Les partis à la conquête de la France rurale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Allez, on va finir notre série de reportages consacrés à ces élections municipales, notre Tour de France. On va le finir à Nice avec une campagne centrée sur un duel fratricide entre Christian Estrosi, le maire sortant, et Éric Ciotti, candidat soutenu par le Rassemblement national. Une campagne émaillée de scandales.
Céline Schmitt s'y est rendue pour nous. A Nice, la météo est orageuse, à l'image de cette fin de campagne. Les passes d'armes entre les camps de Christian Estrosi et d'Erik Ciotti sont incessantes, de quoi éclipser les projets politiques des différents candidats.
Le favori des sondages, Éric Ciotti soutenu par l'ERN, se dit victime de campagnes de désinformation. Le candidat s'emploie donc à rassuré. Aujourd'hui, il est venu dissiper les doutes quant à sa future politique culturelle.
De façon extrêmement malhonnête, on nous a dit qu'on a sélectionné les artistes, les formations culturelles, en fonction de leurs convictions, de leurs origines, de leurs engagements. Jamais, jamais ! Il y a beaucoup de fake news, on nous accuse de tous les maux, c'est le propre d'un système qui vacille, qui tremble, qui voit ses privilèges risqués de s'évaporer.
Tous les regards se tournent forcément vers le maire sortant Christian Estrosi. Fin février, une sordide histoire de tête de cochon ornée d'une étoile de David retrouvée devant son domicile fait encore la une de la presse locale. Le maire sortant est venu chercher un peu de légèreté au bal des seigneurs de la ville.
Je partage en ce temps de campagne des moments heureux, des moments un peu et qui m'a créé de véritables surprises. Selon les derniers sondages, le vice-président du parti Horizon sait qu'il aurait 11 points de retard par rapport à Éric Ciotti. Alors à quelques jours du scrutin, quand le candidat d'hiver droite réaffirme sa volonté de baisser les impôts et réduire la dette, le maire sortant lui penche plutôt sur sa gauche.
Nous avons énormément fait en matière d'aide au pouvoir d'achat, sur le coût des transports, sur le coût des cantines scolaires. Je veux encore renforcer cela en mettant en place, parce que nous voyons la fracture sociale qui ne cesse d'augmenter, un véritable bouclier social en matière de pouvoir d qui pourrait augmenter encore de 1 000 euros en moyenne. 1 000 euros d'aides par an, en plus pour les foyers niçois.
Bonjour madame, pour les élections municipales, liste Front Populaire. Mireille Damiano, dont la liste est soutenue par LFI, n'y croit pas. Monsieur Estrosi, tout d'un coup, nous parle de démocratie locale, première fois, et nous parle aussi de ce qu'il va mettre en place des mesures sociales en disant que c'est lui qui sera le barrage.
Nous nous disons que, que ce soit monsieur Estrosi, que ce soit monsieur Ciotti, ce sont les deux faces une même pièce, avec des politiques qui sont extrêmement semblables, avec des équipes qui sont interchangeables d'ailleurs. Priorité de la candidate, l'accès au logement dans une ville marquée par le surtourisme et où un niçois sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Un objectif qu'elle partage avec Juliette Chesnel-Leroux, candidate de l'autre liste de gauche, soutenu entre autres par les écologistes et les socialistes.
Bonjour monsieur ! Tenez, ce dimanche 15 mars on vote pour changer le maire de Nice. Bonne chance !
Ah bah ouais, on va faire ce qu'il faut ! Les deux candidates sont au coude à coude dans les sondages avoisinant les 10%. Alors pour espérer peser face à la droite au second tour, la question d'une possible alliance devient cruciale.
Mais pour Juliette Chesnel-Leroux, il est trop tôt pour l'envisager. s'est positionné contre toutes les listes de gauche dans toutes les grandes villes de France et ne nous donne pas donc beaucoup de raisons de vouloir discuter avec eux. Nous sommes une liste d'union de la gauche et des écologistes, on a le parti socialiste, le parti communiste, les écologistes, on a l'après, ceux qui ont été purgés de élèves.
Donc je pense que ça, ça parle beaucoup aux Niçois et aux niçoisins. La question est donc de savoir si la gauche va appeler à un vote de barrage contre Éric Ciotti. Voilà pour ce reportage de Céline Schmitt qui conclut notre tour de France des campagnes municipales dans les grandes villes pour ce premier tour.
Allez, on va analyser les enjeux de ce scrutin à Deux jours du premier tour. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Jean Viard. Bonjour.
Bonjour. Vous êtes sociologue et auteur du livre intitulé Une France bousculée aux éditions de l'Aube qui analyse un peu les secousses ces dernières années qui ont touché la France et notre monde. Ça va de la pandémie de Covid en passant par le retour au pouvoir de Donald Trump et également le développement de l'intelligence artificielle.
J'accueille également Stéphane Zumsteg. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes directeur du département politique et opinion de l'institut de sondage Ipsos BVA. Ipsos BVA qui est notre partenaire sur Public Sénat LCP dimanche pour la soirée électorale des municipales. Ce sera à suivre dès 19h30, une grande soirée d l'analyse des résultats et de réactions politiques à ce premier tour des municipales.
Et d'ailleurs, dimanche, nous serons en direct de Nice. Stéphane, un mot sur cette campagne niçoise, ce duel fratricide entre Christian Lestoisi et Eric Ciotti, c'est extrêmement tendu. Oui, c'est extrêmement tendu parce que ce sont les deux meilleurs amis du monde qui sont devenus au fil du temps les deux pires ennemis sur Terre quelque part et je pense que les équations personnelles jouent beaucoup dans ce scrutin.
On a raison de dire qu'il y a un candidat issu de la droite dite classique Christian Estrosi et un candidat Eric Sotti qui s'est rapproché du rassemblement national. Certes, dans le cas d'une victoire d'Eric Sotti éventuelle est-ce que ça signifierait la droitisation de l'électorat ? Peut-être mais en partie seulement je pense que les raisons personnelles, les questions d'image et de réputation des deux principaux candidats joueront bien plus que les étiquettes.
Ce qui se joue c'est un maire qui achève son troisième mandat, qui a toujours été facilement élu ou facilement réélu, certes, mais qui en est à son troisième mandat et donc à son éventuel quatrième mandat face à Éric Ciotti qui représente l'alternance politique à cause de son glissement vers la droite radicale, mais aussi un changement d'homme. Donc il y aura une portée nationale dans ses résultats, mais pas tant que ça parce que je pense qu'avant tout les Niçois se détermineront en fonction de ce qu'ils pensent de leur mère sortant et de la possibilité d'une alternance, de passer à autre chose. – Jean Viard, ce sont deux droites qui s'affrontent, une droite classique et puis un candidat qui est soutenu par la rassemble nationale, mais est-ce que localement ce sont deux droites vraiment différentes ? – Je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit et puis il faut dire une autre chose, c'est que c'est une zone d'extrême droite forte.
Monsieur Perra n'était pas tellement plutôt d'extrême droite, je vous rappelle Toulon qui a été Front National, Orange, Marignane, etc. – En 1995 ? – Voilà en 1995, donc si vous voulez ce qu'il faut dire c'est qu'il y a une implantation de l'extrême droite le long j'allais dire de la frontière méditerranéenne, on trouve la même chose d c'est-à-dire en Alsace, qui est très ancienne et qui est très forte.
Alors même si Toulon bascule, il ne faut pas faire comme si c'était une découverte qu'ils ont déjà eu Toulon, ils l'ont perdue, bon, donc il y a une extran droite qui est puissante, et là effectivement ce que vous dites est juste, c'est-à-dire que c'est En plus, une question de personne qui se rajoute dans cette affaire. Mais sur le fond, M. Estrosi est presque à gauche pour une ville comme Nice, si je peux me permettre de dire des choses pareilles.
Donc si Toulon, Marseille, Nice basculent dans la France, le parti protestataire est toujours en tête depuis la guerre, toujours. Sauf que le système électoral ancien faisait qu'on avait fait des découpages entre Charles Pasqua et Gaston Deferre, qui faisait que dans le quartier nord où il y a 200 000 personnes, ils n'avaient pas beaucoup de représentants. Donc le premier parti en voie n'était jamais le premier parti en siège.
Le système électoral a changé, donc ça peut changer la donne. Mais ça sera encore une fois, le premier parti, c'est l'extrême droite aujourd'hui. C'était le PC avant qui est protestataire.
Après, qui va garder la ville ? Ça, c'est encore une autre question qui dépend des alliances et qui dépend aussi notamment de la position d'un l'ambassal, qui, bon, voilà, donc c'est une question qu'on verra plus tard. La ville n'est pas gagnée encore pour le Front National, donc ça serait un choc, et il faut dire une chose, dans ces élections, il y a des élections locales, il y en a 35 000, et puis il y a le récit qu'on va construire derrière.
Et le récit, si par exemple l'extrême droite prend Marseille, ça va effacer tout le reste. On va dire, ils ont un tremplin pour la présidentielle. Donc il faut bien faire attention, le récit ne correspond souvent pas à la réalité, rappelez-vous les élections précédentes, en fonction du fait que Paris change ou autre, une ou deux grandes villes qui changent le récit et on garde ça en mémoire.
Et donc ça sert de tremplin. C'est le récit qui fait tremplin, ce n'est pas le résultat électoral. – Et dans ce récit politique, dans ce récit médiatique, si jamais le Rassemblement National a gagné des grandes villes qui n'ont jamais été dans son escarcelle comme Marseille et Nice, ce serait un tremplin pour la présidentielle ? – De toute façon déjà le Rassemblement National est dans une situation depuis plusieurs années maintenant de dynamique électorale, il ne cesse de progresser, il est passé en quelques années de la zone des 20 % à la zone des 30 % dans les scrutins nationaux, c 'est sûr que gagner la deuxième ville de France ça donne évidemment une portée symbolique extrêmement importante et ça va de pair avec une sorte d'alignement, ça irait de pair en tout cas si ça se produisait avec une sorte d 'alignement des planètes pour le RN, c 'est qu'on voit bien notamment les préoccupations, les administrés n 'ont qu'une attente prioritaire c'est la sécurité à l'échelle locale et c'est justement ça tombe bien pour le RN le domaine où il est jugé le plus crédible pour régler la situation.
Allez on va aller en En Auvergne, retrouvez nos partenaires du journal La Montagne, direction Clermont-Ferrand. On va retrouver Arthur Cessebron, journaliste à La Montagne. Bonjour Arthur.
Bonjour. On va parler d'abord des élections municipales à Clermont Ferrand qui est l'un des plus anciens bastions socialistes de France. Oui tout à fait Clermont Ferrand est presque finalement un cas assez unique en France, depuis 1944 la ville n'a connu que quatre mères et tous étaient socialistes, dont le dernier Olivier Bianchi qui brigue un troisième mandat.
L'EPS a la main sur la capitale auvergnate depuis 80 ans et forcément à chaque élection une même question se pose. Clairement Ferrand peut-elle basculer Certains jugent que le contexte est actuellement favorable, notamment parce que la droite et le centre partent rassemblés autour d'un même candidat, Julien Bonny du parti Les Républicains. C'est une première ici depuis 1995 et la candidature à l'époque d'un certain Valéry Giscard d'Estaing.
Face à lui, il y a donc le maire sortant Olivier Bianchi du PS qui brigue un troisième mandat avec le soutien de la gauche sauf des Insoumis puisque LFI a misé comme en 2020 sur la députée Marianne Maximi qui avait obtenu d'ailleurs lors des dernières législatives le soutien d'Olivier Bianchi. La gauche est donc divisée mais la droite aussi puisque le Rassemblement National a investi son candidat, Antoine Darbois, un ancien du parti Les Républicains. Enfin, et on peut aussi citer évidemment les deux autres candidatures, une liste citoyenne portée par Yannick Cartaillé et une liste lutte ouvrière qui est elle conduite par Marie Savre.
Merci beaucoup Arthur, vous restez avec nous parce que tout à l'heure on parlera du Cantal. Un mot sur Clermont-Ferrand, Jean Viard, ça incarne ce socialisme municipal qui est quand même très ancré dans certaines grandes villes. – Oui absolument, d'ailleurs à côté il y a la ville et le chic, j'ai désir d'ailleurs où habitait Giscard d'Essain parce que Clermont-Ferrand c'est un peu comme Lyon, il y a une ville centrale, puis à côté la Chamalière qui est la commune chic, donc là ça consente la bourgeoisie locale, liée d'ailleurs aux pneus.
Il y a Aki Michelin qui est le grand opérateur. Michelin qui a des difficultés, donc ça joue aussi dans toutes ces questions. Non mais c'est vrai que c'est une ville typique socialiste, avec un maire qui s'est beaucoup intéressé à la culture, puisqu'avant il était chargé de la culture au Parti Socialiste, etc.
Donc je ne sais pas du tout quel va être le résultat électoral, mais c'est sûr que si ça tournait dans l'histoire du Parti Socialiste, ça serait une mauvaise nouvelle. – Beaucoup d'enjeux pour le Parti Socialiste qui dirige plusieurs grandes villes en France et qui a donc du coup de fait beaucoup à perdre dans ce scrutin. Il a beaucoup à perdre, alors le Parti socialiste il est surtout implanté dans les très grandes villes dans les villes de plus de 100 000 habitants, la droite elle est plus implantée dans les villes de taille intermédiaire des grandes villes mais de plusieurs dizaines de milliers d'habitants mais le PS, est-ce que le PS a beaucoup à perdre ?
Il dirige beaucoup de villes donc par définition il pourrait en perdre mais là encore rappelez-vous ce qui s'est passé il y a 6 ans on assistait une vague verte contre toute attente, les écologistes sont raflés presque une dizaine de grandes voire de très grandes villes et personne ne l'avait vu venir et là dans ce cas-là le PS a perdu les villes au profit des écologistes, il pourrait en récupérer une partie cette année notamment à Strasbourg par exemple et il y a d'autres exemples qui lui permettraient de progresser. Je pense que le PS finalement selon moi ne perdra pas beaucoup de choses dans le cas bien précis de Clermont-Ferrand tout est possible, ça me rappelle un peu le cas de Limoges qui était socialiste depuis toujours et qui en 2014 là encore contre toute attente avait basculé à droite donc tout peut arriver, il y a un moment donné aussi où les électeurs se disent ou en tout cas ça devient un levier de vote finalement cette ville est dirigée par les mêmes quelle que soit leur étiquette politique depuis 50 ans, depuis 80 ans peut-être que ce serait bien pour une fois de changer. Après charge à celui qui réussit l'alternance d'être réélu, ça avait été le cas à Limoges.
Donc les bascules sont toujours possibles y compris dans des fiefs. Oui Jean ? Non je voulais juste dire qu'il faut se rappeler que plus de 80 % des maires sont réélus, c 'est-à-dire l'élection municipales historiquement alors ça peut changer chaque fois il y a une autre chose sur les 68 % des communes n'ont qu'une liste il faut pas parler que de la france des grandes villes 68 % des communes c'est à dire quand même le quart des français en fait donc une liste donc pour que l On fait des pourcentages de participation.
C 'est sûr que dans les lieux, il n'y a qu'une liste, il y a moins de participation. Et souvent, ce sont des candidats que les gens ont envie de voir rester en place, point barre. Parce que le maire, c'est un chef de tribu.
Il ne faut pas tout politiser, quoi. Et au fond, on attend qu'il ait Il définit son travail, sauf s'il met le feu au château. Donc il y a une permanence.
On peut très bien le soutenir si on n'est pas de sa ligne politique. Souvent, ils se cachent un peu. Parce que le Front National rural, mon avis, va beaucoup progresser.
On le verra au Sénatorial, mais ils ne sont pas Front National. Mais on verra comment ils voteraient en sénatorial. – Et justement, vous me faites ma transition, on va parler de la ruralité, de cette campagne municipale également dans nos campagnes.
On reste avec vous Arthur, on va se diriger dans le Cantal, dans un petit village du Cantal où le Rassemblement national tente une percée au niveau local. Et oui, tout à fait. On propose aujourd'hui dans nos colonnes une étape dans le Cantal où pour la première fois, le Rassemblement national est en liste aux municipales.
Ce soutien d'autant plus surpris dans ce département qui est habituellement acquis à la droite républicaine que le RN ne s'est pas engagé à Aurillac ni à Saint-Flos mais à Saint-Georges, dans un village d'un peu plus de 1000 habitants. Cette liste est en plus emmenée par une jeune étudiante de 22 ans, Cindy qui a grandi, elle, à Saint-Georges. Le RN lui a apporté un soutien assez important dans cette campagne, et notamment à travers le déplacement de sa vice-présidente Edwige Diaz.
Preuve qu'il veut y croire, dans cette commune qui avait voté à 57 % pour Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle. Dans cette campagne, Cindy Rodier fait face à Jean-Jacques Montloubou qui est maire depuis 1995 et lui ne pensait pas se présenter mais comme il le raconte à notre journaliste Stéphane Barnoy, il a décidé de repartir justement pour contrer ce qu'il considère comme une démarche symbolique du RN, car finalement à Saint-Georges on est loin des grandes villes, des enjeux de sécurité et d'immigration. Ici clairement le RN mise sur le profond sentiment de relégation qu'on retrouve dans de nombreux territoires ruraux.
Merci beaucoup Arthur pour vos explications, je rappelle que vous êtes journaliste pour le journal La Montagne à Clermont-Ferrand. Stéphane Zumsteg, une réaction à cette campagne municipale dans ce petit village du Cantal où le Rassemblement National ose présenter une liste, ça veut dire l'implantation progressive dans les campagnes de ce parti. – Oui mais quand vous regardez finalement la physionomie des circonscriptions gagnées en 2024 par le Rassemblement National, les 126 circonscriptions, je ne parle pas en plus des circonscriptions sciotistes mais elles sont dans la quasi-totalité des cas ces circonscriptions dans le monde rural ou semi Le RN, il ne gagne pas des sièges de députés dans les grandes villes, dans les grandes agglomérations, sauf exception évidemment.
C'est dans ces zones qui ont été très longtemps, et c'est ça le plus spectaculaire sans doute, des zones rurales qui ont été très longtemps totalement hermétique et voire hostile au discours du Front national puis du Rassemblement national. C'est plus la même chose. Votre confrère parlait de sentiment de relégation, c'est ça qui a été le moteur dans ces zones parfois enclavées, parfois qui souffrent d'une désertification de services publics, d'une désertification de commerce.
C'est ce sentiment quelque part de colère et de relégation qui a nourri ce discours. Ce n'est pas un discours qui est driveé, qui est mené par des questions d'immigration ou d'insécurité. Non, c'est la relégation, c'est la fracture sociale ou la fracture territoriale qui a alimenté auprès d'une partie de cette population rurale, la progression du RN et on le voit bien géographiquement.
Certes il y a des bastions historiques, on en parlait tout à l'heure, la Côte d'Azur, le nord de la France mais autrement c'est les confins du bassin parisien, c'est une partie des sud-ouest, c'est-à-dire des endroits où il y a encore 10 ou 15 ans, les candidats du Rassemblement national n'obtenaient que des scores de témoignages, des scores qui étaient sous les 10%. Aujourd'hui, on est facilement élu député du RN quand on se présente dans une zone rurale enclavée. Jean Vierre, ce sentiment de relégation dans les campagnes, c'est ce qui explique le vote du RN ? – Oui, mais en même temps, c'est vrai dans toutes nos grandes démocraties.
Trump n'a pas été élu dans des grandes villes, Londres n'a pas voté pour le Brexit, Barcelone n'a pas voté pour la rupture, etc. C'est en fait l'immense périurbain et le rural. Et le nouveau mouvement, c'est le rural, avec le syndicat agricole qui est quand même très proche de l'extrême droite.
La coordination rurale. Tout à fait. Mais ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'au fond, les métropoles en France, c'est à peu près 30 % de vraie population. Le front national est entre 10-15%, alors que le reste de la France, ils sont autour de 38-40%. C'est pour dire qu'il y a un des cas...
Alors pas toute la France, parce que par exemple, c'est pas en Bretagne. Donc il y a des territoires qui résistent. Mais sur le fond, on On assistait à une rupture entre les métropoles et tout ce qu'il y a à l'extérieur.
Notamment parce que 63 % des Français habitent dans des maisons avec jardins, des pavillons. Donc en réalité la population française c'est même dans le massif central. Moi j'y vais souvent, vous allez autour de Saint-Flour, Le cœur de petites villes s'est vidé et les gens sont tous autour dans des maisons individuelles.
Et au fond, il y a une rupture extrêmement profonde entre ces populations qui sont des milieux populaires, qui ont accédé à la propriété souvent alors qu'ils ne l'étaient pas. Alors ce n'est pas vrai du rural-agricole, mais c'est vrai du grand phénomène périurbain. Je crois que la crise centrale, elle est dans cet immense périurbain.
On n'a pas construit de cas de politique. Parce que les gens se disent « je suis un Parisien qui habite à une demi-heure de Paris ». Mais ce qui l'intéresse, c'est ce qui se passe là où il travaille, là où il sort, On lui dit qu'il faut que tu votes à telle commune.
C'est très bien, ils sont sympas, mais ce n'est pas l'enjeu. Je pense qu'on n'a pas réfléchi à tout ça, mais c'est vrai dans toutes nos démocraties, cette rupture métropole-non-métropole, avec le fait que la métropole construit les discours idéologiques. Alors c'est le vélo, c'est contre le pavillon, etc.
Et les milieux populaires, ils ont gagné la propriété, ils ont gagné des deux voitures, les deux emplois, le chien, le jardin. Et ça, on leur dit c'est nul. Donc on a complètement rejeté la progression des milieux populaires vers la propriété, etc., qui est quand même l'événement des 50 dernières années. – C'est la fracture des gilets jaunes ? – Les gilets jaunes étaient exactement dans cet axe.
Et les gilets jaunes, il ne faut pas se rappeler que c'est aussi lié au 80 km heure, qui était perçu comme une décision arrogante de bobos parisiens qui viennent en week-end. Excusez-moi, moi qui suis un rural, c'est comme ça qu'on le racontait. J'ai beaucoup fait, j'avais écrit un livre sur les gilets jaunes, on le sentait très très bien.
Le prix de l'essence n'était pas le cœur du débat, c'était le rejet symbolique d'une mesure. On se dit, oui, ils partent en week-end, ils peuvent rouler à 85 km heure. Mais nous, on roule tous les jours. 67 % des Français partent travailler en voiture.
Et ils ne peuvent pas faire autrement. Donc, si vous voulez, il y a vraiment la France du discours bien séant, ville, en gros, qui est écolos, centros, socialos suivant les cas. Et puis le reste du pays, on dit mais et nous, pourquoi on n'arrête pas de nous critiquer ? – Alors parlons des attentes des Français à deux jours de ce premier tour des élections municipales, notamment avec cette enquête électorale de l institut Ipsos BVA et l'école ingénieur saisie pour la fondation Jean Jaurès, le journal Le Monde et le Cevipof qui est le centre de recherche de Sciences Po à Stéphane.
Finalement, élection municipale, elle suscite un véritable intérêt de la part des Français. – Ah oui, quand on leur demande s'il et s'ils sont intéressés par ce qui se passe, ils nous répondent très massivement à plus de 80%. Oui, les élections municipales m'intéressent.
Est-ce pour autant qu'ils iront se déplacer dimanche prochain et le dimanche suivant ? Ça c'est une autre question, on a bien vu que l'intérêt et la La participation sont deux éléments indépendants l'un de l'autre. Je ne suis pas persuadé, la mesure de référence n'étant pas 2020 à cause du Covid évidemment, mais en 2014, je ne suis pas persuadé qu'on vote autant, qu'on vote plus qu'en en 2014, cette année, compte tenu de l'image profondément dégradée depuis 2014 justement du monde politique.
Mais en ce qui concerne les attentes, en tout cas, ce que l'on constate, c'est qu'une sorte de municipalisation des enjeux nationaux, ce n'est pas la première fois que la La sécurité ou la lutte contre l'insécurité est la première préoccupation des Français et le premier sujet abordé dans une campagne électorale. Rappelez-vous de Lionel Jospin en 2002, on parlait déjà beaucoup d'insécurité. En revanche là ce qui est intéressant c'est qu'au niveau municipal quand on leur demande qu'est ce que vous attendez de votre maire, de votre prochaine équipe en matière de programme et surtout d'action, les gens nous disent lutter contre l'insécurité.
Et il est là le paradoxe parce que les Français savent très bien, ils sont pas stupides, ils savent très bien qu'il y ait le pouvoir d'un maire sont par essence, par définition, très limités en matière de lutte contre l'insécurité. C'est l'insécurité, c'est les pouvoirs publics, c'est l'État, c'est le préfet, c'est la police nationale. Et malgré ça, ils le savent, ce qu'ils veulent, c'est un maire qui leur parle d'insécurité et des moyens qu'ils comptent mettre en œuvre à l'échelle locale. – Jean Viard, sur cet attachement des Français à la figure du maire, il est vraiment réel par rapport aux autres figures de responsables politiques au niveau national ? – Ça n'a rien à voir.
Il faut dire une En quoi les gens ont confiance aujourd'hui ? Ils ont confiance en la famille-tribu, parce que 63 % des bénisseurs mariage, donc je veux dire, la famille, ce n'est plus forcément le mariage. Ils ont confiance dans le local et ils ont confiance dans les entreprises, ce qui est difficile pour la gauche de comprendre. que l'entreprise est devenue un lieu de confiance essentiel, parce que j'allais dire pour aller vite, le déclat s'est terminé et 80 % des accords sont signés par tous les syndicats dans toutes les entreprises.
Donc les conflits sont déplacés. Par contre, le discours idéologique, les gens ne le supportent plus. Quand on voit ce qu'on voit à la chambre, ça ne vous rend pas démocrate.
Et donc on a une rupture entre l'idéologie qui est archaïque parce que les enjeux ont changé. L'enjeu n'est plus le capital. Même entre la droite et la gauche.
J'ai été élu à Marseille il y a 20 ans. Tous les gens qui font de la politique, je les connais. On travaillait ensemble puisqu'à l'époque c'était une direction métropolitaine large dont j'étais vice-président.
Il y a un discours idéologique qui est complètement décalé de notre société. Les conflits, c'est avec la nature, comment on répartit. C'est entre le masculin et le féminin.
Aux Etats-Unis, Donald Trump a fait 49 % chez les garçons de moins de 25 ans, 26 % chez les filles. Dans nos sociétés, c'est pareil. Le masculin et le féminin devient un enjeu central de rupture.
Et puis, il y a l'IA qui arrive et qui crée des zones d'inquiétude, notamment dans la jeunesse, parce qu'on n'arrête pas de leur dire « Oui, mais les boulots de démarrage, on va les remplacer chez les juristes, dans les comptabilités, etc. » Donc, il y a tout ça qui bouge. On vit des révolutions anthropologiques.
La fin du patriarcat, ça fait des dizaines de milliers d'années. Et on vit tout ça et on ne parle que du petit bout de la lornette. Alors, à mon avis, c'est ça aussi qui fait ce décalage.
Il faut que la politique nationale se saisisse des c'est des enjeux, ceux dont je viens de parler. Et...
Alors, parce que vous savez, je finis, mais le discours des médias, c'est orange mécanique, si je vais vite. Et j'ai rencontré une grande radio hier matin et il disait que les gens ne s'intéressent pas aux municipal, et il se faisait montrer un micro-trottoir à Paris sur deux jeunes filles qui étaient là, qui passaient par là. C'est absurde.
Je suis d'accord. Moi, dans ma commune, il y a un monde fou qui vient en réunion publique. Et donc, dans les campagnes, on a distribué des tracts, on a fait du boulot.
Et donc, je pense qu'il faut faire très attention à cette rupture et comprendre que le monde a changé. Et alors, au niveau local, je vais dire une autre dernière chose, les programmes sont plus radicalement différents. Parce que tout le monde est pour le vélo, on peut être un peu plus, tout le monde est pour mettre des arbres, tout le monde sait qu'il y a une crise du logement, mais on n'a pas forcément un pouvoir énorme.
Il y a des nuances. Il y a des nuances, mais c'est des nuances. Alors qu'à une époque, c'était des affrontements entre les mairies de gauche qui était pour la culture, etc.
Et donc il y avait des écarts énormes. Donc c'est ça aussi. Donc c'est beaucoup des questions de personnes, des questions de réseau, de solidarité locale, beaucoup plus que des questions de programme.
Et justement, ce qui est intéressant dans votre enquête, Stéphane, dans l'enquête Ipsos BVA, c'est que dans la perception des Français de cette élection de municipale, eh bien l'enjeu, il n'est pas du tout national politisé. – Alors quand on leur pose la question, est-ce que vous déterminerez en fonction d'enjeux locaux ou d'enjeux nationaux ? Ils nous répondent enjeux locaux, à hauteur de trois quarts je crois et un quart pour les enjeux nationaux.
En revanche, quand vous regardez dans les détails les réponses selon la taille de la commune, là les choses évoluent. Et plus la taille de la commune augmente, plus les listes sont étiquetées politiquement, donc sont politisées, plus votre vote devient politique et plus votre vote devient politique, plus il prend en compte les enjeux nationaux. Ce qui fait que dans les très grandes villes, les villes de plus de 100 000 habitants, c'est-à-dire les villes dont on parlera, dont parleront les médias lors des premiers et seconds tours, il y a la moitié des gens, en qui se déterminent aussi en fonction du contexte national.
Donc les choses sont plus équilibrées à cette échelle-là. Ce que je veux dire, attention à l'effet de loupe, évidemment, les enjeux locaux comptent majoritairement dans la très grande majorité des communes, des 35 000 communes, mais dans les villes dont vous parlerez, vous les médias, dont nous parlerons dimanche et lundi dans la presse et dans les médias, eh bien les gens qui auront voté et qui auront fait la décision dans les grandes villes l'auront fait aussi en fonction du contexte national. C'est pour ça qu'à chaque fois.
Il y a des vagues roses, il y a des vagues bleues, il y a même eu une vague verte la dernière fois. Donc à l'échelle des très grandes villes, des très grandes agglomérations, les choses restent très politicisées et très nationalisées. – Donc on voit encore cette fracture entre les petites villes, les campagnes et les grandes villes. – On n'a pas les mêmes liens sociaux.
L L'ancien maire du Mans disait que t'as une commune de 500 habitants, 10 conseillers municipaux, un maire et parfois même un concier général. T'as un immeuble de 500 habitants et une fois sur deux, t'as un concierge. Et c'est deux types de liens complètement différents.
Je pense que 500 habitants, c'est renommer pas Il y a énormément de petites communes, mais même de moyennes. J'ai vu une commune de 4000 personnes, on se connaît ! C'est clair que ce n'est pas du tout les mêmes liens, donc les liens sont plus abstraits dans les grandes villes, évidemment, qui à Paris a rencontré Mme d'Amidalgo, pendant un certain nombre de gens, je veux dire.
Mais quand vous êtes deux millions, forcément. Donc du coup, ce n'est pas les mêmes types de liens, ce n'est pas non plus les mêmes demandes, mais moi, je pense quand même, c'est ce que j'appelle le double proche en sociologie, je pense que les gens sont pris entre ce qu'ils voient à la télé et qu'ils vivent. Et plus c'est différent, plus ils ont peur.
Si moi je suis marseillais, ce que je vois à la télé, dans la rue, j'ai pas peur à Marseille. D'ailleurs, Marseille n'est que la dixième ville de France en matière d'insécurité, ce qu'on oublie toujours de dire. Mais quand vous voyez ça, la télé, vous n'avez que les affaires de drogue, les viols, etc.
J'ai l'impression que si vous habitez sur l'Aubrac, par exemple, vous avez peur. Donc plus les deux sont différents, plus vous avez peur. Et je pense que quand les gens votent pour l'extrême droite dans les zones rurales, en fait ils votent ce qu'ils voient au poste et pas ce qu'ils voient dans la – On finit par parler d'une grande ville, par parler de la capitale Paris.
On va retrouver Jacques Paquier qui est directeur du journal du Grand Paris. Bonjour Jacques. – Bonjour. – Jacques vous avez assisté au dernier meeting de campagne du candidat de la gauche Emmanuel Grégoire et de la candidate de droite Rachida Dati. – Oui absolument, j'écoutais ce que disait Jean Viard notamment et il est vrai que les les clivages qui pouvaient exister encore il y a dix ans entre la gauche et la droite, par exemple sur le climat, se sont beaucoup estompés.
Plus personne, je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit, ne remet en cause carrément le vélo, c'est des questions de degrés, même à Paris, Sarah Knafo qui veut réintroduire la voiture sur la rive droite prévoit une couverture pour que les vélos puissent continuer de passer. Mais cela dit, pour revenir à votre question et au meeting d'hier, on voit bien qu'il y a quand même deux visions du monde très différentes. Chez Rachida Dati, on commence à chaque fois par rappeler les faits divers avec beaucoup de gravité, la violence supposée ou réelle, les cas de pédophilie dans les écoles qui occupent une place très importante.
Et à gauche au cirque d'hiver, puisqu'effectivement j'ai fait les deux meetings, on rend hommage aux femmes iraniennes et on célèbre Paris, ville d'accueil. Je ne vous fais pas de dessin, c'est deux visions du monde qui s'opposent avec un scrutin, peut-être qu'il est intéressant de le rappeler, qui n'a jamais été aussi incertain pour différentes raisons dont on va peut-être parler. – Et vous vouliez intervenir sur un autre sujet de cette campagne ? – Absolument, sur le le scrutin sur ce qui allait se passer.
Parce qu'à Paris, ce scrutin est très atypique pour plein de raisons. La première, c'est qu'il y a eu une réforme de la loi PLM qui organise l'élection et je pense qu'il est utile de le dire à cette antenne puisque beaucoup de Parisiens ne le savent toujours pas, ils vont voter dimanche et dimanche prochain dans en deux urnes différentes. L'une pourrait élire leur maire d'arrondissement et l'autre pourrait élire le maire de Paris, ce qui, en fait, a un impact inconnu, puisque c'est nouveau, mais ce qui peut, je sais Ce qui est susceptible de favoriser la droite, puisqu'il n'est plus nécessaire, pour faire très court, de faire basculer un arrondissement ou deux, comme c'était le cas avant.
On parlait souvent du 12e ou du quatorzième désormais il y a donc une liste par arrondissement une liste pour paris ce qui donne en théorie c'est certains disent que c'est le principal objectif de cette loi une chance supplémentaire à la droite de l'emporter deuxième nouveauté c'est que pour la première fois les écologistes ont rejoint l'union de la gauche or et les filles vous en parliez aussi dès le premier tour ce qui fait que ça peut donner un avantage à la gauche unie au premier tour ça peut également la priver de réserve de voix au second tour pour finir autres grandes incertitudes le nombre de candidats qui sont susceptibles de pouvoir se maintenir au second tour est très important ils seront peut-être 5 avec beaucoup d'incertitudes là encore puisque certains sont proches de la barre des 10 % qui est nécessaire pour se maintenir au second tour à droite c'est le cas de Pierre-Yves Bournazel dont on ne sait pas forcément s 'il arrivera à se maintenir et dont on ne sait pas ce qu'il donnera comme consigne de vote s 'il se maintient et à gauche c'est le cas pour Sofia Achikirou qui elle aussi n'est pas très au-dessus de 10 et donc avec une incertitude totale notamment si dans la configuration où Sofia Achikirou se maintenait donc de LFI et qu'aucun autre candidat de droite que Rachida Dati n'était présent au second tour les chances de gagner de Rachida Dati seraient très grandes. Merci beaucoup à Jacques Paquier pour vos explications je rappelle que vous êtes directeur du journal du Grand Paris Stéphane cette réforme du mode de scrutin à Paris Lyon Marseille avec des électeurs qui vont voter directement pour le conseil municipal de la mairie centrale ça peut avoir un impact sur les autres ? Alors ça peut avoir un impact peut-être sur la participation se disant autrefois ça ne servait à rien quelque part c'est ce que disaient les gens si je suis de gauche et j'habite le 16e arrondissement ça ne sert à rien de voter si je suis de droite et j'habite le 20e arrondissement ça ne sert à rien maintenant les votes compteront de façon égale est-ce que voilà pour l'impact peut-être sur la mobilisation c'est possible en tout cas dans les arrondissements qui autrefois était très typé très typé à droite très typé à gauche est-ce que cela va avoir une traduction en termes électoraux une influence je n'en suis pas persuadé je ne pense pas et même si c'était le cas je serais bien incapable de vous dire dans quel sens ce qui est sûr c'est qu'avec ce double scrutin et d'ailleurs c'était l'une des principales raisons pour lesquelles les maires d'arrondissement étaient opposés à cette réforme mettez-vous à la place d'un électeur parisien déjà une majorité des électeurs parisiens sont incapables de citer le nom de leur maire d'arrondissement alors quand c'est une personnalité nationale comme Rachida Dati oui on sait dans le 7e, qui est son maire.
Mais dans les autres arrondissements, je suis plus dubitatif. Le vrai risque, c'est que quelque part, cette double élection vienne quelque part dévitaliser la seconde élection, l'élection des maires d'arrondissement. Oui, les gens vont voter pour l'une ou l autre des listes, évidemment à l'échelle globale.
Est-ce qu'en même temps ils voteront ou ils prendront la peine de se prononcer pour des personnes qui ne connaissent pas ne serait-ce que de nom ? J'en suis pas persuadé. C'est plus démocratique ce nouveau système de vote à Paris Lyon-Marseille ?
Ce qui n'est pas démocratique, c'est qu'on change tout le temps et que ce n'est pas partout pareil. On demande aux gens de participer aux élections. Les trois villes sont différentes des autres mais allez savoir pourquoi.
Le département vous avez deux personnes par siège, la région vous en avez qu'un. Je veux dire, on a monté une bureaucratie de la démocratie. Même moi je ne sais pas quelle est la prime en fonction, on m'a dit hier… – 25 % ? – Oui mais dans les autres villes si vous n'avez pas 50 % des voies, vous avez quand même 50 % des sièges si vous êtes en tête par exemple.
Dans certaines communes mais pas dans d'autres. Excusez-moi, on a fait une bouillie de la démocratie qui explique aussi une partie de l 'abstention parce que les gens à un moment ils n'y comprennent plus rien. Je pense franchement qu'un jour il faut remettre des règles simples, qu'on ait les et même partout, et que du coup, on puisse se raconter la même histoire.
Merci messieurs pour vos explications. On finit par l'histoire du jour. L'histoire du jour qui est consacrée à un maire, à un maire qui se raconte en bande C'est une lecture, la vie d'un maire rural en bande dessinée.
Laurent Turpin, maire de Saudemont, village de 420 habitants dans le Pas-de-Calais à côté d'Arras. Il prend la plume et les bulles pour raconter son quotidien, il est dans son élément. En plus d'être maire, il est journaliste spécialisé en BD.
Alors il raconte ses six années de mandat, les débuts mouvementés, en plus la crise du Covid. Le village est traversé par une coulée de boue. Il y a des conflits de Le maire, c'est le maire avec peu de moyens, dit-il.
Un hommage à tous nos élus dévoués. Un maire doit être disponible 24 heures sur 24, raconte-t-il. Le petit maire Laurent Turpin est dessiné par Olivier Berlioz aux éditions Les Arènes.
Voilà pour cette édition consacrée aux élections municipales. Merci d'y avoir participé. Je rappelle votre livre « Jean Viard, une France bousculée » aux éditions de l'Aube.
Et puis merci téléspectateurs d'avoir suivi cette émission. Et je vous donne rendez-vous dimanche à 19h30 pour la soirée électorale du premier tour des municipales sur le canal 8 de la TLNT, une soirée spéciale. Et puis le lendemain matin à 7h30 dans cette émission avec Oriane Mancini, le décryptage de tous les résultats.
Merci de nous avoir suivis. Très bonne journée et très bon week-end.
Anne Hidalgo