Stéphane Ravier invité de « La voix est libre » sur France 3 Provence
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse partielle
Ça pourrait aller mieux, Stéphane Ravier, non ?
- 1:25OuverteRéponse directe
À votre avis, c'est un conflit familial, une lutte de pouvoir entre la fille et le père ou bien c'est véritablement une confrontation idéologique ?
- 1:42OuverteRéponse directe
C'est Bruno Gollnisch qui demande à ce que le Front National puisse se réunir autour de la table et évoquer un certain nombre de divergences idéologiques au sein du Front National.
- 2:53RelanceRéponse directe
sur, entre autres, le fait que la droite nationale, les fondamentaux de la droite nationale auraient été abandonnés.
- 3:59OuverteRéponse directe
Donc il y a des gaullistes et des pétainistes, quoi, en fait, au Front National.
- 4:27OuverteRéponse directe
Norbert, sur ce clash, quoi, c'est quoi ? C'est une rupture idéologique ou c'est juste une querelle affective entre le papa et la fille ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ah ben, ça va déjà un peu mieux. Les choses se calment. »
- 0:57Invité politiqueFait
« que cela soit le chômage, la pauvreté, l'insécurité, le communautarisme, etc. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Moi, ça fait 30 ans que je suis Front National. »
- 2:26Invité politiqueFait
« Et depuis l'élection de Marine Le Pen par les adhérents du Front National en 2011, Marine Le Pen qui avait été soutenue par Jean-Marie Le Pen lui-même, qui avait présenté un programme à l'occasion de cette campagne interne, programme que Jean-Marie Le Pen lui-même avait soutenu. »
- 3:01Invité politiqueFait
« l'immigration, est-ce que nous sommes revenus sur ce point fondamental ? »
- 3:09Invité politiqueFait
« La lutte contre le communautarisme, ma foi, nous sommes à la pointe et depuis toujours de ce combat-là. »
- 3:18Invité politiqueFait
« La défense de notre souveraineté dans tous les domaines, qu'elles soient économiques, monétaires, militaires. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Florian Philippot est désigné comme étant le trublion. »
- 3:45Invité politiqueFait
« C'est clairement homophobe. »
- 3:53Invité politiqueFait
« Florian Philippot n'est pas arrivé au Front National la semaine dernière. Cela fait des années qu'il est là et il a été lui aussi soutenu par la direction. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Florian Philippot est plutôt une fibre gaulliste. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Moi, je préfère fleurir les monuments, je dirais, ou les stèles des martyrs de l'Algérie française. »
- 11:32Invité politiqueFait
« De Jean-Marie Le Pen ? Oui, oui, évidemment. »
- 12:17Invité politiqueFait
« c'est surtout un hebdomadaire qui est anti-Marie Le Pen, qui a qualifié Marine Le Pen de gourgandine. »
- 21:34Invité politiqueChiffre
« Il y a même eu plus d'étrangers entrés dans notre pays sous Nicolas Sarkozy que sous Lionel Jospin. »
Temps de parole
- Stéphane Ravier48 %
- Présentateur22 %
- Invité22 %
- Invité 25 %
- Invité 32 %
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Patron du FN dans les Bouches-du-Rhône, sénateur et maire de secteur de la cité fosséenne, Stéphane Ravier, notre invité. Bonjour, M. Ravier. Merci d'être avec nous. Bonjour, M. Bézard. Norbert Rian, du CEPOS, que vous connaissez bien, notre politologue, est également présent sur ce plateau. Ça pourrait aller mieux, Stéphane Ravier, non ?
Ah ben, ça va déjà un peu mieux. Les choses se calment. C'est en tout cas ce que je souhaite. C'est ce que souhaitent l'ensemble des cadres, des élus et des militants du Front National. Moi, écoutez, j'ai la tête dans le guidon. Ce qui est important, c'est la gestion, par exemple, de la mairie des 13e et 14e arrondissements. Et écoutez, la crise finira bien par prendre fin. Tout ça, il y a bien peu de choses par rapport aux problèmes gravissimes que subissent nos compatriotes, que cela soit le chômage, la pauvreté, l'insécurité, le communautarisme, etc. Bon, les mesures ont été prises, les décisions ont été prises et elles seront appliquées à partir de là.
Moi, ça fait 30 ans que je suis Front National. Oui, oui, non, mais on va y revenir. Et j'ai appris de Jean-Marie Le Pen qu'il fallait être discipliné, qu'il fallait suivre les consignes prises par le président du mouvement. Et en l'occurrence, la présidente. Donc je suis la présidente.
Alors Stéphane, on va revenir quand même sur ce conflit qui impacte très directement les élections régionales dans la région PACA. À votre avis, c'est un conflit familial, une lutte de pouvoir entre la fille et le père ou bien c'est véritablement une confrontation idéologique ? C'est Bruno Gollnisch qui demande à ce que le Front National puisse se réunir autour de la table et évoquer un certain nombre de divergences idéologiques au sein du Front National. Il dit que le Front National a peut-être oublié ses fondamentaux. Donc c'est un conflit idéologique entre le père et la fille plus qu'un conflit familial après Norbert Norient.
Le Front National, les instances du Front National se réunissent chaque mois par l'intermédiaire du bureau politique où les questions d'actualité sont évoquées. Il y a des débats et puis une décision prise sur chaque point. Et depuis l'élection de Marine Le Pen par les adhérents du Front National en 2011, Marine Le Pen qui avait été soutenue par Jean-Marie Le Pen lui-même, qui avait présenté un programme à l'occasion de cette campagne interne, programme que Jean-Marie Le Pen lui-même avait soutenu. Donc je ne comprends pas aujourd'hui ce qui pousse Jean-Marie Le Pen et d'autres à estimer que nous éloignerions des fondamentaux.
sur, entre autres, le fait que la droite nationale, les fondamentaux de la droite nationale auraient été abandonnés.
– Écoutez-moi, j'observe, si on peut prendre ces fameux points fondamentaux, l'immigration, est-ce que nous sommes revenus sur ce point fondamental ? – Je ne le crois pas. La lutte contre le communautarisme, ma foi, nous sommes à la pointe et depuis toujours de ce combat-là. – Vous avez de la concurrence, là, on y reviendra. – La défense de notre souveraineté dans tous les domaines, qu'elles soient économiques, monétaires, militaires. Eh bien là encore, le Front National est resté le même, c'est surtout dans la forme. Alors c'est vrai qu'il y a de nouvelles têtes. Je crois que notre ami Florian Philippot est désigné comme étant le trublion. – Le mignon même, hein ? Le mignon.
– Bon, écoutez, ça, je laisse à son auteur la responsabilité. – C'est clairement homophobe. – En tout cas, Florian Philippot n'est pas arrivé au Front National la semaine dernière. Cela fait des années qu'il est là et il a été lui aussi soutenu par la direction. Alors il a une fibre un peu plus sociale, chacun sa fibre, je dirais. Et mais encore une fois...
– Donc il y a des gaullistes et des pétainistes, quoi, en fait, au Front National.
– Il y a de tout au Front National, vous savez, il y a de tout. C'est vrai que Florian Philippot est plutôt une fibre gaulliste. Bon, moi, je ne suis pas gaulliste. Lui préfère fleurir... – Vous êtes quoi, pétainiste, vous ? – Lui préfère fleurir la tombe du général de Gaulle. Moi, je préfère fleurir les monuments, je dirais, ou les stèles des martyrs de l'Algérie française. Voilà, eh bien tout ça, cela forme le Front National, ça forme une belle famille nationale.
– Norbert, sur ce clash, quoi, c'est quoi ? C'est une rupture idéologique ou c'est juste une querelle affective entre le papa et la fille ?
– C'est aussi une différence de culture politique qui tient à l'histoire du Front National. Il ne faut pas oublier que quand le Front National est constitué en 1972, il est constitué par agrégation de mouvements d'extrême droite, je dirais, des fois assez radicalisés. Donc il y a une culture à la lisière de l'espace républicain. Vous vous rappelez d'un de ses initiateurs, François Duprat, qui était mort, assassiné entre les deux tours de l'élection législative en 1978.
– Il y avait aussi d'anciens résistants, et notamment le chef de la résistance, il ne faut pas l'oublier. C'était ça déjà le Front National, le rassemblement de tous les patriotes. Alors, avec chacun son histoire personnelle, un certain Roger Hollindre, le plus ancien, le plus jeune des résistants, parce qu'on présente le Front National à travers M. Duprat seulement, il n'y avait pas seulement M. Duprat.
– Ce n'est pas uniquement M. Duprat, je pense après à Dominique Venère, à Alain Robert ou d'autres. Il y a donc une différence, une multiplicité de courants d'extrême droite. On voit l'extrême droite très souvent unifiée, pas du tout, énormément, et très souvent à la lisière, donc, de l'espace républicain. Il faut penser au rôle qu'avait joué le mouvement Occident ou Ordre Nouveau. Et je dis simplement une chose, cela a constitué une des sous-cultures de base, sous-cultures qui a quand même, je dirais, usé du pouvoir dans le Front National.
Et historiquement, avec l'arrivée de Marine Le Pen, on peut le prendre comme point de repère, une autre culture d'extrême droite s'est installée au Front National. Et si vous voulez un élément caractéristique de cela, sans critiquer quoi que ce soit, dès 2011, Marine Le Pen demande à Jean-Marie Le Pen et à Bruno Gollnisch de quitter l'association européenne d'extrême droite dont ils sont membres, parce qu'elle juge cette association-là, au niveau européen, trop à droite, à la lisière, et parfois au-delà de l'espace républicain.
– Donc c'est une routure clairement idéologique. Et quand M. Gollnisch dit que la droite nationale a peut-être oublié ses fondamentaux, en tout cas, elle a l'air d'oublier ses fondamentaux à lui, quoi. – Oui, parce que… – Et à ceux de gendarmerie européenne et de quelques autres. – C'est quoi, c'est un conflit entre pétainistes et gaullistes, entre jeunes et vieux ? – Je vous donne la parole juste après, non, Stéphane Ravé, non, non, je pose rien, je pose une question.
– C'est le seul qui a reçu une décoration du pétainisme, c'est François Mitterrand, la décoration de la Francis qui n'y en a pas au Front National, au Parti Socialiste.
– Je pose la question, je vous garde, je pose juste les questions, je n'affirme rien, je pose des questions.
– Plus compliqué que cela, je disais que ces mouvements-là, initialement, avaient été porteurs aussi d'une vision, c'était la thématique des 71, entre 71 et 73, constitué un parti d'extrême droite qui serait plus modéré que les mouvements existants pour pouvoir gagner des voix dans le système électoral.
– Jean-Marie Le Pen ne voulait pas le pouvoir, ça ne l'intéressait pas plus que ça, voire pas du tout, Marine Le Pen, elle, veut gagner. Peut-être la différence entre l'un et l'autre.
– Je ne parle pas à la sensation ou la conviction que Jean-Marie Le Pen ne voulait pas le pouvoir, en tout cas, nous nous sommes battus avec lui pour progresser, pour obtenir des élus, tant locaux que nationaux, ensuite, il ne l'a pas voulu, c'était lui de le dire. – Ça a le marché de Marine Le Pen, même si elle est présente au second tour de l'élection présidentielle. – Mais ce qui est certain, c'est que Marine Le Pen fait tout son possible, entourée de ses cadres, de Florian Philippot et d'autres, pour qu'enfin, il y ait une véritable rupture, avec cette spirale de l'échec incarnée par l'UMPS.
Mais encore une fois, le Front National évolue, on parle d'ancien de nouveau, mais le Front National, c'est un organisme vivant, qui, comme tout organisme, évolue. – Stéphane, Marine Le Pen, elle n'a pas connu la guerre, elle n'a pas connu la guerre d'Algérie, elle réagit de façon différente que celle de son père, et c'est bien.
– Comme tout organisme vivant, si on veut garder la métaphore, il y a des moments, je dirais, de mutations, mais pour changer de peau encore, faut-il, je dirais, faire le deuil de son passé. Et c'est cela, peut-être, qui est en balance chez Marine Le Pen, et chez certains de façon inconsciente. Comment laisser le passé qui est lourd de conséquences, tout en gardant la vocation nationaliste aujourd'hui ?
– Nous poursuivrons évidemment notre discussion sur les bouleversements, ou pas en tout cas sur la mutation du Front National évoqué par Norbert Noyan, juste après le flash, il est midi, il est présenté aujourd'hui par Michel Aliega. Rebonjour Michel.
– Bonjour, ou rebonjour à tous. C'est le premier incendie de l'été, l'incendie est modéré, certes, mais le Mistral a fait craindre le pire. Le feu s'est déclaré hier après-midi à Halou, à la sortie de Marseille, près d'Aubagne. Il a rapidement été maîtrisé, ravageant 5 hectares. D'importants moyens de secours terrestres avaient été déployés. Écoutons le capitaine Olivier Lozy, le commandant des opérations qui s'interroge sur l'origine du feu. Il est interrogé par Valérie Bourg et Ali Martiniqui. – On avait un vent assez soutenu avec de fortes rafales, mais la température ambiante et la couverture nuageuse ne nous ont pas forcément conduit à penser à des risques d'incendie.
Bien évidemment, nous sommes toujours vigilants, nous sommes toujours méfiants et nos moyens sont toujours disponibles pour faire face à ce genre d'incendie. concernant l'origine, il est quand même aujourd'hui un peu tôt pour affirmer quoi que ce soit, bien qu'une cause accidentelle soit peu probable. – Marseille, capitale 2015 des journées nationales de la Croix-Rouge. Le lancement du 150e anniversaire a eu lieu ce matin sur le Vieux-Port en présence d'Adriana, ambassadrice de la Croix-Rouge. La Croix-Rouge, c'est 58 000 bénévoles qui viennent en aide aux personnes vulnérables. Adriana est au micro d'Henri Serin et d'Alexandre Lépine.
– Je suis là pour dire aux Français que nous avons besoin d'eux, que nous avons besoin de leur générosité et de leur soutien, de leur dire aussi qu'on compte sur eux. C'est très important. Mais à chaque fois que je rencontre des bénévoles de la Croix-Rouge, je sens cette sensibilité chez eux. J'espère de l'avoir aussi. – Dernière information, le Cercle des Nageurs de Marseille est à quelques heures de décrocher son 35e titre de champion de France. C'est ce soir à domicile à 20h30 contre Montpellier. Ça devrait bien se passer. Voilà, Thierry.
– On croise les doigts. – Bien sûr. – Je sais que vous avez des pronostics très sûrs, Michel. – A priori, là, il n'est pas foutu. – Oui, bon, très bien. Merci beaucoup à ce soir, 19h. La Voix Libre se poursuit en direct avec le patron du Front National pour les bouches du Rhône, Stéphane Ravier et Norbert Nourian. Juste un mot sur la sanction, suspension, ça suffit ?
– De Jean-Marie Le Pen ? – Oui, oui, évidemment. Le bureau exécutif s'est prononcé. Il est souverain. Ce sont les adhérents du Front National qui vont devoir se prononcer dans quelques jours ou quelques semaines. Nous sommes, nous, pour la souveraineté populaire. Nous l'appliquons à notre propre mouvement et nous nous y plierons. Et tout le monde devra s'y plier.
– Alors, juste un mot sur les propos qui ont entraîné la suspension de Jean-Marie Le Pen. C'est un interview d'Henri Barol, qui est effectivement un journal catalogué à la droite de la droite, qui est dans la ligne idéologique de Jean-Marie Le Pen.
– Si vous me permettez, M. Bézère, c'est surtout un hebdomadaire qui est anti-Marie Le Pen, qui a qualifié Marine Le Pen de gourgandine. Je vous renvoie vers le petit Robert ou le Larousse pour savoir ce qu'est une gourgandine. – Oui, oui, non. – Donc c'est un hebdomadaire farouchement anti-Marie Le Pen et anti-Franc National.
– Les propos n'ont pas été démentis par Jean-Marie Le Pen. Il les a même reconfirmés, si je puis employer l'expression. En même temps, il n'y a rien de nouveau dans ce qu'il a dit. Enfin, ce n'est pas pire que le détail de l'humanité ou du four à crématoire. Et à l'époque, personne au Front National, même vous, n'aviez condamné ces propos. Pourquoi aujourd'hui et pas hier ?
– Tant que ces propos étaient, j'allais dire, épisodiques, dilués, dans une activité ou une action politique d'envergure au service des Français, et bien nous nous devions de défendre notre président, parce que, comme je vous le disais en préambule, et bien il faut faire confiance à son président, et bien c'est ce que nous faisions, tant qu'il avait, et encore une fois, une attitude et une action politique qui s'inscrivait dans la ligne du mouvement. Or, aujourd'hui, depuis ses déclarations, ou à l'occasion de ses déclarations dans cet hebdomadaire, Jean-Marie Le Pen s'est placé dans une position, je dirais, hors Front National, hors ligne Front National, à partir de là…
– Mais avant, parce que c'est le patron, c'est bon, ça passe, aujourd'hui c'est plus le patron, ça passe pas ? – Moi je le sais, je suis pour, comme lui à la limite, pour la liberté d'expression, soit il y a une liberté d'expression, soit il n'y en a pas, si on commence à l'entamer, elle n'existe plus. Ensuite, il y a bon nombre de lois pour, et bien contrecarrer d'ailleurs cette liberté d'expression, chacun pouvant utiliser ce qui lui semble être le plus pertinent. Chacun prenant ses responsabilités.
Bon, et bien moi ce que je note, c'est que Jean-Marie Le Pen, depuis plusieurs semaines, n'est plus surtout sur la ligne politique qu'a tracé sa fille, mais au-delà de sa fille, la présidente du Front National. Donc ça ne peut plus, à partir de là, être soutenu.
– Sur ce point, Norbert Norian, entre les déclarations d'il y a quelques années et celles d'Henri Varold d'il y a quelques semaines, il n'y a pas de différence fondamentale. Aujourd'hui, tout le monde est tous des chiffres frais, au sein du Front National, alors qu'il y a quelques années,
c'était le silence total. – Donner une interview à, pardonnez-moi, M. Norian, mais à un hebdomadaire comme Rivarold, c'est, je ne dirais pas, déclarer la guerre à sa fille ou à la présidente du mouvement. Mais c'est en tout cas… – On parle du fond des propos. – Ce n'est pas un signal d'amitié ou de soutien envoyé à la présidente du Front National. – On parle du fond des propos, pas du support, pas du support qui soutient les propos.
– Et les propos, le support tant que le contenu, on voit bien que ce n'est même pas à l'encontre de ses adversaires que ces propos sont tenus, mais pour mettre en difficulté la présidente du mouvement et le mouvement dans son ensemble, qui est pourtant à préserver, c'est l'outil dans lequel, l'espoir dans lequel les Français, eh bien, que les Français souhaitent utiliser, porter au pouvoir pour enfin résoudre les problèmes gravissimes qui se posent à eux. – Norbert.
– Alors, tout d'abord, premier point sur le décor, ce que je disais tout à l'heure, la différence qu'il y a dans l'extrême droite, quelque chose qui n'est pas uni, il peut y avoir une guerre même au sein d'un conflit, au sein de cette extrême droite aussi.
– Pourquoi vous acharnez à utiliser ce terme d'extrême droite ? – Non, non, mais… – Vous allez finir par rendre l'extrême droite sympathique. – Vous allez avoir à force de faire savoir que l'extrême droite, c'est la défense des oubliés, que l'extrême droite, c'est la lutte impitoyable contre l'insécurité, contre le communautarisme. Vous allez rendre, vous allez vider de son côté péjoratif le terme extrême droite.
– Je ne lutte pas contre cela, simplement du point de vue historique et sociologique, dire qu'il y a des groupes très divers qui rentrent en conflit… – Comme la droite nationale. – Qui rentrent en conflit très durement, peut-être plus durement que dans d'autres camps politiques. C'est uniquement ce que je voulais dire.
– Nous avons des convictions, c'est vrai que ça nous différencie des postures de l'UMP en particulier.
– La seconde chose, du point de vue de la thématique, si on prend celle qui est liée à Pétain et au pétainisme, est-ce que vous savez qu'il existe légalement une association de défense de la mémoire du maréchal Pétain ? Donc on est toujours à la fois dedans et à la lisière de l'espace républicain.
– Troisième élément, au plus ce parti-là, si vous voulez, gagne une position dans le champ électoral, au plus il doit, je dirais, conforter son assise électorale et il faut qu'il délaisse certains thèmes, qu'il les aménage, qu'il les adoucisse et il y a donc une thématique du passé et une thématique du présent, voire de l'avenir et cela crée un conflit, comme nous l'avons vu, entre le père et la fille.
– Très rapidement, Norbert Dorian, sur la réflexion que je faisais au début de cette intervention, sur le fait que Jean-Marie Le Pen ne voulait pas franchement le pouvoir, il était plus dans la contestation, alors que Marine Le Pen est évidemment dans la contestation, mais son objectif est différent, elle, elle veut le pouvoir, on pense évidemment à 2010.
– C'est un temps différent et puis c'est celle qui a permis ces avancées électorales-là et de dire que l'objectif était possible puisqu'elle a gagné des municipalités, elle a fait des scores très forts aux élections et donc là, il y a une différence. Alors rentrer dans la psychologie ensuite familiale, si vous voulez, non pas du rejet du père mais du rejet d'une fille qui réussirait mieux, moi je ne le tente pas, c'est très difficile.
– Je trouve assez révélateur que l'on résume le Front National ou que l'on attaque le Front National à travers le pétainisme, à travers la Seconde Guerre mondiale qui s'est produite, qui s'est terminée il y a soixante et dix ans. – Oui, mais enfin… – D'ailleurs, les pétainistes historiques qui ont participé à la collaboration, comme M. Papon par exemple, il n'était pas au Front National, il était ministre du RPR je crois. M. Bousquet, il n'a pas à dîner à la table de Jean-Marie Le Pen, il a dîné à la table de François Mitterrand.
– Ce que disait M. Bézère, ce n'est pas cela, c'est simplement rapporter les éléments des propos qui avaient entraîné une partie de la crise. On pourrait parler tout à fait d'autre chose, de la préférence nationale et de sa construction idéologique au milieu des années 80. – Rapidement là-dessus, vous voulez qu'on parle des régionales.
– La liberté de parole, eh bien sa liberté de parole, elle doit désormais, elle peut la garder, de toute façon il fait ce qu'il veut, mais elle ne doit plus nuire au Front National, ça c'est clair.
– S'il a été condamné pour ses propos passés, ce qui veut dire que la liberté de parole est encadrée quand même. Il y a une législation qui fait heureusement qu'on ne peut pas dire ce qu'on veut.
– Vous pouvez vous attendre à une condamnation sévère de la justice lorsque vous tenez certains propos, plus sévère que lorsque vous agressez les personnes âgées. ou lorsque vous êtes un violeur multirécidiviste, ça c'est vrai.
– Alors on va parler des régionales. Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen réfléchit. À votre avis, elle va faire quoi ? – Vous l'avez souvent au téléphone. – Mon petit doigt, comme je dis mon petit doigt. – Vous voyez souvent à Paris. – Ah oui, je l'ai vu il y a 48 heures. – Elle va y aller, elle ne va pas y aller. – Est-ce que vous êtes prêts ? – Place de la Sorbonne, vous voyez. – Est-ce que vous êtes prêts à prendre la place ?
– De l'histoire sociale et politique de notre pays. – Bon, écoutez, je crois que… – En fait, j'en sais rien, elle se prononcera elle-même. – Vous savez, vous ne voulez pas nous le dire. – Ce n'est pas à moi à faire cette annonce, mais je crois qu'on peut quand même penser, nous sommes autorisés, dans les milieux autorisés, comme disait Coluche dans son sketch, à penser que Marion Maréchal, Le Pen est députée de Vaucluse, elle aime cette région, elle est chez elle ici. – Elle nous fait un peu de cinéma en disant qu'elle réfléchit, mais elle sait très bien qu'elle ira. – Non, non, non, elle avait besoin de réfléchir.
Vous savez, le bureau politique a été très agité et elle avait besoin de cette réflexion. – Non, mais parce qu'elle dit quand même que…
– Elle n'aurait pas tardé à arriver à son terme. – Elle dit quand même qu'elle réfléchit et qu'elle estime qu'une candidature plus neutre serait préférable. Je la cite.
– Oui, elle a dit ça il y a une quinzaine de jours, oui. Elle a dit ça une quinzaine de jours, mais elle a réfléchi. – Bon, très bien.
Vous avez de la concurrence quand même. Je voudrais qu'on voit les récentes déclarations de Christian Estrosi vont apparaître sur l'écran, là. On parle de cinquième colonne, d'islam radical. C'est des propos que vous auriez pu tenir, non ?
– Monsieur Estrosi, il se réveille. Bon, mieux motard…
– Ça fait longtemps qu'il est sur une ligne un peu plus à droite que certains autres membres de l'UMP, non ? C'est pour ça qu'il a été choisi, d'ailleurs.
– Pour monsieur Estrosi, mieux motard que jamais, si j'ose dire, de se réveiller comme ça. Mais parce que monsieur Estrosi, il a quand même soutenu…
– Il était champion de France de moto, pour le jeu de mots, là, que peut-être les gens…
– Il a quand même soutenu cette politique d'immigration massive, parce que le problème, ce n'est pas l'islam. L'islam ou l'islamisation, l'islamisme, c'est la conséquence de la politique.
– Donc il est sur une posture électorale, là.
– D'immigration massive, menée tant par la gauche que par l'UMP. Il y a même eu plus d'étrangers entrés dans notre pays sous Nicolas Sarkozy que sous Lionel Jospin. Et je n'ai pas entendu monsieur Estrosi le critiquer. Je n'ai pas entendu monsieur Estrosi critiquer… – Et le maire de Bonnel, qui fait une déclaration sur la disparition de l'islam en France. – Non, je n'ai pas entendu monsieur Estrosi critiquer Jean-Claude Godin lorsqu'il a réuni toutes les composantes de l'islam et notamment le tablig et les frères musulmans, qui ne sont quand même pas des bisounours. Je ne l'ai pas entendu critiquer monsieur Godin sur cette cinquième colonne. – Juste un mot là-dessus.
– Non, monsieur Estrosi est un diseux, mais ce n'est pas un feuseux.
– Juste un mot, Christian Estrosi très clairement essaie de siphonner les voies du Front National en faisant ce type de déclaration.
– Oui, c'est peut-être aussi pour se positionner et dire, écoutez, nous aussi, on peut avoir des positions tranchées, ça peut résonner aussi. – Oui, c'est ça, ça résonne. – Il y a un autre scénario aussi, je ne sais pas lequel sera tenu, c'est d'expliquer qu'il peut y avoir une différenciation et que ce n'est pas l'islam, mais une version de l'islam et encore que pour certains, ce n'est pas une version, mais un mouvement de l'islam qui est condamnable.
– Le Front de Voix est libre spéciale régionale samedi prochain sur l'ensemble de la région PACA. On brouille au sein de la famille du Front National, au sens propre du terme d'ailleurs, mise en examen avec certains membres du parti. Finalement, le Front National devient parti comme les autres. Ça va être dur de dire que vous êtes contre l'UMPS
et que vous, vous êtes épargné par toutes les affaires et tout le reste. – Pour l'instant, il s'agit de mise en examen de professionnels qui travaillent pour le Front National. Il n'y a pas de candidat Front National, de responsable Front National qui soit mis en examen, qui n'équivaut quand même pas, pas encore, à moins que nous savons que nous avons Robespierre désormais comme Premier ministre, et Mme Torquemada, plus connue sous le nom de Taubira, au ministère de la Justice. Mais quand même, nous sommes encore dans un pays de droit, du moins je l'espère. Une mise en examen, ça ne veut pas dire une condamnation. Voilà.
– Merci Stéphane Ravineau. – Mais avec plaisir, M. Bézard, comme toujours. – Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci Norbert Morillon. À très bientôt. Deux choses à vous dire avant de se quitter.
Stéphane Ravier