Meeting du 29/03 - Discours de Nathalie Arthaud
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- 1:48Invité politiqueFait
« Dès qu'ils entrent en lutte pour leurs intérêts, ils touchent au cœur de la société bourgeoise, ils touchent au profit et à la domination de la classe capitaliste. »
- 2:04Invité politiqueFait
« Ce fut le cas en mai-juin 1936 et en 1968, eh bien elle a fait pression sur la bourgeoisie. »
- 11:28Invité politiqueFait
« Prenez le barrage minier qui s'est rompu en janvier dernier au Brésil. La coulée de boue a enseveli maisons et villages, a fait 400 morts et disparus, et a pollué toute une vallée pour des décennies. »
- 11:44Invité politiqueFait
« Depuis 2001, il y avait déjà eu 7 cas de rupture de barrage similaires. »
- 12:05Invité politiqueFait
« Et on peut en dire autant de toutes les grandes catastrophes, comme celle de Fukushima au Japon, comme celle en novembre dernier de Campfire, cet incendie meurtrier en Californie, qui, parce que les lignes à haute tension n'étaient pas entretenues, a rasé la ville de Paradise, une ville de 27 000 habitants. »
- 13:41Invité politiqueFait
« Amazon détruit chaque année plus de 3 millions de produits manufacturés neufs parce que les détruire revient moins cher que les stocker. »
- 22:48Invité politiqueChiffre
« 26 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité. »
- 26:44Invité politiqueChiffre
« Les Bulgares ont un SMIC qui plafonne à 260 euros. »
- 26:49Invité politiqueChiffre
« Les Roumains travaillent 500 heures de plus que nous par an. »
- 34:10Invité politiqueFait
« Beaucoup sont amenés à s'éloigner de leur lieu de travail et de s'endetter sur 10, 20, 30, 40 ans maintenant. »
- 34:20Invité politiqueFait
« Derrière ce principe prétendument sacré de la propriété privée, il y a surtout le droit de la bourgeoisie d'exploiter ceux qui n'ont rien et le droit, du coup, de les priver de toute propriété. »
- 34:36Invité politiqueFait
« Et combien aussi de patrons, petits et moyens, finissent ruinés et expropriés par plus gros qu'eux. »
- 34:43Invité politiqueFait
« Historiquement, la bourgeoisie a exproprié à tour de bras en exploitant et en massacrant des peuples entiers dans la colonisation, en déportant des millions d'êtres humains dans la traite transatlantique. »
- 34:56Invité politiqueFait
« Son économie a chassé les paysans de leur campagne. »
- 35:10Invité politiqueFait
« Alors, la propriété privée, la libre initiative, c'est la feuille de vigne idéologique de la bourgeoisie qui est la classe qui a le plus exproprié. »
- 35:22Invité politiqueFait
« Le respect de la propriété privée fait donc partie des chaînes que les travailleurs doivent briser. »
- 35:28Invité politiqueFait
« Il faut exproprier les expropriateurs, disait Marx, et bien c'est plus vrai que jamais. »
- 36:04Invité politiqueFait
« Avec la crise, nous entrons dans l'âge de la colère et des révoltes sociales. »
- 36:12Invité politiqueFait
« Regardez la révolte du peuple algérien qui se mobilise depuis des semaines par millions pour en finir avec un système unique où une clique de privilégiés s'approprie les ressources de l'État. »
- 37:21Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, en Algérie, la grande bourgeoisie dispose avec l'État d'une série d'appareils. La présidence, les services secrets et surtout l'armée. »
- 37:40Invité politiqueFait
« Ils ont tous été sélectionnés, dressés pour maintenir la stabilité de l'ordre social, c'est-à-dire pour préserver l'ordre capitaliste, à commencer par l'armée. »
- 37:50Invité politiqueFait
« La clique autour de Bouteflika se divise peut-être, mais bien des postulants pour le remplacer offriront leurs services et proposeront des solutions pour désamorcer la mobilisation populaire par la tromperie et aux besoins par la violence. »
- 40:53Invité politiqueFait
« Les élections européennes comme toutes les élections sont des événements mineurs par rapport à des mobilisations qui mettent la population en mouvement et qui font progresser sa conscience politique. »
- 41:06Invité politiqueFait
« Cette conscience que les choses ne changent pas par les urnes mais par la lutte. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud100 %
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Travailleuses, travailleurs, chers camarades, chers amis, nous nous adressons en priorité à notre classe sociale, la classe ouvrière, celle des exploités, c'est-à-dire des salariés qui n'ont que leur travail pour vivre. Et le programme qu'a présenté Jean-Pierre correspond à ses intérêts généraux. Cela signifie-t-il que nous ignorons toutes les autres victimes de cette société capitaliste ? Bien sûr que non. Nous ne négligeons pas les ravages du racisme et du sexisme. Nous dénonçons le sort inhumain fait aux migrants. L'avenir de la planète fait partie de nos préoccupations essentielles.
Mais nous faisons le choix de militer d'abord en direction des travailleurs, parce que c'est la seule classe sociale qui peut supprimer l'exploitation de l'homme par l'homme et les mille et une injustices qui en découlent. Ce n'est pas que les travailleurs aient une conscience révolutionnaire supérieure. En temps normal, ils ne sont pas plus combatifs que d'autres catégories sociales. Quand il n'y a pas de lutte collective, eh bien ils acceptent leur sort. Ils s'adaptent à la société et épousent les valeurs bourgeoises dominantes, l'individualisme, le carriérisme, le nationalisme. Mais les travailleurs ont ceci de particulier, qu'ils sont à l'intérieur même des citadelles qu'il faut prendre.
Dès qu'ils entrent en lutte pour leurs intérêts, ils touchent au cœur de la société bourgeoise, ils touchent au profit et à la domination de la classe capitaliste. Cela leur donne un levier incomparable pour peser sur les maîtres de la société. A chaque fois que la classe ouvrière s'est massivement mobilisée, à partir des entreprises, en faisant grève et parfois en les occupant, ce fut le cas en mai-juin 1936 et en 1968, eh bien elle a fait pression sur la bourgeoisie. Avec le mouvement des Gilets jaunes, on a entrevu les capacités de révolte et de mobilisation des classes populaires.
Mais on a aussi vu que manifester les samedis, occuper les ronds-points et briser quelques vitrines peuvent gêner peut-être le gouvernement, mais très peu le grand patronat. Ce que les Peugeot, Arnaud, Michelin craignent par-dessus tout, c'est que les travailleurs n'acceptent plus de se faire voler le fruit de leur travail et contestent leur domination sur les grandes entreprises. La classe ouvrière n'est pas seulement la mieux placée pour mener le combat, elle est aussi notre seul espoir de transformation de la société, parce qu'elle est porteuse d'une organisation économique nouvelle, une économie fondée sur la gestion collective des grands moyens de production.
C'est le capitalisme lui-même qui a rassemblé les travailleurs dans les grandes entreprises, qui leur a appris à travailler ensemble et qui les a rendus interdépendants. Rien ne se produit sans la coopération de centaines, de milliers de travailleurs. Le travail est de plus en plus collectif, il est de plus en plus socialisé, mais l'appropriation des richesses est individuelle. Eh bien, les salariés qui font tourner collectivement l'économie ne travailleront pas éternellement pour le compte d'une minorité de parasites irresponsables.
Tôt ou tard, ils chercheront à s'en libérer et ils construiront une organisation économique sans bourgeoisie, sans exploitation, sans classe sociale, une organisation économique et sociale supérieure au capitalisme, plus rationnel, mieux organisée et surtout destinée à répondre aux besoins immédiats et futurs de toute l'humanité. Notre slogan de campagne, contre le grand capital, le camp des travailleurs, est un objectif, une perspective politique pour changer la société. Tout reste à faire parce que, depuis bien des années, le camp des travailleurs n'a pas d'existence politique, en ce sens que la conscience de classe a considérablement reculé.
Tous les salariés ont pour point commun de devoir vendre leurs forces de travail, manuelles ou intellectuelles, à ceux qui possèdent les moyens de production. Ils ont pour point commun d'être dépendants d'un capitaliste pour leur emploi, pour leur salaire et pour leur retraite future. Mais même dans ce monde des exploités, les situations sont très diverses. Il y a ceux à qui on donne un travail et ceux qui n'ont même pas la possibilité de se faire exploiter, les chômeurs. Il y a les travailleurs qui sont à la retraite ou en invalidité.
Et le fait est qu'un ingénieur, un cadre supérieur ou un pilote d'avion ne vit pas dans les mêmes quartiers et ne partage pas la vie des ouvriers, des postiers ou des aides-soignantes. Un salarié payé 3 000 euros par mois, qui peut compter sur l'héritage familial, lui assurant une certaine sécurité, n'a pas les mêmes soucis, ni le même sentiment d'injustice et d'urgence qu'un salarié payé au SMIC, un intérimaire ou un chômeur. Et combien de femmes et d'hommes, parce qu'ils échappent aux travailleurs en usine, ne se sentent pas faire partie de la classe ouvrière ?
Et c'est sans oublier l'histoire personnelle de chacun, les différences d'origine, de nationalité et de sexe, qui recouvrent toujours des préoccupations particulières. C'est sur ces différences que la bourgeoisie et ses politiciens jouent en permanence pour diviser le monde du travail. Alors oui, comme l'a dit Jean-Pierre, il faut un ciment pour relier les millions d'exploités. Et ce ciment, c'est la conscience de nos intérêts collectifs. Ce ciment, c'est la conscience de classe, forgée, incarnée et propagée dans un programme. Le programme que Jean-Pierre vient de présenter, un programme de lutte pour les travailleurs confrontés à la crise, à la faillite de ce système capitaliste.
Les salariés ne sont pas les seules victimes du capitalisme. La concurrence et le marché font en permanence beaucoup de dégâts dans les rangs de la petite bourgeoisie. En témoigne l'extinction des petits commerces de centre-ville au profit des grandes surfaces, la disparition des libraires écrasés par le rouleau compresseur d'Amazon. Le fonctionnement normal de la concurrence et du capitalisme s'apparente à une jungle où le grand capital écrase le petit. Et avec la crise, la paupérisation d'une partie de cette petite bourgeoisie s'est accélérée et s'est considérablement aggravée.
D'abord du fait de la chute du pouvoir d'achat des classes populaires qui mettent en difficulté nombre de coiffeurs, de garagistes, de fleuristes. Et puis parce que la pression du grand capital est de plus en plus forte. Nombre de petits commerçants sont étranglés par les intermédiaires, par les transformateurs, par les banques. La pression à la compétitivité des grands groupes frappe aussi les sous-traitants ou les fournisseurs dès qu'ils sont moins puissants. Combien de petits agriculteurs en font les frais ? Alors oui, des raisons de se révolter, il y en a aussi dans les rangs de la petite bourgeoisie.
Les travailleurs qui sont à leur compte ont d'ailleurs été nombreux à enfiler le gilet jaune. Et ils peuvent exprimer autant de rage et de révolte que bien des ouvriers et des chômeurs. Mais la petite bourgeoisie, avec ses sommets qui se confondent à la bourgeoisie et ses couches inférieures, parfois très pauvres, est écartelée politiquement. L'entrepreneur à la tête d'une start-up ou d'une PME de 100 salariés, qui espère grossir, est porté à partager les perspectives anti-ouvrières de la grande bourgeoisie. Pas forcément la coiffeuse qui travaille toute seule, ou le maçon qui emploie deux ou trois salariés, et dont l'activité dépend directement du pouvoir d'achat des classes populaires.
Eh bien, entraîner dans le camp des travailleurs, une partie d'entre eux sera aussi tout l'enjeu des luttes futures. Si les travailleurs se battent, ils peuvent et doivent avoir une politique pour se faire le porte-parole de toutes les victimes du grand capital. En mettant sous contrôle les grands groupes industriels et financiers, en faisant la lumière sur les circuits de l'argent, en montrant les marges que les plus gros se font sur les petits, en dévoilant les taux drastiques imposés par les banques aux plus fragiles, alors qu'elles prêtent avantageusement aux plus riches, les travailleurs mobilisés inspireront confiance et montreront qu'ils représentent une alternative au grand capital.
Alors oui, le combat de la classe ouvrière ouvre des perspectives non seulement pour les exploités, mais pour l'ensemble des classes populaires. Lutter pour les exigences élémentaires de la classe ouvrière, c'est se battre pour que l'ensemble des producteurs ne soient pas poussés vers la déchéance. C'est sauver ce que la société a de plus vital, c'est se battre pour l'avenir de toute la société. Il s'agit de l'avenir de la société et aussi de l'avenir de la planète. Parce que s'il y a un problème qui pose de façon flagrante la nécessité de contrôler ce que ces grands groupes, ce que font ces grands groupes, et les choix qu'ils prennent, c'est bien la question écologique.
Le gouvernement et nombre de défenseurs de l'environnement la posent en termes individuels. Chacun serait responsable de la situation. On consommerait mal, on consommerait trop. Et il faudrait que chacun adopte les petits gestes qui peuvent sauver la planète. Si nous raisonnons ainsi, nous courrons droit à la catastrophe. Car il s'agit d'abord et avant tout d'un problème collectif. C'est le problème de l'énergie, des déplacements, de la gestion des ressources naturelles. Et c'est la question de ce que l'on produit. En quelle quantité et comment ? Et qui décide dans tous ces domaines ? Eh bien les grands groupes capitalistes.
Dont la seule ligne de conduite en matière économique ou écologique, c'est, après moi, le déluge. Parce qu'il n'y a que la concurrence et le profit qui comptent pour ces gens-là. Et on le mesure à chaque catastrophe écologique. Prenez le barrage minier qui s'est rompu en janvier dernier au Brésil. La coulée de boue a enseveli maisons et villages, a fait 400 morts et disparus, et a pollué toute une vallée pour des décennies. Depuis 2001, il y avait déjà eu 7 cas de rupture de barrage similaires. C'était une catastrophe annoncée. Ce choix d'exploiter des mines à ciel ouvert par lavage avec de l'eau, parce que cela coûte moins cher, avait été dénoncé. Rien n'a été fait.
Et on peut en dire autant de toutes les grandes catastrophes, comme celle de Fukushima au Japon, comme celle en novembre dernier de Campfire, cet incendie meurtrier en Californie, qui, parce que les lignes à haute tension n'étaient pas entretenues, a rasé la ville de Paradise, une ville de 27 000 habitants. Et puis, à côté de ces catastrophes, il y a la pollution ordinaire, la destruction de la planète à petit feu, avec la déforestation, la pollution des nappes phréatiques, le réchauffement climatique, le retraitement des déchets revendus aux pays pauvres, qui transforment d'immenses zones d'Afrique en dépotoirs dangereux.
Tout cela, encore une fois, parce que l'activité économique est livrée aux lois de la propriété privée, du marché et du profit. Alors qu'il faudrait user d'interdictions et de mesures contraignantes, les groupes capitalistes sont incités à faire autrement. Et puis, la situation s'aggrave. Les gouvernements renaclent à interdire et contraindre parce qu'ils ne veulent pas gêner leurs champions industriels dans la guerre économique, parce qu'ils sont prisonniers, non seulement des lobbies, mais du fonctionnement même de l'économie capitaliste.
Cette soumission à l'ordre social conduit, y compris certains écologistes, qui sur une liste écolo, qui sur une liste macroniste, à nous expliquer que l'écologie est tout à fait compatible avec les lois du marché. Mais ce sont bien ces lois du marché qui ont conduit les fabricants à inonder la planète de plastique. Ce sont les lois du marché qui font qu'Amazon détruit chaque année plus de 3 millions de produits manufacturés neufs parce que les détruire revient moins cher que les stocker. Au Brésil, pendant la Grande Dépression des années 1930, les compagnies de chemin de fer brûlaient du café dans leur locomotive pour écouler les invendus.
Et en Californie, on a arrosé de pétrole des oranges pour éviter qu'elles soient mangées par les affamés. C'est resté le symbole du capitalisme auquel donnent lieu les crises du capitalisme, avec leur lot d'usines fermées et de nouveaux chômeurs. Mais ce gâchis, en fait, il est permanent. Ne serait-ce que du fait que des millions de femmes et d'hommes au chômage sont condamnés à l'inactivité. Le préalable pour maîtriser l'impact de l'activité économique sur l'environnement est d'empêcher les grands groupes industriels et financiers de nuire.
Sous commandement de la bourgeoisie, les multinationales servent à piller la planète et à exploiter des dizaines de milliers de travailleurs à travers le monde. Sous la direction démocratique de la collectivité, ces mêmes multinationales seraient des outils fabuleux pour planifier ce qui doit l'être et organiser l'économie. Sans exproprier la bourgeoisie et en finir avec la propriété privée des grands moyens de production à l'échelle internationale, on pourra toujours parler d'écologie. Ce seront des paroles en l'air.
Pour avoir une chance de préserver la planète et la vie sur Terre, il faut que l'humanité puisse décider de ce que l'on produit et réfléchir à la meilleure façon de le faire en toute conscience et en prenant en considération tous les aspects des problèmes qui se posent de la production de l'énergie à celle des modes de consommation. C'est l'intérêt de la classe ouvrière et c'est l'intérêt de toute la société humaine. Et puisque nous sommes dans le cadre d'une campagne pour les élections européennes et que l'on parle d'Europe et de frontières, je voudrais rajouter que l'écologie nécessite d'enlever ces œillères nationales.
En matière d'environnement, il n'y a pas de protectionnisme national ou européen qui vaille. Il n'y a qu'une planète, qu'une seule atmosphère, qu'un même vaste océan et les émissions de gaz à effet de serre n'importe où dans le monde entraînent le réchauffement de toute la planète. Alors, on ne peut sûrement pas se satisfaire de déplacer les problèmes comme on le fait avec les vieux tanqueurs qui sont désossés sur certaines plages du Bangladesh ou lorsque les vieux diesels qui ne peuvent plus rouler en France empoisonnent les rues de Lagos ou d'Abidjan. Pour préserver la planète, il faudra que les travailleurs prennent le pouvoir et se coordonnent à l'échelle du monde.
Alors, abat le nationalisme et vive la perspective d'une véritable organisation économique respectueuse des besoins de tous les peuples et de la planète. Les communistes révolutionnaires sont les seuls à avoir pour objectif et pour programme le renversement du système politique de la bourgeoisie et du capitalisme. Les politiciens de la bourgeoisie n'imaginent pas d'autre ordre social et ils prétendent le moraliser et le réorienter sur une voie sociale et écologique. Ils tirent des plans sur la comète, nous parlent d'investissement vert, de transition écologique. c'est totalement vain. La bourgeoisie et son système capitaliste sont devenus des poids à mort, des obstacles au développement.
Il est loin le temps où Marx avait rendu hommage à la classe capitaliste en soulignant qu'elle faisait, je cite, « la preuve de ce dont est capable l'activité humaine ». Aujourd'hui, la bourgeoisie n'est plus capable de grandes idées ni de grands progrès. investir dans la production utile ne l'intéresse que si ses profits sont garantis. Et c'est de moins en moins le cas. Que ce soit pour Ford, pour Ascoval, pour Arjo Wiggins, là, qui a déposé, qui a été mis en liquidation aujourd'hui, eh bien, le gouvernement a cherché un repreneur. Il n'en a pas trouvé qu'il soit prêt à aligner suffisamment de capitaux. Ce n'est pas que les capitalistes manquent d'argent.
de l'argent, ils en ont, ça dégouline de tous les côtés. Mais ils ne veulent pas investir leurs capitaux dans la production parce que les perspectives de croissance des profits ne sont pas suffisantes du fait de la saturation des marchés et de la concurrence féroce. Le capitalisme est englué dans ses propres contradictions. Il a pour moteur la recherche de profits. Profits qui se réalisent en laminant les salaires. Ce faisant, ils réduisent le pouvoir d'achat, les débouchés et donc les futurs profits.
Le capitalisme est né avec cette contradiction fondamentale et tout au long de son histoire, il a été secoué par des crises récurrentes et comme n'importe quel organisme qui vieillit, il s'en remet de plus en plus mal. La crise que nous connaissons a commencé dans les années 1970 et on s'y enfonce avec une financiarisation de plus en plus délirante qui donne à l'économie l'allure d'un bateau ivre. Car oui, la financiarisation est l'autre caractéristique de ce capitalisme agonisant. À la différence de la sphère productive, la finance et la spéculation offrent, elles, des débouchés illimités et des dizaines, des centaines de milliards y affluent tous les jours.
En plus d'être un immense gâchis pour la société humaine, cette économie de casinos nous menace d'un nouveau krach que de nombreux experts de la bourgeoisie annoncent plus dévastateur encore que celui de 2008. Bien sûr, la vie continue. Il y a des progrès scientifiques, des innovations, les chercheurs sont au travail. Il y a toujours des nouveaux produits et c'est la grande force des capitalistes. Ils savent faire rêver, ils savent créer des nouveaux besoins et de nouvelles habitudes sociales. La connexion Internet, par exemple, est devenue aussi, si ce n'est plus indispensable que la machine à laver.
Mais à côté de cela, les familles ont toujours du mal à se loger, s'acheter de la viande, du poisson, du fromage. Elles ne peuvent pas se payer une mutuelle ou le permis de conduire des enfants. Le smartphone a pénétré jusque dans les régions d'Afrique ou d'Asie qui n'ont toujours pas accès à l'électricité et l'eau courante. On nous parle aujourd'hui d'intelligence artificielle. Les dirigeants des pays riches parlent de relancer la conquête spatiale et ils disent ne pas avoir d'argent pour maintenir les hôpitaux et les maternités de proximité, pour rénover les chemins de fer, pour entretenir les routes et les ponts.
Pour ceux qui disposent de quelques millions, les billets sont en vente pour faire le tour de la Lune en 2023 et ils peuvent commencer même à réserver les premiers prototypes de scooters volants. Et puis, à l'autre pôle, la famine et la malnutrition perdurent. Le travail des enfants continue. Il n'y a jamais eu autant de femmes et d'hommes réfugiés. est enfermé dans d'infâmes camps. Des millions de travailleurs sont exploités dans des conditions proches de l'esclavage et même dans les pays riches, la condition ouvrière a tellement reculé qu'aucun travailleur n'est assuré de son avenir. Ce n'est pas ça le progrès.
Le progrès, ce serait que la société assure à ceux qui la font tourner de quoi vivre dignement. La bourgeoisie ne fait plus progresser la société. Elle la décompose. Alors le problème n'est pas de se battre pour un meilleur partage des richesses. Il faut décider quelles richesses on produit, dans quelles conditions et au profit de qui. Il faut que ce soit la société qui contrôle et gère les moyens de production. De toute façon, il n'y aura pas de meilleur partage des richesses sans cela. Car ce que ne disent pas les réformistes en tout genre qui usent et abusent de cette belle formule, c'est que pour partager, il faut commander.
Et tant que la bourgeoisie commande, elle ne partagera rien et elle ne laissera que des miettes. Et c'est comme ça que nous sommes arrivés aujourd'hui à cette situation délirante où 26 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité. Alors la bourgeoisie, elle est depuis fort longtemps une classe réactionnaire. Il faut avoir pour objectif de la renverser et de la remplacer à la tête de la société. On le mesure avec l'Union Européenne. La bourgeoisie pourrit tout. Elle pervertit tout. Y compris les idées et les perspectives progressistes. Parce que, oui, unifier réellement l'Europe serait la moindre des choses. Les frontières européennes sont plus que dépassées.
L'activité de la moindre entreprise nécessite des échanges internationaux. Combien de familles mêlent plusieurs origines ? L'histoire, la vie économique et sociale, la culture ont fondu les peuples européens dans un même destin. Mais force est de constater que les politiciens aux ordres de la bourgeoisie sont incapables d'unifier réellement l'Europe. Les capitalistes européens étouffent pourtant dans leurs frontières nationales. Depuis longtemps, entre 1870 et 1914, ils se sont partagés le monde en se taillant des empires en Afrique et en Asie pour s'assurer un accès aux matières premières et des débouchés. Pour les mêmes raisons, ils ont jeté le monde entier dans deux guerres monstrueuses.
C'est en 1951, sous la pression des nécessités économiques de la reconstruction de l'après-guerre et sous l'impulsion de la bourgeoisie américaine, que les bourgeoisies européennes ont fini par se mettre autour d'une table pour commencer à construire un marché commun autour du charbon et de l'acier. Cela fait plus de 60 ans. 60 ans que la bourgeoisie de chaque pays est écartelée entre la volonté d'accéder à un marché plus vaste et l'assurance d'être protégée par son État national. 60 ans, donc, qu'ils avancent et reculent au gré de leurs rapports de force et de leurs intérêts divergents. Et aujourd'hui, eh bien, ça recule.
en témoigne le Brexit, la montée de l'extrême droite et l'emprise croissante des idées réactionnaires en Europe. Aujourd'hui, les Britanniques en sont à faire le tour des pharmacies pour stocker de l'insuline et d'autres médicaments fabriqués en Europe, de peur qu'il y ait une rupture d'approvisionnement. Le Brexit avait été présenté comme le retour à l'indépendance du pays. Le gouvernement conservateur en est réduit à acheter des réfrigérateurs et les douaniers à simuler les énormes embouteillages de poids lourds qui ne manqueront pas de se produire si les contrôles aux frontières sont rétablis.
Quant aux députés britanniques, ils sont contre le deal, contre le no deal et contre l'annulation du Brexit. Et ici, nous ne sommes pas à l'abri d'un tel retour en arrière. Les mêmes démagogues qui sont parvenus à abuser une partie des électeurs britanniques sont à l'œuvre aussi ici. Ils sont portés par la crise économique et sociale, par le pourrissement du système politique et par le rejet légitime de l'Union européenne par les travailleurs. Parce qu'en effet, cette Union européenne n'a rien fait pour les exploiter. Il y a toujours eu des politiciens pour nous faire miroiter une Europe sociale.
Mais qu'est-ce qui a été fait pour tirer vers le haut les salaires et les droits des plus exploités d'Europe ? Rien ! Les Bulgares ont un SMIC qui plafonne à 260 euros. Les Roumains travaillent 500 heures de plus que nous par an. Et quand il s'agit d'harmoniser les choses, eh bien c'est toujours au détriment des travailleurs. Par exemple, aujourd'hui, le gouvernement se sert de ce que la retraite est à 65 ans dans la plupart des pays européens pour nous faire accepter ce nouveau recul.
Quant aux droits des femmes, l'Union européenne n'a jamais fait pression sur les pays les plus réactionnaires pour les faire progresser, ne serait-ce que le droit élémentaire du droit à l'avortement qui est toujours interdit à Malte et qui est en train de reculer en Pologne. L'Union européenne nous a aussi été vendue comme un espace de libre circulation ouvert sur le monde. Et ils ont construit une forteresse dont les barbelés et les murs sont toujours plus hauts. Ils ont fait grossir le nombre d'hommes, de femmes et d'enfants contraints de risquer leur vie pour tenter leur chance en Europe. Ils ont transformé la Méditerranée en cimetière de migrants.
Même à l'intérieur de l'espace Schengen, les frontières nationales n'ont pas disparu. Aujourd'hui, elles réapparaissent même physiquement avec des policiers qui filtrent ou stoppent les passages, procèdent aux contrôles et aux fouilles. Le but est d'empêcher les migrants de passer d'un pays à l'autre. Mais la frontière de Vintimille, par exemple, est redevenue une frontière pour tout le monde. Alors oui, l'Europe construite par et pour la bourgeoisie n'est pas belle à voir. Mais les États nationaux ne le sont pas plus. Toutes les institutions de la bourgeoisie sont conçues comme des machines de guerre contre les travailleurs et contre les plus faibles.
Alors notre objectif, ce n'est pas de dénoncer telle ou telle institution de la bourgeoisie et c'est encore moins de réhabiliter les frontières nationales. Tous ceux qui se cramponnent à des frontières nationales datant de l'époque des calèches ou de la marine à voile sont des réactionnaires. L'avenir, c'est l'unité de l'Europe. Une Europe sans frontières et ouverte sur le monde et cette Europe-là, elle ne pourra être réalisée que par les travailleurs une fois arrivés au pouvoir. Nous militons pour le renversement de la bourgeoisie et notre projet pour l'Europe est celle des États-Unis socialistes d'Europe. premier pas vers une république socialiste universelle.
Premier pas pour réorganiser l'économie et la société à l'échelle où se déroule la vie économique et sociale. Mais tant que perdure l'ordre social capitaliste, eh bien il faut mener le combat dans le cadre de l'Union européenne comme dans le cadre des États qui sont dominés par la bourgeoisie. Et nous nous battrons pour renforcer les droits et la solidarité des travailleurs, pour que les droits sociaux, les salaires et les droits des femmes soient alignés par le haut. Les frontières enferment les habitants des pays pauvres dans leur prison de misère. Eh bien nous défendons la libre circulation et le droit pour tous les migrants de s'installer où ils le décident.
Alors notre projet immédiat pour l'Europe c'est un projet pour les travailleurs d'Europe, pour les exploiter, pour qu'ils ne se laissent pas faire et pour qu'ils fassent bloc. Tous les travailleurs d'Europe ainsi que nos sœurs et nos frères de classe algériens, marocains et tunisiens qui sont de l'autre côté de la Méditerranée ont rigoureusement les mêmes intérêts. Partout ils sont confrontés au licenciement, au chômage de masse, à la démolition des services publics, à la baisse du pouvoir d'achat. Eh bien il faut qu'ils se défendent ensemble. Les frontières n'ont jamais arrêté la crise. Elles n'arrêtent pas la rapacité des grands groupes capitalistes.
abat les licenciements, augmentation des salaires et des pensions, contrôle sur les affaires des capitalistes. Ce sont des revendications que l'on peut crier dans toutes les langues et dans tous les pays. Alors abat les frontières qui séparent les travailleurs. Dans la situation de crise dans laquelle nous sommes, les travailleurs ne parviendront pas à préserver leurs conditions d'existence sans une lutte âpre et difficile. Une lutte qui les amènera forcément à remettre en cause le pouvoir de la bourgeoisie.
Eh bien il faut que dès aujourd'hui, il faut s'en convaincre dès aujourd'hui, la lutte pour les revendications quotidiennes, immédiates et celle pour l'émancipation totale des travailleurs relève d'un seul et même combat. Militer pour les intérêts des travailleurs, c'est militer pour la révolution sociale. Les deux sont indissociables. La révolution ne dépend pas de notre capacité de convaincre les masses de l'affaire. Lorsque les travailleurs se mobilisent, ils ne se lèvent pas pour faire la révolution. Ils y sont amenés par la force des événements, par la lutte des classes. La première étape c'est que les travailleurs relèvent la tête, affichent leur fierté et leur dignité de travailleurs.
Mais dès que la lutte sera enclenchée, leur contestation du pouvoir de la classe bourgeoisie se posera. Et il faudra que les plus combatifs et les plus conscients des travailleurs montrent le chemin, celui de l'expropriation de la classe capitaliste. L'expropriation de la bourgeoisie est une nécessité. Toute la société est bloquée parce que les capitaux se concentrent dans les mains d'une toute petite minorité et sont intouchables, inutilisables pour la collectivité. Au nom de la propriété privée, il est interdit de contrôler l'usage fait de ces capitaux.
Il est interdit de les réquisitionner, quand bien même la société en aurait un besoin urgent pour investir dans le logement, les transports, la santé ou l'éducation. La bourgeoisie a le droit de décider seule de choix engageant toute la société parce qu'elle est propriétaire des capitaux investis dans les grandes entreprises. Eh bien, il faut lui enlever ses capitaux, c'est-à-dire l'exproprier. Depuis toujours, on nous met dans la tête que le capitalisme, c'est la liberté et que cette liberté, elle est basée sur la propriété privée. Mais la propriété privée, c'est d'abord celle de la bourgeoisie. La propriété privée du monde du travail, elle, eh bien, elle se réduit à bien peu de choses.
Nombre de salariés, d'employés sont dans l'incapacité de s'acheter ne serait-ce qu'une voiture correcte pour acheter un appartement ou une petite maison. Beaucoup sont amenés à s'éloigner de leur lieu de travail et de s'endetter sur 10, 20, 30, 40 ans maintenant. Et dès qu'il y a un licenciement ou un accident de la vie, comme on dit, eh bien, on perd tout. Derrière ce principe prétendument sacré de la propriété privée, il y a surtout le droit de la bourgeoisie d'exploiter ceux qui n'ont rien et le droit, du coup, de les priver de toute propriété. Et combien aussi de patrons, petits et moyens, finissent ruinés et expropriés par plus gros qu'eux.
Historiquement, la bourgeoisie a exproprié à tour de bras en exploitant et en massacrant des peuples entiers dans la colonisation, en déportant des millions d'êtres humains dans la traite transatlantique. Son économie a chassé les paysans de leur campagne. D'une certaine façon, cela continue aujourd'hui avec des centaines de milliers, si ce n'est des millions de femmes et d'hommes chassés de chez eux par la misère et les guerres. Alors, la propriété privée, la libre initiative, c'est la feuille de vigne idéologique de la bourgeoisie qui est la classe qui a le plus exproprié. Le respect de la propriété privée fait donc partie des chaînes que les travailleurs doivent briser.
Il faut exproprier les expropriateurs, disait Marx, et bien c'est plus vrai que jamais. Cela peut sembler loin des préoccupations et de ce que les travailleurs sont prêts à faire aujourd'hui. Mais ne craignons pas d'affirmer nos perspectives révolutionnaires. Si nous avons un problème, ce n'est pas celui d'être en avance, c'est plutôt celui d'être en retard. Avec la crise, nous entrons dans l'âge de la colère et des révoltes sociales. Elles ont déjà commencé. Regardez la révolte du peuple algérien qui se mobilise depuis des semaines par millions pour en finir avec un système unique où une clique de privilégiés s'approprie les ressources de l'État.
Ces événements ouvrent bien des perspectives. Mais il peut y avoir des millions de femmes et d'hommes dans la rue, prêts à beaucoup de sacrifices, sans qu'ils trouvent le chemin pour défendre leurs intérêts. Contester l'ordre établi ne dit pas ce qu'il faut mettre à la place. Cela ne dit pas aux travailleurs comment ils peuvent s'organiser, ni derrière qui. dans toutes les mobilisations un peu profondes, les travailleurs se trouvent mélangés à bien d'autres catégories sociales dont les objectifs sont divers, voire opposés à leurs intérêts. Alors, pour les exploiter, il faut réussir à repérer les vrais et les faux amis.
Il faut s'organiser pour peser sur les événements et faire respecter leurs intérêts. C'est un combat qui est toujours difficile et il l'est encore et il l'est plus encore lorsque les travailleurs ne sont pas préparés politiquement. Aujourd'hui, en Algérie, la grande bourgeoisie dispose avec l'État d'une série d'appareils. La présidence, les services secrets et surtout l'armée. Ils peuvent être l'enjeu de rivalité entre clans pour le pouvoir, pour l'influence, pour les positions. Mais ils ont tous été sélectionnés, dressés pour maintenir la stabilité de l'ordre social, c'est-à-dire pour préserver l'ordre capitaliste, à commencer par l'armée.
La clique autour de Bouteflika se divise peut-être, mais bien des postulants pour le remplacer offriront leurs services et proposeront des solutions pour désamorcer la mobilisation populaire par la tromperie et aux besoins par la violence. A chacune des initiatives destinées à préserver les intérêts politiques et les privilèges économiques de la bourgeoisie, il faudrait que la classe ouvrière puisse opposer sa propre politique. Le rôle d'un parti ouvrier révolutionnaire serait d'incarner cette politique de classe et de proposer aux travailleurs la politique correspondant aux nécessités et aux rapports de force du moment.
C'est en jouant ce rôle que même une petite organisation peut devenir un parti et que le parti peut être reconnu par la classe ouvrière comme son état-major. La mobilisation populaire en Algérie est massive, mais nul ne peut préjuger de sa profondeur ni de la possibilité de la classe ouvrière d'y jouer un rôle indépendant. Comme ici, il n'existe pas en Algérie de partis communistes révolutionnaires ayant une influence sur une partie même très minoritaire du prolétariat. Or, l'existence d'un parti de classe même embryonnaire est un élément du rapport de force et surtout de sa dynamique.
L'ampleur de la mobilisation des Algériens et surtout sa soudaineté qui plus est dans un pays qui a connu moult répressions ont surpris tous les observateurs parce que les grandes révoltes populaires ne s'annoncent pas. Elles éclatent. Et disons-nous bien que cela peut éclater n'importe où avec le même caractère soudain y compris dans un pays impérialiste riche comme la France mais où la crise du capitalisme appauvrit une partie de plus en plus importante de la population. Et là aussi il sera nécessaire et urgent d'avoir un parti.
Tant que les classes populaires ne sont pas massivement en mouvement la nécessité d'un tel parti pour les travailleurs en lutte peut apparaître comme une pure spéculation mais dans le feu de l'action tout se précipite. Si les événements entraînent de larges masses ouvrières il est possible qu'un parti se crée. Mais ceux qui sont conscients de la nécessité de le construire ont intérêt à le préparer à l'avance pour l'aguerrir dans les multiples aspects même limités des luttes de classe quotidiennes. Et puis il faut le préparer par avance parce que le programme qui correspond aux intérêts des travailleurs est aussi l'héritage du passé et de toutes les luttes du mouvement ouvrier.
Alors il faut des militants qui assurent la continuité politique et s'attellent dès aujourd'hui à la construction de ce parti. C'est le but que nous nous fixons. Les élections européennes comme toutes les élections sont des événements mineurs par rapport à des mobilisations qui mettent la population en mouvement et qui font progresser sa conscience politique. Entre autres cette conscience que les choses ne changent pas par les urnes mais par la lutte. Mais les élections constituent une occasion de défendre une politique qui correspond aux intérêts des travailleurs à court et à long terme.
Elles offrent la possibilité ne serait-ce qu'à une fraction minoritaire des exploités d'exprimer par son vote son adhésion à l'idée que les classes d'exploités ne pourront s'émanciper qu'en combattant l'ordre social existant avec l'objectif de le renverser. Alors, cette campagne peut et doit nous servir pour avancer dans la construction d'un tel parti. Chaque campagne permet à tous ceux qui se retrouvent dans ces idées de se reconnaître entre eux et de se reconnaître dans un parti politique et dans un programme, celui incarné par ce slogan contre le grand capital, le camp des travailleurs.
Profiter des européennes pour populariser des objectifs de lutte, les points de repère politiques dont manquent aujourd'hui les travailleurs, en discuter, les mettre dans la conscience des travailleurs, c'est nous préparer au combat que nous aurons à mener jusqu'à notre émancipation totale parce que c'est en tant que classe sociale, consciente de ses intérêts politiques que la classe ouvrière d'Europe saura briser ses chaînes, s'émanciper de l'exploitation et libérer par là même toute la société du capitalisme.
Alors, camarades et amis, notre campagne a commencé depuis plusieurs mois dans notre presse et dans nos bulletins d'entreprise avec des réunions plus ou moins publiques et lorsque la possibilité nous en est offerte à l'occasion d'apparition à la télévision. Mais en réalité, une campagne n'est qu'une accentuation de ce que nous faisons en permanence, c'est-à-dire défendre et propager les idées communistes révolutionnaires.
Eh bien, nous faisons appel à tous nos camarades, à tous ceux qui nous entourent pour renforcer encore nos activités, pour discuter de nos idées, convaincre et associer à nous tous ceux qui estiment que la voix que nous voulons faire entendre, celle du camp des travailleurs, doit se manifester. Nous ne pouvons compter que sur l'engagement et le dévouement non seulement de tous les militants mais aussi de tous ceux qui veulent nous aider. Alors, camarades, bon courage et au-delà des meetings dans les différentes villes de province, je vous donne rendez-vous le 10 mai ici même à la mutualité pour notre dernier meeting de campagne des européennes.
Et bien sûr, je vous propose de chanter ensemble l'international. Alors, il faudrait que quelqu'un la lance, peut-être qu'il est pris de court, mais ça serait quand même souhaitable. de chanter,
de chanter, de chanter,
Nathalie Arthaud