Michaël Hajdenberg (Mediapart) : "Les menaces de Marine Le Pen sont dingues"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment vous réagissez à ces attaques ?
- 2:36RelanceRéponse partielle
Pourquoi vous ne publiez pas les écrits avant ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Vous publierez ces écrits anonymisés ?
- 5:34OuverteRéponse directe
Jordan Bardella était-il au courant de l'enquête ?
- 7:25OuverteRéponse directe
Est-ce que ça va avoir un impact dans l'opinion ?
- 8:48OuverteRéponse directe
Quels liens entre Bardella et le GUD ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:21Michaël HajdenbergFait
« Jordan Bardella vous accuse d'être une presse militante qui a pour but de faire tomber le Rassemblement national qui ne s'en cache pas. »
- 2:36Michaël HajdenbergFait
« On a gagné toutes nos procédures parce que nos enquêtes sont sérieuses, que ce qu'on sort, c'est documenté, c'est réel, c'est exact. »
- 6:13Michaël HajdenbergFait
« C'est dans toute enquête journalistique, il y a une phase qu'on appelle le contradictoire, c'est-à-dire qu'on appelle la personne mise en cause et on lui donne l'occasion de répondre. »
- 10:10Pierre Stéphane FortFait
« Jordan Bardella qualifiait cette phrase de dite par un grand sociologue, donc en fait par un Soralon. »
- 10:55Pierre Stéphane FortFait
« François Paradol avait eu sa carte chez égalité Réconciliation. Donc il a fait partie du mouvement d'Alain Soral. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Bonsoir Michelberg, vous êtes coresponsable du pôle enquête de Méia Part. Merci d'être d'être en direct avec nous. Vous en avez pris pour votre grade depuis depuis hier soir et lors de ce bureau du Rassemblement national. Je cite quelques phrases de Bardella qui a dénoncé les prémisses d'une guerre totale, une tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle et Marine Le Penne va plus loin puisqu'elle vous conseille même d'enfiler votre costard en kevel qui est la matière qui compose les gilets par balle car il y aura une réponse. Comment vous réagissez à ces attaques ? Bah, c'est un peu dingue cette violence. C'est menaces même on peut dire puisque quand elle nous dit d'enfiler un gilet par balle, je sais que l'expression est un peu galvodée mais enfin quand même
ennemi guerre gilet par bal on est vraiment dans un vocabulaire on a l'impression qu'on nous met une cible dans le dos donc on a l'habitude hein d'encaisser les coups à médiia part et puis on a l'habitude de la violence extrême de l'extrême droite. Ça fait jamais plaisir. Après nous on se situe pas sur ce terrain là on répond par nos informations, nos enquêtes. On continue de travailler. On est serein. on publie et finalement c'est ça qui leur fait mal, c'est la qualité de nos informations et la situation dans lesquelles ça la met. Jordan Bardella vous accuse d'être une presse militante qui a pour but de faire tomber le Rassemblement national qui ne s'en cache pas. Il remet clairement en question votre déontologie et ce matin, il a dit que vous étiez coutumier des
faits et il a parlé d'articles de presse lors de la dernière campagne accusant zémour de violences sexuelles qui n'ont jamais été prouvé. En fait, c'est l'extrême droite qui est habituée à ce type d'attaque. Quand on a révélé l'affaire des assistants parlementaires au Parlement européen, le RN a dit que c'était n'importe quoi, nous a attaqué en diffamation, ils ont perdu et 12 ans plus tard, Marie de Le Pen a été condamné à de la prison ferme. Quand on a sorti nos informations sur l'agent l'argent russe qui finançait le RN, pareil, ils ont dit qu'il déposaient plainte en diffonation. Finalement, ils ont même pas déposé plainte. OK. À chaque fois, c'est la même chose avec l'extrême droite. On a été attaqué une dizaine de fois en justice par Marine Le Pen, par Louis Aliot, par le Priol, par
l'usto, par Boloré lui-même qui nous a attaqué. Ils ont toujours perdu. On a gagné toutes nos procédures parce que nos enquêtes sont sérieuses, que ce qu'on sort, c'est documenté, c'est réel, c'est exact et donc ils perdent. Donc leur seul moyen en fait c'est de faire du bruit, de faire croire qu'on est une officine alors que tous les gens qui nous lisent savent très bien qu'on enquête à la fois sur Jean-Luc Mélenchon, sur le Parti socialiste, sur la droite, sur l'extrême droite. Voilà, c'est ça en fait, c'est être indépendant et pouvoir enquêter sur tout le monde. Alors, on se fait pas que des amis et pas qu'à l'extrême droite, mais une telle virulence et une telle violence, en revanche, c'est plutôt l'apanage de l'extrême droite. Hier, Fabrice Arfi à ce micro a dit que
évidemment tous vos documents étaient à la disposition de la justice s'il y avait enquête. Pourquoi vous ne les publiez pas avant ? Si vous avez des écran, des saisies d'écran, des mails ou je ne sais quoi qui prouvent les propos que vous prêtez à Jordan Bardella, pourquoi vous ne les mettez pas ? Pourquoi vous ne les publiez pas ? En fait, dans chaque enquête, comme vous le savez, les journalistes doivent protéger leurs sources et donc c'est un équilibre délicat puisque cette violence de l'extrême droite dont on parlait à l'instant, elle s'exerce aussi à l'égard des sources. En fait, quand ils sont menaçants de la la sorte, bah c'est pour faire peur aux sources et parfois ça marche un peu. Donc nous notre but c'est à la fois rêver les publier les propos
en cachant la ch en cachant la source. Voilà, c'est ça. C'est-à-dire qu'en fait pour l'instant on est obligé d'anonymiser les sources, c'estàd de dire que les propos ont été recoupés. Nous, on les connaît les sources, on les a travaillé, ce sont on les connaît, on a discuté avec elles, ce sont des sources humaines. Enfin, c'est extrêmement classique dans le journalisme hein. Vous pouvez prendre les grandes enquêtes qui ont été faites depuis des dizaines d'années dans tous les pays. C'est comme ça que ça fonctionne. Par contre, c'est normal qu'on réponde de travail devant la justice. Et donc, en effet, si Jordan Bardella attaque et notamment pour faux, bah on sera pas mécontent parce que s'il attaque en diffamation, il y aura pas d'expertise judiciaire en fait. Mais
c'est-à-dire que ces écrits mais c'est ces écrits vous ne les ces écrits, vous ne les transmettrez, pardonnez-moi, ces écrits, vous ne les transmettrez qu'à la justice. Il y aura pas de publication de ces écrits avant. Si en fait c'est c'est ce que je vous dis c'est qu'on est on est en train de mettre en place le dispositif qui permet de protéger les sources, de les rassurer et donc on espère d'ici quelques jours pouvoir publier les écrits sur pour montrer d'où ils sont issus mais tout en protégeant quand même nos sources qui ont le droit en fait de dire qu'elles ne veulent pas pour des raisons personnelles, professionnelles, intimes, que ça a un impact sur leur vie d'être associé à cette affaire pour toujours. On est obligé de respecter ça comme journaliste, mais on doit aussi au
public et à la justice, le cas, de dire comment on a travaillé. C'est pas possible de dire faites-nous confiance, on a travaillé. Donc pas de problème. Nous, on l'a toujours fait et on le fera là aussi. Et ce que je disais, c'est que s'il nous attaque pour faux, c'est très bien parce qu'il y aura un expert judiciaire qui sera nommé et qui pourra authentifier les documents dont nous avons fait part et on en sera très content. Et dans quelques jours donc vous nous l'annoncez, vous publierez ces écrits qui seront anonymisés mais vous les publierez. Lui Jordan Bardella dit qu'il va y avoir un feuilletonage, que tout ça c'est une première cartouche, qu'il s'attend à d'autres articles. Est-ce qu'il y a d'autres révélations qui qui vont sortir sur ce sujet-là comme sur
d'autres autour de Jordan Bardella ? Non, il y a pas de feuilletonage. En fait, c'est lui qui feuilletonne en reconnaissant pas d'emblé en fait que que ses écrits sont les siens. S'il avait dit comme d'autres l'ont fait par le passé, oui, c'est une erreur de jeunesse, je m'en excuse et cetera. Bon bah, c'était voilà, chacun jugeait mais c'était la fin. Nous on n pas parfois ça nous est arrivé que des informations arrivent en série. C'est vrai, c'est pas forcément quelque chose qu'on anticipe. Mais parfois quand on commence à écrire sur un sujet, il y a d'autres gens qui vous écrisent, qui envoient des compléments d'information et cetera. Là, il y a pas de raison qu'il y a il y a un feuilleton simplement. Oui, on on s'engage à montrer en toute transparence
comment on a travaillé et à prouver pour la façon dont ces documents sont authentiques. Je pense qu'il y aura pas de problème et que ça lèvera toutes les ambiguïés d'ici quelques jours. Michael Henberg, une question sur l'histoire dans l'histoire parce que dans le papier vous dites "Nous avons soumis nos notre enquête à Jordan Bardella pour lui demander une rédaction, une réaction. Donc ce que je comprends c'est qu'il était au courant. Est-ce que vous le confirmez ? Je vous demande ça parce que hier Marine Le Pen semblait tomber des nu. Donc de deux choses l'une. Si vous aviez si vous aviez prévenu Jordan Bardella de deux choses l'une, soit c'est une comédienne horaire, soit Jordan Bardella n'en avait pas parlé à Marine Le Pen, ce qui effectivement pose un problème politique
entre eux. Donc est-ce que vous confirmez qu'il était au courant que vous alliez sortir cette enquête ? Oui, bien sûr. C'est dans toute enquête journalistique, il y a une phase qu'on appelle le contradictoire, c'est-à-dire qu'on appelle la personne mise en cause et on lui donne l'occasion de répondre. C'est c'est la moindre des choses et c'est même une obligation légale. Sinon, on peut être condamné en justice. Donc, on le fait toujours et on le fait toujours en respectant un temps parce que on peut comprendre que que Bardella soit occupé par une campagne, par des réunions publiques et cetera. Donc, on s'y prend toujours plusieurs jours à l'avance. Donc, samedi, on a envoyé un message à Jordan Bardella dont nous avons gardé la trace he nous avons les textaux pour lui proposer une rencontre
physique parce que c'est toujours plus simple en fait de rencontrer les gens et de leur dire de quoi on dispose et de savoir comment ils répondent, pourquoi qui donne le contexte et cetera. Il a refusé. Donc nous avons envoyé par écrit l'ensemble des questions, neuf questions où figurait l'ensemble euh des citations qui figurent dans l'article qui sont ces citations antisémites que vous connaissez. Et donc après, il avait tout loisir euh d'en faire part à son avocat, d'en faire part à Marine Le Pen, d'en faire part à qui il voulait. Mais ça euh je n'en sais rien. Je peux pas vous répondre sur ce point. Merci beaucoup Michael Henbert. Avant de rejoindre Pierre Stéphane Fort qui est journaliste d'un complément d'enquête autour de de Jordan Bardella. Jean-Sébastien Ferjou, la question
essentielle autour de cette affaire, c'est est-ce que ça va avoir un impact dans l'opinion ? Je reprends l'affaire Jean-Marie Le Pen en 87 quand il avait tenu ses propos sur les les chambres à gaz, un point de détail de de l'histoire au moment où le FN était en pleine ascension. En 74, le FN était à moins de 1 % et ça ne l'a pas frisné puisqu'en 88, quelques mois après cette affaire, il faisait 14 % à la présidentielle. Est-ce que cette polémique là risque une nouvelle fois de de glisser sur le Rassemblement national ? Je pense que ça n'est pas comparable parce que quand vous passez de 8 à 14, quoi qu'il en soit, vous n'êtes toujours pas euh proche de la barre des 50 % et donc vous pouvez avoir des gens qui votent malgré ça parce que c'est un un message en
quelque sorte de protestation qu'ils envoient au système même sans forcément partager euh les propos tenus à l'époque par Jean-Marie Le Pen. Là c'est différent. Ça ne c'est n pas quelque chose que Jordan Bardella aurait dit en privé récemment. si tenter qu'il ait dit ça ou écrit ça euh un jour, c'était il y a déjà un certain nombre d'années. Maintenant, je pense que oui, le Rassemblement national est toujours confronté à un problème de 2e tour. L'enjeu pour lui, c'est d'arriver à 50,01. Ça n'est pas parce que vous êtes à 35 36 au premier tour que vous atteignez force facilement euh les 50 % d'autant toutes les réactiver le répondagi ou politique produisent en général leur contreddynamique. Après, regardons la vie politique française, moi je constate que vous avez d'autres familles
politiques dans lequelle il y a de l'antisémitisme à ciel ouvert et aujourd'hui, pas il y a 15 ans, pas il y a de manière cachée non assumée et que ça n'a pas l'air de beaucoup préoccuper un certain moment. La France insoumise, il y a pas eu de condamnation pour leur Non, mais ceux qui ont ceux qui ont affirmé que la France insoumise était passionnement antisémit n'ont pas été condamnés non plus. Alors pour la c'est pas la première fois qu'il y a des accusations de de ce genre autour de Jordane Bardella et j'aimerais qu'on accueille Pierre Stéphane Fort. Vous êtes auteur du complément d'enquête qui a été réalisé en en 2024 sur l'ascension précisément de de Jordan Bardella et vous aviez à l'époque exumer un compte Twitter anonyme attribué euh à Bardella. Quelle était la nature des
propos qui étaient tenus ? Bonjour, merci de merci de me recevoir. Effectivement avec Complément Enquête, nous avions j'avais révélé l'existence d'un d'un compte Twitter anonyme détenu par Jordan Bardella, alimenté par Jordan Bardella. Donc ce compte s'appelle RNAT du Ghetto et à travers ce compte anonyme sur Twitter, Jordan Bardella d'abord faisait l'apologie de Jean-Marie Le Pen. Clairement, il y avait de nombreux postes qui célébraient Jean-Marie Le Pen. Et puis on avait aussi remarqué qu'il y avait une phrase d'Alain Soral qui revenait dans ses dans ses publications. Une phrase assez ordurière pour les pour les journalistes qui disaient pardon c'est voilà mais un journaliste aujourd'hui c'est soit une soit un chômeur. Voilà. et Jordan
Bardella qualifiait cette phrase de dite par un grand sociologue, donc en fait par un Soralon. Euh il n'y avait pas d'autres publications à connotation antisémite via ce compte Twitter, mais tout de même déjà euh cette référence à Allain Soran. Vous vous intéressez aussi euh dans ce documentaire sur les liens entre Jordan Bardella et le groupe d'extrême droite, le Gud. Absolument. Les les liens sont sont anciens, mais les liens avec la galaxie d'Alain Soral aussi sont très anciens parce qu'en fait il convient de de de parler de l'entourage de Jordan Bardella. D'abord son peut-être son plus ancien camarade de de parti au RN s'appelle François Paradol. Aujourd'hui, François Paradol est le directeur de cabinet de Jordan Bardella. Il se
fréquente depuis plus de 10 ans. Il travaille ensemble tous les jours. C'est c'est un personnage important dans la galaxie Bardella. Et Médiap a révélé il y a quelques mois que François Paradol avait eu sa carte chez égalité Réconciliation. Donc il a fait partie du mouvement d'Alain Soral. Idem, je peux multiplier les exemples. Idem avec David Rashlin qui est également sans doute l'un des plus proches de Jordan Bardella au sein du parti. Pour mémoire Jordan Bardella quand il accède à la présidence du parti, il décide de nommer David Rashlin vice-président du parti. Donc un poste prestigieux important. David Rashlin lui aussi a milité auprès d'Alain Soral. Il a lui aussi milité chez égalité et Réconciliation. Maire de Frégus, il a même accueilli Alain Soral
dans sa ville, lui a donné une tribune, a mis à disposition une salle pour qu'il puisse tenir des conférences. Et Jordan Bardella, c'est un vraiment un intime de David Rashin. Il passe toutes leurs vacances ensemble sur la côte d'Azur et cetera. Ils se connaissent très bien. Donc l'entourage et on pourrait encore multiplier les exemples mais l'entourage de Jordan Mardella, c'est pas il y a il y a 15 ou 20 ans, c'est encore actuel. Ce sont les gens qui sont dans son entourage et qui ont un passé directement lié à Alain Soralin. Comment avait réagi le RN à l'époque face à ses révélations en donc c'était 2024 euh sur le le compte Twitter anonyme donc Repna du Ghetto, le RN avait eu une attitude assez offensive mais finalement assez classique chez les partis tous les
partis politiques quand on fait des révélations qui leur déplaisent. Très souvent il menace de poursuivre en diffamation. Euh c'est ce qu'avait fait Jordan Bardella sur tous les plateaux. Je me souviens notamment d'un d'un plateau euh chez Cyril Hanouna, accueilli par Cyril Hanouna. Il y avait des bandeaux partout. Euh Jordan Bardella dépose plainte contre France 2, contre Complément d'enquête. Le fait est que Jordan Bardella n'a jamais déposé plainte ni contre l'émission Complément d'enquête ni contre le livre que j'ai publié ensuite consacré à à Jordan Bardella où je reprenais en fait ces informations sur son compte Twitter. 2 ans plus tard. Donc toujours pas de pas de plainte de la part du Rassemblement national suite à à ce complément d'enquête et suite à votre livre.
Marine Le Pen