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interviewBFMTV· 1 avril 2025 8 min

Violences dans la culture: Sandrine Rousseau dresse le bilan des auditions et des mesures à prendre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors Sandrine Rousseau, je le disais, la commission d'enquête donc relative aux violences commise dans le secteur culturel touche à sa fin. Qu'est-ce que vous retenez de toutes ces auditions menées et est-ce que les violences donc qui apparaissent dans ces secteurs sont bien plus présentes qu'on ne pouvait le penser initialement ? En tous les cas, elles sont plus regardées parce que précisément la culture nous appelle à à la regarder, à l'écouter.

On est appelé en tant que spectateur, auditeur, on est appelé en tant que que voilà citoyen à regarder les œuvres qui sont produites et par conséquent évidemment qui dit euh notre appelle qui appelle notre regard appelle aussi notre vigilance. Et donc c'est une commission d'enquête qui a permet de qui a permis de révéler des choses très importantes comme le caractère euh systémique des violence qui s'y déroule, le fait que le cadre de travail est souvent mis tout à fait au second plan. C'est comme s'il y avait une espèce de création artistique qui se situait au-dessus de tout et alors qu'en fait c'est une relation de travail et c'est la même chose pour les talents.

On a l'impression que parce qu'il y a un talent et bien ce talent doit être préservé, doit être protégé mais quand bien même il se comporte mal avec les femmes ou avec les enfants. Et en fait il n'y a pas de talent qui soit au-dessus des lois de personne en fait n'est au-dessus des lois. Et donc cette commission a permis de montrer cela.

Et qu'est-ce que vous retenez de ces témoignages ? Il en a eu évidemment beaucoup. Alors, il y a eu celui évidemment de Judithrech mais aussi de nombreux autres.

Parfois plus tendus. On pense aussi avec Dominique Mesnard, c'était il y a pas si longtemps que ça. Qu'est-ce que vous retenez ?

Moi, je retiens des moments extrêmement forts. On a tous pleuré pendant cette commission d'enquête. Tous les députés présents, je crois, ont eu l'alarme à l'œil à un moment parce que ça nous a beaucoup ému.

Il y avait des des témoignages qui étaient extrêmement forts, extrêmement touchant et puis il y a eu des témoignages aussi comme ceux des acteurs qui se sont fait en off, mais qui ont par leur parole posé aussi un acte de dire bah peut-être qu'on avait pas tout vu, peut-être qu'on a pas été assez vigilant, peut-être que nous-même on a été lourd. Et en fait, c'est aussi en faisant cette espèce de chemin personnel sur notre responsabilité qu'on avance collectivement. Donc ça c'était un moment qui était aussi évidemment assez fort et j'espère que sortie de la commission d'enquête, ces paroles qu'ils ont posé perdureront parce que c'est important en tant qu'acteur majeur de ce système et bien qu'ils aient une vigilance de chaque instant sur les violences qui peuvent s'y s'y dérouler.

C'est c'est pas un regret d'ailleurs de voir des acteurs très connus, très médiatiques comme Jean du Jardin ou Gilles Lelouche euh avoir euh auditionné à H clos euh euh pour porter euh cette parole et ce témoignage ? Bien sûr que si, mais c'est moi qui a accordé les H clos en tant que présidente. Là, je leur ai accordé parce que j'ai compris que ils avaient très peur que une phrase qui aurait pu être un peu maladroite, un peu mal interprétée soit coupée de son contexte, qu'elle fasse le tour des réseaux sociaux.

Et en fait, il n'avait pas envie de cela. Il n'avait pas envie de prendre ce risque. Et moi, j'avais quand même, je trouvais que c'était très très important qu'il puisse venir parler dans la commission d'enquête.

Donc, j'ai préféré que ça soit à clos pour leur permettre d'être libre dans leurs paroles. Voilà. Euh après, euh il y a aussi eu des grandes actrices, hein, qui sont venus à Helot.

Il y a aussi eu des victimes qui sont euh les salariés du monde de la culture qui euh sont venus terroriser, témoigner. Voilà, on a eu beaucoup de de d'auditions à Biclo et moi j'ai reçu aussi énormément de témoignages euh par téléphone, euh par euh euh voilà par écrit euh de gens qui m'ont écrit. Euh toutes toutes les ces personnes n'ont pas pu ou n'ont pas voulu venir à la commission d'enquête, mais vraiment ils décrivent un monde qui doit euh euh connaître une révolution, quoi.

Et justement euh euh les victimes notamment qui venaient témoigner euh vous les aviez au téléphone, c'est ça ? Généralement, avant qu'elles viennent dans l'enceinte de l'assemblée. C'était important ça ?

Oui, parce que en fait, elle prenait un très gros risque he sur leur carrière, pour leur santé psychique de venir de parler. souvent c'était une des premières fois où elle parlait publiquement et donc c'était très important de les rassurer quant au cadre de l'enquête de la commission d'enquête, les les rassurer aussi sur le fait que leurs paroles ne seraient pas euh jugées mais qu'au contraire elles seraient accueillies et qu'elle permettrait de faire avancer les travaux de la commission. En fait, voilà, c'est vous savez moi j'ai vu des là dans cette commission des des immenses actrices, mais des immenses actrices, avoir la main qui tremble comme comme un comme une feuille morte tellement tellement elles étaient terrorisées à l'idée de venir devant cette commission dire tout ce qu'elles avaient subi durant leur carrière.

Donc voilà, moi ça a été des moments vraiment où je me suis dit mais c'est pas possible que des actrices de leur rang de leur niveau soient à ce point là terrorisé de parler, c'est qu'il y a un problème de fond. Ouais. Alors vous allez rendre votre rapport très rapidement hein.

Quelles vont être les les grandes lignes si vous pouvez nous le dire ? Qu'est-ce que vous allez porter dans ce rapport ? Bon on va porter une meilleure protection des enfants parce que les enfants sont encore assez exposés.

On ne prend pas suffisamment soin des enfants. Il y a eu des progrès hein qui ont été faits durant les les années précédentes, mais quand même on ne prend pas suffisamment soin des enfants. Je pense notamment au moment des castings par exemple qui sont des moments où il y a pas encore de contrats de travail, il y a pas encore de contrats qui sont signés.

Donc en fait c'est un peu une espèce de de noman sland en matière de juridiction. Donc ça on va regarder cela. Euh je pense qu'il faut aussi euh bien mieux accompagner tous les toutes tous les acteurs, j'ai envie de dire enfin tous les échelon euh de la culture que ça soit euh de la petite structure associative aux grands producteurs, des victimes, au aux directions aux directions de de film ou de plateau pour que quand il y a un signalement qui se fait et bien ce signalement puisse être véritablement instruit, correctement instruit et que enfin la cette espèce de de tolérance que l'on a des propos sexistes, avec des attitudes sexistes puissent s'arrêter.

Et puis je vais je l'ai dit hein, mais pour moi, il y aura pas que des questions de loi. Alors évidemment, on a fait des propositions mais à la fin c'est aussi beaucoup dans les esprits que ça se passe et il va falloir que les esprits changent. Et ça euh ben voilà, notre conviction d'enquête est un élément est une brique de cette évolution, mais ça n'est qu'une brique et donc la responsabilité viendra à tout ce monde de la culture et du spectacle.

Et la ministre de la culture, Rachid Adati, avait justement euh euh présenté hein quelques mesures de lutte contre les violences euh dans la culture. Vous étiez présente d'ailleurs à ses côtés lors de cette présentation. Ça va dans le bon sens.

Vous vous sentez entendu par l'État, par le gouvernement. Oui, en tous les cas, la ministre nous a vraiment dit et en commission et lors de ces de cette conférence de presse qu'elle faisait pour annoncer les mesures qu'elle commençait à prendre, elle nous a redit à chaque fois combien elle était volontaire pour prendre des mesures fortes. Elle attendait notre rapport.

Donc, je compte sur elle pour pouvoir continuer cette bataille. Dans tous les cas, je l'ai sentie euh vraiment euh euh enfin beaucoup plus ouverte sur ces questions, beaucoup plus réfléchie aussi sur ces questions et euh plus volontariste euh que ses prédécesseuses en l'occurrence. Merci beaucoup Sandrine Rousseau, députée écologiste et social de Paris et donc présidente de cette commission d'enquête relative aux violences sexuelles commises notamment dans les secteurs artistiques et médiatiques d'avoir été en direct avec nous sur BFM2 pour dresser le bilan de ces audiences que l'on a suivi en grande partie aussi en direct sur BFM2 ces derniers mois.

Merci de nous avoir suivi, restez bien avec nous. un nouveau direct à suivre dans quelques instants.