Eric Zemmour sur CNEWS et Europe 1 : La « taxe anti-Zemmour » est une nouvelle censure
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Bonjour à tous et bienvenue à vous. Bonjour Éric Zemmour. Bonjour. Merci d'être là. C'est votre grand rendez-vous ce dimanche. Nous vivons un moment d'accélération sur la scène internationale et européenne, avec une situation en Ukraine de plus en plus incontrôlable, mais aussi en France, avec de nombreuses questions, bien sûr, sur la situation sociale, économique, sécuritaire, l'école aussi. Notre pays, confronté à de nombreux défis, cherche encore la parade. Alors y a-t-il des raisons d'espérer un sursaut salutaire, malgré votre diagnostic du grand endoctrinement, ou bien la situation est-elle, selon vous, irrécupérable ?
Pour vous interroger sur tous ces sujets, mes camarades, Nicolas Barret-Deséchos, bonjour à vous Nicolas.
Bonjour Sonia.
Et le penseur et sociologue Mathieu Boccote. Bonjour Mathieu. Bonjour. Éric Zemmour, la situation en Ukraine reste instable et inquiétante. L'explosion sur le pont de Crimée, ajoutée à cette angoisse d'escalade, certains jugent que le monde n'a jamais été aussi près d'un conflit nucléaire depuis la fameuse crise des missiles de 62. Joe Biden parle même. Alors c'est un risque d'apocalypse nucléaire. Est-ce que c'est aussi votre avis, votre analyse ?
C'est très difficile de répondre à cette question. On espère tous que non, évidemment. On peut penser que les responsables russes et américains d'ailleurs ont l'habitude de gérer les problèmes nucléaires et qu'on sait bien que ça doit rester dans l'ordre de la dissuasion. Bon, maintenant, c'est vrai que la logique de guerre que nous a apprise Clausewitz il y a longtemps, c'est la montée aux extrêmes. Donc on est entre ça, entre cette montée aux extrêmes traditionnelle. On voit bien là qu'il y a encore une étape supplémentaire avec le pont de Crimée qui a été attaquée. Et en même temps, le plafond nucléaire, on sait qu'on ne doit pas aller jusque-là. Donc comment on fait entre les deux ?
Est-ce que les Russes vont finir par utiliser du nucléaire dit tactique ? On n'en sait rien tout ça en fait. Vous savez, je pense que là, la situation est grave parce qu'il y a eu un mauvais diagnostic. Alors j'ai dit longtemps pendant la campagne et après pourquoi je pensais qu'on avait eu tort de ne pas donner les assurances à Poutine que l'Ukraine ne rentrera jamais dans l'OTAN. Mais cette histoire est révolue, elle est passée. Aujourd'hui, on voit bien toutes les erreurs stratégiques et tactiques qu'a commise Vladimir Poutine. Et il a d'abord sous-estimé l'armée ukrainienne, même le sentiment patriotique ukrainien qui s'est, on voit bien, forgé dans cette guerre.
Comme souvent dans les guerres d'ailleurs. On se souvient de l'Allemagne face à Napoléon, on se souvient même des Palestiniens face aux Israéliens. Il y a un sentiment national qui se crée dans les guerres. Et là, on voit bien qu'il y a un sentiment national ukrainien qui s'est forgé dans les guerres. Et par ailleurs, Poutine a surestimé sans doute la force de son armée et même il a sous-estimé la résistance des Européens. Il n'a pas compris que les dirigeants européens étaient beaucoup plus soumis à leurs opinions, paradoxalement, qu'à leurs intérêts. Il a perdu le contact avec le réel en quelque sorte ? Vous savez, est-ce qu'on a perdu le contact ? Je n'en sais rien.
En tout cas, il a fait des mauvaises analyses. Voilà. Vous savez, le réel, après on le voit au fur et à mesure. S'il avait gagné en trois jours, on aurait dit qu'il avait tout compris, etc.
Mais l'envers de la montée aux extrêmes, c'est la recherche potentielle de la paix. Or, certains diront qu'en ce moment, il n'y a pas de paix possible s'il n'y a pas de changement de régime. Partagez-vous cette analyse.
Je pense que cette analyse est conduite, alors là, vraiment à l'apocalypse. C'est d'ailleurs étonnant, parce qu'on voit des gens qui sont plus anti-poutiniens qu'ils ne furent anti-communistes. C'est-à-dire que jamais, au temps de l'affrontement dans la guerre froide, évidemment, les gens n'ont demandé, même les plus anti-communistes qui soient, ont demandé le changement de régime communiste. Il leur est venu par miracle, si j'ose dire. C'est les Russes et les Soviétiques qui ont aboli ce régime. Ce ne sont pas les Occidentaux qui l'ont demandé, qui l'ont obtenu. Et là, on voit, on dit, si on ne peut pas y avoir de paix, s'il n'y a pas de changement de régime.
Évidemment que ce n'est pas du tout dans la tradition française. La tradition française ne connaît pas les régimes, elle connaît les États. Donc d'ailleurs, Emmanuel Macron le fait. D'ailleurs, Emmanuel Macron le fait. Vous avez vu, il est dans cette logique française. Il garde le contact avec Poutine, même s'il se fait remonter les bretelles par les pays de l'Est et par les Américains. Il le fait. Le problème, c'est qu'il ne va pas plus loin que ça. Mais il le fait parce qu'il est dans cette logique. Il y a évidemment, ça serait une folie que d'exiger le changement de régime pour obtenir la paix.
Évidemment, si on ne peut pas l'exiger, il faut l'obtenir, ce changement de régime. Que reste-t-il ? Est-ce que les Occidentaux doivent pousser l'Ukraine à accepter le sacrifice des territoires de l'Est que la Russie vient d'annexer ?
Vous savez, dans cette histoire, c'est la guerre qui va décider. D'ailleurs, c'est toujours comme ça dans l'histoire. C'est la guerre qui tranche. Est-ce que l'armée russe va... J'ai vu qu'elle avait changé de commandant-chef, etc. Est-ce qu'ils vont réussir à reprendre l'offensive et à repousser les assauts de l'armée ukrainienne ou au contraire, est-ce que l'armée ukrainienne va continuer à l'emporter ?
Ça dépend aussi des livraisons d'armes, de l'aide américaine.
Oui, mais de toute façon, vous avez vu que l'aide américaine est colossale. L'aide américaine est colossale. Vous avez un doute sur l'issue de la guerre ? Non, je n'ai pas... Je vous dis non. C'est ça qui va trancher, c'est ça qui va choisir. On ne peut pas choisir à la place de la guerre, si j'ose dire. Ce n'est pas nous qui allons décider. D'ailleurs, la défaite de la Russie, la défaite totale de la Russie, qui rappellerait la catastrophe pour les Russes de la défaite face aux Japonais en 1905, qui avait fini au long cours par entraîner la chute du Tsar. Donc vous voyez, c'est lié, la défaite militaire et la chute du régime.
C'est une histoire qui va s'écrire.
Exactement.
Vous avez déjà confessé avant l'invasion une certaine sympathie pour la critique que Poutine faisait de l'Occident. En tous les cas, vous avez un discours parfois très dur sur l'Occident. Poutine a cette rhétorique d'un Occident affaibli, décadent. C'est peut-être justement pour revigorer le sentiment national. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette charge ?
J'ai vu son discours, son long discours. J'ai trouvé ça intéressant comme observateur français, parce qu'après tout, nous, on est Français, on regarde ça de l'extérieur, parce qu'il a fait pour nous un discours à la fois de gauche et de droite. C'est-à-dire qu'il a tenu un discours anticolonialiste. On pourrait dire que c'est plutôt un discours de gauche sur la tradition, si j'ose dire, colonialiste occidentale, en oubliant d'ailleurs que lui-même et les Russes avaient une très grande tradition coloniale et pour cause. Et par ailleurs, il a fait une critique qui, là, effectivement, est la mienne. Vous avez tout à fait raison.
C'est la critique de la décadence occidentale par l'islamisation, par les woke, surtout. Par le développement de cette idéologie woke, de cette religion woke, qui privilégie toujours les minorités sur la majorité, qui privilégie toujours un discours anti-hommes blancs hétérosexuels, qui manifestement affaiblit, d'abord affaiblit l'intelligence occidentale, parce que cette religion woke a d'abord pris dans les universités.
Et ça veut dire qu'il a touché là où ça fait mal ?
Exactement. Là-dessus, il a touché tout à fait. Si vous voulez, son discours était à deux destinations, vous avez bien compris. Aux pays africains et aux pays anciennement colonisés, il dit « Regardez l'Occident, c'est toujours des colonisateurs, des méchants colonisateurs. » Et d'ailleurs, on le voit en Afrique, comment il est en train de donner des coups de boutoir à la présidence française. Donc ça, ça marche, en fait, ce discours. Ah oui, vous voyez, ça marche. Le discours anti-français marche, le discours anti-cousidentaliste marche. Tout à fait, vous avez vu en Afrique, encore en Burkina Faso, où ils vont encore chasser l'armée française.
Mais il y a un avant et un après l'évasion pour ce discours. C'est-à-dire, si avant l'évasion, certains en Occident pouvaient être séduits par ce discours, aujourd'hui, c'est une volonté de sa part d'exciter les opinions, de les manipuler. Je vais vous dire, vous avez peut-être raison, mais je pense qu'il a échoué là-dessus.
Les opinions occidentales sont pro-ukrainiennes. Elles sont anti-russes, manifestement. Qu'on dise qu'elles sont manipulées ou pas manipulées, peu importe. En tout cas, il a échoué. En revanche, je pense qu'il vise les opinions africaines, les opinions indiennes, les opinions non-alignées. Et d'ailleurs, ça marche, ça, pas trop mal. Bon. Et en revanche, son discours woke, anti-woke, pardon, là, ça adresse effectivement à une partie des opinions occidentales. Mais nous étions convaincus, avant, on n'avait pas besoin de ce discours de Poutine pour dénoncer l'idéologie woke, ce que j'ai encore fait dans ma tribune récente, dans le Figaro.
C'est très intéressant. Vous dites que les opinions européennes, occidentales sont pro-ukrainiennes. De quel discours, de quelle valeur se nourrissent-elles ? Parce qu'il faut opposer quand même un récit à Vladimir Poutine qui donne ses coups de boutoir à notre civilisation, parce qu'il y voit une forme de choc des civilisations entre la Russie et l'Occident.
Oui. Je pense que, d'abord, les opinions européennes, et en particulier françaises, sont toujours pour les petits contre les gros. Ça, c'est un classique. Vous savez...
Il y a le petit et le gros dans tout cela, parce que derrière l'Ukraine, il y a les États-Unis.
L'Ukraine est petit par rapport à Poutine.
Il y a quand même l'Occident aussi.
Bien sûr. Mais on n'est pas en guerre avec la Russie. Donc là, il y a une guerre...
Le pensez-vous vraiment ? On n'est pas en guerre contre la Russie ?
Non, on n'est pas en guerre. On est au limite de la pro-billigérance, comme disent les diplomates.
Mais cette frontière est encore présente ?
Écoutez, en tout cas, il n'y a pas d'affrontement direct entre des soldats occidentaux et des soldats russes.
Donc lorsque Poutine dit « Nous sommes en guerre, non pas avec l'Ukraine, mais avec l'Occident », vous vous dites « Non, cette analyse est fausse ». En tout cas, si vous voulez, lui, de son point de vue...
Lui, de son point de vue, il veut dire que l'Ukraine n'est pas son ennemi, puisque c'est le même peuple. On connaît sa logique. Et donc, il n'est en guerre qu'avec l'Occident, qui l'agresse, etc. Mais ce n'est pas notre logique, et ce n'est pas, et ce n'est plus grave pour lui, la logique ukrainienne. Puisque là, finalement, les Ukrainiens, je vous dis, ont révélé un sentiment national qui n'était pas évident. On a vu une alliance cette semaine entre, disons, l'OPEB, Ben Salmane, l'Arabie saoudite, et Poutine. Qu'est-ce qu'il faut en penser ? Est-ce qu'il faut continuer à parler avec l'Arabie saoudite ? Dans le cadre de la crise de l'énergie qu'on...
Moi, tout d'abord, je vous répète, je m'inscris dans la tradition française, et la tradition gaullienne, en l'occurrence, c'est qu'on parle aux États et on ne s'occupe pas des régimes. Sinon, on ne parlera à personne, à part les Suédois et les Allemands, et encore. Donc ça, ce n'est pas possible. Donc ça, évidemment, qu'il faut parler avec Ben Salmane, avec... En revanche, ce que ça note, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est que le discours russe ne marche pas auprès des opinions occidentales. En revanche, il peut marcher auprès d'autres. En l'occurrence, l'Arabie saoudite a montré, au grand dam des Américains d'ailleurs, son indépendance.
C'est-à-dire que nous sommes sortis du fameux accord, vous savez, de 1945. Vous avez vu tous les fameuses images de Roosevelt, malade, mourant, arrivant, mais faisant le voyage quand même pour aller sceller l'alliance avec le chef d'Arabie saoudite. Manifestement, on est sortis de ça. L'Arabie saoudite a pris son indépendance, fait ce qu'elle veut, et voit d'abord ses intérêts, et ses intérêts, c'est d'augmenter le prix du pétrole. Donc ça veut dire que Poutine a gagné sur ce... Oui, il n'a eu que des défaites depuis des mois. Là, c'est plutôt une victoire géopolitique et économique, puisque lui, il dépend beaucoup, évidemment, du prix de son...
de la vente de son pétrole, de la vente de son gaz, etc.
Est-ce que les sanctions sont efficaces sur lui ? Parce que pour l'instant, nous observons, on va en parler, la crise énergétique en France. Est-ce qu'il faut poursuivre ces sanctions ? Est-ce qu'elles visent juste...
Si vous voulez, on nous dit que ces sanctions affaiblissent la Russie, je veux bien le croire.
Vous le croyez ? Vous le pensez ou pas ?
Sincèrement, je pense que la Russie a trouvé d'autres clients. Alors, on me dit que je lis qu'il le vend moins cher à l'Inde, il le vend moins cher à la Chine, qu'évidemment, ses acheteurs en profitent pour faire baisser les prix, mais il n'empêche qu'ils trouvent des acheteurs. Je crains que toute cette ambiance, toutes ces sanctions, créent aussi une crise économique en Europe, qu'elle aggrave des décisions infondées, si je serais ravi d'en parler, en particulier sur l'énergie.
On va en parler, on va marquer une courte pause. Vous nous direz aussi ce que vous pensez de ces appels à la responsabilité en France, au rationnement, à la sobriété énergétique. Nous parlerons aussi d'école et d'immigration et de sécurité. A tout de suite, une courte pause et on se retrouve. Et merci à vous d'être avec nous en direct avec notre invité, le président de Reconquête, Éric Zemmour. Et la première question de cette partie vous est posée par Mathieu Bocoté.
Alors, la crise en Ukraine entraîne ou favorise à tout le moins une crise de l'énergie en France aujourd'hui, au point où plusieurs ministres en viennent à développer, appelons ça une politique de la petite laine, en expliquant aux Français comment s'habiller pour traverser l'hiver et ainsi de suite, en les appelant ne pas paniquer au moment de faire leur plein d'essence. Est-ce que ces appels à la responsabilité sont nécessaires ?
Écoutez, moi, je suis un peu agacé par ce grand cirque de « mettez un pull, mettez votre petite laine, etc. » J'avoue que j'aurais aimé que les responsables politiques, puisqu'on les appelle comme ça, soient moins irresponsables. Parce qu'il faut arrêter de dire que c'est la crise en Ukraine, c'est la guerre en Ukraine qui provoque toute cette catastrophe, ces augmentations de prix, etc. Ça a été, si vous voulez, la guerre en Ukraine, c'est la mèche qui a allumé. Mais le brasier était déjà chaud, parce que tout simplement, nous avons commis des erreurs énormes. Je vais très vite, parce que c'est des problèmes techniques.
Mais l'Europe nous a imposé un système au nom de la concurrence libre et non faussée, avec une fausse concurrence, avec un faux marché et avec des fausses entreprises. Elle a imposé à EDF de vendre une partie de son énergie nucléaire à un prix ridicule pour permettre à des entreprises parasites, en vérité, qui sont venues acheter, qui l'ont revendu dix fois plus cher. De quel droit ils ont pris ce bénéfice ? Ces gens n'avaient rien fait, n'avaient rien investi. C'est EDF, c'est le capital public en plus. Ensuite, on nous a branché, les génies de la Commission européenne, nous ont branché le prix d'électricité sur le prix du gaz.
Quand le prix du gaz a explosé, alors là, à cause de la guerre en Ukraine et du conflit avec la Russie, le prix de l'électricité a explosé aussi. Il a été multiplié par dix, par cent, c'est complètement fou. Alors qu'on avait, avec le plan nucléaire des années 70, le moyen de protéger notre autonomie et de protéger notre souveraineté.
Est-ce que la guerre en Ukraine a bon dos aujourd'hui ?
Oui, la guerre en Ukraine a bon dos pour dissimuler les graves erreurs de nos dirigeants depuis vingt ans qui ont accepté l'idéologie européenne alors qu'ils devraient protéger notre souveraineté et nos intérêts. Et deuxièmement, qui ont négligé, et ça Emmanuel Macron est vraiment coupable avec François Hollande, son prédécesseur, la filière nucléaire.
Vous parlez de Fassenheim, mais aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ?
Et pas seulement.
Mais aujourd'hui, vous, aux responsabilités, qu'auriez-vous fait ? Est-ce que vous n'auriez pas quand même tenu ce discours de responsabilité, sans aller peut-être jusqu'à conseiller des cols roulés ?
J'adore les cols roulés, c'est pas le problème.
Vous pouvez les adopter, mais sur la sobriété énergétique,
c'est vraiment aussi ridicule que vous ne le dites. Mais on peut dire qu'il faut économiser l'énergie, mais je trouve que c'est mal à propos. Parce que, si vous voulez, il faudrait que les dirigeants, d'abord, reconnaissent leur faute. Et après, on peut dire aux Français, « Ah, faites attention, etc. » Dans les années 70, quand il y a la crise du pétrole, on dit aux Français, « Ne gaspillez pas, la lutte contre le gaspille », vous vous souvenez, etc. Mais en même temps, on établit un programme nucléaire extraordinaire qui, en 10 ans, va soulever de terre 58 centrales nucléaires.
Vous voulez une sorte d'inventaire ?
Oui, absolument, d'inventaire. Sur le nucléaire ? Oui, et l'énergie en général. C'est les dirigeants français et les dirigeants européens qui ont fait n'importe quoi. Et pour l'avenir, il faudrait annoncer, par exemple, pour compenser ce discours sur le rationnement, dire « On sort de l'arène ». L'arène, c'est le système dont j'ai parlé tout à l'heure. Il faudrait prendre des mesures radicales, défendre les intérêts français.
Sur le nucléaire, Emmanuel Macron, c'est un virage.
C'est en train d'être fait. Ça fait des mois qu'on m'annonce ça. Sur l'essence, là, sur cette série d'essence qui inquiète beaucoup, on voit que la CGT est en pointe dans ce conflit. Est-ce qu'au-delà du cadre total, est-ce que vous considérez qu'il y a réellement un problème de salaire en France ? Alors, effectivement, on voit que la CGT fait de l'agitation et essaye de faire parler d'elle. C'est des mesures tout à fait excessives et qui ne doivent pas à lieu d'être dans une démocratie sociale dont on parle tout le temps. D'ailleurs, même le patron de la CFDT a fait des remontrances à la CGT.
Mais globalement, oui, je l'ai dit pendant la présidentielle, je pense que nous avons un problème de salaire en France et en particulier un problème de salaire net parce que nous avons des charges sociales beaucoup trop élevées. Et pour le salarié et surtout pour le patron. Et donc, il y a vraiment... Depuis 20 ans, nous avons un salaire net qui n'augmente plus guère et du coup, les Français sont très désavantagés par rapport à certains voisins. On voit par exemple tous ces Français qui vont en Suisse travailler car les salaires sont deux, trois fois supérieurs même pour des métiers comme infirmière, comme... Vous voyez, c'est des métiers qui sont des métiers de deux...
Avec des petits salaires, en Suisse, ils ont des salaires beaucoup plus importants. – Pendant ce temps-là, on manque de compétences. – Et donc, on manque, et oui. – Alors justement, on allait en parler, allez-y. – Alors d'abord, moi j'ai proposé, pendant la présidentielle, de baisser les charges sociales. On pourrait baisser les charges sociales en cessant de nourrir la bête de notre État-providence qui soigne le monde entier, qui dépense un argent fou dans la cistana et en particulier en limitant la protection sociale aux Français, en tout cas les aides non-contributives. Et j'avais proposé aussi un développement de la participation, etc.
C'est une réponse qu'on pourrait faire d'ailleurs aux grévistes de la CGT.
– Aurait-elle suffi face à l'ampleur de ce défi ? En tout cas, c'était l'une de vos propositions. Vous parlez de ces métiers, infirmières et tant d'autres, justement dans Le Parisien ce matin. L'ancien Premier ministre Edouard Philippe évoque ces métiers-là, qui sont souvent mal pourvus. Il dit que les quotas d'immigration par profession sont envisageables et légitimes, qu'on a besoin de compétences, il affirme-t-il. Que pensez-vous de... Pourquoi vous dites...
– Non, non, parce que c'est un sourire, si vous voulez, triste. – C'est un sourire jaune. – J'avais compris. – Ça fait... Les gens comme Edouard Philippe, en vérité, veulent toujours plus d'immigration.
– Pourquoi les gens comme ?
– Parce que c'est des gens comme Edouard Philippe.
– Un immigrationniste pour vous ?
– Oui, pour moi c'est un oui. – Edouard Philippe. – Je vais vous dire ce que c'est que le système.
– Venant de la droite. – Oui, oui, bien sûr que vous avez raison.
Mais venant d'une droite jupéiste, vous savez. – Je n'ai pas souvenir, j'ai souvenir moi, que c'était le lieutenant d'Alain Juppé, qui parlait d'identité heureuse, qui disait que tout serait réglé, qui était l'ami de Tarek Obrou, l'imam de Bordeaux, qui, le dit imam de Bordeaux, a reconnu aujourd'hui qu'il n'y avait aucune différence entre islam et islamisme. Vous voyez, ça c'est la droite jupéiste, c'est la droite centriste. Et cette droite-là veut toujours plus d'immigration.
– Vous l'avez accusé d'être islamo-compatible quand même.
– Je dis des faits, Alain Juppé était le patron d'Edouard Philippe, et Alain Juppé a remis la légion d'honneur à l'imam Tarek Obrou, qui était un frère musulman. Voilà, c'est tout ce que je dis des faits. Maintenant, pour les quotas, rapidement, on a déjà une immigration légale colossale qu'il faudrait arrêter, uniquement par les droits, c'est-à-dire le droit à faire venir sa famille, ses parents, ses cousins, même maintenant les jeunes pourront faire venir, les jeunes migrants, les sans-papiers, mais peuvent faire venir quand même leurs parents avec la dernière législation du précédent quinquennat. C'est déjà entre le droit d'asile, etc. On a 400 000 immigrés légaux tous les ans. Et M.
Edouard Philippe ne dit pas qu'il va arrêter ces 400 000, qu'il va supprimer leurs droits. Non, il garde ses droits et il rajoute des quotas par profession qui manquent de compétences. – Mais là-dessus… – En fait, c'est une immigration en plus.
– Oui, mais dites-moi, est-ce qu'elle est nécessaire pour combler ?
– Non, elle n'est pas nécessaire. Il faut former des gens, il faut… Mais je vais vous dire, il faut former des gens, il faut réformer. D'ailleurs, je vois que le gouvernement va le faire, les allocations chômage pour pousser les gens à reprendre un travail plus vite. Il faut réduire l'assistanat. L'assistanat est un cancer en France. D'ailleurs, les classes populaires le savent mieux que les autres, car elles, elles se lèvent tôt pour aller travailler pour un faible salaire, alors qu'il y a leurs voisins qui gagnent autant sans rien faire. Il faut absolument réduire massivement cet assistanat. Et en plus, ne plus le donner aux étrangers.
– Alors d'un côté, il y a la question de l'immigration choisie, de l'autre, il y a des images qui ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux de dizaines de migrants franchissant des barrières pour aller vers la mairie de Paris. Que vous en inspirez ces images ?
– C'est des vieilles habitudes. Vous savez, il y a depuis longtemps, vous vous souvenez, dans les années 90, il y avait déjà une occupation de l'église Saint-Bernard. C'est toujours la même chose. C'est avec la complicité des associations qui agressent et qui rentrent par force dans un lieu public. Ça fait de la publicité, les médias le rendent compte, et puis après, on vient dire, ah, ces pauvres gens, ils doivent être régularisés.
– Mais est-ce que c'est une symbolique supplémentaire, puisque c'est la mairie de Paris, une symbolique supplémentaire ?
– Ce n'est pas une symbolique supplémentaire, c'est simplement la mairie de Paris est mise face à ces contradictions, puisque Mme Hidalgo est une grande habituée des discours pro-immigration. Je vous savais, aujourd'hui, tout le monde a compris en vérité que l'immigration ne se limite pas à l'immigration. C'est tout simplement un remplacement de population. Et c'est pour ça que les discussions sur les quotas, sur l'immigration choisie… – Vous prenez que vous, cette thèse… – Mais bien sûr, on le voit bien aujourd'hui, on voit bien qu'aujourd'hui… – On n'a pas malgré tout ce qu'elle a pu…
– Non, non, mais on voit bien qu'aujourd'hui, notre pays est en phase d'un immense bouleversement, un immense bouleversement de population et avec des mœurs différentes, avec une violence inouïe. Je pense, moi, que la violence n'est pas de la délinquance, ce ne sont pas des faits divers, comme on dit dans les médias. J'ai utilisé le mot de francocide. C'est-à-dire que je pense que les meurtres de Français, les vols de Français, les viols de Françaises, les agressions, tout cela doit être politisé.
– C'est-à-dire que c'est conscient, c'est-à-dire qu'on vise exprès des Français.
– Oui. Vous savez, je vais vous donner deux chiffres rapidement. Dans les transports en commun d'Île-de-France, 70% des vols sont subis par des Français et 70%, le même chiffre, sont faits par des étrangers. Pareil pour les viols dans les transports. Il y a 83% des femmes violées qui sont françaises et plus de 60% des violeurs qui sont étrangers. Et je ne vous parle pas du reste des autres qui, en vérité, sont français, mais on sait que pour la plupart, ils sont issus de l'immigration. Quand j'ai dit cela, je dis cela depuis des années.
Aujourd'hui, je pense que nous devons globaliser, nous devons politiser cette histoire, c'est-à-dire que nous devons comprendre que ce qu'on appelle des faits divers, ce qu'on appelle la délinquance, n'est que le bras armé d'une colonisation et d'un remplacement de population.
– On va continuer à en parler, puisque vous vous doutez bien, évidemment, et vous le savez depuis la campagne, que vos propos, ces propos, suscitent beaucoup, beaucoup de réactions. Et pour ça, on va parler aussi de l'école. C'est de là que tout vient, évidemment, une pause et on se retrouve. – Et notre invité en ce dimanche, le président de Reconquête, Éric Zemmour. Vous venez de citer en quelques minutes, juste avant la coupure, Éric Zemmour, deux termes, j'allais dire, qui suscitent beaucoup de crispations, qui sont qualifiés de fantasmes par beaucoup. Vous avez dit remplacement et le terme de colonisation, sans citer le francocide.
Je vous parle de ça, parce qu'un député, un député écologiste, Benjamin Lucas, propose une taxe anti-Zemmour. Autrement dit, à chaque fois que vous allez prononcer des propos qui peuvent tomber sous le coup de la loi, ce sont les médias, autrement dit aussi les incarnations, nous-mêmes, qui vont payer cette taxe si vos propos, évidemment, tombent sous le coup de la loi et que vous êtes condamnés. Vous avez déjà été.
Écoutez, cette histoire ne va que dans toujours le plus de sens, de censure, de privation de liberté au nom de discours de haine. Il faut rappeler les choses en deux mots. J'ai été condamné il y a dix ans pour avoir dit que la plupart des trafiquants de drogue étaient arabes et noirs. Je ne crois pas que la réalité me démente. Le ministre de l'Intérieur lui-même, M. Darmanin, fait maintenant le lien entre délinquance et immigration.
Vous reconnaissez qu'il y a une nuance entre ce qu'il dit et... Pas vraiment, moi je voulais dire...
Vous avez lieu dans la nation ? Non, ce n'est pas vrai. Il n'y a pas de différence. Je voulais dire qu'il y avait un lien direct entre l'immigration et la délinquance, ce qu'on appelle la délinquance, ce qu'encore une fois, moi je ne veux plus appeler de délinquance. J'ai vu la semaine dernière un grand article dans Le Monde, le journal Le Monde, qui reconnaît que tous les trafiquants de trac, ou en tout cas la plupart des trafiquants de trac, de trac, sont sénégalais. Quand j'avais dit ça, j'étais à l'époque chroniqueur sur CNews, j'avais été encore attaqué. Encore, même l'ambassade du Sénégal s'était plainte. Aujourd'hui, qui se plaint ?
Ce que je veux dire par là, c'est que je dis avant, simplement, le réel, je décris le réel avant les autres. Et qu'après, on me donne raison. Alors entre-temps, évidemment, je suis condamné, etc. Je vous rappelle d'ailleurs que cette condamnation est restée parce que j'ai refusé de faire appel. Parce que je ne voulais pas à l'époque, mais je n'ai rien pu faire, que la justice se mêle des combats politiques. Je trouve que ce n'est pas normal. Mais passons sur cette question-là. Donc, vous voyez, moi je continuerai à dire le réel parce que le réel me donne raison. Et que nous sommes effectivement dans une situation gravissime. Notre pays est en danger.
et nous vivons le passage d'une civilisation vers une autre.
Ça nous amène à l'école. Et la réalité, est-ce que vous la noircissez ou est-ce qu'elle est telle que vous la décrivez ? Vous avez publié une tribune avant-hier expliquant que l'école est désormais un enjeu civilisationnel et qu'elle est soumise au wokisme, à l'idéologie du wokisme. Vous ne croyez pas que les enseignants soient les premiers adversaires justement de cette idéologie qui sont des remparts, des garde-fous aujourd'hui ? Ça dépend.
De quoi ? Ça dépend des enseignants. Il y a beaucoup d'enseignants qui, vous avez raison, ont une vision traditionnelle de leur métier, je dis ça en termes glorieux, qui veulent transmettre leur savoir, qu'ils aiment leur matière et qu'ils sont d'ailleurs prisonniers d'une idéologie pédagogiste qui les en empêche. Et puis, il y a pas mal de professeurs qui ont basculé vers l'extrême-gauche, vers la France insoumise. On voit d'ailleurs que face à l'offensive islamique de ces dernières semaines, avec les vêtements islamiques, Abaya, Camille, ces compagnies, qu'on incite les jeunes musulmans à venir à l'école, avec les voiles qui reposent problème, on voit bien la différence de comportement.
Il y a des professeurs qui s'y opposent, il y a des professeurs qui se battent contre cette islamisation de l'école, et puis il y en a... C'est pas la majorité de ceux-là ? Attendez, je ne sais pas, je n'ai pas de chiffres. Je ne peux pas avoir de chiffres. Je vous dis, il y en a. Il y en a beaucoup, évidemment. Et il y en a aussi beaucoup qui sont complices.
Il y a une réalité complexe, il y a la peur aussi. Mais bien sûr, mais vous avez un choc comme celui-là.
Et donc, il y a peut-être une zone un peu plus... Mais vous avez raison, il y a ceux qui... Alors, soyons plus précis, vous avez raison. Donc, trois catégories. Ceux qui résistent, sans doute une minorité, parce que c'est les plus courageux. Ceux qui, au contraire, sont les complices de l'islamisation de l'école, par idéologie. Et qui, par exemple, quand les jeunes filles enlèvent leur voile à l'école, ne les obligent pas à les remettre. Parce que c'est ce qui arrive de plus en plus. Et au milieu, vous avez tout à fait raison, il y a la grande masse de ceux qui ont tout simplement peur, et qui ont légitimement peur, puisque personne n'a envie de finir avec la tête coupée
au milieu de la rue. Mais entre d'un côté le wokisme, et de l'autre côté l'islamisme tel que vous les présentez, est-ce qu'on ne pourrait pas dire que c'est votre propre formulation de la théorie de la tenaille identitaire ?
On peut dire ça. On peut dire qu'effectivement, l'école aujourd'hui est prise en tenaille identitaire entre, d'une part, l'islamisation, et d'autre part, l'idéologie wok qui défend les minorités. Il y a une alliance objective entre ces deux mouvements. Je ne me fais pas d'illusion. Ils s'affronteront plus tard. Mais en attendant, ils sont alliés contre tout ce qu'il fait, tout ce qu'on pourrait appeler l'école française, tout simplement.
Un exemple précis, Eric Zemmour, vous évoquez dans votre tribut la situation de ces enseignants à qui on demande d'utiliser le pronom inclusif, réclamé par les enfants transgenres, ou même qui réclament qu'on change leur prénom pour l'accorder à leur nouvelle identité de genre. Mais que devrait vraiment faire un enseignant dans une classe si un enfant, parce qu'on parle bien d'enfants, que ce soit transgenre ou pas, peu importe, demandent cela.
Écoutez, ce n'est pas aux professeurs de régler cela. C'est à l'éducation nationale. Et c'est donc au gouvernement. Et je suis très frappé par une chose, c'est qu'il y a une complicité de l'État avec cette idéologie wok. Il y a eu d'abord une circulaire du prédécesseur de M. Papenday. Donc il n'a pas attendu M. Papenday. M. Blanquer lui-même qui se faisait le grand défenseur.
– Il a voulu clarifier une situation. Moi, je vais vous poser la question. – Non, non, non.
Peut-être qu'il a voulu clarifier, mais le résultat, c'est qu'il a donné des biscuits à cette idéologie wok. Il a permis à des enfants de réclamer leur propre prénom, le fameux prénom IEL, enfin bon, des enfants, Sonia Mabrouk. Donc évidemment qu'il y a des pressions derrière, il y a des manipulateurs derrière. Et le Conseil d'État, personne ne s'est scandalisé de cette décision du Conseil d'État, qui a autorisé et qui a légalisé et qui a donné raison au ministère de l'Éducation nationale. Donc qu'est-ce qui va se passer aujourd'hui ? Est-ce que vous vous rendez compte qu'on parle d'enfants qui ont 8 ans, qui ont 9 ans, qui ont 10 ans ?
– Pour vous, ça ne peut pas venir de l'enfant ?
Il ne peut pas y avoir ce malade ? – Excusez-moi, d'abord des enfants à 8 ans, ils ont d'autres préoccupations. Moi, je suis des enfants, je n'ai jamais vu mes enfants à 8 ans me dire « Ah, je suis peut-être une fille, je suis peut-être un garçon ». Non, jamais. En revanche, ce qu'il peut y avoir, c'est à l'adolescence, des troubles, oui, des réflexions, on a tout su. Est-ce qu'on est avec cette découverte incroyable de sa sexualité et de l'autre ?
Mais là, on voit bien qu'on est dans une machinerie idéologique qui veut, sous couvert, soi-disant, de défense, de l'égalité et de lutte contre les discriminations, qui veut absolument imposer à nos enfants une idéologie du genre qui est qu'il n'y a plus de sexe mais qu'il y a d'innombrables genres et que chacun est libre. C'est une illusion, une illusion sexuelle
qu'on veut nous imposer. Vous dites l'État avec une tribune mais aux affaires de l'État, comment peut-on tenir tête à cette idéologie ?
Ça serait beaucoup plus facile parce qu'on aurait les moyens, par exemple, d'interdire, par exemple, ce que j'avais proposé pendant la présidentielle, toutes ces associations LGBT de rentrer dans l'école. Ce n'est pas fait. Au contraire, on voit... Leur interdire de rentrer... Oui, elles n'ont rien à faire dans l'école. Pas plus que les associations antiracistes, pas plus que les associations de défense de migrants qui viennent vendre leurs bonnes paroles à des enfants. Ils font de la propagande. L'école doit être un sanctuaire du savoir. Je vous ai posé tout à l'heure la question
sur votre liberté d'expression. Vous m'avez dit oui, mais regardez comment on veut un petit peu me contient, ne pas m'essayer de parler.
Moi, je ne parle pas... Non, non, non. La liberté d'expression, c'est dans les médias, dans la presse, dans la télévision, sur le net. Tout ça doit être le plus libre possible. En revanche, à l'école, vous voyez, ce n'est pas la même chose. à l'école, on doit... Moi, je suis le dépositaire d'une vieille tradition française et républicaine. Ce qu'on oublie toujours de dire, c'est que c'est le sanctuaire, l'école est un sanctuaire de savoir.
D'ailleurs, sur le savoir, dans votre tribune au Figaro, il y a un point qui est un petit peu ambigu, j'aimerais clarifier avec vous, parce que vous parlez d'un grand-père effondré, je vous cite, qui me dépeignait la façon dont l'histoire de notre pays était enseignée à son petit-fils qui ne connaissait pas Napoléon alors qu'il était en seconde. Évidemment, Napoléon est au programme. Donc, soit le petit-fils n'a rien avec de l'école, soit c'est l'enseignant qui ne refuse... Non, non, j'ai fait un résumé de témoignage. Ce que je vais vous dire, en fait, c'est qu'il y a des professeurs... Il y a des professeurs qui refusent d'enseigner Napoléon ? Non, pas du tout. Pas du tout.
Il y a des professeurs qui découvrent quand les élèves en seconde qui ne connaissent pas Napoléon. Et il n'y a pas que ça. Je veux dire, il y a... Vous sous-estimez, mais comme moi d'ailleurs, on est tous d'une autre génération. Mais vous sous-estimez l'abîme d'ignorance qui s'est répandue dans l'école française. D'ailleurs, on le voit. On le voit aux classements internationaux. On est devenus nuls. On est au niveau de la Bulgarie dans les pays de l'OCDE. On est 23e sur 27. Mais est-ce que vous vous rendez compte ? En français comme en mathématiques, on est devenus nuls.
Il faut en prendre conscience. Il y avait de bonnes et de belles choses, mais je crois que vous allez m'opposer sûrement à un argumentaire. Je veux dire qu'il y a quand même un prix Nobel.
un prix Nobel français. Mais vous voulez dire de littérature ? Bien sûr. Oula ! Et de physique ? Alors là, je ne me permettrais pas de juger. Ce physicien est sûrement très brillant. Nous parlions de savoir d'écriture de langage. Annie Ernaud. Je ne suis pas... Moi, j'ai lu Annie Ernaud dans ma jeunesse. J'ai lu La Place. J'ai lu La Place dans les années 80. Je me souviens très bien. Je dois avoir le livre quelque part... Vous reconnaissez
un talent d'écriture ?
Non. Justement, c'est ça mon problème.
Ni talent d'écriture, ni...
D'abord, c'est ennuyeux. Enfin, moi, ça m'a ennuyé. Après tout, ça peut intéresser des gens. Ça m'a ennuyé et je trouve qu'elle n'a pas de talent d'écriture. D'ailleurs, c'est intéressant. J'ai lu beaucoup de papiers. Même les tueriféraires d'Annie Ernaud reconnaissent que son style est plat et ennuyeux. Mais ils en font une espèce de titre de gloire. Ils disent « Mais c'est fait exprès. C'est contenu. C'est une prose contenue, etc. » Moi, je me méfie quand on commence à dire...
Il y a aussi l'engagement féministe.
Je n'ai au féminisme. C'est comment expliquer l'esprit Nobel, alors ? Simplement que le jury Nobel est de... On le sait, très à gauche et que ce n'est pas d'aujourd'hui. Et qu'il y a des grands écrivains, par exemple, qui n'ont pas été récompensés comme Kundera ou comme Cadare que moi, j'admire par-dessus tout. Vous voyez, j'ai lu un livre d'Annie Ernaud mais j'ai lu tous les livres de Kundera et de Cadare. Ils ont sacré Modiano il y a quelques années. Tout à fait. Vous avez raison. Vous avez raison.
Peut-être que vous, vous l'auriez attribué à Michel Houellebecq ?
J'aime beaucoup Michel Houellebecq pour son ironie, son humour, sa façon de... Comment dire ? De décrire la société. Je la vois comme lui ou il la voit comme moi, peu importe. Je ne suis pas fou de son style. Mais encore une fois, c'est effectivement, il me parle plus qu'Annie Ernaud.
J'avais compris. Parlons de votre style, justement, dans quelques instants, style politique à l'intérieur de Reconquête de votre avenir. Qu'en est-il avec l'union des droites ? Est-elle impossible en France ? On vous pose la question juste après cette pause. Et l'invité ce dimanche, Éric Zemmour, Mathieu Bocoté, c'est à vous.
Alors, vous parlez d'union des droites, c'est un de vos grands thèmes, mais quel terrain commun pourrait-il y avoir, par exemple, entre Éric Zemmour, une Marine Le Pen et un Xavier Bertrand ? Quel terrain commun pourrait vous rassembler, programmatique ou idéologique ?
D'abord, c'est mon grand thème. Oui, j'en parle, mais ce n'est pas un totem. C'est votre levier. Voilà, exactement. C'est un levier. C'est simplement parce que je considère aujourd'hui, mais on va en parler, que seule une union vaste des droites peut l'emporter et donc peut imposer une politique qui sauvera la France du grand remplacement, etc., de ce que j'ai dit tout à l'heure. Ça, c'est une première chose. Maintenant, vous me dites qu'est-ce qui me relie à Marine Le Pen, à d'autres à droite ? Je ne suis pas sûr que Xavier Bertrand, lui, s'inscrive dans cette position. Il se dit de droite.
Il se dit de droite, mais en vérité, au nom de sa conception du cordon sanitaire, il est en fait du côté d'Emmanuel Macron. Disons cela. Mais en fait, essayons de voir les choses de haut parce qu'on peut se poser des questions. Marine Le Pen le conteste, par exemple. Elle a le droit. Pour elle, il n'y a plus de droite, il n'y a plus de gauche, il n'y a plus de clivage droite-gauche. Pour parler vite et prendre un peu de hauteur historique, le clivage droite-gauche, les historiens nous l'ont appris. Il est né dans cette fameuse histoire du veto du roi en 1789.
Ceux qui étaient pour que le roi garde un veto se sont mis à droite de l'Assemblée et ceux qui étaient contre le veto se sont mis à gauche. Et puis, ce clivage droite-gauche, il a évolué au fil du temps. Il s'est structuré autour d'un sujet à chaque fois. Quand je vous parle du roi, là, vous voyez bien, on discute des institutions, monarchie, république, etc. Après, on a parlé de la question sociale. Après, on a parlé de la guerre, de la paix avec les Allemands. Et puis ensuite, on a reparlé de la question sociale avec le communisme dans les années 50. Le clivage droite-gauche à chaque fois mutait.
Il y a une trentaine d'années, dans les années 90, on a eu le fameux référendum sur Maastricht et on a vu un nouveau clivage s'imposer entre ce qui était pour le oui et pour le non. Il y avait à chaque fois dans chaque camp des gens de droite et des gens de gauche. Il y avait des gens de droite et des gens de gauche pour le oui, il y avait des gens de droite et des gens de gauche pour le non. Pour le non, il y avait Jean-Pierre Chevènement qui était à gauche, il y avait Philippe de Villiers qui était à droite, il y avait Charles Pasquois, Philippe Séguin, Jean-May Le Pen et à droite, c'était la même chose.
Évidemment, il était tentant et je vous le dis en toute bonne foi parce que moi-même, j'ai écrit des dizaines d'articles là-dessus dès les années 90. Je voyais bien l'émergence de ce clivage et je pensais qu'il fallait faire fond sur lui. Sauf qu'il y a eu deux choses. D'abord, les camps du non, ce qu'on appelait les républicains des deux rives, ne se sont jamais alliés. Ça a été un échec. Il faut le dire. Ça a été un échec. Et deuxièmement, le camp du oui a fini par s'allier derrière Emmanuel Macron. Mais derrière Emmanuel Macron, il y a encore des gens de droite et il y a encore des gens de gauche qui, ceux d'ailleurs, se déchirent et ne se supportent de guerre.
Donc, ce que je pense, c'est que d'abord, je vous le dis, ce nouveau clivage, ce clivage défendu par Marine Le Pen et d'autres et son conseiller, Jérôme Sainte-Marie, avec son bloc populaire contre son bloc élitaire, a un autre défaut, c'est que le bloc populaire perd toujours. Parce qu'en France, c'est ce qu'ont fait et le général de Gaulle et François Mitterrand. On ne gagne que si on prend une partie de la bourgeoisie et les classes populaires.
C'est pour ça qu'elle se veut être le porte-parole ou le défenseur de ce bloc populaire.
Oui, elle est le porte-parole. Elle se veut le porte-parole. C'est tout à fait légitime. Sauf qu'avec ça, elle ne gagnera jamais. Pourquoi ? Parce que le bloc populaire est toujours perdant. Il faut absolument qu'il y ait une partie de la bourgeoisie qui vienne se rallier. Oui, mais ils votent. Mais ils sont minoritaires. Ils votent. Ils respiraient un jour gagné. Mais ils perdent. Non, ils perdent. Mais c'est perdant d'avance. Et ça perdra toujours. Il faut absolument qu'il y ait une partie de la bourgeoisie que j'appelle bourgeoisie patriote qui rallie ce camp. Votre modèle, c'est ce qui s'est passé en Italie. Mais alors, voilà, c'est ce que j'allais vous dire.
Aujourd'hui, je pense que dans toute l'Europe, dans toute l'Europe, le clivage droite-gauche est en train de renaître de ses cendres. Et que, pourquoi il renaît de ses cendres ? Parce qu'il a trouvé un nouveau thème de polarisation. Je vous ai dit, ce n'est plus les institutions, ce n'est plus la question sociale, ce n'est plus, vous voyez, la guerre ou la paix. c'est l'identité et la question civilisationnelle. Est-ce que, et autour de cet axe, vont se polariser les électeurs ? Ceux qui seront, comme d'habitude, c'est la gauche qui empointe, c'est la gauche qui réinvente ce clivage droite-gauche.
On le voit avec la NUPES, on le voit avec Jean-Luc Mélenchon, on le voit avec Sandrine Rousseau.
Donc plus que jamais, vous croyez en cette union des droites ?
Attendez, attendez, cette gauche, elle est axée autour de quoi ? Elle est axée autour de deux éléments, qui sont d'ailleurs des éléments sociologiques de son électorat, on l'a vu lors de la présidentielle de 2022. C'est un, l'islamisation, deux, l'idéologie woke, ce sont les deux axes fédérateurs de cette gauche aujourd'hui. Donc, tous ceux qui sont contre cette idéologie woke, qui pensent que le privé ne doit pas être politique, sous réserve de passer dans un régime totalitaire, sont de droite. tous ceux qui sont contre l'islamisation du pays, sont de droite.
Qui est les députés à l'Assemblée nationale ? Qui est ancré dans le paysage politique français ? Marine Le Pen ?
Bien sûr, mais pas seulement, d'ailleurs, il y a LR aussi.
Je sais bien, mais vous savez, Marine Le Pen, elle ne partage pas votre analyse.
Mais non, attendez, elle ne partage pas mon analyse, j'ai bien compris, ça ne m'a pas échappé.
Ça ne lui a pas nuit ?
Ça ne lui a pas nuit, enfin, elle a eu 89 députés. Elle a eu beaucoup de chance, elle le reconnaît elle-même, mais 89, vous savez, pour avoir la majorité à l'Assemblée, il faut 289. Donc, sa stratégie n'est peut-être pas aussi victorieuse, même si elle a eu les premiers bénéfices. Donc, ce que je veux dire, pour revenir sur l'Italie, effectivement, dans toute l'Europe aujourd'hui, est en train de se forger une nouvelle droite autour des questions identitaires. Vous avez vu la campagne de Mélanie, qui s'est incarnée par sa fameuse déclaration « Je suis une femme, je suis chrétienne, je suis une mère et je dis non à l'idéologie woke, LGBT et à l'islamisation du pays ».
Je pense que c'est exactement l'axe de ma campagne présidentielle, sauf que je n'étais pas une femme. Et je pense donc qu'aujourd'hui, la droite et la gauche vont se refonder autour de cet axe.
Alors, parlons reconquête, il reste quelques minutes. La prochaine échéance pour reconquête, en fait, ce sont les élections européennes. Est-ce que l'avenir de votre parti se joue aux européennes ? Écoutez, je pense d'abord qu'il se joue
à court terme. là, dans ce que nous faisons. Parce qu'il faut dire, j'ai parlé beaucoup du combat des idées, du combat des mots, j'ai parlé de francocytes, de grands endoctrinements, ça c'est, je dirais, mon registre habituel. Mais il y a un autre registre qui ne m'est pas habituel et qui est le registre de reconquête, qui est le thème de l'action. Qui, par exemple, a, pour lancer la campagne à Calac, vous savez, dans ce petit village breton, contre l'imposition de migrants dans ce petit village reconquête ? Qui a manifesté contre le déboulonnage des statuts ? Attendez, des statuts... Mais ça, c'est comme un mouvement politique.
Justement, qui a milité contre le déboulonnage de la statue dans les sables d'Olonne de Saint-Michel, la statue de Saint-Michel, reconquête ? Qui a empêché... Attendez, oui, c'est des militants.
Vous êtes bien pensé pour savoir qu'il faut un chef. La question qui se pose à vous... Le chef, c'est moi. C'est la question que je... Vous êtes sûr ?
Il me semble.
Certains voient peut-être une autre ambition. Est-ce qu'elle s'entrechoque avec la vôtre, Marion Maréchal ?
Non, franchement, Marion Maréchal est une femme formidable. Je l'aime beaucoup. Elle est de grande qualité. Il y a beaucoup de gens de grande qualité autour de moi. Il y a Marion Maréchal, il y a Guillaume Pelletier, il y a Nicolas B. Ce n'est pas la question que je vous ai posée. Est-ce que c'est votre dauphin ? Mais c'est ma réponse.
Est-ce que vous dirigerez la liste de reconquête aux Européennes ?
On verra. Pour l'instant, je ne m'interdis rien. Cela est très possible. Vous savez, les ambitions sont tout à fait légitimes. C'est normal en politique. Jusqu'où ?
Jusqu'à contester le chef ?
Mais je n'ai pas, moi, l'impression que Marion Maréchal ne me conteste. Au contraire, nous vivons dans une ambiance tout à fait sereine. Ce que je veux dire...
Vous êtes en train de me dire que tout va bien, madame Lamarcky. Mais oui, tout va bien,
madame Lamarcky. Mais il n'y a pas de... Il y a le feu brûle, mais regardez ailleurs. Non, non, le feu brûle ailleurs. Parce que vous ne m'avez pas laissé finir. Je pense que reconquête doit aussi être dans l'action de tous les jours. C'est-à-dire que nous devons montrer notre utilité. Par exemple, regardez, pour l'école, qui a alerté sur l'effondrement de l'école et sur l'islamisation, l'offensive islamique à l'école ? Reconquête. Qui va manifester la semaine prochaine en mémoire de Samuel Parti et contre l'islamisation de l'école ? Reconquête. Qui a empêché également la visite de mosquées pendant la journée du patrimoine ? Reconquête.
Vous voyez, je pense que reconquête doit être sur le terrain en permanence. Je n'ai pas besoin
de vous poser ma dernière question. Vous avez répondu. Candidat pour 2027,
c'est pas évident. Vous savez, c'est loin 2027. Les européennes,
c'est plus près, vous ne nous avez pas répondu.
Les européennes, c'est plus près. C'est loin tout ça, les échéances. Moi, j'essaye de construire un parti. Nous avons un parti dynamique, un parti continu à avoir des adhésions. Donc, l'action politique, je vous l'ai définie. Nous devons marcher sur nos deux jambes. Les idées, le combat des idées et l'action sur le terrain. Nous devons être le moteur de la droite. Et il faut que les électeurs comprennent que s'ils veulent cette union des droites dont nous parlions, il faut voter pour rencontrer. Deuxièmement, il commence déjà à le comprendre.
Vous avez vu l'élection partielle récemment où Mme Trochu, qui est la présidente des conservateurs, qui est une alliée de reconquête, a obtenu 20% à Versailles. Ce n'est pas rien, 20%, alors qu'il y avait un candidat RN, un candidat LR et un candidat En Marche.
Merci, Éric Zemmour, d'avoir été notre invité ce dimanche. Je remercie également mes camarades, évidemment, Nicolas Barré et Mathieu Bocoté. À dimanche prochain. Dimanche prochain, notre invité, ce sera le ministre Gabriel Attal. Bon dimanche, à très bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada
Éric Zemmour