Jean-Michel Blanquer : "Il est vital de retrouver de la cohésion et plus de fraternité en France"
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Pour en parler, nous sommes avec le président du laboratoire de la République.
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Nous sommes en 2026. En 2027, l'année prochaine, ce sont les présidentielles. Quel est l'enjeu de cette université d'été ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Vous les avez choisis comment ? Quelles limites vous vous êtes fixés sur les personnes conviées ?
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Les discussions sont ouvertes, les débats également. Qu'est-ce que vous dites à nos auditeurs ce matin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On manque aujourd'hui de liens, de réflexions communes en France ? »
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« Il est vital de retrouver de la cohésion, plus de fraternité, plus d'égalité, plus de revitalisation du territoire aussi. »
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« J'ai invité vraiment les personnes qui sont dans ce qu'on appelle l'arc républicain. »
- 3:43InvitéFait
« Je ne souhaite pas l'arrivée d'un extrémiste au pouvoir, que ce soit l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon ou l'extrême droite de Marine Le Pen. »
Temps de parole
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C'est le thème de l'université d'été organisée par le laboratoire de la République à Sens jusqu'à samedi. Un rendez-vous avec des spécialistes de thèmes variés et des politiques comme le Premier ministre Sébastien Lecornu ou encore l'ancien président François Hollande et même plusieurs candidats à la présidentielle. Pour en parler, nous sommes avec le président du laboratoire de la République.
Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour. Je le rappelle, vous avez été aussi ministre de l'éducation nationale. Vous êtes professeur de droit constitutionnel. Le thème cette année de ces universités d'été, on vient de le dire, faire sens ensemble derrière. On voit dans le programme les mots de nation, de république. On manque aujourd'hui de liens, de réflexions communes en France ?
C'est certain, malheureusement. Vous savez, dans toute société, il y a besoin à la fois de démocratie et de république, c'est-à-dire de liberté, de droit. Mais s'il n'y a que ça, ça mène à l'individualisme. On a besoin aussi du commun, du contrat social. Et ça, c'est la république. Et on doit marcher sur ces deux pieds-là. Or, aujourd'hui, on voit bien qu'il y a de la fragmentation dans la société. Chacun va dans sa direction. On se parle difficilement. Et donc, il y a un déficit républicain, on pourrait le dire. Et c'est vrai aussi dans d'autres pays, d'ailleurs. On le voit par exemple aux États-Unis.
Donc, il est vital de retrouver de la cohésion, plus de fraternité, plus d'égalité, plus de revitalisation du territoire aussi. C'est notre thème principal, et d'ailleurs celui-là, c'est-à-dire comment on redonne de la force à tout le territoire français d'une manière plus équitable.
Et cette université d'été arrive à un moment assez particulier. Nous sommes en 2026. En 2027, l'année prochaine, ce sont les présidentielles. Alors, pour cette troisième université d'été, on va avoir une sorte d'arène politique aussi, au-delà de la réflexion politique.
Oui, l'idée est de toute façon d'être sur les enjeux de fond et ne pas être sur les enjeux de personne, tout en invitant évidemment des personnalités qui, elles-mêmes, pour certaines, sont très connues, voire candidates à l'élection présidentielle. Mais pour montrer que ce qui est important en 2027, c'est d'avoir un projet de société. Ce n'est pas de dire, on va empêcher les extrêmes d'arriver au pouvoir. Le plus important, c'est surtout, qu'est-ce qu'on propose à un jeune aujourd'hui, comme, et évidemment à toute la population se faisant, comme perspective sur la France en 2030, en 2040, en 2050 ? Qu'est-ce qu'on fait pour améliorer le pouvoir d'achat ?
Qu'est-ce qu'on fait pour améliorer la santé, l'éducation, encore bien sûr, et transformer le pays dans toutes les dimensions dont il a besoin ? Et c'est la réindustrialisation, le renouveau de l'agriculture, etc. Et donc, on le fait avec des experts. Par exemple, tout à l'heure, Éric Orsena va parler du renouveau de l'agriculture et des enjeux de l'eau, avec d'autres experts aussi. Ce soir, sur la liberté d'expression, on aura Boilem Sansal. Mais on a aussi des personnalités politiques, comme vous l'avez dit. Et samedi, vous aurez, par exemple, un discours de Bernard Cazeneuve. Vous avez un débat entre Sébastien Lecornu et moi-même.
Vous en avez un autre entre Édouard Philippe et Jean-Michel Blanquer.
Vous le dites, de nombreux invités, de nombreux experts, des politiques qui vont débattre autour de différents thèmes. Vous les avez choisis comment ? Quelles limites vous vous êtes fixés sur les personnes conviées à cette université d'été ?
J'ai invité vraiment les personnes qui sont dans ce qu'on appelle l'arc républicain. C'est-à-dire, il est certain que les valeurs que je pose au travers du laboratoire de la République font que je ne souhaite pas l'arrivée d'un extrémiste au pouvoir, que ce soit l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon ou l'extrême droite de Marine Le Pen.
Julien Audoul, député de Lyon, vous reproche d'ailleurs de ne pas avoir invité le Rassemblement National à ce rendez-vous.
Non, mais de même que le Rassemblement National ne m'invite pas à ces rendez-vous, c'est normal. C'est tout à fait logique. Nous ne pensons pas la même chose, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Nous pensons qu'en 2027, nous avons deux chemins différents. Donc voilà, c'est normal. Mais en tout cas, pour notre part, on a aussi voulu montrer que le concept de nation ne peut pas être approprié par un camp ou par un autre. Hier soir, au théâtre de Sens, on a eu tout un débat sur qu'est-ce que fait une nation aujourd'hui.
Pour ma part, chacun le sait, j'ai toujours été extrêmement clair sur les enjeux républicains, sur les enjeux de nation, sur le fait qu'on doit être fier d'être français, et que ce n'est pas seulement un sujet du Rassemblement National, bien entendu. Et c'est quelque chose que j'ai toujours porté, je crois que chacun le sait. Donc aujourd'hui, ce qu'on veut montrer, ce n'est pas qu'il y aurait, dans l'arc républicain, une vision qui serait la même sur tous les sujets, bien au contraire. il y a des personnes qui pensent très différemment tout au long de ces deux jours, et qui vont même parfois s'affronter.
Mais vous aurez par exemple demain Jérôme Gage et Aurore Berger, vous aurez aussi d'autres débats de ce type. Oui, de nombreux intervenants.
Sur les intervenants, les thèmes, on a compris une certaine variété dans la limite de ce que vous appelez, vous, et définissez votre arc républicain. Les discussions sont ouvertes, les débats également. Qu'est-ce que vous dites à nos auditeurs ce matin ? Ils sont bien sûr les bienvenus, parce que c'est ça aussi tout l'enjeu, c'est qu'il y ait du public, même si parfois les thèmes peuvent paraître assez lointains ou très conceptuels.
Non, c'est au contraire très ouvert. Depuis plusieurs mois, nous annonçons l'événement et nous avons dit que c'était gratuit pour les habitants de Lyon. Donc on pouvait s'inscrire sur le site web. Il y a d'ailleurs près de la moitié des personnes présentes, entre un tiers et la moitié, sont des personnes du département de Lyon qui se sont inscrites sur le site internet. Alors, comme il y a un certain succès de l'événement, on est au complet maintenant. Mais évidemment, il y aura beaucoup d'habitants de Lyon. et c'est ce que nous souhaitions en étant ici au cœur de la Bourgogne.
Merci Jean-Michel Blanquer, président du laboratoire de la République organisé qui organise l'université d'été à Assens, ancien ministre de l'Éducation nationale. Merci à vous, bonne journée.