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interviewC dans l'air· 21 juin 2023 64 min

Macron...et maintenant ? #cdanslair Archives 2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Le président de la République se retrouve donc presque face à une page blanche, sans majorité absolue au Parlement, avec une première ministre déjà très fragilisée et avec la certitude qu'il ne pourra pas mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Depuis ce matin, il a reçu les responsables des futurs groupes politiques à l'Assemblée. Elisabeth Borne a réuni ses ministres, gagné du temps à tout prix, avant de trouver une nouvelle méthode, de construire peut-être de nouvelles alliances et de proposer une équipe remaniée.

Alors les témoignages des proches du président sous couvert d'anonymat racontent un chef d'État perdu, comme sonné par la sanction que les Français lui ont infligée dimanche. Alors comment peut-il reprendre la main ? Avec qui gouverner ? Quelles sont les options qui s'offrent à lui ? Macron est maintenant. C'est une question, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Roland Quairol. Vous êtes politologue, directeur du centre d'études et d'analyse de CETAN. Je rappelle que vous êtes également directeur conseil de Région Magazine. Ève Roger, vous êtes directrice adjointe de la rédaction du Parisien aujourd'hui en France.

À la une de votre journal aujourd'hui, Emmanuel Macron. Et cette question est maintenant, que peut-il faire ? On va tenter d'y répondre largement ce soir. Astrid De Villene, chef du service politique du Huffington Post. Je cite votre dernier article. Sans majorité à l'Assemblée, la Macronie encaisse le choc et attend le président. Enfin, Jérôme Fourquet est avec nous ce soir. Vous êtes directeur du pôle opinion et stratégie d'entreprise à l'Institut de sondage IFOP. Je rappelle, la France sous nos yeux. Votre livre co-écrit avec Jean-Laurent Casselli, publié aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.

C'était un peu l'événement de la matinée. Alors vous allez me dire, ce n'est pas un événement, c'est toujours comme ça que ça se passe. Roland Quairol, néanmoins, Emmanuel Macron a donc refusé la démission que lui a présentée Elisabeth Borne. Elle était obligée de le faire ?

1:57
Emmanuel Macron

Elle était obligée de le faire. C'est la tradition républicaine. Et la tradition, c'est qu'on l'accepte plus tôt. Là, non, on ne l'a pas acceptée. Je crois que Emmanuel Macron n'a pas eu tort sur ce coup-là de se dire si, en plus, on part avec cette image d'une vacance gouvernementale, on se dit à quoi il joue. Donc autant faire que les projets de décret qui sont à la signature, qu'on continue à nous expliquer que ça avance, l'apprentissage parcours.

2:23
Présentateur

Oui, ils nous ont dit, on travaille.

2:24
Emmanuel Macron

Voilà, on travaille. Et puis, ça n'empêche pas que pendant les travaux, le boulot continue. Parce que l'équation politique, elle reste de toute façon celle du deuxième tour des législatives. Et ce n'est pas ce que vont faire les ministres restant en place de Mme Borne qui vont y changer.

2:41
Présentateur

Mais ce n'est pas un sujet. Le cas Elisabeth Borne, plusieurs voix des oppositions se sont exprimées dans ces dernières heures pour dire qu'il faut qu'elle part. Tout à l'heure, Jean-Luc Mélenchon a dit qu'elle est illégitime, même si elle a été élue parce qu'elle est députée, elle est illégitime car elle n'a pas de majorité. Il faut qu'elle se présente devant l'Assemblée et qu'elle réponde au fond à une motion de censure, à un vote de confiance.

3:06
Emmanuel Macron

On verra. Ce qui est sûr, c'est que tout est sur la table. On est devant un problème d'arithmétique parlementaire dont se sortent qu'à un cas tous nos voisins européens. Le fait qu'il n'y ait pas de majorité absolue dans des parlements qui sont en général à la proportionnelle, c'est courant. Nos amis belges, italiens, allemands, avec des formules diverses, ils s'en sortent. Donc on va s'en sortir, évidemment. Il y aura un parlement qui va parlementer et qui prendra des décisions à une majorité sans doute relative. Mais tout est sur la table. Y compris le fait qu'elle ne reste pas ? Tout est sur la table. C'est la question que je vous pose.

Quand on discute, Macron, Madame Borne, les autres, les chefs de parti entre eux, ils vont discuter à la fois... C'est votre téléphone qui sonne, Roland-Claireau. C'est peut-être Isabelle Borne. Pardon, Elisabeth. On va discuter de tout, c'est-à-dire pour attirer à soi des gens qui complètent votre majorité relative. Il vous faut des gens du centre-droit, surtout, puis quelques autres si on peut les grappiller. Il faut soit les avoir d'un coup et les garder, soit les prendre l'un après l'autre sur des textes. Mais dans les deux cas, il faut donner quelque chose. Qu'est-ce qu'on donne ? On donne un agenda gouvernemental.

Je te fais cette réforme, je te fais cette réforme, je te prends ces amendements, je ne te prends pas ceux-là.

4:22
Présentateur

Je te prends ces ministres, je te prends cette première ministre ou pas ?

4:24
Emmanuel Macron

Voilà, et puis je te donne éventuellement, au gouvernement, des postes, d'autres postes. Et si ça coince vraiment du côté borne, on discute de ça aussi. Donc on est vraiment devant une ouverture totale des cartes, tout est possible.

4:38
Présentateur

Donc, je retiens de ce que vous nous avez expliqué, Roland Quairol, que ceux qui considéraient, à commencer par la première ministre, qu'au fond, son sort est scellé et qu'elle va rester parce que le président a refusé sa démission, se tromperaient. Les choses, le jeu reste encore ouvert. Oui, Ève Roger. La question aujourd'hui, c'est, aujourd'hui, ça ne sert à rien de se séparer d'Elisabeth Borne puisque de toute façon, il n'y a pas de plan B. Qui, aujourd'hui, à partir du moment où il n'y a pas de majorité, on ne sait pas quel accord électoral il peut y avoir lieu, il n'y a pas de plan B, il n'y a personne, et personne ne se risquera d'accepter un tel poste aujourd'hui.

Donc ça, c'est la première chose. Et puis la deuxième chose, effectivement, c'est un peu mon cheval de bataille, on ne se sépare pas d'une femme au bout de cinq semaines, comme ça, aujourd'hui, on a le cas aidé de Cresson, on essaie quand même de ménager les choses. Vous voulez dire, le fait que ce soit une femme ajoute au fait qu'elle est protégée ? Je pense que, d'une certaine façon, on ne peut pas le faire de façon aussi brutale, surtout quand il n'y a pas de plan B. Je ne dis pas que ça n'arrivera pas, mais voilà. Et puis, on lui connaît beaucoup de défauts, elle a son profil techno, elle est froide, mais elle a une qualité qui est la négociation.

Alors, pourquoi pas, pourquoi pas lui donner une chance, et ça, c'est aussi une hypothèse qui peut durer le temps que ça durera, mais pourquoi pas lui donner une chance d'être la chef de majorité qui va négocier, justement, ses majorités ? Au cas par cas, texte par texte, ligne par ligne. Elle est sonnée ? Ou pas ? Ou est-ce qu'au fond, elle est habituée au gros temps ? Elle est serviteuse, serviteur, je crois qu'on dit ? Serviteureux. Serviteureux de l'État ? Alors, si quelqu'un connaît les états d'âme d'Elisabeth Borne, je pense que c'est quelqu'un qui est très introduit.

En réalité, elle donne l'idée, l'image, de quelqu'un qui est solide, qui a une carapace, qui ne refuse pas l'obstacle, elle vient de gagner dans le Calvados, elle n'était pas obligée de se présenter aux élections législatives, donc elle donne au moins cette image de sûreté et de sérénité. Astrid Devillan, est-ce qu'elle est contestée ? Est-ce que dans ce qu'on entend, alors en ce moment, on lit beaucoup de choses sous couvert d'anonymat, de la part de ministres qui ont des états d'âme, qui se disent que ça ne se passe pas exactement comme c'était prévu, est-ce qu'au sein du gouvernement, elle est réussie à asseoir son autorité avec ces quelques semaines d'exercice du pouvoir ?

Je ne dirais pas encore, c'est exactement ce que vous dites, c'est-à-dire qu'en honne, les ministres, les députés importants, etc., la soutiennent en disant exactement ce que vous disiez, elle vient d'arriver, laissons-lui le temps, elle connaît le job, elle a été élue, élue, pardon, pour la première fois dans le Calvados, même si moi j'ajoute une nuance, c'est qu'elle n'a pas été élue très haut la main, c'est le moins qu'on puisse dire 52,5, c'est rien du tout face à un jeune de 22 ans insoumis qui fait 48, donc ça c'est pour le côté, j'allais dire, public, en off, on sent bien que ça tangue un petit peu, quand on voit la nouvelle assemblée qui arrive avec tous ces insoumis, ces fortes têtes, ces grandes gueules, ces anciens chroniqueurs télé, les 89 du RN, les anciens chroniqueurs télé, non mais c'est-à-dire que c'est des gens qui, voilà, qui vont faire du...

J'étais à l'assemblée tout à l'heure, tout le monde avait le mot chaudron, et déjà qu'à l'époque, la majorité de l'époque avait du mal face à des gens plus classiques, des profils plus classiques, les 100 LR, etc., qu'est-ce que ça va donner avec des forces de contestation pures comme sont le RN ou les insoumis ? Et c'est là où, moi, ça m'inquiète un peu pour elle, ce profil très peu politique, c'est-à-dire que quand on se retrouve au banc pour la première fois, toute seule, à devoir répondre à tous ces gens qui font du chahut, moi j'ai peur que là ça craquelle, mais je peux me tromper.

Vous avez raison, c'est à chaque fois qu'il le raconte, c'est un exercice extrêmement violent pour tous ceux qui ont à répondre face à ce chaudron, comme vous dites aux 577 députés, alors tous ne sont pas contre vous, mais en tout cas, c'est très impressionnant physiquement. On note au Pajas qu'elle a déjà répondu aux questions du gouvernement et c'est un exercice qu'elle a déjà pratiqué en tant que ministre. Juste un mot avec vous, Jérôme Fourquet, on voit bien cette volonté de gagner du temps avec cette mise en scène de la ministre, du coup la première ministre entourée de ministres qui nous disent on est là, on est en train d'agir, ils n'ont pas le choix, il faut gagner du temps.

Comment est-ce que, à votre avis, les Français peuvent recevoir ces images-là ? Il faut donner le change

8:31
Invité

et donner du temps au président pour essayer d'explorer les voies de passage et aussi de se remettre sans doute du choc

8:39
Présentateur

qui n'était pas attendu de manière aussi violente. Ils espéraient soit une majorité absolue, soit une majorité relative, mais comme a dit Roland, avec 10-15 voies qui manquent et donc ça, on va aller chercher dans les dom-toms, chez les centristes, etc. Donc on sait faire ça. Là, 40 sièges ou 35 ou 40 qui manquent, c'est énorme. On ajoute à cela sur la capacité à diriger cette équipe et cette majorité gouvernementale, présidentielle, parlementaire plus exactement, le fait qu'elle n'est pas homogène. Il y a plus d'une quarantaine de modems et il y a 27 ou 28 députés horizon.

Et donc sans doute qu'eux auraient été un peu muselés dans une majorité plus importante, mais que là, le compte à rebours étant enclenché pour 2027, certains vont commencer à jouer leur partition. Et donc Emmanuel Macron doit à la fois

9:30
Invité

essayer d'aller chercher à l'extérieur mais maintenir l'ordre

9:33
Présentateur

dans ses propres rangs et ça risque là aussi de tanguer. Certains vont avoir à cœur de faire entendre leur musique et éventuellement de se désolidariser si le Titanic prend un peu trop l'eau. En parlant, un dernier mot sur Elisabeth Borne qui a déjeuné avec le président de la République hier, mais avec eux, il y avait Édouard Philippe et François Bayrou. Qu'est-ce que ça raconte ? Ça raconte que c'est la majorité ensemble déjà, LREM, Horizon et le Modem. Et puis ça raconte surtout qu'à la fin du repas. Le président a réitéré sa confiance à Elisabeth Borne comme on l'a écrit ce matin dans le journal. Alors c'est vrai que ça lui arrive de le faire même au moment de débarquer Édouard Philippe.

Il avait aussi réitéré sa confiance les yeux dans les yeux mais ce n'était pas une garantie. Mais ce qui est le plus problématique je trouve, c'est le fait qu'elle ne soit pas là aux négociations avec les partis politiques ou en tout cas les chefs de parti. Dans les consultations aujourd'hui on va en parler. C'est vrai que c'est un signe qui n'est pas très bon par ailleurs on peut dire qu'elle était occupée à réunir le gouvernement à 14h30 et montrer que le gouvernement était au travail mais c'est vrai que c'est quand même un signe qui n'est pas très bon. Tout le gouvernement au travail y compris ceux qui vont partir dans quelques jours.

Cette image-là elle devait être difficile à vivre pour eux. En tout cas la première...

10:43
Emmanuel Macron

Juste un mot peut-être qu'elle va quand même recevoir les présidents des groupes parlementaires comme s'il y avait là un partage des tâches qui a un sens. Les grands partis politiques nationaux pour sortir de la crise parlementaire c'est le président de la République c'est un certain niveau et puis le niveau du Parlement et des groupes parlementaires c'est la première ministre ça peut se défendre.

11:02
Présentateur

En tout cas la première ministre a donc remis sa démission ce matin que le président a refusé une procédure pour la forme. Elisabeth Borne a ensuite réuni son gouvernement dont certains sont sur le départ. L'objectif bien sûr mettre en scène l'image d'une équipe qui continue à travailler alors que pendant ce temps-là le seul patron à bord Emmanuel Macron sous pression consulte. Aubrey Perrault Anne McIgnon et Dominique Lemarchand. Ils n'ont pas réussi à lui prendre l'Elysée mais ils l'ont empêché d'avoir la majorité absolue à l'Assemblée. Les chefs d'opposition convoqués aujourd'hui par un président dans les cordes.

11:40
Invité

Bien écoutez on vient d'avoir un échange avec le président et ils en profitent pour lui faire la leçon. Je l'ai fait avec franchise et en disant que sur la situation actuelle ils portaient une très lourde responsabilité en ayant instrumentalisé les extrêmes en ayant voulu nous affaiblir en faisant des débauchages et ça s'est traduit par un affaiblissement de la République et de la démocratie.

12:10
Présentateur

À droite pas question de rouler pour la majorité assure le patron des Républicains. Alors sur qui Emmanuel Macron peut-il bien compter ? Qui pour être son allié ? Il va falloir apprendre à négocier prévient le chef des socialistes.

12:26
Emmanuel Macron

J'ai cru comprendre qu'il avait entendu le message des Français au sens où il ne pouvait plus être le président l'omni-président l'hyper-président et qu'il prenait acte de ce message et qu'il avait donc une autre façon de gouverner à inventer. Mais après quelle sera sa façon

12:49
Invité

d'y répondre complètement ? Ça c'est j'imagine en gestation dans son cerveau.

12:56
Présentateur

Mais que se passe-t-il en ce moment dans la tête du président ? Celui qui avait été hérité de son surnom Jupiter dès son arrivée au pouvoir avec 245 députés seulement cette fois-ci Macron est dans l'impasse. Que peut-il faire sans la majorité absolue ? A son entourage il aurait dit

13:15
Invité

« On entre dans le bizarre ».

13:18
Présentateur

Traduction Il voulait dire que se retrouver dans une situation type 4ème République avec les institutions de la 5ème c'est entrer dans le bizarre. Situation inédite donc sous la 5ème République. Emmanuel Macron n'en dit pas plus mûré dans le silence après la perte de ténor de la Macronie. Christophe Castaner chef de groupe de la majorité et Richard Ferrand président de l'Assemblée nationale proche parmi les proches du président. Fin de partie aussi pour certains des ministres réunis aujourd'hui par Elisabeth Borne mais sans Emmanuel Macron qui consulte de son côté sa garde rapprochée en petit comité. Le président regrette de ne pas s'être impliqué dans la campagne ?

14:04
Invité

Non, il n'a absolument pas eu ces mots-là. Ça veut dire que pour nous majorité présidentielle qui avons envie de faire avancer le pays autour de l'intérêt général il va falloir une capacité à créer du consensus.

14:15
Présentateur

Et il y a déjà un sujet qui fait bien consensus dans l'opposition.

14:19
Élisabeth Borne

Madame Borne est totalement disqualifiée. Bien sûr qu'elle doit rendre son tablier.

14:24
Présentateur

Si il reste Emmanuel Macron fait le choix de l'immobilisme. Change rien. Elisabeth Borne contrainte de quitter Matignon réélu de justesse dans sa circonscription mais toujours soutenu par le président indique l'Elysée. La première ministre a remis sa démission au président de la République qui l'a refusé afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en séjour. Derrière Elisabeth Borne c'est toute la ligne politique du président que l'opposition compte bousculer. Les français doivent être

14:55
Invité

entendus dans ce qu'ils ont dit et exprimés par leur vote et ne peuvent pas continuer la politique qu'il a menée car cette politique n'a pas recueilli la majorité absolue aux dernières élections législatives.

15:07
Présentateur

Le président va-t-il devoir renoncer à certaines réformes majeures comme les retraites ? Emmanuel Macron reporte en tout cas le lancement de son Conseil national de refondation grâce auquel il promettait d'améliorer la concertation. Nous allons revenir sur sa feuille de route parce qu'il va être sans doute obligé de changer pas mal de choses qu'il avait promis aux français. Mais d'abord cette question de Gilles dans la Drôme le fonctionnement de Macron est-il compatible avec le mandat qui s'annonce ?

15:36
Emmanuel Macron

Je ne sais rien je ne sais pas comment ça vous savez rien ?

On ne peut pas lire dans le cerveau de Macron directement on est amené aux conjectures ce qui est clair c'est que il a depuis plusieurs semaines donné vraiment cette impression de perdre la main que par rapport par rapport à ce président qu'on avait depuis 2017 qui était quand même toujours tout feu tout flamme plutôt optimiste avec le sentiment qu'il avait la capacité d'entraîner de changer les choses de se tirer des situations difficiles là on a eu le sentiment même son entrée dans la campagne présidentielle tardive il n'a pas cassé la baraque quand il ne nous a pas fait un programme on a dit il a été élu sur un programme vous l'avez lu le programme pas grand chose de très nouveau on s'est dit tiens qu'est-ce qui lui arrive les résultats de la présidentielle l'ont visiblement un peu perturbé et c'est législative qui lui tombe dessus même chose pour la politique étrangère entre temps on a le sentiment qu'il tâtonne que sur l'Ukraine il y a des allers-retours qu'il est forcé de céder ce qu'il ne voulait pas céder il y a un vrai problème de la gestion personnelle politique de Macron dans cette période il faut non seulement qu'il se ressaisisse ce n'est pas un problème purement psychologique mais qu'il trouve politiquement un moyen de récupérer une initiative

16:59
Présentateur

il a essayé avec le conseil national de la refondation

17:03
Emmanuel Macron

voilà vous avez vu le succès incroyable

17:04
Présentateur

on n'en parlera plus

17:05
Emmanuel Macron

donc ça ne suffit pas en tout cas moi je crois que le plus astucieux ça a été l'idée de la nouvelle méthode mais à force de parler nouvelle méthode et que les gens ne sachent pas exactement comment ça va marcher moi je crois que c'est là qu'il y a quelque chose nous souffrons d'une faiblesse démocratique nous souffrons du fait que les français se sont d'abord désintéressés de ces législatives et n'y sont pas allés qu'ils ne comprennent même plus à quoi ça sert d'envoyer des députés à l'Assemblée nationale dans un moment où pourtant c'est décisif sans majorité on ne peut pas gouverner et bien il faut vraiment montrer que bien sûr c'est plus Jupiter ça fait un moment qu'on a compris que c'était plus possible mais c'est autre chose aussi c'est la capacité d'entraînement qui fait que d'abord on dialogue d'abord on discute d'abord on met dans le coup les gens les gens chez eux dans leur village qui ne comprennent pas ce qui se passe jusque aux syndicats aux associations aux partis politiques aux députés et cette façon de faire ça peut être une façon qui réinsuffle un petit peu d'espoir et de sens du compromis parce qu'on me dit tout le temps moi je cite sans arrêt les pays d'Europe où ça marche sans majorité c'est lui à peu près partout on me dit mais on s'arrange pour la faire la majorité au fur et à mesure et on me répond oui mais c'est pas notre tradition à nous

18:20
Présentateur

on vous dit peut-être aussi que ce ne sont pas des partis qui sont des partis d'extrême ce sont des partis de gouvernement

18:25
Emmanuel Macron

Mario Draghi il a pris tout le monde même l'extrême droite dans son gouvernement aujourd'hui ils y sont tous il a fait l'Union Nationale donc il y a des formules qui existent il faut arriver à le faire et je ne crois pas qu'il y ait quelque chose dans la mentalité française qui empêche des compromis politiques

18:41
Présentateur

François Bayrou qui sortait de son entretien avec le président de la République à l'instant dit au fond que le président trouve ça stimulant c'est son interprétation à lui de cette nécessité justement de répondre à cette crise démocratique qu'il avait vu monter aussi au moment des gilets jaunes et qu'il trouve ça stimulant de réfléchir à cette nouvelle méthode et il dit il faut s'approcher aussi près que possible de l'Union Nationale est-ce que c'est à cela que peut réfléchir le président de la République est-ce que ça c'est une porte de sortie ?

disons que la porte de sortie pour aujourd'hui personne ne la voit tout à fait clairement tout ce qu'on sait c'est qu'il ne peut pas faire une Union Nationale avec les extrêmes c'est-à-dire ni avec le RN ni avec à minima et les filles donc la question la porte de sortie elle est plutôt dans un arc d'hiver gauche jusqu'au centre droit après toute la position des partis aujourd'hui c'est de ne pas avoir l'air de se soumettre à la Macronie tout en gardant une forme d'autonomie et d'avoir un pouvoir on sait qu'effectivement il y a des échanges comme le disait Roland Carole tout à l'heure alors sur la mentalité d'Emmanuel Macron ce qui est intéressant c'est que son Conseil National de la Refondation c'était exactement ce que vous avez décrit tout à l'heure c'est-à-dire aller du citoyen élu jusqu'au député en passant par les associations locales mais ça c'était valable dans l'esprit d'Emmanuel Macron que s'il avait eu la majorité le problème c'est que maintenant sans majorité ça va être à quoi bon ?

comment faire en réalité cette culture du compromis il doit la mettre à l'épreuve au Parlement c'est ça c'est au Parlement c'est avec les parlementaires c'est un député un à un discuter ensemble et c'est à ce moment-là qu'on verra si sa mentalité peut fonctionner avec le mandat qui s'annonce c'est-à-dire est-ce qu'il est capable de parlementariser la Ve République sur son état d'esprit Eve Roger c'est vrai qu'on a lu beaucoup de choses de gens qui nous expliquent qu'il est un peu sonné que ça flotte un petit peu alors ça flotte aussi alors c'est vrai qu'on a publié une enquête ce matin qui raconte un peu il tâtonne il est sonné il ne répond plus au téléphone il ne répond plus aux SMS c'est vrai qu'il tâtonne aussi parce qu'on ne sait pas quelle est sa stratégie quelle est la stratégie pour reprendre la main et pourquoi il n'a plus de stratégie c'est parce qu'il n'a plus de stratège c'est-à-dire qu'on a parlé à la fois de Richard Ferrand de Christophe Castaner qui étaient un peu les plus fidèles des fidèles mais il lui manque aussi Julien Denormandie qui était aussi quelqu'un qui pouvait l'aider à mettre en place enfin l'aider j'exagère qui pouvait travailler avec lui à une stratégie et puis aussi son chargé de communication Clément Léonard de Zieg voilà qui a quand même été son stratège pendant deux ans et qui était celui qui lui permettait à chaque fois de reprendre la main et c'est-à-dire que de trouver cette espèce de baraka qui permettait de se dire tiens on se relance dans le jeu Astrid Evilène il est seul ?

il y a Alexis Colère mais qu'on appelle son double et qui à mon avis souffre d'un déficit majeur c'est-à-dire le manque de terrain c'est vraiment le techno c'est le techno des techno moi je pense que s'il veut changer de méthode ça pourrait aussi passer par ce changement-là qui serait assez symbolique en effet Clément Léonard du Diel à la com manque beaucoup il n'y a plus personne entre guillemets qui tient le bateau communication et c'est important dans la période parce que du coup on voit les flottements plus beaucoup de gens répondent à la presse ils donnent des éléments de langage mais pas aussi bons qu'avant il lui manque sa plume Jonathan Guémas qui a aussi quitté l'Elysée ça fait beaucoup voilà en fait Emmanuel Macron pour répondre à la question du téléspectateur il a eu l'habitude pendant cinq ans de gouverner de gérer la France à cinq ou six beaucoup d'hommes d'ailleurs tous les gens qu'on vient de citer aujourd'hui certains ne sont plus là et il ne peut plus se le permettre puisqu'il n'a plus de majorité donc il est obligé d'écouter obligé de se renouveler obligé de changer des choses obligé de trouver des alliés comment va-t-il faire lorsqu'on entend les républicains avec lesquels parce qu'il avait classé la classe politique entre ceux qui étaient républicains et les autres donc l'arc dont vous parliez tout à l'heure de LR au parti socialiste on va le résumer comme ça et qui lui dit c'était bien gentil mais ce sera sans nous notamment les républicains qui disent nous sommes aujourd'hui dans l'opposition Olivier Faure qui a retrouvé un peu de vigueur qui lui dit on n'est pas là pour bloquer mais bon malgré tout on souhaite l'application d'un programme qui n'était pas le tien comment peut-il trouver des alliés ?

Mais ça il peut aussi les piéger entre guillemets c'est-à-dire par les propositions qu'il va faire il peut aussi se dire attendez c'est dans votre programme il peut très bien récupérer s'il fait la retraite à 65 ans à quel moment les LR ne vont pas voter ça ce serait complètement absurde ils se décrédibiliseraient au-dessus de leurs électeurs là Adrien Quatennens qui doit être reçu aujourd'hui ou demain il a dit s'il fait la 6ème république s'il fait la Constituent non mais on sera là mais en fait à un moment soit il écoute ce qui vient d'être dit et dans ce cas il peut trouver des majorités il peut faire ça c'est-à-dire qu'il peut aller piocher au coup par coup ce serait très disruptif et ça lui ressemblerait moi je ne vois pas d'autres façons de faire ou alors il attend il continue à avancer sur sa ligne à lui mais qui n'est plus majoritaire donc il va se prendre des échecs à l'Assemblée et il sera obligé de dissoudre à un moment ça voudrait dire Jérôme Fourquet qu'il ne tire pas une seule leçon du scrutin de dimanche en disant comme on l'a entendu la France est plus à droite donc je prends un Premier ministre à droite et je mène une politique qui pourra satisfaire une plus grande partie de l'Assemblée à droite ce que nous dit Astrid de Villaine c'est qu'il va peut-être être obligé de faire ce qu'il a toujours fait jusque-là du en même temps un peu macronien

23:51
Invité

oui et donc ça donnerait du coup l'image de quelqu'un qui a entendu un message

23:56
Présentateur

parce que si on reste sur sa ligne on ne change pas le Premier ministre on est dans l'impasse après tendre la main tous ceux de l'arc entre guillemets de républicains ou des partis de gouvernement on a vu aussi quel résultat ça a produit c'est-à-dire que ça fait monter les extrêmes et Christian Jacob dans votre reportage le dit en disant vous avez joué là-dessus c'était moi ou le chaos et on n'est pas loin du chaos et donc ces républicains il faut aussi se mettre dans leur tête en termes de psychologie c'est des grands brûlés des survivants beaucoup de leurs camarades ont succombé au champ des sirènes ils avaient tous systématiquement des candidats en marche dans leur circonscription et donc ceux qui sont encore là aujourd'hui c'est pas pour rallier maintenant maintenant effectivement Emmanuel Macron peut laisser peut-être un peu pourrir les choses et prendre l'opinion publique notamment de droite à témoin en disant les taux remontent il y a une crise économique qui se profile vous êtes soucieux de l'intérêt général du pays des grands équilibres économiques et bien en tant que patriote et gens responsables venez travailler avec moi mais il faut que ça se décante et pour l'instant on n'en est pas sans doute encore là il y a Fabien Roussel qui dit le patron du PCF qui dit ce matin chez nos confrères d'RTL s'il n'entend pas cette colère c'est lui qui va provoquer le chaos et le désordre dans le pays est-ce que le message de dimanche c'est un message de colère Jean-Bourquet

25:20
Invité

alors c'est toujours compliqué de dire les français ont envoyé tel message parce qu'ils ne se sont pas concertés à l'avance

25:26
Présentateur

en disant on va faire comme ci et comme ça ce qui est sûr c'est que ces résultats montrent qu'il y a un anti-macronisme qui est puissant mais qui émane de différents endroits de la société française c'est-à-dire l'anti-macronisme de la NUP ce n'est pas celui du Rassemblement National et ce n'est pas non plus qu'est-ce qu'il a de différent ?

on ne lui reproche pas forcément toujours la même chose et on n'attend pas forcément toujours la même chose et donc du coup c'est compliqué aussi à répondre à tout ça mais ce qui est clair c'est que pardonnez-moi je vous pose la question parce que ça pourrait être très simple de dire bon je vais regarder les résultats des élections je vais en tirer des leçons politiques en fait c'est plus compliqué que ça non mais on peut tirer des leçons politiques mais alors sauf à faire comme ce qu'a proposé ou suggéré une députée en marche ce matin de dire on peut parler avec les gens du Rassemblement National je pense que là pour rajouter le chaos au chaos c'est à dire que là vous perdez vos propres électeurs donc il faut essayer de trouver le chemin de crête mais effectivement

26:19
Invité

le dirigeant du parti communiste a bien senti qu'il y avait de l'électricité dans l'air on a vu que beaucoup de députés avaient été sévèrement battus des figures emblématiques quand monsieur Castaner est battu quand vous regardez les résultats de la circonscription il y a des reports qui sont un peu

26:36
Présentateur

inattendus par rapport aux repères qu'on a habituellement c'est à dire que très clairement il y a une partie de l'électorat du Rassemblement National qui s'est payé Castaner en votant pour le candidat d'en face on dit on va jouer au chamboule tout et donc et Ferrand sans doute également donc il faut qu'il a sans doute entendu ça et peut-être est-il un peu dans le même état d'esprit qui était le sien après son déplacement au Puy-en-Velay vous vous souvenez quand il avait visité cette préfecture qui avait été incendiée c'est à dire que là sous une autre forme on a un antimacronisme ou des antimacronismes qui se sont exprimés dans les urnes Oui vous parliez de son état d'esprit aujourd'hui et c'est vrai que dans l'enquête de ce matin il est dit il ne comprend pas le rejet qu'il suscite et c'est vrai que c'est peut-être cette prise de conscience là c'est à dire que il ne comprend pas et effectivement il apparaît comme le candidat en tout cas l'homme politique de la France qui va bien et la France qui va mal le déteste la question est comment on arrive à attraper la France qui va mal et dire que alors qu'il considère qu'il a fait beaucoup avec le quoi qu'il en coûte pour le quoi qu'il en coûte avec le pouvoir d'achat donc c'est cet antagonisme là qu'il faut maintenant résoudre et effectivement je pense qu'il y a vraiment une question de temps c'est à dire qu'on ne peut pas dire aussi voilà la solution je pense qu'il y a vraiment il faut que ça se décante il faut que les LR effectivement il ne faut pas qu'ils aillent manger dans la main tout de suite du jour au lendemain il faut qu'ils montrent qu'ils sont dans l'opposition de Macron mais ils ne peuvent pas apparaître comme ceux qui empêchent et qui bloquent le pays pendant 5 ans donc aucun parti n'a cet intérêt là donc en fait il faut laisser un peu de temps au temps mais on en a du temps et bien pourquoi je vous pose la question parce que Emmanuel Macron il a dit aux français après les législatives on va voter un paquet pouvoir d'achat en fait il y a une urgence sociale à laquelle il faut répondre par des lois mais c'est peut-être la loi qui sera la plus facile à voter

28:21
Emmanuel Macron

mais votre question est-ce qu'il ne devrait pas prendre en compte les résultats politiques et dire j'ouvre à droite quoi c'est ça que vous avez dit oui normalement ça devrait être ça mais il faut être deux pendant c'est le temps de vous voilà c'est ça si vous dites à la droite viens chez moi et qu'elle dit non je viens pas même si c'est un affichage un peu facile au départ et ce qu'on se dit une fois que les enchères ont remonté on verra vous ne pouvez pas les prendre vous ne pouvez pas les forcer à devenir ministre donc de la théorie à la pratique il y a ce clair-obscur qui fait qu'on va jouer un peu des deux on va jouer à essayer de se rapprocher d'un certain nombre de députés individuels qui vont rester arrimés à la majorité nouvelle pendant un certain temps peut-être longtemps et puis d'autres qu'on va essayer d'aller séduire au coup par coup et ça va commencer avec la loi sur la vie chère et donc une fois que vous avez commencé à trahir un peu pardon à être d'accord à faire un bout de chemin avec la majorité de l'autre un mouvement s'enclenche il y a une chose claire j'entends des bruits et de la fureur dans les médias sur les incroyables progrès du rassemblement national et de la France insoumise très bien mais vous mettez ensemble toute l'extrême gauche toute la gauche et tout le rassemblement national c'est pas une majorité à l'assemblée donc ils peuvent faire du bruit alors ils vont en faire et ils sont souvent très bons un huissier de l'assemblée me disait monsieur si vous saviez tout a changé dans ce parlement depuis qu'on y a introduit des micros et alors ils sauront faire du bruit mais le bruit ça n'a jamais empêché le travail parlementaire et donc le travail parlementaire c'est aussi de faire petit à petit cette espèce de ratomodage dont vous trouverez qu'il est trop lent il sera trop lent mais c'est comme ça c'est la remontée des taux

30:11
Présentateur

c'est la crise économique c'est tous ces sujets là qui vont se poser comme des urgences

30:16
Emmanuel Macron

et c'est bien pour ça qu'il faudra les résoudre y compris au parlement

30:19
Présentateur

vous voulez dire un mot il peut aussi mettre les oppositions devant leur potentielle contradiction c'est à dire que quand il va arriver avec son texte pouvoir d'achat s'il est vraiment conséquent pour les français quel député va voter contre c'est ça aussi qui est difficile donc moi je pense que ce texte là c'est pas le plus dur ce problème c'est ensuite c'est ça qui va être compliqué moi je crois qu'il y a une triple crise en ce moment une crise démocratique on le voit une crise climatique et une crise sociale ce qui est étonnant quand on entend pour l'instant les ténors de la Macronie c'est qu'ils semblent faire presque des appels du pied au RN on a entendu l'ancien ministre des relations avec le parlement Marc Fénaud qui a dit c'est constitutionnel que la commission des finances revienne au Rassemblement National ce qui est faux on a entendu une députée hier ou ce matin qui disait on va aller chercher les voix du RN il pourrait aussi aller chercher les voix de la NUPES donc moi je crois qu'il faut une clarification en fait dans le projet d'Emmanuel Macron il a fait campagne à droite au premier tour campagne à gauche au second et maintenant c'est le rien du tout il faut absolument qu'il clarifie son programme en réalité il a prévu de s'exprimer de parler au français à mon avis c'est essentiel en tout cas les ténors

31:19
Emmanuel Macron

vous avez des infos il le faut oui mais la date n'est pas fixée donc ça ne sert à rien

31:23
Présentateur

il part à l'étranger presque une semaine donc ce sera forcément à son retour je ne pense pas que ça puisse être avant et à partir de jeudi il part jusqu'à mardi à l'étranger pour différents sommets en tout cas vous parliez de ceux qui vont faire du bruit Jean-Luc Mélenchon continue depuis dimanche à occuper le terrain cet après-midi on le disait tout à l'heure il a jugé illégitime la première ministre Elisabeth Borne il reconnaît d'ailleurs être allé un peu vite en besogne lorsqu'il a réclamé un groupe unique pour la NUPES à l'Assemblée une chose est sûre les 131 députés de la NUPES ont bien l'intention de batailler contre le gouvernement à l'Assemblée ça on le sait Laura Radeau avec Juliette Vallon et Stéphane Lopez ce devait être l'arrivée en force de la NUP c'est finalement la photo de famille des députés de la France Insoumise problème d'agenda prétexte leurs alliés

32:14
Invité

peu importe

32:19
Présentateur

leur chef lui est bien présent Jean-Luc Mélenchon député sortant mais toujours omniprésent avec un groupe quatre fois plus grand qu'en 2017 LFI compte bien se faire entendre encore plus fort vous voyez le bruit qu'on a fait à 17 donc vous imaginez là ça va être vraiment quelque chose ça va dépoter et puis on est dans une configuration politique très différente d'il y a cinq ans avec une Macronie qui est défaite qui n'a pas de majorité une extrême droite qui est présente maintenant dans l'hémicycle qui a fait sa percée donc c'est pas le même mandat voilà et vous pouvez compter sur nous en effet pour tenir bon et pour les petits nouveaux du groupe Jean-Luc Mélenchon joue les professeurs dans un hémicycle que les insoumis ont transformé pendant cinq ans en tribune médiatique

33:08
Élisabeth Borne

et voilà ce que vous supprimez tous les mois par les plus démunis

33:13
Présentateur

du panier de course pour symboliser la baisse des APL François Ruffin agitant un chéquier et Mathilde Panot s'appliquant elle-même un baillon forte désormais de 72 députés la France Insoumise disposera de plus de leviers

33:36
Élisabeth Borne

en la précédente mandature nous avions un ou deux députés par commission désormais nous allons être sans doute je dis ça au moins dix députés par commission donc dix personnes qui peuvent travailler ça fait du meilleur boulot que deux personnes nous allons avoir plus de moyens pour avoir des collaborateurs pour travailler sur des textes donc avoir des comme un argumentaire plus fin si vous êtes tout seul face à la machine de l'état vous êtes broyés une stratégie

33:59
Présentateur

d'opposition ferme que la NUP s'apprête à mettre en pratique dans quelques jours avec la première loi de l'exécutif sur le pouvoir d'achat pour LFI et ses alliés hors de question de faire des concessions

34:10
Emmanuel Macron

une revalorisation ça ne peut pas être en dessous du niveau de l'inflation c'est quand même pas ça ce que j'appelle une revalorisation c'est pas possible de dire aux gens bon on va vous donner un peu plus mais moins que ce que vous perdez chaque semaine ou chaque mois ben c'est pas possible donc vous ne voterez pas les 15% d'augmentation des retraites on ne peut pas accepter une revalorisation qui serait inférieure

34:30
Invité

au niveau de l'inflation ça me paraît une évidence

34:33
Présentateur

mais pour peser encore faut-il rester unis dès hier la coalition de gauche a connu ses premiers accros Jean-Luc Mélenchon souhaite que la NUP ne forme qu'un seul et même groupe parlementaire refus immédiat du PS des Verts et des communistes leur leader Fabien Roussel veut conserver sa liberté de vote

34:52
Emmanuel Macron

je ne comprends pas pourquoi Jean-Luc propose ça parce qu'il connaît le fonctionnement de l'Assemblée nationale et justement quand on est quatre groupes

35:03
Élisabeth Borne

de gauche face au groupe du Rassemblement national ça nous donne à nous quatre fois plus de temps de parole que le Rassemblement national c'est quoi le sujet c'est de faire de la tambouille électorale pour des postes à l'Assemblée nationale

35:15
Invité

mais jamais mais jamais jamais je ferai ça jamais je parlerai de ça jamais je rentrerai là-dedans

35:21
Emmanuel Macron

c'est pas le sujet

35:22
Présentateur

au moment même où les troupes de Jean-Luc Mélenchon font leur rentrée à l'Assemblée les communistes eux se réunissent place du colonel Fabien

35:30
Invité

félicitations monsieur le député ça va Pierre

35:33
Présentateur

réunion pour parler stratégie loin de celle de leurs alliés de la France insoumise

35:39
Élisabeth Borne

je suis pas moi pour la théorie du chaos à l'Assemblée nationale du blocage des institutions ça serait insupportable horrible de montrer ça aux français c'est pas le jeu le jeu c'est les textes de loi

35:53
Invité

que l'on propose d'augmentation des salaires des retraites derrière les moyens que l'on met pour financer

36:02
Présentateur

premier test pour la NUP à l'Assemblée la question de la motion de censure contre la première ministre proposée par LFI ces alliés se sont pour l'instant montrés très hésitants et cette question d'Henri dans le Nord la marge de manœuvre des partis d'opposition n'est-elle pas elle aussi très étroite Roland Quairol

36:21
Emmanuel Macron

évidemment dans un parlement il y a un système majoritaire qui fonctionne quand même et donc quand vous êtes dans les minorités vous pouvez vous faire entendre et encore une fois vous pouvez faire le plus de bruit que vous voudrez il n'empêche que c'est très difficile de faire voter des textes c'est même très difficile de faire adopter des amendements en tout cas ce n'était pas notre tradition j'espère que ça va un petit peu changer et qu'il y a les limites du fait que par exemple si je prends la NUP ou la NUPES

36:51
Présentateur

on ne saura pas on ne saura jamais on peut dire l'un ou l'autre

36:54
Emmanuel Macron

voilà sa stratégie est ce qu'elle est elle est multiforme et elle a quand même réussi à faire moins bien avec des candidatures uniques qu'elle le faisait à la présidentielle juste avant avec des candidatures c'est pareil elle perd 4 points donc une stratégie victorieuse qui se solde par 4 points de moins dans les urnes on ne peut pas dire que ce soit flambant flambant donc ils ont chacun des limites dont ils doivent prendre conscience et si possible essayer de corriger moi je trouve que c'est incroyable comme il y a un côté tonitruant chez ceux qui ont progressé comme s'ils avaient gagné comme s'ils avaient atteint le symbole miraculeux mais c'est vrai

37:37
Présentateur

que depuis dimanche on est toujours pour certains sur ce débat qui a gagné Jérôme Courquet alors on entend la NUP dire nous sommes le premier parti d'opposition nous avons largement gagné le RN dit la même chose et à l'ARM on ne le dit pas mais on dit bon on est quand même les plus nombreux oui alors tout dépend quels critères on prend est-ce que c'est le nombre de sièges et donc là effectivement il n'y a pas de majorité absolue pour la majorité présidentielle mais c'est eux qui ont le plus gros contingent est-ce que c'est par rapport à ce qu'on attendait et donc effectivement il y a le côté spectaculaire des 89 députés donc il crée la surprise est-ce que c'est par rapport à ce qu'on avait soi-même visé Jean-Luc Mélenchon rappelez-vous il disait élisez-moi premier ministre il a royalement 140 députés donc il en manque autant pour arriver à 289 cela étant il peut dire regardez du fait de ma tactique de candidat unique on est quand même à 140 députés aujourd'hui alors qu'on était à 65 députés de gauche dans la précédente mandature donc c'est pas mal et donc en fait il n'y a pas de victoire éclatante et c'est aussi le beau jeu de chacun d'essayer de tirer la couverture à soi et de dire qu'il va être devant pourquoi Jean-Luc Mélenchon fait ça aussi c'est parce qu'il a réussi à utiliser une tactique qu'on voyait dans les westerns vous savez quand il y avait quelques indiens qui faisaient courir les chevaux pour faire beaucoup de poussière faire croire qu'ils étaient très nombreux c'est ça qu'il a réussi à faire c'est à dire qu'il lance son slogan Élisez-moi Premier ministre dans l'entre-deux-tours qui va se solder par 41,5% des voix pour Marine Le Pen c'est elle la principale opposante et là aujourd'hui il est un peu rattrapé par le réel c'est à dire que la France insoumise toute seule c'est moins de députés que le Rassemblement national c'est pour ça que dès hier il dit il faut absolument remonter sur le cheval et montrer qu'on est un groupe unique pour être celui qui va peser le plus essayer de damer le pion

39:23
Élisabeth Borne

médiatiquement au Rassemblement national pour maintenir encore une fois

39:27
Invité

l'illusion que c'est nous la principale opposition

39:30
Présentateur

mais du coup la réponse a été trois fois non pour les écolos pour les communistes et pour les socialistes donc il n'y aura pas de groupe unique ça veut dire que la NUP a déjà non pas du plomb dans l'aile mais ressemble davantage à un accord électoral qu'à un accord politique c'était un accord électoral c'était un accord électoral et c'est vrai qu'on se demande pourquoi il est allé le dire publiquement pourquoi il n'a pas pris son téléphone et appelé hier soir en disant le RN commence à nous menacer sur cette fameuse commission des finances dont on parlera tout à l'heure est-ce que ça ne serait pas plus malin de faire un groupe uni je vous donne des gages c'est vrai que c'est incompréhensible qu'il l'ait fait de façon publique et c'est vrai qu'aujourd'hui on a vu il a fait un peu machine arrière il a dit je suis un peu j'ai été un peu rapide je n'aurais pas dû moi je pense que Jean-Luc Mélenchon il a une double frustration en lui la première frustration c'est de ne pas avoir fait le raz-de-marée attendu on l'a dit tout à l'heure 140, 140 autour de 140 ce n'était pas ça qu'il attendait et la deuxième frustration c'est il doit se mordre le doigt aujourd'hui de ne pas avoir été candidat c'est à dire que là on le voit à l'Assemblée mais il ne pourra plus y aller ensuite il n'est pas député donc au fond il y a un groupe qui a été multiplié en fonction des chiffres disons par 7 par 4 pour LFI et par 7 pour l'ensemble de la gauche et il est censé être le leader de ce groupe là mais il n'est pas à l'intérieur de l'Assemblée comment voulez-vous au moment où les tractations les négociations vont commencer comment l'absent qui est à l'extérieur pourra avoir le même pouvoir qu'il avait dans la mandatrice et du coup ce qu'on a très très peu vu pendant ces campagnes des législatives Olivier Faure Fabien Rousset elles reprennent un peu de vigueur de couleur et on les entend dire nous sommes totalement disposés à travailler avec le gouvernement nous ne sommes pas là pour bloquer la situation c'est ce qu'a dit Olivier Faure et on a surtout l'impression qu'il s'adresse à Jean-Luc Mélenchon je ne sais pas si c'est à ce point mais ce qui est sûr c'est qu'Olivier Faure il a dit par exemple si vous augmentez le SMIC on le fera en fait ce qu'il y a c'est que ces 4 forces là elles ont des cultures politiques très différentes et donc c'est un peu quand même un tour de force qu'elles aient réussi à se parler en si peu de temps et quand même faire cet accord électoral qui est quand même assez payant même s'il est décevant pour tout le monde maintenant en effet dans la culture entre guillemets de l'Assemblée ou du gouvernement on va avoir des profils très différents les Insoumis c'est vrai qu'ils ont ce côté un peu plus spectaculaire un peu réseaux sociaux plutôt dans l'opposition frontale alors que les autres ont je pense notamment aux socialistes ont plus vocation à être dans les arcanes gouvernementales parlementaires classiques de déposer des amendements etc est-ce que ça ça va cohabiter ou est-ce qu'on va voir des divergences c'est ça qu'il faut observer mais là dès cette semaine c'est-à-dire que vous laissez entendre qu'ils ne sont pas d'accord sur la stratégie à adopter vis-à-vis du gouvernement c'est vrai qu'on a entendu Clémentine Autain qui disait on faisait déjà beaucoup de bruit à 17 alors là vous imaginez est-ce que du coup ils ont une capacité de nuisance maintenant qu'ils sont plus nombreux pour bloquer des textes ou est-ce que c'est juste le volume sonore c'est les deux mais surtout est-ce qu'ils seront tous d'accord là-dessus peut-être que certains les plus modérés d'entre eux vont se dire non nous on veut voter parce que ça c'est bien pour le bien commun c'est là où on va avoir des différences et puis surtout pendant ces cinq années qu'est-ce qu'ils vont faire tous ils vont se partager l'héritage de Mélenchon si celui-ci n'y va pas ce qui n'est pas encore dit mais ils vont tous vouloir avoir envie d'incarner la force motrice comme d'habitude qui est le prochain candidat ou la prochaine candidate à la présidentielle s'il y a une dissolution il va encore falloir se mettre d'accord donc en fait il va y avoir aussi ces divisions intestines-là qui vont très vite arriver oui parce que c'est pas uniquement des différences de culture c'est aussi dans la proposition de Jean-Luc Mélenchon à la fois un nouveau coup tactique resté sous le feu des projecteurs mais c'est aussi perçu comme une étape supplémentaire dans la digestion de ces petites formations de gauche dans un grand ensemble qu'il aurait vocation à présider et donc les dirigeants

43:12
Élisabeth Borne

des forces alliées se rappellent à son bon souvenir en disant hors de question qu'on a fait parce que si on dit vous voyez on parle maintenant de la NUP ou la NUPES on parle moins des écolos des socialistes des communistes si après maintenant il y a un groupe unique etc après il y a un porte-parole unique etc on va vers la fédération

43:29
Présentateur

et l'absorption et donc peut-être qu'il a été trop vite en besogne et chacun défend son identité son intérêt de boutique Jérôme Fourquet on a bien compris que c'était le retour du Parlement est-ce que c'est aussi le retour des partis politiques ?

43:44
Emmanuel Macron

que c'est le retour des partis politiques ?

43:45
Présentateur

pourquoi je vous dis ça ? parce que c'est vrai qu'on ne les entendait plus tout ça n'avait plus de prise dans le débat public et aujourd'hui on a l'impression que toutes ces sensibilités-là d'ailleurs vous les exposez bien les uns les autres reprennent de la force dans le débat public alors peut-être que c'est transitoire mais est-ce qu'à votre avis c'est aussi un retour parce qu'il y a le retour du fait parlementaire des partis des chapelles ?

pour l'instant oui on a parlé aussi de ce qui se passait dans la majorité présidentielle pour l'instant on n'a pas trop entendu Horizon mais ils vont se faire entendre le modem François Bayrou a fait sa sortie etc donc effectivement les partis vous savez on parlait de la république des partis sous la quatrième justement qui était une république parlementaire donc ça va un peu de pair alors c'est intéressant c'est une espèce de petit retour de bâton de l'histoire c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron avait voulu installer un nouveau monde politique qui n'accordait pas beaucoup de place aux partis politiques traditionnels d'ailleurs son propre parti il appelait ça un mouvement c'était pas un parti et donc il y a peut-être cette revanche après il faut voir combien de temps ça dure là on parle à chaud

44:50
Invité

les élections n'ont que deux jours est-ce que dans trois ou quatre mois ça va continuer d'intéresser vraiment les français

44:56
Emmanuel Macron

est-ce qu'il n'y a pas une demande aussi de fond dans la société française pour que on comprenne mieux à quoi tout ça sert et où on pourrait aller moi je suis très frappé par les clivages générationnels très lourds qui se sont installés on a une moitié de France qui n'en a pas grand chose à faire qui n'a pas voté ces histoires et qui ne comprend pas où sont les vrais clivages les vraies oppositions et qui demande qui en est sentiment que les partis politiques disent presque tous la même chose et donc cette demande que certains appellent de radicalité d'une expression plus forte qui défend mieux les gens des catégories non privilégiées qu'elles permettent plus d'être dans le système elle est là ça pèse et ça va peser c'est le succès de la NUPS beaucoup plus que les résultats électoraux qui ne me paraissent pas bons c'est ça c'est d'installer des gens qui ont envie de dire non et pas non et je crois qu'il y a là une demande très forte dans le système politique parce que le système il est trop consensuel en même temps etc vous voulez dire un mot

46:02
Présentateur

à ce rythme de vilaine j'ajoute que je pense aussi que le système actuel il ne l'associe pas assez les français les citoyens régulièrement on l'avait vu pendant la crise des gilets jaunes il y avait une vraie demande de ce qu'on avait appelé le RIC mais ça pourrait passer par plein d'autres choses la convention citoyenne était un début de réponse mais peut-être que si on veut retourner dans la 5ème république qui ressemble plus à la 4ème en ce moment il y a peut-être aussi l'arme du référendum qui est à la disposition d'Emmanuel Macron dont on n'a pas parlé et j'ajoute juste sur les vainqueurs et les perdants les républicains c'est le grand paradoxe pour moi qui dit tout c'est-à-dire qu'ils perdent ils sont perdus mais ils ont gagné mais ils ont gagné ils sont des faiseurs de roi et des motions de censure et des lois en tout cas c'est l'une des premières batailles que vont se livrer l'ANUP et l'ERN les deux principaux groupes d'opposition revendiquent tous les deux la présidence de la commission des finances une fonction stratégique qui offre des pouvoirs très étendus à son président et même la possibilité de débarquer tout simplement à Bercy pour demander des comptes Juliette Perrault Wayne Gouyenne et Arnaud Fora C'est un poste clé très revendiqué

47:05
Invité

Nous demanderons tous ce à quoi nous avons droit la présidence de la commission des finances bien sûr Le poste que vous avez évoqué celui de la commission des finances nous revient et je crois que ça a le mérite d'être clair

47:16
Présentateur

La commission des finances l'une des huit de l'Assemblée nationale est peut-être la plus puissante à sa tête un président traditionnellement issu du premier groupe d'opposition élu par ses pairs Son rôle ? Superviser les comptes et le budget de l'Etat Pour cela il peut auditionner les ministres rejeter des amendements créer une commission d'enquête ou encore avoir accès aux dossiers fiscaux de particuliers et d'entreprises Une fonction stratégique occupée pendant 5 ans par Eric Woerth Comme son poste le lui permet il lui est arrivé de débarquer à l'improviste dans des institutions publiques

47:56
Invité

Vous vous pointez un jour à 8h du matin dans une administration vous dites voilà je veux vérifier tel point je l'ai fait dans le domaine de Notre-Dame-des-Landes lorsque le gouvernement a décidé de ne pas continuer l'idée de construire un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes j'ai voulu savoir au fond cette décision combien coûte-t-elle ? Et comme je n'avais pas de réponse claire de l'administration je suis allé à la direction générale de l'aviation civile et j'ai demandé les échanges de mails les contrats passés etc.

et puis évidemment j'ai auditionné le directeur immédiatement c'est toujours un peu de stupeur en vérité ceux qui l'ont fait puisque le rapporteur général peut le faire aussi souvent on prévient avant on prévient la veille voilà et si le directeur n'est pas là on ne change pas la date pour autant et tout d'un coup le directeur est là quand même

48:49
Présentateur

en face du président de la commission le ministre du budget avec qui les relations sont parfois tendues en 2011 Valérie Pécresse ministre de Nicolas Sarkozy tente de composer avec un certain Jérôme Cahuzac le socialiste torpille la politique budgétaire du gouvernement

49:08
Invité

si par convention ce budget est bâti sur une croissance de 1,75% l'année prochaine qui croit sincèrement que telle sera la croissance du pays en 2012 personne évidemment et pas même les ministres qui pourtant nous présentent un budget fondé sur cette hypothèse

49:25
Présentateur

aujourd'hui encore un proche de Valérie Pécresse se souvient

49:28
Invité

elle défendait son biftec lui était dans une logique de suspicion permanente d'attaque du gouvernement il était très partisan très politique il n'avait que des arrières pensées

49:39
Présentateur

et pourtant la fonction se vaut au contraire très technique non partisane c'est bien d'ailleurs ce qui préoccupe aujourd'hui certains anciens présidents comme Gilles Carrez en poste à la commission de 2012 à 2017

49:51
Invité

si vous avez une personnalité qui ne s'attache qu'à aux affaires médiatiques ou qui fait du populisme on peut avoir des situations extrêmement graves je prends un exemple c'est tellement facile vous faites communiquer le dossier fiscal d'un particulier parce que pour telle ou telle raison vous estimez que ce n'est pas un bon citoyen et vous organisez une fuite vers tel ou tel média dont je ne citerai pas le nom mais c'est tellement facile ça il faut absolument le proscrire

50:28
Présentateur

la commission n'en reste pas moins un puissant outil politique qui permet au président d'alimenter son propre parti

50:35
Invité

il nourrit beaucoup sa propre formation politique des documents auxquels il a accès du temps aussi qu'il consacre à tout ça des notes et des analyses qu'il fait lui-même aidées par des collaborateurs donc bien sûr c'est d'ailleurs fait pour ça je l'ai fait au titre de LR à l'époque et je ne sais pas qui sera président de la future commission mais enfin j'imagine que ce sera le même cas

51:03
Présentateur

Une nomination très attendue le vote pour la présidence de la commission des finances aura lieu le 30 juin prochain Et cette question d'Adrien dans le Val d'Oise les membres du parti LR ont-ils un coup à jouer pour la commission des finances face aux deux extrêmes Je crois que c'est un peu un scénario qui ferait plaisir à la majorité présidentielle c'est-à-dire qu'on le comprend après avoir vu le reportage et même avant que le gouvernement l'exécutif n'a pas intérêt à voir arriver un membre de la France insoumise à la tête de la commission des finances ça c'est fait La France insoumise ou le RN ?

Ou le RN mais alors la France insoumise pourrait proposer quelqu'un du parti socialiste ou un écologiste et donc la majorité a fait passer l'idée que si c'était Valérie Rabot qui est une socialiste dont on a parlé d'ailleurs pour être à Matignon pour être nommé à Matignon à ce moment-là il laisserait faire il laisserait voter mais si c'est encore quelqu'un de la France insoumise à ce moment-là la majorité dit nous pour une fois on participera au vote c'est pas interdit mais d'habitude la majorité ne participera au vote c'est l'usage voilà c'est l'usage et à ce moment-là votera pour le candidat éventuellement LR enfin ça c'est le scénario d'aujourd'hui donc on est loin encore du 30 juin là on est dans un moment important de répartition des postes stratégiques il y a la question aussi de la présidence de l'Assemblée avec la défaite de Richard Ferrand et est-ce qu'Emmanuel Macron parmi tous les dossiers compliqués qu'il a à gérer sur son bureau il n'a pas aussi un problème de ressources humaines ?

et ça fait longtemps qu'il y a ce problème-là après on entend beaucoup de noms circuler pour la présidence de l'Assemblée je crois qu'il y en a quand même en interne qui ont de l'expérience là j'ai vu par exemple que Barbara Pompili elle était candidate Eric Woerth on a entendu des ministres qui pourraient y aller alors Olivier Véran Gérald Darmanin se font connaître mais moi je trouve ça déjà qu'il a mis un mois à composer un gouvernement si j'étais élu je n'irais pas commencer à dépouiller le gouvernement pour le mettre à l'Assemblée alors qu'il y a des troupes quand même en interne en revanche ce qui est sûr c'est que cette histoire de commission des finances dont on ne parle jamais d'habitude alors qu'elle est clé cette commission elle va à mon avis focaliser tout ce dont on vient de parler c'est-à-dire cette problématique parlementaire qui ressurgit d'un coup et qui va être et de répondre à cette question de qui a gagné parce qu'au final il y a aussi cette idée que c'est un groupe de position pas forcément le premier d'ailleurs qui hérite de la commission des finances oui c'est ça donc on verra mais on comprend pourquoi Mélenchon essaie de faire de la gonflette en disant il faut qu'on ait un groupe unique et essayer de se saisir de tous les leviers possibles ce qu'a expliqué aussi Alexis Corbière c'est des collaborateurs en plus c'est du temps de parole c'est de l'expertise pour se muscler et pour avoir un travail politique qui soit le plus efficient possible est-ce que tout ça pourrait être un mal pour un bien Roland Kérol c'est-à-dire retrouver du débat politique retrouver des groupes parlementaires qui ont des moyens donc qui travaillent retrouver le goût du compromis de l'équilibre et des joutes oratoires et peut-être pas de la violence dans la rue c'est un scénario peut-être naïf que je décris mais est-ce que c'est aussi un scénario possible ?

53:59
Emmanuel Macron

profondément j'adhère à ça je crois que c'est possible on a assez dit quand on pose aux français les sondeurs posent la question de la revalorisation du parlement dans les institutions ils sont toujours très pour les français ils sont toujours restés pour la proportionnelle et pour que le parlement ait un rôle plus important et bien faisons-le faisons-le c'est une chance c'est arrivé par hasard avec une conjoncture électorale imprévisible mais c'est là autant s'en servir pour ça même cette histoire de présidence de la commission des finances alors ça nous a obligé à tous réapprendre par cœur l'article 39 du règlement de la sonde de 2009 formidable mais au moins rappelez-vous quand le dernier président de la commission des finances a été élu ils étaient 5 candidats il a été départagé par un vote les différentes oppositions elles choisissent finalement celui qu'elles ont envie de prendre faisons ça pourquoi aller sans arrêt ourdir des complots ahurissants pour arriver d'ailleurs à des résultats moins bons en général laissons faire que les institutions leurs pratiques évoluent et que quand il y a des désaccords le vote tranche les choses c'est pas mal

55:07
Présentateur

le retour du parlement c'est vraiment ce que demandent les français

55:10
Emmanuel Macron

alors ce non ce qui était sûr ce qui était sûr c'est que

55:14
Présentateur

peut-être que vous ne les avez pas interrogé là-dessus il l'a fait il l'a fait non ce qui était sûr c'est qu'il en tout cas le parlement en tout cas l'Assemblée nationale avait été dévitalisée sous le précédent quinquennat on avait beaucoup parlé on parlait déjà il y a longtemps mais là c'est assez palpable de ces députés godillots il n'y avait quasiment aucune initiative populaire parlementaire tout descendait de l'Elysée c'était une chambre d'enregistrement ce qui n'est pas pour rien non plus sans doute dans la progression de l'abstention on avait circonstances aggravantes aussi la question du non-cumul des mandats qui faisait qu'on avait des députés qui étaient beaucoup étaient issus comme on dit de la société civile qui n'avaient pas d'ancrage préalable et qui donc

55:49
Invité

en deux surcroît n'étaient pas connus par les électeurs et vous voyez bien dans votre corporation que le poste de journaliste parlementaire n'était plus tellement couru ces dernières années ce qui montre bien que c'était plus là que ça se passait comme par hasard

56:03
Présentateur

on nous a dit que dans les rédactions de nouveau on demandait beaucoup d'accréditation pour aller à l'Assemblée ça c'est un signe voilà c'est un signe qui ne trompe pas allez nous revenons maintenant à vos questions une question de Jean-Pierre dans le Var y a-t-il un pilote dans l'avion à ce jour Astrid De Vilaine ça tangue en tout cas et le pilote il faut qu'il parle aux passagers je crois en fait c'est nous les passagers donc le président de la République devrait prendre la parole Roland Quirole laissait entendre que c'était acté sur le principe mais que la date n'était pas fixée pour moi ça c'est une évidence et puis ensuite qu'il clarifie sa ligne et qu'il dise aux français aux forces politiques aux députés où il veut aller parce que là personne ne sait et ça c'est assez dangereux surtout dans le contexte dangereux et inédit on a beaucoup dit que sa situation était inédite etc cette période là est assez moi je n'ai jamais vu ça mais ça fait 10 ans que je couvre la politique alors je me tourne vers vous Roland Quirole ça fait un peu plus longtemps sans être désagréable

56:56
Emmanuel Macron

oui ça fait plus longtemps mais qu'est-ce que vous voulez chaque élection c'est un événement particulier avec chaque fois c'est surprise c'est l'une des beautés de l'acte électoral quand même et franchement l'idée que majorité absolue ou majorité relative ça soit si fondamental bon il faut peut-être quand même un petit peu raison gardée Jean Fourquet là où il y a quelque chose de sans doute inédit sur la clarification de la ligne c'est comme on a un président

57:20
Présentateur

et de gauche et de droite il y a une palette d'options qui lui est ouverte qui n'était pas ouverte à ses prédécesseurs comme on l'a dit tout à l'heure on fait campagne au premier tour de la présidentielle pour capter l'électorat

57:33
Invité

de Valérie Pécresse donc c'est la retraite à 65 ans on est au deuxième tour face à Marine Le Pen Jean-Luc Mélenchon est le faiseur de roi 22% donc on parle on tente de parler à l'électorat insoumis on continue de lui parler

57:44
Présentateur

lors de la composition du gouvernement et puis dans l'entre-deux-tours ça cafouille on dit peut-être là maintenant il faut reparler à l'électorat de droite donc désembardé comme ça dans le vieux monde quand c'était gauche-droite c'était un peu moins un peu moins sinueux que se disent les chefs de parti et Macron dans leurs entretiens actuels alors j'imagine qu'Emmanuel Macron les reçoit et leur demande qu'est-ce que tu es prêt à faire est-ce que tu es prêt à gouverner avec moi et à quelles conditions quand ils sortent du rendez-vous ils disent il m'a beaucoup écouté donc ça veut dire qu'en fait ils attendaient que Macron leur dise quelque chose et en réalité Macron ne fait que les écouter comme il a l'habitude de faire parce que moi je pense que ces journées de consultation c'est aussi une façon d'occuper l'espace au moment où ça ne veut pas dire qu'il va mettre en application ce qu'il a entendu je ne crois pas que demain soir on aura une solution je pense qu'aujourd'hui la nuit Paris va à l'Assemblée nationale avec le broie qu'on a vu je pense que c'est une façon de montrer que de gagner du temps comme on a dit et de combler un peu le vide en réalité les jours d'Elisabeth Borne au gouvernement sont-ils comptés ?

on en a parlé un petit peu tout à l'heure je crois que même Emmanuel Macron qui a la réponse ne le sait pas moi je pense qu'elle peut tenir en tout cas sur deux moments importants pour elle le 5 juillet donc elle doit faire sa déclaration de politique générale si elle ne demande pas de vote de confiance Emmanuel Macron Jean-Luc Mélenchon lui demande il a raison il fait de la stratégie comme il sait la faire c'est-à-dire que si elle le demande elle se plante puisque tout le monde personne ne va lui donner les oppositions toutes ensemble ne vont pas lui donner la confiance et donc elle tombe automatiquement mais ce n'est pas obligatoire pour elle de le demander donc si elle le demande c'est qu'elle a envie de quitter Matignon ce qui est encore autre chose ensuite s'il y a une motion de censure les insoumis la NUP a dit qu'elle allait la déposer le jour même comme c'est prévu les républicains dont on parlait tout à l'heure faiseur de roi ont déjà dit qu'ils ne la voteraient pas et donc elle ne peut pas être adoptée cette motion de censure donc pour moi jusqu'au 5 juillet si tout va bien et si Emmanuel Macron n'a pas envie d'envoyer un signal politique ce qui serait autre chose envoyer une nouvelle personne un poids lourd quelqu'un de droite Bruno Le Maire il y a des noms qui circulent pour la remplacer elle peut tenir jusqu'au 5 juillet la république en marche ne trouvera-t-elle pas facilement des voies chez LR puisque les deux parties sont sur la même ligne sur beaucoup de sujets il y a des sujets on en parlait tout à l'heure la crise économique les retraites la dette le nucléaire peut-être que sur la sécurité c'est un peu moins vrai mais c'est vrai qu'il y a des lignes de partage ça c'est sûr mais maintenant les LR comme on l'a dit tout à l'heure ne veulent pas apparaître comme étant faire un accord d'appareil donc ça va être encore c'est une négociation parce qu'ils ne veulent pas non plus être ceux qui bloquent donc vous voyez il y a aussi c'est pour ça que la marge de manœuvre est étroite c'est-à-dire qu'il ne faut pas bloquer il ne faut pas non plus faire cet accord d'appareil donc en fait ça va se jouer comme on l'a dit au cas par cas avec les députés si on fait l'accord les LR vont finir par se faire digérer complètement

1:00:32
Invité

et phagociter

1:00:33
Présentateur

vous voyez que typiquement en région parisienne la république en marche a résisté en prenant ou en préemptant des circonscriptions qui historiquement étaient de droite et donc vous vous souvenez de Valérie Pécresse qui avait dit son programme c'est une photocopie du mien si LR est la force d'appoint de la république en marche il n'y a plus d'utilité à voter pour les républicains donc déjà

1:00:56
Invité

ils ont énormément perdu donc ils jouent aussi tout le monde joue sa survie comme au sein de la NUP

1:01:00
Présentateur

est-ce que tout le monde pourrait se dire on joue le blocage et puis on attend la dissolution moi je crois il n'a pas intérêt personne n'a intérêt

1:01:07
Emmanuel Macron

je ne vois pas l'intérêt de qui que ce soit à la dissolution je ne sais pas ça a été évoqué par les proches

1:01:13
Présentateur

d'Emmanuel Macron qui se disent c'est la seule option dans 6 mois parce que c'est la force

1:01:16
Emmanuel Macron

de dissolution nucléaire mais en attendant Macron s'il dissout maintenant

1:01:21
Présentateur

il aura la même assemblée

1:01:22
Emmanuel Macron

non il aura une assemblée pire pourquoi il va dissoudre il va nous dire ça ne me plaît pas non mais si ça ne te plaît pas encore pire la claque on redouble la claque et les autres ils n'ont pas montré quoi que ce soit d'original d'efficace non pour le moment personne n'y a intérêt et le blocage non plus c'est ça qui est intéressant c'est qu'il faut faire tout tout tout comme si on était en train de bloquer mais il ne faut pas bloquer parce que les Français le sanctionneraient mais oui il ne faut pas être celui qui portera la responsabilité du blocage d'accord

1:01:53
Présentateur

Macron pourra-t-il nommer un gouvernement avec des membres de tous les bords politiques ça s'appelle un gouvernement d'union nationale est-ce que c'est une option qui est envisagée évoquée par les proches d'Emmanuel Macron tous les bords je ne pense pas en revanche d'autres parties il aimerait bien il a déjà essayé lors du premier gouvernement il a essayé avec Valérie Herbeau il a essayé avec Yannick Jadot il a eu beaucoup de non de refus est-ce que du coup moi ce que je pense c'est que ça dépend de ce qu'il dit c'est-à-dire s'il fait des propositions exceptionnelles pour un écologiste je prends un exemple qui me tient à cœur le milliard pour les violences faites aux femmes dont les femmes ont besoin pour que ça ait mieux ce sujet-là je ne vois pas qui une féministe par exemple si elle ne va pas au gouvernement on se demande un petit peu ce qu'elle fait vous voyez et je pense qu'il peut faire ça sur tous les sujets mais il va falloir bosser le programme et là il faut tout remettre à plat la France insoumise va-t-elle faire de l'opposition systématique Macron est-il capable de se remettre en question afin de sortir de l'impasse qu'il a lui-même créé est-ce qu'il est capable de se réinventer

1:02:53
Emmanuel Macron

il est obligé

1:02:55
Présentateur

il n'a pas le choix Roland Carole à chaque fois sur la forme sur le fond

1:02:59
Emmanuel Macron

je le crois

1:03:00
Présentateur

j'ai l'impression qu'à chaque fois qu'on a eu l'impression qu'il comprenait quelque chose ça revenait en boomerang sa vraie nature moi je ne suis pas convaincue qu'il soit capable de se remettre complètement Jean Fourquet on verra vous prenez beaucoup de risques ce soir on est dans la psychologie on avait repris la main au moment de la crise des gilets jaunes avec ce grand débat et puis ça n'a pas empêché depuis qu'on ait encore

1:03:25
Élisabeth Borne

ce procès en jupitérisme etc

1:03:27
Présentateur

allez une dernière question au vu de l'agenda international chargé du président que peut-on espérer de la part de la majorité pendant son absence ça va être calme plat jusqu'à jeudi jeudi prochain mardi prochain et bien c'est l'heure de retrouver maintenant toute l'équipe de C'est à vous merci à vous tous bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir bonsoir Caroline longue de choc électoral vu de l'Elysée Emmanuel Macron restrait dimanche soir face au résultat et qui tâtonne depuis voilà comment le journaliste du Parisien collègue d'Ève Roger Olivier Beaumont raconte les coulisses d'un deuxième tour catastrophique pour le président il est notre invité à tout de suite merci Anne-Elisabeth bonne émission je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air déjà ce soir à 23h50 et puis quand vous le souhaitez en replay et en podcast on te retrouve demain en direct à 17h50 belle soirée à 17h50

1:04:13
Locuteur

à 17h50