COVID : LE VACCIN MAIS PAS POUR TOUS
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« Les vaccins contre le Covid-19 ne pourront pas être mis à disposition qu’après avoir satisfait, vous le savez, à toutes les exigences de sécurité. »
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« Celui-ci protégerait les populations à 90 %, soit davantage que le vaccin contre la grippe et presque autant que les vaccins contre la rubéole ou la rougeole. »
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« Les premières vaccinations pourraient intervenir dès janvier 2021. »
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« Selon l’IPSOS, seulement 54 % des Français accepteraient de se faire vacciner au cours de la première année suivant la commercialisation du vaccin. »
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« Parmi ceux qui refusent, 32 % redoutent les effets secondaires que pourraient provoquer les adjuvants. »
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« L’Union européenne a commandé 200 millions de doses et pris une option pour 100 millions supplémentaires, ce qui permettra de vacciner 150 millions de personnes à raison de deux injections par individu. »
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« Les 27 États européens débourseront 16,60 euros par dose de vaccin. »
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« 65 millions de citoyens américains ont voté à distance sans qu’aucun cas de fraude ne soit avéré à ce jour. »
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Les vaccins contre le Covid-19 ne pourront pas être mis à disposition qu’après avoir satisfait, vous le savez, à toutes les exigences de sécurité. Il faut qu’il soit obligatoire ? Oui.
Je n’en suis pas encore à cette conclusion d’une obligation mais il faut vraiment se poser la question. J’imagine que l’adhésion des Français à pouvoir être protégés par un vaccin sera massive. Moi je ne suis pas contre un vaccin obligatoire.
L’aspect obligatoire d’un vaccin me heurte même intellectuellement. J’aimerais déjà qu’on rende aux médecins la liberté de prescrire. La promesse d’un vaccin contre le covid au début de l’année prochaine, le retour du vote par correspondance et la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022.
C’est le sommaire du P’tit coup de Bourbon numéro 94. Le Covid-19 ne sera-t-il bientôt plus qu’un mauvais souvenir ? Ça semble bien parti pour.
Ce lundi, le géant pharmaceutique américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont indiqué que leur prototype de vaccin entrait dans la phase finale d’expérimentation. Celui-ci protégerait les populations à 90 %, soit davantage que le vaccin contre la grippe et presque autant que les vaccins contre la rubéole ou la rougeole. Les premières vaccinations pourraient intervenir dès janvier 2021.
Les vaccins contre le Covid-19 ne pourront pas être mis à disposition qu’après avoir satisfait, vous le savez, à toutes les exigences de sécurité. Vous voyez que l’horizon est plutôt à fin décembre, janvier, dans les meilleurs des cas. Et la Haute autorité, dans le même temps, travaille à l’élaboration des recommandations qui permettront de fixer la politique de vaccination, déterminer quels seront effectivement les éventuels publics prioritaires qui devront pouvoir bénéficier de ce vaccin.
Oui, tout le monde ne pourra pas être immédiatement vacciné. Il faut le temps de produire les lots. L’Union européenne a commandé 200 millions de doses et pris une option pour 100 millions supplémentaires, ce qui permettra de vacciner 150 millions de personnes à raison de deux injections par individu.
Les 27 États européens débourseront 16,60 euros par dose de vaccin. Mais l’UE compte 446 millions d’habitants. Il faudra donc recourir aux productions des autres fabricants en lice : quatre Chinois, un Russe et cinq Occidentaux.
Normalement, ces derniers devraient être prêts à temps pour prendre le relais. Passée la bonne nouvelle, une question se pose : la vaccination contre le Covid doit-elle être rendue obligatoire ? Mardi, Yannick Jadot, potentiel candidat des écologistes à la présidentielle s’est montré catégorique.
Il faut qu’il soit obligatoire ? Oui. Oui ?
Oui. Pour le communiste Sébastien Jumel, il n’y aura pas besoin de forcer qui que ce soit. J’imagine que l’adhésion des Français à pouvoir être protégés par un vaccin sera massive et que dans la patrie de Pasteur, quand on se protège soi-même on protège l’autre.
Donc la généralisation du vaccin et donc le caractère obligatoire du vaccin ne se posera pas parce que les Français y adhèreront. C’est faire peu de cas de l’écho que rencontre le discours anti-vaccination. Selon l’IPSOS, seulement 54 % des Français accepteraient de se faire vacciner au cours de la première année suivant la commercialisation du vaccin.
Parmi ceux qui refusent, 32 % redoutent les effets secondaires que pourraient provoquer les adjuvants. Je crois qu’il faut que le débat soit dès maintenant posé. Je le dis d’autant plus qu’un certain nombre d’éléments circulent sur les réseaux.
Entre ceux qui sont complotistes et qui sont persuadés que tous les vaccins de toute façon sont mauvais, ceux qui sont persuadés que déjà c’est une façon d’asservir le monde, que de mettre la Covid à circuler partout plus ceux, 25%, qui refusent tout vaccin. Vous voyez bien qu’il y a un moment le débat doit être autrement que par les réseaux et public. Donc oui je n’en suis pas encore à cette conclusion d’une obligation mais il faut vraiment se poser la question.
Je le disais au début de ce sujet, il ne sera pas possible dans l’immédiat de vacciner tout le monde. Il va donc falloir déterminer les publics cibles. Et la chose est moins simple qu’il n’y paraît.
Moi je ne suis pas contre un vaccin obligatoire, mais faut-il savoir à qui il s’adresse. Parce que si c’est un vaccin qui vous empêche de l’attraper, il faut prioritairement vacciner les personnes fragiles. Les personnes âgées, les personnes qui ont des pathologies particulières.
Et si c’est un vaccin qui empêche de le transmettre, c’est un vaccin qu’il faut donner plutôt aux plus jeunes. Les adversaires de la vaccination pourront toujours se tourner vers la droite de la droite. On s’y montre nettement plus compréhensif.
Moi je suis attaché aux libertés individuelles, et je pense que autant on peut faire en sorte d’inciter très favorablement, très fortement, les populations exposées, les personnes âgées mais aussi les soignants à se faire vacciner, autant l’aspect obligatoire d’un vaccin me heurte même intellectuellement. Je me méfie beaucoup j’aimerais déjà qu’on rende aux médecins la liberté de prescrire les médicaments qui peuvent soigner qui ne font pas de mal. C’est-à-dire la chloroquine ?
Bien sûr. Il y a un milliard d'habitants qui l’ont et nous on n’a pas le droit. Le vaccin je me réjouis que la science avance mais on en est encore très loin, et de là à le rendre obligatoire c’est un pas que je ne franchirai pas.
Pfizer et BioNTech ont prévu de fabriquer près d’un milliard et demi de doses en 2021. La grande inconnue reste cependant la capacité d’accès des pays pauvres au vaccin. Car l’éradication définitive du Covid passe par une vaccination planétaire.
C’est un devoir d’humanité. Et c’est une contrainte prophylactique. Ne serait-ce que par égoïsme, les pays industrialisés doivent permettre la diffusion la plus large du vaccin.
Avec le confinement qui pourrait bien se prolonger au-delà des fêtes de fin d’année, le serpent de mer du vote par correspondance resurgit. Supprimé en 1975 en raison du volume de fraudes qui l’accompagnait, en particulier dans les établissements accueillant des personnes âgées le vote par correspondance connaît un regain de faveur inattendu dans les allées du pouvoir. La raison ?
Les élections américaines. 65 millions de citoyens américains ont voté à distance sans qu’aucun cas de fraude ne soit avéré à ce jour. S’il y a une seule leçon à tirer de tout cela c’est que la progression de l’abstention de scrutin en scrutin n’est pas une fatalité, que la France peut elle aussi traverser les crises sans avoir à mettre la démocratie à l’arrêt et que nos concitoyens ne doivent pas avoir à choisir entre l’expression de leurs droits civiques et leur santé.
Le Modem, premier partenaire du parti présidentiel avait déposé en juin une proposition de loi pour mettre en place “le vote à distance”. Il attend toujours qu’elle soit examinée. Mais le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, se montre réticent.
À cause des fraudes possibles, mais aussi des pressions qui pourraient s’exercer sur les électeurs. Nous ne sommes pas capables aujourd’hui, au ministère de l’Intérieur en tout cas mais la réflexion peut se poser, d’être sûrs que ce scrutin, comme le scrutin électronique, soit entièrement incontestable vu que effectivement des cas de fraude peuvent être relevés. Nous avons fait le choix de l’isoloir, de l’urne, et des préaux d’école pour caricaturer.
Pour la bonne et simple raison c’est qu’il y a quelque chose d’extrêmement fort dans le scrutin électoral français c’est qu’un tiers ne peut pas faire de poids communautaire, du fait du mari va vers sa femme, sa femme va vers son mari ou d’une personne sur une autre, du père sur ses enfants, par exemple, la mère sur ses enfants, pour voter librement dans un isoloir. Pourtant, le vote à distance a été utilisé en 2012 pour élire les 11 députés représentants les Français de l’étranger. 130 000 électeurs ont ainsi voté par internet.
Et, en mai 2021, d’autres ressortissants français devraient faire de même. Les Français de l’étranger, notamment aux élections consulaires qui vont se tenir au printemps prochain, auront la capacité de voter par le vote électronique. Ca s’est déjà fait au moment des élections législatives en 2012, ça avait été supprimé en 2017, ça pourra tout à fait être valable pour d’autres élections mais je pense que les temps évoluent, la situation sanitaire étant ce qu’elle est, il faut regarder tous les moyens mais encore une fois moi je pense que la véritable vitalité et la participation citoyenne se fera en fonction de la qualité du débat démocratique que l’on a dans le pays.
À droite, Gérard Larcher, le président du Sénat a appelé “à travailler sur le vote par correspondance” dans un entretien accordé au Figaro. Comme l’a dit le président Larcher je pense que c’est une piste qui peut être étudiée, examinée, mais sur laquelle il ne peut y avoir aucun doute en matière de procédure. Et aujourd’hui il y a encore des doutes et des incertitudes.
Et puis enfin je rappelle aussi que rien ne remplace la démocratie vivante. Celle de proximité, celle du contact. Mais le vote par correspondance suffira-t-il à remobiliser les abstentionnistes ?
Pas sûr. Car le problème de fond, ce n’est pas tant la façon de voter que la possibilité de mener campagne. Venir voter on peut le faire, on peut aller tous faire nos courses au supermarché.
Il ne faut pas raconter d’histoire aux Français. Par contre ce qui est impossible aujourd’hui c’est faire campagne. Se réunir dans des cafés, faire du porte-à-porte, réunir des gens, distribuer du papier, etc.
Le vote par correspondance ne règle pas cela. Mener campagne. Certes.
Encore faut-il que les Français retrouvent confiance dans les institutions. La solution à une crise démocratique repose rarement sur une solution technique. Il faut évidemment multiplier les occasions de redonner confiance au peuple, de croire en ses dirigeants.
Peut être que l’une des solutions c’est que les dirigeants s’occupent du peuple. Aujourd’hui, toutes les décisions importantes sont prises dans un Conseil de défense à la botte du président de la République. La crise de la démocratie représentative a encore de beaux jours devant elle.
Pour la 3e fois, Jean-Luc Mélenchon est candidat à la présidentielle. Il l’a annoncé dimanche au 20 heures de TF1. Quand tout va mal, et que ça semble être nuit noire pour beaucoup de gens qui ne trouvent pas leur compte dans la brutalité de cette société, il faut allumer une lumière pour qu’on se dise “il y a un bout au tunnel”.
Je suis prêt, et je propose ma candidature. Mais, il y a un mais, je demande une investiture populaire. Par conséquent, je serai candidat définitivement si et seulement si j’ai recueilli 150 000 signatures de parrainage.
Ce matin, le compteur du site “Nous sommes pour” avait atteint les 142 000 signatures. Mais pour les adversaires de Jean-Luc Mélenchon, le pari était gagné d’avance. Jean-Luc Mélenchon fait ce qu’il fait de mieux, parler de lui-même.
Attention vous avez oublié de le dire, il a conditionné son engagement à un soutien populaire massif. Il a dit “je suis candidat mais il me faut 150 000 personnes qui viennent dire qu’ils m’aiment sur un site internet”. Il les a presque là.
Bah il les a presque parce que 150 000 c’est ridicule, nous le savons tous, ça fait 2% des électeurs qu’il a eu il y a 5 ans. Sur le papier, le raisonnement se tient. Mais la logique politique est plus complexe qu’une opération arithmétique : Vous savez j'ai l'expérience de la dernière élection présidentielle.
On avait réuni en 24 heures pas tout à fait 20 000, là on est à plus de 100 000. On avait mis presque 3 mois à réunir 100 000 soutiens. J'invite tous ceux qui nous critiquent à essayer de faire de même.
Ces derniers mois on a pullulé en appels et ces appels généralement ont réuni quelques dizaines de milliers de signataires. 20 000 pour certains, monsieur Joffrin, vous le connaissez, qui a fait un appel large dont on pensait qu’il était peut être un peu en soutien pour le retour de monsieur Cazeneuve ou Hollande a réuni après 6 mois 50 000 signataires. Nous en 24 heures on fait le double.
Peut-être faut-il voir dans ces échecs à répétition l’explication de la réaction violente d’Olivier Faure à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous savez ce qu’Emmanuel Macron a pensé hier de cette déclaration de Jean-Luc Mélenchon ? Moi je vais vous le dire.
Je vais vous le dire. Le chef de l’État il s’est ouvert une bonne bouteille. Le premier secrétaire du PS estime en effet que Jean-Luc Mélenchon rend impossible la désignation d’un candidat unique de la gauche.
Il diviserait son camp. Olivier Faure oublie cependant de préciser que le candidat de la France insoumise est, dans les sondages, celui qui rassemble le plus. Quand Olivier Faure nous critique, je me dis qu’on a sans doute raison.
Parce qu’Olivier Faure c’est François Hollande, comme je le disais, les petites blagues en moins. C’est celui qui, je m’en souviens très bien, en 2017 avait demandé à ce que Benoît Hamon se maintienne coûte que coûte pour faire gagner Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon entame une longue marche dans un pays qui ressemble de plus en plus à un champ de ruines.
Crise sanitaire, crise sociale et économique, terrorisme, effondrement des institutions, crise morale… La France aspire à autre chose. Jean-Luc Mélenchon fait le pari d’incarner cette alternative. Il lui reste à convaincre l’ensemble des Français.
Ce n’est pas hors de sa portée.
Jean-Luc Mélenchon