Macron à la reconquête ? #cdanslair 01.01.2019
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 31 %Attaque 38 %Défensif 31 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 57 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron peut-il tourner la page ? Peut-il encore réformer ?
- 6:34RelanceRéponse partielle
Macron est-il dans le déni sur son impopularité ?
- 8:29OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il s'est redonné un peu d'oxygène ? Est-ce que c'était bien fait ?
- 14:52OuverteRéponse partielle
Macron peut-il encore être crédible, audible et rassembleur ?
- 21:49OuverteRéponse partielle
Quel était le message qu'il voulait adresser aux Français dans leur ensemble ?
- 30:32OuverteRéponse partielle
Est-ce que les mesures évoquées par Macron, comme la taxation des GAFA, vont au-delà des déclarations d'intention ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43PrésentateurFait
« Emmanuel Macron, après avoir défendu son bilan, assure qu'il compte bien poursuivre le cours des réformes, y compris les plus explosives, celles de l'assurance chômage, celles des retraites ou encore de la réforme de la Constitution. »
- 0:52PrésentateurPromesse
« Le président écrira aux Français pour leur présenter les contours du grand débat dans les semaines qui viennent. »
- 10:30Emmanuel MacronFait
« Le débat national qui s'ouvre doit nous permettre de parler vrai. »
- 11:03Emmanuel MacronFait
« On ne peut pas travailler moins, gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses, ne rien changer à nos habitudes et respirer un air plus pur. »
- 12:00Emmanuel MacronFait
« Que certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple, mais lequel, d'où, comment, et n'étendent en fait que les porte-voix d'une foule haineuse s'en prennent aux élus, aux forces de l'ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c'est tout simplement la négation de la France. »
- 27:17PrésentateurFait
« Le capitalisme ultra-libéral et financier va vers sa fin. »
- 30:07InvitéFait
« il va essayer de construire quelque chose de plus protecteur, une sorte d'entre-deux entre le socialisme et l'ultralibéralisme »
- 31:00InvitéFait
« on ne pourra pas faire l'Europe contre les peuples »
- 34:03Locuteur 1Promesse
« je pense qu'il est obligé de revenir devant les urnes, par exemple en soumettant son projet de sortie de crise les mesures qu'il a annoncées et son débat national à référendum »
- 43:55InvitéChiffre
« Emmanuel Macron souhaite diminuer d'un tiers le nombre de parlementaires »
- 44:02Locuteur 7Fait
« introduire 15% de proportionnel pour les élections législatives »
- 45:28InvitéChiffre
« économiser entre 3 et 3,9 milliards d'euros sur 3 ans »
- 47:07InvitéPromesse
« la réforme aura lieu, elle est en cours »
- 50:00InvitéChiffre
« il y a les 120 000 fonctionnaires en 5 ans normalement »
- 54:33InvitéChiffre
« sinon on ne serait pas à 25%, on serait à 12% »
- 54:46InvitéChiffre
« Emmanuel Macron gagne un point et se retrouve à peu près dans les niveaux de François Hollande »
- 56:58InvitéChiffre
« un français sur deux en général se déplace »
- 58:54InvitéChiffre
« la pétition qui a recueilli tellement de signatures »
- 1:00:07InvitéFait
« la commission d'enquête sénatoriale qui a commencé le 23 juillet et qui se termine le 23 janvier »
- 1:02:13InvitéFait
« il expliquait dans une sorte de mea culpa que tout n'avait pas été réussi »
Temps de parole
- Invité51 %
- Présentateur19 %
- Invité 212 %
- Invité 310 %
- ?4 %
≈ 23,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. L'image devait à elle seule résumer l'état d'esprit du chef de l'État. Un président debout face caméra qui est venu donc présenter ses voeux aux Français. Cette fois-ci, pas de mea culpa, pas d'autocritique comme au plus fort de la crise des Gilets jaunes, mais un président qui compte bien reprendre le cours de son quinquennat et qui cette fois ne ménage pas. Ceux, comme il dit, qui sont devenus les porte-parole d'une foule haineuse.
Emmanuel Macron, après avoir défendu son bilan, assure qu'il compte bien poursuivre le cours des réformes, y compris les plus explosives, celles de l'assurance chômage, celles des retraites ou encore de la réforme de la Constitution. Un message de combativité et une seule annonce. Le président écrira aux Français pour leur présenter les contours du grand débat dans les semaines qui viennent. Alors que fallait-il retenir de ses voeux ? Emmanuel Macron peut-il tourner la page ? Peut-il encore réformer ? Macron à la reconquête, c'est une question. Et c'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste à l'aide de Madère L'Express.
À la lune de L'Express, cette semaine, un numéro spécial sur la grande histoire des papes. Soisie Kemener, vous êtes rédactrice en chef
au
service politique de Marianne. Je renvoie à votre dernier livre, l'irrésistible ascension, les dessous d'une présidentielle insensée, publié aux éditions Flammarion. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste au journal Les Echos. Enfin, Edouard Lecerf, vous êtes directeur général adjoint de l'Institut d'études et de conseils BVA. Selon votre dernier sondage sorti le 20 décembre dernier, Emmanuel Macron gagne un point avec 27% de bonnes opinions. Bonsoir à tous les quatre.
Bonsoir. Merci
de participer. Bonne année à vous tous. Naturellement, meilleurs voeux à vous qui nous êtes aussi fidèles. Vous, les experts, bien sûr, sur la forme. On peut donc encore innover pour des voeux.
Oui,
c'était d'ailleurs plutôt réussi. Ça donnait matière à débattre. Des voeux debout avec un président qui choisit cette posture-là pour sans doute incarner l'autorité, incarner le dynamisme, la volonté, la pugnacité. On a reproché à Macron, les gilets jaunes ont reproché à Macron, notamment sa verticalité. Il y avait une réponse presque insolente, verticale. Il l'était hier dans ses voeux. Ça lui donnait d'ailleurs une dynamique particulière avec les mains, avec le visage, une double valeur de plan. C'était à la fois assez sobre, assez simple et quand même assez percutant. Avec un décor qui,
comme
lors de l'allocution du 10 décembre, suivi par 23 millions de gens quand même, décor qui était là aussi assez sobre. Un bout de rideau, un bout de fenêtre, un bout de volet, pas de babiole, pas de petits objets dans les coins sur lesquels les psychanalystes ou les commentateurs politiques
peuvent s
'intéresser. Pas de notes raturées non
plus.
Donc juste ce petit décor-là, de ce côté-là,
c
'était plutôt réussi. Ça permettait aussi d'appuyer des voeux nourris, riches, des voeux qui permettent des débats. Parce qu'il y avait du fond, il y avait des annonces, il y avait des mystères.
C
'est-à-dire des annonces de décisions, j'aurais des décisions à prendre. Une lettre à tous les Français qui va venir, mais on n
'a
pas le contenu ni la date de ce courrier. Donc c'est des voeux qui permettaient de basculer, d'être en balcon sur l'année 2019.
Mais quelle différence de ton, d'image avec le dernier Macron, celui des 23 millions de téléspectateurs, celui du 10 décembre qui s'était exprimé. On était au plus fort de la crise des Gilets jaunes. Là, ça n'avait plus rien à voir. Oui,
et toute la question était de savoir si le 10 décembre marquait une parenthèse, c'est-à-dire un Emmanuel Macron qui faisait un énième mea culpa, qui faisait un tournant social, dans son cadre à lui, mais dans le cadre d'Emmanuel Macron, qui lâchait toute une partie de son logiciel politique en direct, en tout cas en léger différé à la télévision. Et là, en fait, on retrouve l'Emmanuel Macron qu'on connaît depuis des mois et des mois, avant même la crise des Gilets jaunes. C'est-à-dire un Emmanuel Macron, hier soir, qui tient uniquement sur la réforme. C'est
-à
-dire que c'est sa raison d'être politique. Et donc, il explique, ben voilà, j'ai trois réformes, vous les avez citées tout à l'heure. La réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage. Et puis, la troisième, c
'est... La
constitution ? Alors,
il y a la réforme de l'État. La réforme de l'État, pardon.
La réforme de la constitution, ce sera pour un petit peu plus tard. Mais donc, il explique bien qu'il va reprendre, vous savez, il avait dit lors du 10 décembre, nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies. Et là, ce qu'il est en train d'expliquer, c'est exactement l'inverse.
C
'est-à
-dire
qu'il va reprendre le cours normal de sa politique. Et c'est ce qu'il dit en ce 31 décembre 2018. Il dit aux Français, ben, je continue comme avant. Alors, avec toute la question, il en parle d'ailleurs, qu'il va y avoir un grand débat qui risque quand même de geler toute une partie du débat politique. En tout cas, tout le débat politique sera autour de ce grand débat jusqu'en mars prochain. Donc, il y a quelque chose, il y a une injonction contradictoire, selon un terme qu'il utilise très souvent dans ce que dit le président de la République. qui dit à la fois, je continue mes réformes, mais on va faire ce grand débat.
Et on ne voit pas très bien où ce grand débat va aboutir et à quel moment, surtout, les réformes et le grand débat vont se rencontrer. Cécile Cordudet. Oui, d'autant qu'il va y avoir la lettre.
C
'est comme s'il y avait un peu des voeux en deux temps. Donc là, hier soir, on avait le sentiment qu'il parlait à son électorat de premier tour. « Rassurez-vous, je suis toujours debout, en marche, et je continue à réformer. » Et d'ailleurs, tout dans sa réflexion était la même. Quand il parle de l'assurance chômage, il dit que
c
'est pour inciter à reprendre davantage un emploi. On n'a pas changé de logiciel. Quand il parle de la réforme de l'État, c'est pour être plus efficace. Donc, c'est les mêmes termes qu'avant. Et en même temps, on va avoir cette lettre qui va introduire, comme si là, peut-être qu
'il
parlera au Gilet jaune, ou à cette France Plus, qui doute dans cette lettre pour le grand débat. Et effectivement, comment les deux vont s'articuler, comment il va prendre en compte les décisions qu'ils monteront ou pas dans ce grand débat, c'est ça qu
'on
ne
sait pas aujourd'hui. Mais comment on peut
passer d'un registre à un autre ? Comme il vient de le faire en quelques semaines, en quelques jours même, du 10 décembre à cette intervention des voeux, où on retrouve l'Emmanuel Macron au limite de la campagne présidentielle. Qu'est-ce que ça raconte du moment politique dans lequel il est ? Vous disiez à l'instant, il voulait parler à son électorat.
Il
voulait le rassurer.
Oui, et puis il ne veut pas surtout donner le sentiment que c'est fini de son quinquennat. Donc, il a engagé un quinquennat et il veut montrer que le quinquennat continue. Alors, le problème, c'est comment on juxtapose ces différentes séquences. Mais celle d'hier, elle était vraiment très claire sur on continue comme avant. Sur la forme, ça va changer, on ne
va
plus s'écouter. Mais comment ? Parce que même dans les mots qu'il avait pour les Gilets jaunes, c'était des mots assez durs, quand il dit la foule haineuse,
quand il dit je
fais un vœu de vérité, parce qu'en fait tout le monde est dans le déni de réalité. Ça veut dire qu'on pense toujours que l'État doit toujours plus dépenser.
Ça
veut dire que lui, il n'a pas, en tout cas,
il
n'a pas changé son logiciel malgré la crise des Gilets jaunes.
–
Mais est-il dans le déni sur son impopularité, sur sa capacité à réformer ? Parce que vous l'avez très bien noté, les uns et les autres. En
gros,
je reprends le fil de mon quinquennat et les réformes. Et on va y venir. À la fin de cette émission, il y a des réformes qui sont très lourdes à venir et qui nécessitent une adhésion du pays. – Je crois
qu
'il
n
'est
pas du tout dans le déni. Ce qui
est
intéressant, c'est qu'il semble avoir fait à travers ses vœux des vœux qu'il adresse à la fois aux Français et à lui-même. Un certain nombre d'expressions s'appliquent à
lui
-même. D'abord, sur le bilan de l'année 2018, il dit que
c
'est une année qui explique que les Français ne se résignent pas. Et là, il explique que moi non plus, je ne me résigne pas, très vraisemblablement. Il dit ensuite, deuxième chose,
il
dit que 2019 sera une année décisive. Bien sûr, il pense à la France, il pense aux Français et il pense à lui-même. Il sait que pour lui, 2019, avec tout ce qui va arriver, l'élection européenne, effectivement les grandes réformes, c'est décisif. Et puis, il dit une troisième chose, il faut que nous retrouvions la maîtrise de notre quotidien, mais de son quotidien aussi. C'est là où il la bascule. C'est-à-dire que lui dit, la maîtrise de mon quotidien, c'est celle que j'ai perdue depuis six mois.
Le
maître des horloges, quoi.
Voilà, où j'ai été bousculé, où je n'ai été qu'en retour par rapport à des événements qui venaient me bousculer. Là, je dis, eh bien, 2019 sera cette année où je bascule et vous verrez ce que vous allez voir. Parce que là, pour une fois, il y
avait
quelque chose d'extrêmement clair. Il y
avait
un autre point intéressant, j'ai trouvé dans ce qu'il expliquait, c'est qu'il y
avait
des mots qui étaient absents. On a parlé de gilets jaunes, le mot n'a pas été prononcé. On n
'a
pas prononcé laïcité, on n
'a
pas prononcé immigration, on n'a pas...
Immigration, pardon. Ah,
voilà. Et pouvoir d'achat. Je n
'ai
pas entendu
pouvoir d'achat. Non, pouvoir d'achat non plus.
Les mots qui fâchaient, les mots qui étaient là, les mots qui avaient fait, effectivement, cette dernière séquence un peu dure, eh bien, ils étaient un petit peu mis de côté pour essayer de faire quelque chose d'un peu plus consensuel.
Nous allons revenir dans le détail sur cette intervention, parce que c'était assez long, ou à 16 minutes pour une cérémonie de vœux, c'est assez long. C'était réussi ou pas ? On a dit hier, on a fait un c'est dans l'air, vous n'étiez pas autour de la table, mais nous en avons parlé néanmoins. Il y avait une attente, parce que le contexte, c
'est
celui qu'on connaît, que certains considèrent que le quinquennat est fini. Il y avait une attente autour de cette prise de parole du chef de l'État. Est-ce qu'il s
'est
redonné un peu d'oxygène ? Est-ce que c'était bien fait ?
C'était réussi intellectuellement. Dans la manière où il y a beaucoup de choses à débattre, il y avait beaucoup de nourriture politique apportée par le président. On va débattre, on débat déjà sur les bases de ce qu'il a dit hier. Donc en effet, oui, il a repris la main. Il a repris d'une certaine manière le contrôle un peu du terrain sur lequel le débat va se poser. Et il a une chance pour lui, ou une belle occasion, c'est que les grands chantiers qu'il a laissés ouverts, assurances chômage, chômage, retraite, et puis fonctions publiques, ça peut rentrer dans le cadre de grands débats.
D'ailleurs, l'assurance chômage est déjà en débat chez les partenaires sociaux, et la retraite avec Jean-Paul Delevoye a déjà fait l'objet d'un débat de terrain. Donc de ce côté-là, c'était réussi intellectuellement. Politiquement, on ne le saura qu'après. Avec un double curseur. Dans un an, les voeux du 31 décembre 2019, dans quel état sera-t-il ? Mais au milieu, le 26 mai, les élections européennes. Les élections européennes, c'est à la fois la première sanction électorale du quinquennat Macron, et ça sera surtout son grand chantier, son grand combat, eux contre nous, les populistes, les nationaux souverainistes, donc une partie aussi des Gilets jaunes contre le camp du progrès.
Et
on va écouter quelques phrases du président de la République. 16 minutes d'intervention, le ton a changé, on l'a dit, Emmanuel Macron a tenté hier soir de reprendre le fil de son quinquennat et le cap de ses réformes avec un message ferme, adressé au passage contre les dérives du mouvement des Gilets jaunes, morceaux choisis, avec Laurent Hirsch et Nicolas Baudry-Dasson.
Françaises, Français,
mes
chers compatriotes de l'Hexagone et des Outre-mer, fidèles à une tradition qui nous est chère, je suis heureux de vous présenter tous mes voeux pour l'année qui s
'ouvre. Le
Premier ministre, avec son gouvernement et le Parlement,
en
2018,
ont
fait beaucoup pour le pays.
Je
ne vais pas ici
tout
énumérer, les résultats ne peuvent pas être immédiats, et l'impatience que je partage
ne
saurait justifier aucun renoncement.
Le
débat national qui s'ouvre
doit
nous permettre de parler vrai.
Et
je vous écrirai dans quelques jours pour vous en préciser les attentes.
Mais
parler vrai,
c
'est parler de la réalité. À l'heure des réseaux sociaux,
du
culte de l'immédiateté et de l'image, du commentaire permanent, il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique
dans
la vérité de l'information. Reposant sur des règles de transparence et d
'éthique. On
ne peut pas travailler moins, gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses, ne rien changer à nos habitudes et respirer un air plus pur. Non, il faut tout de même sur ces sujets que nous nous regardions tels que nous sommes
et
que nous acceptions en face
les
réalités.
Nous
vivons
dans
l'une des plus grandes économies du monde. Alors, cessons, cessons de nous déconsidérer ou de faire croire que la France serait un pays où les solidarités n'existent pas, où il faudrait dépenser toujours davantage.
Nous
ne vivons libres dans notre pays
que
parce que des générations qui nous ont précédées se sont battues pour ne subir ni le dispotisme ni aucune tyrannie.
Et
cette liberté, elle requiert un ordre républicain. Elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions.
Que
certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple, mais lequel, d'où, comment, et n'étendent en fait que les porte-voix d'une foule haineuse s'en prennent aux élus, aux forces de l'ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c'est tout simplement la négation de la France.
Le
peuple est souverain.
Il
s'exprime lors des élections.
Il
y choisit des représentants
qui
font la loi. Précisément
parce
que nous sommes un État de droit.
Au
mois de mai prochain,
nous
aurons à nous exprimer sur ce choix européen
ô
combien important.
Nous
voulons en finir
avec
le sentiment d'impuissance à tous les niveaux.
C
'est une tâche d'une ampleur inédite,
mais
elle est à notre portée.
Je
nous en sais capables.
Et
c'est là que réside
cet
espoir pour 2019.
Je
suis au travail.
Fier
de notre pays. Fier de toutes les Françaises et de tous les Français. déterminés à mener tous les combats présents et à venir. Parce que je crois
en
nous. Je crois dans cet espoir français et européen que nous pouvons porter.
Alors
mes chers compatriotes,
je
vous souhaite une belle année 2019.
Édouard Lecef, en voyant ce dernier extrait, il croit aussi en lui. C'est ça ce qu'il veut nous dire
?
Évidemment. Évidemment, il a besoin de s'auto-convaincre. Alors je ne sais pas s'il a un jour perdu confiance en lui, mais en tout cas, là, il a besoin de montrer qu'avec la certitude, la confiance, la verticalité, disait Christophe Barbier, effectivement, qu'il affiche, c'est quelque chose auquel il tient, quelque chose auquel il croit. Il dit, encore une fois, on ne va pas changer. On va aller vers, effectivement, ces réformes. C'était important pour lui aussi de dire cela, de dire, effectivement, les réformes,
ça
continue. Parce que les réformes, ça a été le vrai moteur du macronisme dans le premier semestre, on va dire, de l'année 2018. Les choses se sont arrêtées, il a été bousculé. Aujourd'hui, il a besoin de remontrer, de montrer de nouveau que c'est un moteur. Mais il y a un besoin d'hybrider, sans doute aujourd'hui, son système, parce que le mouvement seul ne suffit pas, il faut des résultats. Ce qui s'est effondré au cours de
l
'année 2018,
c'est la
patience des Français.
Il l'a dit. Il y a une forme d'impatience qui s'est exprimée, c'est aussi la mienne.
Alors,
il dit qu'il partage l'impatience. Je ne suis pas certain que l'impatience des Français et son impatience soient exactement la même. Il peut y avoir des points de rapprochement, à savoir les résultats doivent arriver, mais les impatiences ne sont pas là. Il fait une forme d'amalgame entre l'impatience des Français et la sienne. Ce n'est peut
-être
pas exactement la même. Lui, il veut voir les réformes aboutir. Les Français veulent voir les résultats des réformes, les toucher.
Cette question, Macron peut-il encore être crédible, audible et rassembleur, alors que de nombreux Français rejettent fortement sa personnalité ?
Crédible, pas contre. Complètement, tant qu'il n'aura pas de résultat. Et on s'interroge sur l'absence de résultat. Est-ce que c'est seulement un problème de temps parce que la conjoncture mondiale est mauvaise ou un problème fondamental ? Sa politique n'en donnera jamais parce qu'elle n'est pas la bonne. Et là-dessus, les interrogations sur l'ISF sont venues nourrir ce débat. Audible, oui, il peut l'être. C'est difficile dans des cérémonies de vœux où les Français ont évidemment la tête ailleurs. On est le 31 décembre.
Il
y a un mois de janvier qui est un mois traditionnel de paroles récurrentes de la part de la présidente de
la
République. Et il
y
a ce fameux courrier. Là, il ne devra pas seulement être audible, il sera lisible. Donc on aura vraiment une
matière Qu'est-ce qu'il dit précisément sur ce courrier ?
Que le grand débat national serait accompagné de ce courrier. Il va écrire aux Français à propos de ce grand débat.
À
chacun d'entre nous ?
Oui, alors est-ce que ça sera par un mode collectif ? On a vu beaucoup de présidents publier des lettres à tous les Français dans la presse. Mitterrand, Hollande dans sa campagne de 2012, même Sarkozy à la fin de son mandat l'avait fait. C'est plus simple que d'envoyer un courrier personnalisé. Il y
a
aussi les réseaux sociaux qui aujourd'hui permettent de toucher beaucoup de Français d'une manière moderne, en ayant l'impression d'être dans du face-à-face. Ça suffira peut-être pas pour être audible complètement, mais ça lui permettra d'affiner sa pensée. Rassembleur, non. Rassembleur, non. Par ailleurs, faut-il être rassembleur quand on réforme, quand on bouscule un pays ? On ne peut que diviser.
Après une crise comme celle des Gilets jaunes, peut-être, non ?
Ne
pas mettre de l'huile sur le feu, ne pas creuser les fractures, certes. Mais rassembler au sens, chercher au moins 51% des Français parce qu'on a un but électoral, non, ce n'est pas possible. Il a divisé le pays, mais les divisions l'ont favorisé pendant un an et demi. Les cheminots étaient contre sa politique, mais l'opinion était avec Macron. La face des Gilets jaunes, c'est le violent retournement de cette proportion. Il peut se dire qu'il redeviendra rassembleur à la fin du quinquennat, en fonction de ses résultats, s'il en a, et puis en fonction de ses oppositions. Parce que lui ne rassemble pas, c'est évident, mais qui assemble face à lui, en ce moment, personne ?
Il
y avait un passage qu'on a revu à l'instant, qui était un des passages les plus forts de cette intervention du président de la République, et un passage, il faut le dire, quand même assez inattendu,
ciblant
les dérives des Gilets jaunes. Il dit « ceux qui prennent le prétexte de parler au nom du peuple, mais qui ne sont que les porte-voix d'une foule haineuse
».
Là,
on a le sentiment qu'il réglait ses comptes. Oui, et d'ailleurs, c'est une expression qui lui a été reprochée. Beaucoup disent même des adversaires socialistes, par exemple, comme Michel Delonnet, l'ancienne ministre dit « tout était bien dans les voeux, je souscris à tout, et je laisse de côté cette phrase sur les foulées haineuses, parce que c'est difficile d'assimiler tous les Gilets jaunes à la foulée haineuse ». Alors effectivement, il y a eu des choses inacceptables, il a raison de le rappeler. Mais on voit bien que le choix d'Emmanuel Macron, là, dans cette partie-là, précisément, c'est de dire quoi ? C'est de dire « l'ordre,
c
'est moi ». Certains ont refusé, ont désigné Laurent Wauquiez comme celui qui s'était trompé pendant cette crise des Gilets jaunes, parce qu'en tant que patron des Républicains, il aurait pu incarner l'ordre. Et en fait, il ne
l
'a pas fait, puisqu'il a revêtu un Gilet jaune, et puis il s'est retrouvé finalement écartelé dans son parti entre ceux qui soutenaient ce mouvement et ceux qui voulaient que l'ordre républicain soit rétabli très vite en France. Et donc, on voit bien qu'Emmanuel Macron, il se place du côté de l'ordre très nettement. Alors donc, il parle de foulées haineuses, il rend un hommage aux forces de l'ordre, et il met en avant l'ordre républicain. Ça, c'est un signal très très net. On sait qu'il va y avoir une manifestation de soutien à Emmanuel Macron à la fin du mois de janvier. On ne
va
pas dire qu'il essaie de réitérer ce qui s'était passé en mai 68 avec un soutien au général de Gaulle, mais il espère faire naître un petit mouvement comme ça. Alors pour l'instant, on n'en voit pas les prémices. On a juste ce rendez-vous à la fin du mois de janvier. C'est encore ténu pour l'instant, mais en tout cas, il essaie de susciter ça.
Ça veut dire
que son électorat avait besoin d'entendre cette phrase, ce genre de propos ? Je pense qu
'il se sert des débordements qu'il
y a
eu ces derniers temps, et ça explique sans doute aussi la différence de ton entre le 10 décembre et maintenant, c'est que vraiment ce qui s'est passé est inacceptable. Et il peut du coup légitimement dire « on a été trop loin » et parler à son électorat, lui parler d'autant plus que, comme pour ouvrir l'année, qu'on rentre dans un tunnel de six mois où ça va être très difficile de parler à cet électorat-là, parce qu'il va y avoir trois mois de grands débats, après trois mois d'élections européennes dont on ne sait pas trop ce qu'elle va donner. Et donc le rythme des réformes, le macronisme, il risque d'être mis un peu entre parenthèses pendant six mois.
Donc il ouvre l'année en disant « cette verticalité-là, comme disait Christophe, cette réforme, je l'incarne toujours, même si pendant six mois, vous le verrez peut-être pas. »
Ça veut
dire qu'il a considéré qu'il fermait la parenthèse hier soir ? Il a fermé la parenthèse des Gilets jaunes
? Je ne pense pas
quand même qu'il ait fermé la parenthèse, puisqu'il va y avoir ce grand débat. La question,
c
'est, je pense que vraiment, autant il ne
va
pas essayer de rassembler, parce qu'il ne peut pas rassembler tout le monde, mais de créer quelque chose de participatif, un vrai changement de méthode, comme il l'avait lui-même esquissé dans sa propre campagne, c'est ça qu'il va essayer de faire avec ce grand débat. Mais la question qui reste irrésolue,
c
'est est-ce qu'on peut entraîner le pays derrière cette politique ? C'est pour ça qu'il avait arrêté d'être participatif, parce qu'il sait très bien qu'avec un discours très libéral, on ne
peut
pas entraîner les Français, qui reste très rétif. Est-ce qu'aujourd'hui, il peut, à travers ce grand débat, le faire ? Ça va être l'interrogation de 2019.
Et dans le cercle ? Sur
la mobilisation de son camp, oui, bien sûr, c'était quelque chose de très important. On met en exergue, en permanence, le fait qu'Emmanuel Macron dispose de 25 à 30% de soutien. 25 à 30% de l'ensemble des Français interrogés, parce qu'on est sur des échantillons avec l'ensemble des Français interrogés.
Les
élections européennes, 50% de participation en général, donc mobiliser un camp, alors je ne dis pas que les 25% qui ont de bonnes opinions d'Emmanuel Macron voteront tous pour la République en marche, pour la liste de la République en marche, mais malgré tout, il est extrêmement important, dans une élection qui est peu mobilisante, d'avoir effectivement un camp très mobilisé. 25%, si vous retranchez, si vous avez 50% de participation, c'est la moitié des gens qui iraient voter. Ça ne se passera pas comme ça, mais c'est très important d'aller le mobiliser, ceux-là, et de leur dire, voilà, vous avez une échéance, et celle-là, elle est importante.
Macron à la reconquête, c'est le titre de notre émission ce soir, à la reconquête de l'opinion, c'est possible, c'est jouable ?
Vous savez, on dit, il y a cette expression que j'aime bien, qui dit, ce que tu es parle si fort, que je n'entends plus ce que tu dis. Un vrai danger pour beaucoup de politiques, et qui fait que l'image est tellement imposante qu'on le regarde, mais on n'entend pas. Pour lui, en tout cas, c'était un moment très important pour essayer,
peut
-être pas d'être convaincant, mais au moins d'être un peu entendu, d'être un peu écouté, de voir quelque chose. D'où l'idée que c'est d'abord vers son camp qu'on va avoir des leviers plus faciles, mais de là à pouvoir rebondir, c'est extrêmement compliqué. Je ne pense pas, et jamais, des voeux n'ont permis à l'opinion de rebondir positivement. Bien sûr, ça n'est pas là que ça va se faire. Mais si on commence à montrer que le mouvement est de retour, parce qu'il y
avait
des accents de campagne quand même, la campagne à venir des élections européennes, et puis la campagne présidentielle, debout, là, presque tribun, bougeant les mains, etc. Donc oui, c'est là-dessus qu'il va essayer de faire bouger les choses. Il va falloir attendre, on le disait tout à l'heure.
Qu'est
-ce qu'il fallait retenir ? 16 minutes, avec trois voeux, alors je les ai oubliés, non, vérité, dignité, espoir, la lettre aux Français, un serment à ceux qui avaient dérive du mouvement des Gilets jaunes. Quel était le message qu'il voulait adresser aux Français dans leur ensemble ? À votre avis,
Slazik
Kemener ? Je pense qu'il y
avait
vraiment le message, un message de résistance. C'est-à-dire, il y avait la question, il
y a
une question de faiblesse personnelle.
C
'est-à-dire qu'on parle beaucoup d'entourage du président de la République.
Alors,
c'est mis en exergue avec la nouvelle histoire autour d'Alexandre Benalla. Mais il y a toujours la question de son entourage politique, de sa force politique et de sa capacité de réaction dans les crises politiques. On a vu sur l'affaire Benalla, la première fois, en tout cas, la réaction a été très très longue. Sur la crise des Gilets jaunes, on a attendu très longtemps que le président s'exprime. Donc, il y
avait
besoin de recharger cette force politique-là en disant, voilà, je suis là, je suis présent devant les Français, je me tiens debout. Ça fait partie des éléments de communication, mais ça a plutôt bien fonctionné.
Je
ne
suis
pas faible, je ne
suis
pas fatiguée, je vais pouvoir réformer, je suis encore votre président. Voilà. Et il y avait une autre chose dont on n'a pas encore parlé. Et je vais préparer, et ça, c'est très important, je pense, un projet européen renouvelé. Parce qu'il sait que son projet européen, tel qu'il avait été présenté à la Sorbonne, c'était en septembre 2017, a déjà été mis à mal. C'est-à-dire qu'il devait, par exemple, avoir, obtenir beaucoup de concessions de l'Allemagne sur un budget de la zone euro, avec un parlement qu'il contrôlerait, etc. Ça n'a pas pu aller à son terme. Il voulait aussi des listes transnationales pour les européennes. On sait que ça n'aura pas lieu.
Donc, il y a beaucoup de choses qui ont été laissées de côté. Alors, il y
a
eu des avancées aussi sur les travailleurs détachés, par exemple. Mais il sait qu'il a besoin de recharger ce logiciel-là. Donc, c'est ça aussi qu
'il
disait aux Français. Il va reparler d'Europe. Il va falloir qu
'il
retrouve une nouvelle façon de parler d'Europe. Est-ce qu
'il
n
'y avait
pas
une façon, aussi, pour Emmanuel Macron, de dire aux Français « Cessez de vous plaindre
? »
C
'est de leur dire «
Nous sommes un grand pays. Nous avons des protections sociales.
»
Il dit, il part de la volonté de ne pas déconsidérer le pays. Cessant de faire croire que la France est un pays où les solidarités n'existent pas.
Les Français vivent dans un paradis en croyant que c'est l'enfer. C'est ce que disent beaucoup d'étrangers. Et donc, il y avait cette leçon adressée à ceux qui veulent toujours plus d'État mais payer moins d'impôts, travailler moins et gagner plus. Il l'a dit en ces mots. Il y avait, face aux Gilets jaunes, une leçon d'ordre républicain. Vous n'êtes pas le peuple. Il y
a
parmi vous une foulaineuse et puis il y a des braves gens mais l'ordre républicain est au-dessus de tout ça. Et puis,
il
y avait une leçon d'économie. On ne peut pas avoir plus en payant moins. On ne peut pas dépenser sans compter. Et ça, c'était asséné de manière assez brutale et ce n'était pas du tout le ton du 10 décembre. Oui, il y avait le côté « Arrêtez de vous plaindre. Ça ne va pas si mal que ça dans notre pays. On a plein d'atouts. Et
je
veux voir dans votre colère le fait que vous n'êtes pas résignés. »
Cette
pétition de principe au début de ces vœux, elle est quand même assez étrange. En quoi le fait que les gens se sont en colère prouve qu'ils ne sont pas résignés ? Oui, certains ne sont pas résignés. Ils veulent se battre pour sortir de leurs conditions et ils ont bien raison. Mais d'autres sont dans une colère aussi un peu nihiliste. On a l'impression qu
'ils
veulent casser pour casser parce que justement, ils sont résignés. Ils ne croient plus en la politique. Ils ne croient plus en la France. Ils ne croient plus en leur propre destin. Donc, c'était une phrase un peu audacieuse sur laquelle ils devraient revenir parce qu'il faut nous prouver que de cette colère de non-résignation, on peut faire une colère de construction. La canaliser dans un grand débat, c'est un point. Mais la canaliser après dans une France qui entreprend, qui travaille, qui se lève plus tôt le matin, ça ne
va
pas être
pas.
Ce ton vous a surpris ou pas ?
Ah oui. Sitôt, on a quand même fait un bon nombre d'émissions où les uns et les autres, on se demandait même si le modèle républicain n'était pas en danger.
Et
le 1er, le 31 décembre à 20h, on a un président de la République, Ragaillardi, debout, les yeux dans les yeux, qui dit aux Français « Je vais vous faire la leçon ». C'est curieux
de
l'avoir fait dans cet ordre. On aurait pu penser un président de la République très dur, par exemple, juste après le 1er décembre, quand il y
a
eu les saccages à l'arc de triomphe, « Je suis l'ordre, je ne laisserai pas faire ». Et puis, au moment des voeux, un président un peu plus patelin, un peu plus patte de velours qui vient de dire aux Français « Attendez, je vais vous donner des choses quand même, le SMIC, le pouvoir d'achat ». C'est curieux qu'il l'ait fait dans ce sens-là. D'où, voire mou, le 10 décembre, il donnait l'impression de céder, de renoncer à une partie de sa politique. D'ailleurs, il reculait sur plusieurs points. Et puis, le 31 décembre, pendant que les gens font la fête, on resserre.
Trop tôt pour la poigne, c
'est-à-dire que l'autre
leçon, c'est une leçon politique de démocratie. La démocratie, ce n
'est
pas la démocratie pour tout le monde, le peuple directement qui vote. Il est en train de cadrer les débats qu'il va y avoir dans le grand débat, justement. Il a dit, une démocratie, c'est le vote, c'est des représentants et c'est ça, l'État de droit. Donc, à mon avis, le référendum d'initiative citoyenne, qui est le grand mot d'ordre en ce moment des Gilets jaunes, voilà, ce n
'est
pas dans son logiciel de genre du goût. Il
promet des décisions, il annonce des décisions. Il annonce un travail,
une réflexion sur nos institutions. Il ne le dit pas exactement
comme ça, mais
il tient à la démocratie représentative et pas à la démocratie directe.
Il
y a aussi un petit côté de défi dans ce qu'il présente. On a dit que les Gilets jaunes, c'était le passage de la défiance au défi. On défie le président plutôt qu'être simplement en défiance. Il y
a
quelque chose de plus actif.
Il
y
a
un peu de défi, un peu de réponse du berger à la bergère. Moi aussi, je vous défie. Rien ne justifie qu'on arrête les réformes. Il le dit. Il dit rien ne justifie. Pour moi, c'est ça le point essentiel, le mot qu'il a voulu lui faire passer hier. C'est-à-dire que je vous défie un peu, je mets en avant quelques vérités, je suis prêt à vous montrer que rien ne va s'arrêter. Bien sûr, je fais quelques concessions, mais il
y a
un côté un peu de défi,
de les
yeux dans les yeux, droit dans ses bottes.
Une phrase, qui peut vous paraître énigmatique, en tout cas moi qui m'a paru énigmatique, parce qu'elle ne
l
'ouvrait pas forcément sur une réflexion de fond. Le capitalisme ultra-libéral et financier va vers sa fin. Alors ça,
c
'est un constat qu'a fait la patronne du FMI qu'on peut débattre, mais il l'a balancé comme ça au milieu de ses voeux. Est-ce que ça annonce là aussi peut-être une prise en compte de ce qui a été dit aussi pendant la crise des Gilets jaunes, c'est-à-dire une mondialisation qui ne profite pas à tout le monde et qu'il faudrait d'une certaine manière rééquilibrer ? Est-ce qu'à votre avis, cette phrase-là ouvre vers peut-être un autre logiciel économique ?
C'est curieux cette phrase, c
'est
une sorte de moment bolchevique dans son l'encusion de vœux.
Vous y allez un peu fort.
Parce
que ce
capitalisme aille vers sa fin, oui, comme tout soleil est promis au crépuscule, mais enfin, la fin pour demain matin de ce capitalisme cupide, on ne la voit pas forcément et ce n
'est
pas avec une petite taxe sur les GAFA que ça va s'arranger. Mais enfin bon, sa volonté et sa philosophie est réaffirmée. On retrouve le Macron de la campagne quand il citait souvent Amartya Sen et d'autres théoriciens d'un vrai libéralisme, d'un vrai capitalisme mais au service de la justice sociale. Encore faut-il que la France, que son gouvernement, que son président pousse à la roue pour qu'on sorte des effets de ce capitalisme pour aller vers quelque chose
de plus vertueux. Mais ça, ça veut dire
que je vous ai entendu ou pas ?
Oui, comme il l
'a
déclaré le 10 décembre que les patrons des entreprises françaises devaient payer leurs impôts en France. Bon, quand on voit Gérald Darmanin se prendre un peu les pieds dans ce système-là en se demandant comment il va pouvoir faire pour faire payer les gens concernés, on se dit qu'il y a loin de la pétition de principe à la réalité. Il parle aussi d'écologie industrielle à un moment ce qui est aussi pas un oxymore mais on va dire quelque chose qu'on n'a pas l'habitude de voir accoler ces deux termes ensemble. C'est vrai que peut-être c
'est
une référence à Marx, il a aussi fait une référence assez étonnante, une référence voulue ou pas à Freud en parlant du malaise dans la civilisation européenne. Effectivement, en disant voilà, je sens qu'il y a des mouvements extrêmement forts il dit on est perdu. Ce qu'il explique aussi et ça c'est peut-être un élément expliqué de manière un peu compliquée mais qui est important pour lui et qui veut dire ce qui se passe c'est qu'il
y a
des gens qui sont bousculés.
Il
y a des gens qui sont bousculés parce que la mondialisation, parce que l'écologie, parce que etc. Moi je vais essayer de vous ramener dans quelque chose où on reprend en main notre destin, c'est important et on va maîtriser notre quotidien. Et c'est vrai que c'est quelque chose qu'on va un peu en profondeur qu'on interroge les français au-delà du pouvoir d'achat et de l'écologie. Le fait de ne voir les choses
arriver
trop vite et de ne plus pouvoir les maîtriser est quelque chose qui est très extrêmement important. Là il a peut-être essayé de donner quelques perches pour autant les mesures qu
'il
y
a
derrière il va falloir peut-être attendre.
Juste,
vous êtes prêt
pour un cours de philosophie là, pourquoi Freud
? Alors
je ne sais pas pourquoi Freud mais malaise dans la civilisation qui en allemand s'appelle malaise dans la culture donc c'est vrai qu'il fait là sans doute référence à un moment de l'histoire avant-guerre où ça a été compliqué ou une forme de retour sur soi comme si la civilisation comme si la société en elle-même était effectivement d'un moment de malaise et qu'il fallait reconstruire les choses de manière très
profonde. Il a vu Marx,
il a entendu Freud et vous ?
Sur
l'ultralibéralisme c'est la troisième fois c'est en dernier qu'il fait une critique et notamment quand il parle d'Europe comme il a bien compris que les élections européennes allaient être compliquées il prend ses distances avec l'Europe ultralibérale en disant que lui il va essayer de construire quelque chose de plus protecteur une sorte d'entre-deux entre le socialisme et l'ultralibéralisme pour l'instant on ne voit pas trop encore et
puis en plus ça parle
aussi à son aile gauche parce que sa politique a été jugée comme libérale et je pense que cet adjectif-là ne lui convient pas gêne cette partie de la gauche macroniste et qu'il essaye de montrer qu'il est plus équilibré que
ça.
Et ça,
ça
fait partie des mesures qu'il va devoir prendre alors peut-être symbolique vous avez parlé de la taxation des GAFA s'ils vont au bout mais est-ce qu'il y a la volonté de la part de l'Elysée du gouvernement d'aller au-delà des déclarations d'intention et justement peut-être de faire quelques annonces en la matière pour montrer qu'il a peut-être entendu ou peut-être pas changé de logiciel mais au moins entendu.
C'est toute la question parce que comme le rappelait Cécile effectivement il y
a
beaucoup de petits cailloux sur sa route en ce sens il arrive au Conseil européen le 13 décembre dernier et il dit qu'on ne pourra pas faire l'Europe contre les peuples je résume je
ne
sais pas exactement ce qu'il dit et puis ensuite il explique que même s'il a un projet européen il ne voudrait pas justement aller contre ce que veulent les Français donc il y a des petits cailloux comme ça sur sa route mais pour l'instant on n'a absolument aucune mesure qui permette de dire que ces déclarations d'intention vont plus loin que ça mais effectivement au fur et à mesure on va les collationner ces annonces et il va falloir qu'il y ait quelque chose au bout parce qu'il commence à créer une attente justement en étant sur des interventions régulières sur ce thème-là.
En tout cas Alain Juppé a été l'un des seuls à féliciter publiquement le président de
la
République pour ses voeux aux Français l'opposition d'une manière générale vous allez voir ne fait pas dans le détail et cible sans ménagement le chef de l'État Juliette Ballon Céline Martin et Thomas Buyer
Les
voeux d'Emmanuel Macron une allocution présidentielle très attendue par les Français mais aussi bien sûr par ses adversaires politiques
sans
surprise la plupart n'a pas été convaincue par les propos du chef de l'État
pour
la France Insoumise c'est d'abord un président moralisateur qui est apparu hier soir
J
'ai été surpris ce soir de voir le président de la République avec son ton de donneur de leçons qui a été vraiment prégnant pendant toute la durée de son allocution c'est-à-dire qu'il entendait utiliser cette séquence des voeux pour la nouvelle année comme une occasion de passer un savon à la France mobilisée contre sa politique Tout ça est une formidable opportunité pas une menace or Emmanuel Macron a l'air de considérer ça comme une menace qu'il veut mater
Du
côté du Rassemblement National on déplore un discours décevant en plus de l'expression foule haineuse employée par Emmanuel Macron qui ne passe pas
Je l'ai entendu pointer du doigt les gens traités de foule haineuse certains traités de menteurs d'autres il a essayé de diviser les Français je crois que c'est pas une bonne chose moi j'attendais de la part du chef de l'État une vision stratégique une grande vision pas de vision une remise en question de son modèle de ses décisions rien aucune remise en question
pas
de remise en question du président c'est visiblement ce qui choque aussi le député socialiste Boris Vallaud qui préfère ironiser sur Twitter
débattons tous ensemble de la ligne que j'ai décidé tout seul de ne pas changer
pour
Roger Carucci sénateur les républicains une seule question se pose désormais après ce discours du nouvel an celle de la crédibilité du président auprès des Français
tout le problème c
'est
de savoir s'il n
'a
pas déjà un boulet au pied et qu'il ne peut plus bouger
ou
s'il a encore la capacité d'avancer bien des réformes sont prévues en 2019 est-ce qu'il a encore une majorité
solide est-ce qu'il a encore dans le pays l'opinion suffisamment favorable pour avancer parce que les réformes c'est rarement très populaire ça on le verra dans
les semaines qui
viennent
également interrogé sur les voeux d'Emmanuel Macron le porte-parole de Debout la France dénonce un manque de propositions concrètes face aux attentes des Français et avance une solution radicale
je pense qu'il est obligé de revenir devant les urnes par exemple en soumettant son projet de sortie de crise les mesures qu'il a annoncées et son débat national à référendum pour que les Français lui disent oui ou non on veut continuer dans cette direction avec vous ou éventuellement par une dissolution de l'Assemblée nationale s'il y est contraint et s'il n'entend rien d'ici là c'est les élections européennes qui seront le moment de sanctionner la politique du président
face aux coups portés par l'opposition depuis hier soir la majorité défend fermement l'allocution du chef de l'Etat allant même jusqu'à justifier ce matin certains de ses propos très critiqués
il
y a d'un côté un mouvement social qui a existé
qui
a été entendu des réponses des premières réponses ont été apportées et ensuite incontestablement
il
y a eu tout de même des actes effectivement haineux
non
seulement à l'égard du président de
la
République mais à l'égard de nombreux élus à l'égard d'un certain nombre d'organes de presse et qui dépassent les limites du débat républicain ou de la protestation sociale
au
delà de son camp l'un des rares hommes politiques à complimenter le président s'appelle Alain Juppé
excellente intervention du président de la République dans la forme comme sur le fond le cap est donné bonne année à la France
grillant la politesse au président de la République son prédécesseur François Hollande a lui souhaité ses voeux aux français deux heures avant Emmanuel Macron avec un conseil qui semble adressé au chef de l'État en souhaitant au pays de dialoguer pour retrouver son unité
Juste
il a vraiment grillé la politesse François
Hollande il a le droit il n'y a pas d
'horaire il n
'y a
pas d'embargo pour les leaders politiques c'était d'ailleurs les années précédentes rappelez-vous souvent le cas on voyait des leaders poster des vidéos avec leur cuisine derrière ou l'endroit où ils étaient en vacances pour essayer d'attirer à eux un peu d'attention avant les voeux du président ce qui est intéressant de la part de François Hollande c'est qu'il met égalité égalité dans son message de vœu c'est-à
-dire
il reste lui socialiste complètement socialiste dans son objectif il se détache idéologiquement complètement de celui qui fut quand même son ministre de l'économie c'est lui qui l'avait nommé
mais on voit que le soutien le plus franc le plus net le plus assumé outre évidemment les élus de la République en marche c
'est
Alain Juppé
oui
c'est très net parce qu'Alain Juppé il a l'oeil sur le 26 mai prochain sur les européennes et c'est les européennes les européennes les européennes on sait qu'il a envie que la liste Macron alors on n
'en
connaît pas encore exactement les contours ni même la tête de liste on ne la connaîtra visiblement pas avant avril mais il a envie qu'elle l'emporte et on sait que c'est vraiment le but du maire de Bordeaux donc c'est pour ça il ne sera jamais dans la critique aujourd'hui vis-à-vis d'Emmanuel Macron et non plus vis-à-vis d'Édouard Philippe mais pour des raisons évidentes qui sont des raisons d'amitié d'estime ancienne donc la critique ne viendra pas d'Alain Juppé ça c'est
sûr pourtant elle était sévère elle a été exprimée par l'ensemble des autres parties d'opposition on entendait Richard Ferrand à l'instant dire ce mouvement social qui a existé
oui
c
'est en fait
considérant que la parenthèse est terminée
oui c'est vrai qu'à plusieurs reprises on a entendu Emmanuel Macron un peu plus tôt il y a quelques jours dire en parlant des réformes enfin en tout cas des éléments qu'il fallait donner pour que le mouvement des Gilets jaunes s'arrête c'est maintenant chose faite comme si on était dans quelque chose voilà la page est tournée et ça explique d'ailleurs une partie du ton c
'est une erreur et dans le cerf à votre avis
c'est certainement une erreur de penser que les choses sont terminées ce serait l'erreur principale que de considérer que même les 10 milliards même une somme très importante va faire s'arrêter ce qui était à l'origine parce que comme il le dit lui-même cela vient de loin si ça vient de loin on ne
l
'arrête pas d'un coup et on prend en compte tous ces éléments là donc ce serait une erreur formidable que de dire avec quelques mesures aussi importantes soient-elles je vais stopper ce mouvement là alors il y a le grand débat on en a parlé ce grand débat pour lequel il a aussi repris la main parce que lorsqu'il dit le grand débat je vais vous écrire une lettre afin d'en fixer les attentes c'est-à-dire qu'il reprend aussi la main alors c'est vrai que c'est lui qui l'a initié ce grand débat mais il dit je vais voir les attentes donc maintenant vous allez effectivement débattre discuter c'est important mais les attentes c'est moi qui les fixe je veux vous dire ce qu'il va y avoir à sortir de cet évent là donc oui bien sûr il ne
faut
pas faire cette erreur là d'oublier le mouvement social et il faut faire attention dans la manière dont va être maîtrisé ce grand débat et la manière dont on va en sortir quelque chose de tangible ou pas
il
faut donner le sentiment que ça reste ouvert et que les français eux-mêmes peuvent s'approprier
ce moment là le
fait même de parler est très important parce que c'est quelque chose qu'on entend régulièrement les français dire on a envie de s'exprimer mais c'est aussi la manière dont ça va être agrégé et dont des décisions vont sortir de là qui vont être extrêmement importantes ça peut faire un énorme flop à la hauteur de l'énorme attente
on
entendait des responsables politiques assez véhément à l'endroit d'Emmanuel Macron notamment la France insoumise si on fait de pas en arrière et qu'on regarde l'ensemble de la classe politique au lendemain de cette crise des gilets jaunes et au moment de ses voeux on voyait la France insoumise au début du reportage qui a beaucoup bataillé pour être aux avant-postes de cette crise là est-ce qu'ils sortent ragaillardis les
uns et les autres
? Non, personne sauf
peut-être
Marine Le Pen c'est pour ça qu'ils sont encore aussi violents contre Emmanuel Macron parce qu'ils ont bien compris que là il y avait une sorte de consensus assez large en tout cas dans le pays contre la personne du président donc ils surfent là-dessus mais non c'est une des grandes caractéristiques de ce moment c'est que le pouvoir est apparu affaibli mais que les oppositions sont apparues tout aussi faibles d'où ce sentiment un peu d'angoisse de vide qu'est-ce qui se passe quand le monde politique est aussi fragile ? Vous dites Marine Le Pen qui
en profite ça se voit dans les sondages ou pas ?
Ça se voit un peu dans les sondages ça se voit dans les intentions de vote où le FN effectivement lorsqu'on se projet dans les européennes est là mais ce qui est intéressant c'est que Marine Le Pen on parle de Marine Le Pen sans doute un des éléments de stratégie qui a le mieux fonctionné pour Marine Le Pen c'est de ne pas se mettre elle en avant c'est-à-dire de considérer de montrer la vague pour ensuite pouvoir la surfer dire regardez elle est importante elle ressemble à ce que ce que je dis ce que j'aime mais c'est là où a été sans doute stratégiquement le point important c'est de dire ça n'est pas moi c'est un mouvement et ensuite pouvoir éventuellement l'embrasser
Un
mot sur le gouvernement et le Premier ministre qui ont eu droit
à
un hommage c'est-à
-dire
qu'on a beaucoup entendu Emmanuel Macron dire je il y a moi et le peuple il y a les Français et le Président de la République et là on a eu un Président qui a fait une espèce de bilan de son action politique en disant alors je ne
sais
pas si c'est anecdotique vous allez me le dire mais le Premier ministre et le gouvernement ont mis en place alors il a parlé de la réforme du ferroviaire de la réforme du travail ça veut dire quelque chose ou c'est anecdotique à votre avis Christophe Barbie ?
C
'est important d'appuyer sur un bilan montrer que des choses ont été faites mais c'est faible ça a d'ailleurs raté un moment très très court dans le discours du Président de la République parce qu'il ne peut pas appuyer sur ce socle sa volonté de continuer il doit changer le mouvement des Gilets jaunes a complètement cassé ce premier élan moi j'ai du mal à imaginer par quelle baguette magique ou par quelle flûte enchantée Edouard Philippe pourrait reprendre la tête de la majorité en n'étant pas cabossé il a quand même laissé beaucoup de plumes ce premier ministre dans le conflit puisque c'est lui qui a porté d'abord la parole dure nous ne changerons pas ni les taxes ni rien c'est une bonne politique puis le retournement c'est le métier d'un premier ministre mais encore faut-il survivre à cela j'ai trouvé que l'hommage d'hier était un peu le minimum syndical de la part de Macron
un président qui sait Il aurait pu en faire
plus étant donné tous les coups qu'a pris le premier ministre
non il ne peut pas en faire plus parce que ce n'était pas le sujet d'hier le sujet c'est la France face à Macron c'est les gilets jaunes face à Macron sur les pancartes on voit Macron démission le problème c'est un président qui n'est plus écouté qui n'est plus jugé légitime par une partie des français alors ça n'empêche pas Macron de continuer à être le président de tous les français et de terminer son mandat mais il sait qu'après les européennes sanctions électorales il devra se poser la question d'un changement de gouvernement
il n'y a pas
eu un mot sur les oppositions il n
'y a
pas eu un mot sur cet adversaire politique ça n
'est
plus le sujet les
oppositions il les a incluses dans ce passage sur la foule haineuse quand il dit les porte-paroles les porte-voix il vise évidemment quelques leaders qui ont dérapé que ce soit ceux qui font des quenelles ou ceux qui veulent un poutch et une transition militaire mais il visait aussi les
présidents
de partis ou les dirigeants de partis qui
ont jeté lui sur le feu
aujourd'hui même vous avez Jean-Luc Mélenchon qui rend un hommage dithyrambique et un peu délirant à Éric Drouet par rapport à son homonyme Drouet de l'épisode révolutionnaire de la fuite à Varennes on voit bien qu'il y
a
une tentative de récupération de la mythologie des gilets jaunes par des politiques qui ont été complètement dépassées complètement débordées c'est ceux-là aussi que visait Macron sans les nommer
Éric Drouet c'est celui qui voulait aller chercher
rentrer à l'Elysée
chercher Emmanuel
Macron
alors
là aussi le message se voulait clair pas question de ralentir encore moins d'enterrer les réformes prévues lors de la campagne électorale assurance chômage retraite réforme de l'Etat révision constitutionnelle Emmanuel Macron malgré son impopularité et un climat qui reste malgré tout éruptif a voulu convaincre qu'il comptait bien reprendre le cours de son quinquennat alors que cette nouvelle année s'ouvre sur un gros très gros chantier le prélèvement à la source Paul-Rémy Barge-Lavelle Ilana Azincott
C
'est le début d'une nouvelle ère pour le contribuable français
après
des
mois
de travail le prélèvement à la source entre en vigueur au mois de janvier
une
mesure qui ne tombe pas au meilleur moment dans un climat de ras-le-bol fiscal
le
gouvernement joue gros donc
dès
le début de l'année
Je
n'ai aucune crainte et pour la bonne et simple raison d'ailleurs que l'impôt d'aujourd'hui l'impôt à la papa si je veux dire l'impôt d'hier bientôt l'impôt sur le revenu tel qu
'on
le payait jusqu'à présent avait beaucoup d'erreurs il y avait 3 millions d'erreurs tout est prêt je réunis d'ailleurs chaque semaine depuis désormais le mois d'août toute mon administration on y travaille beaucoup nous avons fait 8 millions de tests sur
les feuilles de salaire
beaucoup
de tests pour ne rien laisser au hasard
car
Emmanuel Macron veut poursuivre ses grands chantiers
l
'un d'entre eux est une promesse de campagne
la
réforme constitutionnelle
Emmanuel
Macron souhaite diminuer d'un tiers le nombre de parlementaires introduire 15%
de
proportionnel pour les élections législatives
et
limiter le cumul des mandats
mais
le mouvement des gilets jaunes a rebattu les cartes notamment avec l'irruption du référendum d'initiative citoyenne
leur
revendication phare depuis le mois de décembre
ça
permet en fait à tous les citoyens de pouvoir s'exprimer et de peut-être faire bouger des choses qu'on n'accepte pas
Stanislas
Guérini délégué général de la République En Marche s'est dit favorable à un débat mais il met en garde contre ce type de consultation directe simplement je veux le dire clairement je veux pas que demain on puisse se réveiller avec la peine de mort dans notre pays parce qu'on aura eu un référendum d'initiative citoyenne parce que Laurent Wauquiez un jour se sera réveillé en disant mais tiens si on faisait la castration chimique pour les délinquants sexuels c'est une idée qu'il a déjà mis dans le débat annoncé à l'Assemblée nationale à partir du 14 janvier
l
'examen de la réforme constitutionnelle devrait être repoussé après le grand débat national à la fin du mois de mars
la
lettre de cadrage elle ne parle que de baisser les droits des chômeurs donc en ce qui nous concerne nous venons avec nos propositions et la lettre de cadrage nous allons la déchirer en petits morceaux
Une
feuille déchirée pour un début de négociation compliqué sur la réforme de l'assurance chômage
Depuis
l'automne les organisations syndicales et patronales se consultent sur cette réforme dont le but est en partie d'économiser entre 3 et 3,9 milliards d'euros sur 3 ans
Les
partenaires sociaux discutent
mais
ne s'entendent pas
Dans
ce pays la croissance c'est la consommation des ménages qu'il a fait et si on prive son prix de revenus des milliers de demandeurs d'emploi ils ne consommeront plus et donc on enverra d'autres au chômage ça c'est pas possible pour nous aujourd'hui
On nous remet le projet d'une taxation des
contrats courts dans un système à la fois complexe et illisible qui va annoncer une espèce de punition qui sera faite aux chefs d'entreprise
Edouard Philippe leur a laissé jusqu'au mois de février pour trouver un compromis avant de reprendre la main sur ce dossier
L
'attitude de Macron à l'égard des retraités est une véritable attitude de mépris que l'on ne pourrait accepter
Autre réforme déjà repoussée elle aussi celle des retraites
Le
chef de l'Etat souhaite fusionner la quasi-totalité des régimes existants
Les
contours de la réforme sont encore à dessiner mais elle inquiète déjà
Sachant que ça va être par points et que chaque année la valeur du point va baisser ou augmenter on va être dans l'incertitude nous qui sommes jeunes je ne
sais
pas qu'est-ce qu'on aura demain comme retraite
Le projet de loi ne devrait pas voir le jour avant le deuxième semestre Déjà dans la ligne de mire des retraités Emmanuel Macron va devoir faire preuve de pédagogie sur ce dossier potentiellement explosif
Alors
sur ce dossier potentiellement explosif il a été extrêmement clair
Oui
la réforme aura lieu elle est en cours et plus qu'une réforme c'est quand même un changement de système qu'il nous promet quand on écoute Jean-Paul Devoix qui mène la réforme des retraites on entend ça on entend on va passer un nouveau système qui ne sera plus le seul système les actifs d'un moment payent pour les retraités du même moment mais chacun construit sa retraite
en
fonction de l'avenir et en fonction de ce que l'on aura fait on aura droit à avec ce mystère sur la valeur du point c'est vraiment là une
révolution ça ne coûte rien de nous dire
est-ce que on sait bien que le calendrier a été modifié depuis à plusieurs reprises sur la réforme des retraites repoussé naturellement ça ne coûte rien le 31 décembre pour faire plaisir à son électorat de dire la réforme des retraites on la fera
oui
mais au bout du quinquennat on va quand même se retourner sur ce qui a été dit et on va voir ce qui a été fait la réforme aura-t-elle été adoptée avec un calendrier de toute façon qui la fera entrer en vigueur très lentement puisque dans les projections on voit que la réforme si on passe à ce système par points ne sera vraiment complète qu'en 2040 quand un certain Emmanuel Macron aura lui-même atteint l'âge de la retraite donc vous voyez c'est une réforme vraiment à long terme mais il faudra quand même avoir acté ce changement de système sinon ça sera un véritable échec repoussé de quelques mois c'est pas grave le système actuel continue il fonctionne
c'est pas
mal et ça permet à Macron de laisser les autres camps notamment la droite sur les vieux systèmes c'est-à-dire on allonge la durée de travail on allonge la durée de cotisation les vieilles recettes
il a cité la réforme de l'assurance chômage il a cité la réforme des retraites
il
a évoqué les institutions alors là aussi de manière un peu floue qu'est-ce qu'il fallait comprendre
alors toute
la question vous avez repris le verbatim le
verbatim pour ne
pas
dire de bêtises il dit j'aurais sur ce sujet des décisions à prendre car d'évidence nos institutions doivent continuer à évoluer mais ce qu'on ne sait pas c'est est-ce qu'il parle de la réforme qui était en cours qui avait été ajournée suite à l'affaire Benalla c'était au parlement en juillet dernier qui devait revenir à l'assemblée là en janvier et qui a encore été décalée elle
n
'est plus à l'ordre du jour donc est-ce qu'il parle de ça ou est-ce qu'il ouvre une porte en disant vous parliez tout à
l
'heure du référendum d'initiative citoyenne je ne pense pas qu
'il
soit question de ça mais est-ce qu'il ouvre une porte en disant est-ce que dans le grand débat il peut se passer quelque chose qui ferait que j'intégrerais cette proposition il a parlé du vote blanc déjà le 10 décembre est-ce qu'il peut ajouter autre chose et est
-ce
qu'il peut ajouter autre chose qui suffirait à combler la soif de démocratie nouvelle qu'ont exprimé les gilets jaunes qui
est indéniable
cette question qu'en est-il de la réforme de l'état n'est-elle pas un chantier prioritaire
oui
il l'a cité hier il ne cite plus la réforme de la fonction publique parce que ça vous savez c'était faire partir enfin changer les contrats prendre plus de personnel contractuel pour un peu venir à bout du statut de la fonction publique donc ça manifestement s'est repoussé et là il n'en a pas parlé peut-être qu'ils ont peur des fonctionnaires en revanche de la réforme de l'état de la réforme des services publics dans
la réforme
de l'état il y
a
la baisse du nombre de fonctionnaires
oui
il y a les 120 000 fonctionnaires en 5 ans normalement et il y a une rationalisation et il y a peut-être une réforme des grands corps aussi manifestement il réfléchit beaucoup à ça donc voilà là-dessus il a envie manifestement de continuer à avancer la question des réformes et la question de l'opinion est aujourd'hui quelque chose de beaucoup plus compliqué qu'il y a 6 mois il s
'est
passé deux ruptures au cours de l'année 2018 la première rupture c'est qu'en début d'année vous avez des français qui considéraient que les mesures ou les réformes à mettre en oeuvre même si elles étaient injustes étaient nécessaires et Emmanuel Macron lui-même lorsqu'il est interviewé sur les chaînes étrangères dit je suis impopulaire parce que je mène des réformes compliquées
il
y a eu une rupture parce que les réformes ont été considérées comme tellement injustes qu'elles ne venaient plus nécessaires on a 70% des français qui considèrent que ce qu'essaye de mettre en place Emmanuel Macron aujourd'hui est à la fois injuste et pas nécessaire donc ça c
'est
une première réforme le premier impact deuxième impact celle directement liée aux gilets jaunes 70% toujours auprès des français considèrent que cela va ralentir complètement la capacité de réformer donc ce qu'il nous a dit pendant les voeux c'était naturellement je veux continuer je dois continuer et rien ne m'arrêtera mais malgré tout c'est un élément sur lequel il y a aujourd'hui une vraie tension de la part de l'opinion il
y a
un élément aussi qui est très intéressant à noter c'est que les gilets jaunes
ce
n'est pas une réaction à une réforme
c
'est une réaction à une décision ce n'est pas une réaction à une réforme parce que les réformes c'est complexe parce que ça met en jeu des gens qui sont oui j'y vois quelque chose pour moi j'y vois pas quelque chose pour moi ça prendra du temps etc c'est intéressant peut-être qu
'il
peut aussi jouer là-dessus les gilets jaunes ce n'est pas la suite d'une réforme la SNCF n'a pas créé les gilets jaunes donc il y a là sur l'opinion des éléments un peu plus complexes quand
même la
transition écologique un petit peu quand même et c'est vrai que là il parle beaucoup de la transition
écologique
mais on voit mal comment il peut réamorcer quelque chose
là aussi il donne le sentiment de vouloir
reprendre
le fil de son quinquennat il en a parlé mais il n'a pas
donné les clés en disant comment l'année 2018 c'est terminé par une grosse concession salariale faite aux policiers nécessaire tout le monde l'a applaudi mais ça peut aussi allumer des brasiers dans toute une série d'endroits de la fonction publique donc je pense que derrière sa prudence vis-à-vis de cette réforme il y
a
aussi cette volonté là
est-ce
que sa majorité est prête ? toujours prête ? est-ce que là aussi le climat a changé par rapport à ce qu'on Macron même de
l
'année dernière je
vois
qu'il
soit
barbier de dire non il va être très décevant de sa majorité parce que les députés dans l'affaire des gilets jaunes n'ont rien compris ils ont couru derrière ils ont eu beaucoup de mal à expliquer à défendre le gouvernement et ils se sont réveillés un peu tard et hier après les voeux typiquement ce type de message long, complexe, riche ça demande un service après-vente ça demande une armée de parlementaires ou même de ministres sur le terrain pour reprendre le discours ça
se faisait comme ça avant en tout cas ça
se faisait comme ça avant hier on a eu les trois préposés habituels au panégyrique du président pour dire que c'était un grand président et que ce qu'il avait dit était très bien on n'a pas eu ce service après-vente alors peut-être que le 1er janvier l'année ne s'arrête pas là ils vont peut-être pendant le mois de janvier tous ces parlementaires tous ces ministres pouvoir dérouler cela mais on a vraiment l'impression d'une déconnexion entre un président qui bouge, qui réagit qui change de tactique qui nous surprend et derrière des équipes qui ne sont pas mues qui ne sont pas organisées qui
n'y croient plus Christophe
Barlier
non
je ne crois pas je pense que la plupart des parlementaires croient encore que c'est la bonne politique et sont un peu dépités de voir une majorité des français laisser tomber le président et ne pas le soutenir ils ont intellectuellement foi dans le président ils sont politiquement dans le doute vis-à-vis de ce président et vis-à-vis d'eux-mêmes et ils sont sociologiquement quand même cette majorité déconnectée un peu de l'ensemble de la majorité des français c'est une petite partie de la population cette France d'En Marche ce n
'est
pas toute la population et avec la crise des gilets jaunes les parlementaires ont vécu quelque chose qu
'ils
n'avaient pas connu jusque-là et encore une fois ils ont été élus la plupart du temps relativement facilement ils sont arrivés effectivement avec l'étiquette En Marche ce qui leur a permis d'accéder au Parlement et là ils ont vécu et on l'a lu dans les journaux et quotidiennement ceux qui redescendaient j'allais dire dans les provinces et qui allaient se confronter à quelque chose qui n'était vraiment pas habituel donc là naturellement ça met un doute
il
faudrait que demain lorsqu'ils retourneront sur les marchés les français soient un peu plus à l'écoute et un peu moins dans l'opposition c'est ça qui fera la capacité de cette majorité à tenir après ça tenir voter voter les réformes elle le fera moi je pense que encore une fois elle a montré plusieurs fois que malgré les difficultés elle est là elle est derrière et puis ils vont se souvenir aussi d'autres choses c'est que encore une fois Macron il a une force c'est qu'il a encore 85 à 90% des sympathisants de La République En Marche qui le soutiennent il
a son
socle
il garde son socle son socle de premier tour qui est là qui est parfois un peu perturbé mais qui reste là sinon on ne serait pas à 25% on serait à 12
% à
la même époque ses prédécesseurs étaient à des niveaux similaires
alors ses prédécesseurs on ne
peut
pas tous les mettre au même niveau
il est
à peu près équivalent à ce qu'était François Hollande à peu près à la même époque c'est à dire que dans la dernière mesure Emmanuel Macron gagne un point et se retrouve à peu près dans les niveaux de François Hollande il est un peu en dessous de ce qu'avait Nicolas Sarkozy on est très loin de ce qu'avaient les précédents présidents
c
'était une autre époque on a tendance à dire c'était il
y
a très très longtemps
et
il a enrayé la chute à votre avis de voir le cerf avec ce qui s'est passé le 10 décembre et peut-être le message qu'il a adressé hier soir en particulier à son électorat comme vous nous l'avez expliqué
alors la manière dont s'est passé ce gain d'un petit point qui ne veut rien dire c'est qu'à gauche ça continue à baisser à droite ça s
'est
un peu restauré mais c'était aussi dans les gilets jaunes ça va s'arrêter ça
va se
calmer et donc le retour un peu d'ordre qui a fait que les sympathisants de droite se sont un peu remis derrière un soutien à Macron
et nous revenons maintenant à vos questions Macron doit-il redouter de voir poindre des gilets jaunes à chacune de ces réformes éminemment impopulaires c'est ce qu'il craint sans doute oui bien
sûr d'autant que la pression physique des gilets jaunes est toujours très importante en province c'est-à
-dire
que quand vous allez en province il y a effectivement les ronds-points mais il y a aussi la pression des voitures c'est-à-dire que beaucoup de voitures ont encore un gilet jaune soigneusement plié sur un coin du tableau de bord mais ça c'est une pression permanente et il y en a beaucoup
et vous parlez de la province il a dit hier soir Emmanuel Macron j'ai grandi en province je connais ses territoires
oui il cherche à se rapprocher maintenant de cette France-là il cherche aussi à regrouper la France des non-gilets jaunes toute cette majorité silencieuse qui en a eu un peu assez du mouvement mais qui ne s'est pas exprimé est-ce que ça sera le rassemblement dans la rue le 27 janvier est-ce que ça sera les sondages est-ce que ce sera le rendez-vous du vote en tout cas il a parlé beaucoup hier à ceux qui considèrent que ce mouvement ça suffit il faudra que demain s'il y a des revendications des manifestations que les gens que nous parlions des gilets jaunes enfin de certains gilets jaunes et ne pas de le
mouvement dans son ensemble n'existe plus en tête mais
des gilets jaunes effectivement c'est ce qu'il essaie de faire depuis le début effectivement faire une scission à l'intérieur de ce mouvement effectivement un peu large avec multiples revendications et sans réel leader et là s'il y a oui il y aura des gilets jaunes mais est-ce qu'il y
aura
les gilets jaunes c'est là où toute la différence
faut
-il attendre un taux d'abstention record pour ces élections européennes de 2019 en général il y a un
fort record par rapport aux
autres autres élections c'est une des élections les moins participantes sauf quelques référendums ou sauf des élections mais oui c'est une élection moins participante un français sur deux en général se déplace
si
on est au-dessus de 50% ce sera déjà un peu mieux que les fois précédentes
et
c'est la première fois que l'élection européenne est la première élection du mandat d'un président c'est le premier rendez-vous électoral ça peut donner une mobilisation négative ou positive mais ça peut inciter les gens à voter
il a plutôt d'ailleurs invité les uns et les autres à s'exprimer lors de ce scrutin-là y compris ceux qui n'étaient pas d'accord avec sa
politique il ne fuit pas le rendez-vous européen et puis il en fait une sorte de rendez-vous binaire le CE ou nous les populistes ou les progressistes et c'est assez courageux c'est assez téméraire mais ça veut dire qu'au lendemain du résultat si c'est négatif pour lui il faut qu'il en tire les conclusions qu'il change de gouvernement qu'il change encore de politique
Quid des aides réclamées par les artisans les commerçants les PME les TPE
Ce
que Christophe disait tout à l'heure c'est la boîte de Pandore tout le monde va demander quelque chose
Mais
ils étaient aussi parmi les Gilets jaunes
Oui
et ça a été toute la difficulté d'ailleurs sur la question du SMIC parce que comme il y
a
beaucoup de petits artisans et de PME ils n'étaient pas très favorables à une augmentation du SMIC et ils auraient conduit à augmenter leurs salariés donc c'est toute la complexité de ce mouvement où il y a effectivement une dimension très poujadiste Il a peu parlé d
'économie Hier
soir ? Oui De macroéconomie ? Ben si Quand il dit on est dans le déni de réalité on ne peut pas dépenser à tout va il faut continuer les réformes et
il fait de l
'économie Et le climat dans tout ça
?
Ça vous fait sourire ?
Il y a fait une allusion quand il dit on ne pourra pas garder nos modes de vie et respirer un air plus pur Il montre bien que son cap de transition écologique est maintenu Quand il évoque l'écologie industrielle il essaye de brancher deux idées le fait qu'aller vers plus d'écologie ça puisse donner plus de croissance et plus d'emplois cette fameuse croissance verte avec une expression un peu en effet oxymore Donc elle est toujours là en filigrade mais aujourd'hui ce n'est plus le discours qu'on peut mettre en vitrine parce qu'on sort de la crise des gilets jaunes qui était une crise contre l'augmentation des taxes Et
pourtant
il y
a
eu la pétition qui a recueilli tellement
de signatures
mais il n'en a pas du tout fait allusion Mais il ne peut pas oublier un sondage de BVA qui a montré qu'à la fin de l'année dernière on va parler de
l
'année dernière il y a deux préoccupations qui par rapport à un an plus tôt avaient progressé de 17 points c'était un le pouvoir d'achat deux l'environnement Les deux ont progressé alors le pouvoir d'achat devancé effectivement et cet élément là il ne peut pas l'oublier parce que c
'est quand même présent Ça fait partie des
thématiques du grand débat
Alors ça fait partie des thématiques
Ça devait être la seule mais
ça ne l'est plus Non Ça devait être la seule et ça ne
l
'est plus il va falloir qu'il en tienne compte aussi
Aucun mot ça c'est sûr on est tous d'accord là-dessus Sur l'affaire Benalla Est-ce normal le président n'a-t-il pas fait vœu de vérité
?
En général lors des vœux ce n
'est
pas le moment où les affaires personnelles qui concernent le président ou la présidence sont évoquées Ça on peut trouver de multiples exemples Mais c'est vrai qu'il manque à Emmanuel Macron et ça c'est récurrent et on le dit on le dit très souvent un moment où il serait confronté à des interrogations à du questionnement de journalistes et c'est ce qu'il refuse de faire sauf à de très rares exceptions et c'est
vrai
que c'est plutôt dans ces moments-là que ces sujets-là sont évoqués
Oui
Mais le président doit maintenant attendre le double temps de l'affaire Benalla Le temps de la commission d'enquête sénatoriale qui a commencé le 23 juillet et qui se termine le 23 janvier donc il
y a
encore des épisodes possibles et il y aura un rapport qui sera remis inspiré par la droite puisque la droite est majoritaire au Sénat Et puis le temps le plus important celui de la vérité judiciaire Les trois juillies d'instruction vont terminer leur travail elles vont peut-être renvoyer Benalla devant un tribunal il y aura peut-être un procès Benalla dans 6 mois dans 9 mois dans un an et là on aura une vérité la vérité judiciaire Le président de la République doit attendre ce moment-là
Les socialistes demandent la réunion d'une nouvelle commission
Si c'est une nouvelle commission d'enquête à l'Assemblée nationale celle-là connaîtra le même sort que la précédente c'est-à-dire un charivari politicien et sans doute une explosion en vol Celle du Sénat est suffisante pour que le travail parlementaire qui est limité par rapport à un travail des juges puisse participer au débat Ce qui serait bien du côté de l'Elysée c'est que le président fasse ce qu'il a promis à l'été dernier une vraie réorganisation Il était censé avoir quelqu'un qui arrivait un certain Jérôme Rivoisi il est sans doute arrivé Est-ce que ça a changé l'ordre des choses au cabinet élyséen ?
Est-ce que ça a changé le dysfonctionnement de communication l'influence des technocrates la monopensée monocolore d'une équipe qui a fait la victoire c'était formidable mais qui depuis dans l'exercice du pouvoir s'est épuisée s'est éteinte le président devrait changer complètement son équipe pour aborder cette nouvelle année
Certains Gilets jaunes demandent le Frexit ce thème sera-t-il abordé lors du grand débat
? Sans
doute par certains d'entre eux mais c'est tellement minoritaire dans l'opinion que alors ça peut être un peu plus concentré au sein des débats Certains en plus s'exprimeront de manière assez forte
mais
aujourd'hui le Frexit c'est une idée que M. Asselineau continue à mettre en avant C
'est très
minoritaire dans l'opinion
Qui
reste très minoritaire dans l'opinion et en plus on va avoir très rapidement des résultats très concrets de ce qui se passe avec le Brexit qui risque encore une fois pour certains de faire reconsidérer même leur position à l'égard du Frexit et encore une fois c'est très minoritaire
Quid
du leader de la droite Laurent Wauquiez que pense-t-il de l'intervention d'Emmanuel Macron ? Est-ce que vous l'avez entendu vous le renvoquiez hier il a fait une déclaration ?
Non ?
Il
avait communiqué quelques jours avant mais il n'a pas voulu se mettre en avant parce qu'il sort quand même d'une période très difficile il a raté l'épisode des Gilets jaunes donc c'est pas le moment d'essayer de réparer les dégâts et de mettre des rustines ça a été pour la droite un moment calamiteux il a quand même fait un texte avant les fêtes où il expliquait dans une sorte de mea culpa que tout n'avait pas été réussi il
y
avait une volonté chez lui de repartir sur de nouvelles bases et puis il y avait aussi un côté pugnace combattif de la part de Laurent Wauquiez qui expliquait qu
'il
n'était pas très nombreux pour essayer de relever le flambeau de la droite il y a un an quand il en a
pris la tête
et que donc ils pouvaient renvoyer dans leur corps les ambitieux qui ne voulaient pas s'emmener
2019 pardon sera-t
-elle
une année encore plus difficile pour Emmanuel Macron pour notre président dit cette question
certainement certainement il ne commence pas l'année 2019 dans le même état politique qu'il a commencé l'année 2018 souvenez-vous il y
a
un an on parlait encore je parle sous votre contrôle d'excellents et d'étonnants sondages d'Emmanuel Macron il avait baissé après l'été et puis il était remonté ensuite et il y avait un moment où on se demandait est
-ce
qu'il allait faire un quinquennat différent des autres justement est
-ce
qu'on n'était pas dans un nouveau modèle de quinquennat et là cette question elle ne se pose plus en 2019
année décisive a dit le président de la République année
compliquée
c'est une année qui commence sur un toboggan il
faut
qu'il essaye de la continuer sur un trampoline c'est pas gagné
et
bien merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h20 j'en prouve pour vous souhaiter à tous qui êtes fidèles chaque soir c'est dans l'air une très belle année 2019 Véluia Sous
-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501