Immigration : la loi de la honte
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« en 16 ans nous en sommes à notre 8e grande loi sur l'immigration et depuis les années 80 c'est une loi tous les 2 ans qui vise au total à sans arrêt réduire encore plus les possibilités d'accueil dans notre pays »
- 1:25Invité politiqueChiffre
« nous sommes au 20e rang des pays de l'OCDE en matière d'accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile »
- 2:07Invité politiqueChiffre
« depuis 2014 plus de 27000 personnes sont mortes dans la Méditerranée »
- 4:15Invité politiqueFait
« une fois un préfet a osé me dire dans une réunion ce qui est la réalité c'est l'état de droit je ne peux pas l'appliquer en réalité je ne peux pas l'appliquer »
- 10:23Invité politiqueChiffre
« près de la moitié des immigrés qui viennent sur notre sol sont diplômés du supérieur »
Temps de parole
- Clémentine Autain100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
bienvenue dans mon bureau pour ce 23e point d'actualité et évidemment aujourd'hui j'ai envie de vous parler d'immigration puisque une 250e proposition de loi du gouvernement est en ce moment à l'étude au Sénat et et c'est vrai que ça fait partie des questions et des problèmes puisque en 16 ans nous en sommes à notre 8e grande loi sur l'immigration et depuis les années 80 c'est une loi tous les 2 ans qui vise au total à sans arrêt réduire encore plus les possibilités d'accueil dans notre pays et de rendre les conditions de vie concrètes de celles et ceux qui n'ont pas de papier toujours plus difficiles et au fond c'est une course sans fin euh dans l'agenda imposé par l'extrême droite et qui est maintenant repris par l'ensemble des droites et qui vise à un objectif c'est-à-dire à nous faire croire qu'il y aurait une crise migratoire et non pas une crise de l'accueil et je pense que la première bataille que nous devons mener est celle du diagnostic leur diagnostic c'est de nous dire que nous serions sous l'effet d'un d'une submersion de vague migratoire que nous ne pourrions pas évidemment digérer d'une certaine manière et que les immigrés seraient un problème pour la France déjà sur ce premier pan de diagnosticque il faut que nous soyons très clair parce que on ne combattra pas l'extrême droite et on n'apportera pas plus d'humanité dans notre pays si nous ne sommes pas capables de regarder en face et de dire en face à tout cela que non ça n'est pas vrai aujourd'hui le problème c'est une crise de la acccueil et que de submersion il n'est pas de réalité en France d'ailleurs le problème majeur c'est que la France ne prend pas sa part il faut savoir que nous sommes au 20e rang des pays de l'OCDE en matière d'accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile donc c'est dire si qu'on est si on est loin du compte c'est-à-dire qu'on prend même pas notre part comme pays comme puissance économique et comme grand pays de l'union de l'Union européenne et que ce qui devrait nous glacer en réalité c'est le fait que que depuis 2014 plus de 27000 personnes sont mortes dans la Méditerranée et que donc c'est notre devoir d'humanité qui devrait-être interrogé et d'ailleurs j'invite toutes celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin à lire les interviews et les livres de François erran qui est un grand intellectuel et qui nous explique par le menu à quel point non seulement nous ne faisons pas face à notre devoir d'accueil et il n'y a pas de vague de submersion d'immigration en France mais aussi le fait que il va falloir qu'on se prépare qu'on se prépare puisque euh en 2022 seulement 33 millions de personnes ont été déplacés en raison des événements climatiques et comme chacun sait ces événements climatiques ils sont appelés à se démultiplier et donc il faut qu'on pense avec cette difficulté à venir qui est ces grands déplacements qui vont être liés au au réchauffement climatique et donc il faut pas qu'on se ferme mais il faut qu'on réfléchisse à nos capacités d'accueil et ça c'est le défi qui est devant nous et François hand ne cesse d'ailleurs de nous en parler dans le diagnostic il y a un deuxième problème que nous devons affronter c'est que l'extrême droite et les droites font sans cesse une alliance entre immigration égale délinquence or je vais pas rentrer dans le détails mais là aussi nous avons de très nombreuses enquêtes sociologiques qui démontent que il y a des biaiss qui amènent à cette analyse et donc c'est bien parce que la la la délinquence est plus masculine parce que ils sont plus arrêtés que les autres que on met dans le paquet délinquence plein de choses qui ont à voir au fait justement qu'ils n'ont pas de papier donc je rentre pas dans le détail de toutes ces enquêtes sociologiques mais le biais qui consiste à dire que immigration égale délinquence ou que immigration égale terrorisme doit être de notre part absolument combattu car nous sommes là de l'ordre du stéréotype et que au fond ce que nous devrions faire c'est au contraire nous atteler à faire en sorte que tous les 100 papiers qui sont sur notre sol et les conditions les meilleurs pour pouvoir s'intégrer et parfois aussi ne pas être obligé de de se trouver dans des situations d'illégalité et qu'il puisse vivre donc tranquillement à égalité avec avec les autres ça il me semble que c'est notre défi et que s'il devait y avoir une nouvelle loi immigration elle devrait être sous le signe de l'organisation de l'accueil parce que nous avons notamment trois problèmes majeurs à résoudre le problème des préfectures et je peux vous dire que en sc sa je vois bien le problème puisque une fois un préfet a osé me dire dans une réunion ce qui est la réalité c'est l'état de droit je ne peux pas l'appliquer en réalité je ne peux pas l'appliquer voilà ce que m'a dit un jour un préfet de scène Saint- il ne peut pas l'appliquer pourquoi parce qu'il n'a pas les personnels qui permettent de traiter à temps les dossiers et donc pour avoir un rendez-vous c'est la croix et la bannière pour obtenir justement une décision de savoir si on a un titre de séjour si on est accueilli comme réfugié si euh on a sa enfin sa nationalité bref pour tout ça en fait c'est la croix et la bannière et donc on a un problème d'accès au droit et c'est l'un des problèmes qu'il faudrait résoudre avec un guichet unique et une simplification et des moyens pour déjà cette première étape ensuite on le sait il y a un enjeu d'hébergement notamment quand on se retrouve avec des réfugiés qui arrivent parce qu'il fuit la guerre en nombre et cetera on ne sait pas les accueillir donc ça ça s'organise et donc il y a un enjeu d'hébergement et enfin nous nous avons euh ENF on a plein d'enjeux mais je veux pointer celui-là aussi qui est celui dans l'intégration de la langue et si on dit il faut qu'ils apprennent la langue alors comment aussi se donner les moyens de permettre à ces étrangers qui arrivent sur notre sol de pouvoir de pouvoir parler correctement bref tout cela tout cela s'organise et c'est tout ce que la loi ne prévoit pas puisque la loi elle va toujours dans le sens inverse c'est-à-dire de compliquer toujours plus les possibilités d'être accueilliis dignement et donc c'est sur ça qu'il faut qu'on arrive à à à mener la confrontation c'est une confrontation de vision et de moyens concrets mais ça part de qu'est-ce qu'on veut régler comme problème si on veut on pense qu'il y a une submersion une crise migratoire on apporte évidemment pas les mêmes outils que si on pense que le problème majeur est celui de l'accueil et je pense que le temps est venu non pas de tergiverser comme on l'a fait longtemps à gauche en donnant progressivement voyez un bout de doigt ah oui mais c'est vrai il y a quand même et cetera enfin vous vous souvenez de cette phrase de Laurent fabus qui disait ça remonte mais on voit bien que le fil a été parfois bien tiré c'était l'idée le rassemblement national c'était le FN à l'époque le FN pose les bonnes questions mais n'apporte pas les bonnes réponses non le Front National et le RN aujourd'hui ne pose pas justement les bonnes questions et le bon diagnostique sur ces enjeux là et donc je reviens à cette loi sur l'immigration puisque au moment où je vous parle c'est hier précisément qu'il y a eu au Sénat un vote qui visait à transformer l'ame en Amu alors comme ce matin même on m'a dit en commission sur les bandes de la droite on m' dire ah mais non mais c'est ça c'est une question lexicale non c'est pas une question lexicale savoir si l'aide médicale d'État est transformé en aide médicale d'urgence et bien ça veut dire est-ce que on rétrécit le nombre de personnes en situation irrégulière c'est-à-dire d'étrangers qui vont pouvoir avoir accès euh à un un droit en matière de santé et donc pouvoir être soigné est-ce qu'on en réduit le nombre au cas les plus graves où est-ce qu' on continue comme c'est aujourd'hui en se préoccupant d'autres choses c'est qu'en réalité 49 % des personnes qui devrait avoir accès à laame n'ont pas accès à laame hein c'est ce fameux non recours au droit qu'on connaît dans plein de domaines pour le RSA et cetera mais ça marche aussi malheureusement pour la me donc est-ce qu'on se dit mais notre problème c'est d'abord que on a la moitié des gens qui devraient avoir droit à la me euh et qui n'ont pas comment on fait pour qu'il l' non non la droite son obsession c'est de se dire et bien il faut qu'on restreigne le nombre de personnes qui vont l'avir or c'est une folie et c'est une folie d'un point de vue de la dignité humaine mais aussi d'un point de vue budgétaire d'un point de vue économique nous le savons parce que l'Espagne a testé la suppression de l'Ame ils avaient un dispositif de ce type et en 2012 la droite espagnole a décidé de le supprimer et qu'est-ce qu'on a observé on a observé qu'en 3 ans il y a une hausse de la mortalité de 15 % de 15 % et que par ailleurs en fait les coûts ont augmenté et pourquoi parce que quand vous empêchez des soins qui sont des soins qui peuvent parfois même ettre de l'ordre entre guillemets de la prévention et bien vous ne traitez plus que les cas graves et les cas les plus graves les plus lourds sont évidemment les cas les plus chers donc c'est délirant et c'est aussi délirant parce que si vous ne soignez pas si vous ne permettez pas par exemple de faire des tests en tout genre sur des maladies qui sont des maladies infectieuses et ben par définition elles peuvent se propager donc c'est c'est c'est à tout point de vue absolument délirant de vouloir remettre en cause cette ame et de fermer l'accès aux cas les plus graves avec cette fameuse Amu signe que c'est absolument pas une question lexicale et ce qui était dingue hier c'est alors que moi j'avais entendu sur France Inter la première ministre Élisabeth borne nous dire qu'elle était favorable au maintien de la me je l'ai entendu j'avais presque envie de dire la main sur le cœur nous expliquz ça sur France Inter lundi qu'elle était favorable au maintien de la me et qu'est-ce qui s'est passé au Sénat il s'est passé que Elisabeth borne a donné ce qu'on appelle un avis de sagesse c'est-à-dire qu'elle a laissé le Sénat décider les parlementaires décidaient sur un sujet pareil et elle n'a pas dit que l'avis du Gouvernement était une opposition à cet amendement qui transforme donc laame en Amu et ça c'est grave c'est grave parce que ça veut dire qu'il y a une forme de deal de répartition des rôles où ellisabeth borne peut dire ça le lundi sur France en terre et en même temps Darmanin gagner son arbitrage c'est-à-dire que Infiné dans le vote concret de la loi même si ensuite ça doit passer à l'Assemblée et repasser au Sénat etass tout ça mais au fond donner kitus à Darmanin par ce vote parlementaire à quiis grâce grâce aux droites donc c'est c'est extrêmement grave de la même manière que dans cette loi nous avons l'enjeu de l'article 3 c'est celui peut-être dont vous avez le plus entendu parler c'est sur la régularisation des travailleurs dans les métiers en tension l'ppareil je pense qu'il est très important de de donner notre vision c'est-à-dire que cette vision de régularisation uniquement dans les métiers en tension ça veut dire que on a au fond une logique utilitariste dans notre approche de l'immigration on régularise ceux qui vont accepter d'avoir les métiers les plus pénibles les moins bien rémunérés quand les autres au fond on s'en on s'en fiche ça c'est pas possible ça n'est pas acceptable et et je pense qu'il faut que nous assumions notre proposition qui est la régularisation de ceux qui travaillent sur notre territoire et qui n'ont aujourd'hui pas de papier ce qui est un problème pour eux parce qu'ils vivent dans la peur parce que qu'ils ont moins de droit parce que c'est injuste puisqu'ils contribuent à la richesse nationale mais ce qui est aussi souvent un problème pour les employeurs moi j'avais le cas très récemment de ma coiffeuse Stéphanie que vous connaissez peut-être c'est l'air du temps à sevrant et elle avait elle avait une une stagiaire qui était là c'est très dur de trouver c un métier en tenstion la coiffure ses années d'études de formation comme coiffeuse elle avait des papiers pour pour se faire et puis elle a de peu manqué le passage à est née à la à la dernière année d'étude et du coup la préfecture lui a dit on vous redonne pas de papier ce qui est quand même délirant c'estàd qu'elle elle elle est à deux doigt d'avoir son son examen mais comme elle a pas réussi complètement bah on dit bah la dernière année vous rentrez chez vous sauf qu'elle était stagiaire chez Stéphanie et que Stéphanie avait bien du mal à recruter et qu'elle trouvait surtout que cette femme était particulièrement efficace dans son boulot et là on lui dit ben non vous rentrez chez vous c'est complètement dingue c'est affolant euh tout à fait délirant donc il faut il faut donner donner des papiers là en l'occurrence c'est dans un métier en tension mais ça pourrait être exactement la même situation dans un métier qui n'est pas en tension et et et là on est juste dans ce que nous devrions faire et je profite de de cet exemple là de ces enjeux de de métier pour dire que les hôpitaux aujourd'hui il ne tiendrai pas si nous n'avions pas tous ces médecins étrangers or ils sont moins bien payés que les autres ce qui est totalement totalement injuste il il faut il faut se se se se représenter hein ce qu'est l'immigration c'est pas que de la main de vre sousqualifié près de la moitié des immigrés qui viennent sur notre sol sont diplômés du supérieur donc faut se retirer aussi toute une série de stéréotypes qu'on a qu'on a dans nos têtes et en tout cas ce qui est clair c'est que nous devons affirmer que ça ne doit pas être simplement une vision utilitariste ça doit être une vision qui est une vision qui permet d'intégrer et d'avoir une certaine justice en fait hein ceux qui peuvent apporter quelque chose à notre édifice ont droit à avoir des papiers et droit aussi au regroupement familial qui fait partie je dirais de nos de nos valeurs historiques or une nouvelle fois ce droit au regroupement familial va être attaqué dans la loi qui est soumise au Parlement ce qui me paraît être un pur scandale et et et donc je termine là-dessus parce que en fait il y a un paradoxe c'est que la société elle-même elle est de plus en plus ouverte en fait à cet accueil là elle est de plus en plus ouverte aux richesses d'une société multiculturelle et si elle est de plus en en plus c'est parce que notamment dans les jeunes générations et bien il y a une tolérance qui est beaucoup plus grande en même temps on le voit sur le plan politique euh le le le curseur du débat politique il ne nous est pas favorable aujourd'hui et je pense que une des raisons pour lesquelles il ne nous est pas favorable c'est que trop longtemps il y a eu y compris à gauche des reculs sur ce terrain-là et moi je suis absolument convaincu qu'on ne gagnera pas face à ces droites dures qu'on ne gagnera pas face à l'extrême droite si on n'est pas capable d'opposer de façon assez ferme une autre vision de ce sujet-là il s'agit pas d'être no bordur en fait le sujet n'est pas de savoir si on est nos bordur le sujet il est de savoir quel diagnostic on pose et quel type de législation vers quel type de législation il faut avancer et bien il faut faire l'inverse de ce qui a été fait à depuis tant d'années par toutes ces lois empilées qui ont durci et qui ont juste conduit à avoir plus d'oppression plus de précarité plus de difficulté sans pour autant euh amoindrir cette cette cette impression d'insécurité qui serait liée à l'immigration mais ça c'est d'abord lié au débat idéologique au curseur idéologique de notre pays et donc c'est celui-là qu'il faut faire bouger et on a des points d'appui comme je le disais tout à l'heure sur les enquêtes sociologiques de l'état de la société aujourd'hui qui est beaucoup plus ouverte que ce qu'on nous raconte et je vous disais tout à l'heure lisez François hrand n'hésitez pas aussi à lire les études de Vincent tiberéry sur ce sujet parce que c'est lui aussi qui indique euh la voix de ces jeunes générations qui sont plus ouvertes plus accueillantes et qui euh sont plus en phase avec le projet politique que nous portons mais que nous devons euh porter euh avec une majorité demain et c'est cette majorité qu'il faut aller chercher
Clémentine Autain