Au G7, Emmanuel Macron tente de rassurer ses partenaires - Reportage #cdanslair du 14.06.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse directe
Rassurer les Français et ses partenaires, est-ce la priorité d'Emmanuel Macron au G7 ?
- 0:44OuverteRéponse partielle
La Macronie semble sonnée après les clichés de dimanche, pourquoi ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Macron a recréé un duel gauche-droite extrême, est-ce une stratégie ?
- 4:28OuverteRéponse partielle
Au second tour, si Front populaire contre RN, quel choix pour la Macronie ?
- 7:53OuverteRéponse directe
La photo de Macron sera-t-elle sur les affiches Renaissance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« Il n'y a rien qui est remis en cause du tout. »
- 0:21Invité politiqueFait
« Et donc les choses avancent comme elles ont été décidées. »
- 0:32Invité politiquePromesse
« le président de la République ne changera pas jusqu'à l'été 2027. »
- 0:54Locuteur non identifiéFait
« C'est sa prérogative. Je suis Premier ministre. »
- 1:51InvitéFait
« Avec vraiment de la peine pour la France. »
- 1:54InvitéFait
« Voir que des partis politiques de gauche peuvent encore proposer un programme qui est aussi décalé par rapport à la réalité du monde. »
- 2:03InvitéFait
« Quand je regarde du côté de l'extrême droite, je vois un programme qui est tissé de mensonges. »
- 6:13InvitéChiffre
« 66% de participation, ça fait un ticket d'entrée à 18%. »
- 6:47InvitéChiffre
« donner une majorité absolue pour la majorité »
Temps de parole
- Invité19 %
- Présentateur16 %
- Invité 216 %
- Invité 312 %
- Présentateur 211 %
- Invité 410 %
- Invité 55 %
- Emmanuel Macron5 %
- Locuteur non identifié3 %
- Locuteur non identifié 22 %
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Un président décontracté, tout sourire au milieu des grands de ce monde. C'est l'image que veut montrer Emmanuel Macron en pleine négociation du G7. Rassurer les Français, rassurer aussi ses partenaires, notamment le président Zelensky.
Il n'y a rien qui est remis en cause du tout. Et donc les choses avancent comme elles ont été décidées. Ce n'est pas un hasard si c'est le président de la République et pas le Premier ministre qui est au G7, qui est dans ses sommets internationaux. C'est que la parole de la France est engagée par le président de la République. Et je vous rassure, le président de la République ne changera pas jusqu'à l'été 2027.
La confiance du président. Contraste saisissant avec la fébrilité, visible sur ses clichés, pris dimanche dernier par la photographe de l'Elysée. La Macronie comme sonné. Le président vient d'annoncer à son entourage la dissolution de l'Assemblée.
C'est sa prérogative. Je suis Premier ministre. Moi, mon rôle, une fois que cette décision est prise, c'est de mener campagne. Il vous a peut-être demandé votre avis. Comment ? Il vous a peut-être demandé votre avis. Il a pris... Non, il m'a annoncé sa... Il ne vous a pas dit, j'envisage deux. Qu'est-ce que tu en penses ? Il m'a dit qu'il avait décidé de dissoudre l'Assemblée nationale. Depuis temps blanc, comme ça ? C'est encore une fois, les institutions... Non, non, c'est son droit, oui. Non, mais de but en blanc, il ne vous a pas dit, j'envisage deux. Il m'a annoncé son choix.
Malaise dans la majorité. Sur de nombreuses affiches de campagne, plusieurs tracts de candidats, pas de photos d'Emmanuel Macron. Certains effacent même toute mention du parti présidentiel. Comme Clément Beaune, ancien poids lourd de la Macronie. La méthode ? Se détacher du bilan des sept dernières années et surtout taper sur les oppositions.
Je le dis avec plus que de la gravité. Avec vraiment de la peine pour la France. Voir que des partis politiques de gauche peuvent encore proposer un programme qui est aussi décalé par rapport à la réalité du monde. Ça me consterne. Quand je regarde du côté de l'extrême droite, je vois un programme qui est tissé de mensonges. Donc ce n'est pas mieux. Je dis simplement à nos électeurs, aux électeurs de centre-droite, aux électeurs de centre-gauche, il y a encore une possibilité de résistance.
Résister, mais progressivement s'éloigner. Hier, dans le Figaro, Édouard Philippe a revendiqué une certaine indépendance pour son parti dans le cadre de la campagne.
Cécile Cornu, des questions téléspectateurs, c'est Sébastien dans la Loire. Finalement, Macron a réussi à recréer le duel gauche-droite, mais en version extrême. C'est exactement ça, avec le risque de dissoudre pour le coup son centre, ce qu'il avait construit. Aujourd'hui, la Macronie, pour continuer avec votre reportage, est dans un état terrible. Ils sont complètement déboussolés. Les députés, déjà, évidemment, ils ont perdu du jour au lendemain leur travail, mais les ministres, Gabriel Lattal, vous montriez... Il avait l'air sonné. Il avait l'air sonné. Manifestement, il a hésité à démissionner toute la journée de lundi.
Donc, il a mis 24 heures avant de retomber un peu sur ses pieds et de se dire, bon, je vais partir en campagne parce que ce ne serait pas compris. Bruno Le Maire, dans le Figaro, a laissé entendre qu'il arrêtait la politique après ces élections, qu'il allait faire autre chose. Ils sont tous complètement désarçonnés. Et vous avez des campagnes parallèles. Donc, il y a Gabriel Lattal qui mène une campagne malgré tout. Finalement, il y retourne. Il y retourne. Pourquoi alors ? Alors, lui, il y retourne parce qu'il est jeune et il veut rester en politique. Et il se dit que, voilà, son image à lui n'est pas trop abîmée. Mais on sent qu'il fait sa campagne avec ses mesures.
D'ailleurs, il propose... Est-ce qu'ils en veulent au président, disons ? Ils en veulent, mais incroyablement. Non, ils parlent de rupture. Ils ont l'impression qu'il a aussi dissous ses proches. Que comme il n'a pas accepté ce résultat de dimanche dernier, il leur a dit, c'est de votre faute et dégagez tous. C'est comme ça qu'eux le vivent, en tout cas. Vous avez Édouard Philippe qui mène sa propre campagne. Il n'a pas voulu rejoindre ensemble, contrairement aux dernières législatives. Il fait sa propre action de débauchage de député de LR qu'il va mettre sous sa bannière. Il n'était même pas à la conférence de presse d'Emmanuel Macron.
Donc chacun fait sa campagne dans son coin pour essayer de sauver les quelques meubles qui vont rester de ces désastres qui s'annoncent. Sans parler, Louis Osalter, maintenant régulièrement, Gabriel Attal, on lui a posé la question, alors au second tour, si c'est le Front populaire contre l'extrême droite, vous choisissez qui ? Tout le monde doit, et sommet, de répondre à ce qui n'est plus une théorie fantaisiste. Oui, ça c'est un grand tiraillement en Macronie, un de plus parce qu'il n'y a pas d'accord là-dessus. Il y a une aile gauche un peu issue du Parti Socialiste d'avant qui va dire barrage au RRF dans tous les cas.
Par exemple, elle l'a dit publiquement, mais elle est en désaccord, je peux vous le dire, avec tout un pan de la Macronie pour laquelle il n'est pas question de voter pour un insoumis, par exemple, et qui donc s'apprête à dire ni-ni en cas de second tour où il ne sent pas présent entre un insoumis et le Rassemblement National. Ils seront plus portés à aller voter pour des candidats PS à gauche, les Républicains à droite. Donc ça aussi, c'est une des choses qui risque de voler en éclats et d'ajouter de la rupture à la rupture et de la violence à la violence dans le camp présidentiel.
En fait, ce qui risque de leur arriver, c'est exactement ce qu'ils ont fait subir à ce qu'ils appelaient le vieux monde politique en 2017, le balayage complet, parce qu'il y a un risque d'effacement de la Macronie avec ses législatives. Dans beaucoup de circonscriptions, au second tour, vous pourrez effectivement avoir un duel entre une gauche reconstituée en bloc et un Rassemblement National qui en plus bénéficie de l'appui de Ciotti et de l'appui d'une partie des Républicains.
Et là, les macronistes qui, en campagne, ne mettent pas la photo d'Emmanuel Macron sur leur track, qui ne mettent pas le logo de Renaissance, qui misent tout sur leur implantation pour une campagne à laquelle, encore une fois, ils n'étaient pas préparés, puisque eux aussi ont été surpris par la décision du Président, ces macronistes risquent le grand effacement fin juin, c'est-à-dire dès le premier tour, s'il n'y a pas d'effet de campagne qui leur permettent de redresser là-bas. Et en plus, on parle beaucoup de duels, mais si la participation est élevée, il y aura énormément de triangulaires. 66% de participation, ça fait un ticket d'entrée à 18%.
Compte tenu de ces trois blocs, il y aura beaucoup. Alors, il y aura peut-être des désistements, etc. Donc, ce qui est très compliqué pour la région... On a une idée d'ailleurs de ce à quoi pourrait ressembler l'Assemblée nationale au soir du 7 juillet. Il y a déjà des produits... Alors, l'IFOB s'est refusé à faire des projections, puisque l'offre électorale n'est pas connue. Elle sera connue définitivement dimanche à 18h. C'est la semaine prochaine que les projections seront sérieuses. Les premières projections sur étiquette faites en 2022, donner une majorité absolue pour la majorité, et ça devrait nous inciter à une très forte prudence de ce point de vue-là.
Mais ce qui est très compliqué, c'est un double risque. D'abord, un risque d'invisibilisation. C'est l'extrême droite contre l'extrême gauche, quand on entend Marine Le Pen, c'était notre débat précédent, et une guerre sur deux fronts pour la Macronie, pour la majorité présidentielle, avec en plus, on est beaucoup moins en ordre de bataille qu'en 2022, beaucoup moins en ordre de bataille qu'en 97, où la droite a bien sûr perdu, mais les premières semaines de campagne s'étaient bien passées, et tout le monde suivait de ce point de vue-là. Cette prise en étau peut être extrêmement compliquée.
Donc on voit un Emmanuel Macron lâché par les siens, qui va tout droit vers la défaite, et qui pourtant a un moral à toute épreuve. Hier, il avait l'air en pleine forme au G7. Il va vers les journalistes. Regardez, on va regarder la scène.
Mesdames et Messieurs, vous allez bien ? Bonjour ? Oui, je vais me mettre là. Alors, je suis à vous. Peut-être en deux mots. Je voulais vous voir ce soir pour résumer un peu les discussions de la journée.
Anne-Charlène Bézina, il faut avoir un côté acteur, parce qu'on se dit qu'il doit être quand même sonné par ce qui lui arrive. Question téléspectateurs, la photo d'Emmanuel Macron sera-t-elle sur les affiches des candidats Renaissance ? On en est là maintenant.
Alors, pour répondre à toutes ces questions en même temps, la première, c'est qu'il aurait été difficile de faire autrement. Il reste le président de la République de la France. Il a même fait savoir qu'il ne quitterait pas la présidence à la suite d'une cohabitation. Donc, il a intérêt à démontrer qu'il a l'air insolide et que, surtout à l'international, il est l'homme de la situation. Donc, c'est vraiment, en effet, la théâtralisation. Et peut-être que c'est le moins déstabilisé de la Macronie aussi, puisque c'est le seul à avoir appuyé sur le bouton. N'oublions pas ça. C'est lui qui dissout la Macronie dimanche soir.
Parce qu'en quelque sorte, il dit qu'il n'y a plus de « en même temps possible », puisqu'il faut maintenant passionner, extrémiser, en quelque sorte, les positions pour être entendus. Donc, il y a une extrême faiblesse de son parti, le fait de ne pas avoir d'attachement territorial, et il appuie complètement là-dessus. L'idée d'effacer sa tête sur les affiches de campagne, c'est une manière aussi de territorialiser beaucoup l'élection législative. Ça, c'est historique. Il faut savoir qu'en France, on appelait les législatives les cantonales, parce que, précisément, c'est des élections de proximité. Donc, c'est une forme de côté malin, on va dire, de ces élections.
Et puis, en fait, on oublie aussi que la majorité, elle était déjà coalisée. Modem, Horizons, et chacun va récupérer ses identités. Donc, il reste très peu de choses. Et n'oublions pas aussi, on fait comme s'il n'y avait pas de campagne. À partir de dimanche, les partis vont se lancer en campagne, et aussi en campagne de deuxième tour. Et c'est là que ça va être intéressant, parce qu'il va forcément falloir choisir entre des opposants. Et là, la structuration de l'offre, qui sera celle des législatives après, enfin, de l'Assemblée nationale après, elle va être très importante. C'est ce deuxième tour qui va vraiment, peut-être, créer la mort d'un des trois blocs.
Emmanuel Macron