Les 4 vérités - Philippe Baptiste
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:00FerméeRéponse directe
Quand on voit les finances publiques, vous pensez qu'on a les moyens de faire venir ces chercheurs en France?
- 0:43OuverteRéponse directe
Investir dans la recherche, c'est investir dans l'avenir. Est-ce qu'on veut une France qui soit simplement une France de la gastronomie et des châteaux de la Loire?
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En mars dernier, vous avez dit que si on ne bougeait pas plus vite, "on allait tous crever".
- 2:08OuverteRéponse directe
Regardez la une de "La Tribune" ce matin. Vous disposez de quel budget pour les faire venir, ces chercheurs?
- 2:52OuverteRéponse directe
Qui va être concerné par le dispositif? N'importe quel chercheur peut venir en France? C'est seulement dans certains domaines?
- 3:34FerméeRéponse partielle
Mais les sciences humaines et sociales ne sont pas la priorité, par exemple?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:08P.BaptisteChiffre
« Aujourd'hui, la recherche en France, on investit 20 milliards par an. »
- 2:52P.BaptisteFait
« C'est essentiellement dans des domaines prioritaires qui sont annoncés depuis longtemps, comme l'énergie, la santé, les composants, le numérique, le transport de demain, l'agriculture... »
- 4:18P.BaptisteFait
« Ce ne sont pas des baisses de crédits. On va rentrer dans les détails techniques. C'est de l'annulation de réserve. »
- 5:47P.BaptisteFait
« On a toujours des difficultés à droite ou à gauche. Notre travail est aussi de résoudre ces difficultés. »
- 6:31P.BaptisteFait
« On a une recherche excellente en France et en Europe sur un certain nombre de secteurs. On est les meilleurs au monde en mathématiques. »
- 7:15P.BaptisteFait
« Il avait précédemment fait un hommage au chef du Hezbollah, H.Nasrallah. On a le vice-président d'une université qui a fait l'éloge d'une organisation terroriste. »
- 8:44P.BaptisteFait
« Je suis exaspéré par ce climat de tension qu'on peut avoir aujourd'hui avec des gens, des 2 côtés, qui ne rêvent que d'une chose: mettre le feu dans les universités. »
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- J.-B.Marteau: On va en parler avec notre invité. - L.Ekland: C'est P.Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui est votre invité ce matin, Jean-Baptiste. Bonjour et bienvenue. - J.-B.Marteau: Bonjour, P.Baptiste. Merci d'être avec nous. Vous êtes le ministre chargé de la Recherche et vous allez être en charge de mettre en oeuvre ce plan annoncé hier par E.Macron à la Sorbonne: attirer en France les meilleurs chercheurs, notamment ceux qui ont décidé de quitter les Etats-Unis, contraints et forcés par les décisions de D.Trump. Quand on voit les finances publiques, vous pensez qu'on a les moyens de faire venir ces chercheurs en France? - P.Baptiste: On n'a pas le choix.
Investir dans la recherche, c'est investir dans l'avenir. Est-ce qu'on veut une France qui soit simplement une France de la gastronomie et des châteaux de la Loire? J'adore les deux, mais est-ce qu'on peut faire ça ou se projeter et être des grandes puissances économiques de demain? Pour être une grande puissance économique et rayonner demain, on a besoin d'innovation. Pour ça, on a besoin de la recherche. Il faut investir dans la recherche. C'est fondamental et on ne l'a pas assez fait. Il faut y aller. On ne l'a pas assez fait en France et en Europe. On est en retard par rapport aux Etats-Unis, à Israël, à la Corée du Sud...
Il faut y aller. Il faut investir. - J.-B.Marteau: En mars dernier, vous avez dit que si on ne bougeait pas plus vite, "on allait tous crever". - P.Baptiste: A l'époque, je parlais du spatial. C'est un peu le même sujet. Il faut un choc de réinvestissement. On n'avait pas investi assez dans le spatial. Quand j'avais utilisé cette phrase à l'époque, c'était aussi pour dire qu'il faut qu'on se réorganise. Ce n'est pas simplement injecter plus d'argent gratuitement. Il faut aussi des transformations structurelles. Pour notre recherche, aujourd'hui, on a beaucoup de travail à faire au niveau national comme européen. - J.-B.Marteau: Regardez la une de "La Tribune" ce matin. Vous disposez de quel budget pour les faire venir, ces chercheurs?
On a vraiment les sous pour ça? - P.Baptiste: Aujourd'hui, la recherche en France, on investit 20 milliards par an. Ce n'est pas rien. C'est un vrai budget. 20 milliards par an, c'est beaucoup d'argent. En plus de ça, hier ont été annoncés 500 millions d'euros au niveau européen, 100 millions d'euros au niveau français. Ce n'est pas seulement pour les chercheurs américains. C'est aussi pour l'attractivité. Autre chose de fondamental, c'est qu'on a réaffirmé notre trajectoire, notre ambition autour de la loi de programmation pour la recherche. C'est beaucoup d'argent. C'est une très forte dynamique pour les prochaines années. - J.-B.Marteau: Qui va être concerné par le dispositif?
N'importe quel chercheur peut venir en France? C'est seulement dans certains domaines? - P.Baptiste: C'est essentiellement dans des domaines prioritaires qui sont annoncés depuis longtemps, comme l'énergie, la santé, les composants, le numérique, le transport de demain, l'agriculture... Ce sont des grands choix qui ont un impact socio-économique majeur. On soutient aussi une recherche de base qui couvre tous les champs. On soutient aussi la recherche en maths, etc. - J.-B.Marteau: Mais les sciences humaines et sociales ne sont pas la priorité, par exemple? - P.Baptiste: Les sciences humaines et sociales
entrent en compte dans tous ces domaines. - J.-B.Marteau: Vous assumez de vouloir faire venir les meilleurs en France, pas n'importe qui? - P.Baptiste: Si vous n'êtes pas le meilleur quand vous faites de la recherche, il ne faut pas faire de la recherche. La recherche, c'est un travail collectif avant tout. On est dans un laboratoire. On travaille à plusieurs. On a aussi besoin d'avoir les meilleurs. Ce n'est pas nouveau. Accueillir des chercheurs internationaux, aujourd'hui, au CNRS, à l'Inserm ou dans les universités... On accueille en permanence des chercheurs qui viennent du monde entier, en France. - J.-B.Marteau: Vous avez donc annoncé ce plan de 100 millions d'euros supplémentaires pour faire venir
des chercheurs. En même temps, le budget de la recherche a été amputé cette année de 194 millions d'euros. Ce sont des baisses de crédits sur le budget 2025. - P.Baptiste: Ce ne sont pas des baisses de crédits. On va rentrer dans les détails techniques. C'est de l'annulation de réserve. - J.-B.Marteau: On joue sur les mots, non? - P.Baptiste: Pas du tout. Tous les ans, quand on gère un ministère, on a le budget et une réserve. La réserve, c'est en cas d'accident, en cas de problème. - J.-B.Marteau: Elle est souvent ponctionnée, cette poche? - P.Baptiste: Justement, dans l'enseignement et la recherche, elle n'est quasiment jamais ponctionnée.
Elle est systématiquement rendue, en général, à l'automne. Cette année, on l'a rendue plus tôt. Il n'y a pas 1 euro de moins qui arrive aujourd'hui dans les universités ou dans les organismes. Il n'y a pas de baisse. - J.-B.Marteau: Nos confrères de "Libération" ont alerté sur la situation de Paris Panthéon-Sorbonne, qui doit suspendre des invitations pour des chercheurs étrangers qui devaient venir. La recherche française ne va pas très bien. - P.Baptiste: On peut toujours trouver des cas difficiles
à un endroit donné. Vous avez une fuite dans le toit, une université qui n'a pas suivi les bons schémas d'investissement, qui a trop dépensé... Ca arrive tout le temps. Je répète les chiffres. C'est 20 milliards par an qu'on investit dans la recherche. La loi de programmation a permis d'investir 6 milliards de plus depuis 2020. Devant nous, on a 19 milliards d'investissements qui vont arriver en plus d'ici 2030 avec la loi de programmation de la recherche. C'est une annonce qui a été réaffirmée hier par le président de la République. Il a réaffirmé la trajectoire autour de la loi de programmation de la recherche. C'est fondamental. C'est un investissement majeur pour la France et pour l'Europe. Je ne dis pas que tout est parfait. On a toujours des difficultés à droite ou à gauche.
Notre travail est aussi de résoudre ces difficultés. Ne sombrons pas dans le défaitisme. On a une recherche excellente en France et en Europe sur un certain nombre de secteurs. On est les meilleurs au monde en mathématiques. Il y a d'autres secteurs où on est très bons aussi. Soyons fiers de ce qu'on fait. Réaffirmons le fait que ça a un impact sur nos vies en tant que citoyens. Ce n'est pas juste une recherche intellectuelle. Ce sont les jobs de demain. - J.-B.Marteau: Je voulais vous parler de ce qui se passe à l'université Lyon-2. Le vice-président de l'université a présenté sa démission hier. Il estime être victime d'une campagne de dénigrement public. Il avait rendu hommage au chef du Hezbollah en septembre dernier. Qu'est-ce qui se passe dans cette université?
- P.Baptiste: C'est très grave, ce qui s'est passé. Effectivement, le vice-président de cette université a démissionné. Il avait précédemment fait un hommage au chef du Hezbollah, H.Nasrallah. On a le vice-président d'une université qui a fait l'éloge d'une organisation terroriste. Evidemment, j'ai demandé au recteur de saisir le procureur et de signaler ces faits qui peuvent relever de l'apologie du terrorisme. Ca, c'est à la justice de l'instruire. Il y a eu un signalement qui a été fait
à travers l'article 40. C'est grave. C'est à la justice de travailler. Ce n'est pas à moi de dire... A titre personnel, je suis profondément choqué. Je ne vois pas comment on peut être président d'université quand on écrit des choses pareilles. Je prends acte du fait qu'il a déposé sa démission. Evidemment, ça n'interrompt rien pour autant. C'est très embêtant. Pourquoi? Dans une université... Je suis le 1er défenseur des libertés académiques. Elles doivent être encadrées par la loi. Il y a des choses qu'on ne fait pas. - J.-B.Marteau: L'apologie du terrorisme, par exemple... - P.Baptiste: Par exemple. L'antisémitisme, le racisme, ce n'est pas possible.
Le débat doit être serein dans les universités. Je suis exaspéré par ce climat de tension qu'on peut avoir aujourd'hui avec des gens, des 2 côtés, qui ne rêvent que d'une chose: mettre le feu dans les universités. Ce n'est pas ça, une université. C'est un lieu de débat serein. - J.-B.Marteau: F.Vidal, votre prédécesseure, dénonçait l'islamo-gauchisme à l'université. - P.Baptiste: Je ne reprendrai pas ce terme. C'est un terme qui a vocation à faire réagir dans les médias. Ce n'est pas forcément un terme qui correspond à des réalités académiques. Je ne sais pas définir l'islamo-gauchisme.
Il faut qu'il y ait une liberté de débat, de recherche dans les universités.
Philippe Baptiste