L'invité politique Sud Radio - Marie-Agnès Poussier-Winsback, Député (Horizons) de Seine-Maritime, Vice-présidente de l’Assemblée Nationale est l'invitée politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse partielle
La proposition d'une primaire de la droite et du centre est-elle favorable selon vous ?
- 1:24RelanceRéponse partielle
Une primaire ne donnerait-elle pas plus de poids à Édouard Philippe face à Marine Le Pen ?
- 1:48OuverteRéponse partielle
Gabriel Attal n'a pas envie d'abandonner la course, qu'en pensez-vous ?
- 2:04RelanceRéponse partielle
Une primaire ne donne-t-elle pas un élan et une visibilité ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Assiste-t-on à une guerre entre Édouard Philippe et Gabriel Attal ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Quel est le timing idéal pour les candidats selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« En l'état, je ne vois pas très bien. »
- 0:50Invité politiqueFait
« On a eu des expériences à droite de primaires qui n'ont pas obligatoirement été concluantes, je pense à 2021. »
- 1:03Invité politiqueFait
« Je soutiens Edouard Philippe, mais surtout j'ai des yeux et j'arrive à lire. »
- 1:10Invité politiqueChiffre
« Quand je vois le sondage de l'IFOP, je constate qu'Edouard Philippe est le seul candidat pour l'instant qui peut battre au premier tour Jean-Luc Mélenchon. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Mais il n'est pas question de se laisser faire, il est question de défendre ses idées et donc il le fait. »
- 4:01Invité politiqueFait
« D'abord, parce qu'à droite, je crois que les primaires, c'est franchement pas notre culture. »
- 4:20Invité politiqueFait
« 2021, entre Valérie Pécresse et Ciotti, on n'a pas l'impression que ça a créé une grosse dynamique, vous voyez. »
- 6:01Invité politiqueChiffre
« Oui, en effet, un emploi à temps plein, payé 6 000 euros par mois. »
- 6:17Invité politiqueFait
« Oui, ça me choque. »
- 7:50Invité politiqueFait
« Moi, j'ai un monsieur dans ma circonscription, qui, à partir d'une fuite de données, se retrouve avec une usurpation d'identité. »
- 7:59Invité politiqueChiffre
« On a immétriculé 3000 véhicules, 3000 véhicules à son nom. »
- 8:03Invité politiqueChiffre
« Chaque jour, il reçoit entre 30, 40, 50 amendes de stationnement, d'excès de vitesse, etc. »
- 8:24Invité politiqueFait
« Oui, oui, oui. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Et on a une directive européenne qui risque de nous condamner à payer, en effet, parce qu'elle n'est pas transposée. »
- 8:42Invité politiqueChiffre
« Et on a mis, je crois, 18 mois à commencer à accepter cette idée qui n'est pas encore tout à fait appliquée. »
Temps de parole
- Marie-Agnès Poussier-Winsback53 %
- Présentateur47 %
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Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz. Il est 8h17, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach, vice-présidente de l'Assemblée Nationale, est notre invitée à les députés de Seine-Maritime et ancienne ministre à l'Économie Solidaire dans le gouvernement de M. Barnier. Bonjour Mme Poussier-Vinsbach, soyez la bienvenue. On va largement évoquer les questions de piratage avec vous, car je sais que c'est l'un de vos thèmes de compétences et que vous avez posé plusieurs questions à plusieurs reprises sur ces sujets-là. Mais d'abord, c'est l'actualité.
La proposition de différents élus du bloc central et de la droite, dont Hervé Morin, qui suggère une primaire de la droite et du centre, est-ce que ça ne vous permettrait pas d'avoir un candidat plus fort ? Est-ce que vous y êtes favorable ?
En l'état, je ne vois pas très bien. D'abord, on a eu des expériences à droite de primaires qui n'ont pas obligatoirement été concluantes, je pense à 2021. Et si on doit se méfier des sondages aussi longtemps à l'avance, moi je vois qu'il y a quand même un candidat qui ressort vraiment aujourd'hui. Alors vous soutenez Edouard Philippe ? Je soutiens Edouard Philippe, mais surtout j'ai des yeux et j'arrive à lire. Quand je vois le sondage de l'IFOP, je constate qu'Edouard Philippe est le seul candidat pour l'instant qui peut battre au premier tour Jean-Luc Mélenchon.
Mais il est aussi talonné, voire devancé, selon les cas de figure, par Jean-Luc Mélenchon. Donc est-ce qu'une primaire ne lui donnerait pas plus de poids face ensuite éventuellement à Marine Le Pen ?
Moi je pense qu'il ne faut rien exclure. Pour l'instant, je ne vois pas du tout l'intérêt. Moi je pense que l'intérêt c'est qu'on se rassemble. Et si on avait des candidats potentiels qui disaient « on va derrière Edouard Philippe », je pense que ça lui donnerait une force beaucoup plus importante.
On se rassemble, ce n'est pas vraiment le cas. Il y a Gabriel Attal qui n'est pas très loin et on n'a pas le sentiment qu'il ait envie d'abandonner la course.
Le sujet de la primaire, ça va être quoi ? On va perdre des mois et des mois à savoir quelles vont être les conditions, à quel montant, comment on fait, elle est ouverte, elle n'est pas ouverte, etc.
Mais à l'inverse, vous ne croyez pas qu'une...
Là aujourd'hui, il faut batailler, il faut batailler pour lutter en effet.
Mais alors c'est une façon de voir les choses, mais vous ne pensez pas qu'une primaire, ça donne aussi un élan, une force, une visibilité, une dynamique dans les médias également. À mon avis, c'est ce sur quoi mise aussi la gauche.
Eh bien, je trouve que toutes les dernières expériences que nous avons eues ne montrent pas que ça donne obligatoirement. Je trouve qu'au contraire, c'est plutôt source de division.
Est-ce qu'à propos de division, vous n'avez pas le sentiment qu'on assiste à une guerre à couteau tiré entre Edouard Philippe et Gabriel Attal ? Je le disais, Gabriel Attal ne donne pas le sentiment de se laisser faire. On a l'impression qu'il veut aller jusqu'au bout, coûte que coûte.
Mais il n'est pas question de se laisser faire, il est question de défendre ses idées et donc il le fait. Maintenant, il ne faut pas que ça dure trop, trop, trop longtemps. Et surtout, il faut que toute cette période où on présente ses idées, elle se fasse dans le respect. À partir du moment où on est dans le respect, à partir du moment où on se donne des timings qui soient acceptables, que chacun essaie de porter sa parole, c'est normal, c'est la démocratie.
C'est quoi le timing ? Il avait dit que d'ici janvier, il se prononcerait et qu'à ce moment-là, éventuellement, il se retirerait s'il était devancé par Edouard Philippe.
Eh bien non, on préférerait novembre, parce qu'on trouve que tout ce qui arrive au plus tôt est le mieux.
Donc vous, vous pensez que Gabriel Attal doit se prononcer au maximum d'ici novembre ?
Moi, je pense que les candidats doivent se prononcer d'ici novembre. Alors, euh... C'est pas que Gabriel Attal. On voit bien qu'il y a de nombreuses initiatives.
Oui, mais le sujet pour le fameux politique, c'est quand même, pour le moment, qui de Gabriel Attal ou Edouard Philippe porte les couleurs ?
Et de Bruno Retailleau, et de Lysnard, et de... Vous avez d'autres candidats !
Alors là, vous êtes en train de citer tous ceux qui pourraient précisément faire partie d'une primaire de la droite et du centre. Mais je les connais, oui, je vous confirme. Oui, je sais que vous les connaissez, mais pourquoi ne pas accepter cette course d'une certaine façon qui clarifierait le débat ? Parce qu'aujourd'hui, les Français se disent, enfin, mais ils sont combien ?
D'abord, parce qu'à droite, je crois que les primaires, c'est franchement pas notre culture. Et qu'on n'a pas d'exemple où ça s'est vraiment super bien passé. Où derrière, comme vous l'évoquez, on sent tout d'un coup une mobilisation incroyable.
Vous faites référence à l'épisode François Fillon avec la primaire ?
Non, mais même 2021. 2021, entre Valérie Pécresse et Ciotti, on n'a pas l'impression que ça a créé une grosse dynamique, vous voyez. D'accord. Donc, il y a aussi une question de culture.
Donc, pensez aussi que c'est une question de... De culture. Non, mais de dynamique de campagne, c'est que ça ne vous a finalement pas aidé. Oui. D'accord. Je confirme. Marie-Agnès Poussier, Vinsbach du parti Horizon, parlons de la primaire de la gauche. Elle va permettre de renforcer Raphaël Glucksmann. On le voit d'ailleurs dans le nouveau train de sondage. Là, il est un petit peu renforcé. Et d'en faire un sérieux candidat, de profiter d'une dynamique. Ça, ça n'inquiète pas votre camp. Parce que, je le disais, vous êtes talonné, voire devancé par Jean-Luc Mélenchon. Mais il y a aussi le candidat Glucksmann.
Oui, il y a le candidat Glucksmann. Et j'allais dire, tant mieux. Parce que si la gauche en France se résumait à Jean-Luc Mélenchon, je pense que ça pourrait être inquiétant. Donc, moi, je trouve que c'est bien aussi que le centre-gauche puisse avoir un candidat. On n'est pas en train de se dire comment il y a le moins de candidats possibles. Derrière, c'est chacun présente son programme. Chacun défend ses idées. Et puis, on voit comment on se retrouve.
Alors, à gauche, l'actualité, ces jours-ci, est marquée par l'affaire Bali-Bagayouko. Qui est en train de devenir, si je puis dire, l'affaire Fillon de la LFI. Certes, Bagayouko n'est pas candidat lui-même. Mais on découvre un possible emploi fictif. Une enquête est en cours, en tous les cas. Lui, il réfute, bien sûr. Ça va forcément empoisonner la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?
Qu'est-ce que vous pensez de cette affaire ? Je trouve que c'est toujours compliqué d'aller commenter des enquêtes en cours. Le parquet national financier, vous venez de le dire, est en train de...
Le canard enchaîné a donné un certain nombre d'informations qui s'avèrent...
Oui, en effet, un emploi à temps plein, payé 6 000 euros par mois. Il est clair que si ces informations sont réelles, c'est choquant.
Alors, lui, il conteste que ce soit temps plein et parle d'un mi-temps, si j'ai bien compris. Mais tout ça, évidemment, mérite d'être confirmé. En tous les cas, si c'est le cas, ça vous choque ?
Oui, ça me choque. Oui, ça me choque, d'autant plus de la part d'un parti politique qui passe son temps matin, midi et soir à laver plus blanc que blanc.
En tous les cas, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach, on s'aperçoit aussi, à travers cette affaire, qu'il pourrait y avoir d'autres emplois fictifs de la part peut-être d'élus au sein de la RATP ou d'autres institutions.
Oui, certains demandent une commission d'enquête sur le sujet. Je trouve que c'est une bonne idée.
Vous qui êtes vice-présidente de l'Assemblée nationale, vous seriez favorable à une commission d'enquête sur ce sujet ?
Pourquoi pas ? En effet, je pense qu'il faut que la transparence soit faite.
Alors, on revient avec vous sur le piratage informatique des services du FISC, parce que je le disais, c'est l'un des sujets que vous maîtrisez très très bien. Je ne dis pas que vous ne maîtrisez pas les autres, mais en tous les cas, vous êtes sur ce sujet très en pointe, on peut le dire comme ça. On rappelle que 678 000 contribuables auraient vu leurs données fiscales exposées. Les Français jugent très sévèrement ces attaques informatiques, notamment le fait qu'un jeune de 22 ans aurait réussi à rentrer dans un système du ministère de l'Intérieur. Vous donc, qui suivez très bien tout ce sujet-là, ça fait longtemps que vous alertez. Et pourquoi n'a-t-on rien fait ?
Ça fait longtemps que j'alerte, parce que si je suis vice-présidente de l'Assemblée, je suis aussi élue locale. J'ai été maire de Fécamp, et je suis toujours très ancrée sur mon territoire, et donc j'échange. Et donc je vois bien que c'est un sujet qui inquiète nos concitoyens. Vraiment, et ils ont raison. Ils ont raison parce qu'on a des exemples concrets. Moi, j'ai un monsieur dans ma circonscription, qui, à partir d'une fuite de données, se retrouve avec une usurpation d'identité. On a immétriculé 3000 véhicules, 3000 véhicules à son nom. Chaque jour, il reçoit entre 30, 40, 50 amendes de stationnement, d'excès de vitesse, etc. Donc, oui, c'est un vrai sujet.
Et c'est pour ça qu'en effet, j'alerte. Moi, je vous dis, c'est à partir d'un cas concret. Mais ma question, c'était pourquoi ?
Pourquoi vous n'avez pas eu de réponse ? Qu'est-ce qu'on vous a dit ? Parce que, lorsque je lis, je le précise, pour tous ceux qui nous écoutent, vous avez alerté à 5 reprises.
Oui, oui, oui.
Et encore au printemps dernier.
Et on a une directive européenne qui risque de nous condamner à payer, en effet, parce qu'elle n'est pas transposée.
Parce qu'en plus de ça, la France est mauvaise élève. Il y a une directive européenne qui nous demande d'appliquer un certain nombre de choses. Et on a mis, je crois, 18 mois à commencer à accepter cette idée qui n'est pas encore tout à fait appliquée. Moi, ce qui m'intéresse, moi, je fais de la politique, je ne suis pas une technicienne.
Mais ce qu'on me dit, c'est qu'en fait, il y a un blocage de la part du ministère de l'Intérieur, tout simplement pour une question assez technique. le ministère de l'Intérieur voudrait pouvoir continuer à pouvoir décrypter, quand vous avez du grand banditisme, par exemple, des données. Or, il y a un amendement, puisqu'en fait, on a commencé à travailler dessus au Parlement. Le Sénat l'a examiné, l'Assemblée en commission spéciale, c'est ce qu'on appelle la loi résilience, et bien, en fait, elle interdit toute possibilité pour la sécurité intérieure de décrypter des messages sur nos portables. Voilà ce que je comprends. Je dis encore une fois, je ne suis pas une technicienne.
Et ça, pour le ministère de l'Intérieur, ce n'est pas possible.
Dans les détails, d'autres pays européens ont résolu cette question-là,
et ils ont aussi des ministères de l'Intérieur. Et surtout, je pense qu'il faut aussi faire confiance aux parlementaires, et si cet amendement est vraiment un problème et qu'on arrive à nous le démontrer, il est possible, éventuellement, de retirer des amendements. C'est ce à quoi sert une navette. Donc, en effet, je ne comprends pas.
Est-ce que ça peut faire partie des travaux dès la rentrée ? Est-ce qu'on doit s'attaquer au-delà de la commission d'enquête ? Parce que la commission d'enquête, ça va être un constat, mais il n'y a pas de caractère coercitif.
Il peut y avoir commission d'enquête, il peut y avoir mission gouvernementale, il y a quand même pas mal de méthodes. Et puis, derrière, il faut surtout qu'on inscrive ce texte à l'ordre du jour. Et moi, je pense que c'est urgent. En tout cas, ce que vous nous dites, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach,
c'est qu'il y a des freins qui viennent du ministère de l'Intérieur. Absolument. Mais c'est grave, puisqu'ils sont censés nous protéger, quand même, non ?
Oui, et ils pensent nous protéger de cette manière. C'est là où c'est un peu le serpent qui se mord la queue. Or, encore une fois, le blocage vient du ministère de l'Intérieur. En tous les cas, ce sont les informations dont ils disposent.
Alors, en tous les cas, vous alertez sur ces sujets depuis très longtemps. Le 30 avril, le Premier ministre annonce en grande pompe un plan contre les cyberattaques visant l'État. À la lumière de ce que vous nous dites là, je comprends pourquoi, deux mois plus tard, finalement, il n'y a pas de plan.
Je ne sais pas s'il n'y a pas de plan, puisque j'espère que le gouvernement va inscrire à l'ordre du jour ce texte. Il a la maîtrise d'un certain nombre de choses. Il y a les semaines du gouvernement, il peut demander l'inscription. J'espère que ce qui s'est passé cet été va permettre de se rendre compte que les parlementaires ne sont peut-être pas totalement débiles et qu'ils peuvent être capables de voter, de se mettre d'accord sur un texte aussi important, surtout qui concernent nos concitoyens au quotidien. C'est ce sur quoi je vais appeler l'attention.
On est bien d'accord. Et qu'il y a, et c'est ma dernière question, un enjeu considérable, Marie-Agnès Poussier-Winzbach, puisqu'il y a ces usurpations d'identité dont vous avez parlé, ces piratages. On se retrouve avec des Français qui ensuite, pardon de l'expression, mais galèrent pendant des mois, des années parfois avec ces données. et qu'il y a cette action judiciaire qui est lancée contre l'État. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Eh bien, je la comprends. Je la comprends. Moi, je vous dis, mon concitoyen, voisin, qui galère depuis 2022, je comprends qu'à un moment donné, il attaque l'État. Pour non-protection. Et on demande de plus en plus de données.
Donc vous demandez là, solennellement, à Sud Radio ce matin, sur Sud Radio ce matin...
Je demande qu'on mette à l'ordre du jour la loi Résilience au plus vite.
Et vous demandez à ce qu'on agisse sur ce sujet-là ?
Sur les victimes. Pour les victimes.
Merci, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach, de nous avoir rendu visite ce matin sur Sud Radio. Je rappelle que vous êtes vice-présidente de l'Assemblée nationale et députée Horizon. On vous souhaite une excellente journée. Dans un instant, la météo... Merci à vous. ...et les informations. Merci à vous.
Marie-Agnès Poussier-Winsback