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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 26 septembre 2019 15 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalJustice

«Le genre est une construction sociale» - Débat sur la PMA

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Locuteur 2Fait
    « Quand on a des certitudes c'est qu'on les a construites. On ne les a pas à priori ou plus exactement si on en a à priori, ce sont des préjugés et j'admets que ce sont des préjugés très forts. »
  • 0:35Locuteur 2Fait
    « Le genre masculin est aussi une construction Et j'ai eu l'impression que... on la présentait comme une essence. »
  • 2:30Locuteur 2Fait
    « Chez les Romains, qu'est-ce qui se passait? L'enfant naissait le "Pater familias" le prenait, soit il prononçait la formule sacrée: "c'est à moi" auquel cas, c'était son gamin, soit il pouvait le prendre et le mettre à la poubelle. »
  • 4:30Locuteur 2Fait
    « La mesure, je le dis, elle n'est même pas partidaire. Elle était dans le programme que j'ai eu l'honneur de défendre à la présidentielle, dans celui de Monsieur Macron, peut-être d'autres, j'en oublie, sans doute, aussi Monsieur Hamon avait-il la même proposition etc. »
  • 6:30Locuteur 2Fait
    « Le droit aux origines est une illusion, ou plus exactement c'est une idéologie. »
  • 8:30Locuteur 2Fait
    « Il n'y a démocratie que parce que on est dans un rapport de conflictualité qui nous fait réfléchir tous et qui oblige à affiner ses arguments. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Dans cette situation, quand on a des certitudes c'est qu'on les a construites. On ne les a pas à priori ou plus exactement si on en a à priori, ce sont des préjugés et j'admets que ce sont des préjugés très forts. L'évidence plaide qu'il y a un père et une mère, c'est tout à fait évident, et que nous sommes les héritiers d'une longue tradition dans ce domaine.

Pour autant, si nous examinons cette situation, est-ce que nous devons conclure à son caractère indépassable? C'est tout le sujet. C'est la question même du progrès.

Je ne parle pas du progrès matériel ou du progrès technique qui sont d'un autre ordre quoiqu'ils viennent souvent bousculer la perception que nous avons du progrès humain. Mais le progrès humain aussi ça existe et c'est à la transformation des lois qu'on le constate. Des fois, ces lois sont régressives, d'autres fois elles sont progressives, mais que de chemin de fait !

Madame, notre collègue, Brocard, tout à l'heure a évoqué la présence masculine dans la vie et la construction de la psyché des enfants. C'est pas un homme qui va aller lui dire : ça n'a aucune espèce d'importance Je suis moi -même père et grand-père donc, j'espère jouer un rôle, enfin j'ai fait ce que j'ai pu, quoi, à vrai dire, hein, mais comme beaucoup d'ici, mais l'argument que je voudrais récuser, chers collègues, c'est que la nouvelle situation exclurait la présence des hommes. Du père, certes, ça va être formellement le cas.

Sur l’État civil mais des hommes, non. Car le couple de femmes a des frères, a des pères et peut être, des fois, des fils. Donc il y aura des hommes.

Ils seront présents tels qu'ils sont. Justement que sont-ils? Eh bien, bien malin qui peut le dire, parce que ça change d'une génération à l'autre.

Le genre masculin est aussi une construction Et j'ai eu l'impression que... on la présentait comme une essence.

Mais pas du tout ! Pas du tout ! Est-ce que l'une quelconque d'entre vous, plus jeune que moi éduquerait aujourd'hui son fils quand il aurait les larmes aux yeux en lui donnant une gifle et en lui disant: "t'es pas une femme au moins maintenant, tu sais pourquoi tu pleures..." Mais enfin, dans ma génération, c'était courant; un homme ne pleure pas !

On ne pleure pas ! et du coup, on garde ses sentiments, on a appris, on est dressé à les garder pour soi. Je le mentionne parce que souvent, on évoque les dictatures des modèles culturels sur les femmes, mais il faut bien se rendre compte que l'équivalent existe pour les hommes.

On doit être comme-ci, on doit être comme-ça, on doit se comporter de telle manière et de telle autre. Le genre masculin est une construction, le genre féminin est une construction, la paternité, la filiation est un rapport social. Je m'assurais à l'instant auprès de mon collègue... j'y viens... je m'assurais auprès de mon collègue Bastien Lachaud qui est un éminent historien, je vérifiais un point.

Bon! Que se passait-il dans la Rome antique? ...Le Fur me voit m'approcher et, en effet, je m'approche ...Marc.

L'enfant naissait...

Aujourd'hui dans l’État civil, tel que fondé par Napoléon, présomptions, maintenant elle a été remise en cause, de paternité. C'est votre femme, donc c'est votre fils...

Disons que c'est un credo. Mais enfin, c'est comme ça, c'est la loi, moi je trouvais ça très bien. C'est très bien, c'est comme ça que c'est bien, et on va pas aller chercher midi à quatorze heures.

Chez les Romains, qu'est-ce qui se passait? L'enfant naissait le" Pater familias" le prenait, soit il prononçait la formule sacrée: " c'est à moi" auquel cas, c'était son gamin, soit il pouvait le prendre et le mettre à la poubelle. C'était comme ça !

Quelqu'un va-t-il dire que c'était là un modèle indépassable ? Non bien sûr, personne ne dit ça dans cet hémicycle. Je ne l'évoque que pour une seule raison.

Pas pour le jeter à la figure de qui que ce soit, de quel droit le ferais-je? Mais c'est juste pour montrer que les rapports sociaux, les rapports de filiation, les rapports de paternité les rapports de maternité, sont des faits sociaux et culturels et comme tels, il faut s'en réjouir. Parce que ça veut dire qu'ils sont à notre portée.

Ce qui m'amène à dire à mon collègue Pascal Brindeau qui a un raisonnement qui est formellement implacable et il faut le lui reconnaître; il enchaîne des faits. Mais mais non collègues D'abord le vote que nous allons avoir ne va pas forcer notre conviction. Enfin je voudrais rappeler que personne n'est obligé de renoncer au père...

Après le vote de cette loi, il y aura toujours des pères, y aura toujours des mariages hétérosexuels nous parlons d'une catégorie de personnes en vérité numériquement peu nombreuses mais de grâce ne faisons pas..., quelqu'un a parlé de "révolution de civilisation"...

Oui, bon, d'accord! Bon.. on peut toujours...

Mais enfin, quand-même ! Non, non, non, non ! Mais oui, ce qu'on va changer, Marc Le Fur, c'est en effet, qu'au lieu de dire: " il n'y a qu'un modèle possible de filiation", on va dire "il y en a plusieurs".

Et le seul mal qui résultera de ça c'est celui que peut-être introduiront ceux qui viendront, après coup, continuer à discuter la légitimité d'une telle filiation. J'appartiens à une génération où le divorce était rarissime, mais rarissime! Et les enfants de divorcés pouvaient lire dans les yeux des autres une sorte de consternation douloureuse, car on nous disait: "Ah les pauvres!" et personnellement je n'éprouvais aucune souffrance à cette situation.

Donc, je me demandais de quoi je devrais me plaindre qui apparaissait si vigoureuse; je le comprends, c'était plein de bienveillance. Aujourd'hui, allez à la porte d'une école à un CM2 ou à un CP et vous comptez plutôt ceux qui ont des parents qui sont toujours en couple, que ceux qui sont divorcés. Les familles recomposées, vous êtes en droit ...nous sommes en train d'augmenter les droits des personnes qui constituent les pères et les mères.

Ils sont quatre dans cette affaire, hein. Donc on voit, là encore, l'évolution. Collègues, on ne fera rien d'autre que de voter.

Un vote, c'est pas une oukase, c'est juste une décision. On ressort du vote, on garde nos opinions, et si vous pensez que c'est une erreur terrible qu'on a commise, vous avez peut-être raison, peut-être que dans quatre-cinq ans, on viendra, on dira: "on a fait une gaffe mais horrible, on a rendu malheureux des milliers de jeunes gens". Nous ne le pensons pas.

On a beaucoup réfléchi, hein, avant de prendre cette décision Il ne faudrait pas faire croire que c'est une décision au débotté qu'on vient de prendre là. La mesure, je le dis, elle n'est même pas partidaire. Elle était dans le programme que j'ai eu l'honneur de défendre à la présidentielle, dans celui de Monsieur Macron, peut-être d'autres, j'en oublie, sans doute, aussi Monsieur Hamon avait--il la même proposition etc.

Donc, on a tous pris le temps d'y réfléchir. Mais voyez-vous, la force de l'idéal républicain et de la démocratie laïque, je dis bien laïque, c'est-à-dire qui ne place pas un dieu ou une ethnie au dessus de nos têtes. C'est que la loi est réversible, elle est provisoire.

La démocratie et l'humanisme ne proclament pas de vérités On ne prétend pas connaître la vérité, on prétend qu'on la cherche et que, on avance. Et donc, collègue, vous me dîtes, par un raisonnement que j'entends, vous dîtes: " ah bah, si vous êtes pour l'égalité, alors vous serez pour la GPA...

Formellement, vous avez raison, mais nos décisions cheminent entre nos principes, y en a un autre qui vient, derrière le principe d'égalité, eh bien il y a le principe que le corps humain n'est pas une marchandise...

Et croyez moi bien que si dans cette loi il y avait une quelconque apparence de marchandisation je ne la voterais pas. Mais comme plein de gens ici, je vais la voter parce qu'il n'en ait pas de trace Et ben voilà! Donc, quand on aura à discuter la prochaine fois, si quelqu'un propose de la GPA, il y aura des collègues dont je veux dire d'avance que je respecterais leur point de vue, et que je reconnais l'ambiguïté de certaines de nos positions mais je serais contre.

Et je m'en tiendrais à un seul raisonnement, je dirais "présentez-moi une femme milliardaire qui fait un enfant pour le bonheur d'une femme d'un bidonville et j'accepte de discuter du principe de la GPA". Ça n'existe pas ! Par conséquent, la GPA ne sera jamais autre chose qu'une forme de marchandisation!

Et nous nous y opposerons absolument et on ne sera pas les seuls, hein, il y en aura sur tous les bancs. Vous aussi vous voterez contre, vous aussi. Alors, c'est pour dire, voilà ce qu'est une décision politique.

Il ne faut pas en faire une vérité absolue, sinon on tombe dans le dogmatisme et forcément dans le sectarisme mais comme Marc Le Fur est venu sur, sur ce terrain et que vous aussi vous avez évoqué le droit aux origines. Mais de quoi parlez-vous? Alors vous peut-être! ah pardon pas vous; je ne veux pas mettre de polémique dans mon propos...

Alors, peut-être, celui qui est capable ou celle qui est capable de remonter cinq, dix, vingt générations, va pouvoir parler du droit aux origines et on va citer ses ancêtres jusqu'aux Croisades. Les miens, devaient sans doute s'y trouver aussi mais, attendez, les miens aussi y étaient, par la force des choses, puisque me voici devant vous. Eh bien ...sauf qu'ils ont oublié de le mentionner et peut-être qu'ils n'étaient pas du bon côté et à la vérité, je m'en fiche.

Mais oui, le droit aux origines est une illusion, ou plus exactement c'est une idéologie C'est pourquoi tout à l'heure, je repartais du discours de Madame Le Pen, parce qu'elle est cohérente et à sa manière Le Fur aussi, pour de toutes autres raisons, et aussi notre collègue Pascal Boinot pour de toutes autres raisons, je m'empresse de le dire, car j'ai avec Marc Le Fur Monsieur Goasguen que j'aperçois juste devant, des polémiques qui nous unissent à propos de l'interprétation des évènements de la révolution de 1789 Oui mon cher... eh bien figure -toi... et je me permets de te tutoyer à cet instant oui.

Alors vous avez raison de dire: "Nous sommes des nains sur les épaules des géants". Marc, vous vous trompez sur un point; c'est pas parce que les autres étaient plus grands c'est parce qu'ils étaient plus nombreux. Et la métaphore, c'est que nous sommes tous des nains parce que nous succédons à des générations qui nous précèdent.

La preuve, puisque vous, vous êtes chrétien, le Christoforos, "Christophe porte le Christ" ça ne veut pas dire qu'il était plus grand que lui, hein, sinon vous seriez dans l'hérésie. Ça veut dire que nous sommes les héritiers d'une histoire collective ! Collective, pas individuelle.

Moi, je suis l'héritier, tout le monde le sait ici, de Robespierre avec qui je n'ai aucun lien de parenté, je suis l'héritier d'Epictète que je n'ai jamais rencontré, je suis l'héritier de Karl Marx, je l'ai jamais vu et ainsi de suite. Notre passé, nous le choisissons. Et même la mémoire que vous croyez en avoir, il y a ici quelques médecins qui donneront raison à ce que je viens de dire,... est une reconstruction... est une reconstruction !

Ça n'a jamais été un enregistrement. Et l'histoire, si elle est une science, c'est une science, elle n'établit, là non plus, aucune certitude sinon ce ne serait pas une science. Donc, acceptons la splendeur du relativisme et c'est ce dont je me fais l'avocat à cet instant.

Nous sommes grands parce que nous décidons de vivre de telle ou telle manière et de le faire de manière honorable et c'est la seule chose qui compte. Nous ne devons rien à personne sinon les sacrifices qui ont été consentis pour nous mais cela ne nous crée pas une identité, l'identité est une construction, mais je suis d'accord Marc le Fur que nous sommes en désaccord tous les deux, sur ce point mais oui nous sommes en désaccord, alors ce n'est pas à vous que je vais attribuer quelque chose qui n'est pas votre position, je ne la connais pas exactement, mais je sais qu'il y a un lien profond sur ce côté de l'hémicycle, je vous invite à y réfléchir il y a un lien profond entre le droit aux origines le droit du sang et l'ethnicisme et le communautarisme. Je ne vous le reproche pas, collègues, qu'on m'entende bien, je ne suis pas en train de vous faire un procès, mais je dis que ceux qui sont les plus cohérents, sont ceux qu'ils vont d'un bout à l'autre.

Ils vont du droit aux origines, du droit du sang, après ils terminent par l'ethnie et l'identité est fondée par l'ethnie. Eh bien, là encore, l'histoire est longue et moi je suis l'héritier d'une histoire et pas de celle-là dont je ne veux pas. Et je vais vous dire qu'elle traverse l’Europe, la vraie frontière à l'intérieur de l’Europe c'est celle qui coupe, entre les limes de l' Empire romain avant la cité, la citoyenneté, le droit du sol, tu arrives, tu es là, tu as droit à la parole comme tout le monde.

Et de l'autre côté le droit du sang et tout ce qui va avec et je ne suis pas étonné de voir que au-delà de mes collègues conservateurs- il n'y a aucune honte à être conservateurs-, je sais pas pourquoi ça à l'air de déranger certains mais non mais quoi, ça existe, c'est un point de vue politique respectable, honorable, y a pas de démocratie si on est tous d'accord. Il n'y a démocratie que parce que on est dans un rapport de conflictualité qui nous fait réfléchir tous et qui oblige à affiner ses arguments. On peut être conservateur, et vous l'êtes, quand vous proclamez la prééminence du passé.

Nous, nous ... nous proclamons la prééminence de l'auto- construction.

Nous ne disons pas que ça sera une réussite à tous les coups mais nous disons que si nous ne sommes pas dans cette logique-là alors chacun d'entre nous n'a pas d'autres missions dans la vie et ça vous a échappé, Marc, que de reproduire des modèles et reproduire des modèles ce n'est pas exister, c'est juste imiter. Et la vie n'est pas une limitation, et plus que jamais ce sera le cas, et vous me verrez peut-être d'accord avec vous, Marc Le Fur, quand on abordera les questions terrible des eugénistes et de ceux qui se disent trans-humanistes parce que ceux-là non plus n'ont rien compris à ce qu'est la nature humaine telle que l'humanisme historique le décrit. On n'a jamais dit qu'on allait dépasser les limites physiques de l'humanité on a dit qu' on dépasserait les limites qui tenaient à sa culture, à ses préjugés, à sa violence, à ses obsessions, à ses dogmes.

Voilà ce que l'humanisme se donne comme projet. C'est pourquoi ce modeste article, faut pas non plus en faire le changement de siècle, ce modeste article est un petit bout du chemin que nous faisons à chaque étape, tâtonnant dans la pénombre pour trouver la bonne la bonne direction comme la chouette, tu le sais bien, qui, lorsque le jour tombe, passe entre l'ombre et la lumière et permet de savoir de quel côté elle va aller. C'est juste ça qu'on est en train d'essayer de faire