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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 25 avril 2023 101 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSolidarités & familleRetraitesSécurité

MACRON FACE AUX INTERVILLES DU ZBEUL / DARMANIN ET SA LOI IMMIGRATION : LA GRANDE DIVERSION ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 68 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 18:10OuverteRéponse directe

    Pourquoi c'est important que d'autres secteurs prennent aussi le relais dans cette mobilisation ?

  • 26:47OuverteRéponse directe

    Pourquoi c'est important que d'autres secteurs prennent aussi le relais dans cette mobilisation ?

  • 35:49OuverteRéponse directe

    Vous parlez d'actions concertées entre les deux secteurs ?

  • 37:17RelanceRéponse directe

    Le gouvernement criminalise la contestation, qu'est-ce que vous répondez ?

  • 41:40OuverteRéponse directe

    Il y a un autre événement qui commence à prendre beaucoup d'ampleur : une action qualifiée d'acte terroriste contre la préfecture des Bouches-du-Rhône. Pouvez-vous nous raconter ?

  • 42:56OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez des nouvelles de vos camarades incriminés dans cette affaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46PrésentateurChiffre
    « Nous avons versé hier 3 248 euros à la caisse de solidarité, une somme qui correspond aux 458 nouveaux abonnés de mars 2023. »
  • 4:05InvitéFait
    « En une semaine, il y a une soixantaine de rassemblements, concerts de casserole et manifs pour emmerder le pouvoir. »
  • 17:11InvitéFait
    « il a décidé de reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans. »
  • 19:41InvitéFait
    « « Comment ça va se passer ? Puisqu'il y a des gens précaires qui vont être très, très violemment touchés par la réforme des retraites. » »
  • 32:29InvitéFait
    « le gouvernement, en novembre, a publié des grands plans de délestage au niveau français pour l'équilibre énergétique en rendant légale la mise en sobriété. »
  • 34:02InvitéFait
    « Emmanuel Macron, si tu continues, il va faire tout noir chez toi. »
  • 40:05InvitéFait
    « On est loyal, on a affiché les choses dès le 19 janvier, on est coordonné, on prend des décisions collectives. »
  • 40:30InvitéPromesse
    « On lâcherait rien jusqu'au retrait. »
  • 41:11InvitéFait
    « Il n'y avait pas de question sur les 13 millions de personnes en plein hiver qui sont en précarité énergétique. »
  • 42:22InvitéFait
    « La colère a ses limites et au bout d'un moment c'est normal que les travailleuses, les travailleurs reprennent en main leurs outils de travail. »
  • 43:16InvitéFait
    « C'est cette politique aussi du ministre Darmanin de venir, de vouloir museler la colère. »
  • 43:24InvitéFait
    « Ça ne marche pas parce que criminaliser un endroit recommencera un autre. »
  • 45:36InvitéFait
    « Les JO, ça commence en juillet 2024. »
  • 46:45InvitéFait
    « On a aussi eu de grosses initiatives qui sont toujours en cours de nos robins des bois de l'énergie avec beaucoup de gratuité pour les bâtiments publics. »
  • 47:06InvitéFait
    « Ils ont même durci les lois sur le logement contre les impayés de loyer. »
  • 59:40InvitéChiffre
    « On parle de leur ambition c'est plus de 300 expulsions quotidiennes de détruire des habitations qui concernent quasiment la moitié de la population sur cette île. »
  • 1:00:00InvitéFait
    « Ils avaient initialement pensé le début de cette opération en même temps que le début des discussions à l'Assemblée nationale de la loi d'Armanin. »
  • 1:07:38InvitéChiffre
    « Il veut rendre la vie impossible aux migrants, il veut expulser 4000 sans-papiers de plus par an. »
  • 1:07:42InvitéChiffre
    « il veut expulser 4000 sans-papiers de plus par an »
  • 1:07:58InvitéFait
    « quand Darmanin dit on veut ceux qui bossent pas ceux qui rapinent »
  • 1:08:28PrésentateurChiffre
    « Marine Le Pen y a recueilli 42,68% des suffrages »
  • 1:14:55InvitéFait
    « c'est un texte qui vise à augmenter le nombre d'OQTF »
  • 1:15:15InvitéFait
    « augmenter de toutes les manières possibles et inimaginables le nombre d'OQTF »
  • 1:15:35InvitéFait
    « raccourcir les délais de recours »
  • 1:16:26InvitéFait
    « une circulaire qui permet à un certain nombre de personnes de pouvoir être régularisées par le biais du travail »
  • 1:22:18InvitéChiffre
    « un travailleur sur quatre est un travailleur immigré »
  • 1:23:51InvitéChiffre
    « ça doit être la 22ème loi en 30 ans »
  • 1:25:48InvitéFait
    « la dématérialisation c'est très pratique parce que ça rend invisibles les longues files d'attente »
  • 1:30:35InvitéPromesse
    « on bataillera ligne après ligne »
  • 1:35:32InvitéFait
    « il y a eu une manifestation des collectifs de sans papier de la marge des solidarités qui étaient sortis parce qu'ils étaient en train de mourir dans les foyers »
  • 1:35:33InvitéChiffre
    « 15 000 manifestants manifestations interdites et ce jour-là la police n'avait rien pu faire »
  • 1:38:24InvitéChiffre
    « des dizaines de milliers de tracts des centaines de milliers d'autocollants pour parler de la loi d'Armanin »

Temps de parole

  • Invité39 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 215 %
  • Invité 312 %
  • Invité 49 %
  • Invité 52 %

≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:29
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans la 115e, et oui déjà 115e émission de Toujours debout, votre quotidienne d'information et de combat. Et pour commencer cette émission, une bonne nouvelle, vous le savez, le Média s'est engagé à verser le premier mois de tout nouvel abonnement à une caisse de grève. Chose promise, chose due. Nous avons versé hier 3 248 euros à la caisse de solidarité, une somme qui correspond aux 458 nouveaux abonnés de mars 2023. Merci à vous pour votre confiance, merci de nous permettre de vous faire vivre cette lutte de manière quotidienne sur notre plateau, sur les piquets de grève et en manifestation aux quatre coins de la France.

Et vous le savez, on vous le répète, ce n'est possible que grâce à votre soutien, abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois et soutenez à la fois les luttes et le Média des luttes. Vous êtes notre seule force pour garantir une information libre et indépendante. Rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr. Toujours debout, c'est parti. Au programme aujourd'hui, un programme riche et varié avec encore une fois la lutte contre la politique du gouvernement comme fil conducteur, que ce soit contre la très décriée réforme des retraites, mais aussi contre la politique xénophobe et raciste menée par Gérald Darmanin.

Notre journaliste et camarade Lisa Lapp nous proposera un petit focus sur le hashtag 100 jours du Sbeul, un petit concours entre les départements pour savoir quels sont les coins où le gouvernement se fait le plus bousculer. Un match qui donne lieu à de belles scènes, de casseroldes, des vidéos de panique de ministres avec des fuites par des chemins de traverse, mais aussi des vols de goûter. Bref, on verra ensemble qu'on est loin de l'apaisement prôné par Emmanuel Macron, ce qui nous fait une excellente transition tout en douceur.

Pour la seconde partie d'émission, je recevrai Fabrice Coudour, secrétaire fédérale de la CGT, FNME et Denis Gravoux, secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats CGT du spectacle. Tous les quatre nous parlerons de la contestation contre la réforme des retraites qui se transforme et évolue petit à petit en action coup de poing avant le raz-de-marée populaire du mois, on l'espère, du 1er mai. Puis nous discuterons du projet de loi immigration, dite loi Darmanin. Mais à quoi peut bien servir une énième loi sur le sujet ? Le pouvoir cherche-t-il à séduire l'électorat réactionnaire en agitant des symboles de fermeté et en jouant la carte de la politique du chiffre ?

Au final, tout cela ne va-t-il pas finir par profiter au Rassemblement national en 2027 pour en parler ? Je recevrai sur ce plateau les députés LFI NUPES de Paris, Daniel Obono et Mathieu, militant du collectif La Marche des Solidarités. Mais avant ça, place à la carte blanche de Lisa Lapp. Salut Lisa ! Coucou ! Alors tu es venue nous parler aujourd'hui des intervilles du SBEUL, ces casserellates qui s'enchaînent pour perturber les visites d'Emmanuel Macron ou de ses ministres depuis son discours du 17 avril où le président avait appelé à l'apaisement.

3:48
Invité

Les 100 jours du SBEUL ont officiellement été lancés le lendemain du discours de l'allocution d'Emmanuel Macron où le président appelait lui de son côté à 100 jours d'apaisement, d'unité et d'action jusqu'au 14 juillet pour agir au service de la France. Et tu vois là Nadia, c'est ça ma France. C'est la mienne aussi Lisa. En une semaine, il y a une soixantaine de rassemblements, concerts de casserole et manifs pour emmerder le pouvoir, si je reprends les termes de notre cher président. Et là, ça s'en donne à cœur joie sur les réseaux sociaux. Complètement. Les Français sont chauvins, aiment jouer et chacun veut user son département en tête. Alors d'abord les règles du jeu.

Chahut, cassolrade, je l'ai trop dit, huée, un point. Manifestation, un point. Action créative, poursuite en forêt, etc. Deux points. Mise en sobriété énergétique, trois points. Action conduisant au départ précipité d'une personnalité, quatre points. Annulation d'une visite, cinq points. Quand c'est un ministre délégué, on double les points. Quand c'est un ministre, fois trois. Président de l'Assemblée nationale, on passe à fois quatre. Premier ministre, fois cinq. Et président de la République, les points sont multipliés par six. Wow. Alors Lisa, est-ce que tu peux nous dire qui est en tête ? Alors déjà, le classement, il est provisoire.

On ne tient compte que des actions jusqu'à vendredi dernier. Qui se y est en tête ? L'Hérault, avec un combo gagnant, l'annulation du déplacement prévu d'Emmanuel Macron à Lunel et surtout le comité d'accueil fortement remarqué pour le président à Gange. On a découvert le terme de dispositif sonore portatif, terme utilisé par la préfecture dans son arrêté d'interdiction, déclenchant la colère des manifestants sur place. Ah, il y a une casserole. Il faudra les enlever, madame. Pourquoi vous ne pouvez pas lever des casseroles, s'il vous plaît ? On est sur un arrêté préfectoral. Sur un arrêté préfectoral, est-ce que je pourrais lire un document, s'il vous plaît ?

Non, s'il vous plaît, s'il vous plaît, un arrêté... Non, je vous ai demandé un papier. On a l'arrêté préfectoral. Vous allez le lire, vous le mettez-vous là. À quel moment on n'a pas le droit de parler de casserole, en fait ? Putain, mais c'est dingue, quoi. On la pose là, mais on va aller en chercher. Non, je ne sais pas, mon sopalin, ma boîte de conserve, on va te faire foutre.

5:47
Présentateur

Il nous prend tout, n'importe quoi.

5:51
Invité

Non, mais la boîte de conserve, tu peux la prendre, c'est pas interdit ? Non, non, si, si, on n'est pas la boîte de conserve. Comment vous ? Allez-y, madame, posez la boîte. Allez. Ok, mouton, et on y va.

6:05
Présentateur

C'est l'abération complète, tout le fric est foutu pour ça. S'il était tranquille, je pense qu'on ne prendrait pas autant de précaution.

6:12
Invité

On ne peut pas poser les gamelles, c'est ça ? On ne peut pas prendre les gamelles ? Par arrêté préfectoral, il est interdit d'avoir une casserole. Et donc, toujours dans ce département, le collège Louise Michel a été mis en sobriété énergétique. Et Emmanuel Macron a dû finir par faire son meeting dans la cour de récré.

6:32
Présentateur

Et du coup, Lisa, notre département est deuxième, c'est ça ? Vive le... 93 ! 93 ! 93 !

6:39
Invité

C'est de la bombe bébé ! Entre casserole-là, des annulations de visites, c'est surtout le déplacement de François Braune au Cap-Orne à Montreuil qui s'est fait fortement remarquer. Une prestation des manifestants fortement salués. Les manifestants sont rentrés dans la cour du centre de santé et le ministre a dû partir par la porte de secours. Notre camarade André Manivit était sur place vendredi, il en a ramené quelques images. On a trouvé qu'on voit un député LFI qui s'est carrément pris du gaz lacrymogène par la police. On vient de le voir sur les images. Et en troisième place, sur le podium ? On a le Barin en Alsace. À Célestat, on note une performance de huée extrêmement impressionnante.

Donc on entend bien les gens derrière la performance de huée. Et plus tôt dans la journée, l'usine que devait visiter Emmanuel Macron à Müttersholz était tout simplement dans le noir.

10:35
Présentateur

Coupure revendiquée par la CGT. Il y a depuis vendredi de nombreuses villes qui proposent de très belles performances. Quelle est ta ville chouchou ?

10:44
Invité

Alors ça débat fort à la rédac, on va pas se mentir. Il y a vraiment une team Montreuil qui est extrêmement présente. Mais moi je peux pas m'empêcher de ramener mon beau Poitou. Surtout que Poitiers a gagné de nombreux points hier en empêchant toujours François Braune, le ministre de la Santé, de faire sa visite. Et il a dû passer par le sous-sol des urgences. En prime, son goûter a été collectivisé par les militants. Au menu, tourte au fromage, broyé du Poitou, de bons produits du terroir dont les manifestants ont bien pu profiter. Je suis quand même obligée d'accorder des points à Lyon et Paris qui n'ont pas fait passer une très bonne journée au ministre de l'Éducation Papendiaï hier.

Le ministre devait visiter l'Institut National Supérieur du Professeurat de l'Éducation. Bon, visite annulée. Et surtout, les policiers ont dû se barricader à l'intérieur. Et des points aussi à Paris parce qu'après ça, le ministre est rentré en TGV et les manifestants lui ont réservé une casserole à la gare de Lyon. Papendiaï a dû partir par derrière.

11:57
Présentateur

Aujourd'hui, c'est Vendôme qui se fait remarquer.

12:17
Invité

Et des intervilles ont leur petit effet car dans cette contestation, il y a la fusion des forces. On ne peut rien entendre avec les casseroles et rien voir avec les coupures d'électricité de la CGT. Alors Emmanuel Macron, au-delà de sa garde rapprochée et de son camion de CRS, se déplace maintenant avec un groupe électrogène pour éviter les coupures. Vendôme qui, en casserole-lade, bloque aussi la National 10. La préfecture a dégainé direct l'arrêté insourent un périmètre où, nouveau terme, les dispositifs sonores amplificateurs de son, sous-entendu les casseroles et les rassemblements revendicatifs, sont interdits.

Et c'est une loi, par contre, antiterroriste de nouveau utilisée pour interdire la manifestation à Vendôme. Mais l'arrêté a été suspendu il y a un peu plus d'une heure et Emmanuel Macron est reparti en hélicoptère. Dernier sebeul à l'heure actuelle, la visite de Stanislas Guérini à Castelnau-le-Lez, à côté de Montpellier, qui a tout simplement été annulée cet après-midi. Les manifestants étaient déjà sur place avec leur casserole et leur petite cuillère en bois. Mais attention, Nadia, l'heure n'est pas à la rigolade. C'est très grave. Les Français sont une menace. C'est sûr que nous allons continuer à aller sur le terrain. Vous parlez de mon déplacement en Saône-et-Loire.

Ce sont quelques dizaines de personnes qui, le matin puis l'après-midi, se sont retrouvées. J'ai en tête d'autres exemples. Je pense aux députés Zoulési, dans les Bouches-du-Rhône, qui a dû quitter de manifestations parce que le chahut, les menaces dont il était l'objet, rendaient sa présence difficile. Mais qui sont ces quelques dizaines de personnes qui, ici ou là, se posent en censeur ? Ils vont décider de qui a le droit de venir sur l'espace public. Ils vont décider que des députés élus, réélus dans leur circonception, ne pourraient pas prendre la parole. C'est une drôle de conception de la démocratie. Donc nous allons continuer à aller sur le terrain.

13:49
Présentateur

C'est exprimer et manifester, c'est sans mécontentement, c'est la démocratie.

13:52
Invité

C'est exprimer et manifester, ça fait partie de la démocratie. Vouloir en découdre, ça ne fait pas partie de la démocratie. Vouloir menacer des élus, des députés, vouloir menacer des membres du gouvernement, ça n'est pas la démocratie. Et les concerts de casserole, c'est la démocratie. Vouloir faire taire celles des ceux qui ne pensent pas comme vous, ça n'est pas la démocratie.

14:08
Présentateur

Alors c'est vrai que tout ça prête à sourire.

14:10
Invité

Oui, c'est ça. En fait, je suis contente qu'un ministre explique ce qu'est la démocratie, car j'avoue qu'on était un petit peu perdus en ce moment. Et oui, ça prête à sourire, parce qu'en fait, malgré tout, c'est bon enfant, même si au Média, on ne diabolise pas les différentes formes d'action. Même si pas Média, il y a tweeté. Photo de la cible, heure de rendez-vous dans une gare, c'est invité à la violence. Ma détermination reste sans faille pour aller à la rencontre des élèves et des professeurs, écouter, répondre aux interrogations. Le débat est nécessaire, la violence en est l'exacte opposée.

14:36
Présentateur

On parle de concert de casserole, c'est bon de le rappeler ?

14:38
Invité

En fait, c'est surtout l'humiliation qui passe pas, je pense, dans ce mode d'action. Et je trouve ça limite miraculeux que la colère des Français passe par des concerts de casserole pour se venger face au déni de démocratie en cours. Et tu vois, c'est un peu ça, notre France. C'est voir des mamies dire « va te faire foutre à des gendarmes car elles ne veulent pas donner leur boîte de conserve ». C'est manger le goûter d'un ministre. C'est prendre casserole et cuillère en bois avec ses enfants pour aller faire un concert avec ses voisins. C'est dans la même rue, voir une poubelle en feu, des CRS qui couvrent et des parisiens en terrasse qui dégustent leurs cocktails.

Et puis au milieu de tout ça, un prof qui passe en Vélib.

15:11
Présentateur

Mais tu condamnes les violences, Liza Lapin, quand même. Est-ce que vous condamnez les violences, Nadia Lapin ?

15:15
Invité

Bon, il vaut mieux rire qu'en pleurer. Un peu, oui, car la France, malgré tout, c'est aussi les entraves aux libertés de manifester. Et les violences policières face à un peuple, quand même, pacifiste et inventif par rapport à tout ce qui se passe, on va le dire.

15:26
Présentateur

Et on va en parler davantage avec nos invités. Liza, tu restes avec nous. On va accueillir dans quelques instants Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la CGT-FNME. Et Denis Gravouille, secrétaire général Fédération nationale CGT du spectacle. Macron a promis 100 jours pour apaiser. Nous lui promettons 100 jours d'action et de colère. L'heure est loin d'être à la résignation. C'est ce qu'ont déclaré dans un communiqué les syndicats de la Fédération nationale mine-énergie CGT au terme d'un conseil général qui a eu lieu vendredi dernier. L'organisation syndicale entend poursuivre sa grévia, à savoir les perturbations énergétiques qui accompagnent l'exécutif lors de ses déplacements.

La mobilisation contre la réforme des retraites semble prendre une autre forme. Et d'autres acteurs émergent, préférence pour les opérations coup de poing et blocage. Les salariés des secteurs de l'énergie et de la collecte des déchets s'imposent dans le bras de fer des syndicats avec le gouvernement. La Fédération nationale CGT du spectacle se joint à la danse. La cérémonie des Molières a été l'occasion de dénoncer le passage en force de la réforme des retraites.

16:37
Invité

Atteindre de quoi vivre à la retraite est un combat pour beaucoup d'entre nous. Même pour celles et ceux qui ont connu la célébrité. Alors que dire des anonymes ? Que dire des intérimaires ? Que dire des privés d'emploi ? Nous le savons, les jeunes sont précaires de plus en plus longtemps. Et encore plus violemment touchés par les réformes de l'assurance chômage. Et pourtant, tout seul, dans sa bonne logique ultra-libérale, du haut de sa tour d'ivoire, il a décidé de reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Enfin 64 ans, merci !

17:24
Présentateur

Qui défend haut et fort l'exception culturelle française dans le monde. Qui défend le régime de l'intermittence qui est une fierté pour notre pays. Vous avez un ministère qui a débloqué des aides massives pendant la crise pour vous soutenir tous, pour soutenir tous les secteurs de la culture. Vous avez une ministre à la tête de ce ministère qui a obtenu le budget historique le plus haut, plus 7% par rapport à l'année dernière. Inflation, facture d'énergie, j'ai débloqué des aides exceptionnelles, vous le savez, certains syndicats sont là, pour venir en aide aux structures les plus fragiles.

Et donc j'ai le plaisir d'accueillir ce soir Denis Gravouille, secrétaire générale Fédération nationale CGT. Bonsoir. Et Fabrice Coudour, secrétaire fédérale de la CGT FNME. FNME, c'est difficile. Bonsoir. Alors, je me tourne d'abord vers vous, Denis Gravouille. On vient de voir deux artistes membres de la CGT, Toufan Manoucheri et Lucie Astier, dénoncer les conditions des intermittents et le passage en forme de la réforme en direct de la cérémonie des Molières. Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu les coulisses de cette action, de cette opération ?

18:33
Invité

Alors, on a souvent l'habitude, dans des périodes de lutte, notamment quand on se bat pour le régime des intermittents du spectacle, d'aller sur nos lieux de travail. C'est que des professionnels, des gens du spectacle vivants, mais ça peut être les Césars ou autres. Alors, c'est pas facile, parce que quand même, évidemment, le directeur des Molières, c'est un pur macroniste du Montaigne, il rêvait d'être ministre de la Culture. Bon, on lui a un petit peu forcé la main, parce qu'il y avait une manif devant. Il y avait une casserole-lade aussi.

On ne voit pas ce qui se passe à l'extérieur, mais une très, très belle casserole-lade que la police avait essayé de maintenir à distance, mais qui s'est passée juste devant. Et puis, du coup, ça m'a interpellé les collègues qui rentraient les invités. Bon, évidemment, on avait négocié la prise de parole. Par contre, on n'avait pas négocié ce qu'on allait dire.

Donc, quand le cabinet de la ministre a su qu'on la mettait directement en cause et que ce ne serait pas une intervention à l'eau de rose, et vraiment, on peut encore remercier Toufan, c'est le prénom précis, qui a été eu dans un des spectacles nommés, d'ailleurs, sur l'Iran, et a réussi d'avoir accepté de faire l'intervention, c'était évidemment un peu musclé. On met en cause Macron, on met en cause la ministre. Alors, juste pour donner l'info, elle, elle est passée en travers des gouttes. Il y avait quelques ministres qu'on avait beaucoup vues. Puis elle n'a absolument rien dit. Le 12 janvier, on l'avait rencontrée pour lui dire « Mais comment ça va se passer ?

» Puisqu'il y a des gens précaires qui vont être très, très violemment touchés par la réforme des retraites. Le 12 janvier. Jusqu'à présent, on n'a eu aucune réponse aux interventions, aux questions orales ou écrites. Donc là, c'était l'occasion de lui dire « Expliquez-vous dans la profession ». Et d'ailleurs, dans sa intervention, elle répond complètement à côté de la plaque. Elle répond en parlant pas des retraites, en parlant de l'argent que l'État a débloqué et autres. Et il n'y aurait beaucoup à dire sur la réalité de cet argent, pour sauver le spectacle soi-disant, alors qu'il n'a pas été conservé comme essentiel pendant le Covid. Mais sur les retraites, elle n'a rien dit du tout.

Et donc, c'est bien ça qu'on voulait dénoncer. Et on va continuer à le faire.

20:18
Présentateur

Donc très déçu, plutôt déçu de la réponse de la ministre de la Culture.

20:22
Invité

Je ne peux pas être déçu, parce que je ne m'attendais pas à grand-chose. C'est comme si on allait dire qu'on est déçu de l'intervention de Macron quand il passait à la télé. C'est juste l'expression d'un gouvernement qui est hors sol, quel que soit le poste auquel il est, et qui continue à dérouler son truc comme s'il ne se passait rien dans le pays. Et on a vu dans toutes les images qu'au contraire, ça ne se termine pas, qu'évidemment, il y a différentes phases à la lutte. Mais voilà, dans le spectacle, on essaie d'apporter notre contribution avec différentes actions, dont celle-ci.

20:50
Présentateur

Bon, on aurait pu nous dire, je vous ai compris, je vous ai entendu, mais non, non, elle y est allée frontière. Je ne comprends pas votre colère. D'ailleurs, c'est peut-être l'occasion, Denis Gravoux, de nous rappeler comment cette réforme des retraites a impacté le régime des intermittents du spectacle.

21:06
Invité

Alors, lui-même, non. Mais enfin, disons qu'il y a eu des réformes d'assurance chômage en même temps qui ont eu lieu déjà jusqu'à présent. Pour l'instant, le régime des intermittents n'a pas été touché parce que, justement, on a plutôt un rapport de force, on a une certaine mobilisation dans ce domaine-là. Mais je m'occupe aussi de l'assurance chômage au niveau de la CGT dans son ensemble. Et il y a eu des casses depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé particulièrement et qui s'apprêtent à se continuer. Il y aura une troisième lame au rasoir certainement en fin d'année. Donc il faut aussi se mobiliser là-dessus. Et c'était la répétition générale pour les retraites.

C'est la répétition de tous les syndicats contre, un gouvernement qui passe en force, une baisse de droit, un chantage comme quoi ça va améliorer la situation et que ça la dégrade. Bon, voilà. Pour le genre du spectacle, la réalité, c'est comme pour les intérimaires. C'est pour ça qu'on avait mis ça dans le discours. C'est que non seulement c'est dur pour beaucoup de monde, mais c'est encore plus dur la réforme des retraites pour ceux qui ont connu des périodes de précarité, alors particulièrement ceux qui la connaissent toute leur vie. Quand on est intermittent, on change de patron toutes les semaines ou on a des contrats courts.

Donc forcément, les périodes de chômage pèsent lourd et pèsent lourd dans le calcul de la retraite. Et puis évidemment, quand il y a des petits salaires, évidemment, il y a quelques stars qui sont très bien payées, mais dans le spectacle, les quelques stars ne sont qu'une minorité.

22:18
Présentateur

Et pourquoi c'est important de politiser ce genre d'événement qui intéresse les classes bourgeoises ? On se souvient de ces intermittents qui prenaient la parole sur scène et où le public répondait « ce n'est pas le lieu ici ».

22:28
Invité

Il y en a eu plusieurs. Il y a des images qui ont circulé, par exemple, à l'orchestre de Lyon. Il y a eu une prise de parole d'un délégué syndical qui n'était même pas polémique, qui était une prise de parole avant le concert et autres, qui se fait insulter par les bourgeois lyonnais, qui lui disent « joue, joue ta gueule », qui l'insultent littéralement. Bon, on a fait des prises de parole sauvages au Châtelet ou autres, à différents endroits. Et en gros, on a gagné à l'applaudimètre. Mais il y a quelques endroits où la violence de classe s'exprime comme ça.

On nous parle de violence, mais la violence, elle est policière, elle est au service d'un gouvernement qui est complètement minoritaire, et elle est au service d'une classe sociale qui se croit tout permis, y compris en insultant des artistes qui font une prise de parole syndicale avant un concert.

23:11
Présentateur

D'ailleurs, à ce sujet, Lisa, l'an dernier, tu étais sur le terrain pour couvrir une action de MeToo Théâtre lors de la cérémonie des Molières de 2022. Des militantes, féministes, comédiennes et réalisatrices avaient manifesté pour dénoncer les violences sexuelles et l'omerta dans le milieu de la culture. Alors, ça a du sens, du coup, pour toi, la politisation de ce type d'événement ?

23:30
Invité

C'est ça. En fait, c'est toujours aller chercher les bourgeois là où ils sont. C'est pas les bourgeois individuellement. C'est vraiment la classe bourgeoise dans le sens à replacer l'échiquier politique parce que dans tout ce que je vois dans les prises de parole du pouvoir ou d'Emmanuel Macron ou de ses ministres, c'est très souvent, oui, oui, faites vos grèves comme ça. C'est bien, vous êtes exprimés, mais on va le faire quand même. Et en fait, du coup, aujourd'hui, la lutte, elle est depuis toujours comme ça, mais elle s'impose à des gens qui ne luttaient pas comme ça avant, c'est-à-dire d'aller les chercher, comme Emmanuel Macron demandait, venez me chercher.

Et donc d'aller les chercher. Et c'est pour ça que les grèves, par exemple, des énergéticiens ou les grèves des éboueurs les dérangent autant parce qu'après, ils le font passer comme une prise d'otages des usagers, etc. Mais c'est pour ça que ça les dérange autant parce que là, ça vient les toucher. Quand ils voient des poubelles dans leur beau quartier ou quand ils voient des coupures d'électricité dans leur permanence dans laquelle ils ne vivent pas, c'est là où la politisation des classes... Enfin, d'aller politiser, d'aller chercher, d'aller ramener les combats chez eux, c'est ça qui est très intéressant dans ce genre de manière de lutter, je trouve.

24:33
Présentateur

Et alors du coup, là, j'ai une question pour vous deux. Pourquoi c'est important que d'autres secteurs prennent aussi le relais dans cette mobilisation qui est traditionnellement portée par les secteurs de l'énergie et des transports ?

24:45
Invité

Je crois que depuis le début, de toute manière, la mobilisation qui s'est montée, dès janvier, elle s'est montée sur un mouvement assez large d'intérêt général où tout le monde a cherché à prendre sa place dans le mouvement pour faire entendre la colère et cette opposition à la réforme des retraites. Dans l'énergie, on a pris notre part. On a dit qu'on serait un outil au service de la lutte. On a très vite compris que pour bloquer l'économie, pour se faire entendre, il fallait que tous les secteurs s'engagent dans cette bataille. Sauf qu'effectivement, la grève, la mobilisation, elle est facile pour personne. Faire la grève, ça coûte.

Donc selon les secteurs, il n'y a pas la même mobilisation, pas la même démonstration. Et surtout, tout n'est pas aussi visible. Même dans l'énergie, selon le secteur d'activité dans lequel on est, il n'y a pas la même visibilité médiatique, en tout cas, ou le même moyen de toucher l'exécutif, le président. On le voit encore récemment. Je pense qu'on y reviendra. Mais ce n'est pas la même chose que quand on est un technicien de terrain et quand on est un agent dans les bureaux où on se dit, ma grève, à quoi elle sert ? Comment on se fait entendre ? Pour autant, c'est bien toutes les travailleuses et tous les travailleurs du pays qui contribuent à la production de richesses.

Sans toutes ces travailleuses, sans tous ces travailleurs, il n'y aurait pas de richesses. Donc en fait, il faut bien se dire que le meilleur moyen qu'on a entre les mains, c'est la grève. Si notre grève, elle n'impacte pas l'économie, c'est quelque part, il faut se poser des questions sur le sens du travail. C'est un autre débat qui a mené. Mais il y a un vrai enjeu que tout le monde rentre dans ce mouvement de grève. Je crois que les travailleuses et les travailleurs du pays ont aussi compris au travers de ces quelques mois que tous rassemblés, tous en grève, il y a moyen de faire bouger des choses. Après, on ne démarre pas tous en même temps. C'est la coordination qui est complexe.

Mais il y a un moyen de faire plier le gouvernement, c'est sûr.

26:45
Présentateur

– Et c'est peut-être plus compliqué pour les intermittents du spectacle de se mettre en grève pour les raisons que vous avez évoquées.

26:50
Invité

– Oui, chacun doit analyser les difficultés. Mais à l'inverse, même si c'est très difficile, et puis il y a des gens qui se disent, ça sert à quoi d'arrêter les spectacles ? On nous les a arrêtés pendant le Covid et on nous a dit qu'on n'était pas essentiel. Donc ça, c'est aussi des éléments qu'il faut prendre en compte. Mais par contre, il y a des effets de visibilité. S'adresser au public en dehors des jours de grève, à chaque fois qu'on a pu le faire, et qu'on s'est fait applaudir et qu'on a gagné à l'applaudimètre la plupart du temps, ça a aussi porté la lutte.

Et puis on le fait surtout pour montrer que, comme l'a dit Fabrice, qu'on essaie de nous cantonner, le gouvernement essaie de nous cantonner cette lutte, à dire que c'est une grève des privilégiés, des régimes spéciaux, Demi-énergie ou autre. Dans le spectacle, vous avez deux régimes spéciaux, l'Opéra de Paris et la Comédie française. On n'y touche pas, comme ça, ça évite d'avoir les spectacles avec les ballerines devant l'Opéra, comme en 2019-2020. Oui, mais on a trouvé d'autres moyens de rendre le spectacle visible. Et notamment à travers les événements comme les Molières, on en a fait quelques autres.

On a fait des monuments avec les Copains de la Sénité Culture, l'Arc de Triomphe, le Musée d'Orsay, encore vendredi dernier. Chacun apporte sa part dans un monde où, par ailleurs, la question des médias, des réseaux sociaux est très importante. Et juste pour faire une petite incise, puisque l'année dernière, il y avait le MeToo-Molière, mais c'est une affaire qui n'est pas terminée. Par ailleurs, on a un dossier sur un film sélectionné à Cannes dans lequel la production a voulu éteindre d'agressions sexuelles sur une jeune femme mineure en plus.

Donc ça, par ailleurs, c'est un sujet dont on entendra encore parler jusqu'à ce qu'on ait gagné cette lutte pour l'égalité et la lutte contre les violences. Il y a quand même un truc important aussi, c'est qu'au travers de cette lutte, depuis maintenant plus de trois mois, il y a une solidarité, un élan de solidarité qui est aussi énorme, que ce soit financier, mais aussi par la présence.

C'est clair, quand on voit arriver sur les piquets de grève qui sont installés dans certains secteurs, je dis n'importe quoi, mais des militants de la Confédération Paysanne qui arrivent avec des légumes, avec des vivres, quand on voit les élans, les caisses de solidarité qui gonflent de jour en jour, c'est aussi des gens, des personnes, des citoyens qui ne peuvent peut-être pas forcément faire grève, mais qui contribuent à la lutte par ces élans de solidarité. Et la solidarité humaine, elle a autant de valeur que la solidarité financière. Nous, on le voit aussi comme ça.

Donc il n'y a pas que les indicateurs, parce que le gouvernement nous cloisonne là-dedans, les indicateurs, est-ce qu'il y a plus ou moins de manifestants, est-ce qu'il y a plus ou moins de grèves. En fait, il faut avoir une vision très générale et se rendre compte que la colère, elle est là, elle reste, quoi qu'il advienne.

29:27
Présentateur

Pour continuer sur cet élan de solidarité, tu avais d'ailleurs réalisé un joli reportage.

29:35
Invité

Avec André et un collègue journaliste ici. Oui, on avait réalisé un reportage justement ce fameux jour à Versailles. Les cheminots avaient fait une AG, une assemblée générale avec des cheminots d'un peu partout dans la région et la Confédération Paysanne. Et pas que, le MoDef aussi, une asso aussi paysanne, était montée en fait à Versailles pour déjà le symbole des paysans qui montent à Versailles et puis pour déposer des paniers paysans, pour soutenir la grève dans le sens où on a envie de vous nourrir. Nous, notre outil de lutte, c'est ce qu'on produit, c'est ce qu'on fait et donc on veut vous apporter des légumes et des fruits de bonne qualité.

Ça avait ému vraiment tout le monde parce qu'il y avait vraiment cette union des forces. Et je voulais réagir à ce que vous disiez. C'est vrai qu'il y a différents modes d'action, d'autres qui font plus la une des médias ou pas. Mais en tout cas, j'ai l'impression que tout ça fonctionne parce que dans la prise de conscience, en fait, des gens, comme vous disiez, ce qui compte, ce n'est pas le nombre en manifestation, c'est vraiment la prise de conscience. Et on voit qu'avec toutes ces casserole-là, etc., que la mobilisation, elle ne faiblit pas. Et surtout, l'opposition à la réforme des retraites, elle ne faiblit pas. Et même si la réforme, elle est passée, il y a quelque chose qui est...

Enfin, même si elle peut être retirée si le combat continue, mais que la réforme soit promulguée ou pas, il y a une vraie victoire dans ce combat-là. C'est qu'il y a une vraie prise de conscience sur comment est fabriquée notre économie dans le pays. Ça fait de plus en plus de temps que j'entends parler de problèmes de partage de richesses, de problèmes d'inégalités. Et donc, la victoire dans tout ça, c'est que ça a vraiment mis ces questions-là en avant ou qu'on n'en parlait pas vraiment avant. Par exemple, les 80 milliards de dividendes, etc. C'est des choses dont même les personnes qui n'étaient pas trop cultivées sur ces sujets-là permettent de plus en plus maîtriser ce sujet.

Et surtout, ce qui est mis en avant, c'est regarder la vraie force en France. C'est la force des travailleurs. Et donc, du coup, les travailleurs sont en train de plus en plus, ou qui sont en train de travailler ou pas, mais même les travailleurs qui n'exercent pas en ce moment parce que chômage, etc. Ils sont en train de se rendre compte de leur propre force. Et il y avait pendant des années une forme de résilience, une forme de façon tout passera, j'en ai marre, moi, je veux juste mon salaire. Il y a une forme de regarder ce qu'on est capable de faire.

Et c'est ça aussi, c'est pour ça que ça prêtait à sourire les casserole-là, parce qu'en fait, c'est des beaux moments humains de gens qui se disent, regardez, on a le pouvoir de faire des choses, en fait. Et j'ai l'impression que c'est une des fois où n'importe qui, même au fin fond du poids de Charente, se dit, je suis capable de faire quelque chose dans ce pays au niveau de la lutte. Et c'est ça qui est beau aussi dans cette réappropriation de la politique.

32:03
Présentateur

D'ailleurs, les comédiennes sur scène ont lancé « Vive les casserole-là ! » On a l'impression vraiment que c'est un peu un moyen, un slogan pour mobiliser. Fabrice, vous y participez à votre manière avec vos collègues à travers les perturbations énergétiques. C'est vos casserole-là d'avou.

32:19
Invité

C'est ça. Alors, souvent, médiatiquement, on parle des coupures. Nous, on aime bien parler de mise en sobriété puisqu'il ne faut pas oublier que le gouvernement, en novembre, a publié des grands plans de délestage au niveau français pour l'équilibre énergétique en rendant légale la mise en sobriété dans ces grands plans de délestage. Et puis là, en quelques mois, en novembre, c'était légal. En avril, c'est criminel. Alors, nous, on se surfe un petit peu sur la vague. C'est un moyen de, je dirais, de s'exprimer, de faire entendre cette colère puisqu'ils ne veulent pas nous entendre, le gouvernement.

Et surtout, ce qui est bon de se dire, c'est qu'encore tout à l'heure, quand vous passiez le ministre Dussopt, c'est que, par leur médiocrité, c'est nos meilleurs VRP, que ce soit Macron, que ce soit Dussopt, tous les uns après les autres, quand ils prennent la parole. C'est très provoquant. Quand ils parlent de dizaines de personnes qui seraient soi-disant mobilisées sur chacune de ces rencontres, rien que sur vos images, on se rend compte que c'est des centaines et des centaines de personnes. Alors, nous, la mise en sobriété, c'est vraiment être des porte-voix de cette colère, trouver des espaces de parole. Alors, évidemment, on a ciblé les déplacements de l'exécutif, du président.

33:37
Présentateur

En l'usine, donc en Alsace, ou encore dans le collège à Ganges, dans les Rôles.

33:41
Invité

Les périmètres sont de plus en plus larges, parce que forcément, maintenant, Macron se déplace avec son groupe électrogène, bientôt avec ses bus de sympathisants intermittents du spectacle, pour faire la foule qui se combrasse.

33:52
Présentateur

Mais c'est quoi la symbolique de ces mises en sobriété ?

33:56
Invité

C'est clairement... Alors, il y a une grosse symbolique, c'est qu'on a un slogan chez nous, c'est Emmanuel Macron, si tu continues, il va faire tout noir chez toi. Ça a été repris par notre secrétaire général confédéral, Sophie Binet. Donc, quand on a scandé ces mots-là, qui sont revenus dans pas mal de nos piquets de grève et de nos mobilisations, ça a un aspect symbolique dans le sens où, si tu continues avec cette réforme, il fera tout noir chez toi, mais c'est pas tout noir chez toi, chez lui, dans l'Elysée.

On sait très bien qu'il y a tous les moyens techniques pour faire qu'il n'y ait pas de coupure, parce que lui, il n'est pas dans la précarité énergétique, comme les plus de 13 millions de personnes en France. Il n'y a pas de problématique autour de ça. Par contre, le perturber, le rendre un petit peu énervé, on va dire nerveux par rapport à tous ces déplacements et pas que lui, de tout l'exécutif. Il ne veut faire peur ? Pour nous, ce n'est pas de la menace ou ce n'est pas faire peur. C'est clairement des promesses pour dire la colère, elle est toujours là et on va l'exprimer. Donc, une manière de l'exprimer, c'est agir sur notre outil de travail.

Les électriciens, les gaziers, ils maîtrisent leur outil de travail. Ce que tu disais tout à l'heure, c'est vraiment le cas, c'est qu'il y a une intelligence chez les travailleuses et les travailleurs du pays qui est énorme de comment on maîtrise nos outils de travail. Là, dans l'énergie, on maîtrise nos outils de travail et donc, on appuie là où ça fait mal pour se faire entendre. Maintenant qu'Emmanuel Macron

35:23
Présentateur

a trouvé la parade avec son groupe électrogène, comment vous allez faire ?

35:27
Invité

J'ai envie de dire, c'est là où tous les secteurs prennent du sens. Il va forcément venir en train, en avion, il va se déplacer, il va dans des restaurants. Les travailleuses et les travailleurs du pays sont présents partout. Si jamais on repère qu'il va à un spectacle, on l'attend aussi. Il y a une bonne coordination avec les camarades et les copains du spectacle.

35:49
Présentateur

Si allez-vous parler d'ailleurs d'actions concertées, peut-être coordonnées entre les deux secteurs ?

35:53
Invité

Il y en a déjà eu plein. Il y en a d'autres qui auront lieu. On réfléchit. Par exemple, il y a des festivals. Si on a dit que les ministres ou le président n'étaient pas le bienvenu, on va réfléchir. On va rentrer dans la période des festivals d'été, par exemple.

36:05
Présentateur

Vous avez certainement entendu le pouvoir, l'exécutif, défendre ce discours. Les grèves, oui. Les blocages, non. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

36:14
Invité

Les blocages et les actions, ça se décide par les gens sur le terrain. Et parfois, il y a des blocages qui sont décidés parce qu'il y a des blocus. On l'a vu avec les éboueurs, par exemple, qui ont appelé à la solidarité pendant la grève. Donc c'est ça qui est intéressant. Comme vous l'avez dit, les salariés se sont appropriés leur outil de travail et peuvent montrer que sans eux, ils ne fonctionnent pas. Et donc effectivement, il peut y avoir des blocages. Moi, j'ai plutôt tendance à ne pas être favorable par exemple avec un blocage de complètement de l'extérieur, mais un blocage en appui à des gens qui sont en grève, par exemple.

Ça, ça a beaucoup de sens parce qu'il faut faire respecter le droit de grève qui est mis en cause, de même que le droit de manifester est mis en cause, le droit de liberté d'expression est mis en cause, le fichage est partout, la répression est très forte, particulièrement sur les copains de l'énergie. Donc il faut faire respecter nos droits et en face, ils se servent de toutes les armes jusqu'à la limite. Quand on voit la mise en cause par exemple de la Ligue des droits de l'homme, il n'y a que Pétain qui a osé le faire.

37:10
Présentateur

Oui, effectivement, il y a toujours cette stratégie du gouvernement de criminaliser en fait la contestation. Je vous propose d'ailleurs d'écouter les arguments de ce gouvernement et du directeur de la clinique de Gange qui vous impute la responsabilité de la coupure de courant qui a frappé l'établissement.

37:26
Invité

Une coupure à la clinique et là, j'ai fait le lien si vous voulez. Et je trouve que d'avoir coupé l'énergie d'une clinique à 11h30 précisément alors qu'il y avait cinq patients dans les blocs opératoires sur table en train d'être opérés, service d'urgence qui fonctionnait avec des patients bien sûr qui nécessitaient des soins et le scanner. Et le scanner. Donc cet acte-là est totalement inacceptable et je ne peux l'accepter parce que c'est mettre nos concitoyens les Gangeois en danger. On est là pour soigner, on n'est pas là pour manifester.

On peut manifester, on peut avoir des opinions qui sont différentes de celles du gouvernement, ça s'appelle la démocratie, mais mettre en danger la vie des gens, mettre en danger la sécurité des gens, c'est inadmissible et c'est répréhensible. Et ce n'est pas moi

38:17
Présentateur

qui trancherai, ça sera le juge. Alors là, CGT évacue toute responsabilité. Fabrice, est-ce que vous pouvez revenir sur cet épisode ?

38:25
Invité

Alors déjà, c'est... Enfin, eux, ils nous portent des actes un peu criminels. Nous, ce qu'on trouve assez fou, c'est même honteux, ces propos, parce que c'est des chiens de garde du gouvernement qui s'expriment pour aller allumer des contrefeux par rapport à l'action qu'on a amenée. Il faut quand même se dire que le fonctionnement du réseau électrique ou de gaz, ce n'est pas une science exacte avec un fonctionnement continu. des coupures, il peut en arriver n'importe quand, à n'importe quel endroit. Les centres de santé comme ça, les bâtiments publics de santé ou même privés doivent avoir leur matériel de sauvegarde, les groupes électrogènes.

Moi, je serais assez effaré à la place du directeur d'afficher partout que ça a mis 13 secondes à démarrer tout son matériel de sauvegarde, alors qu'effectivement, peut-être, il y avait des patients qui étaient sur la table d'opération. On est en train de mélanger deux débats. Le service public, la santé, il faut avoir de l'investissement à l'intérieur pour pouvoir avoir un système de sécurité électrique qui soit de haut niveau. Mais on ne peut pas criminaliser l'action des grévistes pour une autre raison et surtout mettre en parallèle 13 secondes, on voit bien que ce n'est pas notre cible à nous énergéticiens puisque la coupure de la clinique 13 secondes et c'est sauvegardé.

Il n'y a pas eu de coupure en réel. Tout a été sauvegardé techniquement et de l'autre côté, plus d'une heure, une heure et demie dans le collège de Gange, c'est bien que notre cible c'était bien le collège de Gange et certainement pas la clinique. Depuis le début, on se bat pour l'intérêt général. On l'a démontré, montré depuis le début. On est loyal, on a affiché les choses dès le 19 janvier, on est coordonné, on prend des décisions collectives comme disait Denis. Maintenant, la colère, et quand on n'est pas entendu parce que la médiocrité, la provocation, c'est eux, le blocage, c'est eux, tout ce déni de démocratie sociale, c'est eux, c'est pas nous.

Nous, on a affiché la couleur vraiment dès le début, donc maintenant, on est en train de mettre en œuvre ce qu'on a annoncé depuis le début, c'est-à-dire qu'on lâcherait rien jusqu'au retrait. Donc ces actes techniques, on les assume, effectivement, mais ça sera jamais, nos cibles, ce ne seront jamais les citoyens, l'opinion publique qui aujourd'hui est complètement du même côté

40:42
Présentateur

de la barricade que nous. Il y a encore moins

40:44
Invité

des patients. Mais c'est vraiment allumer des contrefeux, je dirais presque maladroits ou malhonnêtes que de dire c'est scandaleux, les énergéticiens s'attaquent à un bâtiment de santé. Mais dans la même phrase, il faut se dire que c'est anormal qu'un bâtiment de santé ne soit pas sauvegardé.

Et je dirais même plus loin, c'est que quand le gouvernement en novembre nous parlait de plan de délestage, il n'y avait pas de question sur les 13 millions de personnes en plein hiver qui sont en précarité énergétique, qui ont des problématiques de chauffage, ces oeufs, il n'y avait pas de réponse à la question des médicalisés à domicile ou ces coupures vraiment grand-angle, ces délestages grand-angle de près de 2 heures pour certaines coupures, là, ça ne posait problème à personne. Puis aujourd'hui qu'on est dans la contestation, on voit tout de suite les chiens de garde qui sortent du bois pour dire c'est inadmissible, c'est des criminels. Voilà, c'est ça.

41:40
Présentateur

Alors, il y a un autre événement qui commence à prendre vraiment beaucoup d'ampleur. Ça a presque même été qualifié d'acte terroriste. Vous auriez voulu faire sauter la préfecture des Bouches-du-Rhône. Est-ce que vous pouvez nous raconter ?

41:52
Invité

Je crois que c'est du même acabie. C'est qu'on essaye de monter en épingle la moindre information, l'événement le plus minime pour nous mettre en porte-à-faux pour dire derrière regardez le mouvement baisse, il se radicalise, c'est des fous. C'est eux qui sont contre la démocratie. C'est pas démocratique cette action. Mais en fait, qui a provoqué tout ça ?

C'est bien le gouvernement aujourd'hui, comme je l'ai dit et je le redis, la colère a ses limites et au bout d'un moment c'est normal que les travailleuses, les travailleurs reprennent en main leurs outils de travail mais tous champs professionnels confondus et même les jeunes d'ailleurs, c'est même pas l'outil de travail, c'est reprenant en main leur avenir pour contester et puis pour montrer que ces 100 jours d'apaisement, c'est un mensonge, c'est les 100 jours de colère qui seront maintenus jusqu'au bout,

42:46
Présentateur

tout simplement. Donc dans le cadre de cette affaire, la préfecture des Bouches-du-Rhône, très syndicaliste, interpellée quand même, puis relâchée 24 heures après, tous sans poursuite, sauf pour un refus d'obtempérer. Est-ce que vous avez des nouvelles de vos camarades ?

42:58
Invité

Dans notre secteur, c'est des dizaines de camarades qui sont à chaque fois incriminés, des plaintes-contrilles, on a plus de 300 plaintes qui ont été déposées dans le secteur de l'énergie par les distributeurs, c'est beaucoup de camarades qui sont criminalisés dans le cadre de l'action syndicale, mais encore une fois, c'est cette politique aussi du ministre Darmanin de venir, de vouloir museler la colère. En fait, aujourd'hui, on a envie de lui dire que ça ne marche pas. Ça ne marche pas parce que criminaliser un endroit recommencera un autre. En fait, l'énergie, elle est partout. Les travailleurs, ils sont partout, donc on agira partout.

Et c'est de toute manière pas juste d'agir contre nous alors que c'est une expression. On est quand même dans le pays des libertés et là, on nous reprocherait justement de nous exprimer avec les moyens qui nous sont offerts.

43:45
Présentateur

Alors, des coupures d'électricité lors du festival de Cannes, c'est là que ça devient intéressant pour les actions coordonnées. Le Grand Prix de Monaco, Roland-Garros sont également prévus. Vous allez y travailler ensemble, Denis et Fabrice ?

43:59
Invité

On ne va pas dire ce qu'on va faire dans le détail, mais on travaille ensemble. Et puis de toute façon, il y a différents moyens de s'exprimer. Il y a les mises en sobriété énergétique. Surtout qu'il y a du boulot à Cannes en matière de transition écologique. Donc, on va voir. Mais de toute façon, on va aussi trouver le moyen de s'en servir pour faire parler de ce mouvement parce que c'est aussi un des plus gros événements mondiaux. Je crois que c'est le deuxième après le Jésus-Olympique. Donc, on va voir comment on s'exprime. Et puis, on va prendre un témoin. Il y a un certain nombre de gens puisque le festival a décidé, par exemple, de sélectionner à nouveau Cannes-Loch.

Cannes-Loch, on l'a déjà rencontré en février à Saint-Denis. Il soutient la lutte. Enfin, on va lui demander un petit coup de main.

44:38
Présentateur

Donc, oui, Fabrice.

44:39
Invité

Il faut quand même voir que sur des retentissements comme le festival de Cannes, on parle de notre mouvement. Là, on en parle déjà. Nous, c'est un moyen de prendre un espace de parole et de... S'il faut faire, on fera et on saura se coordonner dans la CGT. C'est ce qu'on fait de mieux. Mais c'est aussi se rendre compte que le président de la République, c'est aussi la risée internationale, quand même. Ce retentissement à l'international, c'est quand même fort. Là, sur des moments médiatiques et comme le festival de Cannes, c'est énorme. Encore une fois, nous, on le réaffirme, on n'est pas contre la culture, pas contre le sport, pas contre les loisirs.

C'est un moyen d'expression et de dire la colère est toujours là.

45:22
Présentateur

On a parlé du festival de Cannes. Il y a aussi les JO. Vous avez certainement vu cette promesse, pas de retrait, pas de JO. Est-ce que les JO, du coup, sont un levier d'action aussi pour vous ?

45:35
Invité

Les JO, c'est encore très loin. Les JO, ça commence en juillet 2024. Donc, pour l'instant, c'est dans un an et plus d'un an. Ça se prépare. Il y a pas mal de syndicats qui communiquent déjà. Pour l'instant, il y a déjà eu des actions, notamment en Seine-Saint-Denis, puisque ça se passe essentiellement ici, sur les chantiers. Il y a eu différentes actions à différents endroits. Mais c'est sûr que le gros de l'événement sera dans un an. Donc, on ne sait pas très bien où on en sera. Et puis, comme l'a dit Fabrice, nous, on n'est pas là pour empêcher d'ici là, d'ici un an, il y aura l'eau qui aura coulé sous les ponts.

Mais par contre, c'est sûr que cette colère n'est pas prête de s'arrêter et qui va te faire trouver des moyens de s'exprimer dans la durée. Et ça, c'est sûr que d'abord, il y a les 100 jours.

46:18
Présentateur

Voilà. J'allais venir. Il y a une échéance beaucoup plus proche, les 100 jours. Et notamment, le 3 mai, vous avez promis d'en faire une journée nationale de colère dans l'énergie. Est-ce qu'on peut en savoir plus ?

46:30
Invité

Alors, c'est toujours complexe d'annoncer à l'avance. Mais disons que depuis le début de cette mobilisation, on a su montrer qu'on était capable de tout faire dans l'énergie, de la mise en sobriété jusqu'aux baisses de production. Je tiens quand même à souligner qu'on a aussi eu de grosses initiatives qui sont toujours en cours de nos robins des bois de l'énergie avec beaucoup de gratuité pour les bâtiments publics, de rétablissements pour tous les plus précaires qui étaient coupés malgré la trévie vernelle. On n'a pas entendu un mot du gouvernement là-dessus sur les coupures des usagers malgré la trévie vernelle. Mais bon, c'est un autre sujet.

Ils ont même durci les lois sur le logement contre les impayés de loyer. Alors, ça se rajoute. Complètement. Mais du coup, pour nous, cette journée du 3 mai, c'est de montrer un, que la colère est toujours présente dans l'énergie et deux, qu'on est capable de tout faire en même temps. Donc, sur cette journée-là, c'est une journée coordonnée dans notre secteur. Mais j'espère qu'il y en aura d'autres et qu'après un 1er mai historique, comme on l'attend tous, il y aura une suite à ce 1er mai. Et le 3 mai, ça, c'est une grande journée de colère pour montrer qu'on est toujours là et qu'on est capable d'agir partout sur l'électricité, le gaz, l'énergie atomique élimine.

47:47
Présentateur

Oui, vous avez même indiqué dans votre communiqué que vous promettez d'être imaginatif.

47:51
Invité

C'est exactement ça. Un beau teaser. Ce qui est chouette dans ce mouvement, c'est vraiment, c'est que même, on n'a pas besoin d'être imaginatif parce que nos bases, les grévistes sur le terrain, c'est eux qui sont arrivés avec le plus d'imagination.

Et puis, vous savez, quand ça fait 3 mois qu'on est en lutte, qu'on passe du temps sur les piquets de grève, il y a encore des piquets de grève qui sont bientôt à 50 jours de blocage de site, on a le temps de discuter, on a le temps de se coordonner, on a le temps de recréer les entreprises historiques en discutant entre les distributeurs d'aujourd'hui et les producteurs d'aujourd'hui alors qu'avant, on était une seule et même entreprise qui s'appelait EDF-GDF et qui avait toutes ses vertus. Le fait de pouvoir discuter ensemble comme ça, on imagine des plans d'action, on imagine des décisions collectives qui pourraient être mises en œuvre et qui peuvent être très fortes.

Donc, le gouvernement peut sortir la baguette sans arrêt en voulant nous taper sur les doigts. Il faudrait mieux de chercher des bougies parce qu'on a largement de quoi faire sur le secteur de l'énergie pour se faire entendre.

48:51
Présentateur

Vous maintenez le suspect sur la journée du 3, donc la journée de colère et également celle du 1er mai. Lisa, j'imagine que tu as l'habitude de couvrir ces mobilisations. Il y en a eu énormément, 12, je crois. Le 1er mai, tu seras dans la rue pour nous. Tu peux peut-être nous restituer un petit peu le sentiment de tous ces manifestants et manifestants que tu as croisés même au cours de ces nombreux reportages. Le 1er mai, ça commence vraiment à être une journée historique.

49:20
Invité

En fait, oui, ça fait des mois que, avec pas que moi, tous les journalistes ici, on se balade entre guillemets de piqué en piqué et de manifestation en manifestation. Le 1er mai, ça va vraiment, je pense, en fait, le 1er mai, c'est la fête des travailleurs, déjà. Donc, qu'ils soient en activité ou pas, ce n'est pas le problème. Mais du coup, ça va être un moyen pour tout le monde de se rassembler, même pour ceux qui ne peuvent pas faire grève. Je pense énormément aux soignants, même s'il y a énormément de soignants qui vont travailler le 1er mai. Pour eux, il n'y a pas de ferrier, etc. Donc, c'est un peu ça l'énergie. j'ai l'impression, c'est de tous se retrouver.

J'entends parler beaucoup de gens, que ce soit national ou pas, de monter à Paris pour faire ce 1er mai. Ce qui est intéressant, je pense qu'il ne faut pas... Les gens qui disent oui, mais c'est juste une marche, etc. Je pense que, comme on disait, c'est la diversité des modes d'action qui est intéressante à regarder là-dedans. Et ce que je trouvais intéressant tout à l'heure, c'était que vous visiez des événements comme le Festival de Cannes, Roland-Garros. Et moi, je trouve ces actions très intéressantes parce que ce n'est pas n'importe quel événement. Ce n'est pas notre tante ou notre sister qui va au Festival de Cannes ou Roland-Garros. C'est aussi viser les activités bourgeoises.

Et c'est ça qui est très intéressant. C'est d'aller, encore une fois, chercher les gens qui essayent de ne pas regarder le peuple, aller les chercher et dire que vous n'avez pas le choix de regarder le peuple. Donc voilà. Et pour le 1er mai, oui, l'ambiance, il y a beaucoup de... Malgré tout, il y a beaucoup de colère, j'ai l'impression. Mais il y a aussi beaucoup d'envie de festivité et d'envie de retrouvailles, comme on disait, d'une humanité qui veut se retrouver. Donc ça va être ça, le 1er mai. Après, évidemment, au 1er mai, malgré tout, il y a des craintes parce qu'il y a une grosse peur de la répression. On a connu d'autres au 1er mai qui étaient extrêmement violents.

Évidemment, l'époque des Gilets jaunes, etc. La première réforme des retraites, la première sous Macron. Donc une grosse crainte aussi sur le dispositif policier. Personnellement, je reviens de la manifestation bassine. Donc je sais à quel point c'est possible de mettre un gros dispositif policier en place pour qu'il y ait des violences. Et une diversité d'actions qui va s'exprimer, que ce soit dans les cortèges de tête, que ce soit au fond avec le barbecue ou la CGT, ça va être une représentation de la colère dans le pays qui ne sera pas écoutée par le gouvernement. On le sait déjà. Mais qui va continuer... Enfin, en fait, c'est un rapport de force qui s'installe de plus en plus.

Et quand on voit BFM qui est obligé de dire « Tout le monde soutient la réforme des retraites », c'est qu'il y a une petite victoire qui est en train quand même d'avancer.

51:50
Présentateur

Alors messieurs, ce sera ma dernière question à vous inviter à nous attendre pour le second plateau. Qu'est-ce que vous attendez du premier ? Mais est-ce que ça pourrait être... Ça représente un tournant pour vous dans cette mobilisation qui dure quand même depuis trois mois ?

52:02
Invité

J'espère que ce sera une étape avant la victoire. L'abrogation de cette loi, la non-application, peu importe, mais une réaction du gouvernement. Je crois qu'il essaie bien de se dire aussi que le 1er mai, il risque d'être aussi riche, notamment sur les manifestations parisaines, mais pas que, puisqu'il y a beaucoup de délégations étrangères qui vont être présentes. Je crois plus d'une soixantaine dans les cortèges. Je crois que cette crainte pour les citoyens qui voudraient y participer, de la violence, de la présence policière et autres, il faut aussi dédramatiser ça et se dire que c'est aussi une bonne ambiance, les mobilisations.

Ce n'est pas qu'on ne gagne pas qu'avec des cortèges et de la musique, mais c'est aussi un moyen de se rassembler. Plus on sera nombreux, moins il y aura de la dérive, puisque c'est vraiment la masse qui sait pourquoi elle est là. Et je crois que, symboliquement, j'espère que ça sera vraiment l'apogée, on va dire, inverse de la médiocrité du président en place, parce que c'est vraiment une espèce d'aboutissement. Et j'espère que ce sera vraiment une page qui se tourne, mais dans le bon sens, pour dire, c'est bon, c'est fini, on arrête. Pour la fête des travailleurs, on arrête.

Et très vite, juste, c'est la première fois qu'il y a un 1er mai unitaire depuis très très longtemps avec tous les syndicats. Et depuis le début, le gouvernement a essayé de dire l'intersyndicale va exploser. On est le 1er mai, elle n'a toujours pas explosé. Et je ne pense pas qu'elle explose genre le 3 mai. Évidemment, il y a des positionnements différents, mais il y a des liens qui ont été créés, y compris avec des militants de base qui se rendent compte de ce que c'est que la lutte. Et ça, je pense que ça peut durer encore longtemps. Il faut qu'ils s'inquiètent en face.

53:46
Présentateur

D'ailleurs, avant le 1er mai, il y a la date du 28 avril, jeudi. Ça sera exactement à l'appel de la CGT. Une nouvelle journée de mobilisation. Merci beaucoup. Denis Gravouille, secrétaire général Fédération nationale CGT du spectacle et Fabrice Coutour, secrétaire fédéral de la CGT FNME. Et merci à toi, Lisa. On se retrouve après un court clip avec un court clip d'auto-promo et on accueille dans un second temps nos invités, Daniel Obono, député LFI, et Mathieu de la Marche des Solidarités. Ensemble, on parlera du projet de loi immigration dite loi Darmanin. Il tient absolument à donner son nom à une loi. Reste avec nous, ça va être passionnant.

54:32
Invité

Dans ce monde de brut, le média vous offre un peu de douceur. Et maintenant, rien que pour vous, un tour d'horizon du paysage audiovisuel français. Pour l'instant, nettement, malgré la confusion des sondages, le soutien à la grève des Français, il est faible.

54:52
Présentateur

Une station sur trois est touchée par des pénuries de carburant,

54:56
Invité

Nicolas Dose. C'est la faute à qui ? Je peux vous dire deux mots d'abord ? Oui, vas-y. Allez-y. Dès que tu parles, il ferme ta gueule. Allez. Dès que tu parles, il ferme ta gueule. T'es sérieux ou quoi ? C'est pas, calmez-vous. C'est son de vos chiffres. Non, mais calmez-vous, madame, ça va bien se passer. C'est un abouti. Pourtant, ça va bien se passer. Il va bien se passer. On lui paie les jours de grève et qu'on lui donne une prime pour reprendre le boulot. Mais attendez, là, on est en Afrique. On est en Afrique. Vous sortez, mais vous m'avez insulté. Personne n'a craqué. Personne n'a craqué. Ben si, nous, on craque. Alors, on se lève et on rentre dans la bataille.

Dès maintenant, pour tout nouvel abonnement aux médias, le premier mois est reversé à une caisse de grève. Grâce à vous, on bloque tout.

55:43
Présentateur

Sans aucun doute, Machiavel trouverait la ficelle trop grosse. Mais peut-être suggère-t-il quand même au prince qu'il conseillait de tenter le coup de fait avant même de passer en force sur le dossier des retraites et de réaliser dans quelle nace il s'était piégé. Emmanuel Macron et sa team avaient prévu de placer une belle petite séquence régalienne, comme ils disent juste après, histoire peut-être de diviser à peu de frais un bloc populaire soudé contre la réforme Macron-Borne.

Aujourd'hui, il est plus que jamais urgent pour l'exécutif de passer à autre chose et Gérald Darmanin vient donc sous les feux des projecteurs pour évoquer son projet de loi immigration après avoir lancé les hostilités à Mayotte via l'opération Rombouchou qui devrait permettre l'expulsion de milliers d'étrangers sans papier. Toute cette scénographie est-elle bien sérieuse ? Au-delà des aspects moraux, ce choix tactile est-il pertinent pour la Macronie ? Si l'exécutif entend passer cette loi sans se servir du 49.3, il aura absolument besoin des Républicains ou du RN qui vont faire forcément monter les enchères. Par ailleurs, à quoi peut bien servir une énième loi sur l'immigration ?

Le pouvoir cherche-t-il à satisfaire à la fois le patronat qui a des besoins en termes de ressources humaines dans le cadre des fameux métiers en tension et plaire à l'électorat réactionnaire en agitant des symboles de fermeté en jouant la carte de la politique du chiffre ? Au final, tout cela ne va-t-il pas finir par profiter au Rassemblement national en 2027 ? Pour en parler, je reçois sur ce plateau la députée LFI NUPES de Paris, Daniel Obono et Mathieu, militant du collectif La Marche des Solidarités. Bonsoir à vous deux. Merci de votre patience.

Alors, actualité oblige, Daniel et Mathieu, j'aimerais recueillir votre sentiment sur l'opération Bonbouchou qui a débuté hier à Mayotte et qui vise à lutter contre l'immigration illégale essentiellement originaire des Comores par la destruction de bidonvilles et de reconduite à la frontière massive. Daniel, peut-être ?

57:50
Invité

Je déplore l'instrumentalisation à nouveau de la situation à Mayotte, celle des populations qui vivent dans des bidonvilles, qui vivent dans une extrême précarité, dans une extrême pauvreté, des personnes extrêmement vulnérables qui, parfois, vivent depuis des années dans ces conditions et sur ce territoire et que l'on devrait protéger, accompagner plutôt que harceler et jeter en pâture à la vindicte populaire. Donc, cette politique ne marche pas, n'a jamais marché si ce n'est pour alimenter de la tension et un climat de guerre civile dans un territoire qui est déjà trop durement atteint par la pauvreté, par le manque d'investissement public, par le manque de politique publique.

Et donc, tout cela n'augure rien de bon ni pour l'ensemble de la population de Mayotte ni pour notre pays parce que Mayotte est un territoire français et ce qui s'y passe nous concerne tous et toutes et malheureusement, le type de politique qui est menée a aussi pour objectif de pouvoir s'étendre ailleurs sur l'ensemble de territoires. Donc, nous devons garder un oeil attentif et une vigilance très forte. C'est le cas en ce moment avec des délégations de magistrats, d'organisations de défense des droits humains parce que ce qui s'y passe en notre nom, au nom de la République française est absolument scandaleux.

59:23
Présentateur

Oui, Mathieu, c'est près de 1800 agents gendarmes et policiers dont la nouvelle unité CRS 8 spécialisée dans le rétablissement de l'ordre qui ont été envoyés sur l'île pour procéder à la destruction de 1000 bidonvilles et expulser les migrants vers les Comores. Jamais autant de forces de l'ordre n'ont été déployées sur l'île.

59:39
Invité

Oui, mais on parle de leur ambition c'est plus de 300 expulsions quotidiennes de détruire des habitations qui concernent quasiment la moitié de la population sur cette île et ça illustre parfaitement le racisme et le colonialisme de l'État français qui en plus par cynisme absolu avait envisagé cette opération comme une illustration de la loi d'Armanin parce qu'ils avaient initialement pensé le début de cette opération en même temps que le début des discussions à l'Assemblée nationale de la loi d'Armanin en plus une opération qui devait démarrer juste après l'Aïd quand même dans un territoire qui est majoritairement musulman et on retrouve là l'illustration parfaite de la politique raciste et colonialiste de ce gouvernement et de l'État français on parle quand même d'une île qui est alors que les Comores avaient dans les années 70 voté l'indépendance l'État français a refusé que Mayotte rejoigne les Comores et l'indépendance et depuis cette époque là c'est contre toutes les lois internationales c'est vraiment l'illustration de l'horreur dont est capable cet État français et on parle quand même depuis les années 90 de plus de 20 000 morts en voulant traverser une archipel qui depuis la nuit des temps rassemble des familles et en fait qui n'a aucune raison de se retrouver séparée par des frontières

1:00:58
Présentateur

Sur la chaîne La Première Patrick Baudouin président de la Ligue des Droits de l'Homme a pointé du doigt une opération absolument scandaleuse et qui fait un amalgame entre ressortissants étrangers et délinquants sur une île touchée par une très grande précarité on pratiquait l'amalgame on avait un peu l'habitude avec Gérald Darmanin mais on avait reçu sur ce plateau la députée Estelle Youssoufa de la première circonscription de Mayotte qui a volé au secours de l'opération Bonbouchou avant qu'elle commence je vous propose de regarder un magnéto

1:01:26
Invité

Alors selon l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné un demi-millier de gendarmes et de policiers s'apprêtent à envahir l'archipel un corps expéditionnaire qui s'ajoute aux 750 policiers 600 Pandore déjà sur place leur mission mettre fin à l'immigration illégale et mater les délinquants à la machette en deux mois l'opération consisterait aussi en une destruction des bidonvilles à coups de bulles des haussaires ces mots là est-ce qu'ils ne vous font pas peur pour ces enfants comme ou rien qui vivent dans les bidonvilles à Mayotte

1:01:56
Présentateur

Mais en fait je pense qu'il faut quand même remettre les choses en particulier Le Canard Enchaîné est un journal satirique c'est pas la Bible Mais ils font une investigation

1:02:03
Invité

Oui

1:02:04
Présentateur

ils sont sérieux mais enfin l'écriture est volontairement outrancière et c'est le style du canard que je lis et que je trouve formidable mais enfin c'est pas le descriptif Donc vous pensez que c'est exagéré C'est pas le descriptif c'est pas le descriptif de la situation Il faut quand même comprendre que les destructions d'habitats clandestins d'habitations illégales sont courantes à Mayotte parce que le problème de l'habitat illégal est prédominant On parle d'environ 15 000 bâtiments en tôle qui sont construits illégalement sur des terrains privés ou publics par des personnes qui sont en train de voler ces terrains

1:02:40
Invité

Donc les autorités préfectorales ont souvent enfin essayent régulièrement de détruire ces habitations Donc effectivement si vous voulez rendre le terrain à son propriétaire vous devez utiliser les bulldozers pour détruire les bâtiments en tôle sinon les personnes retournent dedans Qu'on mobilise la force publique

1:02:58
Présentateur

pour exécuter des décisions de justice ne me choque pas Mathieu je vous voyais secouer la tête une réaction peut-être

1:03:05
Invité

Bah oui évidemment face à un tel discours on peut que secouer la tête être très en colère et se dire qu'il va falloir se battre maintenant face à ça parce qu'on retrouve dans son discours l'illustration de ce qu'est le racisme Déjà dans un premier temps le racisme tue le racisme détruit détruit des vies détruit des vies de celles et ceux qui parmi nous sont sans papiers sont immigrés sont musulmans sont musulmanes mais aussi on voit l'aspect idéologique de tout ça où on veut faire croire que le problème c'est pas les inégalités le problème à Mayotte ce serait pas l'état français en fait le problème ce serait les comoriens et les comoriennes et là on voit vraiment à quel point à la fois le racisme tue et le racisme est utilisé par le gouvernement pour diviser et pour faire croire que le problème ce n'est pas leur politique

1:03:51
Présentateur

Et qu'est-ce que vous répondez à celles et ceux qui invoquent des réalités locales particulières pour venir au secours de ce qui est présenté comme une sorte d'opération coup de poing ?

1:04:01
Invité

C'est une situation particulière la situation de Mayotte ça c'est clair ça a été évoqué le fait qu'il s'agit d'une île qui fait partie d'une archipel qui est l'écomore et donc qui crée une situation géographique qui est assez inédite il y a peut-être la situation de la Guyane et encore c'est pas exactement la même chose donc oui il y a une situation particulière mais ça ne justifie pas l'état d'exception moi depuis 5 ans j'ai des débats avec les collègues élus de Mayotte les députés que je respecte puisqu'ils sont députés et je pense qu'ils ont à coeur de défendre les concitoyens nos concitoyens et concitoyennes de Mayotte mais avec lesquels je dis à chaque fois je ne pense pas et d'ailleurs malheureusement entre guillemets si cette politique elle avait comme conséquence de rétablir l'égalité des droits de permettre le développement du département de permettre que les enfants aillent à l'école dans des conditions etc.

on pourrait éventuellement dire bon objectivement voilà ça a un effet positif mais ce n'est pas le cas ça fait des années qu'il y a cette politique et on augmente le nombre de forces de police de gendarmerie sur l'île et on continue à laisser mourir par milliers les personnes qui tentent de rejoindre Mayotte et je crois que cette mère est une des plus meurtrières dans la région à cause de ça vous vous rappelez les quoi ça quoi ça dont se moquait Emmanuel Macron donc tout ça n'a pour objectif que de rendre la situation de ces personnes plus précaires plus difficile et n'a pas l'effet y compris même du point de vue sécuritaire puisque c'est beaucoup argué et il y a une réalité d'instabilité en termes de sécurité réelle mais ça n'a pas d'effet positif de ce point de vue là et donc tout ça ne mène à rien si ce n'est à créer un état d'agitation politique et médiatique qui se fait au détriment en fait je pense de l'ensemble de la population si ça permettait d'apaiser la situation si la destruction des habitats précaires permettait aux gens d'avoir de meilleures conditions de vie et de logement et d'hébergement mais ce n'est pas le cas et d'ailleurs c'est pour cela c'est une des raisons pour lesquelles une des juges qui avait été saisie a statué sur l'irrégularité de la destruction d'un des bidonvilles parce qu'il n'y avait par exemple pas de proposition de relogement des personnes ce qui est un droit fondamental et donc cette opération là au moins celle-là a dû être suspendue donc moi et nous nous ne faisons que défendre le droit les droits fondamentaux les droits sociaux les droits aussi à la dignité de personnes de ces populations qui sont des familles des enfants beaucoup de mineurs il y a une très très forte population très jeune sur cette île et donc notre devoir est avant tout de la protection de ces personnes

1:07:05
Présentateur

qui a été même privées de son humanité je pense que vous avez entendu c'est un élu j'ai plus le nom en tête qui déclarait sur un plateau qu'il fallait pourquoi pas en tuer certains Mathieu

1:07:17
Invité

on retrouve dans les propos alors moi je me souviens plus non plus de son nom mais j'ai vu le passage on retrouve

1:07:23
Présentateur

préfet de Mayotte a condamné les propos

1:07:25
Invité

non mais je veux dire on retrouve aussi les propos de Darmanin là dedans parce que Darmanin qu'est-ce qu'il a dit depuis le début avec son projet de loi l'immigration et franchement les deux sujets sont vraiment liés il a dit il veut rendre la vie impossible aux migrants il veut expulser 4000 sans-papiers de plus par an c'est ça son projet et donc dans les mots ça ouvre une fois qu'on dit ça une fois qu'on laisse ça sans réaction sans mobilisation large en fait on laisse la possibilité à des discours comme ça qui est complètement déshumanisant quand Darmanin dit on veut ceux qui bossent pas ceux qui rapinent mais ça veut dire quoi ça effectivement alors après il faut s'attendre à ce que des personnes dont effectivement on ne se rappelle même pas son nom se permettent de dire ça à la télé sans qu'il y ait des réactions sans qu'on le coupe sans qu'en fait on le dise mais de quitter pour parler comme ça en fait

1:08:14
Présentateur

son étiquette politique c'est la république en marchant c'est même pas un élu hérène et c'est vrai que c'est l'occasion de rappeler que cet archipel de Mayotte le département ou le rassemblement national a signé son plus gros score au premier tour la présidentielle Marine Le Pen y a recueilli 42,68% des suffrages loin devant d'autres candidats alors on est tenté justement de penser que cette opération Montbouchou est une opération de séduction de l'électorat de Mayotte mais est-ce que Gérald Darmanin a vraiment besoin d'aller à la conquête de cette population Daniel Obono

1:08:46
Invité

dans tous les cas c'est quoi l'intérêt pour lui il y a certainement très certainement il n'y a qu'un intérêt politicien à tout cela parce qu'encore une fois du point de vue de la résolution des problèmes concrets réels des populations concernées que ce soit des Mahorais ou que ce soit des personnes réfugiées immigrées depuis les Comores ou que ce soit du point de vue de la population française il n'y a aucun problème qui est résolu l'accès au logement l'accès à l'éducation l'accès à la santé l'accès à l'eau qui est un problème crucial en ce moment notamment à Mayotte et qui devrait être pris à bras le corps tout ça ne règle rien si ce n'est créer une situation de déstabilisation sociale et d'instabilité sociale donc il n'y a qu'un intérêt politicien un intérêt stratégique qui est ce qu'on voit à l'oeuvre depuis déjà sous le mandat précédent c'est à dire qu'il y avait eu cette stratégie explicite de s'adresser à l'extrême droite d'en faire l'interlocuteur pour les sujets dits régaliens comme s'il n'y avait que l'extrême droite pour parler ou s'intéresser aux prérogatives de l'État ce qu'ils ne font pas d'ailleurs très très bien ils sont plutôt nuls en vérité on l'a vu on a pu le voir à l'Assemblée nationale si ce n'est quand il s'agit effectivement de taper sur les migrants et les migrantes ou les musulmans et les musulmanes alors là c'est sûr que ça ça leur déroule le tapis rouge et donc oui c'est une manière de leur offrir une tribune pour en faire l'opposition de confort c'est aussi une manière je crois d'essayer de se consolider une base électorale sociale autour de ce lien très facile très mortifère mais utile pour ceux qui en font le commerce de la xénophobie du racisme parce que c'est une xénophobie très très orientée vis-à-vis de certains migrants et migrantes on se rappelle le caractère complètement presque j'allais dire schizophrénique mais ce n'est pas le bon terme puisque ce n'était pas un qualificatif adéquat mais complètement contradictoire quand il s'agissait d'accueillir comme il se devait les migrants et les migrantes d'Ukraine et heureusement et on a vu par ailleurs avec cette situation qu'il était possible d'accueillir dignement très vite beaucoup de gens sur l'ensemble du territoire européen et on voit bien que le rejet des migrants et des migrantes a aussi à voir avec leur couleur de peau leur religion réelle ou supposée et donc tout ça est un lien assez fort identitaire pour celles et ceux qui font idéologiquement profession de gagner l'adhésion sur ces bases-là et donc oui je crois qu'il y a une construction politique parce que c'est la seule base en fait d'adhésion en fait entre guillemets positive c'est assez bizarre de dire positive mais comme voilà on adhérait en positif à un projet de droite tel que le de droite dure et de droite extrême même tel que le dessine la Macronie aujourd'hui par voilà ce lien-là ce discours-là autoritaire sécuritaire et ethniciste ethnique de rejet de ce qui n'appartient pas justement à ce cadre-là et donc la figure de l'étranger du migrant et du migrante surtout racisée est parfaite pour constituer ce nous contre ces autres eux et elles et je crois que c'est l'opération à laquelle on voit se dérouler sous nos yeux

1:12:21
Présentateur

Oui Mathieu vous rappeliez aussi ce lien très fort entre l'opération Montbouchou et la loi immigration enfin le projet de loi immigration défendue par Gérald Darmanin est-ce que cette opération justement n'est pas le prélude de cette loi on nous donne à voir le pire pour nous faire accepter ce qui reste inacceptable

1:12:40
Invité

le prélude peut-être la vitrine en tout cas c'est sûr parce que à Mayotte comme vous l'avez dit il y a quand même malgré tout une forme d'adhésion à cette idéologie là et d'ailleurs le pire c'est que dans des proportions heureusement inférieures c'est également le cas en métropole il ne faut pas se le cacher quand Darmanin est raciste il sait très bien qu'il y a une partie de la population qui l'est aussi mais à Mayotte c'est encore plus plus important le soutien à ça donc il voulait une vitrine il veut à la fois sur le terrain des policiers qui tirent à balles réelles parce que ça commence aussi à de ça qui ressort qui expulse largement qui détruisent des habitations et en plus une forme d'adhésion d'une partie de la population de certains élus qui vont sur des plateaux qui vont dire que c'est bien on va avoir des reportages où ils vont forcément trouver des maorais des maoraises qui vont dire que c'est bien ce qui se passe et ça c'est sa vitrine pour montrer que ce qu'il fait et la politique qui déploie à Mayotte et à travers son projet de loi asile-immigration sur le reste du territoire à une adhésion politique à une adhésion populaire et avec ça il veut dérouler derrière l'adhésion d'une partie de la droite et faire en sorte que son projet de loi passe et cette politique là passe

1:13:58
Présentateur

alors pour en arriver au projet de loi immigration on a observé ces dernières semaines des hésitations de l'exécutif qui a eu de la peine à choisir entre défendre un texte tout seul d'un seul tenant ou alors plusieurs petits textes spécifiques alors Macron a manifestement arbitré en faveur de la première manière de faire c'est quoi l'enjeu Daniel Obono ?

1:14:20
Invité

L'enjeu pour la Macronie c'est effectivement d'avoir à nouveau pendant plusieurs semaines le débat sur l'éternel débat serpent de mer de l'immigration sur tous les plateaux et d'en faire d'en avoir un écho à l'Assemblée nationale en vérité comme je le dis l'effet concret de ces mesures si elles sont votées et appliquées ça va être effectivement de rendre plus précaires et plus vulnérables des populations qui le sont déjà Quels sont les mesures

1:14:51
Présentateur

qui vous scandalisent le plus dans cette loi d'immigration ?

1:14:52
Invité

Il y en a énormément le fait que en gros pour résumer c'est un texte qui vise à augmenter le nombre d'OQTF en tout cas de pouvoir faire la preuve que vis-à-vis de l'extrême droite notamment qui utilise cela comme un totem de montrer qu'on expulse qu'on expulse beaucoup et ça ça se traduit par le fait d'augmenter de toutes les manières possibles et inimaginables le nombre d'OQTF à toute occasion en tout temps en tout lieu et pouvoir se targuer de dire voilà vous avez un certain nombre d'OQTF et de rendre ces autres QTF appliqués de pouvoir les appliquer ce qui est aussi une des difficultés d'une part et de raccourcir les délais de recours c'est notamment ça alors c'est présenté comme politique de simplification bien sûr tout ça est fait pour permettre aux personnes qui font des recours qu'ils puissent avoir des réponses rapidement mais c'est surtout dans les faits pour permettre de court-circuiter en fait tous les dispositifs qui donnent la possibilité de faire valoir ces droits et donc ça ça va encore plus réduire les possibilités de ces personnes d'être protégées et de voir leurs procédures aboutir et bon il y a bien sûr la carotte qui est tendue de la régularisation supposée à travers en gros le fait de rendre de consolider la circulaire valse c'est un peu ça le dispositif vous pouvez rappeler peut-être les termes de cette circulaire c'est une circulaire qui permet à un certain nombre de personnes de pouvoir être régularisées par le biais du travail mais qui a qui a permis un certain nombre de régularisations et ça a été je pense une voie utile pour un certain nombre de personnes et donc en prouvant en fait sa situation de salarié et notamment par le biais des employeurs qui ont la possibilité d'aider à faire régulariser leurs employés mais avec une des limites s'il avait fallu faire une loi autour du travail et du droit au travail des personnes sans papier il y a des modalités qui permettent d'éviter de dépendre de l'employeur parce que c'est un des bas qui blesse depuis le début avec cette circulaire c'est-à-dire que des personnes qui sont en situation déjà d'exploitation salariale vont encore plus dépendre du fait de leur situation de sans papier et donc une des avancées en tout cas nous on portera dans le débat des amendements en ce sens-là pour faciliter en vérité la régularisation par le travail parce que ça nous sommes un droit un droit fondamental un droit social c'est pas simplement une question d'immigration au sens humanitaire c'est un droit social de pouvoir avoir un statut à partir du travail donc ça c'est un peu la carotte qui est censée être présentée mais qui est aussi qui est pensée d'une manière tellement technocratique et bureaucratique qu'on voit mal comment dans ce qui sont présentés en fait il va y avoir une réelle facilitation y compris avec l'idée de liste des métiers dits en tension qui seraient territorialisés dont on ne sait pas en fait sur quelle base il le déterminerait combien de fois ce serait renouvelé quels seraient les critères vous avez eu accès au projet de loi au texte oui le projet de loi a commencé à être examiné au Sénat il a fini son parcours au Sénat il a été significativement durci par un certain nombre de mesures ce qui n'augure rien de bon et c'est d'ailleurs pour ça que souvent ils font passer au Sénat les textes de ce type parce qu'ils savent que le Sénat est en majoritairement de droite et la droite est en majoritairement très dur et pro-répression sur ces sujets on va avoir un texte où ils pourront justement arguer de faire quelques petites améliorations c'est-à-dire faire du moins pire que pire pour pouvoir faire passer la pilule et donc ce texte est passé il est pour le moment suspendu c'est important de se rendre compte que s'il a été suspendu c'est parce qu'il y a une mobilisation sociale qui fédère et qui unit et que ça les a mis en difficulté parce que justement cette unité populaire ne laissait pas trop de place à le type de brèche et de division je parle de division moi plutôt que diversion parce que c'est pas un détail en fait ou quelque chose sur le côté c'est une attaque frontale en fait contre notre camp social c'était pas le meilleur moment

1:19:21
Présentateur

pour dresser les français les uns contre les autres

1:19:23
Invité

en tout cas il n'avait pas de marge il n'avait pas d'ouverture pour le faire la mobilisation et je pense que c'est aussi un enjeu de cette mobilisation là de rester aussi forte quand vous avez dans les figures héroïques de ce mouvement des travailleurs éboueurs qui sont pour beaucoup des immigrés ou comme on dit immigrés de première deuxième ou troisième génération d'Afrique subsaharienne et que ces figures là sont emblématiques d'un mouvement aussi populaire ça donne pas beaucoup de marge et donc là ils essaient en tournant la page de revenir à leur script initial et je pense que c'est là où la conjonction des deux mouvements à la fois le mouvement qui doit se maintenir contre la réforme des retraites et le soutien et la solidarité au mouvement des collectifs de personnes sans papier de personnes migrantes doivent se conjuguer pour éviter en fait de laisser la brèche s'ouvrir et la division la division se faire

1:20:16
Présentateur

alors Mathieu qu'est-ce que qu'est-ce que Emmanuel Macron cherche à faire selon vous régulariser des traverses en papier ou en expulser le plus possible on comprend pas trop en fait

1:20:27
Invité

ils souhaitent ils souhaitent passer un message c'est-à-dire qu'ils souhaitent passer le message que les immigrés seraient bienvenus à condition qu'ils acceptent qu'elles acceptent de travailler dans des secteurs dans lesquels les français et les françaises refusent de travailler parce que de toute façon c'est des secteurs mal payés des secteurs dans les conditions sont très mauvaises tout en se donnant les moyens dès qu'un métier ne serait plus en tension de faciliter les expulsions de faciliter d'ouvrir de nouveaux centres de rétention de nouveaux lieux de rétention également et donc ils veulent à la fois passer ça et après avoir pendant des années subi les conséquences de on ne peut pas accueillir toute la misère du monde maintenant ils veulent passer à l'étape supérieure c'est le lien direct entre immigration et délinquance et enfoncer là-dessus et clairement vous posiez la question de l'enjeu l'enjeu pour nous c'est de bloquer cette loi c'est de bloquer cette loi et le 1er mai va être une date très importante pour ça mais il y a aussi samedi un appel à des mobilisations le 29 avril tout à fait le 29 avril contre la loi d'Armanin contre l'opération à Wambouchou à Mayotte contre le racisme contre le colonialisme pour l'égalité des droits partout sur le territoire à Paris à 14h place de la République mais il y a également à Marseille à 14h porte d'Aix à Rennes à 14h place de la République à Strasbourg à Saint-Brévin-les-Pins également ils vont se mobiliser

1:21:49
Présentateur

comment convaincre ces centaines de milliers même millions de Français qu'on a vus dans les rues contre la réforme des retraites de rejoindre un nouveau mouvement qui viserait à lutter contre la loi d'immigration qu'est-ce qui pourrait les sensibiliser Mathieu et Daniel

1:22:05
Invité

parce que le combat contre le racisme c'est la meilleure manière le combat contre le racisme par le mouvement social c'est la meilleure manière de construire l'unité de construire la solidarité en région parisienne un travailleur sur quatre est un travailleur immigré pas fils d'immigré pas fille d'immigré pas petit-fils pas petit-fille immigré un travailleur sur quatre à l'échelle de la France c'est un travailleur sur dix il y a certains secteurs l'aide à domicile les chantiers la sécurité c'est plus de la moitié des travailleurs en région parisienne qui sont des travailleurs immigrés cette attaque c'est une attaque contre nous toutes et nous tous on a toutes et toutes à perdre à ce qu'il y a un recul des droits nous on a besoin pour gagner que de plus en plus de monde ait accès à des papiers on a besoin pour gagner qu'on ait toutes et tous l'égalité des droits à 100% c'est ça les conditions on sera plus fort dans ces conditions la meilleure manière pour convaincre tous les travailleurs immigrés aussi de se battre contre la réforme des retraites c'est que tous les travailleurs qui se battent contre la réforme des retraites disent on va se battre aussi contre les attaques spécifiques que les travailleurs immigrés subissent de la même manière que pour combattre pour renforcer le mouvement contre la réforme des retraites aussi on a intérêt à ce que tous les travailleurs disent on va se battre aussi contre le sexisme parce que c'est ça les conditions de l'unité on doit montrer que toutes et tous on ne peut pas laisser passer ces attaques même si elles ne nous concernent pas individuellement en fait elle nous concerne tous et toutes en tant que société on le voit dans les quartiers dans les lieux de travail dans les lieux d'études c'est que ça l'unité c'est nous c'est l'égalité des droits et c'est comme ça qu'on peut gagner et c'est pour ça que je pense qu'il faut effectivement assister là-dessus Daniel vous vouliez aussi répondre à cette question je vais aller dans le même sens d'abord rappeler que ça doit être la 22ème loi en 30 ans une loi tous les ans et demi qui ne sert à rien si ce n'est à empirer la situation des personnes c'est la ligne politique suivie successivement depuis des décennies c'est rendre de plus en plus difficile la vie des gens en fait des gens des salariés des travailleurs des enfants et de leur famille d'étudiants qui font partie de ce peuple de France comme disait ma collègue Rachel Kéké c'est ceux qui tiennent la France debout qui l'ont tenu debout pendant la crise Covid mais au-delà même des périodes de crise sanitaire ça a été dit qui font partie de cette France qui se lève tôt et donc les affaiblir eux c'est nous affaiblir nous tous et toutes affaiblir les droits des travailleurs en les maintenant dans une situation d'irrégularité en les précarisant c'est les rendre moins en capacité de se battre pour leurs propres droits sur leur lieu de travail de les insécuriser socialement économiquement etc etc et donc sur la question sociale c'est une question sociale c'est pas une question simplement de solidarité d'humanité c'est bien sûr il y a nécessairement à répondre à notre devoir d'humanité à répondre à notre exigence républicaine de fraternité mais c'est une question sociale c'est une question démocratique parce que celles et ceux qui vivent ici travaillent ici étudient ici que ce soit depuis 6 mois ou depuis des dizaines et des dizaines d'années sont des citoyens au sens large des citoyens et des citoyennes et donc pour moi c'est une question démocratique que ceux qui les touchent eux et qui les ciblent eux finissent par devenir la norme c'est comme ça que la manière de traiter par exemple les personnes la question policière typiquement il y a une question de la question policière mais je voulais parler par exemple la question du mauvais accueil dans les préfectures le secteur du droit des étrangers et ce où on a expérimenté très vite la dématérialisation c'est très pratique parce que ça rend invisibles les longues files d'attente qui étaient une indignité de plus où des gens se levaient à pas d'heure etc qui sont devenus invisibles mais qui sont maintenant dématérialisés c'est à dire qu'il y a un trafic de place et puis les gens n'ont plus accès à ne serait-ce que la possibilité de pouvoir déposer leur dossier donc on crée de l'irrégalité en fait on rend les gens sans papier tout simplement à cause des obstacles mis notamment par la dématérialisation forcée mais dans ce secteur-là c'est un de ceux qui a expérimenté le premier et ça s'est développé ça s'est accéléré et tout le monde le sait aujourd'hui à la CAF à la CNAV dans tous les services publics je trouve que ça c'est un exemple j'en parle parce qu'on mène une campagne en ce moment pour la réouverture des guichets d'accueil et c'est le genre de campagne où en fait la question du droit des étrangers est emblématique de ce qui ensuite se fait partout on parle aussi bien sûr des violences policières on parle des droits des droits de manifester et de la manière dont on utilise aujourd'hui les lois dites anti-terroristes qui s'appliquent à tout le monde mais je me rappelle sous le mandat précédent c'est une des premières lois qu'on a discuté où il y avait à chaque fois ciblé la question des migrants dans les lois anti-terroristes dans la loi SILT et compagnie et donc on voit comment ça a contaminé tout le droit et tout notre droit et tout l'état de droit régresse aussi par les brèches qui sont ouvertes en ciblant d'abord les personnes les plus précaires les plus vulnérables les plus stigmatisées donc voilà se battre aux côtés des migrants et des migrantes des personnes sans papier ce samedi et dans toutes les mobilisations avoir des pancartes de solidarité le 1er mai et je pense qu'il y aura des cortèges de travailleurs et de travailleurs sans papier et il faut du monde avec en solidarité pour elles et eux et pour nous aussi parce que c'est plus largement en fait ce qui fait société et notre conception de la société qui est remise en cause par cette politique à travers ce projet

1:27:48
Présentateur

de loi immigration est-ce que alors Gérardin maintenant cherche à séduire cet électorat Eren mais est-ce qu'à la fois il risque pas de se mettre à la merci du chantage et de la surenchère de LR et de Eren ça pourrait même aller plus loin ah bah bien sûr et puis il sera obligé de négocier forcément les voix du RN et des LR

1:28:07
Invité

ils cherchent à faire une alliance enfin c'est clairement ce qu'ils nous ont dit et ils ont annoncé la couleur ils pensent qu'il y a possible de faire des majorités de projets sur texte par texte et là clairement l'alliance c'est avec la droite et l'extrême droite ils l'ont déjà fait sur d'autres textes par ailleurs depuis le début du mandat et ils savent donner des gages à l'extrême droite en votant pour deux vice-présidents à l'Assemblée nationale c'est eux qui ont voté et qui ont fait en sorte qu'il y ait deux vice-présidents RN qui siègent au perchoir et les uns ont voté avec eux pour empêcher l'augmentation du SMIC ils ont voté donc en fait il y a un échange très corvial et de bons procédés entre la Macronie et le RN et sur ce texte là ils vont négocier avec l'extrême droite ça c'est certain d'ailleurs ils en ont besoin pour faire passer leur texte presque autant que LR et donc ce qu'on voit aussi et c'est pour ça que ça a une résonance haute c'est à dire qu'ils sont en train d'expérimenter le gouvernement avec les fascistes sur tout un ensemble de sujets et s'ils arrivent à le faire si on n'a pas suffisamment de mobilisation nous on sera mobilisés avec les collègues de la NUPES contre ce texte là mais il faut un mouvement une mobilisation sociale très très large très mobilisée

1:29:28
Présentateur

sur la réforme des retraites là elle va être aussi j'imagine très mobilisée contre cette loi immigration quels sont vos leviers d'action ?

1:29:35
Invité

On va utiliser comme à chaque fois tous les leviers tous les outils de manière générale nous nous avons un état d'esprit où nous considérons qu'il y a une illégitimité profonde une illégitimité profonde de ce gouvernement depuis le début en fait madame Borne n'a jamais demandé la confiance du Parlement et monsieur Macron a été élu par défaut pour s'opposer à une extrême droite à qui il ouvre grande les portes aujourd'hui quasiment du pouvoir et donc nous ferons en sorte en utilisant tous les moyens et nous avons montré que nous savions être inventifs pour bloquer ce texte et pour effectivement rendre ingouvernable cette Macronie dans ses alliances surtout avec la perspective de faire des alliances avec la droite et l'extrême droite ce que nous nous n'accepterons jamais et que nous continuerons à combattre donc on le fera quelle que soit la forme sur laquelle revient le texte il semble qu'il revienne en un seul bout et on bataillera ligne après ligne mais notre capacité d'enrayer le phénomène va également dépendre de la mobilisation sociale on l'a vu sur la question des retraites c'est aussi parce qu'il y a eu un mouvement très fort qui a aussi fait vaciller LR sur un certain nombre de sujets alors c'est pas exactement la même on va dire leur point de sensibilité le plus fort sur ce sujet mais je pense qu'il y en a un certain nombre aussi qui auront peut-être intérêt à se démarquer d'un axe d'aspiration entre la Macronie et l'extrême droite et qui ont peut-être aussi un reste de on va dire de républicanisme de droite d'une certaine idée de la France et je pense que l'existence d'un mouvement social fort sur ce sujet des interpellations internationales les condamnations qui sont déjà très nombreuses de toutes les institutions de défense des droits humains sur ce sujet participent aussi à créer un rapport de force dans l'assemblée donc soyons nombreux et nombreuses dans la rue dans la mobilisation interpellons interpeller tous les députés en leur demandant des comptes parce que l'extrême droite eux ils le font en demandant voilà on reçoit des messages d'extrême droite qui demandent qu'on expulse tout le monde etc et donc je pense qu'il y a aussi là une intervention citoyenne utile et nécessaire dans cette bataille

1:32:02
Présentateur

oui justement pour parler de l'intervention citoyenne Mathieu tu es donc militant du collectif La Marche des Solidarités comment est-ce que tu vas voir les associations tu es sur le terrain dans les quartiers comment tu arrives à mobiliser cette population qu'on a dit être complètement absente dont on a dit qu'elle était complètement absente de la mobilisation contre la forme des retraites ce qui est absolument faux mais comment est la société civile on a parlé du champ politique mais comment la société civile elle s'organise pour lutter contre cette loi immigration

1:32:35
Invité

alors dans le cadre de la Marche des Solidarités par exemple il y a une diversité de collectifs dans la Marche des Solidarités mais pour parler des collectifs qui sont peut-être les plus importants dans cette Marche des Solidarités qui sont les plus importants dans les mobilisations qui sont les plus importants dans les revendications c'est les collectifs de sans-papier par exemple la question de la mobilisation des collectifs de sans-papier est passée par un travail dans les foyers de travailleurs migrants il y en a plus d'une centaine en région parisienne dans ces foyers de travailleurs migrants qui existent depuis des dizaines d'années il y a à la fois des personnes qui sont les résidents les résidentes qui ont les papiers qui sont régularisés et il y a aussi les sans-papiers qui souvent habitent chez un proche chez une proche et donc on a passé beaucoup de temps dans ces foyers à discuter de la loi d'Armana à discuter de ses dangers à discuter que c'est un danger pour les personnes régularisées comme pour les personnes qui n'avaient pas encore de papier parce qu'il y a aussi tout un volet dans cette loi d'Armana qui veut rendre des papiers tout renouvellement beaucoup plus difficile avec non-respect des valeurs de la République avec le fait de troubles à l'ordre public qui on l'a vu à travers la loi séparatisme ouvre un champ juridique à la possibilité de supprimer dans le cas de la loi séparatisme des associations là ce serait des cartes de séjour qui étend énormément ça en donnant de nouveaux droits au préfet également et donc énormément de discussions comme dans le cas de la réforme des retraites ce qui s'est passé on a senti que les personnes s'emparaient de la loi et bien c'est exactement la même chose qui s'est passé dans le cas de la loi d'Armana énormément de discussions d'abord des réunions publiques ensuite des réunions dans les foyers après des mobilisations des rassemblements insister montrer qu'il y a c'est aussi en donnant de la confiance en montrant qu'en fait dès qu'il y a des gens qui se battent dès qu'on voit des gens dans la rue en train de se battre contre quelque chose ça donne envie à d'autres qui n'étaient pas d'accord de les rejoindre et c'est comme ça qu'on a fait ça on a commencé dès le 18 décembre dernier pour la journée internationale des migrants et des migrantes à combattre cette loi et ça a été un premier écho et c'est un travail énorme des militants et des militantes sans papier qui sont exemplaires dans ce combat qui sont exemplaires dans le combat pour l'égalité des droits qui ont passé beaucoup de temps comme je vous le dis sur le terrain qui ont fait des réunions à la bourse du travail en région parisienne qui sont même déplacées dans d'autres villes pour parler de cette loi d'Armanin et c'est comme ça et c'est aussi une culture de la mobilisation une culture de la lutte qui s'exprime à travers la mobilisation de la loi d'Armanin mais on parlait à quel point justement c'est important de se mobiliser auprès des collectifs de sans papier il faut dire les collectifs de sans papier quand ils se mobilisent c'est pas que pour eux c'est pour tout le monde pendant le confinement alors que plus personne osait sortir le 30 mai 2020 il y a eu une manifestation des collectifs de sans papier de la marge des solidarités qui étaient sortis parce qu'ils étaient en train de mourir dans les foyers justement parce que tout le monde les avait abandonnés ils sont sortis dans Paris 15 000 manifestants manifestations interdites et ce jour-là la police n'avait rien pu faire et ce jour-là les collectifs de sans papier avaient redonné à tout le mouvement social le courage d'y aller de se mobiliser de dire que c'est possible et voilà c'est un travail de beaucoup de monde qui j'espère va porter ses fruits parce que si cette loi passe ce serait une catastrophe

1:35:50
Présentateur

est-ce qu'il y a des actions concertées coordonnées entre politiques et acteurs de la société civile

1:35:56
Invité

bah oui nous de toute façon pour produire nos amendements pour décrypter les textes de loi on s'appuie énormément sur le travail de terrain fait par toutes les associations et les collectifs on a organisé avec les collègues de la commission des lois ce qui est bien c'est qu'on est plus nombreux maintenant et nombreuses et nombreuses et ce qui aide à faire encore plus de travail depuis trois mois des auditions on a rencontré tous les différents acteurs et actrices on est en lien dans le cadre de l'Ussige unie contre l'immigration jetable qui s'est reconstituée on soutient bien évidemment tous les appels à manifester on sera présent et présente samedi comme on l'était le 25 mars dernier et puis sur tous les appels donc voilà à la fois parce que c'est la matière première de notre travail parlementaire pour les amendements mais aussi pour les propositions qu'on va essayer de déposer de propositions de loi de résolution et puis parce que c'est la matière vivante aussi de notre engagement politique donc on est bien évidemment en contact en discussion en coordination et en appui de toutes les organisations et les collectifs et j'espère que ça va s'élargir encore je pense que la dernière manif était assez assez importante et je pense justement dans l'ère du moment l'agitation populaire permanente c'est bien qu'elle alimente toutes nos luttes et je pense que ça doit être s'inscrire dans l'agenda jusqu'au premier et après vous évoquiez tout à l'heure toutes les dates de mobilisation je crois que c'est une date qui doit s'inscrire pour que tout le monde y participe il y aura de la casserole aussi je pense parce que justement on veut Darmanin et toutes ces justifications tout ça on peut y répondre que par le bruit et la casserole donc je pense qu'il faut qu'on mélange aussi justement ces différents secteurs en lutte et qu'on montre justement qu'on est unis et qu'on ne les laissera pas nous diviser

1:38:02
Présentateur

vous allez y venir justement est-ce que vous vous saisissez de ces journées de mobilisation à la paix de l'intersyndical qui sont massives pour vous joindre au cortège et faire porter vos messages j'imagine

1:38:12
Invité

bien sûr en région parisienne les 12 manifestations qui ont eu lieu il y a eu des cortèges de sans-papier il y a eu des points fixes de la marche des solidarités des collectifs de sans-papier dans lesquels on a tracté des dizaines de milliers de tracts des centaines de milliers d'autocollants pour parler de la loi d'Armanin et en plus on a senti en effet où au début dans les premières manifestations c'est vrai certains certaines pouvaient nous dire quel est le rapport finalement et en fait ce travail-là au fur et à mesure des manifestations a fait qu'on a eu de plus en plus un super écho dans les manifs et ce travail-là aussi a été fait à Rennes à Marseille à Toulouse et porte ses fruits et clairement on était dans ces manifs les travailleurs sans-papier étaient les collectifs de sans-papier étaient en cortège en points fixes et je pense que il y a vraiment beaucoup de monde qui les ont vus et ça va porter ses fruits

1:39:00
Présentateur

merci beaucoup Mathieu militant du collectif la marche des solidarités et merci Daniel Obono député LFINUPS de Paris on sera bien évidemment à vos côtés alors déjà le 28 pour la journée de mobilisation à l'appel de la CGT également le 29 vous avez forcément tout notre soutien et merci également à vous de nous avoir suivis c'est la fin de cette émission alors c'est maintenant à vous de jouer ils ont des milliards et nous sommes des millions vous connaissez bien notre chanson maintenant alors abonnez-vous aux médias à partir de 5 euros par mois et soutenez à la fois les luttes et le média des luttes un média audiovisuel véritablement inédit indépendant et inclusif qui n'a besoin qui n'a que vous pour exister rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr et moi je vous remercie pour votre attention et vous souhaite au nom de toute l'équipe une bonne soirée et je vous retrouve pour ma part demain à 18h30 pour un énième toujours debout merci