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interviewLe Média — Podcasts· 24 septembre 2021 81 min

La contreMatinale #3 : Mélenchon VS Zemmour : le débrief du débat !

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

1:57
Présentateur

nauséabondes qu'on a pu entendre hier soir lors du débat. Ce débat est une autre preuve, s'il en fallait de la nécessité de construire une matinale qui viendrait apporter de la nuance, du respect et de la complexité dans le débat public. Pour soutenir la matinale, il ne vous reste plus qu'une semaine. Encore un petit effort et nous atteindrons le palier de 100 000 euros. Rendez-vous sur la page Ulule pour faire un don. Le lien vers la cagnotte figure en description de la vidéo. Au sommaire de cette troisième prématinal bien chargé, la titrologie.

Théophile passera en revue les unes de la presse française et commentera l'actualité aux côtés de deux sociaux du Média qui interviendront par téléphone. On continue de parler des candidats à la présidentielle. La presse Sandrine Rousseau, Xavier Bertrand, qui lui aussi crée la surprise. Pour mener sa campagne, l'homme a choisi de se tenir à l'écart de sa famille politique. On poursuit avec les présidentielles. Hier soir a eu lieu le débat tant tant attendu qui a opposé le candidat Jean-Luc Mélenchon au non-candidat Éric Zemmour. Un débat également très contesté qui continue de diviser la gauche. Fallait-il accepter d'affronter l'extrême droite ? Était-ce une faute politique d'y aller ?

Pour répondre à cette question lancinante, on reçoit l'historienne Ludivine Bantini qui a co-écrit Face à la menace fasciste, paru aux éditions textuelles, et le porte-parole jeunesse de la France insoumise, David Guiraud. Et on conclura cette émission avec un témoignage, celui de Fathia Alkabédar. Elle est la fille de Claude Jean-Pierre, un homme noir de 67 ans, décédé des suites de ses blessures, occasionnées par une violente intervention policière. La famille se bat depuis pour obtenir justice et vérité sur les circonstances de la mort de ce sexagénaire. Elle se confiera aux médias. On commence en douceur avec toi Théophile, à la titrologie.

4:00
Invité

La titrologie, ça devient une tradition.

4:01
Présentateur

Oui, une belle tradition qu'on nous envie par ailleurs dans les autres médias.

4:05
Invité

Le monde, c'est où l'envie. Alors, ceux qui imaginaient que le débat Mélenchon-Zemmour monopoliserait l'espace médiatique aujourd'hui, eh bien, ils se sont trompés. En tout cas, pour ce qui concerne les quotidiens. Et c'est normal, étant donné qu'ils ont dans leur grande majorité bouclé dans la nuit, c'est-à-dire avant la fin du débat, ils ne pouvaient pas en parler sans prendre le risque de voir leur contenu périmé avant même la sortie en kiosque. Bien entendu, leurs sites et internet n'ont pas ce problème et mettent bien en avant le fameux débat. Alors, qu'est-ce qu'il y a à la une des journaux ? Selon toute évidence, Angela Merkel est la reine de la semaine.

Aujourd'hui encore, le départ de la chancelière allemande qui représente très clairement la fin d'une ère est à la une. À la une de l'humanité qui titre sur les inconnus de l'après-Merckel. À la une aussi de la croix qui titre en grand après Merkel et nous rappelle que dimanche prochain, dimanche là, dans deux jours, les Allemands éliront un nouveau chancelier en même temps qu'ils renouvelleront le Bundestag, c'est-à-dire leur parlement fédéral.

Le Figaro choisit lui aussi un sujet international, Covid-19, le défi d'une vaccination planétaire, un sujet très pertinent parce que même si 12 milliards, ça m'a étonné, le chiffre, 12 milliards de doses de vaccins ont été produites en 2021, seuls 2% des habitants des pays à faible revenu ont été vaccinés, ce qui expose ces pays à des variants agressifs comme le variant Delta, mais ce qui expose aussi le reste de l'humanité à de possibles variants provenant de ces pays et résistants aux vaccins.

Le Figaro explique que les initiatives visant à diffuser le vaccin partout dans le monde ont échoué, notamment parce que des firmes comme Pfizer ou Moderna qui développent les vaccins à ARN messagers n'ont pas respecté leurs engagements. Le Figaro est bizarrement muet, en tout cas très en retrait sur la question de la levée des brevets, la levée des brevets sur ces vaccins hors de prix qui résoudraient mieux le problème que les mécanismes actuels lesquels soumettent les pays pauvres à la charité des pays riches qui eux-mêmes subventionnent leurs industries de santé en offrant généreusement des doses aux nations qui de toute façon ne pourraient pas les acheter.

On ajoute à ça les politiques d'influence qui sont menées par les uns et par les autres. Libé aussi met à sa une un sujet international, le Brexit et ses lendemains qui déchanteraient. Pénurie de main-d'oeuvre, chaînes logistiques perturbées, produits manquants, départs de citoyens européens. On a peur à la place des Britanniques des conséquences de leurs choix démocratiques. Et surtout, personnellement, j'ai du mal à comprendre le montage photo à la une. On voit un rouleau de papier hygiénique sur lequel est scotché le mot Brexit. Je suppose que, vu qu'on parle de pénurie et de risque de pénurie, le papier hygiénique illustre le risque de pénurie de papier hygiénique.

Parce que quand même, et je l'ai lu, de mes yeux lus, une pénurie mondiale de papier toilette nous guette en raison d'une pénurie de containers et de cargos qui ralentit les échanges internationaux. Mais pas du Brexit. Enfin bref, je m'égare. Le monde met lui aussi à sa une un sujet international, économique, écologique, des fourrages en Arctique qui aggravent la crise climatique. Selon un rapport de l'ONG Reclaim Finance ou bien Reclaim Finance, plus de 120 banques financent l'expansion pétrogazière dans le Grand Nord et mettent en péril la biodiversité.

L'opinion revient sur l'affaire des sous-marins et explique comment Joe Biden impose sa loi et pourtant Joe s'appelle Joe Robinette Biden, ce qui trahit ses origines françaises. Mais comment le frangin, le frangin, comment il a pu nous faire ça ? Bref, à la recherche du sujet franco-français au plus léger, je suis allé regarder les unes des hebdos et magazines sorties hier et là, j'ai trouvé ça. La une de Paris Match avec Éric Zemmour et son énarque de proche collaboratrice qui délibère avec lui de manière très originale. Est-ce que c'est mal de rigoler de tout ça ?

Bref, dans le même élan, j'ai regardé la une de l'hebdo People Public qui nous explique que Marion Maréchal Le Pen a épousé son bel Italien. En voici des immigrations assimilables, n'est-ce pas ?

8:24
Présentateur

Il va y avoir les choses en commun.

8:26
Invité

C'est Mimi tout plein, mais plus sérieusement, la une de Society consacrée aux primaires qui broient les candidats à attirer mon attention. C'est vrai qu'en 2017, les primaires n'ont pas porté chance à Fillon ni à Benoît Hamon et on ne sait pas ce que ça va donner cette fois-ci avec les écolos. Pour ne rien vous cacher, c'est peut-être Society qui sera la malecture de ce week-end.

8:50
Présentateur

Merci Théophile.

8:51
Invité

Merci Nadia.

8:52
Présentateur

Avec nous, deux sociaux qui vont commenter un peu cette titrologie, en tout cas revenir sur des titres qui ont attiré leur attention en particulier. Alors, est-ce que Dominique est avec nous ? Oui, je suis là. Mais c'est parfait. Trop bien. Comment ça va Dominique ? Ça va bien. L'heure est matinale mais agréable. Donc ça va. Contente de vous voir. Oui, contente de t'entendre. Contente de t'entendre. Oui. Voilà. Et donc,

9:19
Invité

j'avais envie de rebondir sur la question de la santé parce que c'est vrai que dans la presse que tu as présentée, Théo, et un peu partout, on parle beaucoup du Covid. mais ça masque quand même de notre point de vue beaucoup de choses qui se passent sur les territoires qui sont la très grande difficulté d'accès aux soins et la destruction complète de notre système de santé, hospitalier, médecine générale, etc. A l'occasion de cette épidémie, on voit disparaître l'ensemble des services publics qui existaient sur nos territoires et ça devient dramatique pour les citoyens.

Alors, c'est contre-intuitif puisque le Covid devait justement nous donner de nous réarmer et de réarmer les territoires puisque selon certains analystes, on entre dans une ère des pandémies et donc je ne comprends pas comment cette crise de Covid peut détruire les infrastructures de santé. Qu'est-ce qui se passe, par exemple, dans les territoires où tu vis ? Très concrètement, alors déjà historiquement, c'est vrai qu'on le voit d'ailleurs par les titres que tu as cités, Théo, tout à l'heure, c'est ceux qui ramassent l'argent, en l'occurrence, notamment l'argent de la Sécurité sociale et l'argent des États, ce sont les laboratoires.

Ça n'a pas été les hôpitaux et ça, c'est un choix, c'est un choix politique. Localement, on a bien vu que de façon systématique et méthodique, la poursuite de la destruction de la réponse sanitaire sur nos territoires, elle a disparu et elle disparaît de plus en plus. On a des exemples énormes, nous, de gens qui cherchent des médecins généralistes tout simplement pendant... Là, j'ai vu une dame hier, ça fait 10 ans qu'elle n'a pas vu un médecin généraliste. Des gens avec des soins importants, ils sont obligés de faire 3 heures de route pour aller dans la vallée du Rhône pour trouver un spécialiste. Enfin, voilà, ça devient... Comment ? Dans la vallée du...

Du Rhône, parce que nous, on est en Ardèche et les gens doivent faire 2-3 heures de route maintenant pour accéder aux soins dès lors que... Voilà, il n'y a plus de réponses sur place, l'hôpital étant des confitures complètes. Alors, là-dessus, s'ajoute l'opposition d'une partie des soignants à l'obligation vaccinale et du coup, ça ne fait qu'accraver. On ne peut pas imaginer que ce gouvernement ne savait pas tout ça quand il a fait les différents choix qu'il a faits. On ne peut pas l'imaginer. Merci beaucoup, Dominique. On espère que tu reviendras souvent nous expliquer ce qui se passe et nous raconter des histoires particulières qui ne remontent pas forcément au niveau national.

Nadia, il faudrait peut-être qu'on prenne un autre intervenant. Mais en tout cas, c'est la première fois qu'on lance ces appels aux abonnés et je pense que ça peut être une certaine richesse.

12:04
Présentateur

Exactement. C'est ce qu'on avait dit d'emblée quand on a présenté le projet de la matinale. C'est qu'on donnait la parole aux experts, à différents intervenants mais également au public puisque cette matinale est la vôtre. On veut faire entendre vos voix et qui mieux que vous-même pour les faire entendre. Donc, on va continuer avec ces prises de parole de manière assez récurrente. D'ailleurs, vous pouvez réagir dans le chat et nous envoyer vos petites questions et si le temps nous le permet, on y répondra volontiers. Est-ce qu'on peut avoir des nouvelles de l'autre socio ? D'accord.

12:38
Invité

C'est en cours.

En tout cas, j'ai un peu rigolé sur la question des une people mais quelque part, c'est un sujet sérieux parce que historiquement, on ne voyait pas, on voyait très peu de politiques dans la presse people, la presse people people comme public et on ne voyait surtout pas les politiques d'extrême droite et quelque part, ces photos volées ou plus ou moins volées parce que dans le cas d'Éric Zemmour, il y a des polémiques, on dit que c'est une paparazade, il y a une mise en scène mais ces photos, les humanistes quelque part et quelque part, ça participe aussi de leur plan média pour affirmer, je ne sais pas, leur jeunesse peut-être pour Éric Zemmour, leur bonheur pour finalement créer une forme d'identification, projection avec les Français et je trouve que c'est spécial, c'est une évolution de la scène médiatique.

En même temps,

13:35
Présentateur

Nicolas Sarkozy avait un peu amorcé cette tendance, on se souvient un peu du président bling-bling avec son épouse mannequin sur des bateaux, au fouquet, etc.

13:47
Invité

Non mais c'est vrai, c'est vrai que finalement, si les politiques deviennent des stars, ils deviennent aussi moins redevables, ils deviennent, on commence à les juger sur autre chose que leur programme ou sur autre chose que leur réalisation et puis finalement, on les juge un peu comme on jugerait les rois et les reines d'Angleterre, les princes de Monaco.

14:10
Présentateur

Et encore, c'est sympa, moi j'aurais dit, c'est comme si on jugeait un petit peu les candidates et les réalités. Moi, j'ai plus pensé à ça, tu vois.

14:18
Invité

Ah oui, c'est sûr que, en tout cas, c'est particulier. Donc, si on peut passer à un autre intervenant, on va le faire, sinon en fait, on va continuer je pense, Nadia.

14:28
Présentateur

On va, on va, effectivement, on va continuer, on va beaucoup parler de la présidentielle durant cette émission. Cette présidentielle s'annonce pleine de surprises, des candidats non-candidats écument les plateaux télé pour promouvoir leur programme politique quand d'autres s'érigent, je cite, en seul rempart au Rassemblement National après avoir longtemps chassé sur ces terres. Je parle de Xavier Bertrand, actuel président de la région Haute-France, qui est candidat à la présidentielle, officiellement déclarée depuis le mois de juin dernier, il souhaite faire cavalier seul, loin des Républicains et a même refusé de participer à la primaire de la droite.

L'ex-ministre de Nicolas Sarkozy se revendique gaullisme social, mais que contient son programme ? Qui est réellement Xavier Bertrand ? Le journaliste Yann Hamel s'est penché sur la question. Il y a d'ailleurs consacré un livre. Xavier Bertrand, l'obstiné. C'est le titre de son ouvrage paru aux éditions de l'archipel. Irving Magy s'est entretenu avec Yann Hamel pour en parler. On écoute.

15:30
Invité

C'est quelqu'un qui se présente comme gaulliste social. Un gaulliste social, pourquoi ? Parce que son premier leader chez les gaullistes a été Seguin, donc Philippe Seguin. Il l'était parce que Philippe Seguin était anti-européen. Donc il s'est dit depuis toujours il s'est dit seguiniste et donc droite sociale. Ça c'est son discours. Bon, le problème c'est qu'il est devenu suppéiste, chiracien-gipéiste mais ensuite il est devenu quand Villepin est devenu premier ministre il est devenu vilpiniste et quand Sarkozy apparaissait en fin 2006 comme celui qui avait gagné Villepin finalement ne serait pas candidat il est devenu sarkoziste. Voilà.

Il a donné une grande interview quand il a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle dans Le Point il ne parle pas de social il ne parle pas de l'écologie il n'y a pas un mot sur l'écologie et l'environnement c'est quand même assez extraordinaire pour un candidat qu'est-ce qu'il veut montrer au contraire que si c'était lui il y aurait on ne laisserait plus rentrer les immigrés c'est ça je dirais qu'on mettrait tous les délinquants en prison y compris les jeunes depuis 15 ans je ne vois pas en quoi c'est un programme social le programme politique il n'est pas original c'est le programme de la droite on a dit classique qu'on retrouve sur pratiquement tous les candidats qui n'est pas totalement différente de ce que propose Macron mais encore une fois on crée des emplois on fait comment c'est bien beau vous pouvez promettre énormément de choses lui d'ailleurs moins que les autres au niveau augmentation de salaire il n'en promet pas et après on va construire des prisons 20 000 places dans les prisons qui va payer les 20 000 places dans les prisons lui il dit la police la justice n'est pas efficace qu'est-ce qu'il va faire concrètement il a déjà proposé que les amants soient payés directement et même expulser les étrangers en situation notamment les étrangers qui ont commis des délits la Suisse l'a fait c'est-à-dire qu'il y a eu un pari référendum la population a dit oui un étranger qui a commis un délit il faut le dire c'est très bien c'est le peuple qui a décidé mais c'est beaucoup plus compliqué que ça parce que vous avez des accords avec les pays et les pays vous savez très bien comment ça se passait si vous allez virer 10 000 ou 20 000 algériens l'Algérie ne va pas forcément se montrer très conciliante on a été obligé de l'adapter c'est pas aussi simple que ça dire un million d'étrangers il a même proposé si vous agressez un policier immédiatement on vous met en prison bon ok mais il faut un juge d'instruction il faut voir si c'est vrai le policier peut fort bien vous accuser sans que ce soit exact vous êtes peut-être défendu vis-à-vis d'un policier qui a commencé à vous être exclu dire on l'attrape tout de suite et on le met en prison non c'est illégal moi ce qui m'a ce qui m'a frappé chez Xavier Bertrand c'est qu'il s'est toujours il s'est présenté depuis 2015 comme l'ennemi l'ennemi du Rassemblement national il a même dit qu'il était le seul à lutter contre le Rassemblement national non mais ça c'est son discours bon il oublie que quand il était en 1998 quand il était adjoint au maire de Saint-Quentin il y avait un conseiller municipal Charles Bohr ça veut dire quelque chose l'histoire alors Charles Bohr a été réélu a été réélu président de Picardie avec les voix du Front National et Charles Bohr était conseiller municipal également de Saint-Quentin bon et après cette réélection il y a eu 200 manifestants qui sont rentrés dans la mairie de Saint-Quentin pour dénoncer pour dénoncer la présence de Charles Bohr qui a été élu avec les Front National et Xavier Bertrand je suis désolé il n'a jamais protesté contre la présence parmi ses collègues de Charles Bohr qui avait été élu avec les voix du Front National qui c'est qui a signé un contrat avec Patrick Buisson pour ses sondages à l'UMP c'est Xavier Bertrand qui était secrétaire général de l'UMP quand on voit ce qu'il propose en tant que président pour ça je me suis dit il est encore plus à droite que Marine Le Pen peut-être pas de Zemmour mais Marine Le Pen pas entre les deux Xavier Bertrand est dans la communication bon il y a un rapport de la Cour des Comptes qui est paru au mois de février qui est assez extraordinaire parce que Xavier Bertrand arrivant au conseil régional il a dit moi au départ c'est l'emploi ce qui est très bien et donc je crée Proche Emploi il a créé donc Proche Emploi annonçant qu'il allait créer 60 000 emplois par an bon vous avez le rapport de la Cour des Comptes il est incapable de dire combien il a créé d'emplois au bout de 5 ans que fait un conseil régional un conseil régional essentiellement s'occupe des lycées et s'occupe des trains bon il avait promis que les trains se fait à l'heure qu'il y aurait tout le genre de vous etc ce qui n'a pas été le cas et c'est pour ça que je citais dans sa ville de Saint-Quentin ils n'ont même pas la TGV Xavier Bertrand était ministre du travail sous Sarkozy il n'a jamais fait venir à une seule entreprise le discours c'est dire je vais faire après qu'est-ce qui se passe il ne se passe rien

21:01
Présentateur

donc on vient d'écouter le journaliste Yann Hamel auteur de l'ouvrage Xavier Bertrand L'Obstiné qui est paru aux éditions de l'Archipel aux éditions de l'Archipel donc ce qui est assez étonnant enfin ce qui est assez drôle enfin drôle je ris jaune bien évidemment c'est qu'il dit que Xavier Bertrand est encore plus à droite que Marie-Le Pen alors que dire d'Éric Zemmour je pense qu'on a été très nombreux et nombreux à suivre ce débat qui opposait donc le candidat non-candidat Éric Zemmour au candidat lui pour le coup Jean-Luc Mélenchon nous ce qu'on vous propose pour ceux qui ont loupé ce grand moment de télé et bien c'est de de ressentir un peu l'ambiance en image

21:43
Jean-Luc Mélenchon

je pense que le débat c'est la démocratie c'est même la façon d'expurcher les violences la fameuse catharsis donc moi je suis pour le débat je pense que c'est comme ça qu'on confronte les idées qu'on fasse entrechoquer même les idées la démocratie c'est ça même des idées choquantes qui doivent s'affronter qui doivent se confronter et puis pourquoi j'ai accepté ce débat avec Jean-Luc Mélenchon c'est une autre question parce que moi j'ai débattu avec beaucoup de gens et je proposais même beaucoup de débats beaucoup refusent par exemple récemment une de vos chaînes concurrentes a proposé à monsieur Barnier de débattre avec moi qui a refusé ou à monsieur Bertrand ou à madame Le Pen tous refusent Jean-Luc Mélenchon lui accepte

22:34
Invité

j'ai souhaité ce débat parce qu'on est à sept mois d'une élection présidentielle je suis candidat et les occasions de convaincre doivent être toutes saisies en particulier lorsque le pays progressivement est contaminé par les idées les perspectives absolument incroyables que développe un homme qui est devenu dorénavant le mentor le penseur de toute la droite et de la droite extrême

22:59
Jean-Luc Mélenchon

pour moi la délinquance que nous vivons n'est pas une délinquance c'est un djihad voilà c'est une guerre qui nous est menée une guerre de civilisation une guerre de pillage une guerre de vol une guerre de viol et une guerre de meurtre je n'ai pas honte non je n'ai pas honte du tout monsieur Zemmour nous serons nombreux

23:18
Invité

à ne pas vous laisser faire vous ne chasserez pas les musulmans vous ne les obligerez pas à choisir entre l'islam et la France pas plus que la génération précédente des hommes comme moi n'a admis qu'on demande aux juifs de choisir entre leur religion et la France ni aux chrétiens de choisir entre leur religion la religion est une affaire

23:37
Jean-Luc Mélenchon

privée ce que nous avons en commun c'est la cité moi j'étais condamné parce que je défendais une certaine idée de la France et qu'on ne supporte plus mais quelle idée ça suffit mais oui je suis désolé monsieur Mélenchon

23:48
Invité

je suis en retard derrière vous écoutez le Zemmouristan ça existe d'accord c'est pas mal ça existe oui oui ça existe un pays où les femmes sont rabaissées un pays où il y a la peine de mort qui vous plaît un pays où les homosexuels sont punis et un pays où on n'adhère pas à la convention internationale là vous décrivez les banlieues islamisées

24:05
Jean-Luc Mélenchon

monsieur Mélenchon l'Arabie Saoudite c'est très bien monsieur Mélenchon ça c'est très bien parce que ce que vous venez vous venez de décrire c'est exactement les banlieues islamisées où les femmes se font insulter cracher dessus quand elles sont habillées en jupe et qu'elles ne peuvent pas rentrer où étiez-vous quand les femmes ne pouvaient pas rentrer dans les cafés à Sevran où étiez-vous monsieur Mélenchon mais dans tous les cafés de banlieues c'est comme ça mais bien sûr enfin mais voyons ben si on continue comme cela la France en 2050 sera un Liban en grand c'est-à-dire tout simplement un pays où il y aura à peu près des communautés qui comme l'a dit l'ancien ministre de l'Intérieur monsieur Collomb étaient côte à côte et seront face à face

24:58
Invité

commençons par dire que le défi est absolument immense si on ne fait rien alors c'est vrai qu'il y a des gens qui pensent que 2022 on saute on verra en 2000 alors ils sont là quelques-uns sur le même candidat juste pour prendre une option sur le coup suivant ça c'est les politiciens la vérité est la suivante vous me parlez de 2050 bien par rapport au défi numéro 1 que nous avons c'est comme ça dans l'ordre des choses qui peuvent nous mettre en péril commun c'est que en 2050 si on ne fait rien si on ne fait rien si on fait quelque chose il faut commencer maintenant parce qu'après c'est trop tard la Camargue le Marais-Pouet-Vin Dunkerque et Bordeaux seront sous l'eau si on ne fait rien si on fait quelque chose non les choses peuvent se passer différemment un million de français seront inondés chaque année vous aurez 4 mois de sécheresse par an vous aurez des pics de température à 55 degrés et la question fondamentale du cycle de l'eau c'est-à-dire l'accès à une eau potable va être compromis un peu partout dans le pays comme c'est déjà le cas dans un certain nombre des départements et territoires d'outre-mer comme Mayotte comme la Guadeloupe et comme la Réunion

26:03
Présentateur

on espère que les internautes qui nous suivent vont très bien et que vous arrivez à digérer un petit peu votre petit déjeuner merci Ludivine Bantini et David Anguiro d'avoir accepté notre invitation de discuter du débat entre Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour je le disais c'est un débat qui divise la gauche et au sein même de la France insoumise David Guiro selon vous fallait-il aller accepter cette invitation de débattre il semblerait que oui puisque pour vous il était question de mettre fin à 10 ans d'impunité médiatique

26:40
Invité

on l'a choisi ce débat moi je préfère être honnête déjà il y a deux choses que le débat divise les gens par exemple que des gens ne puissent pas supporter le discours de Zemmour parce que c'est trop violent parce que je ne juge pas ça voilà cette question-là elle se pose de toute façon depuis longtemps pour moi je vais à CNews donc voilà c'est une question on se la pose qu'il y ait des citoyens qu'il y ait y compris des intellectuels qui remettent ça en question pourquoi pas moi je suis prêt à discuter j'ai un peu plus de mal je le dis honnêtement avec les membres d'organisations politiques qui nous disent qu'il ne faut pas débattre avec Zemmour mais par contre manifester avec lui à la manif des policiers il n'y a pas de problème bon ça voilà je le dis parce que il faut quand même mettre quelques points sur les i maintenant oui on l'a choisi ce débat parce qu'on part du constat que la France s'est travaillée en profondeur Zemmour ce n'est pas juste une bulle médiatique c'est plus ça ça l'a été un moment c'est vrai c'est une construction médiatique on sait faire son parcours mais ses idées il les diffuse depuis 15 ans dans la société c'est pas le seul il y a le Rassemblement National il y a une droite qui s'est aussi zemmourisée et ça a touché l'esprit des gens et donc on considère que sur ce genre de grande audience on peut faire vivre d'autres choses et puis le débat je pense un des avantages de ce débat d'hier et ça a été passé tout à l'heure c'est que moi je pense que Zemmour n'a pas réussi à faire passer l'idée auprès des gens qu'il n'y avait que l'islam il y a eu la question de l'écologie il y a eu la question du social pour le coup il faut le reconnaître les journalistes de BFM ont bien tenu les séquences il y en avait deux qui étaient prévus ça a été respecté et de ce point de vue là j'espère que ça a fait prendre conscience aux gens que l'islam c'est pas le seul sujet du débat que les présidentielles peuvent pas se jouer que sur ça maintenant oui il y a des débats est-ce qu'on discute mais encore une fois moi ces débats là je vais chez CNews mais juste moi je fais de la politique quoi voilà j'ai pas juste un point de vue dans l'absolu sur ce que je me demande c'est ce que ça marche ou pas et le vrai critère en vérité pour savoir si ça marche ou pas c'est l'efficacité du discours au moment où ça se pose je crois pas que déserter soit forcément la bonne solution voilà je peux comprendre mais j'en ai acquis la certitude j'ai acquis une autre certitude c'est quand on va sur ces trucs là faut pas être mauvais voilà

28:58
Présentateur

mais alors quelques jours déjà avant ce débat Jean-Luc Mélenchon lui-même était hostile à l'idée de débattre avec Eric Zemmour qu'est-ce qui lui a fait changer d'avis

29:09
Invité

mais moi aussi moi aussi j'étais hostile il y a quelques mois quelques années j'étais hostile il y a un truc qui change la donne c'est qu'il est candidat à la présidentielle et qui va être sur les débats c'est-à-dire qu'en fait c'est pas juste cette fois-ci la question c'est pas de se dire est-ce qu'on va chez CNews sur son terrain pour l'affronter dans un débat d'idées c'est que pendant les débats à la présidentielle sauf il y a un gros retournement de situation mais j'y crois pas surtout vu ce qui se passe dans les sondages pendant les débats à la présidentielle il sera autour de la table donc on pourra pas dire bon bah j'y vais pas parce qu'il est là et c'est pas vrai qu'il va y avoir un scénario où tous les dirigeants soi-disant républicains vont lui tourner le dos pendant le débat ça n'arrivera pas il sera là donc à partir de ce moment-là à quel moment nous on choisit de mettre ce conflit-là sur quel terrain et oui c'est vrai c'est un choix c'est un choix tactique je comprends qu'il puisse être discuté mais c'est un choix tactique et moi j'estime que le débat d'hier nous donne plutôt raison voilà après à voir je pense qu'on va voir cet échange-là mais c'est sur cette question c'est sur ce terrain-là qu'il faut poser la question est-ce que ça a marché ou pas est-ce que l'objectif est rempli ou pas le reste pour moi c'est très théorique comme discussion

30:15
Présentateur

avant de donner la parole peut-être à Ludivine pour vous poser la question de savoir ce que vous avez pensé de ce débat est-ce qu'il fallait le faire ou pas on va entendre d'autres voix à gauche qui sont beaucoup plus nuancées que vous David Guéraud

30:31
Locuteur 9

vous savez en langage un peu de communication on appelle ça gratter le buzz c'est-à-dire qu'en fait il voit une bulle médiatique avec Zemmour il se dit peut-être que ça va m'aspirer un peu dans ma campagne

30:45
Intervenant

je pense que c'est une faute politique non je ne regarderai pas un débat qui fait finalement la part belle à l'extrême droite moi je regrette ce choix je trouve que on n'a rien à gagner à débattre avec l'extrême droite quand la personne n'est pas candidate il faut qu'on lâche rien à ceux-là ne rien leur lâcher moi je ne débattrai pas avec eux je n'ai rien à faire avec eux je n'ai rien à parler avec eux

31:10
Locuteur 9

pour moi aujourd'hui monsieur Zemmour est un pur produit médiatique il n'est même pas le candidat ça ne va absolument pas concerner les françaises et les français et je pense que c'est donner du crédit aux thèses d'Eric Zemmour qui sont franchement détestables alors que vous pensez que Zemmour est raciste

31:29
Locuteur 2

oui je pense bien sûr il est raciste oui écoutez ça fait très longtemps qu'on l'entend tenir des propos absolument indécents qui ne font que cliver encore plus faire des différences entre les français selon leurs origines donc là on voit

31:50
Présentateur

que les anti en eux estiment que débattre avec Zemmour revenait à le légitimer qu'est-ce que vous en pensez vous Ludivine ?

Bonjour à toutes et à tous et merci Nadia je suis absolument d'accord avec ce que disait David tout à l'heure sur le fait qu'il y a une pleine légitimité à discuter de cette pertinence et que c'est il y a une vraie discussion à mener ça c'est une chose ensuite là où je ne suis pas d'accord c'est l'idée que grâce à ce débat on va mettre fin à 10 ans d'impunité médiatique c'est exactement le contraire c'est à dire qu'on revalide pleinement l'existence médiatique de Zemmour ô combien quand David tu dis il ne faut pas déserter non bien sûr qu'il ne faut pas déserter le combat contre les fascistes les racistes l'extrême droitisation généralisée mais il y a divers moyens de mener ce combat et donc là toute la question évidemment qui nous occupe c'est de savoir comme tu l'as souligné si c'était efficace ou pas et c'est là en effet qu'il y a une divergence me semble-t-il moi encore une fois je respecte celles et ceux qui ont dit il faut y aller il faut que Mélenchon y aille ça va être très important de pouvoir lui rétorquer fermement fermement face à ce déversoir juste monstrueux c'est quand même une série d'atrocités qu'il n'a pas hésité à répondre et de ce point de vue il y a plusieurs choses que je voudrais dire le cadre lui-même pour ma part sur la question de la démocratie la démocratie vraie une démocratie véritable telle qu'on la veut j'avoue que ce cadre entre deux leaders évidemment pas une demi-seconde je ne renvoie à deux ados mais voilà c'est où on va je vois sur les réseaux sociaux il a mis KO etc on va compter les punchlines et tout moi c'est une conception je trouve de la démocratie qui est terrible parce qu'elle repersonnalise le débat politique là où il nous faut beaucoup plus de démocratie bon ça c'est la première chose et d'ailleurs Zemmour ne manque pas de s'agripper immédiatement à l'idée que voilà le débat il est démocratique et que la démocratie s'autorise à toutes les idées choquantes donc même avec quelqu'un qui a été condamné pour incitation à la haine raciale religieuse et qui est accusé de violences sexuelles par des femmes la deuxième chose c'est que le dispositif médiatique lui-même du débat est très problématique parce qu'en effet il y a deux parties il y a une première partie quand même très longue sur la supposée insécurité avec une journaliste qui nous dit que évidemment c'est une préoccupation des français donc ce qu'on appelle un performatif au sens où on dit quelque chose pour faire croire que cette chose-là est réelle et existe et donc on la fait exister donc voilà l'insécurité c'est réel la France il y a une question sur cette première partie la France est-elle en danger et à un moment la journaliste dit la France est en danger donc elle ne s'embarrasse même plus de l'interrogation donc c'est vrai que face à ça dans un premier temps je trouve que Jean-Luc Mélenchon est offensif il explique d'emblée qu'il vient pour expliquer qu'il faut répondre à ce danger qu'Ezemur il dit voilà vous êtes un danger vous êtes un raciste vous êtes quelqu'un qui va répandre la haine notamment des musulmans et de manière générale des immigrés et puis après le débat s'installe et je trouve que Ezemur de ce point de vue il est habile il essaye d'emmener Mélenchon dans sa valse en fait il lui dit plusieurs fois mais nous sommes d'accord mon cher Mélenchon nous aimons la France l'un et l'autre c'est notre point commun etc et au fond c'est le dispositif qui le veut c'est à dire que Jean-Luc Mélenchon il est aussi pour être posé pour ne pas paraître agressif et tout mais finalement il y a je ne dirais pas une complicité évidemment qui s'instaure mais il y a une difficulté à rétorquer mais vraiment avec virulence face à tout ce déversoir quand il nous parle de sevran alors que c'est un mensonge éhonté quand il nous dit qu'en fait même s'il n'a pas employé le mot Éric Zemmour dans le débat la remigration c'est vraiment la fascisation généralisée c'est la question de la déportation c'est la question de la purification ethnique et donc là Jean-Luc Mélenchon comme il n'a pas vraiment la possibilité le temps de répondre oh mais non vous n'avez pas honte et tout mais je pense que ce n'est pas suffisant parce que c'est tellement grave et par rapport au débat précédent sur Marine Le Pen au fond elle est moins à droite moins à l'extrême droite que Zemmour tout ça c'est un danger extrêmement grave parce qu'on dit Zemmour il vient rivaliser il vient concurrencer Marine Le Pen je pense le contraire c'est à dire qu'en fait il fait le lit de Marine Le Pen il lui prépare le terrain il familiarise il banalise ses idées avec la complicité du pouvoir en place du gouvernement avec la complicité par exemple d'un général Darmanin qui lui aussi rétorque à Marine Le Pen qu'elle est trop molle et donc tout ça nous conduit à quoi à ce danger terrible que Marine Le Pen se trouve finalement au centre du débat et dernière chose il y a beaucoup de choses à dire de toute façon mais ce qui est grave c'est que je ne sais pas je n'ai pas envie de compter les points parce que c'est ça qui est terrible mais Zemmour à un moment il cherche à marginaliser ce que porte Jean-Luc Mélenchon la justice sociale la question de l'égalité la question des droits à la question vraiment d'une perspective émancipatrice et il lui dit moi je suis au centre des français 70% des français pensent comme moi et en fait ça l'installe ça l'installe ça le valide et donc ce n'est pas du tout une manière de le périmer au contraire je rappelle Ludivine Bantini que vous êtes co-autrice de l'ouvrage face à la menace fasciste donc là avec Hugo Paletta voilà avec Hugo Paletta là il y a une volonté quand même assez affirmée de Jean-Luc Mélenchon d'inscrire en tout cas sa participation dans la lutte antifasciste est-ce que vous pensez qu'il a servi cette lutte pour vous pas du tout c'est bien son objectif je suis persuadée je ne mets pas du tout en doute la sincérité de Jean-Luc Mélenchon et avec toute la sympathie aussi que j'ai pour les militantes et militants de la France insoumise et toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cette perspective qui est en effet une perspective émancipatrice on peut discuter du fond politique mais c'est indignable et quand j'entends j'ai envie de dire des insultes mais quand j'entends quelqu'un comme Stéphane Le Foll renvoyer Zemmour et Mélenchon dos à dos en disant voilà c'est un débat entre les extrêmes c'est juste monstrueux donc bien sûr que Jean-Luc Mélenchon s'inscrit comme la France insoumise dans un courant antifasciste c'est clair mais cette fascisation à l'oeuvre en réalité le débat ce débat avec ce cadre avec toutes les limites du cadre en fait elle continue à être instaurée il est même peut-être nourri qu'est-ce que vous en pensez David Guéraud ?

38:33
Invité

c'est-à-dire que là où j'ai une gêne c'est que je vois le discours mais je vois pas ce qu'il faut faire d'autre c'est ça c'est toujours c'est pareil par exemple le bouquin de Noiriel sur la comparaison entre Zumur et Drummond qui est un super bouquin d'historien que j'aime beaucoup je vois jamais l'aboutissement opérationnel quand tu fais de la politique de dire qu'est-ce qu'il faut faire alors dans ce cas-là c'est toujours le même problème et moi dans ce cadre-là on s'est posé la question y compris avec Jean-Luc on l'a préparé le fait de ne pas vouloir être trop un civif c'est-à-dire de ne pas verser dans le combat de coq c'était aussi un choix voilà c'était un choix de se dire que ce qu'essayait de faire Jean-Luc la démonstration qu'il faisait c'est qu'il y avait un autre chemin possible pour le pays voilà c'était et moi je pense que ça a été fait parce que dans ce genre de débat moi je l'ai remarqué même quand je passe sur CNews ou autre des fois souvent j'ai des retours de gens qui nous disent mais je suis quand même content que tu nous aies représenté quoi voilà et quand Jean-Luc Mélenchon pose des termes quand il dit que si Éric Zemmour s'en prend à Mohamed c'est parce que c'est le prénom du prophète ce que peu de gens ont fait encore et qu'il assume de dire il n'y a pas de problème pour le faire il y a quand même un enjeu de fierté pour des personnes peut-être pas pour toutes peut-être que tout le monde n'est pas touché par ça mais on redonne aussi cette fierté-là aux gens dans ce débat-là il y a beaucoup de gens qui l'attendaient cette confrontation d'ailleurs je pense que les audiences je n'ai pas encore le chiffre des audiences mais c'était quand même un peu plus intéressant notamment pour la jeunesse qui se cherche pour se construire pour se construire parce que les gens se construisent aussi là-dedans et sur le fait que Zemmour on l'installe mais le problème c'est que Zemmour il est installé et effectivement dans les débats médiatiques on ne maîtrise pas tous les termes du débat je veux dire ils ont invité Jean-Marie Le Pen derrière bah oui je veux dire je vois sa tête le type bah oui je suis choqué comme tout le monde et ça on ne le maîtrise pas et on ne le maîtrisera pas il faut se dire ça ces médias-là appartiennent à des gens extrêmement riches qui n'ont pas forcément d'autre intérêt que soit faire de l'audimat soit pousser des options politiques comme Bolloré on ne le maîtrisera pas et c'est pour ça que je suis là souvent sur la contre-matinale c'est parce que justement la question c'est à qui appartiennent ces médias comment est-ce qu'on diffuse un contre-discours et après je le dis il n'y a pas qu'une manière de lutter contre la montée du fascisme je suis d'accord il y a les mobilisations dans la rue il y a la mobilisation contre l'islamophobie qui était quand même la grande mobilisation pour moi de résistance à ces discours-là il y a le fait d'être solidaire des antifas quand Raphaël Arnaud se fait agresser à la gare en montant à Paris quand Usu le youtubeur se fait agresser de le dénoncer de pouvoir le dire de savoir le faire mais il y a un moment là ce qui arrive aussi c'est l'élection présidentielle et on le sait que c'est un moment de captation de l'attention des gens on le sait que c'est un moment de débat politique si on ne le fait pas je pense qu'on passe à côté de quelque chose voilà et je trouve que la démonstration le fait aussi de parler d'écologie de montrer qu'il y a un autre chemin et qu'on va avoir besoin d'être tous ensemble pour ces défis-là qui sont les défis majeurs ça reste essentiel voilà et que les gens ont besoin d'être représentés de ce point de vue-là je ne dis pas qu'il n'y a qu'une solution mais encore une fois les gens qui sont passés et qui ont critiqué la venue de Jean-Luc ça me fait rire enfin je veux dire Jadot Jadot il a fait des débats avec Zemmour il y a un moment en fait il ne faut pas oublier ce qu'ont fait ces gens ce n'est pas juste la manif avec Zemmour il est allé à Zemmour et Nolo Jadot il n'y a pas si longtemps et ils se marraient les deux enfin je veux dire ce n'était pas un truc de conflit où il y avait ce niveau d'intensité donc encore une fois qu'il y ait des citoyens moi je comprends mais de la part de responsables politiques quand même on le sent le jeu et encore une fois cette manière de ramener les deux extrêmes ils l'ont fait pour Sandrine Rousseau aussi c'est quoi ces histoires depuis quand le fait de lutter contre le racisme fait qu'on doit être collé dos à dos avec des types qui nous expliquent qu'on vit une espèce de djihad parce que quoi parce qu'il y a des musulmans en France voilà non je ne suis pas d'accord avec ça et encore une fois qu'il y ait des questionnements pourquoi pas mais de la part d'autres organisations politiques qui ont largement participé à ça je pense à Roussel je suis désolé moi je reconnais je suis triste pour les communistes c'est pas ça l'histoire des communistes du pays qui va manifester avec la police qui nous dit que l'enjeu numéro un c'est la sécurité etc le type qui est censé être le camp des travailleurs ne parle même plus des morts au travail bah bah écoutez j'avoue que que là c'est pas du mépris mais j'ai du mal quoi voilà ça ça passe pas pour le coup

42:57
Présentateur

en tout cas ça a été l'occasion pour Éric Zemmour de pouvoir vomir toute sa haine et tous ces concepts que l'on connaît ces concepts fétiches et dans un temps long parce que d'habitude il faut rappeler qu'Éric Zemmour c'est vrai qu'il a l'écume énormément de plateaux télé mais c'est dans des temps qui sont très courts donc là il a eu le temps quand même de dérouler sa pensée

43:18
Invité

c'est quand même une heure toutes les semaines sur CNews à la base

43:21
Présentateur

ouais une heure mais là on a bien senti qu'il avait on lui avait laissé vraiment un boulevard pour pouvoir même amorcer la présentation d'un programme politique et avec une audience quand même beaucoup plus importante

43:34
Invité

de toute façon il va le faire enfin je veux dire il a le boulevard médiatique Paris Match même bon alors Paris Match je pense que c'est plutôt les copains de Macron qui envoient un signal en lui disant tu vas voir c'est ça la présidentielle c'est mon avis mais bon c'est pas très intéressant mais le boulevard médiatique il l'a les gens vont créer là ce qui va se passer il va y avoir un récit autour de The Moore qui est en train de dévancer Le Pen c'est ça le récit qui est en train de se créer c'est comment elle va réagir parce que c'est ça qui fait vendre du papier tout bêtement je veux dire tous les journalistes ne sont pas des fachos qui ont pour intérêt de faire monter Éric Grimond par contre ils ont intérêt c'est de dépasser les autres chaînes d'information c'est comme ça que ça se passe sur la montée de Drummond c'est d'ailleurs c'est dit par Gérard Noiriel c'est des journaux la presse papier qui se développe vu qu'elle se développe il y a de la concurrence comment on fait pour se démarquer des autres le fait divers le machin et en fait les chaînes d'info deviennent des rubriques nécrologiques où il y a les faits divers la France à feu et à sang etc.

on la connait on l'a déjà vécu cette période la question maintenant c'est comment on fait pour lutter contre et encore une fois la seule vraie question pour moi c'est est-ce que l'objectif est atteint au moment du débat moi je pense que oui de ce que je vois le fait que justement il n'y ait pas eu que l'islam comme thème etc. et que Zemmour se soit quand même plutôt effondré sur l'écologie parce que c'est aussi une réalité ça permet quand même d'indiquer qu'il y a un autre chemin voilà

44:50
Présentateur

on va continuer justement et revenir sur les éléments de langage d'Éric Zemmour vous l'avez fait remarquer Ludivine Vantini sur le concept de la remigration effectivement on a vraiment ce sentiment qu'il a un peu renié ce concept là alors que dans l'émission dans cette émission AC News il l'assumait sans problème on peut peut-être même revoir une séquence

45:08
Jean-Luc Mélenchon

On a déjà eu cette conversation raciste ça veut dire qu'on a une vision du monde qui repose sur la hiérarchie des races c'est ça être raciste maintenant vouloir la remigration ce n'est pas être raciste c'est considérer qu'il y a trop d'immigrés en France que ça pose un vrai problème d'équilibre démographique et identitaire que l'identité de la France est en danger et donc c'est dire voilà on va renvoyer les immigrés qui ne s'assimilent pas c'est ce qu'a fait la France pendant un siècle vous n'êtes pas raciste mais ce n'est pas du tout être raciste que de dire ça le général de Gaulle n'était pas raciste Léon Blum n'était pas raciste dans les années 30 on renvoie des immigrés italiens et polonais parce qu'ils sont au chômage et qu'on estime qu'ils ne s'assimilent pas et c'est la gauche qui fait ça ils ne sont pas racistes c'est Léon Blum c'est des gens qui sont à gauche et qui sont tous à la Ligue des droits de l'homme ce n'est pas être raciste que ça

46:00
Présentateur

Bon on a un peu l'impression du coup que Zemmour se débide celui qu'il a donné à voir hier lors du débat et celui qu'on vient d'entendre il y a un léger je vais peut-être même reprendre ce qu'il disait à Mélenchon et le Mélenchon renie l'ancien Mélenchon est-ce que ce n'est pas un peu le cas pour Éric Zemmour Louis Yvine ?

Non, je n'ai pas du tout l'impression c'est vrai que là il n'a pas assumé Remigration mais il ne manquera pas de le faire un peu plus tard et au contraire il a été extrêmement violent il a parlé de guerre civile il a parlé d'une espèce de djihad généralisé il a dit on naturalise des femmes voilées comme si c'était comme si c'était meurtrier oui il a parlé de mineurs isolés en disant tout un stock de mineurs isolés comme si c'était de la marchandise en disant d'ailleurs ils ne sont ni mineurs ni isolés etc et ce faisant cet autoritarisme qu'il revendique parce que lui il dit finalement l'épée du roi la monarchie républicaine tout ça il le valide parfaitement et face à ça je trouve que sur la question de la violence sociale parce que bon finalement il a beaucoup été question de violence de délinquance on a mesuré les chiffres il y a eu d'ailleurs un problème de ce fameux fact-checking parce que le fact-checking il faudrait lui-même le checker parce qu'il y a quand même des problèmes sur par exemple ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon à juste titre sur le fait qu'évidemment on peut passer l'hiver dans le noir parce qu'il y a des voilà il y a des compagnies qui coupent quand même même si elles n'ont pas le droit de le faire le gaz et l'électricité bien sûr qu'elles le font et donc bien sûr que ça existe et malheureusement là pour les raisons indiquées c'est à dire Jean-Luc Mélenchon il a validé le fact-checking il n'a pas eu

47:49
Invité

si si parce que sur le moment il le dit quand même mais bon en fait le problème c'est la puissance de la personne qui arrive de l'extérieur etc mais ce qu'il dit c'est qu'en fait justement c'est pas qu'il coupe c'est qu'on réduit tellement le courant qu'en fait les installations sautent dès qu'on fait démarrer la machine à laver et ça pour le coup il a quand même répondu on réduit tellement les ampères je crois que c'est en ampères c'est ça on réduit le courant tellement fort qu'en fait il n'y a plus aucune machine qui marche il y a aussi des sauteurs

48:12
Présentateur

qui coupent malgré l'illégalité de cette attaque mais par exemple sur l'écologie bon c'est vrai qu'on peut se dire est-ce que finalement Zemmour a perdu etc je pense que les personnes qui ont envie d'être convaincues par Zemmour le sont quand même en écoutant ce débat c'est ça c'est la violence c'est la violence de Zemmour qui veut ça parce que en fait s'il y a fascisation c'est tout simplement parce que il y a de plus en plus de personnes qui voient la défaite des mouvements sociaux les uns après les autres etc que la supposée gauche a mené une politique de droite extrêmement agressive etc qui fait que évidemment ce n'est plus la gauche et donc qui se disent c'est une crise généralisée et donc la part du gâteau et bien il faut la garder pour nous tout ce discours de Zemmour pas pour autrui l'étranger le migrant le musulman comme si tout ça revenait au même c'est juste atroce mais donc ils ont l'extrême droite les identitaires ils ont des discours sur l'écologie en fait c'est pas comme si il y avait Jean-Luc Mélenchon qui avait pu parler d'écologie de sortir du nucléaire etc les hydroliennes en fait il a lui aussi c'est ça qui est terrible c'est que l'extrême droite va sur ces terrains va sur à l'impudence d'aller sur le terrain du féminisme comme il a cherché à le faire sans évidemment parler de féminisme sur la question du droit des femmes alors que ce type est en effet accusé de violence sexuelle mais que par ailleurs évidemment c'est toujours une manière d'exercer son islamophobie son racisme anti-musulman entre autres c'est à dire de dire il faut défendre les femmes contre la supposée violence des migrants la supposée violence donc en fait ces terrains ils les occupent aussi et j'ai pas eu l'impression qu'il était mis en difficulté y compris sur ces terrains là et je pense qu'on a pas eu la possibilité dans ce débat d'insister vraiment sur le déversoir de la violence sociale des politiques menées il y a eu des petites choses Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il était pour l'augmentation des salaires pour la retraite à 60 ans etc mais c'était la portion congrue il y avait pas vraiment la possibilité de déployer un programme social offensif émancipateur de ce point de vue donc il n'est pas possible d'espérer convaincre finalement sur des questions comme l'immigration et la sécurité il est trop installé pour ça et il est beaucoup trop bien stric alors

50:37
Invité

les partisans de Zemmour ça va être difficile de les rattraper ça va d'accord mais il y a plein de gens qui regardaient le débat qui étaient ni forcément pro-Lanchon ni pro-Zemmour qui pouvaient avoir une sympathie pour l'un ou pour l'autre mais qui peuvent être ne serait-ce que déstabilisés quand même par les argumentaires faut pas oublier un truc c'est que nous on essaye de créer un récit différent de ce qui est en train de se passer ce débat là c'est pas la fin du débat ce débat là on commence tous à se rendre compte que ça commence vraiment on rentre dans le dur et le récit qu'on veut créer c'est qu'il y a des gens qui font mur à Éric Zemmour qui forment un bloc uni et en termes de détermination qu'on va pas reculer voilà qu'on va pas reculer face à ces idées là et c'est important d'arriver à créer ce récit là parce que sinon c'est le récit de l'extrême droite qui va s'imposer c'est la France c'est ta feuille de sang c'est Zemmour contre Le Pen ou Bertrand qui arrive à s'en sortir etc moi pour moi bon Zemmour et Le Pen c'est pas exactement pareil que LR mais en termes de discours par contre en termes de discours politique de ce que ça crée dans la société bon on commence à plus trop voir la différence voilà et d'arriver à avoir des responsables politiques bon le sale boulot je m'en chargerai c'est moi Jean-Luc a pas voulu être dans ce combat de coq là je m'en charge c'est moi les dossiers les saloperies il n'y a pas de problème je veux bien le faire mais justement il y en aura d'autres des séquences et dans ces séquences là le fait de dire que les musulmans sont dans leur pays en France que les musulmans français ils sont chez eux qu'ils n'ont jamais manqué au pays jamais c'est à dire que les turcos en 1870 les tirailleurs algériens qui dès les années 1870 combattent les prusses pour la France mais leurs descendants sont encore là en France ceux qui meurent pendant la bataille de Monte Cassino c'est essentiellement des noirs et des arabes le débarquement en Provence la moitié des troupes c'est le Maghreb ceux qui sont soit par le sang versé soit parce qu'ils ont le droit du sol et qu'on est pour le droit du sol et qu'on assume ça parce que c'est la France le droit du sol et bien on a besoin d'une force politique qui ne recule pas face à ça et qui assume le débat parce que de toute façon il va y être je veux dire moi c'est comme avec le FN c'est la même question moi je suis pour interdire le FN s'il faut interdire le FN le problème c'est que maintenant qu'ils sont dans l'arène politique et qu'ils ont bénéficié du suffrage universel qui représente les Français c'est quand même beaucoup plus dur d'apporter ce positionnement The Moore c'est pareil moi je suis pour qu'il soit condamné mais là il va être là il a été validé par le système médiatique et ça on n'a pas pris sur ça on n'a pas pris on a juste pris sur la force de nos arguments et le fait de ne pas reculer je dis ça parce que et je termine là-dessus à gauche ce qui nous tue dans les médias moi je le vois c'est que la plupart des responsables politiques ont peur toute leur vie ils se construisent comme des républicains et aujourd'hui c'est l'extrême droite qui dit en partie ce qui est être républicain ou pas t'es anti-flic t'es pas républicain enfin t'es pour changer la police t'es anti-flic donc t'es pas républicain tu défends les musulmans t'es un islamo-gauchiste donc t'es pas républicain et la plupart des responsables politiques je le dis honnêtement ils vont la trouille au ventre sur les plateaux pas parce que c'est des gens méchants ou des salauds ou des gens de droite mais ils y vont la trouille au ventre et ils y vont un reculon sur les débats moi je le sens il y a une peur physique presque de se faire traiter d'anti-républicain alors que toute leur vie ils se considèrent comme républicains ce que je peux comprendre on a besoin de gens aussi comme Jean-Luc Mélenchon qui sont capables de dire écoutez ça marchera pas comme ça voilà vous y arriverez pas ça ce jeu là ça marche pas avec nous et la détermination reste quand même dans les luttes sociales et politiques un élément mais essentiel pour convaincre les gens la détermination et ce qu'on veut donner à voir c'est justement cette détermination là à défendre nos compatriotes musulmans à défendre les femmes à défendre des thèmes différents ce que j'ai pas vu chez les autres responsables politiques voilà

54:23
Présentateur

au delà de ce débat moi j'ai envie de vous poser une question comment enrayer la fascisation de la société Ludivine pour répondre à cette question je voulais juste dire que il y a un accord absolu sur l'idée de ne pas reculer et même c'est pas une question d'être sur la défensive c'est justement de passer à l'offensive contre cette fascisation vraiment le désaccord il porte sur la modalité c'est à dire est-ce qu'on est en face à face et du coup est-ce qu'on laisse dire à Zemmour qu'il est pour la révolution je veux dire voilà ce mot là il est littéralement énervé c'est à dire on lui a enlevé les nerfs et donc maintenant il peut se réclamer d'une perspective révolutionnaire alors bien sûr Jean-Luc Mélenchon lui dit mais quoi vous êtes pour la révolution nationale mais l'allusion est trop rapide pour que les gens qui écoutent le débat la comprennent c'est à dire c'est pétant et puis Zemmour va bien se garder de l'affirmer donc voilà il est pour la révolution et donc tout le monde est pour la révolution dans ce débat enfin révolution populaire ou révolution nationale c'est terrible alors la question votre question Nadia elle est quand même extrêmement vaste moi la position qu'on défend avec Hugo Paleta dans ce livre face à la menace fasciste c'est que le combat antifasciste il ne peut pas être un combat sectoriel ça ne peut pas être un débat cloisonné du reste de nos luttes qu'elles soient des luttes anticapitalistes mais ça je tiens à le souligner enfin c'est l'un des grands enjeux du livre c'est à dire que si on en est l'un si on est dans cette surenchère d'extrême droitisation où c'est à celui qui va avancer les propositions les plus infâmes c'est quand même que le capitalisme est arrivé à un stade qui est un stade d'une très grande violence d'une généralisation d'une marchandisation généralisée voilà et qui a du mal aussi à s'imposer et le pouvoir a de plus en plus de mal à s'imposer par le consentement c'est ce qu'on cite pas beaucoup d'auteurs et de théories mais quand même Gramsci est utile c'est une crise d'hégémonie qui fait qu'il y a ce que Gramsci a encore appelé des symptômes morbides les symptômes morbides c'est en effet un état de plus en plus policier ce sont des lois liberticides c'est une guerre sociale c'est une stratégie du choc c'est la stratégie du bouc émissaire donc pourquoi on est face à une extrême droite de plus en plus installée si puissante médiatiquement avec des empires médiatiques qui sont en train de se construire comme celui de Bolloré qui a véritablement intérêt à faire monter cette extrême droite ou d'autres par rapport au débat qu'on avait sur quel est l'intérêt des journalistes d'autres peuvent se dire ben voilà ça ça fait monter aussi Macron dans une certaine mesure le sauveur suprême alors que voilà en fait c'est eux qui installent cette extrême droitisation donc gouverner par le consentement c'est de plus en plus difficile parce qu'il y a ce que je disais sur la violence sociale sur le bulldozer de contre-réforme qui est incessante donc face à ça il faut dire et bien il n'y a plus voilà il n'y a plus il n'y a plus il n'y a plus de gâteau pour tout le monde donc il y a un bouc émissaire il y a des gens qui sont dont la présence n'est plus n'est pas bienvenue et donc c'est pour ça que l'antifascisme ne peut pas se déconnecter du combat pour la démocratie mais attention parce que démocratie on l'a vu Zemmour il s'en revendique le rassemblement national fait partie d'un groupe au parlement européen qui s'appelle Identité et démocratie donc tout le monde s'en revendique donc la question c'est comment construire une démocratie vraie et donc là je pense qu'en effet il faut avoir le cadre de je pense cette émission mais le débat sur ce qu'on veut véritablement est-ce qu'on veut un régime parlementaire est-ce que c'est ça la démocratie je pense qu'il faut poser toutes les questions sur et notamment sur la démocratie sociale et économique c'est-à-dire que tant qu'on est dans un système capitaliste c'est pas un fétiche de dire capitalisme anticapitalisme etc c'est un fétiche c'est juste que c'est ça le système dans lequel on vit et qui explique que la démocratie elle est en permanence abîmée reniée à la fois par un système médiatique qui est très concentré et qui permet ce déversoir mais plus encore peut-être par le fait qu'il y a des gens qui peuvent décider de ce qu'on produit de la manière dont on travaille qui exercent un chantage permanent à l'emploi donc il ne peut pas y avoir de démocratie par exemple dans les entreprises tout comme on voit aussi que la démocratie dite participative elle est le plus souvent conduite à l'échec et on a vu ô combien avec la convention citoyenne par exemple sur les enjeux du climat donc je pense qu'en effet bon alors malheureusement comme ce mot lui-même de radicalité il devient monstrueusement récupéré abîmé etc mais aller à la racine c'est-à-dire ne pas contourner ce débat du système dans lequel on vit du système social et économique et assumer qu'en fait des alternatives sont possibles au sujet de ces alternatives peut-être David Guéraud

59:27
Invité

oui je vais essayer d'être presse parce qu'on arrive à la fin mais plusieurs choses déjà moi je peux comprendre la frustration y compris de l'intellectuel quand sur les plateaux télé il n'y a pas la réponse qui est la bonne que le concept est un peu mâché mais le débat il y a une frustration

59:46
Présentateur

d'intellectuel je précise parce qu'on n'a pas besoin de ce mot-là pour non mais attends c'est pas une critique je ne dis pas ça

59:54
Invité

pour marginaliser ou quoi je sais que c'est aussi du point de vue de la pratique mais moi pour faire beaucoup de plateaux la vérité c'est que c'est très frustrant mais il y a des moments on doit laisser passer des trucs pour faire avancer d'autres pions c'est de la stratégie aussi et on ne peut pas remplir tous les objectifs qu'on veut sur un débat mais à part ça moi je suis absolument d'accord sur le fait que si on veut lutter contre le fascisme le premier exercice c'est quand même la conscience la prise de conscience la conscientisation Trump c'est pas quelqu'un d'origine fasciste c'est un libéral Bolsonaro c'est pas quelqu'un d'origine fasciste c'est un libéral Macron c'est pas quelqu'un d'origine fasciste mais quand on voit les discours politiques de lui et de ses ministres notamment sur l'islam ou autre c'est aussi un libéral et pourtant c'est vrai que c'est ce libéralisme-là ce capitalisme-là qui nous plonge mais vraiment on se jette à pied dedans sur ça tous les personnages que j'ai cités un Trump-Bolsonaro Orban en Hongrie c'est pas des gens qui se sont construits par ce qu'on connaît dans les partis reliés au fascisme ordinaire c'est pas exactement ça c'est qu'il se passe quelque chose dans le capitalisme aujourd'hui qui nous conduit vers cet abîme-là et c'est vrai que la prise de conscience de ce point de vue-là comment on fait ?

on essaye de créer soit on va sur le terrain de l'adversaire ce que je fais moi ce que peut faire Jean-Luc Mélenchon soit on crée nos propres terrains enfin je veux dire ici une des choses qui fait que y compris je viens vous voir et je pense qu'il faut vous donner de la force c'est que à partir du moment où le média est contrôlé par autre chose que des milliardaires c'est-à-dire par des gens c'est aussi ces gens-là qui choisissent les sujets aujourd'hui les journalistes que ce soit à BFM à CNews à LCI il faut savoir que c'est pas vraiment eux qui choisissent leur sujet ils sont dictés par des impératifs de rentabilité ce qui est une contrainte énorme plus que l'idéologie des journalistes et puis ils sont dictés aussi parfois par des rédacs qui se censurent qui s'auto-censurent ce qui est encore plus pernicieux etc donc c'est pour ça qu'il faut vous donner de la force j'ajoute que sur la réponse antifasciste il y a quelque chose qui me semble essentiel dans la période c'est la solidarité la solidarité c'est pour ça que j'ai du mal avec les discours de Rousseau Jadot c'est que je les vois pas quand il faut être solidaire quand à Bayonne il y a l'attaque d'une mosquée on descend en manif on va faire la manif contre l'islamophobie et on arrête de se dire oh là là il y a telle personne qui me plaît pas je comprends que des fois il y a des lignes rouges mais il faut le faire on descend en manifestation quand il y a des camarades antifascistes qui sont agressés on arrête de subir le discours là des médias de dire les antifascistes les casseurs je veux dire et en plus il y a des débats chez eux interminables sur ça c'est pas ça l'objet du débat c'est que par exemple moi quand j'étais à la fac à Tolbiac et que les fachos y débarquaient pour péter la gueule aux gens c'est pas la police qui me protégeait je le dis honnêtement c'est pas la police qui me protégeait c'était justement les antifascistes et même des gens qui se disaient pas forcément antifascistes mais qui ne toléraient pas la présence de fachos pour péter la gueule aux gens quoi voilà et cette solidarité là je le dis ça va être essentiel de la développer encore plus quant à Boif se prend le hashtag Boif from migration tous tous il n'y a pas de tous l'enjeu n'est pas de savoir si tu l'aimes ou tu l'aimes pas tous on défend parce que si on défend pas à ce moment là des personnes qui sont ciblées à cause de ça le prochain c'est nous et et ce que comprennent pas ça c'est un gros problème à gauche les sociodémocrates c'est que ça sera les prochains c'est à dire que ça sert à rien de courir après l'étiquette du bon républicain même si moi je défends une autre vision de la république je suis républicain mais ça sert à rien de courir après la validation de l'extrême droite ou même du macronisme ça sert à rien parce que cette dynamique là elle s'arrête pas en chemin elle s'arrête pas à l'extrême gauche ou autre ou autre et indigéniste les prochains c'est eux et même les gens du centre etc qui peuvent être des gens avec qui on a beaucoup de désaccords ou autre ils seront aussi sur la liste cette dynamique elle s'arrête jamais en chemin c'est pour ça que la solidarité et même sur des cercles parfois qu'on n'a pas l'habitude de voir va être à mon avis une des questions de savoir à un moment comment on réagit en bloc sans en mettant de côté un peu les questions de doctrine de théorie de pratique politique par rapport à comment on fait la révolution ou pas moi je pense que ça va être un des enjeux et je trouve que ça évolue un peu de ce point de vue là ce qui s'est passé vis-à-vis de l'attaque de Bayonne ce qui s'est passé vis-à-vis de TAS ce qui se passe vis-à-vis de certains militants je pense à la jeune garde ou autre c'est en train d'évoluer et je pense que c'est plutôt un bon signal pour nous mais c'est aussi le signal qu'on sent que ça se rapproche et que le danger il est réel donc de ce point de vue là solidarité et faisons vivre

1:04:39
Présentateur

pour créer nos espaces

1:04:39
Invité

d'autres espaces

1:04:40
Présentateur

comme la matinale on vous rappelle que la cagnotte est encore en ligne vous pouvez contribuer à cette cagnotte solidaire et populaire jusqu'à la fin du mois on atteint bientôt le palier des 100 000 euros et plus votre soutien sera grand et plus cette matinale sera ambitieuse on pourrait parler encore très longuement c'est un échange passionnant voilà il n'y a pas que de la théorie il y a aussi de la pratique qui se sont entremêlées donc je pense qu'on a une approche assez globale de cette question notamment enfin en tout cas la dernière sur la façon dont on peut lutter contre la fascisation de la société il faut faire la pub il faut pas hésiter voilà exactement face à la menace fasciste donc Ludivine Bantini vous êtes la co-auteure vous pouvez rappeler votre voilà il faut pas l'état les filles luttent et travaillent depuis longtemps sur la question du fascisme paru aux éditions textuelles voilà je sais que David tu es attendu par ailleurs donc je ne veux pas t'attendre de te retenir plus longtemps on va continuer à parler des présidentielles 2022 puisque la question de la sécurité sera au coeur de la campagne c'est d'ailleurs déjà le cas puisque Emmanuel Macron a fait de la sécurité une des priorités de la fin de son quinquennat dans un contexte de violence policière on se souvient de l'émoi national qu'a suscité le tabassage du producteur Michel Zéclair 15 minutes de coups et d'insultes racistes qui auraient pu tuer l'homme comme d'autres ont succombé des suites d'une intervention c'est le cas de Claude Jean-Pierre souvenez-vous c'était le 21 novembre 2020 pendant un banal contrôle routier en Guadeloupe Claude Jean-Pierre un homme noir de 67 ans se faisait violemment extraire de son véhicule par deux gendarmes il mourra des suites de ses blessures deux semaines plus tard à l'hôpital de Pointe-à-Pitre aux médias nous avions révélé la vidéosurveillance de cette intervention en mai dernier et nous revenons aujourd'hui en exclusivité sur cette affaire avec Fatia Alkabelar la fille de Claude Jean-Pierre nous l'avons reçue sur notre plateau pour faire le bilan de cette tragique affaire de violences policières un énième cas sur une longue liste de crimes racistes qui n'en finit pas de s'allonger

1:06:51
Invité

Bonjour Fatia merci d'être avec nous aujourd'hui peut-être que pour commencer vous pourriez nous rappeler ce qui s'est passé le jour de cette intervention donc c'était le 21 novembre 2020 Oui donc le 21 novembre 2020 mon père rentrait tranquillement chez lui samedi aux environs de 14h il a été contrôlé un banal contrôle routier par deux agents de la gendarmerie à la suite de ce contrôle on n'a pas su tout de suite ce qui s'était passé il a simplement été transféré par les secours au CHU de Pointe-à-Pitre arrivé au CHU de Pointe-à-Pitre on a été alerté par les services médicaux qui nous ont informé de deux fractures des cervicales dont une comprimant la moelle épinière donc il faut savoir qu'à ce moment-là il y avait déjà un état de tétraplégie qui est déclaré par les médecins donc ça nous a fortement alerté également fortement inquiété puisque je me suis rendu au chevet de mon père tout de suite donc j'y suis resté du 25 à peu près au 3 décembre malheureusement le 3 décembre à mon retour j'ai tout de suite été recontactée par le médecin m'annonçant que son état se dégradait très rapidement et malheureusement il nous a quittés le 3 décembre 3 décembre 2020 Alors au début ça a été très compliqué pour vous de porter votre cause devant la justice juste après sa mort oui ça a été très compliqué

1:08:08
Locuteur

puisqu'en fait on a eu pas mal de barrières

1:08:10
Invité

pas mal de choses qui se sont dressées face à nous on est une famille quand même assez soudée donc ça nous a permis de tenir le coup d'affronter tout ça pas sereinement mais de l'affronter un petit peu plus facilement on a eu aussi beaucoup de soutien de la population guadeloupéenne c'est ce qui nous a entraînés qui nous a permis de tenir puisqu'on est resté quand même presque un mois et demi là-bas Christophe et moi à notre retour en métropole on a eu aussi énormément de soutien et c'est vraiment tout ce soutien qui nous fait et qui nous permet de tenir alors il s'est passé beaucoup de choses depuis que ces images ont été rendues publiques notamment en Guadeloupe où ça a donc au mois de mai beaucoup remobilisé l'opinion publique les associations etc tout à fait en fait on vit dans une société un petit peu de voyeuristes c'est vrai qu'on a toujours crié au fort la culpabilité de ces deux gendarmes c'était encore assez compliqué assez difficile de le faire entendre à beaucoup de personnes et la diffusion de ces images a quand même permis de voir qu'on était dans le vrai qu'on se battait pour une cause noble nous on le savait déjà on en est convaincu on en était convaincu on l'est encore mais beaucoup de personnes en doutaient et le fait d'avoir vu ces images a quand même permis de montrer qu'il y a vraiment un réel problème qu'il y a eu un réel problème sur cette interpellation si on peut appeler ça comme ça et que plusieurs mois après malgré ces images qu'on a eu du mal à avoir déjà dans un premier temps malgré ces images on a un système judiciaire qui peine à avancer qui traîne beaucoup on est à bientôt un an du contrôle de police donc plus la date approche plus c'est compliqué pour nous et on se rend compte en fait que ça traîne ça traîne beaucoup le système judiciaire est très lent l'administration met du temps à faire rentrer les pièces dans le dossier dossier pour lequel d'ailleurs on est en difficulté parce que justement depuis la sortie de ces images malheureusement pour la protection des sources le juge nous a bloqué entre guillemets l'accès aux pièces du dossier c'est à dire qu'aujourd'hui on est en attente d'une contre-expertise qui est censée rentrer pardon au mois de novembre donc c'est une contre-expertise de plusieurs médecins et ces éléments ne pourront être consultés par les membres de la famille donc les parties civiles qu'en présence de l'avocat c'est à dire que pour Christophe moi et deux membres de la famille résident en métropole ça va être très compliqué d'avoir accès à ces éléments on pourra y avoir accès mais en se déplaçant là-bas donc c'est à dire qu'on va devoir débourser des sous pour pouvoir nous rendre là-bas et pouvoir consulter le dossier donc c'est du temps qu'on passera dans le cabinet de notre avocat du temps en moins qu'elle pourrait prendre pour faire avancer le dossier et c'est aussi du temps pour nous qu'on consacre on a décidé de mettre notre vie entre parenthèses depuis le mois de décembre mais se rendre en Guadeloupe au mois de novembre pour de telles choses c'est très prenant vous le disiez le système judiciaire est très lent dans ce genre d'affaires la publication de ces images elle a quand même quelque part forcé Xavier Sico qui est donc le procureur de la République de Bastère à s'exprimer suite à la diffusion des images pendant une conférence de presse on a appris quelques semaines plus tard que les deux gendarmes avaient été placés sous le statut de témoin assisté est-ce que vous avez quand même l'impression que la publication des images a réussi à faire avancer l'enquête ?

Oui je pense que la publication de ces images a quand même fait avancer l'enquête puisqu'on a eu la commission rogatoire et quelques jours plus tard avec la sortie de la vidéo on a eu effectivement ce statut de témoin assisté qui a été je ne sais pas si on peut dire octroyé aux deux mises en cause donc le statut de témoin assisté c'est un statut hybride c'est-à-dire qu'on reconnaît qu'ils ont quand même actif entre guillemets dans les faits qui leur sont reprochés ils sont on sait qu'ils sont coupables mais on a quand même une certaine retenue retenue judiciaire qui fait qu'il n'y a pas encore la mise en examen nous c'est ce qu'on vise on veut la mise en examen la famille le peuple guadeloupéen tout le monde réclame la mise en examen pour qu'on ait enfin un procès et que ces personnes-là répondent de leurs actes C'est ce que vos avocats essayent d'obtenir aussi d'ailleurs Tout à fait donc les avocats se battent se battent aujourd'hui nous aussi on se bat pour enfin avoir cette mise en examen Alors vous avez d'ailleurs passé l'été en Guadeloupe pour essayer de continuer à faire des conditions de la mort de votre père un sujet pour continuer à vous battre comment ça s'est passé ces mois là-bas justement à essayer un peu d'écumer les différents endroits de Guadeloupe pour continuer à mobiliser les gens etc.

sur cette affaire qui a eu un vrai retentissement en Guadeloupe encore plus qu'en France hexagonale Oui c'est vrai que l'affaire a toujours eu un grand retentissement en Guadeloupe en métropole également mais avec la sortie de la vidéo on a eu quand même des personnes qui ont été reboostées qui ont été très touchées nous on vit en métropole on n'a pas eu ce sentiment puisque nous ça fait déjà plusieurs mois qu'on est dans l'affaire ça fait plusieurs mois qu'on a ces images en tête moi je ne les ai pas dans l'intégralité puisque j'ai toujours refusé de voir la vidéo mais après le fait d'avoir eu autant d'images qui circulent la population a été outrée et révoltée puisqu'on a cette impression de déjà vu puisque on n'est pas la première affaire de violences policières on a plusieurs victimes depuis plusieurs années et en fait ça nous a touchés à notre arrivée en Guadeloupe on a un collectif d'artistes artistes-peintres artistes musicales etc plusieurs personnes qui se sont mobilisées pour organiser un concert-événement et en fait on s'est tous rassemblés sur une place mythique la place de la victoire en Guadeloupe et à travers cet événement on a rendu hommage et on a fait savoir à la population qu'on est là qu'on remercie du soutien et qu'on ne lâche pas le combat le but c'est pas de lâcher après quelques mois justement toute cette mobilisation nous rend plus forts nous encourage à continuer ce combat et là en fait on a décidé également de lancer une pétition une pétition en ligne le but de cette pétition en fait c'est d'interpeller la cour d'assises de Bastère il faut qu'ils sachent il faut qu'ils comprennent qu'on est dans le combat qu'on ne lâchera pas qu'on a un seul et unique objectif qu'on n'ait pas qu'une famille à se battre on a la population de Guadeloupe qui est derrière nous cette pétition a remporté quand même pas mal de notes de signatures depuis sa sortie ça continue ça circule beaucoup on a été contacté par la presse locale qui voudrait également aussi communiquer là-dessus donc c'est des choses qui nous permettent de voir quand même que notre combat est noble comme je disais nous on y croit parce que c'est quand même nous qui sommes le plus impactés moi j'ai perdu mon papa et la population nous montre aussi qu'il faut qu'on continue la situation sanitaire là-bas n'est pas facile n'est pas simple mais c'est d'autant plus important pour nous de montrer en fait ce qu'on veut on veut continuer à mobiliser continuer à communiquer avec la population comme on peut le faire à distance c'est pas facile et cette pétition en fait nous permet de garder de garder cette chose en tête pour la population alors ces derniers mois donc vous avez été en Guadeloupe mais aussi avant en France Exagonale notamment aux côtés d'Assad-Roré on vous a aperçu et au sein du réseau d'entraide vérité et justice donc avec d'autres familles de victimes de violences policières vous avez continué à vous mobiliser est-ce que c'est dur de lutter alors même que vous devez faire le deuil de la mort de votre père alors le deuil n'est pas fait le deuil ne sera pas facile à faire puisque c'est vrai qu'on a toujours des choses qui nous rappellent cette perte c'est plus simple on va dire moins douloureux de le faire avec des personnes qui savent de quoi on parle qui savent par quoi on passe parce qu'il y a des jours avec et des jours sans il y a des jours compliqués il y a des choses qui nous rappellent forcément les personnes qu'on a perdu mais en fait le réseau entre aide justice et vérité c'est un réseau en fait plus qu'un réseau c'est devenu une famille où on a des soutiens où on sait en fait vers qui se tourner pour tel ou tel cas on a des personnes comme Rama Tadjian comme Assa Traoré des personnes qu'on ne connaissait pas avant qui d'une générosité incroyable qui nous aide qui nous tendent la main et c'est ce qu'on tient à faire aussi avec Christophe c'est redonner ce qu'on nous transmet aujourd'hui pouvoir aider c'est pour ça qu'on est au sein de ce réseau que c'est pas facile d'être actif sur ce réseau mais dès qu'on peut aider dès qu'on peut tendre la main et refaire redistribuer ce qu'on nous donne ne serait-ce qu'en Guadeloupe aussi également c'est important parce qu'on vient de là et qu'on a besoin de faire savoir aux personnes que ce qu'on prend en métropole ce qu'on prend en France ici n'est pas que pour nous mais on le redistribue et on essaiera de le faire aussi longtemps que possible Je précise juste que Christophe c'est votre compagnon pour ceux qui ne sont pas au courant Est-ce qu'aujourd'hui on a du nouveau sur l'enquête depuis les dernières informations qu'on a eues à savoir que les gendarmes avaient été placés sous le statut de témoin assisté Non on n'a pas de nouveau sur l'affaire depuis ce statut de témoin assisté il n'y a pas de choses qui sont rentrées dans le dossier on attend simplement la contre-expertise qui doit arriver normalement au mois de novembre Alors justement comment ça va se passer maintenant est-ce que vous avez toujours l'intention de vous battre J'ai l'impression que oui quand même Ou bien vous allez aussi essayer de prendre un peu de temps pour vous et donc laisser la justice faire son travail justement Laissez la justice faire son travail c'est un peu un piège parce que c'est leur laisser le temps ils jouent la montre ils ont toujours essayé Au fur et à mesure les taux se resserrent et en fait le fait de voir qu'il y a toute une famille et toute une population derrière ça leur redonne un coup de fouet à chaque fois Donc le but de la pétition justement on va continuer on va multiplier les actions montrer qu'on est là qu'on ne lâche pas c'est pas le but c'est pas les valeurs que m'ont occulqué mon papa non plus quand on commence quelque chose on va au bout donc ça se construit notre combat se construit il se fortifie et justement on ne compte pas lâcher Merci Fatih Alcabalère d'être venue sur le plateau du Média TV donc je rappelle vous êtes la fille de Claude Jean-Pierre qui est décédée l'année dernière des suites d'un contrôle de gendarmerie Merci de m'avoir reçu

1:18:47
Présentateur

On se retrouve pour se dire au revoir en fin de compte vous avez été nombreuses et nombreux à nous suivre pour ce direct c'était la troisième pré-matinale avant le lancement officiel de la matinale prévu le 4 octobre on vous rappelle que la cagnotte populaire est toujours en ligne vous pouvez la trouver en description de la vidéo c'est la page Ulule plus que quelques petits efforts avant d'atteindre le palier des 100 000 euros n'hésitez pas à nous faire vos retours en cette matinale et la vôtre et nous tenons en tout cas autant que faire se peut de vous donner la parole soutenir la matinale c'est aussi faire vivre un média indépendant intelligent et véritablement inclusif un média qui vous ressemble on compte sur vos soutiens et on se retrouve mardi prochain