Conférence de presse de l’AJP : Mme Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale, députée « Ensemble pour la République » des Yvelines - Jeudi 9 juillet 2026
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Bonjour et bienvenue à cette conférence de presse de l'association des journalistes parlementaires avec aujourd'hui Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale comme invitée. Bonjour Madame la Présidente, merci d'avoir accepté d'être notre invitée cette année encore pour tirer les enseignements de cette deuxième année d'une législature sans majorité à l'Assemblée nationale et tracer les perspectives des mois à venir avant l'élection présidentielle. Vous nous direz d'ailleurs peut-être quel rôle vous entendez jouer dans cette échéance électorale majeure.
Nous vous interrogerons évidemment aussi sur la décision de Marine Le Pen d'être candidate à l'Elysée et puis entre autres sujets nous évoquerons évidemment les grands dossiers parlementaires du moment qui résonnent bien au-delà des murs de l'Assemblée nationale, qu'il s'agisse de la protection des enfants ou de l'aide à mourir. Quelques mots encore pour vous indiquer que nous sommes en direct sur LCP et sur le portail vidéo internet de l'Assemblée nationale. Donc n'hésitez pas à vous présenter lorsque vous poserez une question, vous et vos médias. Nous sommes ensemble pour une heure avec Chantal Didier qui me fait comme toujours le plaisir d'animer cette rencontre avec moi.
Première question Madame la Présidente, depuis deux ans sans majorité à l'Assemblée nationale, cette Assemblée travaille. Les débats sont souvent âpres voire virulents. Le processus législatif est parfois long, pas toujours facile à expliquer et à comprendre pour nos concitoyens. Mais l'Assemblée vote des lois, contrôle l'action du gouvernement. Alors quels sont, en regardant le travail accompli ces derniers mois, vos fiertés, peut-être aussi vos reglets ? Bref, quel bilan faites-vous de cette deuxième année de la législature ?
Bonjour à tous. Très heureuse d'être à nouveau avec vous et de pouvoir échanger durant cette heure. Déjà, il faut être assez modeste dans les temps politiques que nous vivons. Et donc le fait que l'Assemblée nationale fonctionne et remplisse ses missions constitutionnelles, pour moi, c'est extrêmement important. L'Assemblée nationale, on en parle souvent comme étant le cœur battant de la démocratie. Une Assemblée nationale doit remplir les missions qui lui sont conférées par la Constitution, voter la loi, contrôler l'action du gouvernement, évaluer les politiques publiques. Et c'est ce que nous faisons.
Alors parfois brouillamment, parfois il y a des incidents, parfois il y a des débats extrêmement respectueux. Et on a vu, vous avez évoqué ceux sur la fin de vie et sur l'aide à mourir. Je les ai beaucoup présidés et ils se sont déroulés avec beaucoup de respect pour les convictions de chacun. Et donc j'ai une Assemblée qui est vivante, qui vibre, qui est turbulente, mais qui remplit sa mission. Et je crois que c'est ça l'essentiel pour nos compatriotes, savoir que l'Assemblée nationale fonctionne, quelles que soient les circonstances, quel que soit le fait qu'il y ait une majorité ou qu'il n'y en ait pas, quel que soit le nombre de groupes.
Nous avons un nombre de groupes complètement inédit. Et donc cette Assemblée nationale, elle tourne. Et c'est ça que je crois qui est vraiment important de relever. Et c'est le cœur de ma mission. Faire que ça marche.
Oui, Madame la Présidente, l'Assemblée nationale fonctionne effectivement, mais on peut se demander avec quelle efficacité. On découvre parfois que deux ans après, tous les décrets d'application n'ont pas été pris et qu'une loi ne s'applique pas encore. Donc est-ce qu'il y a une démonstration politique ? On vote des lois ou des propositions de loi, mais au fond, elles n'aboutissent pas toujours.
Alors, la question de l'application des lois, elle est absolument centrale. Et je crois qu'elle fait partie des éléments qui entraînent de la défiance chez nos concitoyens. Parce qu'ils se disent, il y a des lois qui sont votées à l'Assemblée nationale. Donc il y a des choses qui avancent. Et pour autant, ces lois ne vont pas changer mon quotidien parce qu'elles ne sont pas appliquées. Alors, ça n'est pas nouveau, la question de l'application des lois et de la non-prise des décrets. C'est quelque chose qui est vieux comme le monde, peut-être consubstantiel à l'existence d'une Assemblée nationale. Nous n'en sommes pas responsables puisque c'est l'action du gouvernement.
Pour autant, nous avons instauré un certain nombre d'éléments pour pousser le gouvernement à mieux respecter la volonté du législateur. Donc nous avons un baromètre de l'application des lois qui est accessible à tous citoyens sur le site de l'Assemblée nationale. Et ça, c'est important aussi parce qu'il faut vraiment aujourd'hui de la transparence partout. Nos concitoyens ont besoin de savoir que l'information, elle est accessible, qu'on ne leur cache rien. Et donc le baromètre de l'application des lois, c'est un élément pour ce faire.
Et l'autre élément, et c'est ce que j'ai fait, c'est peut-être un des éléments de fierté justement, c'est cette séance en février publique sur l'application des lois où les huit commissions permanentes ont pu passer en revue tous les textes adoptés par l'Assemblée nationale depuis 2022 et faire un point d'étape avec le gouvernement. Et ce que l'on m'a dit, c'est que finalement, entre le moment où on a décidé de faire cette séance d'application des lois et le jour où elle a eu lieu, le gouvernement a pris des décrets comme jamais parce que justement, on leur a mis tout bêtement la pression.
Mais c'est justement le rôle de l'Assemblée nationale, c'est un rôle constitutionnel, c'est le contrôle de l'action du gouvernement. Et ce faisant, on veille juste à ce que la volonté du législateur soit respectée. Et à travers nous, c'est la volonté des citoyens puisque nous représentons le peuple. Et donc, voilà, je pense que ça, c'est quelque chose sur lequel il faut qu'on avance encore plus, avoir un gouvernement qui soit plus diligent dans l'application des lois qui sont votées parce que, autrement, c'est un mépris pour le Parlement, mais c'est surtout un mépris pour les citoyens.
Il y a aussi un peu multiplication des propositions de loi. L'Assemblée nationale est une assemblée politique, bien sûr. Mais on a parfois le sentiment que ces propositions de loi ont vocation surtout de communication parce qu'on sait qu'elles n'aboutiront jamais.
Alors, justement, la nouveauté, finalement, de cette législature sans majorité, c'est que les propositions de loi aboutissent. Et la plupart des textes qui sont votés de façon définitivement par les deux chambres sont des propositions de loi. Et ça, c'est nouveau. Et c'est nouveau et ça doit conduire à une modification de notre façon de travailler. C'est-à-dire que moi, j'ai saisi davantage le Conseil d'État que mes prédécesseurs sur des propositions de loi. Et nous devrions avoir, parce que nous n'avons pas aujourd'hui, la capacité de faire ce qu'on appelle des études d'impact. Projet de loi, il y a des études d'impact. Proposition de loi, il n'y en a pas.
Mais nous n'avons pas les moyens de le faire. Et donc, c'est la raison pour laquelle, à l'instar de tous mes prédécesseurs, je demande à ce qu'on nous rattache des instituts qui existent, c'est France Stratégie, c'est le Haut-Commissariat au Plan, etc. Pas à l'Assemblée nationale, au Parlement, donc au Sénat également, pour qu'on puisse réaliser des études d'impact. Mais, vous voyez, sur les propositions de loi, avec le temps transpartisan qu'on a créé ici à l'Assemblée nationale et qui a été également endossé au Sénat, nous arrivons à faire naviguer des propositions de loi beaucoup mieux qu'avant. Et ça, c'est intéressant.
Et moi, je pense, par exemple, on a une proposition de loi qui avait... Vous savez qu'on parle beaucoup des violences faites aux femmes. Une des premières propositions de loi sur un temps transpartisan qui a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale, c'était sur l'aide universelle d'urgence pour permettre aux femmes, en 24 heures, de toucher une aide qui leur permette de quitter le domicile conjugal lorsqu'elles sont victimes de violences. Ça, c'est une proposition de loi. On a voté également l'insertion de la notion de consentement dans la définition du viol. On sait à quel point, après l'affaire Pellicot, par exemple, cette notion est devenue centrale.
Eh bien, c'est également une proposition de loi. Donc, il y a beaucoup de propositions de loi qui arrivent à terme. C'est nouveau. Mais moi, je trouve que c'est intéressant parce que les parlementaires, nous sommes en contact direct avec les citoyens. Nous avons des circonscriptions. Nous avons des permanences parlementaires. Les gens viennent nous voir ou nous allons vers eux. Et donc, souvent, les propositions de loi, elles sont peut-être plus en prise avec le quotidien des Français qu'un projet de loi qui est construit par une administration, etc., et qui est peut-être un peu plus éloignée.
Il y a justement une proposition de loi qui doit être définitivement adoptée la semaine prochaine, mercredi prochain. Vous l'avez évoqué. C'est la proposition de loi instaurant un droit à l'aide à mourir. Votre homologue du Sénat, Gérard Larcher, dit encore cette semaine son opposition au texte et tout faire finalement pour que le Sénat s'y oppose jusqu'au bout, jusqu'à souhaiter que le gouvernement ne programme pas cette adoption définitive. Est-ce qu'à l'heure qu'il est, vous avez la moindre inquiétude sur l'adoption définitive de ce texte ou est-ce que vous considérez qu'il est temps d'aboutir et que c'est ce qui va se passer ?
Alors moi, je considère qu'il est temps d'aboutir. Là aussi, proposition de loi, la première sur l'aide à mourir date de 1978. Et donc, nous avons mis de très nombreuses années pour légiférer en la matière, près de 50 ans. Et je crois qu'il est temps d'aboutir après un processus exemplaire, là, dans la façon de légiférer, avec l'avis du Conseil national d'éthique, l'avis du CESE, la tenue d'une convention citoyenne, plus de deux ans et demi de délibération parlementaire. J'ai toujours regretté que le Sénat ne soit pas capable, finalement, d'aller au bout du débat et d'aller au fond des choses. Mais voilà, ça les regarde. Ils ont des équilibres politiques qui sont différents des nôtres.
Et là aussi, vous savez, l'Assemblée nationale, Gérard le dit souvent, elle représente vraiment... Nous, nous représentons le peuple, nous représentons la nation, nous représentons la société telle qu'elle est aujourd'hui. C'est peut-être pour cela que nous avons, finalement, réussi à délibérer. Et là aussi, moi, franchement, je voudrais saluer l'ensemble des parlementaires. Les débats ont été passionnants, très respectueux. Et pour les avoir beaucoup présidés, j'ai été très fière de cette Assemblée nationale-là et qui a prouvé que, même sans majorité, nous étions capables de débattre sereinement de sujets très graves. Je pense que nous le devions aux Français.
Je n'ai aucune inquiétude sur le fait que le gouvernement maintienne l'inscription. Je trouve ça invraisemblable d'imaginer pouvoir interrompre la navette alors que nous sommes en lecture définitive avec un vote solennel programmé à l'Assemblée nationale le 15 juillet. Donc, ce vote se tiendra. Et je ne veux jamais présager des résultats d'un vote, mais en tout cas, je suis confiante compte tenu des votes précédents. Il y avait, lors des précédents votes, une très large majorité à l'Assemblée nationale qui dépasse complètement l'écrivage partisan pour l'adoption de ce texte. C'est un texte qui est attendu par nos concitoyens qui sont dans la souffrance.
Stanislas Noyer, l'aide de l'expansion. M. Larcher a dit qu'il allait saisir le Conseil constitutionnel à propos de ce texte. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Écoutez, c'est une prérogative qui appartient au président de Chambre et je crois que c'est important que nous ayons cette prérogative. Et donc, il est tout à fait très légitime à saisir le Conseil constitutionnel. Je pense que ça ne sera pas la seule saisine parce que c'est normal. C'est un texte qui est lourd. C'est un texte grave. C'est un texte qui a été beaucoup travaillé. Mais on a besoin, et moi, je suis tout à fait, finalement, satisfaite qu'il y ait des saisines du Conseil constitutionnel. Nous avons besoin du regard du Conseil constitutionnel sur ce texte. Je ne doute pas qu'il y en aura d'autres.
Et peut-être même le président de la République pourrait également saisir le Conseil constitutionnel. Je ne connais pas du tout ses intentions. Je n'ai pas eu d'échange avec lui à cet égard. Mais ça m'apparaît tout à fait légitime sur un texte comme celui-ci, qu'on ait le maximum de regard et donc qu'on s'assure qu'il est conforme à notre constitution, notre règle commune.
Bonjour, Jean-Baptiste Aoulas pour Libération. Justement, à propos du président de la République, est-ce que vous mettez cette réforme de la fin de vie à son crédit, puisqu'il l'endosse depuis deux ans, ou est-ce que c'est plutôt à mettre au crédit parlementaire qui, comme vous d'ailleurs, l'ont un peu tiré par la manche depuis son élection en 2017 ? Et juste peut-être deuxième question, est-ce que vous gardez une frustration sur certains sujets en matière sociétale, puisqu'on arrive à l'heure du bilan de ces deux quinquennats d'Emmanuel Macron ? Est-ce que vous avez des regrets dans ce champ plus large que la fin de vie ?
Alors, moi, j'ai pas de frustration parce que c'est un peu une oeuvre collective. Et comme vous le savez, moi, j'aime, lorsque nous parvenons à avancer ensemble de façon transpartisane, sur ce texte notamment, ça a été le cas. Il y a des parlementaires qui ont porté ce texte de tous bords politiques. Et même quand leur groupe était parfois très opposé, il y a toujours eu des individualités qui ont exprimé des avis divergents et qui ont aidé au parcours législatif. Et moi, c'est ce que je retiens, c'est qu'en fait, sur un sujet tel que celui-ci, on a réussi à se dépasser.
Et donc, le président de la République a évidemment apporté sa pierre à l'édifice puisque c'est lui qui a saisi la Convention citoyenne, c'est lui qui a demandé à ce que Agnès Firmin-Le Baudot, à l'époque ministre, porte et travaille à un projet de loi, ce qu'elle a fait pendant plus d'une année. Donc, il a eu une intervention majeure. Mais de la même façon, les parlementaires aussi ont eu une intervention majeure, notamment Olivier Falorni, mais pas que, en portant des propositions de loi et en étant extrêmement mobilisés pendant le débat, les citoyens, le CESE.
Et c'est en fait, moi, je trouve que c'est un modèle de réforme où nous avons réussi à trouver finalement de l'apaisement en prenant le temps et en associant chaque corps de la société à la réflexion et à la délibération. Après, sur les réformes plutôt progressistes, moi, je suis assez fière de ce que nous avons fait puisque nous avons adopté pendant le premier quinquennat la PMA pour toutes. Nous avons également constitutionnalisé l'interruption volontaire de grossesse protégeant ainsi cette liberté pour nos filles et nos petites-filles en constitutionnalisant et donc en mettant ce droit dans le coffre-fort constitutionnel de nos droits et libertés.
Et puis, il y a ces innovations aussi démocratiques. La Convention citoyenne, je trouve, c'est un élément démocratique extrêmement intéressant. Donc, je trouve que le bilan, nous pouvons en être fiers de notre bilan sur le plan sociétal. Ce sont des grandes réformes.
Sur le plan sociétal, il y a une autre question sur laquelle l'Assemblée nationale n'a pas attendu pour travailler mais sur laquelle les choses sont sans doute en train de s'accélérer depuis la mort dramatique de la petite Liana. C'est la protection de l'enfance, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, violences sexuelles notamment. La commission d'enquête sur l'inceste a présenté ses conclusions ce matin, un rapport assez édifiant avec beaucoup de propositions. Le projet de loi sur la protection de l'enfant se sera examiné la semaine prochaine dans l'hémicycle. La loi intégrale à la rentrée, a priori, d'après ce qu'a indiqué le gouvernement.
Est-ce que vous considérez que ce sujet doit être... Alors, il y a souvent beaucoup de priorités, mais est-ce que ça doit être la priorité au moins jusqu'à l'élection présidentielle ? On verra ensuite combien de temps dure cette législature. Mais sur la session prochaine, est-ce que vous considérez qu'il y a encore moyen de faire oeuvre utile avec des adoptions définitives sur ces sujets ?
Alors, on pourra faire oeuvre utile jusqu'au dernier jour, à la dernière minute de notre session. Sur la protection des enfants, je vous rappelle, et vous voyez, là aussi, c'est une oeuvre collective. En 2022, quand je prends la présidence de l'Assemblée nationale, j'ai, avec l'ensemble des présidents de groupe, nous avons créé une délégation au droit des enfants. Ça faisait des années qu'elle était demandée. Dès le mois de septembre, j'ai proposé à la conférence des présidents d'acter la création de cette délégation en 2022, et elle a été créée. C'est quelque chose de fondamental, qui a montré que nous avions ce souci de nos enfants dès l'origine et que ça n'est pas circonstanciel.
Nous avons, après, adopté de nombreux textes, mais malheureusement, à chaque fois, un petit peu en silo ou alors sur des points très précis. Autorité parentale, ordonnance de protection, etc. Et là, moi, j'ai beaucoup poussé l'adoption, l'examen d'un texte sur l'aide sociale à l'enfance. Rappelez-vous, j'en avais parlé dans mon discours au corps constitué en janvier encore, demandant avec insistance à ce que le gouvernement l'inscrive. Je suis heureuse d'avoir obtenu gain de cause. Sur la PPL intégrale, il faut faire la même chose. Nous sommes en train de travailler dessus. Le Conseil d'État est saisi, le CESE est saisi également.
Nous aurons, le mardi 21, une réunion à l'Assemblée nationale, à l'hôtel de l'AC, avec le Premier ministre, un certain nombre de membres du gouvernement, les parlementaires qui portent cette loi, donc sous une coprésidence du Premier ministre et de moi-même, pour travailler justement à cette loi qui devrait être examinée, effectivement, en début de session ordinaire, donc dès le mois d'octobre. C'est quelque chose d'important. Et là-dessus, on est aussi très mobilisés de façon transpartisane. Ce sont des sujets trop graves pour qu'ils fassent l'objet de bisbis politiques. Et ça n'est pas le cas.
J'ai plus de 160 parlementaires sous l'égide de Céline Thiebaud-Martinez qui ont signé cette proposition de loi. Nous avons des collectifs qui sont extrêmement mobilisés depuis des années. Là aussi, on n'est pas sur quelque chose de réactif. Hier encore, je rencontrais ici la ministre espagnole de l'égalité entre les femmes et les hommes pour qu'elle me parle du modèle espagnol et qu'on ait un peu les clés de la réussite. Et donc, nous allons avancer. Et moi, je n'ai aucun doute, mais aucun doute sur le fait que, sur cette loi, nous pourrons, avant la fin de la session, aboutir avec nos collègues sénateurs. Nous n'avons pas le choix. Ce n'est pas une obligation de moyens.
C'est une obligation de résultats. C'est ce que nous devons aux femmes et aux enfants de ce pays. Mais évidemment, tout ne passe pas par la loi. Ça ne suffira pas. Il faut des moyens financiers. Et il faut aussi qu'on mette un peu les mains dans le cambouis. C'est-à-dire qu'il faut réorganiser les chaînes de décision, la chaîne judiciaire, évidemment. Mais il faut aussi travailler sur... Et tout est en place. Maintenant, il faut que ce soit appliqué. Les programmes scolaires, l'éducation à la vie sexuelle et affective dès le plus jeune âge. Le ministère de l'Éducation nationale a fait un travail incroyable là-dessus.
Maintenant, il faut que ça se déploie et qu'il n'y ait plus un enfant de ce pays qui ne puisse pas faire l'objet de mesures de protection, d'éducation, etc. Et puis, il y a le sujet réseaux sociaux. Et c'est la raison pour laquelle on parle de loi intégrale. Il faut avoir une approche globale. C'est ça que porte cette loi. Mais cette approche globale, elle doit dépasser le cadre législatif. C'est une approche globale de toute la société qui doit se réaliser pour mieux protéger les femmes et les enfants de ce pays.
Frédéric Delpech pour LCI TF1. Cette session parlementaire a surtout été marquée par un débat budgétaire, long, chaotique, qui a vu d'ailleurs la chute d'un Premier ministre. Alors, quels enseignements vous en tirez ? Est-ce que pour le prochain débat budgétaire, le 49-3, vous paraît la seule solution ? Ou est-ce que vous souhaitez tout de même que les députés aillent jusqu'au bout de ce débat, quitte à ne pas y parvenir ? Quel a été votre regard sur cette séquence assez douloureuse pour les parlementaires ?
Alors, déjà, le premier regard en tant que femme politique présidente de l'Assemblée nationale, et je vous l'avais dit, c'était de dire mais en fait, c'est délirant. On ne peut plus discuter d'un budget de cette façon-là. Ça ne marche pas. Et donc, j'ai engagé un travail avec des parlementaires, président de la Commission des Finances, rapporteur général du budget, j'ai rencontré des spécialistes, des professeurs, on a regardé, on a fait du droit comparé, etc. Et ça a nourri ma réflexion sur la procédure budgétaire idéale, qui n'est absolument pas celle qu'on suit actuellement.
On est le seul pays au monde à passer trois mois à discuter dans l'hémicycle de la moindre taxe et de la moindre ligne du budget de la nation. Donc, je pense qu'il faut réformer profondément et c'est le premier renseignement que j'en ai tiré. Que ça ne peut pas se faire par voie du règlement de l'Assemblée nationale, que c'est la loi organique et que c'est une réforme constitutionnelle également qui doit avoir lieu. Mais la conviction qui est la mienne, c'est qu'il faudra faire cette révision constitutionnelle et une révision de la loi organique. on doit modifier la façon d'examiner le budget.
Après, à très court terme, on ne peut pas modifier la constitution sur ce point et donc, on va devoir faire avec les règles qui sont les nôtres et donc, pour éviter les semaines de séance telles qu'on les a vécues, la position qui est la mienne, c'est de demander au gouvernement et proposer au gouvernement de faire un 49.3 assez rapide sur un budget raisonnable, responsable qui aurait été discuté avec l'ensemble des groupes politiques présents à l'Assemblée nationale. Donc, il doit engager des concertations en présentant un budget qui puisse permettre de garder le cap de la réduction de la dette, etc.
Pour autant, nous avons une élection présidentielle et donc, il ne faut pas obérer la capacité qu'aura le prochain gouvernement à faire une loi de finances rectificative et comme son nom l'indique, pour faire une loi de finances rectificative, il faut un budget initial.
Je pense que de passer par cette voie-là et c'est moi qui vous le dis, je suis plutôt opposée d'habitude évidemment au 49.3 mais là, on est dans des circonstances particulières, on n'a pas de majorité, on a une élection présidentielle qui arrive et nous avons besoin d'un budget de la nation et donc, on doit trouver le chemin et le 49.3 et là, je prêche pour ma paroisse à un avantage, c'est qu'il me libère du temps parlementaire et me libérant du temps parlementaire, moi, j'ai la PPL intégrale qui devra faire sa navette, un texte à ZEU, qui devra faire sa navette et puis, il y a des textes qui, je trouve, intéressent directement les Français et qui pourraient leur être très utiles.
Il y a une loi transport qui a été examinée en commission qui est portée par Philippe Tabarro et qui pourrait être très utile pour nos investissements et on sait à quel point le transport est un sujet qui revient toujours dans la préoccupation des Français. On a une loi enseignement supérieur qui est portée par Philippe Baptiste et qui permettrait de faire le ménage sur Parcoursup. Je suis maman d'un enfant qui vient de se vivre Parcoursup. Je pense qu'on a beaucoup à faire et cette loi permettrait d'y répondre. On a une loi qui concerne le logement. Vous voyez bien qu'il y a un certain nombre de textes qui pourraient être examinés pour faire de cette année une année utile pour les Français.
Ne passons pas trois mois en débat 20 dans l'hémicycle sur un budget dont on sait que de toute façon, au final, il ne sera pas voté par une majorité des parlementaires. Dégageons du temps et rassurons tous les acteurs économiques en disant nous avons réussi à doter la France d'un budget dans cette année pré-présidentielle. Ça suppose que chacun prenne ses responsabilités mais moi, je n'ose pas imaginer une seule seconde qu'un candidat à l'élection présidentielle qui prétendrait vouloir exercer la charge suprême et conduire la destinée de la nation mettrait la nation dans le chaos en la privant d'un budget six mois avant l'élection présidentielle. Il n'y a pas de cohérence.
Donc je pense que tout le monde doit être responsable, tout le monde doit être raisonnable mais le gouvernement aussi en écoutant les oppositions pour essayer de trouver un chemin. Ça n'est pas leur demander leur assentiment mais simplement que chacun prenne ses responsabilités pour qu'on puisse ensemble doter la France d'un budget sans obéir les chances du futur président de la République et de son gouvernement à en modifier le contenu pour pouvoir impulser dès le départ une politique qui aura été souhaitée par les Français.
Julien. Bonjour Madame la Présidente. Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Une question d'actualité. Marine Le Pen a été de nouveau condamnée pour détournement de fonds publics par la Cour d'appel. La peine d'inéligibilité lui permet néanmoins étant réduite de se porter candidate. Est-ce que vous trouvez normal, légitime ou scandaleux qu'elle se présente à la présidentielle ? Et vous me permettrez une question subsidiaire. Qu'est-ce que ça vous inspire pour la France en image la possibilité d'une présidentielle où l'un des principaux candidats pourrait faire campagne sous bracelet électronique ? Merci.
Aujourd'hui, on prend acte tous de la décision qui a été rendue par la Cour d'appel et du pourvoi en cassation qu'a formé Marine Le Pen. On rappelle bien que le pourvoi en cassation va permettre à la Cour de cassation de juger en droit et ça ne remet pas en cause l'appréciation des faits qui a été réalisé par les juges de la Cour d'appel. Ce n'est pas un troisième degré de juridiction. Ce n'est pas un appel sur l'appel. Donc la condamnation est là. Les faits ont été qualifiés des tournements de fonds publics et donc ce sont des atteintes à la probité qui ont entraîné la condamnation que tout le monde connaît.
La peine d'inéligibilité étant purgée, Marine Le Pen a tout à fait le droit de se présenter. C'est son appréciation personnelle et donc je suis très respectueuse de l'appréciation qu'elle peut en faire. Je note quand même et c'est assez croustillant ou savoureux que, et pas seulement elle, mais que beaucoup à l'époque avaient critiqué le fait qu'il y ait une possibilité de mettre une exécution provisoire sur une condamnation à une peine d'inéligibilité. Et il y avait même eu dans l'atmosphère des propositions de loi pour revenir sur cette exécution provisoire. Et on voit bien que finalement c'est grâce à l'exécution provisoire qu'elle peut aujourd'hui être candidate.
Donc je dis ça, je ne dis rien, mais je trouve que c'est savoureux. En fait, n'essayons pas à chaque fois d'adapter la loi à des circonstances particulières. La loi est plutôt bien faite pour un cadre général et je crois qu'il faudrait quand même que chacun d'entre nous nous méditions cela et que nous arrêtions de remettre en cause à chaque fois une disposition de portée générale à l'aune de situations particulières. Mais je ne faisais pas partie de cela.
Moi, je considère que, et c'était le mouvement qu'on avait fait en 2017, on avait renforcé les obligations de probité, on a besoin, et nos concitoyens nous le disent, de candidats et à fortiori d'élus exemplaires dont la probité n'est pas en question. Dans la situation présente, aujourd'hui, elle peut se présenter, elle se présente et nous allons pouvoir la combattre sur le plan des idées. Si jamais elle devait être sous bracelet électronique, ce que je ne sais pas, ça dépendra de la décision de la Cour de cassation, de la décision d'un éventuel juge d'application des peines. C'est quand même, on est vraiment dans les hypothèses, les hypothèses, les hypothèses.
Mais je trouverais ça à titre très personnel, mais en tant que citoyenne, je serais évidemment choquée par le fait qu'un candidat se retrouve dans cette situation-là. Parce que, à nouveau, les citoyens, vous savez, ils attendent de nous quoi ? Qu'on soit irréprochable. Ils ont raison. Ils ont raison. En fait, on ne peut pas, on gère des fonds publics, les fonds publics, c'est l'argent des Français. Les Français doivent être sûrs que l'argent public que nous gérons est utilisé à bon escient. Et donc, ils doivent avoir confiance en nous. Et lorsqu'on regarde les baromètres de la confiance politique, ils ne sont pas très bons.
Et donc, évidemment que ce type d'affaires vient conforter l'opinion que les Français ont de leur classe politique. Et ça, c'est vraiment tragique. Et c'est pour ça qu'on a renforcé les obligations d'exemplarité. Moi, j'ai toujours été favorable, et c'est ce qu'on portait en 2017, au fait que les candidats à une élection, quelle qu'elle soit, aient un casier judiciaire vierge. C'est ça qu'attendent de nous les Français. Et là-dessus, les Français me disent tout le temps, mais pourquoi vous ne l'avez pas fait ? Et là, je rentre dans des explications très longues de respect de la Constitution.
Et donc, je leur dis, on a fait ce qu'on a pu, c'est-à-dire qu'on a prévu des peines d'inéligibilité renforcées. Donc, c'est la stricte application des législations qu'on a votées. Mais en tout cas, après, il y a une question d'image que l'on renvoie. Il y a ce qu'on peut faire et ce qu'on doit faire, mais à nouveau, tout cela lui appartient et on la laisse décider. Et après, il faut la combattre. Et moi, c'est ce que je ferai pendant toute la campagne sur le plan des idées parce que je pense que le projet que le Rassemblement national porte est mauvais pour notre pays. Jeanne. Oui, Jeanne Assouli, France 2.
Madame la Présidente, quel est votre regard de juriste sur le pouvoir en cassation de Marine Le Pen et la réponse ce matin du Président Rémi Heltz ? Alors, je n'ai pas écouté la réponse du Président Rémi Heltz. Il dit qu'ils essaieront de rendre une décision
avant le premier tour.
En fait, c'est le procureur général près de la Cour de cassation. Donc, voilà. Moi, ce qui m'importe, c'est qu'on soit dans des délais normaux. Moi, je ne veux pas que... En fait, et là aussi, les Français sont très attachés à ce que la justice soit la même pour tout le monde. Nous sommes des justiciables comme les autres. C'est pour ça que là aussi, et c'est un des de mes regrets, j'en ai plein, vous voyez, on n'a pas supprimé la Cour de justice de la République. C'était une promesse de campagne en 2017 et je trouve que ça dommage qu'on ne l'ait pas fait. Beaucoup ont changé d'avis. Moi, je n'ai jamais changé d'avis sur ce point. La même justice pour tout le monde.
La même justice pour tout le monde, ça veut dire les mêmes délais, les mêmes pas de passe droit dans un sens ou dans un autre, pas plus vite, pas moins vite, normal. Et donc, moi, je ne connais pas les délais d'audiencement à la Cour de cassation. Si c'est un délai normal d'audiencement, eh bien, c'est très bien ainsi. Je ne voudrais pas que ce soit accéléré du fait de l'élection présidentielle et du fait de la candidature. Je ne voudrais pas que ce soit ralenti. Juste, on est pareil et les Français attendent juste qu'on ait la même justice qu'eux. Oui, Yannick Adhimi, Freelance.
Vous tenez en tant que président de l'Assemblée nationale un discours volontiers lénifiant sur la vie politique et parlementaire et dans la société en général. Est-ce qu'il n'est pas de votre devoir aussi de président de l'Assemblée nationale, notamment au regard de votre courant de pensée, et à la veille d'une élection présidentielle qui s'annonce avec un second tour selon les sondages aujourd'hui entre LFI et l'ERN ? Bref, est-ce qu'il n'est pas de votre devoir d'alerter sur la montée des radicalismes tant d'extrême droite que d'extrême gauche plutôt que de rester sur un discours transpartisan au-dessus de la mêlée ? Qu'est-ce que vous entendez par lénifiant ?
Excusez-moi, mais franchement, est-ce que vous pouvez préciser votre pensée s'il vous plaît ? Écoutez, je peux vous donner effectivement la définition. C'est que, encore une fois, à vous entendre aujourd'hui et puis relativement souvent lors de vos interviews, vous insistez mais à juste titre sur tout ce qui a été fait de positif et notamment de transpartisans au-delà des couleurs politiques au sein de l'Assemblée nationale, alors qu'il me semble et pas qu'à moi qu'il y a une montée des radicalismes à l'extrême droite et à l'extrême gauche qui se manifestent aussi à l'Assemblée nationale et qu'à la veille de la présidentielle avec un second tour qui se profile tel qu'il y a.
J'avais compris, merci. Voilà. Non, mais écoutez, chacun son rôle et donc je voulais savoir l'appréciation qui est la vôtre mais moi, j'ai une place particulière. je suis présidente de l'Assemblée nationale et à ma connaissance il n'y en a qu'une, c'est moi. Et moi j'ai une mission qui m'a été confiée par les parlementaires, par les députés de faire fonctionner cette Assemblée nationale et de la présider. Et dans cette Assemblée nationale, ma mission première c'est aussi de respecter le choix des Français.
Et le choix des Français ça a été d'élire des députés, des députés du Rassemblement national, de l'Union des droites pour la République, de la France insoumise, du Parti communiste, des écologistes, du groupe Renaissance, 11 groupes politiques représentés à l'Assemblée et il n'y a pas un député qui est moins légitime qu'un autre assiégé dans cette Assemblée-là. Et moi mon job c'est de faire tourner la machine et c'est de faire en sorte que chacun ait sa place, que chacun puisse s'exprimer, que chacun puisse mener les débats. Alors oui, c'est peut-être lénifiant mais moi ma place c'est de faire fonctionner la démocratie en France.
Et bien peut-être que vous voudriez que je passe mon temps à lutter contre tel ou tel groupe politique à l'Assemblée nationale, ça n'est pas ma mission. Ma mission c'est de faire fonctionner l'Assemblée. Et depuis 4 ans, et bien ce faisant, et bien la maison tourne. Je parlais, la semaine dernière j'ai eu un bureau de l'Assemblée nationale. Je me suis battue pour que au bureau de l'Assemblée nationale, chaque groupe soit représenté à proportion de la place qui est la sienne dans l'hémicycle due à la volonté des Français. On m'a dit « Oh là là, mais il ne faut pas, c'est mieux d'être majoritaire au bureau. » Non. Moi, je veux que chacun ait sa juste place.
Depuis 4 ans, le bureau de l'Assemblée nationale a adopté le budget de la maison à l'unanimité. Alors c'est peut-être lénifiant d'adopter le bureau, le budget de l'Assemblée nationale à l'unanimité, mais c'est ce qu'attendent de nous, nos concitoyens, que l'Assemblée nationale remplisse pleinement sa mission. Donc voilà, moi c'est mon job. Après, je ne suis pas aveugle, je vois les radicalités, je combats les extrêmes, je le dis, je n'ai pas l'impression d'avoir ma langue dans ma poche sur ce plan, mais je tiens à assurer ma mission jusqu'au bout. Je crois que c'est ça que les Français et que les députés par leur intermédiaire attendent de moi.
Vous avez dit d'ailleurs il y a quelques jours, je crois que c'était aux rencontres d'Aix, que selon vous, dans la perspective de la présidentielle, les solutions populistes ne marcheraient pas. C'est aussi la responsabilité de votre famille politique, du bloc central, du socle gouvernemental, comme on l'appelle, de faire en sorte que l'hypothèse évoquée par Jannick, c'est-à-dire un second tour RN-LFI, Le Pen-Mélenchon n'arrive pas.
Est-ce que de ce point de vue-là, quand vous voyez la façon dont la campagne s'enclenche avec une multiplicité de candidatures venues du socle gouvernemental, moins qu'à gauche, mais quand même plusieurs candidatures, est-ce que vous considérez que la mesure de cette situation a été prise et comment est-ce que votre famille politique peut finalement faire en sorte d'avoir toutes ces chances d'accéder au second tour ?
Effectivement, j'ai participé aux rencontres d'Aix et nous avions une table ronde absolument passionnante justement sur la montée des populismes et vous l'avez rappelé. Évidemment que pour y faire face, il faut que notre famille politique et une famille politique centrale, modérée, puisse incarner une voie qui soit désirable pour les Français. Donc la première ambition que nous devons avoir, c'est justement de présenter une vision et un projet pour la France.
Et il faut le présenter en collectif et c'est la raison pour laquelle depuis des mois, j'essaye de faire en sorte que tout le monde se parle et qu'on puisse présenter ce projet collectif et qu'il n'y ait pas une multiplicité de candidatures. Donc j'y ai rencontré et je continue à échanger avec chacun des candidats et d'autres et on espère pouvoir réussir à converger. En tout cas, c'est la mission que je me suis confiée d'aider à la convergence parce que, évidemment, que la multiplicité des candidatures brouille d'une part le message que l'on voudrait porter et d'autre part permet d'avoir un jeu qui soit beaucoup plus incertain à l'arrivée. Donc on va continuer à y travailler.
En tout cas, c'est ce que j'essaye de faire, moi, à mon humble niveau.
Anita.
Alors dans ce contexte, Madame, est-ce que vous serez candidate à votre réélection ? Alors je serais candidate à l'élection législative. Oui, je m'étais toujours et là aussi promesse de 2017 que nous n'avons pas réussi à mettre en œuvre. Nous avions promis que nous ferions le non-cumul des mandats dans le temps et donc pour les mandats de députés, on pourrait aller jusqu'à 15 ans maximum. Mandat de maire, 18 ans maximum.
Et donc dans cette perspective-là, je me suis toujours dit que je ferais trois mandats de cinq ans et donc j'envisage évidemment de me représenter aux élections législatives parce que je pense que quel que soit le résultat, on aura besoin, en tout cas ma voix qu'on pourra continuer à compter et je pourrais continuer à être utile à mes compatriotes et à notre démocratie donc je n'ai que peu de doutes sur ma prochaine candidature aux législatives. Vous pensiez à quelle élection, madame ?
Écoutez, la présidence de l'Assemblée, ça dépendra considérablement de la façon dont les électeurs auront choisi leurs représentants donc aujourd'hui je suis bien dans l'incapacité de vous dire si je serai en mesure de me représenter. Ce qui est important c'est de pouvoir, moi ce qui m'importe ce n'est pas tant la place que le fait de pouvoir continuer à agir et j'ai un de mes enfants qui m'avait dit une fois mais maman à quoi ça sert que tu aies gagné une voix si tu ne t'en serres pas ? Donc j'ai bien l'intention de continuer à me servir de la voix que j'ai gagnée.
Bonjour madame la présidente França-Xavier de Calonne pour Radio-Orient. Vous avez évoqué tout à l'heure l'inscription dans la constitution de la loi sur l'IVG. Vous en êtes réjoui justement à l'approche de cette présidentielle avec une possibilité de l'arrivée au pouvoir d'un parti qui pourrait souhaiter remettre en cause des lois ou des droits fondamentaux. Est-ce que d'autres textes auraient-ils dû selon vous être inscrits dans la constitution durant ce quinquennat ?
Oui. Moi, j'ai plaidé depuis des années pour qu'on inscrive et qu'on vote en congrès le texte sur l'indépendance du parquet. C'est un texte important qui permettrait de couper le lien entre le garde des Sceaux et les procureurs sur le plan de la discipline notamment. Et je pense que c'est un texte important et donc qui favoriserait l'indépendance de la justice. On voit bien avec l'affaire Liana que beaucoup d'hommes et de femmes politiques ont remis en cause cette indépendance. L'indépendance de la justice est un des socles de l'État de droit. On parle de la séparation des pouvoirs.
Je suis présidente de l'Assemblée nationale et vous savez que je veille à l'indépendance de l'Assemblée nationale et au fait qu'elle puisse exercer pleinement ses missions. Je veille tout autant à l'indépendance de notre justice qui est le ferment de l'État de droit. Et donc j'aurais aimé qu'on garantisse constitutionnellement l'indépendance de la justice davantage.
Stéphanie.
Oui. Bonjour. Stéphanie Le Rouge de l'AFP. Je reviens brièvement sur la présidentielle. Vous avez souligné à plusieurs reprises qu'il manquait de femmes dans cette compétition. Marine Le Pen va être candidate. Elle installe d'emblée un binôme dans la campagne avec Jordan Bardella. Est-ce que c'est quelque chose qui devrait inspirer votre camp et est-ce que vous vous imagineriez à titre personnel faire partie d'un tel binôme ?
Avec qui ? Je pense que le binôme tel que Marine Le Pen et Jordan Bardella veulent l'installer, il est assez consubstantiel à leur vie politique à eux et il leur est propre. Moi, je ne suis pas sûre, mais voilà, je n'ai pas réfléchi plus que ça, que ça soit transposable et qu'on puisse se dire bon, alors il faut partir en binôme un homme, une femme. il faut que ça ait du sens politique pour se faire. Il ne s'agit pas juste de mettre une affiche pour mettre une femme sur l'affiche avec un des candidats, ça n'aurait pas trop de sens.
En fait, le binôme, je trouve qu'il est intéressant s'il a du sens politique, si ça permet d'élargir politiquement le spectre et si ça donne une nouvelle approche, une vraie construction d'un projet plus collectif et une nouvelle façon d'exercer le pouvoir aussi. Donc, il faut qu'il y ait du fond derrière le binôme et que ça ne soit pas juste une affiche politique.
À propos, vous disiez tout à l'heure que vous espériez, pour prolonger un peu encore cette question, que vous espériez que votre famille politique parvienne à une candidature unique. D'ailleurs, de votre point de vue, est-ce que cette candidature unique devrait aller pour avoir toutes les chances d'être présents au second tour de Bruno Retailleau à Gabriel Attal en passant par Édouard Philippe ? Est-ce que finalement une discussion vous semble suffisante pour y parvenir ? Est-ce qu'à un moment donné, il faudra regarder les sondages ? Est-ce qu'on peut envisager une primaire ?
Vous incitez beaucoup sur le fait que ce qui compte, c'est d'abord le projet qui sera présenté aux Français et c'est vrai. La présidentielle, c'est aussi une question d'incarnation. Comment, in fine, est-ce que vous envisagez la possibilité de parvenir à une solution ? Vous dites l'espérer. Est-ce que compte tenu de l'obligation, en quelque sorte, qui serait celle de votre famille politique, il faut à un moment donné se mettre d'accord sur un processus si nécessaire ?
Ce qui est sûr, et c'est pour ça que moi je parle de programme, parce que quand on regarde le champ politique, il est assez large. Ça ne vous aura pas échappé. Et donc, pour que ça ait une quelconque chance de succès dans l'opinion publique et qu'il faut que ce soit cohérent et il faut que ça soit crédible. Et pour que ça soit cohérent et crédible, il ne s'agit pas juste de parler de personnes, il faut parler de projets. Qu'est-ce qu'on va porter ? Et est-ce qu'on est capable de porter un projet ensemble ? Et c'est pour ça qu'il faut parler de fond. Est-ce qu'on est capable d'avoir un projet commun sur les questions migratoires de Bruno Retailleau à Gabriel Attal ?
Est-ce qu'on est capable d'avoir une même vision de la réforme des retraites ? Est-ce qu'on est capable d'avoir la même vision de notre économie, de la fiscalité, de la façon dont on va relancer l'économie ? Est-ce qu'on a la même vision de la politique pénale, de la jeunesse, etc., de l'écologie ? Enfin, c'est pour ça qu'à ce jour, si on n'a pas de projet, ça ne sert à rien de parler des gens. C'est une question... Parce que, en fait... Ou alors, c'est considéré, et c'est possible, de dire qu'on prend un homme et le projet qu'il porte. Mais ce n'est pas ça un rassemblement. Ça n'a rien d'un rassemblement. Si on veut se rassembler et converger, on doit impérativement d'abord parler du fond.
Et puis après, la personne qui portera le projet, l'incarnation, eh bien, en fait, ça sera quand même aussi celle qui ira mieux avec ce projet-là. Parce que, on dit toujours la présidentielle, c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme avec le peuple, mais il faut être aligné et il faut que les Français sentent que le projet qui est porté corresponde à la personne qui le porte. Autrement, ça ne marche pas. Les Français sont intelligents. Donc, ils ne vont pas simplement croire pour un rassemblement comme ils ne croiront pas à un duo s'il est juste sur une tête d'affiche et que c'est factice. Il doit y avoir du fond.
Il faut que les Français sentent qu'il y a de la sincérité dans ce qui se fait. Et donc, c'est pour ça qu'il est urgent de parler de projet. Autrement, ça ne marchera pas. Et si on se met d'accord en janvier pour se dire qu'on prend le mieux placé dans les sondages, pour moi, c'est l'échec assuré. Donc, parlons du fond, construisons une vision collective et pour construire cette vision collective et le programme, il va falloir que chacun fasse un effort. le compromis, c'est des pas les uns vers les autres. Et quand on fait des projets comme ça en silo, on ne fait pas d'efforts.
La date butoir, c'est quoi ?
Je pense à l'automne. À l'automne, on doit réussir à se mettre d'accord sur un projet collectif et après, se déterminer sur qui portera ce projet collectif.
Pierre. Bonjour, Pierre Januel, journaliste indépendant. Bonjour, Madame la Présidente. En 2017, quand vous aviez été élu un peu à la surprise présidente de la Commission des lois, vous étiez présenté comme pur produit du renouveau démocratique. Neuf ans après, à l'époque, il y avait cette idée de faire entrer la société civile à l'Assemblée nationale et de faire le un en même temps, c'est-à-dire d'essayer de rassembler sur certains projets. Neuf ans après, on a une sorte de retour à la professionnalisation en politique avec une assemblée aussi beaucoup plus clivée qui a une réelle difficulté parfois à avancer sur les sujets sensibles.
Donc je voulais savoir qu'est-ce qui est resté neuf ans après de ce renouveau démocratique ?
Je ne vais pas vous dire moi. Mais effectivement, le renouveau démocratique était axé sous deux angles. Il y avait des nouveaux visages et des nouveaux usages. C'était un peu l'idée qu'on portait. Effectivement, je fais partie de ces nouveaux visages. Moi, j'avais 47 ans, je n'avais jamais fait de politique de ma vie, jamais détenu aucun mandat. Et 47 ans, je prends mon risque en tant que femme, en tant que citoyenne, en tant qu'engagée. je me présente, je gagne et effectivement, j'exerce des responsabilités directement à l'Assemblée. Et j'ai eu le parcours qui est le mien, qui montre quand même que la société civile peut réussir en politique.
Ce n'était jamais arrivé qu'un président de l'Assemblée nationale soit un novice en politique. Quand je suis devenue président de l'Assemblée nationale, je n'avais que 5 ans de vie politique derrière moi. Et je n'étais pas une femme de parti. Donc on peut dire tout ce qu'on veut, la société civile en politique, que ça a quand même marché. Et je ne suis pas une exception. On a des ministres qui venaient de la société civile, des présidents de commissions. Sandrine Lefeur, elle est président de la commission des DAT depuis des années. Elle ne faisait pas de politique avant. Donc je trouve que ça fait du bien. Et il faut continuer à le faire.
Et c'est pour ça que je suis favorable à ces trois mandats maximum. Parce que ça permet justement de ne pas être propriétaire de son mandat et de faire rentrer toujours de la société civile. Accessoirement, faire rentrer de la société civile, ça a fait rentrer des femmes à l'Assemblée nationale. On était le premier groupe majoritaire paritaire. Ça ne s'est jamais reproduit depuis. Aujourd'hui, on manque encore de femmes en politique. Donc il y a eu une promesse quand même qui a été remplie sur cette arrivée de la société civile. Après, les nouvelles pratiques, on a essayé. Je vous parlais de la Convention citoyenne. On a des exemples de nouvelles pratiques.
Mais on n'a pas été du tout assez loin. dépassement des clivages, on ne l'a pas fait. On a été très hermétiques tout de suite. C'est une connerie. Il fallait ouvrir tout de suite, même quand on était majoritaire. J'ai envie de vous dire surtout quand on était majoritaire, il fallait ouvrir aux autres, aller dans le transpartisan. Moi, j'y crois. Moi, je pense qu'il faut se rassembler et on y arrive. Oui, sur des sujets sensibles, c'est plus difficile. Évidemment, parce que c'est des sujets qui sont consubstantiels à la vision politique qu'on peut avoir de certaines choses.
Donc évidemment que sur les sujets de justice, de sécurité, d'immigration, on a évidemment plus de mal et on ne peut pas dire qu'on fait disparaître tous les clivages dans notre pays. En revanche, sur les sujets, certains sujets agricoles, certains sujets sur les droits des femmes, sur les droits des enfants, sur la santé notamment, on arrive à faire des avancées. Et donc, il faut continuer. On est en train d'apprendre cette nouvelle culture parlementaire du compromis, de l'absence de majorité. Comme vous le savez, moi je suis convaincue que nous n'aurons pas de majorité absolue dans la prochaine mandature. Donc on va continuer à apprendre comme ça.
Mais c'est ce que font tous les pays d'Europe, voire tous les pays du monde. Donc on doit quand même être capable d'y arriver. Et en tout cas, moi je crois que c'est profondément utile aux Français d'avoir des gens qui ne sont pas du même bord politique et qui essayent de s'entendre.
Vous évoquez la prochaine mandature. Est-ce que vous considérez que l'élection d'un nouveau président de la République, d'une présidente de la République, entraîne de fait que c'est la logique des institutions une dissolution pour tenter ou pas d'avoir une majorité ? Certains évoquent l'hypothèse que, selon celui ou celle qui sera élu à l'Elysée, il n'y a pas forcément de dissolution, qu'on vote d'abord la proportionnelle pour ensuite... Quelle est votre opinion sur le sujet ?
En fait, c'est ça qu'on aime en politique et c'est pour ça qu'on en fait. C'est qu'on fait tous de la politique fiction. Alors, et si, et si, et si ? Oui, et si, et si, et si ? Tout est possible. Tout dépendra des circonstances. La campagne va être longue en fonction des circonstances de la campagne, des circonstances des élections. Tout sera possible et c'est un choix personnel du président de la République et donc, j'imagine qu'il appréciera en fonction des circonstances. Mais effectivement, j'entends beaucoup tourner ces hypothèses différentes.
Donc, on regardera et c'est aussi une des raisons pour lesquelles je pense que jusqu'au bout, on aura besoin d'un président de l'Assemblée nationale aux manettes parce que, si ça se trouve, l'Assemblée nationale continuera à fonctionner telle qu'elle est aujourd'hui pendant des semaines, des mois, des années. Je n'en sais rien. On est élu logiquement jusqu'en 2029. Donc, tout est possible. Après, ce n'est pas nécessairement le plus probable non plus. Mais ça dépendra des circonstances de l'élection et de qui sera élu à la présidence de la République. Et rien n'est obligatoire.
mais c'est la raison pour laquelle, en tout cas, c'est important, après, il fait ce qu'il veut, mais que le président de la République ne fasse pas de dissolution aujourd'hui parce que parfois, on a entendu des bruits, parce que ça obéirait la capacité du nouveau président de la République à le faire. Et là, pour le coup, je pense quand même que le nouveau président de la République doit avoir l'entièreté de la capacité d'action, y compris, évidemment, le droit de dissolution de l'Assemblée nationale. Elsa. Oui, Elsa Mondingava pour la chaîne parlementaire. Vous avez initié un travail sur la réforme du règlement, un travail transpartisan. Ce sera jeudi dans l'hémicycle.
Qu'est-ce que vous gardez là des changements ? Comment ça va changer concrètement le travail à l'Assemblée ? Est-ce qu'elle est ambitieuse ? Est-ce qu'elle est suffisamment ambitieuse ? Est-ce que vous auriez souhaité plus de modifications pour un travail peut-être plus fluide ou en tout cas modernisé ? Alors, c'est une réforme qui a été adoptée hier en commission, donc qui n'est pas encore adoptée. J'ai fait ça déjà de façon différente en transpartisan. J'ai travaillé avec tous les groupes politiques depuis neuf mois. On a fait beaucoup de réunions, on a beaucoup d'échanges avec leurs représentants, avec les présidents de groupes à titre individuel, en tête à tête, puis en collectif.
On a fait plusieurs réunions et donc c'est la première fois qu'une réforme du règlement est aussi concertée et nous avons collectivement abandonné des choses auxquelles on tenait personnellement pour pouvoir justement essayer d'aboutir en collectif. Donc, évidemment, que ce n'est pas la réforme de règlement de Yael Brun-Pivet ni de Laurent Wauquiez ni de Mathilde Panot, c'est une réforme de compromis. Si nous y parvenons, ce sera la première fois dans l'histoire de l'Assemblée nationale qu'on fait une réforme du règlement de compromis.
Rien que ça, je trouve que ça serait une formidable réussite pour nous tous, pas pour moi, mais pour les onze présidents de groupe de se dire qu'on est capable de réformer notre règle commune ensemble. Et c'est la raison principale peut-être pour laquelle j'y tiens. Montrer aussi au peuple français que pour le fonctionnement de l'institution, le cœur battant de la République, on est capable de s'entendre. Chacun en faisant des efforts. Ça demande des efforts, c'est sûr. Moi, j'ai renoncé. Je voulais, par exemple, aller beaucoup plus loin sur les sanctions. Je voulais avoir des sanctions nouvelles. Je voulais pouvoir moduler les sanctions.
J'ai eu un blocage, notamment de la France insoumise et des groupes de gauche d'une façon générale. Voilà. J'ai renoncé à faire cette évolution qui pourra être faite peut-être un jour si c'est souhaité par une majorité. D'autres ont renoncé à réformer des pétitions, voulaient avancer. Enfin, voilà. C'est une réforme de compromis. Moi, je retiens plusieurs choses de cette réforme qui me tiennent à cœur mais qui nous tiennent à cœur. Justement, le fait d'organiser tous les ans une séance d'exécution de la loi en séance publique, j'ai l'unanimité des présidents de groupe pour ce faire.
Je trouve que ça, c'est intéressant de mettre en avant ce pouvoir de contrôle de l'Assemblée nationale et c'est ce qu'attendent de nous, nos concitoyens. Donc ça, on le mettrait dans le marbre du règlement. On mettrait aussi, justement, le fait que dans les semaines de l'Assemblée, on pourrait avoir de l'ordre du jour transpartisan, ce qui empêcherait n'importe quel groupe majoritaire de se réapproprier à 100% la semaine de l'Assemblée, l'ordre du jour. Je crois que là aussi, pour la démocratie parlementaire, c'est une vraie avancée.
Et puis, nous avons aussi trouvé un accord, alors qui n'est pas unanime, mais qui est vraiment très majoritaire sur le bureau, avec un bureau qui serait proportionnel, sans passer par le vote. Là aussi, quand il y a eu un bureau ou trois groupes politiques n'y figuraient pas, si vous saviez les centaines et les centaines de courriers de nos concitoyens que j'ai reçus à l'Assemblée pour me dire mais ce n'est pas normal qu'au bureau de l'Assemblée nationale, il n'y ait pas tous les groupes représentés. Et donc, avec cette représentation proportionnelle, nous assurons la présence de chacun à sa juste place, à sa juste proportion. C'est une vraie avancée pour notre démocratie.
Ça, c'est vraiment quelque chose auquel je tiens particulièrement. Je sais que certains, voilà, se disent mais ça serait mieux si on reste avec ce vote, etc. Franchement, moi, je trouve quand même que c'est mieux et pour présider le bureau, ça n'est pas bloquant. Et franchement, quand tout le monde peut s'exprimer au bureau de l'Assemblée nationale, ça permet aussi aux décisions qu'on prend au bureau d'avoir beaucoup plus de force et beaucoup plus de légitimité vis-à-vis de l'ensemble des parlementaires parce qu'ils ont chacun eu leur voix qui était portée.
Donc, ce sont les trois points auxquels je tiens particulièrement et après, il y a plein de mesures de fluidification de la procédure et tout ça, voilà, qui sont très techniques, c'est des petites choses mais qui pourront être importantes dans les futurs débats.
Stéphanie ?
Mais ce n'est pas gagné encore, ce n'est pas fait. Jusqu'au bout, vous savez, vous me connaissez, on est concentrés parce que, voilà, j'ai besoin des présidents de groupe pour faire cette réforme et vraiment, je salue leur implication jusqu'à présent. Voilà, chacun a joué le jeu et ça, c'est important.
Oui,
l'Assemblée a voté il y a deux jours une loi sur la légitime défense des policiers. le barreau de Paris a pris une position très hostile à ce texte porté par la droite et soutenu par le gouvernement. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, en tant qu'ancienne avocate et à l'heure où une pétition atteint quasiment 500 000 signatures sur le site de l'Assemblée, est-ce que vous pensez que ce texte qui a déjà été débattu devrait de nouveau être débattu dans l'hémicycle ?
Alors, en fait, déjà, c'est un texte qui porte mal son nom parce qu'en fait, je suis avocate, vous l'avez rappelé et donc, je l'ai lu attentivement et en fait, en vrai, il n'instaure pas du tout de présomption de légitime défense pour les policiers, pas du tout. C'était l'intention initiale dans la proposition de loi quand elle a été déposée mais ça n'est pas ce qui a été voté, pas du tout. En fait, ce qui a été voté, et je l'ai lu attentivement, alors peut-être que je me trompe complètement, mais ce qui a été voté, c'est une doctrine d'intervention.
C'est quand les policiers sont témoins d'un meurtre et qu'il y a une possibilité de réitération de ce meurtre dans l'immédiat, il y a une présomption d'usage de leur arme qui est instaurée, d'usage légitime de leur arme. Donc c'est pour empêcher la réitération d'un meurtre dans un temps très proche. C'est ça qui a été voté. Donc, ce n'est pas de légitime défense puisque on est sur un meurtre qui va concerner autrui. Et donc, en fait, je trouve que le texte est très mal nommé. Après, il y a eu un problème sur ce texte, justement, de méthode, mais ça, vous me connaissez, j'aime bien qu'on prenne le temps, j'aurais bien aimé qu'on puisse saisir le Conseil d'État et ça n'a pas été fait.
C'est moi qui aurais pu le faire mais je n'ai pas été saisie et le temps était trop court. Il n'y a pas d'étude d'impact. Bref, ce n'est pas une très bonne façon de légiférer. Après, ça a été voté. Il va poursuivre sa navette. Je pense qu'il faudrait le renommer pour que le titre corresponde à ce qu'il y a dans le texte. Voilà, donc, mais je suis assez gênée parce qu'effectivement, quand on s'arrête au titre ou à la proposition de loi initiale, là, ça a instauré une présomption de légitime défense générale et je n'y suis pas favorable.
Maintenant, ce qui a été voté ne correspond pas à ça et donc, ça me gêne parce qu'en fait, il y a une incompréhension incroyable sur ce qui a été voté par l'Assemblée nationale dû au titre, dû au texte initial puisqu'il y a eu des amendements du gouvernement qui ont été adoptés. Donc voilà, c'est un micmac un peu inopportun. C'est dommage parce que personne n'y comprend rien et en fait, une des premières qualités de notre action et de la loi, c'est d'être lisible et intelligible. Là, franchement, on voit bien qu'il y a une incompréhension de toutes parts et donc ça, ce n'est pas possible sur ce genre de sujet qui est quand même très grave.
Il faut qu'on soit extrêmement lisible et que nos concitoyens, les forces de l'ordre, les avocats, savent exactement quelle est l'intention du législateur et qu'est-ce qu'on voulait faire. Donc tout ça, il va y avoir une navette donc j'espère qu'elle permettra d'éclaircir tout ça et d'avoir quelque chose qui soit lisible et intelligible à la sortie de la procédure législative.
Frédéric.
Pardon ? Et sur la pétition, moi j'ai, là aussi, moi je me suis toujours exprimée, je suis très favorable à l'écoute des citoyens. S'il y a une pétition qui doit entraîner un débat dans l'hémicycle, il pourra avoir lieu. Après, on est en plein milieu de la procédure législative et là, on avait proposé justement dans la réforme du règlement qu'on ne puisse pas interférer par une pétition et un débat citoyen au milieu de la procédure législative et là, on est tout à fait dedans. Donc on en décidera le moment venu en conférence des présidents. Comme vous le savez, moi je n'ai pas le droit de vote mais en tout cas, ma conviction, c'est qu'il ne faut pas que tout s'entrechoque.
Ce n'est pas très sain dans la démocratie d'avoir des choses qui s'entremêlent et qui se mettent en concurrence.
Germain. Oui, Germain Drieu, LCP. Je voulais revenir sur le renouvellement démocratique et la parité au sein de l'Assemblée. Vous avez insisté sur le fait qu'il fallait un maximum de mandats. En revanche, ce qui a permis, je pense, ce renouvellement démocratique et peut-être plus de parité, c'est le non-cumul des mandats. C'est quelque chose que l'on entend et il faudrait revenir pour certains sur le non-cumul des mandats. Quel bilan vous faites aujourd'hui au non-cumul des mandats et pensez-vous que ce serait une erreur de revenir sur ce point ?
Je pense que ce serait une erreur de revenir sur le non-cumul des mandats. Et c'est la raison pour laquelle moi je propose de voter ce non-cumul dans le temps qui pour moi est la bonne réponse à la question juste qui est posée par le non-cumul des mandats. Je vous explique. En gros, pourquoi on dit il faudrait revenir au cumul des mandats ? C'est parce que certains estiment que les parlementaires sont éloignés du terrain, éloignés du territoire, qu'ils ne connaissent pas les réalités, etc.
Je me dis justement si on met du non-cumul dans le temps un maire qui aura fait ses trois mandats à ses 18 ans s'il a envie de continuer à s'engager en politique il peut devenir député ou sénateur et faire profiter l'Assemblée nationale ou le Sénat de son expérience acquise en tant qu'élu local. Et que pour ça il n'y a pas besoin de cumuler les deux fonctions en même temps. Je pense que ce sont des fonctions à plein sur la mission qui nous est confiée. Ils attendent qu'un maire s'occupe à 100% de sa commune et ils attendent qu'un parlementaire soit parlementaire à 100%. On a vu dans le temps du cumul des mandats en fait les gens ils étaient peu à l'Assemblée nationale.
Moi je me souviens quand je suis arrivée en 2017 les administrateurs les journalistes ont noté que l'Assemblée nationale n'avait jamais été aussi active avec autant de présence dans l'hémicycle, etc. Ça aussi c'était un effet direct du non-cumul des mandats avec ce non-cumul des fonctions. Des parlementaires beaucoup plus présents à l'Assemblée nationale. Quand on voit chaque fois que j'ai un hémicycle vide les citoyens nous disent qu'est-ce que vous foutez vous n'êtes pas là. Si en plus demain on a des parlementaires qui sont dans leur mairie en fait l'image de l'Assemblée nationale ça sera encore pire. Donc je pense qu'il ne faut pas revenir sur cette réforme.
Elle a permis effectivement des femmes et des jeunes qui arrivent en masse à l'Assemblée nationale en revanche avançons sur le non-cumul dans le temps.
Une question de Nathalie Moray que vous connaissez du groupe Ebra qui n'a pas pu être là aujourd'hui mais qui m'envoie un message qui note que évidemment Marine Le Pen est présidente d'un groupe à l'Assemblée nationale et qui pose donc la question d'une inquiétude éventuelle sur une politisation si c'est possible de plus en plus forte des débats à l'Assemblée à mesure que l'élection présidentielle va approcher parce qu'une présidente de groupe est candidate mais aussi parce que des groupes d'opposition notamment sont fortement représentés et qui demande finalement si vous pensez que la sérénité au moins une certaine forme de sérénité des débats pourra être assurée jusqu'au mois de février puisque l'Assemblée nationale s'élégera jusqu'au mois de février pour laisser ensuite la place à la campagne présidentielle.
Alors heureusement qu'on fait de la politique à l'Assemblée nationale donc des débats qui se politisent à l'Assemblée nationale c'est normal c'est le lieu idéal pour se faire donc j'espère bien moi au contraire qu'il y aura des gros débats politiques à l'Assemblée nationale dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale qu'il va y avoir de la confrontation d'idées etc c'est fait pour ça.
Après est-ce que ça va tendre les débats sur certains sujets oui sur d'autres non et c'est la raison pour laquelle moi dans l'agenda parlementaire je pousse toujours et vous l'aurez entendu pour des textes qui peuvent faire l'objet de consensus parlementaire indépendamment de la campagne présidentielle quand je pense aux textes sur Parcoursup sur les transports etc c'est des textes qui peuvent nous rassembler et qui intéressent le quotidien des français donc c'est pour ça que moi j'aurais tendance à dire sur la fin de session il faudrait mieux être sur des textes qui ne font pas l'objet de clivages politiques très abrasifs mais qu'au contraire on pourrait montrer sur la fin de mandat que l'Assemblée nationale peut être capable de continuer à travailler sur des sujets d'intérêt commun donc moi je voilà après il y aura les questions au gouvernement il va y avoir les niches parlementaires donc à ces moments là il y ait des débats très abrasifs heureusement c'est l'Assemblée nationale
Frédéric juste pour revenir d'un instant sur 2027 et vos annonces vous êtes candidate à votre réélection vous voulez un projet commun entre les candidats mais vous allez être candidate probablement Renaissance pour votre réélection hors Renaissance à un candidat à la présidentielle qui s'appelle Gabriel Attal alors est-ce que vous revendiquez une liberté comme par exemple Maude Bréjon qui a fait le choix de soutenir Edouard Philippe est-ce que vous souhaitez que cette liberté soit totale au sein du groupe et du parti auquel vous appartenez pour 2027 pour vous permettre le jour venu de choisir le candidat qui vous paraîtra le mieux placé
comme vous me connaissez un peu vous connaissez d'ores et déjà la réponse que je vais vous faire j'ai toujours été très libre je ne prends jamais d'instructions de qui que ce soit et j'agis toujours en fonction de mes convictions et en fonction de ce que je crois être juste et donc je ferai la même chose pendant tout le temps de la campagne présidentielle chaque chef de parti est tout à fait légitime à briguer l'élection présidentielle et c'est ce que fait Gabriel c'est ce que fait Edouard c'est ce que fait Bruno et c'est normal ils sont légitimes maintenant moi qui ne suis pas chef de parti je pense que avec la fonction que j'exerce je suis légitime à dire à chacun on doit impérativement se rassembler et donc aujourd'hui moi je ne me mets pas dans une écurie je ne l'ai jamais fait et peut-être que je ne le ferai jamais et donc mon travail et ma conviction c'est qu'il faut que j'oeuvre au rassemblement c'est là que je suis utile et donc sans choisir tel ou tel et donc l'appartenance après moi je mets l'appartenance à ma famille politique à l'essentiel je ne suis pas une femme de parti je ne suis pas une femme de parti je suis une femme de conviction et de loyauté et donc j'oeuvrerai jusqu'au bout à ce que notre famille politique puisse exercer continuer à exercer les responsabilités qui les français nous ont confiées parce que je pense que c'est bon pour mon pays
François François Gervais en raison politique il était beaucoup question de la proportionnelle au cours de ce mandat y compris évoqué par le président de la république est-ce que vous êtes favorable vous à la proportionnelle et est-ce que ça pourrait être l'un des thèmes du programme commun de la droite et du centre
alors oui je suis favorable à la proportionnelle oui pour plusieurs raisons notamment parce que le scrutin proportionnel permet aux citoyens de voter vraiment pour des candidats et pour une liste qui correspond à ses idées politiques et vous voyez qu'à chaque fois qu'il y a des élections proportionnelles regardez aux européennes ou aux élections régionales les listes il n'y a pas de rassemblement un peu factice entre différentes couleurs politiques il y a chacun peut partir sur ses couleurs et ça permet aux électeurs de pouvoir à chaque fois mettre un bulletin de vote pour sa famille politique et ça je pense que c'est important quand on parle de crise de confiance démocratique pouvoir permettre à l'électeur d'être toujours représenté par quelqu'un qui correspond à sa famille politique c'est essentiel après ça permet d'avoir une assemblée nationale qui soit pluraliste qui soit vraiment une photographie des poids politiques des uns et des autres dans le pays et ça conduit à la construction de coalitions ce qu'aujourd'hui nous n'avons pas réussi à faire nous arrivons à travailler à l'assemblée nationale mais on a besoin de construire des coalitions de gouvernement aujourd'hui nous n'avons pas de coalition gouvernementale et ça c'est la prochaine étape à franchir et je crois profondément que la proportionnelle permettrait techniquement en plus de cet aspect démocratique pour les citoyens essentiels de constituer ces fameux gouvernements de coalition qui marchent dans d'autres pays là aussi un gouvernement de coalition c'est difficile c'est des compromis qu'il faut réaliser chacun doit faire un effort mais ça permet de constituer une majorité de gouvernements aujourd'hui à l'assemblée nationale le gouvernement n'a pas de majorité et c'est bien pour ça que parfois c'est difficile pour lui et que pour le budget ça sera difficile parce qu'il n'a pas de majorité si vous constituez une coalition qui a une majorité et bien à l'assemblée nationale vous pouvez après plus facilement gouverner faire adopter un budget et ce qui est intéressant c'est que la coalition correspond exactement à ce qu'ont voulu les électeurs par le billet du scrutin proportionnel et donc voilà moi je suis très favorable à ce qu'on avance là-dessus est-ce que ça peut faire l'objet d'un accord vous savez très bien que les républicains sont très opposés à la proportionnelle et que le groupe horizon je crois n'est pas non plus extrêmement chaud sur ce point donc ça fait partie mais vous voyez bien typiquement ça fait partie des choses dont il faut qu'on parle parce que voilà moi je suis favorable à la proportionnelle est-ce que demain si je me soutiens un candidat qui n'est pas favorable à la proportionnelle je ne vais pas retourner ma veste et venir sur vos plateaux vous dire ah ben finalement la proportionnelle ce n'est pas une bonne vous voyez ça ne marche pas donc il faut qu'on ait de la cohérence sur un programme et la proportionnelle c'est essentiel c'est la façon dont on désigne l'Assemblée nationale donc c'est la raison pour laquelle il est vraiment urgent qu'on parle de fond Annabelle Annabelle Roger pour Radio Classique
vous évoquiez tout à l'heure un hémicycle plein en début de mandature ce n'est plus toujours le cas aujourd'hui en particulier dans les rangs du bloc central ce qui met parfois le gouvernement en difficulté est-ce que vous allez faire un rappel à l'ordre pour cette fin de mandature et puis surtout d'ici la présidentielle où chacun va avoir envie
de faire campagne donc peut-être d'être moins présent ici mais c'est vrai moi je me souviens et rappelez-vous les images en 2017 il y avait beaucoup d'enthousiasme aussi justement cette société civile qui arrivait à l'Assemblée nationale et on avait des hémicycles sur les lois confiance c'était incroyable il y avait vraiment beaucoup de monde alors c'est vrai en fait moi ce que je vois c'est qu'il y a du monde et c'est ça qui est intéressant comme on est sans majorité il y a du monde quand il y a beaucoup de débats et quand on sait que les votes peuvent basculer d'un côté ou de l'autre et là les députés sont présents dans l'hémicycle et moi je le vois quand je préside les débats un peu tendus il y a du monde dans l'hémicycle après c'est vrai que sur des textes plus consensuels etc il n'y a pas besoin de mobiliser des parlementaires et vous êtes très bien placés pour savoir que le travail parlementaire est protéiforme donc moi je suis beaucoup plus indulgente que vous sur la présence des parlementaires les parlementaires sont présents quand il y a vraiment un enjeu de majorité dans l'hémicycle et je le constate sur la fin de vie il y avait du monde dans l'hémicycle tout le temps même le vendredi à minuit même le samedi moi j'ai des citoyens quand ils voient les images ils me disent c'est samedi et vous êtes dans l'hémicycle et vous êtes autant oui on est autant parce que le sujet l'exige après quand il y a d'autres thématiques qui mobilisent moins il y a les images de niches aussi des jours d'opposition où il y a moins de parlementaires mais c'est normal parce qu'on sait que le texte ne va pas forcément prospérer donc il n'y a pas d'enjeu quand il y a de l'enjeu les députés sont là quand il n'y a pas d'enjeu ils sont moins présents c'est assez humain finalement
juste un mot pour terminer puisque nous arrivons au terme de notre rencontre qui a duré plus d'une heure est-ce que vous avez un pronostic pour le match de l'équipe de France ce soir France-Maroc et que vous inspire en quelques mots peut-être sans vouloir dire trop de choses à l'équipe de France au sport etc est-ce que cette coupe du monde vous inspire quelque chose ?
alors déjà moi je suis très optimiste et puis j'aime les matchs où il se passe des choses où il y a de l'action et donc où il y a des buts et donc moi j'aurais envie de voir un match avec des buts et donc j'aurais bien envie de dire allez carrément 3-0 ouais je sais tout le monde dit 2-1 moi je suis très optimiste 3-0 après en fait le sport d'une façon générale moi je suis fan de sport parce que je trouve que ça véhicule des valeurs extraordinaires et la valeur peut-être principale les deux valeurs principales que j'apprécie vraiment c'est le sens du dépassement de soi et la persévérance en sport on n'arrive pas au meilleur niveau si on n'a pas bossé comme un fou c'est-à-dire se lever aux aurores pour aller s'entraîner qu'il pleut qu'il vende qu'il neige même quand on n'a pas envie même quand on est fatigué même quand on est démoralisé un sportif il y va il y retourne et il prend sur lui le sens de l'effort le sens du dépassement de soi toujours se dire qu'on est capable et qu'on est capable du meilleur ça on le retrouve dans tous les sports l'athlétisme le tennis le foot les sports co et ça c'est universel et on aurait tellement envie que chacun puisse se dire je suis capable du meilleur et je suis capable pour ça de faire des efforts
on sent le message politique derrière la vision du sport merci Yael Brown-Pivet d'avoir répondu à nos questions cette année encore on a bien compris qu'on vous trouvera à votre place jusqu'à la présidentielle de 2017 27 pardon à l'Assemblée nationale peut-être au-delà merci à toutes et à tous et bonne suite de programme sur les chaînes parlementaires merci
Yaël Braun-Pivet