"Une lecture anthropologique de la crise", par François-Xavier Bellamy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:46non_speechFait
« il pourrait peut-être être un bien de refuser quelque chose que l'on sait être vrai ou bien un bien clairement connu c'est-à-dire de choisir la voix de l'erreur ou la voix de ce que l'on sait être mauvais pour vu que l'on pense que c'est par là un bien supérieur que d'affirmer son libre arbitre »
- 5:13non_speechFait
« la liberté d'un différence suppose donc de déconstruire l'idée du bien et du mal »
- 8:00non_speechFait
« l'amour je suis très frappé de voir à quel point ma génération est est toute entière habité par la la l'économisation de de la relation affective »
- 9:26non_speechFait
« le mariage pour tous c'est précisément l'expression d'un désir qui s'exprime ce désir doit être satisfait »
- 11:25non_speechFait
« le libéralisme ne ressemble pas du tout dans son fondement philosophique à cette affirmation d'une liberté d'indifférence »
- 14:16non_speechFait
« la différence des sexes est une gifle infligée à notre désir de toute puissance »
- 18:28non_speechFait
« le grand risque de demain c'est la numérisation du monde c'est que tout soit transformé en nombre »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
concluons cette séance avec B ami que que j'accueille parmi nous qui va évoquer la les racines anthropologiques de la crise dont François en parle dans ce terme dans l'exortation apostolique PAP Françis et après donc nous avons un échange entre nous comme la dernière fois et puis françoisner conclura les travaux de ce merci beaucoup pour pour votre accueil je je vais parler de vous mais c'est par déformation professionnelle je suis donc professeur de philosophie et je suis très ennuyé de venir conclure ces travaux parce que comme tout professeur de philosophie et comme toute personne qui pratique la philosophie tout ce que je sais c'est que je ne sais rien donc je ne suis absolument pas un expert de l'économie même s'il m arrivé de pratiquer cette discipline dans mes études mais je ne vous parlerai pas aujourd'hui du point de vue de l'économie mais précisément du point de vue de la philosophie et j'espère que mon propose s'il peut avoir une seule et modeste ition sera de corroborer celui de mes prédécesseurs qui nous ont proposé une réflexion pour le coup éteayer sur des des réalités économiques mon point de vue mon propos sera de relier précisément la situation de crise que nous traversons c'est la question qui m'a été posée à sa dimension anthropologique c'est-à-dire à la situation où se trouve placé notre humanité et le regard que nous portons sur notre propre humanité c'est-à-dire sur le fait d'être humain et je voudrais articuler mon propos à partir de cette conclusion que vous venez de de proposer c'està-dire à partir de cette question de l'indifférence dont vous avez certainement déjà parlé je pris m'excuser parce que je n'ai pas pu vous rejoindre plutôt célébrer des mariages comme élu local cette fois-ci donc je je vous rejoins tout juste j'espère ne pas être répétitif mais je voudrais repartir de cette question de l'indifférence qui est au cœur de l'avertissement que nous lance le pape François et qui est je crois aussi au cœur du diagnosticque que nous pouvons poser sur la situation que nous traversons aujourd'hui je crois que si nous avions un seul mot pour décrire les sociétés occidentales que nous connaissons bien ce serait sans doute ce mot d'indifférence de fait cette indifférence contemporaine elle traduit une double tension une tension au nom de la liberté vers la suppression de toutes les normes qui s'appliquent de l'extérieur à nos comportements l'indifférence donc au bien et au mal et deuxièmement une tension vers l'uniformité au nom de l'égalité c'està-dire la suppression précisément de toute altérité qui pourrait traverser notre humanité commençons peut-être par cette première forme d'indifférence qui est la volonté de supprimer les normes qui pourraient s'imposer à nous cette indifférence n'est rien d'autre que la conclusion l'achèvement l'aboutissement de ce que la philosophie reconnaît comme la modernité la modernité commence avec le travail de descart qui est le premier à avoir formulé une conception totalement nouvelle de la liberté totalement inédite même s'il n'y a pas lui-même complètement adhéré il en a néanmoins été le premier interprète et cette expression de la liberté c'est celle qu'on appelle précisément du point de vue de la philosophie la liberté d'indifférence ou d'indétermination des cartes écrit dans une lettre très célèbre au Père Mélan qui est une sorte d'Apax dans son heure il écrit dans ce dans ce courrier au fond que il pourrait peut-être être un bien de refuser quelque chose que l'on sait être vrai ou bien un bien clairement connu c'est-à-dire de choisir la voix de l'erreur ou la voix de ce que l'on sait être mauvais pour vu que l'on pense que c'est par là un bien supérieur que d'affirmer son libre arbitre et donc il y a là une forme de liberté qui est celle que nous nous reconnaissons aujourd'hui nous les modernes comme l'expression ultime de la liberté c'est-à-dire le fait d'avoir le choix la liberté n'est plus le fait de savoir faire un choix de savoir bien choisir et de posséder la norme nécessaire à un choix éclairé mais la liberté consiste à avoir le choix avoir devant nous une variété de possibilités c'est la raison pour laquelle il nous est de fait si difficile de choisir parce que la liberté d'indifférence suppose précisément de demeurer indifférent au aux options qui se présentent devant nous si par exemple et bien on me présente un plat de nourriture que j'ai très faim mon choix sera relativement ténu puisque de fait choisir de ne pas dévorer ce qu'on me propose évidemment ce serait évidemment contradictoire avec mon penchant profond je suis d'autant plus libre que je suis indifférent au spectacle des choses que je vois présentes devant moi et et que aucune d'entre elle n'a plus d'importance pour moi et lorsque je suis parfaitement indifférent lorsque plus rien n'a de valeur absolue alors dans ce cas je suis parfaitement libre pour avoir le choix et pour rester dans cette liberté d'indétermination il faut précisément que je sois aussi peu déterminé que possible et donc que je sois aussi incapable que possible de me déterminer moi-même dans une voie particulière la liberté d'un différence suppose donc de déconstruire l'idée du bien et du mal parce que s'il y a un bien et un mal s'il y a une voix de la construction de la vie de la fécondité de la réussite et une voix de la destruction et du malheur en ce cas nous ne sommes plus du tout indifférents nous sommes à la croisée des chemin mais elle est déjà d'une certaine façon balisée notre choix est déjà marqué à l'avance par quelque chose qui nous précède et qui s'impose à nous de l'extérieur la liberté d'indifférence c'est la liberté qui consiste à avoir le j'en vois un exemple tout à fait symptomatique dans le regard que notre société porte par exemple sur la jeunesse sur l'adolescence l'adolescence c'est précisément le temps de cette liberté d'indifférence pour plusieurs raisons d'abord parce que être jeune c'est ne pas avoir encore construit sa vie alors que quand on a 50 ans on a déjà fait beaucoup de choix qui nous ont construit et sur lesquels on ne reviendra pas et cette liberté de l'adolescent qui a tous les choix ouverts devant lui nous fascine et puis la liberté de la jeunesse c'est aussi la liberté de la déconstruction la liberté de la crise d'adolescence qui déconstruit précisément les repères qui ont été transmis avant nous et la liberté de l'adolescence c'est celle qui nous fascine pour nous être libre c'est faire preuve d'esprit critique c'est faire preuve d'ironie c'est-à-dire c'est entrer dans cette logique de déconstruction de tout ce qui pourrait se présenter à nous comme une norme qui viendrait justement nous déterminer dans une voie particulière la liberté d'indifférence s'opère par la déconstruction de l'idée du bien et du mal si vous voulez la liberté d'indifférence c'est celle qui transforme le marché en idole parce que le marché c'est le lieu de l'indifférence le marché c'est le lieu où précisément vous êtes libre de choisir où vous pouvez faire un choix et de fait nous sommes nous les individus du 21e siècle nous sommes les êtres du supermarché c'est-à-dire de ce marché où tout est présent et nous pouvons tout choisir nous avons une variété infinie de produits qui nous sont présentés et il n'y a pas d'autre différence entre nous que celle de nos moyens de de consommation lorsque je suis capable d'acheter je peux acheter ce que je veux de façon parfaitement indifférente la liberté d'indifférence voudrait que la vie entière que l'existence humaine que la totalité de notre expéri expence ressemble à ce supermarché c'està-dire que tout puisse être objet de choix que tout puisse être objet de notre décision et que rien ne vienne s'imposer à l'intérieur de ce marché comme une valeur transcendante comme une norme supérieure qui constituerait une forme de différence qui introduirait une forme d'altérité un bien et un mal regardez par exemple les derniers développements que nous entrevoyons à travers les projets de réforme de société que nous avons pu observer en France ou en Europe il consiste à faire en sorte de faire entrer dans un marché c'est-à-dire aussi d'ailleurs dans le règne de l'économie la totalité des lieux de notre expérience la totalité des lieux de notre vie par exemple l'amour je suis très frappé de voir à quel point ma génération est est toute entière habité par la la l'économisation de de la relation affective aujourd'hui il y a un marché de l'affectivité avec ces sites Internet vous pouvez adopte un mec et ce si vous êtes plus ou moins riche si vous êtes plus ou moins bien positionné la société vous pouvez avoir accès à des profils qui sont plus ou moins intéressants et donc vous vous renseignez puis avec vos là votre capacité d'achat et bien vous pouvez avoir accès à des produits de nature plus ou moins valorisé et et donc c'est c'est voyez y compris laffectivité rentre dans le rène de l'économie mais ce sera aussi peut-être demain en France le cas de la fécondité le fait même de donner la vie qui pourrait devenir encore objet d'une transaction commerciale on voit l'extension du domaine de ce supermarché qui croit et et là encore évidemment qu'est-ce qui est interdit quelle est la seule chose qui soit considérée comme un mal absolu he c'est l'idée de considérer qu'il pourrait y avoir dans ce supermarché une norme qui s'imposerait à tous une norme du bien et du mal qui viendrait restreindre notre liberté hein du moment qu'un désir s'exprime l'individu consommateur doit pouvoir être satisfait et le fait d'opposer à ce désir l'idée même d'une responsabilité par exemple ou l'idée d'une norme qui nous précéderait c'est immédiatement introduire quelque chose qui est d'une façon le seul mal absolu pour la société contemporaine et nous en avons eu évidemment l'exemple l'an dernier à travers le débat sur le mariage pour tous le mariage pour tous c'est précisément l'expression d'un désir qui s'exprime ce désir doit être satisfait et le fait même de considérer qu'il pourrait y avoir une petite objection à l'idée que ce désir dans sa satisfaction apporte un bien ou un mal C cette simple idée cette simple contestation ce simple doute suffit à vous faire entrer dans la catégorie de ce que notre société contemporaine considère de façon paradoxale comme le mal absolu c'est-à-dire il n'y a plus de bien et de mal mais la seule chose qui soit vraiment un mal absolu c'est de considérer qu'il y a un bien et un mal donc la liberté d'indifférence c'est la liberté de la déconstruction de tout ce qui pourrait s'imposer à nous comme une norme transcendante et son outil le plus efficace bien c'est précisément l'ironie cette arme qui est d'ailleurs au cœur même de de de la philosophie politique contemporaine et notamment la philosophie politique relativiste anglo-saxone je pense à un philosophe contemporain qui est décédé récemment qui s'appelle Richard orti qui un philosophe passionnant l'un des seuls relativistes assumés c'est qui assume une position euh véritablement relativiste Richard Horti dit que l'outil de la Libération contemporaine c'est l'ironie l'ironie d'ailleurs le monde de l'humour et le monde de l'ironie sont les seuls mondes qui sont encore autorisé à produire des idoles aujourd'hui tout le reste il faut le déconstruire il faut briser les idoles à peu de marteau et en particulier briser tout ce qui prétend incarner une forme d'autorité toute autorité doit être mise à bas et d'ailleurs bien souvent dans le monde contemporain les autorités contribuent avec enthousiasme à leur propre dénivrement mais alors les autorités qui prétendent encore tenir à quelque chose de sérieux sont les grandes adversaires de notre liberté d'indifférence et ce sont en particulier les religions et en particulier évidemment pour notre vieux monde occidental la religion catholique qui prétend encore dire qu'il y a quelque chose de bon et de mauvais quel incroyable scandale que de restreindre ainsi notre liberté de ce point de vue-là on peut comprendre avec un regard un peu plus éclairé le débat qui peut animer no discussion sur la question du libéralisme de fait le libéralisme ne ressemble pas du tout dans son fondement philosophique à cette affirmation d'une liberté d'indifférence parce que le corelaire du libéralisme c'est la c'est c'est la responsabilité vous l'avez dit hein le respect du droit de propriété implique que le propriétaire soit responsable et le véritable la véritable reconnaissance de propriété ça peut-être même dire la reconnaissance de la propriété plutôt que le simple droit de propriété parce que la propriété suppose des devoirs et pas seulement des droits et être proprié propriétaire c'est avoir des devoirs et c'est répondre de ce dont on est propriétaire or ce à quoi nous avons affaire aujourd'hui n'a rien à voir avec ce libéralisme et vous nous avez bien expliquer comment paradoxalement l'État providence tel qu'il se présente aujourd'hui en prenant en charge la totalité de l'incertitude morale en prenant en charge la totalité du discours normatif et la totalité de la préoccupation morale du plus pauvre nous déleste de notre responsabilité et accomplit donc ce qui est à l'exacte opposée du libéralisme rien ne serait il n aura pas de meilleur remè pourrait-on dire à cette liberté d'indifférence que de revenir au sens initial du libéralisme qui est précisément affirmation d'une liberté qui soit responsabilité parce que cette liberté nous relie à l'autre elle nous relie aux autres et que nous vivons en commun et c'est peut-être mon deuxième point l'affirmation de de la liberté contemporaine passe aussi par une déconstruction de l'idée même de l'altérité de l'IDE et même de l'autre et de fait la deuxième grande tension qui anime les sociétés contemporaines c'est la revendication d'une égalité qui ne soit pas simplement égalité de traitement qui ne soit pas simplement égalité de dignité mais qui soit égalité dans l'uniformité des conditions dans l'uniformisation des situations notre siècle est plus plus passionné d'égalité encore que celui de toville qui pourtant voyez dans les sociétés démocratiques des sociétés habitées par la passion dogmatique de l'égalité notre siècle pourraiton dire est passionné par l'uniformité et nous le voyons bien à travers toute une là encore toute une un horizon de débat qui anime nos sociétés bien au-delà encore du monde de l'économie c'est par exemple la question du genre qui nous traverse aujourd'hui précisément dans le genre il y a cette espèce de rage profond contre l'altérité contre l'idée que notre humanité puisse être traversé par des différences c'est-à-dire quelque chose qui s'impose à nous et qui nous empêche de nous croire tout puuissant parce que si il y a quelque chose d'autre que moi dans le monde alors je ne suis plus la totalité du monde et je ne peux pas représenter la totalité de l'expérience humaine de fait pour revenir sur cette simple différence qui aujourd'hui est au cœur du débat politique et du débat culturel contemporain la différence des sexes est une gifle infligée à notre désir de toute puissance et à travers la revendication de la PMA de la GBA il y a la revendication de l'individu contemporain qui voudrait palier par l'argent à son impuissance ça veut dire aujourd'hui encore dans notre législation rétrograde et dépassé he moi qui suis un homme si je veux avoir un enfant je ne peux pas être père tout seul il faut que je trouve quelqu'un qui accepte d'être ma complice si je veux pouvoir vivre cette expérience de la fécondité qui accomplit l'expérience humaine d'une façon ou d'une autre et bien cette idée nous est insupportable je veux pouvoir m'accomplir tout seul je veux être un selfm man un homme qui se fait tout seul qui s'accomplit à lui tout seul et moi qui est de l'argent je veux pouvoir par la puissance de mon argent faire de mon argent le moyen de ma puissance et le moyen de de vaincre les résistances que la nature m'impose en encore l'indifférence s'opère donc second lieu par la suppression de de ces de cette altérité de ces singularités qui habitent notre monde et de ce point de vu-là je vraé faire une toute petite relation j'étaé très frappé en lisant le le l'exhortation apostolique du pape François de sa proximité avec un certain nombre de textes philosophiques dans l'avertissement qu'il nous qu'il nous porte et et notamment avec quelques quelques quelques textes marquants de Heidegger qui nous parle précisément de cette entrée dans le monde de l'indifférence et de cette subversion de l'économie qui accomplit l'uniformisation du monde lorsque la technique en devient l'idole heidger nous aide à reconnaître la singularité de notre époque dans la distinction entre le travail de l'artisan et le le le culte de la standardisation industrielle l'artisan nous dit Heidegger lorsqu'il construit une table avec du bois il travaille avec ce bois particulier qu'il a sous la main et sa main se fait aux diverses façons du bois à ses nœuds à son histoire à sa maturité propre au type de bois qu'il travaille de fait quand vous achetez un bureau Ikea vous ne retrouvez pas tout à fait cette attention à la singularité du bois il s'agit d'une production standardisée une production qui pour aller plus vite et pour être plus rentable précisément ignore la singularité pour produire en grand nombre des séries toutes identiques et le grand péril nous alerte àger c'est que cette progression indéniable de l'industrie ne finisse par transformer notre propre humanité au fond d'une certaine façon nous voyons bien que la technique est la grande idole de notre temps la grande idole qui progresse et qui étend son pouvoir par elle-même et c'est déjà une première subversion ordinairement la technique répond à un besoin elle répond à un problème prenez l'exemple de la voiture j'ai besoin de me déplacer d'un point à un autre et pour me déplacer d'un point à un autre bien je je je prends ma voiture l'artifice technique est un moyen de répondre à un besoin un besoin à la situation de dénuement où je ne trouve placé lorsque je suis dépouillé de toute capacité de satisfaire mon besoin aujourd'hui nous voyons que la technique progresse c'est peut-être la cause de notre inquiétude devant la technique non plus pour répondre à un besoin mais par son propre mouvement et les industriels produisent des objets que nous n'aurions jamais imaginé acheté il y a encore quelques années et qui pourtant deviennent incontournables dans la société contemporaine parce que la technique les rend ainsi et que l'économie dans son propre mouvement les sécr on pourrait dire que au fond voyez le grand risque c'est précis que la technique ne finisse par gouverner le monde on voit d'ailleurs la relation ambivalente entre la technique et la politique et la question de l'expertise la parole de l'expert qui habite aujourd'hui la société comme si elle venait nous délivrer nous débarrasser de notre responsabilité comme si on pouvait laisser la technique faire notre bonheur faire notre décision commune comme si on pouvait abandonner à la technique le soin de de nous gouverner cette question au fond de la place de la technique elle engage justement la réflexion sur la différence parce que le grand risque c'est c'est que nous n'entrions nous-mêmes dans cette indifférence que nous ne fassions entrer notre humanité dans cette indifférence que la technique sécrète pour rendre le monde manipulable de fait c'est très utile pour la technique de construire des machines outill et de produire des objets en série qui soient standardisés parce qu'elle les manipule plus facilement et qu'elle les écoule plus simplement mais le grand risque c'est que notre propre humanité ne rentre à son tour dans cette standardisation le grand risque c'est que précisément ell ne finissent par considérer les hommes eux-mêmes comme des numéros Heideger nous dit avec une PR science assez étonnante puisque il ne connaî pas encore l'informatique mais que le grand risque de demain c'est la numérisation du monde c'est que tout soit transformé en nombre et là on retrouve voyez la révocation de l'idée même de transcendance c'estàd que plus rien ne soit supérieur à autre chose mais que nous soyons dans un pur monde d'indifférence où chacun soit un simple numéro manipulable et déplaçable à merci et de fait il y a dans la globalisation du monde dans un certains types de mondialisation ce danger de l'indifférence et j'ai trouvé extraordinairement prophétique la part le du pape François à Lampedusa alertant notre humanité sur le risque d'une mondialisation de l'indifférence on voit bien que le pape François ne désigne pas simplement un sentiment d'indifférence par là une forme d'égoïsme qui se décrirait de façon assez superficielle mais à travers la mondialisation de l'indiifférence il désigne la construction d'un monde c'estàd la construction d'une structure une structure globalisée où les hommes ne seraient plus traités autrement que comme des numéos ne serait plus traité autrement que sous l'angle de la statistique de la logistique de la cybernétique qui finissent par remplacer pass c'est le caractère nécessaire pourtant de la réflexion éthique qui précisément nous aide à distinguer des différences différen entre le bien et le mal différenence entre les cultures différences entre les hommes différence de fait du coup aussi entre les situations où il se trouvent placés et les responsabilités ce que l'Église nous aide à reconnaître comme la variété des devoirs d'état de fait donc il faut me semble-t-il que nous soyons capable de regarder ce qui se produit non pas comme un phénomène de nature politique ce serait une grande erreur ou comme un phénomène de nature économique ou médiatique mais comme un phénomène qui qui est authentiquement de nature anthropologique et qui concerne notre humanité dans son intégralité et je voudrais terminer en en simplement en faisant une petite réflexion sur et là je rejoindrai la la question sur une question qui que la philosophie partage avec l'économie qui est la question de la valeur comment pouvons-nous répondre à cette question de l'indifférence bien souvent je suis très frappé de voir que nous acceptons d'entrer dans une rhétorique qui est elle-même profondément relativiste qui est celle précisé du supermarché et qui est la rhtorique des valeurs nous voulons engager le combat pour les valeurs par exemple nous voulons défendre nos valeurs nous voulons militer pour nos valeurs il me semble que c'est une erreur dramatique bien qu'elle soit animée par des intentions parfaites que de rentrer nous-même dans ce lexique des valeurs parce que la valeur est toujours le produit d'une évaluation des choses qui ont et c'est c'est toujours donc une une affirmation parfaitement relativiste les choses qui ont beaucoup de valeur pour moi peuvent n'en avoir aucune pour vous et c'est tout à fait normal par exemple je sais pas le le le souvenir d'une je sais pas une photo de la maison où j'ai grandi cette photo n'a aucune valeur pour vous mais elle en a beaucoup pour moi elle a une valeur sentimentale on arrive d'ailleurs au problème de l'assurance comment assurer ce qu' a une valeur qui n'est pas évaluable de façon marchande bref la valeur est toujours le produit d'une évaluation et cette évaluation est contingente elle dépend des personnes elle dépend des circonstances des objets qui ont beaucoup de valeur dans une circonstance donné peuvent perdre subitement toute leur valeur imaginons que demain par exemple subitement gar se déclenche et que il n'y ait plus du tout de pétrole plus du tout d'essence disponibles d'un seul coup nos voitures perdront toute valeur en tous les cas cell qui fonctionne avec de l'essence et les voitures électriques en gagneront énormément peut-être bref les réalités qui on la valeur voient leur valeur évoluer en fonction des circonstances et en fonction des personnes affirmez donc que nous défendons nos valeurs c'est nous placer nous-même dans cette situation parfaitement relativiste où nous disons que certains ont des valeurs d'autres ont d'autres valeurs nous avons nos valeurs et que nous voulons défendre nos valeurs affirmer qu'il y aurait au fond dans le jeu politique dans la vie sociale des lobes qui s'affronte il y a des lobes qui sont contre nous nous nous avons notre propre lobby nous voulons défendre nos clochers et donc nous sommes un lobby contre d'autres lobby et nous regrettons d'ailleurs d'être un lobby moins efficace que d'autres lobby ou d'être victimisé par des lobby plus puissants que nous en réité nous ne sommes pas un lobby et nous n'arriverons pas à engager le dialogue avec la société contemporaine si nous n'avons pas une conscience très profonde que ce pourquoi il faut nous engager c'est précisément quelque chose qui transcendeble le marché quelque chose qui excède la valorisation qui a lieu à l'intérieur du monde de l'économie l'économie ne trouve tout son sens que si elle est un monde particulier qui est au service de l'accomplissement de l'expérience humaine si elle devient la totalité de notre expérience si elle devient la totalité du monde dans lequel nous évoluons et si nous-même dans notre relation à l'engagement politique à l'engagement social à l'engagement culturel nous faisons par la défense des valeurs de notre engagement une traduction é économique il me semble que nous aurons perdu le sens de toute valeur et que nous aurons privé y compris l'économie de sa propre valeur parce que si tout se vaut alors rien ne se vaut et si tout a de la valeur alors rien n'a véritablement de valeur il faut donc que nous revenions à cette idée fondamentale que nous avons à nous engager pour le bien de l'homme pour le bien de tout homme et que ceci n'est pas une valeur mais que ceci est en soi quelque chose qui vaut pour soi et pour lui-même indépendamment de toute évaluation et de toute considération circonstancielle ou personnel ou culturel et je crois que c'est probablement par là que nous parviendrons à réengager le dialogue avec le monde contemporain à redonner son sens à notre expérience économique à redonné son sens aussi à notre expérience politique parce que et c'est par là que je terminerai cette liberté d'indifférence dont la crise actuelle n'est que l'accomplissement parfait parce que la crise actuelle n'est pas un accident elle est la réussite d'un projet la crise actuelle est l'accomplissement parfait de cette liberté d'un différence qui nous coupe d'autrui et qui nous empêche de retrouver le sens de la communauté de retrouver ce que le pape pour ça raelle dans éangéli gaudum cette magnifique formule de retrouver la joie d'être un peuple merci beaucoup
[Applaudissements]
François-Xavier Bellamy