Droits de douane : le monde se couche devant Trump - C dans l’air - 01.08.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:26OuverteRéponse directe
Quels sont les taux de droits de douane imposés par Trump aux différents pays ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Pourquoi l'UE s'en sort-elle mieux que d'autres pays ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Trump a-t-il des raisons politiques derrière ces droits de douane ?
- 4:20OuverteRéponse directe
L'Europe a-t-elle été humiliée par Trump ?
- 5:04OuverteRéponse directe
Quels secteurs sont les plus touchés par ces droits de douane ?
- 5:48OuverteRéponse directe
Comment les entreprises européennes peuvent-elles contourner ces droits de douane ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:42D.TrumpChiffre
« Nos opposants affirmaient que les droits de douane nuiraient à l'économie, mais c'est exactement le contraire qui se produit. Le Trésor américain a encaissé 150 milliards de dollars grâce aux droits de douane, et en encaissera davantage pour atteindre des montants sans précédent. »
- 14:25Fait
« Les équipements aéronautiques seront épargnés. Certains produits agricoles devraient aussi échapper aux nouvelles taxes. Pas d'exception, en revanche, pour les vins et spiritueux. »
- 15:06F.BayrouFait
« Toutes les autorités françaises, et en particulier le président de la République, ont été celles qui se sont battues le plus contre des concessions qu'on considérait comme excessives. »
- 15:51D.TrumpChiffre
« Ils doivent payer le prix juste, c'est tout. C'est très simple. Ils ont imposé des droits de douane très élevés à nos agriculteurs. Certains dépassent 200 %. Ils ont été très mal. Ils ont maltraité notre pays pendant des années. »
- 18:35Chiffre
« L'Allemagne, par exemple, exporte énormément aux États-Unis, 161 milliards d'euros. La France, c'est 3 fois moins, 47 milliards d'euros. »
- 44:42I.RaymondChiffre
« Pour une famille, ces droits de douane allaient coûter plus de 2000 euros par an. 2100 euros par an. »
- 46:10E.BenezetFait
« L'Europe avait certainement ça en tête et voulait essayer d'éviter une escalade des droits de douane. »
- 58:12Fait
« Je vis en Europe. Je bois du chablis. Je suis habillé par Hugo Boss. J'ai une montre Gucci et je passe mes vacances en Toscane. Je suis représentatif de l'Américain aisé, fortuné, habitant à New York. »
- 1:02:26E.BenezetFait
« Si l'euro est plus fort que le dollar aujourd'hui, quand les Européens vendent un produit sur le sol américain, les Américains l'achètent avec un dollar plus faible, donc le payent plus cher. »
- 1:03:53J.-M.DanielChiffre
« Elle est surendettée, elle vit au-dessus de ses moyens, avec un déficit extérieur de 1000 milliards de dollars. »
Temps de parole
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-Et maintenant Bion, ... - A.de Tarlé: Bonsoir. L'Europe a-t-elle échappé au pire en matière de droits de douane? La scène était humiliante, dimanche dernier, avec la présidente de la Commission européenne convoquée par le président américain dans son golf privé. Elle est sommée d'accepter avec le sourire des droits de douane de 15 % sur les produits européens. Quand on se compare, on se console, car le Canada, pays frère des Etats-Unis, se voit affublé de droits de douane à 35 %. La Suisse est à 39 % et le Brésil écope de droits punitifs à 50 %. D.Trump est-il en train d'imposer au monde la loi du plus fort? Peut-il ainsi restaurer la grandeur de l'Amérique, puisque tel est l'objectif affiché? Dans ce monde carnivore, pour reprendre l'expression en vogue, l'Europe doit-elle repenser sa façon de fonctionner? C'est le sujet de cette émission. Pour répondre à vos questions, nous accueillons J.-M.Daniel,
économiste. I.Raymond, vous êtes cheffe du service économique et social à franceinfo. E.Benezet, vous êtes journaliste au service économie du "Parisien". P.Mabille, vous êtes directeur éditorial pour "La Tribune" et "La Tribune Dimanche". Merci de participer à cette émission en direct. On va regarder la surprise du chef Trump, les droits de douane. Le Brésil est à 50 %. La Suisse, 39. Le Canada, 35. Finalement, l'UE, avec 15 %, s'en tire pas si mal.
Les Anglais ont encore mieux négocié, à 10 %. - J.-M.Daniel: Ce qui est intéressant, c'est de voir que la logique économique est dépassée. Le Brésil est puni parce qu'on cherche des poux dans la tête de l'ancien président. - A.de Tarlé: Trump est furieux contre lui. - J.-M.Daniel: Quand on regarde la Suisse, on peut s'interroger sur les raisons pour laquelle elle est ainsi punie. Ca fait un moment que les Etats-Unis accusent la Suisse de sous-évaluer sa monnaie. Les Etats-Unis sortent aussi un barème des devises en disant qu'il y a des monnaies sous-évaluées, qu'il y a un taux de change trop faible par rapport à ce qui devrait être.
La Suisse est systématiquement pointée du doigt, comme l'Allemagne et le Japon. - A.de Tarlé: Pour le Canada, c'est parce qu'il veut reconnaître la Palestine. - J.-M.Daniel: Voilà. La Suisse, c'est aussi parce qu'elle a réorganisé son armée sans faire appel aux Etats-Unis. On va la punir. Le raisonnement de D.Trump est autant politique qu'économique. 2e élément intéressant, c'est que les gens qui s'en tirent le mieux sont ceux qui sont des alliés historiques et traditionnels des Etats-Unis, ceux qui sont là depuis 45. C'est l'Europe, le Japon, la Corée et, évidemment, l'allié privilégié, le Royaume-Uni.
Là aussi, c'est très politique. Ca consiste à dire qu'il y a des gentils, même s'il avait accusé l'Europe d'être "unfair". - A.de Tarlé: "L'Europe a été créée pour entuber" les Etats-Unis." - J.-M.Daniel: Il y a quand même un raisonnement assez politique. Derrière tout ça, il y a des corrections qui sont en train de se faire sur les taux de change et les résultats économiques ne seront pas exactement ce qu'attend D.Trump, aussi bien en termes d'évolution du pouvoir d'achat de sa population
qu'en termes d'évolution du commerce international du fait de ces modifications. - A.de Tarlé: Quand on voit la façon dont sont traités les autres alliés des Etats-Unis, on ne réalise pas notre jugement? En début de semaine, on était tous horrifiés par ces droits de douane que nous avait infligés D.Trump. Finalement, quand on se compare, on se console. - E.Benezet: C'est un peu la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. On parle des chiffres d'avant Trump. Les droits de douane, c'était autour de 2 à 3 % entre l'Europe et les Etats-Unis. Depuis le Liberation Day, c'est monté à 10 %. On était donc à environ 14 %. Là, on est à 15 %. Effectivement, il y a à la fois ce taux... - A.de Tarlé: C'est unilatéral. Les Américains nous taxent, mais nous ne taxons pas les Américains.
C'est la méthode Trump. - E.Benezet: C'est la méthode de réponse adoptée par l'UE en ce moment. Les choses peuvent encore bouger. E.Macron s'est exprimé en disant que cette histoire était loin d'être finie. Il y a encore des négociations. Ca va être les négociations des petits caractères du contrat. Aujourd'hui, les exemptions qui pourraient être faites... Il y a encore des interrogations sur les spiritueux, les produits pharmaceutiques, le vin... Soit on compare avec ce qu'on payait avant, ce qui était taxé avant, soit on compare par rapport aux autres pays. C'est vrai que là, c'est une donnée importante.
Si on part vendre des produits aux Etats-Unis, qui sont taxés à 15 % et qui sont concurrentiels de mêmes produits qui arrivent aux Etats-Unis d'autres pays taxés à 20 %, on est gagnants. Si c'est le Royaume-Uni, on est perdants. Il va y avoir tout un jeu. C'est ce qui fait qu'on est à la fois perdants sur l'ancien monde, pour l'instant... Toutes ces cartes vont être rebattues. On est aussi moins perdants par rapport à d'autres pays qui sont plus lourdement taxés, comme la Chine. - A.de Tarlé: Mais les négociations sont toujours en cours avec la Chine. Il n'y a pas encore eu de deal. - E.Benezet: Parce que la Chine répond très durement. Il y a ça aussi.
En fonction des réponses, il y a un jeu. C'est exactement ce que l'UE a voulu éviter, un emballement et une politique du pire. - A.de Tarlé: Au prix d'une humiliation... Ce dimanche, on a vu U.von der Leyen être convoquée par D.Trump. Elle était assise à côté de lui. Commentaire de T.Breton hier: "On s'est sentis tous humiliés." Voici aussi la une de "La Marseillaise" de ce matin. Elle parle d'une "Europe vassalisée". - P.Mabille: Oui. Les politiques européens sont humiliés, mais les entreprises sont soulagées. On craignait 30 %. Il ne faut pas l'oublier.
Il y a aussi cet élément de stabilité. On sait à quoi s'en tenir. Ce n'est pas vraiment un accord, ce n'est pas fini. Il reste des points qui vont être discutés. C'est l'UE qui négocie pour l'ensemble des 27. Il n'y a pas eu des consensus partout, notamment pour l'Allemagne et l'Italie, qui sont des pays beaucoup plus industrialisés que nous. Les 30 % auraient été une catastrophe en particulier pour l'industrie automobile allemande. La France est un peu moins exposée, à part sur les vins et spiritueux, d'où le cri d'E.Macron. Dernier point à ajouter...
Il y a un sujet sur lequel la France insistait et qui va peut-être revenir sur la table dans les mois qui viennent: le numérique. Trump n'a pas complètement tort. Il y a un déficit commercial. Peut-être que les voitures américaines ne sont pas super intéressantes à acheter ou à conduire. - A.de Tarlé: Nous, tous nos réseaux sociaux sont américains. Aux Etats-Unis, il n'y a rien d'européen. - P.Mabille: Il y a aussi un parallélisme dans le numérique, dans les services, avec une vraie dépendance.
On a vu que Microsoft était la 2e entreprise américaine à atteindre plus de 4000 milliards de capitalisation boursière avec Nvidia. C'est assez difficile de savoir comment on peut traiter cette question. On ne peut pas se passer de ces services américains. Il y a un levier au travers de ce déficit. Comment on va le traiter? - A.de Tarlé: "Vous tapez sur nos entreprises, on va taper sur vos géants du numérique." - P.Mabille: Peut-être, mais avec une certaine circonspection. Sinon, on l'aurait déjà fait. On est extrêmement dépendants du cloud, des data centers. On est trop faibles.
C'est ce qu'a dit E.Macron. Le 12 août, il y aura le prochain rendez-vous de la Chine. Elle a menacé de priver d'accès aux terres rares les Américains. Nous, on a encore des leviers, notamment sur le numérique. - A.de Tarlé: Question. C'est vrai que tout le monde est tombé sur U.von der Leyen lundi, mais qu'aurait-elle pu faire? - I.Raymond: Elle ne pouvait pas faire grand-chose, effectivement. Elle a essayé de défendre les grands secteurs européens.
On a quand même une exemption sur l'aéronautique. C'est un grand ouf de soulagement. C'est très important dans notre balance commerciale. On a évité le pire pour l'automobile. Depuis avril, on avait des taxes à 27,5 % sur l'automobile. On revient à 15 %. Finalement, on ne s'en sort pas si mal. Maintenant, il va s'agir de négocier sur les secteurs les plus importants. Ceux qui vont s'en sortir le mieux, ce sont ceux qui peuvent rogner sur leurs marges ou le luxe. Si on a un sac qui coûte
plusieurs milliers d'euros, s'il coûte 10, 15 ou 20 euros de plus, la cliente américaine de la Cinquième Avenue va quand même l'acheter. La question, c'est qui ça va impacter. Ca va impacter les entreprises qui font moins de marges, celles qui ne peuvent pas, si elles augmentent leurs prix, être concurrentielles sur le marché américain. C'est les vins et spiritueux, notamment. Il y a aussi le lait, les produits agricoles, qui sont très importants pour la France. Quand on appelle les douanes... J'ai appelé les douanes avant de venir sur ce plateau. Pour l'instant, il n'y a rien. D.Trump dit: "On vous donne une semaine pour que ça entre en service."
Déjà, c'est repoussé. Les droits de douane disent qu'ils n'ont rien, aujourd'hui. Ils ne savent pas quels seront les produits concernés. Il y a aussi le secteur de la chimie, notamment les médicaments, qui pèse très lourd. Ils ne savent pas s'ils seront exemptés ou pas, aujourd'hui. Est-ce que cette semaine va être pour pouvoir négocier les exemptions? On sait que le mois d'août est un mois où il n'y a pas d'échanges commerciaux, donc ça repousse plutôt la séquence. Ce que disait aussi J.-N.Barrot ce matin, c'est qu'on allait voir si les Etats allaient ratifier. Derrière, il y a quand même le Conseil européen qui va se tenir
à l'automne. En l'état, cette négociation menée par U.von der Leyen... Est-ce que les Etats vont être d'accord, la valider? Ca dépend Des exemptions, de ce qui est négocié. On dit "négocier", mais c'est des mesures prises de façon unilatérale par D.Trump. - A.de Tarlé: D.Trump a donc signé hier le décret instaurant de nouveaux droits de douane à des dizaines de pays. Cette offensive protectionniste inédite vient rebattre les cartes du commerce international. - Sur les télés américaines, un compte à rebours toute la journée d'hier. - Nous sommes à quelques heures de l'échéance sur les droits de douane.
- Le président commencera à dire aux pays où ils en sont à minuit. - Au même moment, à la Maison-Blanche, entouré de ses conseillers, D.Trump signe le fameux décret. Habituelle distribution de stylos dans un style décontracté. Le président vient pourtant de bousculer l'économie de 69 partenaires commerciaux des Etats-Unis. Ces nouvelles taxes douanières qui entreront en vigueur le 7 août varient de 10 à 41 % selon les pays. Trump vante la grandeur retrouvée de l'Amérique. - D.Trump: Nos opposants affirmaient que les droits de douane nuiraient à l'économie,
mais c'est exactement le contraire qui se produit. Le Trésor américain a encaissé 150 milliards de dollars grâce aux droits de douane, et en encaissera davantage pour atteindre des montants sans précédent. C'est véritablement l'aube de l'âge d'or de l'Amérique que nous vivons. - Pour l'UE, la confirmation de taxes à 15 % au lieu des 30 % initialement annoncés... Selon l'accord conclu entre D.Trump et U.von der Leyen, les équipements aéronautiques seront épargnés. Certains produits agricoles devraient aussi échapper aux nouvelles taxes. Pas d'exception, en revanche, pour les vins et spiritueux. Les professionnels du secteur devront attendre
de nouvelles négociations dans les mois qui viennent pour espérer changer la donne. Une situation qui, sans surprise, déplaît au président français. E.Macron refuse toute fatalité. ... En sous-texte aussi, une critique envers l'UE, qui n'aurait pas été assez ferme. - F.Bayrou: Toutes les autorités françaises, et en particulier le président de la République, ont été celles qui se sont battues le plus contre des concessions qu'on considérait comme excessives. Est-ce que nous avons été un peu seuls?
Oui. - Pourtant, comparé à certains de ses voisins, force est de constater que l'Europe s'en sort bien. Les tensions avec le Canada sont au plus haut depuis le retour de D.Trump au pouvoir. Ottawa se voit imposer 35 % de droits de douane. Une décision très politique quelques jours après que le pays a annoncé son intention de reconnaître l'Etat de Palestine. Le président américain reproche aussi à son voisin de ne pas en faire assez contre le trafic de fentanyl et les flux migratoires, mais pas seulement. - D.Trump: Ils doivent payer le prix juste, c'est tout. C'est très simple. Ils ont imposé des droits de douane très élevés
à nos agriculteurs. Certains dépassent 200 %. Ils ont été très mal. Ils ont maltraité notre pays pendant des années. - Se disant déçu, le Premier ministre canadien a annoncé ce matin un nouveau cap pour l'économie de son pays. Autre perdant de taille de cette nouvelle donne mondiale, la Suisse, surtaxée à 39 % sur ses produits. Un coup de massue pour les autorités helvétiques. ... Un président qui a fait des droits de douane une arme également utilisée à des fins géopolitiques. L'Inde est taxée à 25 %. Elle paie le prix de ses achats de pétrole à la Russie. La Chine est pour l'instant préservée, avec un objectif: bâtir un accord économique pour éloigner le pays de V.Poutine. D.Trump est sur tous les fronts. Réussira-t-il son pari?
- A.de Tarlé: P.Mabille, question. C'est vrai que les pays de l'UE sont très différents. L'Allemagne, par exemple, exporte énormément aux Etats-Unis, 161 milliards d'euros. La France, c'est 3 fois moins, 47 milliards d'euros. Des pays sont plus exposés au marché américain. - P.Mabille: On ne sait pas très bien dans quelle mesure le mandat qui a été donné à U.von der Leyen a été très clair. Ce qu'on sait, c'est que c'est elle qui, au nom de l'Union, négocie. On est dans une union douanière et c'est la Commission qui doit faire des propositions. Evidemment, il y a eu des discussions. On n'en a pas tout le détail. Ce qui a été dit, c'est qu'il y avait des désaccords au sein du Conseil. Si le Conseil avait été unanime, la position de fermeté exprimée par E.Macron aurait été unanime. Visiblement, il y a des pays, pour des raisons qui leur sont propres... L'Allemagne et l'Italie sont des pays industriels qui exportent beaucoup. Ce qui est en train de se passer, c'est peut-être la fin d'une certaine forme d'Europe exportatrice, d'une vision mercantile... La Chine connaît un peu ce même type de changement. Le Canada dit qu'il va se recentrer sur lui-même. Est-ce que le commerce mondial
peut continuer tel qu'il a fonctionné au cours des années de mondialisation heureuse, où l'Europe, notamment l'Allemagne et l'Italie, qui avaient fondé leur croissance sur l'exportation, sur une énergie peu chère venue de Russie, peut encore fonctionner dans le monde de Trump? Visiblement, ce n'est plus le cas. Il y a aussi les 750 milliards d'achat de pétrole et de gaz américains qui vont être imposés à l'Europe. Evidemment, ça va complètement a contrario de toute la politique de décarbonation. - A.de Tarlé: D.Trump a dit aux Allemands: "Si vous voulez vendre des Volkswagen aux Etats-Unis,
vous les fabriquez aux Etats-Unis. Si vous voulez vendre des sacs Vuitton aux New-Yorkais, vous les fabriquez au Texas." Les entreprises européennes vont finir par comprendre le message et mettre leurs usines dans les pays où elles vendent leurs produits. - E.Benezet: L'un des grands objectifs de D.Trump, c'est ça, de ramener des usines et de la production aux Etats-Unis. Le pays est largement désindustrialisé par rapport à il y a quelques décennies. La France n'est pas la seule dans ce cas. L'un des objectifs des Etats-Unis, c'est de ramener de la production.
"Si vous ne voulez pas payer de droits de douane, vous venez produire aux Etats-Unis." Ce n'est pas si simple. On parlait de l'exposition de certains pays. Il y a aussi une exposition des entreprises. Plus les entreprises sont petites, plus c'est compliqué d'aller s'installer ailleurs. Il y a des accompagnements. J'ai interrogé ce week-end des entreprises normandes. Aujourd'hui, elles sont très accompagnées, y compris les petites structures d'une dizaine de salariés, pour partir produire aux Etats-Unis. Quand vous êtes là-bas, vous ne travaillez pas qu'avec des produits américains. Vous devez parfois faire venir des intrants ou des matières premières d'autres pays.
Ces produits seront taxés. Ce n'est pas si simple que ça. C'est aussi un jeu dangereux pour D.Trump. Dans les années 80, c'est ce qui s'est passé. Un accord a été passé avec le Japon dans l'industrie automobile pour limiter les ventes de voitures. C'était 2,3 millions de voitures japonaises vendues sur le sol américain. C'était un peu comme les droits de douane. On limite les importations. - A.de Tarlé: Et les Japonais ont mis les usines aux Etats-Unis? - E.Benezet: Voilà. En 1982, Honda est arrivée. Ensuite, il y a eu Mitsubishi et toutes les autres grandes marques japonaises. Les Japonais se sont adaptés au marché américain, ont proposé
aux Américains des voitures compétitives, et ça a été le début de la fin pour l'industrie automobile américaine. Il y a d'autres secteurs à qui ça pourrait arriver. Il pourrait y avoir des contrecoups que D.Trump n'a pas encore en tête. - A.de Tarlé: Les Allemands, c'était le triomphe des voitures. On fabrique en Bavière des BMW et on les vend aux quatre coins du monde. Ce n'est pas du tout notre modèle français. Nous, on a notre CAC 40. On produit là où on vend. C'est plus le modèle français. - J.-M.Daniel: Mais le modèle français est déficitaire. Le modèle allemand dégage des excédents.
Au final, quand vous regardez la balance des paiements, quand on rajoute le tourisme et les revenus des placements... Quand vous regardez le Japon, par exemple, il a exactement le même déficit commercial que la France, à peu près 4 milliards de dollars de déficit commercial. C'est sur les biens qui sont échangés et qui vont se retrouver taxés par des droits de douane. Mais le Japon dégage des excédents extérieurs. Les placements qu'ils ont effectués, notamment aux Etats-Unis, leur permettent de récupérer des revenus. - A.de Tarlé: Toutes ces usines installées au Texas font des bénéfices qui vont au Japon. - J.-M.Daniel: Et qui paient les retraites des Japonais.
Le ministre des Finances américain a dit: "D.Trump a raison, mais le Japon n'est pas aussi dangereux qu'on pourrait le penser par son commerce, parce que le Japon a un déficit commercial." Simplement, les 84 milliards de dollars du déficit commercial du Japon sont compensés par le fait qu'ils ont fait un chèque pour la Banque centrale du Japon de 84 milliards de dollars. C'est les intérêts que gagne le Japon sur sa dette publique. Les Etats-Unis perdent progressivement leur souveraineté.
Il faut d'abord trouver de la main-d'oeuvre aux Etats-Unis. LVMH est en train de dire qu'ils ne trouvent pas de main-d'oeuvre suffisamment qualifiée. Le peu de main-d'oeuvre qu'il y avait, c'était les Mexicains, que les Américains sont en train de mettre dehors. Une fois qu'on a vendu des produits fabriqués aux Etats-Unis, les dividendes, on les rapatrie en France. Faire venir des gens qui investissent chez vous... Il arrive un moment où les gens qui investissent réclament le retour de leur investissement. Ce qu'il y a de frappant dans la situation des comptes extérieurs des Etats-Unis, c'est que pendant longtemps...
J'ai connu l'époque où on parlait du défi américain, du fait que les Américains achetaient l'Europe en investissant en Europe. Le défi américain était que l'ouvrier français, allemand... - A.de Tarlé: Là, ça va être le contraire. C'est eux qui vont travailler pour LVMH et Sanofi. - J.-M.Daniel: Pour payer les retraites des Allemands et des Italiens. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est que D.Trump a dit que grâce à ces droits de douane, le Trésor public allait récupérer... Il a annoncé des chiffres... Il a parlé de 200 milliards. En réalité, c'est plutôt 80 milliards. Le Trésor américain, c'est les consommateurs américains qui vont payer. Ce n'est pas les Suisses, les Français qui vont payer. A un moment donné, le consommateur américain paye. Renault a annoncé qu'il allait racheter l'usine Nissan en Inde.
On lui a demandé pourquoi il n'allait pas investir aux Etats-Unis. Renault a répondu que l'avenir, c'était l'Inde. Un des moyens de contourner aussi D.Trump, c'est d'aller ailleurs. Nos partenaires européens, notamment les Espagnols, se sont beaucoup prononcés sur la position de la France en disant que c'était un peu l'arroseur arrosé. A l'automne dernier, on ne voulait pas signer le Mercosur parce que ça allait nous faire une concurrence déloyale, et maintenant, on hurle face aux Américains. Si on est protectionnistes vis-à-vis du Mercosur, il n'est pas totalement aberrant que les gens nous renvoient la balle en disant qu'on est protectionnistes et qu'ils vont l'être aussi.
- A.de Tarlé: Question. Le "Jour de la libération", il y avait un ouvrier américain la larme à l'oeil en disant qu'il y avait des tas d'usines dans la région de l'Ohio et qu'elles avaient toutes fermé. Trump veut pouvoir dire que LVMH va ouvrir des usines aux Etats-Unis. - I.Raymond: Et il dit aussi qu'il ne veut pas fabriquer des sacs Gucci au Texas, qu'il n'en voit pas l'intérêt. Ils veulent montrer que ça vaut le coup d'investir aux Etats-Unis. On a vu R.Saadé dans le bureau de D.Trump, PDG de CMA CGM. Vous avez des annonces d'investissements. Vous en avez d'autres qui se disent que ça reste compliqué parce qu'on n'est pas sûrs de trouver de la main-d'oeuvre qualifiée. Du jour au lendemain, les personnes que vous voulez faire travailler ne vont plus avoir leur visa de travail et vont se faire renvoyer. Vous avez une politique complètement erratique sur le changement climatique. Vous ne savez pas si la politique de l'AIEA... C'était aussi de grosses subventions, ça. Des permis ont été accordés. On n'est pas sûrs que ça va durer. Il y a une imprévisibilité.
Il y a aussi la politique woke. On n'a pas le droit d'embaucher qui on veut. On est prévenus depuis plusieurs mois, depuis début avril. Les entreprises françaises se disent que ce qu'il faut, c'est être compétitif. Il faut être compétitif en Europe. Ca reste un marché de 450 millions d'habitants. Il faut continuer à être fort en Europe. Il faut aller voir ailleurs, aller chercher de nouveaux marchés. Il faut être suffisamment fort et compétitif pour aller voir ailleurs. On ne sera pas les seuls. Ce qu'ils sont allés demander à Bercy mercredi, les chefs d'entreprise, c'est moins de paperasse,
plus de compétitivité, pas de taxes supplémentaires dans le budget 2026 pour pouvoir, demain, aller en Inde, en Chine, en Amérique du Sud pour conquérir de nouveaux marchés. La remarque d'E.Macron, qui leur avait demandé de faire du patriotisme... Vous vous souvenez quand on avait vu R.Saadé dans le bureau de D.Trump... Il disait que ce n'était pas ça, le patriotisme. Le patriotisme, c'était justement de se dire que les Etats-Unis seraient plus compliqués demain, qu'il fallait se diversifier sans se refermer sur nous-mêmes. C'est aussi ça, le désespoir français.
On se dit que c'est difficile d'aller à l'étranger et d'exporter. Il n'y a que les grands groupes qui exportent, d'ailleurs. On a très peu de PME qui exportent. Aujourd'hui, il faut plutôt renforcer l'appareil productif français pour être plus compétitifs à l'international. - A.de Tarlé: Question. Dans ce sentiment d'humiliation qu'on a tous senti dimanche soir, D.Trump a dit: "Maintenant, tous les produits européens vont être taxés à 15 %." On aurait pu dire: "Très bien, tous les produits américains vont être taxés à 15 %."
On ne l'a pas dit. - E.Benezet: Aujourd'hui, on applique la politique de "on a évité le pire". - A.de Tarlé: "On s'est habitués à la 1re baffe et on accepte la 2e." - E.Benezet: Quand vous êtes face à un adversaire violent, soit vous répondez de façon aussi violente... Aujourd'hui, on n'a pas les moyens. L'Europe a manqué de coordination, d'unité. Elle n'a pas réussi à parler d'une seule voix. Ca l'a énormément affaiblie. Il y a aussi les 450 millions d'habitants à fort pouvoir d'achat
en Europe, le fameux marché européen, le 1er au monde, qu'on n'arrive pas suffisamment à valoriser pour dire: "Dans ce cas, on va se passer de vous. Vous voulez nous imposer à 30 %? Allez-y." On a parlé des différents marchés comme le Brésil, la Chine ou l'Inde. Il y a le marché européen, aujourd'hui. P.Martin, le patron du Medef, sur franceinfo, mardi matin, expliquait que des mesures protectionnistes à l'intérieur de l'Europe équivalaient à des droits de douane de 44 %. - A.de Tarlé: C'est un faux marché?
- E.Benezet: Ce sont des mesures protectionnistes qui font que quand vous vendez à l'intérieur de l'Europe, il y a des tracasseries administratives et des coûts qui équivalent à 44 % de droits de douane. Aujourd'hui, on est là, à parler de 15 % en plus qui renchérissent les prix aux Etats-Unis et qui nous amènent plutôt à une augmentation de 30 % de nos produits... A côté de ça, on a une Europe qui a du mal à unifier son marché. Trump le sait très bien. Pour l'instant, le rapport de force est déséquilibré. - J.-M.Daniel: Je voudrais ajouter une chose. D'abord, les droits de douane, c'est d'abord les consommateurs
du pays. Un certain nombre de pays en Europe se disent qu'ils ne vont pas faire des droits de douane sur les produits qui arrivent des Etats-Unis parce que ça va relancer l'inflation et pénaliser le pouvoir d'achat des Européens. Le 2e élément... Qu'est-ce qu'un produit américain et qu'est-ce qu'un produit européen? - A.de Tarlé: Le fameux stylo. La gomme vient de Malaisie, le bois du Canada... - J.-M.Daniel: Voilà. Le graphite vient de Tchécoslovaquie. Il faut mettre des droits de douane parce que la Tchécoslovaquie
est un pays communiste, à l'époque. Friedman rappelle que le bois est canadien, l'aluminium américain, la gomme brésilienne... Là, c'est pareil. C'est pour ça que les vins et spiritueux sont en première ligne. Du cognac, ça doit venir de Cognac. Nous, on a attaqué de façon symétrique le bourbon du Tennessee parce qu'il doit venir forcément du Tennessee. Dans une voiture... Qu'est-ce qu'une voiture européenne? La Mercedes qui circule sur Park Avenue, en quoi est-ce qu'elle est allemande?
Elle a été assemblée en Allemagne, mais les composants viennent de beaucoup de pays qui ne sont pas l'Allemagne et qui ne sont même pas européens. L'Europe n'est pas dans la même situation que les Etats-Unis. Les Etats-Unis, c'est 1000 milliards de déficit dans la balance des paiements courants en ce moment. C'est un pays qui vit largement au-dessus de ses moyens. Il faut qu'il consomme moins. Une façon de faire consommer moins les Américains, c'est de taxer les produits en disant qu'ils croient être punis, mais ceux qui sont punis, c'est les méchants, ceux qui ne sont pas américains. Les Etats-Unis, c'est le grand rival de la Chine sur le plan du commerce.
C'est surtout grâce aux Allemands, aux Italiens et aux Espagnols. - A.de Tarlé: Certains pourraient tirer leur épingle du jeu là-dedans. Nos reporters ont rencontré le patron de Back Market, une start-up française qui redonne vie à vos vieux téléphones. - Dans cet atelier, on fait du neuf avec du vieux. Téléphones, ordinateurs et même aspirateurs... Tout est désossé pour être réparé. - Là, vous avez un MacBook démonté. On peut voir le système à l'intérieur, les ventilateurs... Tout est super propre.
Les batteries sont d'origine. - L'économie circulaire, la spécialité de cette start-up française qui pourrait bien tirer profit de la guerre commerciale. Back Market, spécialiste de la vente d'appareils technologiques reconditionnés, a vu ses ventes tripler aux Etats-Unis dans les semaines qui ont suivi les 1res annonces de D.Trump en avril dernier. - Ce que Trump dit fait énormément monter les prix des produits qui viennent des Etats-Unis. Enormément de ces produits sont produits en Asie. Mécaniquement, ces produits vont coûter beaucoup plus cher pour les Américains.
Les Américains n'ont jamais eu autant de raisons d'acheter des produits qui sont déjà sur le territoire. Ce sont des entreprises basées sur le territoire qui vont avoir la capacité de changer les pièces usées, les batteries, les écrans, pour les remettre à disposition et que le consommateur américain achète ce produit. - De nouvelles habitudes de consommation, un repli sur le marché américain qui pousse aussi les entreprises à revoir leur chaîne d'approvisionnement. - Ce que ça veut dire pour les entreprises, c'est aussi qu'il faut se réinventer, qu'on ne peut plus passer des commandes en Chine aujourd'hui comme on les passait hier. C'est beaucoup plus cher. On ne peut pas juste appeler le même fournisseur,
qui est probablement en Asie, en essayant de lui faire baisser ses tarifs. C'est un tarif qui est mis en danger plus que jamais. Ca ne va pas aller en s'arrangeant, a priori. - Un nouvel ordre du commerce international qui pourrait bien donner l'occasion à l'Europe de prendre sa revanche. - L'Europe a déjà pris un train d'avance dans l'économie circulaire en investissant dans les filières de reconditionnement. Là, on crée de la valeur en Europe. L'économie circulaire sort de chez nous, de nos appartements, de nos tiroirs, de nos maisons, de nos garages pour être réutilisée et revendue à un consommateur qui reste sur le même territoire.
La valeur reste dans le territoire. - Ironie du sort, selon le PDG, la position des droits de douane américains pourrait bien avoir un effet inattendu sur l'environnement. - On peut dire que ce que Trump est en train de faire, même si on peut douter que ce soit pour l'écologie qu'il ait pris cette décision, ça sert l'écologie. Ca pousse les consommateurs américains à penser à préserver leur pouvoir d'achat. Préserver son pouvoir d'achat, c'est acheter local, reconditionné, réparer ce qu'on a déjà... Les intérêts des entreprises, des consommateurs et de l'écologie sont alignés et n'ont jamais été autant alignés. - Acheter local, une tendance qui devrait s'amplifier
aux Etats-Unis. Dès le 29 août, tous les petits colis entrant sur le sol américain seront taxés. - A.de Tarlé: E.Benezet, on réagissait justement... Aux Etats-Unis, on achète des babioles qui viennent de Chine pour quelques euros. Maintenant, D.Trump taxe tous ces petits colis venus de Chine. C'est la fin de cette mondialisation totalement débridée qu'on a toujours en Europe? - E.Benezet: Il est allé bien plus loin. J'ai envie de poser la question, de façon un peu provocante: est-ce que Trump n'est pas le plus grand défenseur
de l'environnement aujourd'hui? - A.de Tarlé: En mettant fin à cette mondialisation qui fait qu'un stylo fait 3 fois le tour de la Terre avant d'arriver? - E.Benezet: Avec toutes les émissions de CO2 que ça pouvait rejeter dans l'atmosphère. Aujourd'hui, on est dans un nouvel ordre mondial qui ne fait que commencer à se dessiner. On n'en est qu'au début. Avec tout le respect que sa fonction impose, il a un peu le rôle de bouffon du roi. Le roi serait le capitalisme tel qu'il s'est développé depuis la Seconde Guerre mondiale et aujourd'hui, il pousse tous les autres pays, Europe y compris, à se poser des questions et à inventer
un nouveau modèle, avec un protectionnisme accru. Donc les questions de produire chez soi... On cherche à réindustrialiser la France et pour l'instant, on n'y arrive pas. Je parlais de 10 % de la part de l'industrie dans le PIB français, dans la croissance française. Donc relocaliser et revenir à des circuits plus courts, des entreprises l'ont fait depuis longtemps en France. Cela fait déjà 20 ans que certaines essayent de produire au plus près des marchés où elles vendent.
A court terme, ça a souvent des coûts supplémentaires. Mais à long terme, ça permet de se protéger par rapport à des revirements de situations géopolitiques et économiques mondiales. C'est en train de donner des leçons, ou en tout cas des enseignements au "nouvel ordre mondial" dans les échanges économiques. - A.de Tarlé: On a parlé d'une mondialisation débridée. Est-ce qu'on n'est pas à un point d'inflexion? On assisterait à une rerégionalisation de nos échanges? - P.Mabille: On ne sait pas à quelle vitesse ça peut se faire, mais ça peut se faire assez vite.
Par exemple, pour fabriquer des freins carbone en France, alors qu'il y avait plusieurs alternatives au Québec, ce qu'on cherchait, c'était de l'énergie décarbonée à un prix prévisible. Visiblement, EDF a proposé un prix, quelque chose comme 55 euros du kilowattheure. C'était sur un contrat de long terme, qui a permis à cette entreprise de prévoir un investissement important qui va créer des emplois dans l'Ain. L.Wauquiez était très content. C'est peut-être aussi la réponse au problème du climat.
On cherche tous des solutions avec le réchauffement climatique. Peut-être que Trump, même s'il est peu probable que ce soit son objectif premier, qui est de créer des emplois aux Etats-Unis, va causer une réorganisation du commerce mondial. Ce ne sera pas forcément très bon pour les transporteurs. On sait que le commerce est très cyclique, notamment maritime et par avion. Ca va peut-être avoir des effets sur ces secteurs. Mais ça peut aussi avoir un effet sur le consommateur,
un changement de comportement. Auparavant, on voulait des produits qui venaient de Chine, pour aller vite. Là, le t-shirt made in France va coûter un peu plus cher, mais pourquoi pas viser aussi la qualité, le recyclage? C'est une économie nouvelle, créatrice d'emplois et localisée. C'est peut-être le bon qui pourrait sortir de cette période un peu troublée que nous traversons. On n'en est pas à dire merci à Trump, mais on peut reconnaître que dans la façon de poser la problématique, il nous oblige à nous réinventer. - J.-M.Daniel: Trump est d'abord pour la consommation de pétrole.
Les objectifs environnementaux sont véritablement à l'opposé... - A.de Tarlé: C'est pour ça que c'est à son fort défendant. - J.-M.Daniel: On est plutôt, au niveau mondial, dans une période où il y a trop de pétrole. Les prix s'effondrent. Il y avait un engagement de l'Opep pour tout faire pour maintenir le prix à 70 dollars le baril. En avril, ils ont renoncé. Trump veut absolument écouler du pétrole qui est en excès sur le marché. Il y a aussi les évolutions démographiques.
Les vieux ne sont plus au même endroit que les jeunes. On a l'exemple du Japon, dont je parlais tout à l'heure. Il exporte de moins en moins car il produit de moins en moins. Et il produit de moins en moins car le Japon a de moins en moins de personnes à mettre dans les usines. L'Espagne vient de dépasser le Japon en termes de production matérielle. Les usines japonaises ferment les unes après les autres, faute de main-d'oeuvre. Mais le Japon s'en tire très bien car il est propriétaire d'usines en Malaisie, en Inde, dans des endroits où il y a des jeunes.
L'enjeu est donc de localiser dans les endroits où il y a des jeunes. - A.de Tarlé: C'est pour ça que vous vous réjouissez que Renault ait racheté l'usine Nissan en Inde? - J.-M.Daniel: Exactement. L'enjeu mondial, maintenant, c'est d'être dans les endroits où il va y avoir de la croissance. - A.de Tarlé: Donc l'Inde et l'Afrique? Vers ces pays-là. - A.de Tarlé: Question. Hier, T.Breton disait ceci. C'est vrai que le vin français est maintenant plus cher à New York.
L'université de Yale a calculé que pour une famille, ces droits de douane allaient coûter plus de 2000 euros par an. 2100 euros par an. - I.Raymond: Les produits achetés par les Américains viennent du monde entier. On parlait de l'iPhone tout à l'heure, il n'est pas produit aux Etats-Unis. Il est taxé. Ce sont des Américains qui vont en premier payer la taxe, les consommateurs, avec une hausse de l'inflation. Le dindon de la farce, ça peut devenir le consommateur américain. Est-ce qu'on veut le forcer en attendant à consommer moins?
C'est une société fondée sur la surconsommation. Le risque, c'est que demain, ce soit le consommateur américain qui paye les frais de la hausse des droits de douane mise en place par D.Trump. - A.de Tarlé: Il avait dit que les petites filles américaines n'avaient peut-être pas besoin de 30 poupées à Noël, que 2 suffisaient... Sous-entendu: "Vous aurez 2 poupées américaines plutôt que 30 poupées chinoises et ce sera bien mieux." - E.Benezet: Il exagère, mais c'est ce qui explique en partie la réaction de l'Europe. On parlait des risques inflationnistes. L'Europe avait certainement ça en tête et voulait essayer
d'éviter une escalade des droits de douane. - A.de Tarlé: Même si on met des droits douane sur les produits américains, ça veut dire qu'on les paiera plus cher? - E.Benezet: Oui, il arrivera exactement la même chose. Pour l'instant, on a l'impression que le ménage américain n'est pas encore complètement conscient... Pour l'instant, il paye mais il ne voit pas encore les répercussions de l'inflation sur les prix. - A.de Tarlé: C'est énorme, 2000 euros par an... - P.Mabille: Il va recycler l'excédent tiré de ces droits de douane dans des baisses d'impôts. Il y a un bouclage économique qui n'est pas encore démontré. - E.Benezet: Il a remporté les élections en partie sur la lutte contre l'inflation.
Il ne faudrait pas que ça lui revienne en boomerang. - I.Raymond: Sachant que la Fed ne joue pas le jeu de D.Trump. Elle n'a pas voulu baisser ses taux. Les dernières déclarations disaient que Trump était stupide. - J.-M.Daniel: Sur l'inflation aux Etats-Unis... Elle est en train d'augmenter. Elle était à 2,4 % et elle est à 2,6 %. La seule réaction de D.Trump, c'est de traiter le Banquier central d'imbécile. Il en est au stade de se demander qui l'a nommé là... C'est lui!
Il critique sa politique mais aussi sa personne, alors que c'est lui qui l'a nommé. - A.de Tarlé: On voyait le Premier ministre canadien totalement embarrassé par l'attitude du frère américain... Le Canada et les Etats-Unis sont 2 pays frères. Question. - P.Mabille: On a l'impression qu'ils se comportent un peu comme une pétromonarchie militaire numérique, qui impose ses excédents de production d'énergie fossile au monde entier, notamment dans la course à l'IA... - A.de Tarlé: Mais humilier ainsi son plus proche partenaire, qui est le Canada... - P.Mabille: Ce sont des comportements d'empire, en fait. C'est une vision du monde assez féodale. Que ce soit l'Europe, le Canada ou les principaux alliés, ils sont assez maltraités par D.Trump parce qu'il se sent beaucoup plus fort. Il a le sentiment qu'on est dépendants des Etats-Unis pour énormément de choses. On n'a pas tellement de mesures de rétorsion à apporter. On ne peut pas se passer du numérique américain. Sauf à supposer que le gaz russe revienne en Europe, ce qui n'est pas prévu de sitôt, on voit qu'aujourd'hui,
il profite de cette situation pour nous inonder de pétrole et de gaz. Ca va être un vrai problème. - A.de Tarlé: Comme le disait A.Pannier-Runacher... - P.Mabille: C'est le jour de la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis qu'on est en train de vivre, pas le Jour de la libération. - E.Benezet: Ce n'est pas l'Europe, ce ne sont pas les Etats, ce sont les entreprises. En France, c'est Engie, EDF, TotalEnergies... EDF vient d'ailleurs d'annoncer sa volonté de se désengager
du marché américain. Le 2e effet Kiss Cool, comme on dit, c'est sans doute qu'au-delà de la réelle économie, beaucoup d'entreprises risquent de ne plus avoir envie d'investir aux Etats-Unis, pour des raisons d'énergie, si elle est décarbonée. Si on réussit à faire de l'énergie pas trop chère sans acheter du pétrole aux Etats-Unis, on n'a pas les moyens de la consommer et les Américains n'ont pas les moyens de la produire. Donc les 750 milliards aujourd'hui, ça ne veut pas dire grand-chose. Mais les Etats-Unis abîment leur image et les autres pays se détournent du marché américain
pour conquérir d'autres marchés. - A.de Tarlé: Le pire a peut-être été évité pour l'UE mais plusieurs secteurs industriels voient déjà leur horizon s'assombrir. En première ligne, l'automobile allemande mais aussi le luxe français. - C'était il y a 6 ans: le premier mandat de Trump. L'expansion et l'ambition américaines du patron de LVMH à l'époque est déjà saluée par le président des Etats-Unis. Il est venu en personne inaugurer l'atelier américain de Louis Vuitton au Texas et dire tout le bien qu'il pense de celui qu'il appelle Bernard.
- D.Trump: Bernard, je veux te remercier pour le travail incroyable que tu fais. Tu es l'un des plus grands hommes d'affaires. Tu es vraiment visionnaire. Tu connais beaucoup de personnes formidables dans les affaires mais ce ne sont pas nécessairement des visionnaires. Il y en a très peu. Tu es un artiste et un visionnaire. Tu as eu une grande vision pour l'Etat du Texas et pour notre pays. -6 ans plus tard, B.Arnault a toujours les yeux tournés vers l'Amérique, où il réalise 25 % de ses ventes. Malgré une perte nette de bénéfices et alors que Trump impose des droits de douane dans le monde entier, il annonce l'ouverture d'un nouvel atelier, toujours au Texas. ... Eviter la guerre commerciale, mais à quel prix?
La taxe négociée à 15 % sur les exportations européennes aux Etats-Unis inquiète, notamment en France. Les producteurs de vins et de champagne... - On est déjà sur un produit haut de gamme. Ajouter une taxe qui n'apporte rien de plus au consommateur, ce n'est pas bienvenu. - D.Trump et ses taxes douanières bouleversent l'économie mondiale. Pour y faire face, les stratégies divergent, notamment dans le luxe français. Avec un recul de 46 % de ses bénéfices nets au premier semestre 2025, Kering, le groupe de F.-H.Pinault, s'offre le transfert le plus cher de l'année à 20 millions d'euros. L.de Meo va diriger le 3e groupe de luxe mondial après avoir redressé Renault, alors que le secteur automobile est à la peine face à la concurrence des voitures électriques chinoises en Europe. - Mercedes-Benz et Porsche ont vu leurs bénéfices s'effondrer au premier semestre. - Les menaces de Trump ont fait passer bien des nuits blanches à l'industrie automobile allemande. Visiblement, ce n'est pas fini. - Dans une Allemagne déjà minée par la crise de l'industrie et en particulier de l'automobile, les droits de douane imposés
par Trump font craindre le pire. - Nous dépensons déjà des milliards en droits de douane. Tout cela, nous ne pouvons pas l'investir dans l'avenir de notre industrie. Il faut que l'UE se réveille. Nous devons devenir plus compétitifs. Nous devons améliorer les coûts énergétiques, les partenariats commerciaux entre nous, les accords sur les matières premières. Il faut rester compétitifs à l'international et éviter les évasions de capital. - Certains secteurs sont exemptés de droits de douane entre les Etats-Unis et l'Europe. Après de longues semaines de menaces et de négociations, l'aéronautique est épargnée.
- A.de Tarlé: On a vu une responsable de l'industrie automobile allemande. Ca doit être compliqué pour les constructeurs allemands, qui étaient les rois du pétrole, avec leurs voitures de luxe qu'ils exportaient dans le monde entier. Là, ils se prennent crise sur crise. - I.Raymond: Tous les résultats pour le premier semestre ont été publiés pour les constructeurs automobiles allemands. Ils sont très mauvais. - A.de Tarlé: Ils perdent le marché chinois... - I.Raymond: Et ça se referme aux Etats-Unis. Des emplois ont été détruits l'année dernière. Ca pourrait continuer cette année. Ce que disait cette dame est intéressant. Elle dit qu'il faut améliorer la compétitivité de l'industrie européenne.
C'est le problème aujourd'hui, on a une industrie qui n'est pas compétitive et qui n'avait pas besoin de cette crise. - A.de Tarlé: Les voitures électriques chinoises sont plus compétitives que les allemandes? - I.Raymond: Malgré les droits de douane qui ont été mis en place à l'entrée de l'UE, oui. Ce dont a besoin l'industrie européenne, notamment l'industrie automobile, c'est d'être plus compétitive. On a vu aussi le secteur du vin. Il n'a pas besoin d'avoir le marché américain qui se ferme. On a des primes à l'arrachage aujourd'hui, qui sont prévues en France. Le secteur est extrêmement fragilisé.
Pareil pour l'automobile, pour le secteur viticole... Le marché américain se ferme, ou en tout cas Va être plus cher à l'entrée. C'est une sur-crise qui se rajoute à des problèmes qui existaient déjà. - A.de Tarlé: On imagine un traumatisme pour les Allemands, qui étaient très fiers de leur industrie automobile. Elle est attaquée de toutes parts. C'est l'ADN de l'Allemagne qui est attaqué? - P.Mabille: Ils ont quand même beaucoup tardé à s'adapter à ce nouveau monde, qu'on annonce depuis des années. La révolution de la voiture électrique, on en parle depuis la fin des années 2000. Les Chinois, eux, n'ont pas attendu. Ils se sont spécialisés. Ils ont choisi d'être les champions de l'économie électrifiée de demain. Nous, on dit qu'on veut la fabriquer pour 2030-2035... C'est la réponse aux défis climatiques et aux défis industriels qu'on a devant nous. Mais on a beaucoup trop tardé. Aujourd'hui, la date de 2035 pour la fin des véhicules thermiques en Europe est aujourd'hui mise en doute. On ne demande pas à l'industrie automobile de renoncer à la décarbonation, mais eux demandent
une neutralité technologique, de pouvoir passer par d'autres formes de motorisation, comme l'hybride ou d'autres solutions technologiques à l'étude en Europe. Mais sur la bataille de l'électrique, on est 30 % plus cher que les Chinois. On voit que ça ne peut pas durer longtemps. On évoquait tout à l'heure des solutions, en demandant aux Chinois de faire des usines en Europe. Ca commence à venir. On voit qu'aujourd'hui, pour l'industrie automobile européenne en tout cas, c'est un danger mortel. Certains constructeurs pourraient disparaître d'ici une dizaine d'années. - A.de Tarlé: Les Allemands ont l'automobile,
nous, on a le luxe. Question. Est-ce que notre secteur pourrait s'accommoder de ces droits de douane? - J.-M.Daniel: Je pense, oui. Un économiste américain, l'auteur du livre qui sert de référence au niveau mondial dans l'enseignement de l'économie, décrit ce qui se passe aux Etats-Unis en ce moment en disant: "Moi, je vis en Europe. Je bois du chablis. Je suis habillé par Hugo Boss. J'ai une montre Gucci et je passe mes vacances en Toscane. Je suis représentatif de l'Américain aisé, fortuné, habitant à New York.
Donc je vais subir les 15 %. Ma secrétaire, elle, fait ses courses chez Walmart où 80 % des produits sont chinois. Elle va prendre sur son pouvoir d'achat les 100 ou 120 % de droits de douane." Une des questions qu'on se pose dans l'émission, c'est: qui va arrêter Trump? Mais c'est le consommateur américain, l'électeur américain! Il a gagné les élections en dénonçant l'inflation héritée des démocrates pendant le covid, et Biden qui a été incapable de répondre à l'inflation. Or, Trump est aussi en train de générer de l'inflation.
Il va devoir mettre la pédale douce. Les produits européens s'adressent à une partie de la population aux Etats-Unis qui est susceptible de répondre en maintenant sa dépense, qui n'est pas directement menacée dans son pouvoir d'achat global. Elle va subir les conséquences de la hausse des droits de douane, mais elle peut les subir. Alors que la population américaine qui vit sur le Vietnam et la Chine... - A.de Tarlé: Ceux qui achètent du made in China sont au dollar près. - J.-M.Daniel: Ca peut se répercuter
dans leur portefeuille et ensuite aux élections. On dit que le taux d'emploi industriel en Californie ne cesse pas de décliner. Pourtant, elle se trouve dans la liste des économies les plus développées. D.Trump veut sauver la sidérurgie et l'aluminium aux Etats-Unis. Il faut continuer à être compétitif et aller de plus en plus vers les nouvelles technologies, vers l'avenir. D.Trump dit qu'avec les droits de douane, il veut réindustrialiser, revenir à une situation économique qui ne correspond pas à la réalité du monde actuel. - A.de Tarlé: On en vient à vos questions. Question. Le Canada, c'est 35 % de droits de douane et la Suisse, 30 %. Avec nos 15 %, on s'en est bien sortis. - I.Raymond: Pour le coup, le Canada tient tête aux Etats-Unis, notamment sur la Palestine. Ca fait longtemps qu'il y a des bisbilles importantes entre D.Trump et les Canadiens. Donc pour le Canada, ce n'est pas une surprise. En revanche, les Suisses en se réveillant ce matin
Se sont demandé pourquoi ils avaient pris 39 %. Ils exportent beaucoup aux Etats-Unis. Notamment leur horlogerie, mais pas que... Pour eux, c'est un peu moins facile à comprendre. - A.de Tarlé: Il y a les dépenses militaires... - J.-M.Daniel: Ca fait aussi un certain temps que le Trésor américain accuse les Suisses de sous-évaluer leur monnaie. Ils disent que quand il y a un tel excédent extérieur, le franc suisse devrait s'apprécier. - A.de Tarlé: Depuis le début de l'année, la courbe de l'euro est montée... Elle a augmenté de 11 % face au dollar depuis le début de l'année. Ca veut dire que les produits européens sont 11 % plus chers? - E.Benezet: Effectivement, il y a les 15 % de droits de douane pour les produits européens vendus sur le territoire américain, mais il faut aussi prendre en compte la parité du dollar. Si l'euro est plus fort que le dollar aujourd'hui, quand les Européens vendent un produit sur le sol américain, les Américains l'achètent avec un dollar plus faible, donc le payent plus cher. Ca a le même effet que les droits de douane.
- A.de Tarlé: C'est donc le moment d'aller aux Etats-Unis. L'euro est redevenu une monnaie forte qui nous donne du pouvoir d'achat à l'étranger. - E.Benezet: Toute la politique aujourd'hui de D.Trump, qui est de bomber le torse, avec cette volonté d'humilier ses adversaires... On a l'impression d'une sorte de géant affaibli qui en fait trop. Est-ce qu'il faut répondre de la même manière ou essayer d'être plus intelligent, de construire nos forces? On les a un peu abordés aujourd'hui, avec ce marché européen qui partait à la conquête d'autres marchés dans le monde...
Est-ce que ce n'est pas la meilleure réponse à apporter à D.Trump? - A.de Tarlé: Question. J.-M.Daniel, vous n'êtes pas convaincu par cette stratégie visant à mettre des barrières pour que renaisse l'industrie américaine. Comme en France, elle a disparu? - J.-M.Daniel: Je suis sur la ligne du gouverneur de Californie. Ce n'est pas l'industrie à l'ancienne et le retour de la sidérurgie, de l'acier, de l'aluminium... Ce n'est pas ça, l'avenir. Ce qu'il y a d'intéressant chez D.Trump, c'est que lui et son entourage ont porté un diagnostic réel sur la situation de l'économie américaine.
Elle est surendettée, elle vit au-dessus de ses moyens, avec un déficit extérieur de 1000 milliards de dollars. - A.de Tarlé: Les Américains sont un peu comme nous, de ce point de vue... - J.-M.Daniel: Oui, fois 10! On met en avant le fait qu'il y a beaucoup plus de croissance aux Etats-Unis qu'en Europe, mais c'est une croissance à crédit, qui fait porter la note sur la génération future. C'est ce modèle avec lequel veut rompre D.Trump. Il avait embauché E.Musk pour dire: "On va réduire le déficit budgétaire." C'était l'un des éléments-clés de sa politique.
E.Musk a disparu. Il a fait voter une loi sur le plan fiscal et budgétaire qui accroît encore le déficit budgétaire. La secrétaire au Trésor sortante de Biden avait dit qu'au-delà de 2500 milliards de dollars de déficit budgétaire... - A.de Tarlé: Nous, on s'affole avec nos 150 milliards... - J.-M.Daniel: 2500 milliards de dollars, c'était le bilan des démocrates. Là, on est à 1500 milliards de déficit budgétaire avec Trump. Les finances publiques américaines sont tout à fait hors contrôle. Notre gestion à nous paraît vertueuse
par rapport à celle de D.Trump! - A.de Tarlé: Les bourses baissent aujourd'hui. Paris a perdu près de 3 %. On se dit que ces droits de douane qu'on défouraille, ça va casser la croissance mondiale? - J.-M.Daniel: C'est une année où il y aura un peu de croissance mais aussi peu de pays en récession. - P.Mabille: Est-ce que ce n'est pas parce qu'on a anticipé les droits de douane en faisant beaucoup de stocks? On voit qu'il y a eu beaucoup d'anticipation. C'est plutôt devant nous que les problèmes de surinflation,
de hausse des taux... - J.-M.Daniel: La 1re raison qui explique ça, c'est une certaine inertie de l'économie mondiale. Il y a des déficits budgétaires qui se creusent dans pas mal de pays. L'activité mondiale se construit actuellement sur le racket de la génération future. - A.de Tarlé: Nous ne sommes donc pas les seuls en France à nous soucier de vouloir réduire le déficit budgétaire. - J.-M.Daniel: C'est un problème qui se pose aussi aux Etats-Unis. - E.Benezet: Un des rares pays en récession aujourd'hui, c'est l'Allemagne. - I.Raymond: Si D.Trump réussit à faire en sorte que l'Europe se réveille et se ressaisisse, on pourrait peut-être lui donner le prix Nobel de l'économie! - A.de Tarlé: Ou le prix Charlemagne! C'est sur cette idée que se termine cette émission.