🔴 Viktor Orban - Marine Le Pen : les coulisses d’une rencontre.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à tous. Bienvenue dans le studio de live du Figaro. On est en direct, on est avec vous.
Que se sont dit exactement Victor Orban et Marine Le Pen hier ? Quel était l'état d'esprit de la patronne du Rassemblement national et candidate à la présidentielle au lendemain de sa rencontre ? Donc avec le premier ministre hongrois à Budapest, Charles Sapin du service politique du Figaro qui était du voyage va nous donner ses infos et son point de vue.
Faut-il protéger le Lynx ? Faut-il absolument protéger le lynx ? Ça vous a peut-être échappé mais une consultation publique a été lancée pour savoir quel sort réservé au plus grand féin d'Europe en France.
Euh nous aurons au plateau euh le point de vue de Gill Moine qui est directeur du centre Athena spécialisé dans le la protection de la faune sauvage. On va commencer d'ailleurs avec lui et puis nous aurons le plaisir de recevoir le créateur d'un nouveau site de presse Field Media, un homme qui aime prendre des risques, des risques entrepreneur mais également des risques sur le terrain. Il s'appelle Emmanuel Razavi et il a écrit d'ailleurs un livre consacré à ses femmes et ces hommes qui prennent des risques sur le terrain pour nous informer.
Grand reporter confession au cœur des conflits, c'est chez Bold. et il nous dira euh ce qu'il pense de cette profession de reporter sur liberté de la presse, liberté d'expression, à venir justement de ce métier. Nous aurons, nous lui demanderons son point de vue. [Musique] Bonjour Gilloine, bonjour Vincent Rou.
Vous dirigez le centre Athénas, vous êtes spécialisé dans la protection des animaux et de la faune sauvage. Alors, il y avait une consultation sur la protection du du lynx qu'a donné justement cette cette consultation ? Alors, pour l'instant, nous n'en avons pas encore les les résultats puisque elle se clos ce soir et elle va être analysée par les services de l'État.
Euh l'État devra être en théorie amené à réviser le plan en fonction de la teneur et de la et du volume des observations consignées dans le sur le site prévu à cet effet. Euh en ce qui nous concerne, nous faisions partie des des associatifs impliqués sur le terrain depuis de nombreuses années et qui fondaient de grands espoirs sur ce sur la mise en place de de ce PNA. et nous avons été enfin nous avons fortement déchanté euh lorsque nous avons eu connaissance du dossier mis à la consultation parce qu'en fait si vous voulez euh ce dossier ce ce projet euh finalement selon nous ne fait pas une part centrale à la conservation.
On a plutôt un traitement euh à la limite clientéliste qui euh favorise les milieu cinégétique. Euh c'est les milieux de la chasse, hein. Les milieux de la chasse.
Voilà. Euh si vous voulez, il faut se replacer dans le contexte habituel. Vous avez par exemple le plan de le plan national d'action pour la Lutre ou le plan national d'action pour la tortue d'Herman qui sont des espèces menacées également.
Et bien dans ces plans d'action, les acteurs de terrain historiques euh qui sont à la fois des connaisseurs de l'espèce et qui contribuent à sa conservation sur le terrain sont fortement impliqués dans les actions euh développées dans le cadre de ces plans d'action. Or, ici, de quoi s'agit-il ? Nous avons l'ensemble des des acteurs historiques qui sont un petit peu d'une certaine manière mis de côté des actions des actions planifiées.
La structure associative qui bénéficie du pilotage d'une action et la Fédération nationale des chasseurs. Alors, nul n'ignore la grande proximité qui règne entre les milieux de la chasse et le plus haut sommet de l'État. Néanmoins, on est extrêmement déçu que ça rejaillisse sur ce plan d'action.
D'un autre côté, Gillmoine, alors je sais bien que c'est pas la la faune que vous protégez, mais vous avez bien vu que le Conseil d'État justement a rendu un avis qui justement contraignait l'État dans la dans la chasse des oiseaux. Donc ça ça vous rassure pas ? Alors le Conseil d'État c'est une chose, c'est une instance disons qui qui a tranché qui est allé à l'encontre des décisions de l'État.
C'est une bonne chose. Néanmoins, est-ce qu'on est obligé d'aller au contentieux à chaque fois pour alors qu'on on serait en droit d'attendre une concertation et un consensus large sur des problématiques de conservation dans l'aire que nous vivons actuellement où tout le monde semble prendre à peu près prendre en compte les les la problématique biodiversité et les la problématique climatique, il est bien dommage qu'on ne puisse pas faire la démonstration d'un consensus large pour mettre en place la conservation de cet espèce Alors Gillmoine, l'animal Lynx est présent en France depuis 40 ans. Pourquoi il y en faudrait plus ?
Alors déjà, il faudrait qu'il arrive à se maintenir ce qui est pas encore établi parce que si vous voulez, il avait disparu dans les à la fin du 19e siècle à la suite de de persécution, de braconnage. Il est réapparu pour faire vite il y a 40 ans en à la suite des réintroductions menées en Suisse et donc une population s'est développée dans l'est de la France. en particulier dans le Jura où où siège maintenant 80 % de la population française.
Euh depuis 10 ans, cette population stagne sous l'effet de différents facteurs de surmortalité. Vous pouvez euh on peut mettre en avant la les la circulation routière parce que le l'habitat du lynx qui est forestier est extrêmement morcelé. Euh et puis le braconnage qui est qui vient à part égal avec le la circulation routière et qui euh il faut le rappeler est une destruction illégal de ces de cette espèce qui est protégée par la réglementation française et la convention de Berne.
Et puis encore au-delà de ça vient s'ajouter le problème génétique puisque cette population est issue d'un faible nombre de fondateur. Et donc on il a été mis en évidence de façon partielle pour l'instant mais c'est une chose sur laquelle on a commencé à travailler de notre côté. Donc une une un appauvrissement génétique qui à terme pourrait poser de des problèmes de viabilité à cette population.
Alors, combien compte-on de Lynx en France aujourd'hui et où sont-ils répartis ? Simplement dans le Jura ou bien dans d'autres départements également ? Alors, ils sont majoritairement dans le massif jura.
Il y a quatre individus jusqu'à plus amplein formés dans les vauges et qui proviennent pour trois d'entre eux des relâchés qui ont eu lieu en Allemagne dans le dans le Palatina, le 4e individu provenant du massif jura et puis quelques individus dans le nord des Alpes. Au total, on a une population française qui est estimée à ce une fourchette de 120 à autour de 120 individus adultes cantonnés. Euh quel est son apport à la faune ?
Alors, en fait, c'est ce qu'on appelle une espèce parapluie qui a une valeur écosystémique. C'est-à-dire que euh comme ça a été démontré euh par pour le loup dans le Yellowstone, la présence d'un super prédateur dans un milieu euh disons euh favorise euh à des rejaillissements sur l'ensemble de la de la chaîne alimentaire et y compris sur les les strates végétales de la forêt parce que il limite par exemple le stationnement de gros groupes de d'ongulés de servidés en les dispersant. en en jouant son rôle de prédateur et il favorise l'émergence de d'autres populations.
C'est un chasseur. C'est un chasseur naturel. C'est un chasseur naturel.
Tout à fait. Euh pourquoi est-il braconné ? Alors, il est braconné non pas pour la recherche de trophées ou pour faire de jolis manteaux, encore que c'est un goût qui peut qui peut se discuter.
Euh, il est braconné pour être détruit. C'est-à-dire que les auteurs de braconnage dissimulent les cadavres et les seuls les deux seules affaires qui ont pu être judiciarisées l'ont été sur la foie de témoignage et en l'absence de cadavre qui avait disparu. Nous-même en tant qu'association avons un réseau de de sentinelles sur le terrain ce qui nous a permis de faire ressortir des affaires et de et de comment dire de pouvoir signaler des cadavres à l'Office français de la biodiversité qui est la police de lecture.
Et et donc ces affaires malheureusement ont ont donné lieu à des constatations mais n'ont pas abouti à à confondre les auteurs de ces actes. Alors sur le chat, vous êtes nombreux à réagir à la fois sur le site du Figaro et sur YouTube. On voit qu'il y a une communauté qui aime le lynx qui est qui est mobilisée.
C'est internaute sur YouTube qui nous dit "Il faut sauver le lynx en France." Il est clairement en voie d'extinction. Le lynx c'est un animal important pour la faune.
Il faut le sauver comme le loup. C'est votre point de vue également Gillmane. Oui.
Alors évidemment, on a perdu l'habitude de vivre avec ces espèces qui peuvent créer des déprédations au même titre qu'une fouine dans un grenier. Il faut apprendre à vivre avec à vivre avec. Ça veut dire qu'ils font il faut par exemple accompagner les éleveurs dans les mesures de protection des troupeaux de façon à ce que cohabitation puisse s'instaurer comme elle se passe d'ailleurs dans d'autres pays d'Europe où où il a été démontré que c'était possible.
Comment ? Comment ? Bah tout simplement en protégeant les troupeaux et avec la mise en en place de de chiens de protection.
Euh il c'est pareil, on sait que ça marche. C'est des des choses pour lesquelles il y a déjà du recul de plusieurs euh années, voire décennies, dans certaines euh dans certains pays d'Europe ou dans certaines régions de France, par ailleurs. Euh et puis euh Oui, pardon.
Non, non, je euh je vous en prie. Est-ce que par exemple il y a il y a justement une question qui se pose au niveau des éleveurs qui craignent l'attaque de leurs troupeaux, en particulier des troupeaux de vaches, est-ce que par exemple des centres, des associations comme la vôtre peut contribuer justement à dresser des des chiens de protection pour ces troupeaux ? Alors nous, ce n'est pas notre travail, mais des associations existent qui font qui font ce travail et qui le font très bien, qui font de l'accompagnement et de la et de justement de la mise à disposition de de chiens de protection.
Euh donc oui, c'est tout à fait possible et dans le cadre des plans national d'action, ce dispositif d'accompagnement des éleveurs existe également. Euh c'est un animal, c'est un félin qui attaque beaucoup les chevreuils. Est-ce qu'il y a pas un risque justement de la disparition de cette espèce ?
Si il y a trop de lynx aujourd'hui en France. Alors, on en est loin tout simplement parce que je vais vous donner l'exemple d'un département euh le Jura, où euh le plan de chasse au chevreuil est de 6000 têtes pour les pour les chasseurs. Euh la le prélèvement estimé par la population de Lynx sur ce même département est inférieur à 2000 individus.
Euh et la la mortalité par collision routière est au moins équivalente à au prélèvement du lynx. Il n'empêche que la population de Chevreuil se maintient voire augmente localement et que même les la Fédération des chasseurs demande une un relèvement, une augmentation du plan de chasse. Donc la preuve est faite que il n'y a pas d'impact en tout cas négatif sur les populations d'ongulé.
Une dernière question Gillemine, elle est posée par Claudius qu'on salue. Lorsqu'un être humain ou un pire un enfant sera sera attaqué par un animal sauvage réintroduit dans notre territoire, qui sera responsable ? Alors euh on peut toujours penser au pire.
Moi, je vais vous parler de ce qui s'est passé dans les dans les périodes historiques, dans les décennies passées. Zéro attaque lié au lynx. C'est un animal qui a peur de l'homme et qui a de bonnes raisons d'avoir peur de l'homme puisqu'il l'a payé de sa disparition.
Les les seules interactions violentes qu'il y a pu y avoir entre le lynx et des des humains, c'est lors de partie de chasse, lorsque des chiens ont cerné un lynx et que le lynx en se défendant a blessé des chiens. Il n'y a aucune attaque référencée, documentée sur l'espèce humaine qu'il s'agisse d'enfant ou d'adulte. Euh une dernière question, peut-être une objection justement du même internaute qui dit "Si nos anciens ont détruit les ourses et les loups, alors il parle pas des lynx hein, il y avait peut-être une raison.
Oui, elle alors dans si nos anciens pratiquaient l'esclavage, il y avait peut-être une raison aussi, mais il n'empêche qu'on a aboli un certain nombre de pratiques fâcheuse et la la destruction des grands prédateurs. Il y a peut-être deux choses. C'est c'est pas le même ordre quand même c'est pas le le même ordre de la même nature de problème quand même entre l'esclavage et l'extinction de la la l'espèce du loup.
Oui, enfin, il faut mettre en balance ce qui peut être mis en balance. Effectivement, on va juste rappeler que actuellement 96 % de la biomasse vertébrée est constituée par l'espèce humaine et ses espèces et ses animaux domestiques. 4 % ce sont les animaux sauvages.
Laissons-leur une place. C'est une c'est aussi notre survie qui est en question. Si vous voulez la la biodiversité qui est un grand mot, on peut comparer ça à notre microbiote, au microbiote de l'humanité.
On a besoin de ça pour survivre. Je ne suis pas seul à le dire, mais si on enlève une espèce, si on enlève une autre, c'est comme si on enlève les briques d'un mur, un jour le mur s'effondre et c'est la survie de l'humanité qui est en cause. Merci beaucoup euh Gillmoine pour avoir répondu à nos questions euh qui étaient franches et euh vos réponses qui auraient été très clair.
Merci beaucoup. Et donc si je peux me permettre, si je peux me permettre, il reste quelques minutes pour participer à la consultation pour les personnes qui veulent faire valoir leur avis pour ou contre en tout cas. Je souhaite qu'elle fasse une critique objective de ce plan national d'action et on peut aller justement sur le site notamment du centre Athénas.
Euh merci beaucoup euh merci beaucoup pour euh pour toutes ces précisions euh Gillemine et euh nous avoir fait en plus euh euh voyager un peu dans ces magnifiques régions euh du massif jura et de l'est de la France et on a salué d'ailleurs tous les internautes de ces régions. Dans l'actualité aussi les coulisses de la visite de Marine Le Pen à Budapest. Charles Sapin était du voyage.
Voici en attendant ces infos les principales images de ce déplacement. [Musique] L'Union [Musique] européenne n'est plus, nous savons, une organisation internationale internationale entre les nations. Elle a dérivé en organisation fédérale puis en véritable pouvoir centralisé Brux et ses lois enivré de sa propre existence, de sa puissance, de son omnipotence.
Comme je suis fondamentalement attaché à la souveraineté de chacune des nations, il ne me viendrait pas à l'esprit de venir, comme le font trop souvent d'ailleurs certains journalistes, donner des leçons au peuple quel qu'il soit et en l'occurrence au peuple hongrois. Bonjour Charles Sapin. Bonjour.
Que sont-ils exactement Marine Le Pen et Victor Orban ? Alors ben comme euh là vous voyez de vous venez de de voir un extrait, c'est c'était euh assez intéressant, ils sont dit euh pas des choses euh capital, l'intérêt était déjà dans cette rencontre. Il faut savoir que Marine Le Pen et Victor Orban ne s'étaient jamais rencontré de Visu, ne s'étaient jamais vu euh jusqu'à présent.
Il avait eux-même refusé de la recevoir à R6. Exactement. Exactement.
En fait avant 2018 Victor Orban était membre d'un groupe important, d'ailleurs le principal groupe au Parlement européen qui s'appelle le PPE qui est qui est un m un groupe dans lequel est membre notamment le parti les Républicains. Et déjà ces décisions politiques au niveau national que ça soit sur la presse, sur les LGBT, sur le refus de certaines directives européennes faisait déjà grincer des dents au sein de ce parti. Il ne voulait pas en rajouter en s'affichant avec une leader nationaliste telle que Marine Le Pen qui pourrait en fait provoquer son renvoi de ce groupe.
Bon, il se trouve que Pression est dent et il il n'a pas eu d'autres solutions en 2018 que de que de quitter ce groupe. maintenant euh mieux que mieux que libre, libéré de ce groupe, il n'avait plus les mêmes obstacles à rencontrer Marine Le Pen avec qui il partage quelques quelques points de vue idéologique notamment contre contre l'immigration sur l'importance l'importance des des frontières nationales mais qui ils ont aussi des divergences hein notamment sur tout ce qui est sociétal. Euh Victor Orban est un conservateur alors que Marine Le Pen ne l'est euh ne l'est pas plus que ça.
Et euh généralement, on disait que Marine Le Pen était plus à droite que Victor Orbane. Ah bon ? C'était ce qu'on disait puisqu'il y avait également le parti Jobique euh en Haï Marine Le Pen a refusé euh le Jobic dans le groupe au Parlement européen.
Donc voilà. Et euh en fait, si on veut vraiment prendre une classification gauche-droite, euh Victor Orban est à la fois euh plus libéral et plus conservateur que Marine Le Pen qui sont deux euh thèmes finalement euh constitutifs de la droite. On pourrait dire que Marine Le Pen est plus à gauche que Victor Orban, mais voilà, c'est après les deux sont des des dirigeants nationalistes et ils se retrouvent sur ce qui pour eux est l'essentiel, c'estàdire le retour aux souverainetés de leur pays, euh la défense euh contre les mouvements de population illégaux ou les migrations et la défense d'une identité forte de leur pays.
Il s'oppose et d'ailleurs ils l'ont redit hier lors de cette conférence de presse commune, il s'oppose à la mutation de l'Union européenne en un en un état supra supranational, un état un espèce de super état qui viendrait imposer ses vues aux États membres. Voilà, il pense qu'elle a une chance. Je pense qu'il ne se place pas sur ce sur cette sur cette positionlà.
Euh il est euh Victor Orban est un pragmatique. Euh là, la venue de Marine Le Pen avait des avantages non pas pour l'éventuelle victoire de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle, mais déjà c'est un avantage pour lui. Il faut savoir qu'il a des élections très importantes en avril 2022.
C'est à peu près le même calendrier que nous. et il a besoin pour ressouder ses troupes et pour parler à son à son électorat de faire venir des figures un peu radicales et notamment des figures qui ne viennent d'autre part que de son pays parce que ça a été beaucoup dit dans son pays que à partir du moment où il a quitté le PPE qui était le principal groupe européen, les gens disaient ce Victor Orban est isolé donc il est important pour lui de s'afficher avec des leaders européens et Marine Le Pen est connue en Hongrie, mais j'ai pu voir lors de son déplacement, elle elle s'est fait arrêter dans la rue rue. Enfin, je veux dire, elle a une notoriété qui dépasse quand même très largement les frontières nationales.
Qui a sollicité cette rencontre ? C'est Marine Le Pen. C'est Marine Le Pen.
En fait, c'est une rencontre qui qui est dans les tuyaux depuis très très longtemps. Euh enfin très très longtemps, depuis 2018 euh puisque Victor Orban a quitté ce ce groupe PPE. En fait, il y a eu des contacts qui ont été repris mais c'était finalement c'était un peu bloqué si vous voulez.
C'était un peu, ils avaient pas vraiment de date. C'est au au cœur de l'été euh quand a été rendu publique la venue de d'Éric Zemour et de Marion Maréchal dans le cadre d'une d'une conférence d'intellectuel sur la défense de la famille. Euh là, ça a un peu agité le cabinet de Marine Le Pen en disant "Attendez, c'est pas possible.
Nous, ça fait des années qu'on demande à voir Victor Orban, il faut s'activer." Donc elle a demandé à ses à ses à ses troupes, à certains de ses assistants parlementaires de s'activer auprès de de Victor Orbin. C'est là où a été décidé cette visite de deux jours qui a eu lieu donc hier et avant-hier en Hongri.
Euh on a vu quand même que Urban en tout cas le le l'entourage de du de Marine Le Pen dans l'article en tous les cas tel que vous l'a racontez se vente d'avoir qu'il y ait eu un un accueil en plus grande pompe que que pour Eric Zemour. Mais c'est vrai. Ah ben totalement.
Mais euh d'ailleurs euh c'est assez bien vu euh de Victor Orban en fait euh les Hongrois ont quelque chose de comme beaucoup de de pas de petits pays, je veux pas être euh enfin je veux pas les vexer mais de pays euh un peu plus modestes que que grande puissance que la France ont une joue de la diplomatie de façon très habile. Victor Orban, il fait une stratégie qu'on appelle c'est un peu la diplomatie du gyrophare. C'estàd que une personne qu'il a envie de traiter ce qu'il a fait avec Marine Le Pen, c'est alors dès la descente d'avion, c'est policier en uniforme, cortège de 10 voitures officielles.
Alors que la délégation de Marine Le Pen, c'était six personnes. Donc bon, il y a des voitures qui ont dû circuler à vide. 10 voitures noires, sombre, vide teinté, girophare avec tout un parcours qui est alors on s'arrête à la basilique Saint-Étienne, quand elle va elle rentre dans la basilque Saint-Étienne, il y a l'org qui se met à jouer du bac.
Elle va dans un restaurant, c'est des c'est des musiciens qui se mettent à jouer des de du et dit piaf. Euh, on sort le tapis rouge. Elle a été reçue si vous voulez euh pas comme une chef de parti, a été reçue comme une chef de gouvernement, comme un chef d'état.
Et il y a quelque chose de de de revigorant pour ces troupes euh et pour elles-mêmes puisque depuis le début de l'année, depuis le début là de depuis cette rentrée, elle a été quand même particulièrement perturbée par cette percée d'Éric Zemour. Elle a raté beaucoup de séquences. Elle est en baisse dans les sondages.
Il y avait un manque de dynamique. Et là finalement de se voir traiter comme une chef d'état, ça a revigoré les troupe et même elle elle en a tiré un bénéfice. On a l'impression qu'elle était euphorique.
Euphorique non, c'est pas le c'est pas le mot, je c'est elle était elle était galvanisée. Elle était galvanisée et elle a en fait c'est une pour tout pour enfin vraiment objectivement d'un point de vue journalistique si on reprend toutes les séquences qui se sont succédées depuis le début septembre c'est la première séquence réussie de la rentrée de de Marine Le Pen. Je vous propose d'écouter l'analyse d'Emmanuel Rivière qui était à votre place lundi soir justement sur la perte de dynamique de de Marine Le Pen et on y revient juste après.
Et l'un des enseignements pour fermer euh la parenthèse, c'est que euh Marine Le Pen qui euh pendant beaucoup de scrutin, que ce soit elle ou le Rassemblement national paraissait très solide sur un socle très fidèle, montre là une faiblesse que l'on pressentait. Effectivement, l'instrument de la révélation de cette faiblesse, c'est Éric Zemour qui montre qu'il peut donner envie à une bonne partie de son électorat d'aller voir ailleurs. Cette faille, cette faiblesse Charles, est-ce qu'elle en est consciente ?
Alors cette faille, elle en est consciente parce qu'elle l'a vu de façon finalement séparée au-delà du phénomène Éric Zemour. Elle a été confrontée à cette réalité lors du dernier scrutin. Les élections régionales, tous les sondages étaient unanimes.
Elles devaient gagner au minimum une région, notamment la Provence Alp Côte d'Azur. Voilà, vous en avez d'ailleurs parlé à ce moment-là sur ce plateau. Bon euh finalement, qu'est-ce qui s'est passé au soir du premier tour ?
Impossible à gagner. le plafond de verre, les électeurs de Marine Le Pen ne se sont pas déplacés. Les stratèges du Rassemblement national et Marine Le Pen également se sont rendus compte qu'il y avait une erreur d'analyse qu'il ne capitalisait plus sur les colères mais au contraire il il les avait transformé en fatalisme.
C'est-à-dire que des gens qui depuis 2015 de 2015 à 2017 ont voté Rassemblement national Front National à l'époque parce qu'ils en avaient marre parce qu'ils voulaient faire un cri de colère voir parce qu'ils voulaient retourner la la table et mettre Marine Le Pen au pouvoir. Ces gens-là sont passés d'un vote de rupture qui est le vote RN à une rupture totale avec les urnes. C'est-à-dire que finalement le vote RN s'est retrouvé être la dernière marche avant l'abstention et que les électeurs de Marine Le Pen finalement se vida par le par le bas allaient rejoindre les les cordes de plus en plus importantes de de l'abstention.
Euh et donc il y avait un véritable sujet de mobilisation de de ces euh de ces électeurs plutôt que alors qu'elle a été déjà dans une stratégie d'aller en conquérir d'autres. Vous vous souvenez euh euh elle elle visait l'électorat LR l'électorat bourgeois. Sauf que avant même de réussir cette stratégie, elle voit que les classes populaires, le cœur les vraiment le le cœur, le socle granitique jusqu'à présent de de de Marine Le Pen en fait commençait à se à se liquéfier dans l'abstention.
Euh, elle pense toujours que que Zemour va s'effondrer comme Belle amie en 2019 ? Oui, oui, oui, elle le pense si vous voulez. Alors, ce qui est très intéressant et moi c'est pour ça que bon, un peu cyniquement en tant que observateur politique, moi je trouve cette période passionnante.
C'est qu'on vit quelque chose qui est qui est inédit. C'est-à-dire, on a connu un phénomène de primaire à droite, on pense notamment en 2016, on l'a vu à gauche, pareil en 2016, mais sur ce morceau-l de l'échiquet politique sur dans le camp nationaliste, ça n'est jamais réellement arrivé. Il y a eu des adversités Picrocoline Maigret mais qui a jamais compté Philippe Devilier pareil, il était jamais très haut euh Nicolas Dupignant bon ils c mais je veux dire c'est il a jamais mis en danger une candidature Front nationale puis erenne sauf des élections européennes par de Villier.
Ah oui oui non mais pas pas à ce niveau-là. Et et si vous voulez là, on est en train de voir une véritable opposition comme on en voit dans les dans les primaires où on a deux offres qui ne se limite pas à une différence d'incarnation mais à une véritable différence idéologique. Il se retrouve sur l'immigration, il se retrouve sur l'identité mais il y en a un qui est libéral qui veut une retraite à 64 ans, c'est Éric Zemour.
Euh l'autre Marine Le Pen qui veut une retraite à 60 ans et qui qui met en avant sa sa fibre sociale. Il y en a un qui est conservateur qui regrette le mariage pour tous, qui veut mettre un terme à l'élargissement de la PMA, qui est contre la GPA. Une Marine Le Pen qui n'est pas conservatrice, qui pour elle ces sujets sociétaux n'ont n'ont pas d'importance, se passe après et même dans leur dans leur façon d'appréhender la conquête du pouvoir, c'est différent.
C'est très drôle. Écour, lui veut une conquête en faisant l'union des droites, c'est-à-dire en parlant à la fois aux classes populaire mais aussi à une partie de la bourgeoisie qu'il dit patriote alors que Marine Le Penit allait dans le 2016. Exactement parce que ce qu' avait théorisé Patrick Buisson et enfin même de Gaul avant lui et de l'autre côté Marine Le Pen qui elle pour une un souverainisme intégral si vous voulez réconcilier les souverainistes des deux bords de gauche et de droite et et l'ensemble des classes populaires.
Euh quelle est l'ambiance dans dans l'entourage actuellement ? Or cette galvanisation suite à cette galvanisation ponctuelle suite à cette visite à à Bidapest. L'ambiance n'est pas bonne.
L'ambiance est à l'incompréhension. Quand on discute avec des des stratèges de Marine Le Pen, c'est voilà, ça c'est vraiment de l'incompréhension. C'est-à-dire on comprend pas, on a tout bien fait.
Euh on sait que Marine Le Pen repoussait énormément au second tour. Du coup, on a recentré notre discours, on a lissé certaines choses pour susciter moins de rejets euh que Emmanuel Macron. On a on a on a on a montré pendant ces quatre dernières années que on est on voilà, on a toujours joué la carte de la responsabilité lors des gilets jaunes, lors des retraites, lors même de la crise sanitaire.
Marine Le Pen n'a pas couru avec une allumette, voilà dans dans la station essence pour mettre le feu. Elle a au contraire essayé de d'apaiser les choses. Et si vous voulez, ils se disent tout a plutôt pas mal marché.
Ils ont absolument pas vu venir Eric Zemour et ils n'ont toujours pas compris d'où il venait. Donc c'est vrai que là-dessus, il y a il y a un peu une incompréhension, c'est-à-dire que si Eric Zemour avec son discours un peu radical et l'incarnation de tout ce qu'ils ont voulu combattre depuis 10 ans, c'est l'antidéiabolisation. Or pour eux leur stratégie de dédiabolisation est est un succès et arrivé à son terme devit amener Marine Le Pen au pouvoir et là il y a quelqu'un qui arrive qui est la négation de tout ce qu'ils ont fait depuis 10 ans et qui leur coupe la chic c'est c'est quand même voilà donc ils sont un peu désempars exactement quel est le prochain voyage de Marine Le Pen contrevoir Poutine alors ce n'est pas ce n'est pas ce n'est pas d'actualité Poutine pour différentes raison notamment pour les raisons pour lesquelles elle était elle était en Hongri Ils essayent en fait de constituer un un groupe, c'est très compliqué, il y a très peu de chance que ça arrive à terme avant la présidentielle mais ils essayent de constituer un groupe géant au Parlement européen de souverainistes qui permettrait d'être si ce n'est le premier groupe en tout cas le 2e ou le 3è pour pouvoir voilà plus jouer au sein de l'Union européenne.
Et si vous voulez pour constituer ce groupe, il faut notamment avoir comme allié les Polonais polonais qui sont très anti- Poutine. Donc ça serait ça serait vraiment malu de voir Poutine en ce moment. Maintenant, les prochains rendez-vous internationaux de Marine Le Pen sont gardés secrets.
Moi je je peux je ne les connais pas mais je sais qu'il y en a en préparation. Ils sont gardés jalousement par l'équipe de campagne. Elle aimerait rencontrer Trump.
Il va falloir lui poser la question. Je ne sais pas mais je pense que le rencontrer a moins moins d'intérêt que il y a 5 ans quand il était au pouvoir. On compte sur vous en tout cas pour lui poser des questions.
Merci beaucoup Charles Sapin. Votre esprit du voyage de Marine Le Pen à Budapest est à retrouver dans le Figaro et justement toute la difficulté juste de de cette de ce souverainisme qui est parfois un obstacle la constitution d'un groupe international. Vous l'expliquez très bien dans cet article.
On signale également votre dernier livre avec François Xavier Bourmau. Macron Le Pen le tango des faux soyeurs aux éditions de l'archipel. Non seulement on le signale, mais on le recommande surtout.
Et on va un peu parler euh maintenant de euh notre métier avec un journaliste qui n'a pas froid aux yeux et qui essaie de comprendre, de faire connaître et de faire comprendre le monde. Il s'appelle Emmanuel Razavi et il il nous évoque euh dans ce livre Grand Reporter, confession au cœur des conflits, un monde qui va peut-être disparaître. [Musique] [Musique] Bonjour Emmanuel Rasaville.
Bonjour Vincent, merci de me recevoir. Et bien c'est un plaisir de vous recevoir et c'est un plaisir d'avoir lu votre livre et de le recommander. Il s'appelle donc grand reporter confession au cœur des conflits.
Il est édité chez Bold. Alors, vous commencez dès la dès la dès la première de couverture par une photo avec un journaliste le derrière un tas de cailloux avec un un gilet par bal. C'est une photo.
Est-ce que c'est pas plutôt un cliché ? Alors, écoutez, c'est bah c'est un cliché, vous avez raison, mais c'est un cliché en fait qui repose sur une réalité. D'ailleurs, c'est une photo qui a été prise par un grand photographe qui est lui-même un photographe de guerre qui est Alfred Jacob Zadé qui a remporté plusieurs prix internationaux.
Et c'est une photo en fait, on l'a choisi parce que c'est une photo en fait de la guerre en Syrie et comme on le voit évidemment les journalistes sont abrités mais ils attendent. Et très souvent en fait dans ces zones de guerre on imagine he le public imagine que le journaliste passe son temps en fait sous les bombes à se faire tirer dessus. Il passe aussi beaucoup de temps à attendre.
Voilà. Euh jusqu'à ce que il y ait une action euh que quelque chose en fait commence. Et on a trouvé que cette image, elle symbolisait assez ça en fait.
Ces journalistes qui se protège, qui attendent en même temps, qui sont en train en fait d'évaluer euh on le voit bien hein, par le doigt montré, par le caméraman d'évaluer euh ce qui est en train de se passer ou ce qui va se passer. C'est un métier de chasseur, être au bon endroit au bon moment. Écoutez, en tout cas, c'est un métier, on dit que c'est un métier dans lequel il faut avoir de la chance en l'occurrence et oui, il faut être au bon endroit, au bon moment.
Après, je ne crois pas que le reporteur, en tout cas le grand reporteur de guerre, mais vous connaissez aussi de toute façon ce ce métier là, Vincent, je ne crois pas que ce soit un métier de chasseur, c'est un métier de chanceux. C'est surtout un métier en fait qui est déterminé par la curiosité, hein. C'est ce que ce que racontent he nos confrères he dans le livre. mais aussi par un fort sens en fait de l'engagement et puis et puis le sens tout simplement.
C'est-à-dire que lorsque l'on va couvrir une révolution euh je fais allusion au printemps arabe notamment ou un conflit, une guerre comme en Afghanistan, il faut savoir pourquoi on décide d'y aller. C'est pas juste pour l'adrénaline. Alors peut-être que quand on commence ce métier, il y a évidemment la quête de l'aventure, le goût de l'adrénaline, mais avec le temps, rapidement, on comprend en fait que nous sommes là, bah nous sommes des passeurs en fait, hein.
Le reporteur rapporte des témoignages, rapporte une histoire. l'histoire de gens euh de gens qui sont souvent les victimes des conflits, des gens qui n'ont pas qui n'ont pas droit à la parole et le reporteur est là pour faire la transition finalement entre ces gens-là. Je dirais le passage de témoins en Syrie, en Afghanistan, en Irak, que sais-je ?
Et puis ben et puis et puis le public français qui va découvrir donc leur témoignage par exemple dans le Figaro ou par exemple sur fil de média ou à la télévision. Pourquoi vous avez voulu et vous avez accepté d'écrire ce livre ? Alors, vous avez raison, j'ai accepté parce qu'à l'origine, je ne voulais pas écrire de livres sur les reporteurs de guerre parce que je l'ai été moi-même pendant presque 20 ans et que on a on a une phrase dans ce métier, vous la connaissez, c'est que l'on dit tout ce qui se passe sur le terrain doit rester sur le terrain.
Et lorsque mon éditeur m'a dit il faut parler de ce métier de de votre métier parce que les visiblement les Français critiquent de plus en plus alors je dis ça moi depuis l'Espagne où je où je réside aujourd'hui mais les Français critiquent de plus en plus les médias les journalistes. Il faut raconter quand même quel est le travail de ces journalistes de terrain qui vont prendre des risques encore une fois par sens par engagement. Et donc il a fini par me convaincre.
J'en ai parlé à quelques confrères. Alors il y a Régis le somier de Paris Match. A, je parlais d'Alfred Jacobzadé, le Figaro magazine, a publié ses photos plus d'une fois, euh Jean-Pierre Cané et cetera et je leur ai posé la question et ils m'ont dit "Oui, c'est intéressant, c'est peut-être effectivement le temps d'apporter en fait un éclairage sur ce qu'est notre profession et de témoigner en fait simplement de notre engagement pour informer finalement de la marche du monde." euh dans ce livre donc c'est pas simplement vous mais il y a des témoignages donc d'un certain nombre de personnes qui ont été à la fois grands reporters et également correspondant c'est ça ?
Oui, exactement. J'ai choisi en fait ce livre dresse le portrait de tous ces journalistes qui vont sur des zones ce qu'on appelle les zones à risque aujourd'hui hein. Il y a pas que des zones de conflit, il y a des zones dangereuses sans qu'elles soient forcément ouvertes à des conflits.
Et oui, je me suis intéressé par exemple à ma concerte Laarrance Rodriguez qui a été correspondante pendant 12 ans en Arabie Saoudite. Donc vous comprenez, j'ai vécu dans le golf Persique. En Arabie Saoudite ou au Qatar, c'est pas être journaliste en France.
Vous êtes sont des états policiers donc vous êtes fliqué en permanence. Clarence le raconte très bien. Euh c'est un peu la double peine.
Elle est à la fois journaliste et en plus femme en Arabie Saoudite. Elle a un magnifique témoignage. Alors justement, vous avez pris l'exemple en première de couverture donc d'un d'un reporter qui est en Syrie.
Mais est-ce que c'est pas pardonnez-moi, mais un mauvais exemple parce que la Syrie, ça a été l'un des premiers terrains où il a été quasiment difficile de travailler de manière indépendante. Alors non, je crois que ce n'est pas un mauvais exemple parce qu'il illustre aujourd'hui ce que sont devenus en fait les nouveaux terrains. Votre question en fait, elle est je la trouve très très bonne hein parce que c'est un débat qu'on a eu en fait avec l'éditeur.
Donc non mais je suis très très honnête, c'est un débat qu'on a eu avec l'éditeur et justement on a trouvé que c'était très intéressant en fait de prendre et vous le verrez d'ailleurs dans le dans le dans le livre hein, je consacre énormément en fait de témoignages de journaliste à ce qui se passe aujourd'hui aux proches et au Moyen-Orient. Les conflits ont complètement évolué. Bien évidemment, euh je je le raconte mais d'autres confrères le racontent parmi la quinzaine de témoignages.
Euh aujourd'hui, lorsqu'on va dans un pays comme la Syrie, euh évidemment on a le risque d'être embarqué euh euh de se faire tuer par une armée, mais aussi le risque d'être pris en otage euh voir décapité bien sûr par ces milices djihadistes, par le par les terroristes. Donc c'est un exemple qui est important parce que c'est l'exemple du moment. Et on a une pensée pour nos confrères qui sont morts en Syrie, notamment Yve de Bé, notamment Gilles Jacquier, mais également tous nos confrères étrangers qui ont été sont morts parfois justement durant leur captivité.
Euh question que je posais à Xavier Gorce euh lundi, euh est-ce que vous êtes d'accord pour dire que le la fracture dans les médias aujourd'hui et dans le journalisme est entre ceux qui conçoivent leur métier comme étant de dire le vrai ? et ceux qui le conçoivent comme étant de dire le bien. Écoutez, je partage ça.
Je trouve que depuis quelques années et ce n'est pas propre à la France, je pense que c'est propre à beaucoup en fait de pays euh européens mais même aux États-Unis. Il y a une espèce de doxa et il y a des choses que l'on peut dire, d'autres que l'on ne peut pas dire. Alors moi je vois bien la différence parce qu'aujourd'hui la rédaction de Phil Media he qui est un site d'information vous en parliez qui est en français évidemment que j'ai créé que j'ai contribué à créer avec Pegy Porqu qui est un qui est un un un site de grand reportage d'actualité internationale on l'a mis en Espagne on a la parole très libre on peut parler de tout sans tabou sans être mis dans un camp du bien ou du mal aujourd'hui pour moi c'est de moins en moins le cas en France évidemment on voit bien que la notamment la culture w he a fait des dégâts.
Il y a des choses qu'on ne peut pas dire. Il y a une pensée en fait aujourd'hui qu'il est convenue en fait de suivre et si on va contre, on est mis systématiquement en fait dans le camp dans le camp des méchants. Le journalisme pour moi ce n'est pas ça.
Le journalisme vous avez prononcé un mot qui est intéressant Vincent, c'est le mot vérité. c'est de se rapprocher le plus possible de la vérité euh en allant voir en ce qui concerne les reporteurs sur le terrain euh ce qui se passe pour rapporter ce que l'on a vu, ce que l'on a entendu, bref pour être plus proche des faits. C'est ça hein le boulot du du reporteur, hein.
Euh la justice britannique euh est amenée à étudier aujourd'hui le le cas de Julien Nassange, le le fondateur de Wikileak qui avait publié des milliers de correspondance diplomatique américaine et qui a dû être par la suite reclu euh des années à l'ambassade d'Équateur. Pour vous, c'est un lanceur d'alerte ou c'est un irresponsable ? Alors, je craignais que vous me posiez la question de est-ce un lanceur d'alerte ou un journaliste ?
En fait, je pense qu'il est pas irresponsable. Vous savez, soyons soyons netes avec les les gens qui qui nous écoutent en ce moment. Euh nous sommes nombreux les journalistes à avoir utilisé finalement les révélations de Julian Assange, à être allé regarder ces fameux Lix.
Euh moi j'ai beaucoup travaillé sur l'Afghanistan euh notamment. Euh il est d'ailleurs poursuivi hein notamment pour ça parce qu'il y a eu beaucoup de révélations d'infos confidentiel de câble diplomatique et militaire qui concernaient en fait les guerres d'Irak et d'Afghanistan. Je serais bien hypocrite aujourd'hui de ne pas dire qu'il faut le défendre, sachant que comme d'autres, je suis allé regarder ce qu'il avait fait, ce qu'il avait produit et que parfois ça nous a servi d'ailleurs dans nos enquêtes.
La réalité, elle est là. Quel est votre point de vue sur le le phénomène des des fake news aujourd'hui ? Est-ce que vous êtes de ceux qui pensez que ça explose ou bien est-ce que on joue à se faire peur ?
Non, je pense qu'il y a une caisse de résonance que sont les réseaux sociaux évidemment. qui mettent en avant en fait les de plus en plus les fake news. Il y a et on le sait tous les deux puisqu'on fait comment dire nous avons nous dirigeons des rédaction en ligne de plus en plus de sites internet d'information qui apparaissent.
Alors moi je crois que aujourd'hui il y a pas plus de fake qu'aujourd'hui. Il y a une caisse de résonance souvent qui viennent de particulier et non pas en fait de de médias. Mais bien sûr, il y a aussi des médias, des pseudo médias qui ne sont pas pour moi en fait fiables du tout, mais je pense qu'en général on les voit très vite.
Mais c'était vrai il y a 50 ans aussi. Sauf que ces médias avaient ben ne bénéficiaient pas en fait de de la caisse de résonance que peuvent être Facebook ou Twitter. Aujourd'hui, question d'un internaute, Westfance a décidé de ne pas faire ou commenter les sondages.
Euh à quand le tour du Figaro ? Alors non, le Figaro continuera à publier votre ces sondages. Quel est vos points votre point de vue justement ? sur ce sur ce genre de décision.
Écoutez, ben j'ai appris ça, j'imagine comme votre auditeur il y a 24h ou 48h. Écoutez, je me suis posé la question du coup ça m'a interpellé parce que je considère que le rôle du journaliste, c'est aussi d'être interpellé. Je respecte cette décision mais je pense que le sondage qui n'est en fait le sondage c'est une indication, je dirais dans un temps donné, à un moment donné.
Donc je pense un peu comme vous. Je pense que fil méia qui n'en publie pas beaucoup mais continuera quand même à s à s'y intéresser parce que si l'on fait du reportage, on a aussi besoin de faire de l'analyse. Je dirais que l'un ne va pas sans l'autre.
On ne peut pas dissocier le journaliste de terrain du journaliste qui va analyser si vous voulez au sein de la rédaction enfin de l'analyse tout simplement. Et donc le sondage ça fait partie aussi quand même de l'information. Après il faut savoir que c'est une information une indication à un instant donné.
Emmanuel, vous êtes un spécialiste de de l'actualité internationale. Euh vous êtes et vous publiez énormément de grands reportage sur Film Media, ce qui fait l'intérêt en plus d'analyse également, mais ce qui fait l'intérêt de votre de votre site. On parlait à l'instant de de la Hongrie.
Est-ce qu'il est difficile de votre point de vue pour un journaliste de travailler dans une démocratie illibérale genre justement la Hongrie, la Pologne, la Slovénie, la République tchèque ? Écoutez euh difficile non ? Et puis moi j'ai eu l'occasion en l'occurrence en plus d'aller dans certains pays en fait que vous venez de citer.
Euh difficile non, parfois compliqué avec les autorités. En fait, je pense que il est parfois difficile d'avoir un accès, si vous voulez, un accès très ouvert en fait au au aux autorité, au monde politique. Euh, il y a pour le coup non pas des fake news, mais il y a beaucoup en fait de de comment dire parfois de de langue de bois ou de en tout cas de comportement, d'encadrement qui ne correspondent pas à la façon dont on fait de l'information dans un pays comme la France ou l'Espagne où on est où on est tout à fait libre.
Donc, je dirais que les journalistes ont pas la même marge de manœuvre dans ces pays-là. Il est quand même plus difficile si vous voulez, vous l'avez dit tout à l'heure, d'aller faire de l'information en Syrie ou en Libye quand qu'en Hongrie, évidemment. Alors euh effectivement, on va faire la la différence entre la Syrie et la Hongrie bien entendu.
Et euh est-ce que justement euh les terrains de guerre, les terrains où il était jusqu'à présent difficile mais pas complètement impossible de travailler ? Je prends l'exemple, la différence entre la Libye de 2011 où c'était compliqué, dangereux mais possible avec la différence avec la Syrie où travailler était soit se faire euh justement embarquer par les autorités gouvernementales, soit être à la à la mercie d'un certain nombre de de groupes de seigneurs de guerre ou de groupes terroristes. Est-ce que justement les terrains entre guillemets ce qu'on dit dans le jargon, les terrains pourris ne se sont pas multipliés ou bien les terrains interdits ?
Je pense notamment à la Corée du Nord. Alors la Corée du Nord c'est une constante si je puis dire depuis plusieurs décennies. Mais par contre là où vous avez raison Vincent, c'est que les terrains pourris se sont multipliés.
Alors moi je pense qu'ils se sont multipliés si vous voulez il y a il y a il y a il y a deux dates pour moi. Il y a d'abord évidemment le le le 11 septembre en fait 2001, l'intervention en fait en Afghanistan. Euh et puis les risques, si vous voulez pour les journalistes qui vont là-bas de se retrouver pris oage par des milices terroristes euh qui ont considéré que les journalistes en fait avaient une valeur marchande et euh qui vont euh les couper en morceaux, parfois les exécuter euh face caméra pour faire leur communication.
Donc ça évidemment le le terme de terrain pourri pour moi vraiment commence comment dire commence là. Euh et puis il y a comment dire dans la graduation des terrains pourris, il y a il y a une 2è période c'est oui, vous avez raison. C'est ça exactement.
Et puis ensuite, il y a les le début des printemps arabes. Vous avez parlé en fait de ces terrains comme la Libye, comme la Syrie. Et c'est ça devient extrêmement dangereux d'aller là-bas parce qu'en plus d'Al-Qaïda, vous avez d'autres milices qui se sont créées.
Il y a bien sûr Daesh et là ils font je dirais leur comment dire leur leur com sur les les prises d'otage, les exécutions, les les assassinats, pardonnez-moi, pas les exécutions, mais les assassinats, les meurtres de journalistes qu'il film. Donc oui, bien sûr, je partage ça. Il y a de plus en plus de théâtres qui sont extrêmement compliqués, pourris pour reprendre votre expression, ce dont je parle dans le livre.
D'ailleurs, aujourd'hui, c'est l'opinion qui est plébiscitée dans les usages hein chez chez les consommateurs d'information que nous sommes ou bien que sont les les internautes. Est-ce que il y a encore une curiosité du public pour ce que rapportent les grands reporters ? Ça nous intéresse nous journalistes, mais est-ce que ça intéresse encore les gens même si Claudius nous dit qu'il a beaucoup de respect pour ces professionnel qui risque leur vie ?
Écoutez, je ne sais pas quoi vous répondre malheureusement. C'est une question que je me pose quotidiennement. Alors moi j'y crois.
Je peux répondre ça, c'est-à-dire que euh je suis grand reporteur, j'ai couvert des conflits pendant des années et j'ai la chance d'avoir euh des grands reporteurs français très prestigieux, étrangers aussi, qui ont suivi ma décision de créer un site d'information internationale avec Field. Euh mais on se rend compte que c'est très difficile que les gens ne s'abonnent pas comme ça chez nous. Ils viennent nous regarder.
Par contre, on voit qu'on a un vrai succès aujourd'hui d'audience euh sur le grand reportage. C'est très clair. Euh je formulerai peut-être la question différemment, c'est est-ce que les gens sont prêts à payer ? pour avoir de l'information qui vient de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan.
Euh, j'avoue que de plus en plus, je me pose la question. Je crois que les gens ont pris le pli finalement d'une information qui doit être gratuite. Or, l'information, vous le savez, vous faites partie d'une très grande rédaction, ça coûte extrêmement cher d'envoyer des journalistes en Afghanistan ou en Irak.
Les gens n'ont pas forcément en fait conscience de cela. Ils ont pas conscience du fait non plus parfois que ces risques auxquels nous sommes exposés euh impliquent que nous achetions des assurances, des gilets par balle. Enfin, bien évidemment, tout ça coûte très cher.
Euh donc c'est une vraie c'est une vraie question que vous posez là à nouveau et une vraie réflexion euh que que j'ai moi quotidiennement, mais je pense comme nombre de mes confrères en fait aujourd'hui. En tout cas, une chose est sûre, il faut que le grand reportage continue à vivre que ce soit au Figaro, à Paris Match ou chez Field Media. C'est vraiment important.
Il peut pas y avoir d'information objective sans information à un moment donné de terrain. Merci beaucoup euh cher Emmanuel Razavi. On retiendra justement cette cette formule.
Si vous rêvez de découvrir le métier de grand reporter, ce livre est pour vous. Il est très juste. Il raconte très bien le quotidien de ses femmes et de ses hommes qui ne sont pas exceptionnels mais qui sont confronté selon la formule d'Emmanuel Razavi à des situations exceptionnelles.
Grand reporter au cœur des conflits, c'est aux éditions Bold et c'est extrêmement intéressant même quand on connaît ce métier. Et on vous recommande bien sûr, on le met dans le chat, Feld Media, c'est passionnant, plein de reportages et bien sûr à suivre les analyse également qui sont développé. Nous on se retrouve demain, même heure, même endroit avec d'ici là d'autres infos, d'autres vidéos mais toujours sur le Figaro. [Musique]
Marine Le Pen