sans compter ceux qui sont arrivés en situation illégale. »
- 5:28Invité politiqueFait
« On a une situation de tension extrême à la frontière franco-italienne. »
- 5:55Invité politiqueFait
« Ce n'est pas une position politique. Aujourd'hui, nos analyses conduisent à penser que ce RIP n'est pas conforme à la Constitution. »
- 6:20Invité politiquePromesse
« Donc, la France sortira de la CEDA. »
- 6:29Invité politiqueFait
« le droit national en matière migratoire doit primer en chaque circonstance. »
- 8:43Invité politiqueFait
« La Constitution dit qu'il n'y a qu'un seul emblème, c'est le drapeau tricolore. »
- 9:21PrésentateurChiffre
« Notre priorité, faire payer ce qu'il doit aux ultra-riches et aux multinationales qui fraudent. Il prévoit notamment d'augmenter de 25% les contrôles fiscaux sur les ultra-riches. »
- 9:31Invité politiqueFait
« Lutter contre la fraude, qu'elle soit fiscale ou sociale, va toujours naturellement dans le bon sens. »
- 9:37Invité politiqueChiffre
« si on en est là, c'est parce qu'on est le pays au monde où l'on paie le plus d'impôts, où les prélèvements obligatoires sont les plus lourds. »
- 10:09Invité politiqueFait
« je pense et je considère que Laurent Wauquiez est celui qui a le plus d'atouts pour nous mener à la victoire. »
Temps de parole
- Éric Ciotti68 %
- Présentateur32 %
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Il est 7h49 et notre premier invité ce matin est Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, président des Républicains. Bonjour à vous.
Bonjour.
Merci d'être là, d'être de retour dans la matinale d'Inter. Ça faisait plus d'un an, on a regardé que vous n'étiez pas venu. Ah bon ? Eh oui. Alors bienvenue. Le temps passe. Eh oui. Avant d'évoquer avec vous la situation du parti que vous présidez, les LR, un mot sur les commémorations d'hier. Les commémorations du 8 mai, le président a remonté les Champs-Elysées presque vides, les rassemblements ayant été interdits par peur des casseroleades. Qu'est-ce que cette image vous inspire, Éric Ciotti ? Est-ce que vous avez l'impression que la page des retraites est tournée, que le pays va vers l'apaisement ?
Je ne le crois pas. Et ces images, malheureusement, ont l'effet contraire de ce qu'elles recherchaient, de ceux qui ont organisé cet isolement recherché, puisqu'on ne parle que de ça. C'est une image triste, triste, dans un moment de commémoration joyeuse, celle de la victoire, celle de la mémoire. Avoir isolé les Français de ces cérémonies, c'est une erreur et c'est même une faute.
Les retraites ont mis en lumière vos divisions dans le parti. On rappelle que près de 20 députés sur les 62 LR ont voté la motion de censure contre Elisabeth Borne. Mais ce n'est pas fini, Éric Ciotti, ce n'est pas fini, puisque le groupe parlementaire Liot, c'est-à-dire Charles de Courson, pour faire court, va déposer le 8 juin prochain une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites. Elle pourrait passer, si on fait les comptes. En tout cas, ce n'est pas plié. Le député LR chez vous, Aurélien Pradié, a déjà prévenu qu'il votera ce texte. Est-ce qu'il y en aura d'autres qui vont le voter, ce texte ?
On aura une liberté de vote, c'est la règle chez nous. Moi, ce que je dis, et ce que je ferai personnellement, ce que feront la plupart des responsables de notre groupe, c'est d'être cohérent. J'ai soutenu cette réforme des retraites, je l'assume. Je le dis très clairement, pourquoi ? Parce qu'elle est, selon moi, et pas que selon moi, elle était nécessaire, voire indispensable, face à la gravité de la situation de notre pays, face à l'évolution démographique, et avec un seul objectif, maintenir le système par répartition. J'aurai la même attitude, j'aurai la même attitude.
Oui, mais votre groupe aura la même attitude, c'est-à-dire qu'on va avoir 20 députés LR qui vont voter le texte de Charles de Courson ?
Je pense qu'il y aura une cohérence par rapport aux positions qui ont déjà été adoptées.
Mais pourquoi vous ne les sanctionnez pas ?
Pourquoi vous ne les sanctionnez pas ? Parce que c'est la liberté qui prime, on n'est pas une caserne. Vous connaissez ? On essaiera de convaincre, en tout cas, cette procédure, je suis persuadé qu'elle n'ira pas au bout du processus législatif pour abroger la loi. Il y a un débat au Sénat, notre famille politique, c'est le groupe à l'Assemblée, mais c'est aussi le Sénat, c'est notre bureau politique. Donc personnellement, je souhaite qu'il y ait une réforme des retraites, et nous serons cohérents avec cette attitude.
Après, il y a des positions individuelles, elles ont été exprimées par le passé, il est assez normal qu'elles soient conformes à ce qui a été fait, à ce que certains ont fait il y a plusieurs semaines.
Oui, vous dites que ce n'est pas une caserne, mais on pourrait quand même vous rétorquer, on pourrait vous citer la phrase de Jacques Chirac, « Un chef, c'est fait pour cheffer ». À un moment, est-ce que vous cheffez suffisamment ? Parce que je vous parle des retraites, mais on voit aussi des dissensions, même sur l'immigration, qui est un sujet hyper important chez vous, les LR, vous n'êtes pas d'accord. Aurélien Pradié, il est pour le RIP, vous êtes contre ? Vous êtes contre, n'est-ce pas, sa proposition de RIP sur l'immigration ?
Ce n'est pas une position politique. Aujourd'hui, nos analyses conduisent à penser que ce RIP n'est pas conforme à la Constitution. On l'a vu sur les deux RIP qui ont été déposés pour les retraites, il y a une barrière du Conseil constitutionnel. Le président Larcher l'a dit, et je pense qu'il a raison. Donc on ne peut pas dire, on ne peut pas orienter les Français sur des voies qui ne peuvent pas aboutir sur l'immigration. Nous sommes unis, nous allons encore y travailler ce matin.
Je vais vous quitter pour présider une réunion avec Gérard Larcher, avec Bruno Retailleau, avec Olivier Marlex, pour faire en sorte que nous déposions très vite, dans les mêmes termes à l'Assemblée et au Sénat, un texte de réforme puissant et un texte qui va aussi réformer notre Constitution parce que sans réforme de notre Constitution, on ne pourra rien faire en matière de retraite.
Et justement, vous précisez, vous l'avez déclaré au Figaro, c'est-à-dire une phrase qui m'a étonnée, c'était il y a quelques jours, je porterai un texte de loi constitutionnelle visant à réformer notre Constitution pour retrouver une souveraineté nationale absolue. Vous parliez du sujet de l'immigration. Aucun traité ne doit être supérieur à la Constitution française pour décider de qui nous devons accueillir ou pas. Là, vous visez la Cour européenne des droits de l'homme. C'est au peuple français de décider quelle politique il souhaite, pas à France Inter. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je ne comprends pas. Vous pensez sérieusement que France Inter fait la politique de la France ?
Vous nous prêtez beaucoup trop de pouvoir.
En tout cas, certains qui participent à des messages permanents pour bloquer une situation. Des commentaires, ce n'est pas la radio de façon institutionnelle. C'est certains de vos commentateurs, c'est une forme de ligne que je résumerai dans un soutien à une politique migratoire qui, aujourd'hui, nous conduit à une situation de blocage. Jamais nous n'avons accueilli autant d'étrangers dans notre pays. Ce fut le cas en 2022, avec des chiffres records, 480 000 titres de séjour légaux, sans compter ceux qui sont arrivés en situation illégale. On a une situation de tension extrême à la frontière franco-italienne. Donc, il faut changer de cadre. Il faut changer de cadre.
Et pour changer de cadre, il faut une réforme de la Constitution puissante qui permet de retrouver un effet. Je l'ai dit, cette souveraineté.
Sur le fond, vous voulez revenir sur nos engagements conventionnels. On a signé des traités. On a signé notamment la Cour européenne des droits de l'homme. Et vous voulez en sortir de ces traités ? Puisque l'article 8 permet le regroupement familial.
Oui, justement.
Vous voulez quoi ? On sort du traité ? On supprime le regroupement familial ?
Je veux que les Français approuvent par référendum une réforme constitutionnelle qui nous permette de retrouver notre souveraineté et qui dise qu'en matière migratoire, il y a une primauté de la volonté du législateur et qu'on ne peut pas subir cette pression migratoire de fait de ses engagements. Donc, la France sortira de la CEDA. Il faut les revoir. Il faut les revoir. Il faut dire que si le législateur le souhaite, le droit national en matière migratoire doit primer en chaque circonstance. Ça peut vous choquer ? C'est pour ça que... Non, non, ça ne me choque pas. Je vous demande juridiquement si c'est possible. C'est pour ça que j'évoquais les réticences à France Inter.
Je les connaissais et je les ai anticipées.
Ce n'est pas la réticence de France Inter, Éric Ciotti. C'est la question du droit. Le droit européen s'applique...
Les Français, en tout cas, si demain nous sommes en responsabilité, nous sommettrons cette question. Les Français devront choisir. Et j'appelle le président de la République à faire ce référendum. En tout cas, je déposerai ce texte pour réformer notre constitution et pour garantir la primauté en matière de politique migratoire, c'est-à-dire savoir qui on veut accueillir et qui on ne veut pas accueillir. C'est aux Français de le décider et pas à des textes qui ont une légitimité qui n'est pas assurée, qui n'est pas installée.
Georgia Meloni, en Italie, c'est un exemple pour vous ?
Je ne sais pas si c'est un exemple. Elle a été élue. Elle dirige un grand État démocratique avec lequel nous devons être un partenaire. Et elle conduit une politique qui me paraît responsable.
Elle met en garde la France contre toute utilisation de l'Italie dans ses problèmes de politique intérieure. Elle vise encore les propos de Gérald Darmanin.
Elle a raison.
Qui l'a accusé d'être incapable de gérer les problèmes migratoires. Vous comprenez cette mise en garde de l'Italie contre la France ?
Elle a raison, bien sûr. Ce débat, cette instrumentalisation, là encore, c'est un alibi, c'est un faux semblant, c'est pour détourner l'attention. Aujourd'hui, nous avons des chiffres, je le souligne à nouveau, qui sont extrêmement mauvais. Jamais ils n'ont été aussi mauvais. Et on va chercher des boucs émissaires ailleurs. Le problème n'est pas là. Le problème, c'est la protection des frontières externes de l'Europe. La situation, notamment du fait de l'attitude de la Tunisie, mais aussi de l'Algérie, du fait du chaos libyen, installe aujourd'hui aux portes de l'Europe une situation qui est insoutenable.
C'est là où il faut agir et ne pas attaquer nos partenaires européens, qui assurent finalement le rôle de garde frontière.
Deux petites questions rapides, réponses rapides s'il vous plaît. L'Assemblée nationale examine aujourd'hui une proposition de loi Renaissance pour rendre obligatoire les drapeaux européens sur le fronton des mairies, en plus des drapeaux français.
La Constitution dit qu'il n'y a qu'un seul emblème, c'est le drapeau tricolore. Nous allons amender ce texte en soulignant le caractère obligatoire pour le drapeau tricolore, on est d'accord, mais pour le rendre facultatif pour le drapeau européen. C'est un amendement qui sera porté par le groupe. J'ai vu que d'autres groupes dans la majorité, notamment le Modem de M. Bayrou, étaient hostiles à ce texte qui est un texte à nouveau alibi. Arrêtons avec les gadgets, concentrons-nous sur les vrais problèmes, il n'en manque pas.
Dernière question dans une petite demi-heure, Gabriel Attal sera à votre place. Le ministre des Comptes publics dévoile aujourd'hui son plan pour lutter contre la fraude fiscale. Notre priorité, faire payer ce qu'il doit aux ultra-riches et aux multinationales qui fraudent. Il prévoit notamment d'augmenter de 25% les contrôles fiscaux sur les ultra-riches. Ça va dans le bon sens ce texte ?
Lutter contre la fraude, qu'elle soit fiscale ou sociale, va toujours naturellement dans le bon sens. Mais rappelons-nous aussi, peut-être, si on en est là, c'est parce qu'on est le pays au monde où l'on paie le plus d'impôts, où les prélèvements obligatoires sont les plus lourds. Là aussi, ils ont franchi des records. C'est une question sur laquelle nous devrions nous pencher. Faire baisser la pression fiscale, faire baisser le coût des prélèvements obligatoires sur les ménages, sur les entreprises. Là, on gagnerait de l'argent.
On lui en parlera. Il va bien, Laurent Wauquiez ?
Il va très bien.
Vous deviez le nommer là. Vous aviez dit, début 2023, il faut vite qu'on le nomme notre candidat naturel. On est mis 2023, c'est toujours pas fait.
C'est à lui de le décider. Je me fixe à son calendrier. En tout cas, je le dis, je pense et je considère que Laurent Wauquiez est celui qui a le plus d'atouts pour nous mener à la victoire.
Merci Eric Ciotti.
Éric Ciotti