Agriculture, incendies, budget... Le "8h30 franceinfo" d'Annie Genevard
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Et bonjour Annie Gennevard, merci d'être avec nous ce matin sur France Info. On va revenir évidemment dans quelques minutes sur les incendies. Vous étiez hier en Gironde, les conséquences aussi évidemment pour l'agriculture, la sylviculture, notamment sur place, mais on voulait évidemment commencer par aussi une des conséquences de cet été qui frappe l'intégralité de la France, été record, caniculaire, sec, avec, que ce soit en termes de production, en termes de rendement, de revenus, sans doute des difficultés pour l'agriculture française. Est-ce qu'elle doit s'attendre à une crise, voire carrément à un cataclysme, l'agriculture française ?
Alors évidemment, nous vivons un été terrible et les agriculteurs en paient un lourd tribut. Chute de production dans le maraîchage de plein champ, les récoltes se sont effondrées, on a beaucoup de craintes sur le maïs, le fourrage des animaux va manquer, on se tape déjà dans les stocks d'hiver. Donc il y a évidemment une incidence très forte sur la production et puis sur le moral aussi des agriculteurs. C'est quand même le fruit d'une année de travail dont ils voient la perte et c'est la raison pour laquelle nous avons très vite, très tôt, enclenché des dispositifs de soutien.
Mais est-ce que le mot crise, vous l'employez ?
Oui, c'est une crise profonde, une crise climatique, sur fond de changement climatique, une crise météorologique. La sécheresse, la canicule et pour certains territoires, les incendies, évidemment composent un trio absolument redoutable pour notre agriculture. L'élément saillant, c'est que tous les territoires et toutes les productions sont impactées à des degrés divers.
Mais tout le monde, tous les agriculteurs sont concernés. Justement, on a entendu ce matin un producteur de figues qui annonçait une récolte catastrophique. On a pu voir que les salades manquaient en rayon, que les pommes étaient plus petites, plus abîmées. Est-ce qu'il y a des risques de manquer de certains fruits et légumes en rayon ou que leur prix s'envole à la rentrée ?
Alors, en matière de prix, non, nous n'observons pas d'augmentation massive et généralisée des prix. Et la grande distribution entend jouer le jeu en revoyant le calibre des fruits et des légumes parce qu'ils sont plus petits, ils ont manqué d'eau, ils ont manqué de pouvoir grossir dans des proportions normales. La grande distribution accepte aussi l'hypothèse de revoir la rémunération des producteurs pour pouvoir soutenir notre appareil de production parce qu'il faut bien considérer que la grande distribution a un intérêt objectif à ce que l'agriculture française demeure vaillante malgré cette épreuve.
Vous avez eu des engagements chiffrés de leur part ?
Non, mais par exemple, Carrefour, l'enseigne Carrefour a annoncé d'abord qu'elle allait revoir les contrats pour permettre un calibrage plus différent. Elle a annoncé aussi ne pas exclure une revalorisation de la rémunération des agriculteurs. Toute la solidarité nationale est convoquée dans cette crise terrible, du consommateur jusqu'à l'État.
Est-ce que vous êtes capable, ce matin, vous avez évoqué les filières qui sont quasiment toutes touchées par cette baisse de rendement, cette baisse de production, est-ce que vous êtes déjà capable de la chiffrer, cette baisse de production ?
Alors, vous posez une question essentielle. Pour adapter les dispositifs que je vais déployer, il faut savoir de quoi l'on parle précisément. C'est la raison pour laquelle, moi, je suis en mode crise. Mon ministère est en mode crise depuis le mois de mai-juin et nous sommes en alerte et nous avons des capteurs de terrain qui nous renseignent en permanence. Le 27 août, je réunis tous les préfets de France et je leur ai demandé de faire un état des lieux très précis, très documenté de la situation de l'agriculture sur leur ressort territorial de façon à pouvoir adapter les aides selon les territoires et les filières. Donc, c'est à ce moment-là qu'on pourra émettre des chiffres précis.
Vous n'avez pas encore de remontée précise.
Mais on sait que l'État va devoir être au rendez-vous, au rendez-vous du traitement de l'urgence, de la crise,
mais aussi au rendez-vous de la prochaine saison de production. Et la FNSE, par exemple, le syndicat agricole, qui demande déjà un plan d'urgence de plusieurs milliards d'euros, vous êtes en mesure de leur dire oui, on sera en rendez-vous et on sera en rendez-vous dans cet ordre-là ?
Moi, je suis en responsabilité et donc je n'annonce pas de chiffres à la volée sans m'épauler sur des données précises et documentées. Ce que je peux vous dire, c'est que, si j'ai bien compris le propos de ce président de syndicat, mais qui rejoint d'autres syndicats, c'est que probablement la facture sera-t-elle très lourde, mais l'État, évidemment, apportera à la part la plus substantielle, il y a les banques, les assureurs, les consommateurs, il y a la grande distribution, les collectivités locales, toute la solidarité nationale est convoquée.
Pour prendre la mesure, ça veut dire que quand on parle de milliards, ça n'est pas absurde de penser que ça va être cet ordre de grandeur. Même si ce n'est pas l'État qui donnera tout, on a bien compris.
Je vous en dirai davantage à la fin du mois lorsque j'aurai pu faire un état des lieux avec les préfets.
Il y aura un plan d'urgence, on l'entend, mais il y aura aussi des mesures, on imagine, d'adaptation au plus long terme. Concrètement, qu'est-ce qu'il faut changer dans l'agriculture de demain pour que de tels épisodes de sécheresse qui vont se répéter n'entraînent pas les mêmes conséquences ? Oui, le contexte de changement climatique
implique qu'on change des choses naturellement. Et on n'a pas attendu l'été 2026 pour le faire. Mon prédécesseur avait initié le plan Méditerranée. En quoi cela consiste-t-il ? On a adapté à la fois les modes de culture et les types de production. On peut cultiver dans le sud de la France des amandes, des olives, de la pistache, des fruits exotiques. On voit bien qu'on va pouvoir produire d'autres choses. Il faut aussi produire différemment de façon à conserver de l'eau dans les sols. Et tout un tas de dispositifs existent déjà qui permettent de rénover les vergers, d'apporter par le fonds hydraulique du stockage de l'eau.
Et puis les contrats d'avenir pour la souveraineté alimentaire visent aussi à adapter la production agricole à la nouvelle donne climatique. C'est un dispositif, vous savez que mon grand combat c'est celui de la souveraineté alimentaire. Je ne me résous pas à ce que 30% de l'assiette des Français soit d'origine importée et peut-être demain davantage. Il faut donc qu'on produise davantage pour nourrir les Français avec une agriculture nationale.
Et c'est la raison pour laquelle nous avons mis en place d'ailleurs sur la suggestion des jeunes agriculteurs un dispositif qui s'appelle des contrats d'avenir pour la souveraineté alimentaire où les producteurs, les transformateurs contractualisent avec les collectivités, avec l'État pour outiller l'agriculture française à l'avenir pour qu'elle puisse produire davantage et transformer davantage. Donc il faut effectivement que nous adaptions notre agriculture à la donne climatique.
Au fond, quand vous entendez les écologistes dire aujourd'hui le modèle agricole tel qu'il est avec des productions qui consomment énormément d'eau, on pense évidemment au maïs, mais il n'y a pas que ça, ce modèle n'est plus viable. Vous n'êtes pas loin d'être d'accord en fait ?
Ah non, pas du tout. Ah non, pas du tout. Non, non. Je suis absolument et radicalement opposée à la vision décliniste et décroissante de l'écologie politique parce que l'écologie, évidemment, c'est un combat qui doit nous être commun.
C'est décliniste de dire qu'il faut changer de modèle ?
Non. Ce qui est décliniste, c'est de dire qu'il ne faut plus d'élevage, c'est mauvais pour la planète. Depuis quand l'élevage est-il mauvais pour la planète ? C'est plutôt l'élevage intensif qui est dans la France des associations écologistes. La taille moyenne d'un élevage bovin, c'est 60 bêtes. Ne me dites pas qu'on est en élevage intensif,
qu'on est en élevage extensif. Un des points de tension dans le futur, ce sera la question de l'eau, évidemment. Ça l'est déjà. Il y a une loi d'urgence agricole qui a été adoptée en juillet, parmi lesquelles la question de l'eau a été une question au cœur, et une question qui a provoqué beaucoup de crispations. Est-ce que vous assumez de mettre l'agriculture d'abord et les autres après en termes de questions de l'eau ?
Je crois que la loi ne dit pas cela. La loi ne dit pas cela. La loi dit qu'il faut considérer que l'eau est indispensable à l'agriculture puisque l'agriculture produit l'alimentation. Elle est indispensable à la vie humaine
en ce qu'elle produit de l'alimentation. Le texte instaure un principe de non-hiérarchie dans la prise en compte des usages de l'eau. Entre les préoccupations économiques et les préoccupations environnementales. On ne dit plus l'environnement d'abord, l'économie après. On dit tout ce que. Le texte ne dit pas cela. Le texte n'a pas retenu cette proposition. Il instaure par exemple le doublement du stockage de l'eau d'ici les 1935. Oui, effectivement.
La loi dit nous doublerons le stockage de l'eau agricole parce qu'en réalité la France stocke très peu. Il y a très peu de retenue d'eau, trop peu de stockage d'eau et on a besoin. Les écologistes résument le stockage de l'eau à ce qu'ils appellent les méga-bassines. Quel est le principe du stockage de l'eau ? On stocke plutôt que de prélever en été quand elle manque. On substitue à l'eau prélevée en été l'eau stockée en hiver là où elle abonde. Mais ce n'est pas possible partout ça,
Annie Geneva.
Mais il n'y a pas de recette unique. Ici, ce seront des retenues culinaires. Là, ce seront des stockages qui ne sont pas forcément d'ailleurs des stockages très importants.
Ça n'est pas une appropriation quand même d'une certaine façon de la ressource ?
Non, je conteste absolument ce terme d'appropriation de l'eau. On irrigue très peu. 7% de la production alimentaire est le fruit d'une irrigation alors que d'autres pays autour de nous qui nous taillent des croupières en matière d'importation stockent énormément plus. Et il faut qu'on explore aussi d'autres voies. Par exemple, la réutilisation des eaux usées. Ça, c'est une piste que nous n'avons pas suffisamment
explorée. En Espagne, en Italie, c'est plus de 10% par exemple des eaux usées qui sont réutilisées en France. Tout à fait. Chez nous, c'est trop peu.
Donc, il y a de multiples façons. Et puis, bien sûr, cette eau, elle est précieuse et elle doit être utilisée de façon efficiente.
Annie Geneva, votre collègue à l'environnement. Monique Barbu a déclaré dans Libération. Hier, je dois reconnaître que Jean-Luc Mélenchon est celui qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales. Ça vous a fait plaisir ? Alors, moi, je ne dirais certainement
pas la même chose s'agissant de l'agriculture. Nous sortons d'un débat sur la loi... Mais pour le reste, oui. Non, vous savez quelle est ma position. Je suis membre... Voilà. Elle est aussi membre
du gouvernement. Elle tient cette déclaration.
Et donc, la position que j'ai en matière agricole ne correspond en rien à celle de Jean-Luc Mélenchon. Ils sont contre l'élevage. Ils sont contre la production agricole. Ils sont contre les exportations. Ils ont fait de certaines cultures le chiffon rouge. Non, leur vision de l'agriculture ne correspond en rien à celle que je défends. Ce n'est pas un... Alors, après, madame la ministre de la transition écologique a fait la déclaration qu'elle a faite et que je ne partage pas s'agissant de mon ministère. Pour le reste, écoutez, je la laisse à la responsabilité de son propos. Ce n'est pas un problème
de ne pas s'entendre entre agriculture et transition écologique. Au-delà de la déclaration avec qui on l'entend, vous ne partagez pas. Moi, je considère... Il n'y a pas une divergence de fond ?
Je considère que l'agriculture et l'environnement doivent travailler de concert. Du reste, je veux dire qu'avec ma collègue Monique Barbu, nous avons plutôt bien travaillé sur la loi d'urgence agricole. Nous avons mis sur la table une proposition qui était consensuelle entre nous. Et il faut travailler à cette convergence.
Mais ce n'est pas un problème d'avoir un ou une de vos collègues en l'espèce qui dit que finalement Jean-Luc Mélenchon a de bonnes propositions sur un sujet quand on est dans un gouvernement ?
Vous dire que je partage son propos ? Je ne vais pas tourner autour du pot, évidemment non, mais qu'est-ce que vous voulez ? Elle a fait cette déclaration et elle s'en expliquera auprès de qui de droit s'il le faut ? Je n'en sais rien, moi. Je ne l'aurais pas faite et je ne la partage pas.
Et nous sommes toujours
avec Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture. Vous étiez hier en Gironde avec Sébastien Lecornu au chevet des sinistrés et des incendies au nord du bassin d'Arcachan. Le Premier ministre a promis une aide de 12 millions d'euros pour la Gironde et les Landes. Elle va servir à quoi cette aide ?
Alors d'abord, la présence du Premier ministre entourée de six de ses ministres avait pour but de dire à la population de Gironde et des Landes particulièrement touchées par ces incendies ravageurs que le gouvernement était à leur côté. Population qui n'a pas très bien accueilli le Premier ministre. Je pense que la population a sans doute regardé avec attention les mesures que nous avons annoncées et qui sont des mesures substantielles parce que vous citez les 12 millions mais le Premier ministre a dit très clairement que l'aide globale avoisinerait les 100 millions. Donc c'est une aide tout à fait substantielle.
Et ça inclut l'aide pour les entreprises notamment ?
Ça inclut l'aide pour les entreprises. Il a annoncé une exonération de charges sociales, de charges fiscales. Le ministre Papin a développé aussi tout un plan de communication pour permettre au tourisme de revenir parce que la meilleure façon de soutenir les entreprises c'est aussi que les touristes reviennent. L'accélération des permis de construire délivrés en un mois, la replantation de la forêt pas n'importe comment bien sûr.
On va parler de l'aspect agricole de la replantation de la forêt mais d'un mot quand même sur l'ambiance sur le fait qu'il y ait ce doute ce doute que finalement la commune du Port j'ai pu être sacrifiée c'est ce que disent certains habitants alors le Premier ministre parle de complotisme de réseaux sociaux etc. Comment on lève ce doute ?
D'abord par la transparence des informations qu'on délivre sur le déroulé de la gestion de l'incendie et je pense qu'il faut faire toute la transparence pour lever ce soupçon d'abandon de la commune au profit d'une autre. Je pense que ce sera fait dans des délais assez brefs et en tout cas le Premier ministre a démenti formellement.
Ça suffit plus forcément aujourd'hui.
Écoutez il est vrai que la parole politique est toujours soupçonnée mais je pense que la meilleure façon de lever ce climat c'est de dire les choses telles qu'elles se sont déroulées.
Mais il faut bien voir que cette commune a été très très parmi les communes les plus touchées par l'incendie et c'est la raison pour laquelle le Premier ministre non seulement y est allé hier mais aussi de façon très discrète en dehors des caméras il a rencontré le maire très longuement et le maire était satisfait des annonces qui ont été faites pour sa commune donc il faut maintenant que les choses démarrent rapidement parce qu'on va être jugé aussi sur l'efficacité de la mise en oeuvre mais vous savez quand on vit un tel traumatisme quand on perd sa maison qu'on est incertain d'être remboursé par une assurance qu'on ne sait pas où l'on va être au moment de la rentrée scolaire il y a un grand un grand sentiment de détresse et la détresse conduit souvent à la colère c'est humain
et c'est compréhensible Annie Gennevard une des raisons qui explique l'importance de ces incendies c'est la monoculture de pain est-ce qu'il faut interdire ce type de production une seule essence des arbres du même âge plantée en rang qui permet de gagner en productivité mais qui est plus fragile face au feu il faudra tirer il faudra tirer
tous les enseignements pour la reconstruction du territoire et notamment la replantation de la forêt et il faudra pour ce faire évidemment recourir à la science savoir quelles sont les meilleures espèces mais le pain maritime a une vertu c'est qu'il pompe beaucoup d'eau dans des régions marécageuses ça a été organisé ainsi sous Napoléon III et une des craintes du territoire c'est le risque d'inondation le problème c'est pas le pain maritime c'est qu'il n'y avait que du pain maritime bien sûr je pense que mêler des feuillus aux espèces est sans doute une piste intéressante mais ça il appartient à la fois aux scientifiques aux spécialistes aux forestiers aux associations de la forêt publique de la forêt privée de dire ce qui est clair c'est qu'il faut des coupes-feux il faut un aménagement et en la matière je veux le dire l'agriculture est un excellent coup de feu les surfaces irriguées elles ont stoppé le feu
mais pardonnez-moi mais en 2022 il y a eu des incendies ravageurs les leçons n'ont pas été tirées ou en tout cas pas suffisamment depuis il y a eu des types
d'incendies inédits alors je ne suis pas une spécialiste des types de feu mais hier nous étions avec les cartes qui nous ont permis de visualiser jusqu'où allait le feu jusqu'aux limites de Bordeaux de l'agglomération de la métropole de Bordeaux on voit bien qu'il y a eu une progression à une vitesse fulgurante qu'il y avait des sauts de feu de près de 4 km c'est absolument inédit donc il faut maintenant tirer tous les enseignements et moi j'ai dit hier très clairement j'ai dit pensez à l'agriculture tous les pompiers vous le diront là où il y a de l'agriculture il y a moins de feu ou pas de feu une pâture où les bêtes sont une viticule une ligne entretenue
pardon Annie Genevard c'est peut-être pas très simple à mettre en place dans une forêt de landes des landes comme celle non mais en ceinture
des villages en ceinture des villages il est possible d'aménager de l'agriculture et de pouvoir faire un pare-feu efficace parce qu'effectivement la construction tout près des forêts et il faudra d'ailleurs dans la reconstruction du Porges ou des autres communes réfléchir à l'implantation des constructions par rapport à la forêt ou à l'implantation de la forêt par rapport au village
Annie Genevard votre été de ministre de l'agriculture a été studieux votre automne ne sera pas plus calme avec un budget qu'il faudra trouver qu'il faudra voter Le Monde a révélé la semaine dernière que Sébastien Lecornu préparait une baisse très limitée du déficit autour de 4,9% seulement vous confirmez ? Alors nous sommes en train
de le travailler ce budget nous avons eu nos lettres de mission il faut maintenant que chacun se les approprie et voir mais un budget ce sont aussi c'est un objectif ce sont aussi des circonstances ce qui s'est produit cet été à la fois dans l'agriculture mais pas que oblige évidemment à des engagements budgétaires qui n'étaient pas prévisibles pas prévus
Pardonnez-moi mais ce chiffre de 4,9% il est important parce que ça veut dire que les dépenses seraient plus importantes que prévues ça veut surtout dire que l'objectif de ramener le déficit à moins de 3% en 2029 il est enterré ?
Non je crois qu'il faut garder un objectif de maîtrise et de seuil de 3%
Si on fait 4,9% l'année prochaine on ne pourra pas faire 3% en 2029 c'est quasiment
mais l'important alors d'une part l'important c'est de contenir le déficit ça c'est la première chose et puis tout de même de l'amener à la baisse après nous verrons nous sommes en train de le construire
Que ce soit plus modeste que la baisse soit plus modeste
Si les circonstances que nous vivons obligent à des engagements budgétaires qui n'étaient pas prévus cela aura une incidence budgétaire mais vous le savez le gouvernement propose le parlement dispose il appartiendra aussi aux parlementaires de décider quels sont les domaines dans lesquels nous pouvons faire des économies et quels sont les domaines dans lesquels nous ne pouvons pas échapper à des dépenses éventuellement des dépenses supplémentaires compte tenu des circonstances
Alors c'est l'un des débats qui est revenu cet été qui est encore revenu ces derniers jours dans la classe politique à la faveur de fuite dans la presse l'idée de sous-indexer les pensions de retraite notamment des plus aisées Est-ce que à vos yeux vous qui venez de la droite est-ce que c'est une piste qui peut s'envisager ?
Alors ce n'est qu'une piste ce n'est qu'une hypothèse qui a été émise par le ministre de l'économie ce n'est pas une certitude ce n'est pas une décision nous n'avons pas encore débattu de cette question Est-ce que c'est une bonne piste
selon vous ?
Je pense que vous le savez la famille politique qui est la mienne depuis toujours a fait de la défense de ceux qui travaillent et de ceux qui ont travaillé un axe très très fort il ne s'agit pas si j'ai bien compris le propos du ministre de l'économie de désindexer c'est éventuellement une sous-indexation mais c'est une décision politique qui est conséquente qui est lourde
sachant que ça avait déjà été le cas par exemple sous François Hollande les pensions n'avaient pas été indexées pendant plusieurs années ou sous-indexées du moins
Oui, nous verrons bien en tout cas ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas ignorer qu'il faut faire des efforts budgétaires on ne peut pas ignorer que les générations on ne peut pas sacrifier les jeunes générations il faut leur redonner de l'espoir vous avez vu que le scepticisme est très puissant chez nos jeunes nos jeunes générations il faut leur redonner des perspectives d'espoir
Vous ne fermez pas la porte à cette idée ?
Non, je ne l'ouvre pas ni ne la ferme Vous êtes prudente Non mais je suis prudente parce que ce n'est pas une décision qui a été prise par le gouvernement donc je ne veux pas épiloguer et commenter quelque chose qui n'est pas décidé
Merci beaucoup Mais prudence Annie Genevard De toute façon le budget on aura l'occasion d'en parler beaucoup dans ces prochains mois avec le feuilleton budgétaire qui s'annonce Merci Annie Genevard ministre de l'agriculture et donc de la forêt d'avoir été avec nous ce matin Ah ce n'est pas vous
Non C'est le ministère de la transition C'est votre collègue Monique Parcou dont on a parlé J'en ai quand même un morceau
Sur la cédiculture probablement Merci à vous en tout cas Annie Genevard et merci Camille Vigon-le-Quatt Restez avec nous sur France Info Merci à vous
Annie Genevard