Gilets Jaunes : Nicolas Dupont-Aignan sur BFMTV
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 34 %Attaque 48 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteÉludée
Leur combat pour plus de pouvoir d'achat va-t-il être entendu par l'exécutif ?
- 0:36OuverteRéponse partielle
Quelle suite pour ce mouvement ? Un dialogue productif peut-il faire suite à la rencontre d'hier ?
- 1:53OuverteRéponse directe
Edouard Philippe ce matin a fermé la porte à une hausse du SMIC, qu'en pensez-vous ?
- 2:55ComplaisanteRéponse directe
Quel manque d'humanité et de compréhension de son pays selon vous ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Les Gilets jaunes aussi sont déçus, comment réagissez-vous ?
- 6:46RelanceRéponse directe
Est-ce que le gouvernement ferme la porte à tout dialogue avec sa position sur le SMIC et les carburants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12Locuteur 2Fait
« Notre politique, c'est pas de faire des coups de pouce au SMIC, notre politique, c'est de faire en sorte que le travail paye. »
- 2:21Locuteur 2Fait
« Non, je vous pose la question, oui ou non ? »
- 3:32Locuteur 10Fait
« Donner des milliards d'euros à l'Union Européenne, donner des milliards d'euros à l'accueil des migrants qui sont des clandestins. »
- 4:08Locuteur 10Promesse
« J'attendais le moratoire, l'arrêt de la taxation qui va venir du 1er janvier, sur le fuel, sur le fuel aussi, pour se chauffer. »
- 6:32Locuteur 10Promesse
« Moi, j'avais proposé zéro ISF quand l'argent de l'ISF s'investissait dans les PME françaises. »
- 11:29Locuteur 10Chiffre
« En 10 ans, on a supprimé 600 taxes, on en a créé 1300, on en a modifié 8000. »
- 11:50Locuteur 10Fait
« Il y a une perception d'arrogance de la parole politique. »
- 12:02Locuteur 10Fait
« On a besoin que nos projets partent des territoires. »
- 12:33Locuteur 10Fait
« Le désordre dans un pays, surtout en France, naît toujours de l'injustice. »
- 13:26Locuteur 10Promesse
« Il fallait d'abord dire franchement, on suspend l'augmentation du 1er janvier. »
- 13:37Locuteur 10Fait
« On taxe le travail en France à travers la taxe sur le carburant, et qu'en même temps, le fuel des cargos qui apportent des produits polluants du monde entier n'est pas taxé. »
- 17:30Locuteur 10Promesse
« Moi, j'avais proposé zéro ISF quand l'argent de l'ISF s'investissait dans les PME françaises. »
- 21:45Locuteur 1Chiffre
« Une augmentation de 1% du SMIC, ça détruit, selon les calculs, entre 5 000 et 30 000 emplois. »
- 27:19Locuteur 4Chiffre
« Depuis 2009, les entreprises du CAC ont consacré 67% de leurs bénéfices au versement de dividendes aux actionnaires. »
- 27:49Locuteur 4Chiffre
« Le revenu médian en France, le salaire médian en France, c'est 1 700 euros. »
- 27:53Locuteur 4Chiffre
« La retraite moyenne en France, c'est 1 370 euros. »
- 28:09Locuteur 4Chiffre
« Il y a 37% des Français qui n'arrivent pas à faire face à leurs dépenses d'énergie. »
- 28:35Locuteur 4Chiffre
« Chaque année, le prix de l'essence augmente de 3 à 5 centimes du litre. »
- 29:31Locuteur 4Chiffre
« On finance entre 5 et 7 milliards par an de ces énergies renouvelables. »
- 35:36PrésentateurFait
« On a réformé la SNCF, a supprimé 9000 kilomètres de ligne. »
- 36:06PrésentateurChiffre
« Il y a 25% seulement de la fiscalité verte qui est utilisée pour l'écologie. »
- 37:07PrésentateurFait
« C'est faux. »
- 37:14PrésentateurFait
« J'ai été rapporteur de la loi Ferroviaire et que ça a été un peu mon sujet pendant plusieurs mois. »
- 38:52PrésentateurFait
« On est dans un pays qui est trop taxé, qui dépense trop. »
- 39:46PrésentateurPromesse
« Il faut baisser la fiscalité des entreprises. »
- 40:21Locuteur 6Chiffre
« Il y a 40 milliards, c'est juste pour la retraite. »
- 41:24Locuteur 10Chiffre
« On a voté à l'Assemblée, un lundi, en deux heures, 2 milliards d'euros supplémentaires nets. »
- 41:36PrésentateurChiffre
« Une Union européenne qui nous coûte 9 milliards d'euros nets et qui subventionne la Turquie, l'Albanie, l'Ukraine. »
- 58:26Locuteur 1Fait
« On est le pays d'Europe qui avons le niveau de dépense publique le plus élevé, le niveau d'impôt le plus élevé. »
- 1:07:30PrésentateurFait
« J'ai vu Laurent Berger, lundi, pendant 30 minutes, et on a parlé de comment construire ensemble, dans les territoires, des solutions hyper concrètes. »
- 1:07:59PrésentateurFait
« Dans les entreprises, des plans de déplacement, dans les entreprises, pour avoir plus de mobilité partagée. »
- 1:09:42PrésentateurFait
« Je pense qu'au moment de la Révolution française, dans les cahiers des doléances des gens qui ont fait cette Révolution, il y avait ce que BFM de l'époque aurait trouvé excessif. »
- 1:09:50PrésentateurFait
« Je trouve que ce qui est formidable, c'est que ça peut être une Révolution, mais pas au sens sanglant de la Révolution française, une Révolution citoyenne. »
- 1:10:30PrésentateurFait
« Moi je souhaite une révolution citoyenne, pacifique, et une révolution qui permette à la majorité des gens de s'exprimer. »
- 1:10:40PrésentateurFait
« Ce qui est sans doute le grand problème de la France d'aujourd'hui, c'est que l'État a déserté la question salariale. »
- 1:11:01PrésentateurFait
« L'important, c'est de ramener maintenant la question sur la question salariale. Il faut augmenter les salaires. »
- 1:11:59PrésentateurFait
« Ils voulaient s'approcher au plus près de l'Elysée pour s'adresser directement à lui. »
- 1:12:06PrésentateurFait
« C'est la conséquence sans doute d'une présidence qui a été trop verticale. »
- 1:16:47Locuteur 3Fait
« Il faut qu'on reparte à zéro, avec des citoyens, porte-parole dans chaque commune. »
Temps de parole
- Présentateur62 %
- ?19 %
- Locuteur 107 %
- Locuteur 17 %
≈ 57,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous, bienvenue en direct sur BFM TV, soirée exceptionnelle à quelques jours d'un acte 3 probablement pour le mouvement des gilets jaunes. Leur combat pour plus de pouvoir d'achat va-t-il être entendu par l'exécutif ? Edouard Philippe ce matin sur BFM TV RMC a déjà fermé la porte, un coup de pouce au schmic. Si les manifestants sont moins nombreux, l'opinion allait clairement derrière eux désormais. Alors quelle suite pour ce mouvement ? Un dialogue productif peut-il faire suite à la rencontre d'hier déjà au ministère de l'écologie ? On est ce soir sur ce plateau, vous l'avez compris, Nicolas Dupont-Aignan, bonsoir, bienvenue. Merci d'être avec nous, vous
êtes
président du parti Debout la France. Bonsoir Agnès Berdy-Molinier, vous êtes directrice de la fondation IFRAP. Merci d'être là avec Jean-Baptiste Djibar également, bonsoir à
vous et bienvenue.
Député La République En Marche de la Haute-Vienne, Bruno Jeudy est avec nous, notre éditorialiste politique BFM TV. Benjamin Hamard qui est responsable de la politique revendicative de la CGT Val-de-Marne, nous rejoint dans une petite seconde. Et dès 21h30, 21h50, ce sera l'insoumis Gérard Miller qui viendra également se joindre à nous sur ce plateau. Des documents exceptionnels, des analyses, des chiffres et bien sûr du débat. C'est ce qu'on vous propose tout au long de cette soirée et jusqu'à minuit ensuite avec un grand angle exceptionnel autour de Bruges-Toussaint et ses invités. Et un 45 minutes d'enquête au plus près des Gilets jaunes.
On démarre en tout cas tout de suite cette émission avec nos invités.
Les
mots d'Edouard Philippe ce matin, il était au micro de Jean-Jacques Bourdin, ça ne vous a pas échappé. Carburant, SMIC, salaire des ministres. Edouard Philippe a répondu ce matin aux revendications des Gilets jaunes. Je vous en prie,
on
l'écoute.
Notre politique, c'est pas de faire des coups de pouce au SMIC, notre politique, c'est de faire en sorte que le travail paye. Donc il n'y aura pas de coups de pouce au SMIC en janvier ? Non, je vous pose la question, oui ou non ? Il y aura une revalorisation et la revalorisation légale.
Absolument prévue par
la loi, il n
'y
aura pas un coup de pouce supplémentaire. Rien de plus ? Non. Aujourd'hui, on est en train d'inverser la courbe. C'est lent, je suis d'accord avec vous. C'est trop lent, je suis d'accord avec
vous. Mais ma
politique, M. Bourdin, c'est que le travail paye. C'est-à-dire faire en sorte, faire en sorte que progressivement, ça ne
se
fait pas en un jour, j'en suis parfaitement conscient, mais faire en sorte que progressivement, le travail paye.
Il a dit non, Nicolas Dupont-Aignan, il a dit non à une revalorisation du SMIC. Mais il dit, je vais les recevoir les Gilets jaunes. On va discuter, on va dialoguer.
Moi,
quand je vois ça, je me dis, mais quel manque d'humanité d'abord. Quel manque de compréhension de son pays, de notre pays. Je suis écoeuré et je comprends que les Français qui travaillent justement, et qui ont vu Emmanuel Macron donner des milliards
d'euros,
parce
qu'il dit non, mais il n'a pas dit non pour donner des milliards d'euros aux plus riches de France. Mais si encore cet argent ruissellet était utile, non, n'importe comment. Donner des milliards d'euros à l'Union Européenne, donner des milliards d'euros à l'accueil des migrants qui sont des clandestins. Mais en revanche, pour ceux qui travaillent, parce que ce que ne comprend pas Édouard Philippe,
c
'est que la voiture, la camionnette pour un artisan, le tracteur pour un agriculteur, le camion pour un routier, c'est un instrument de travail. Et donc, ce que je ne comprends pas dans l'attitude du gouvernement, mais vraiment, je le dis presque avec tristesse, c'est qu'il
ne
sort pas de ses schémas.
Et la
voiture, ce n
'est
pas bien, ça pollue, on la prend quoi ? Pour faire des tours, faire du circuit 24 ? Non. Les Français travaillent avec leur voiture. Donc moi, j'attendais du gouvernement, au-delà de la hausse légère du SMIC qui aurait mis un peu de beurre dans les épinards, j'attendais le moratoire,
l'arrêt
de la taxation qui va venir du
1er janvier,
sur le fuel, sur le fuel aussi, pour se chauffer, alors qu'il
y
a 8 millions de Français qui ne se chauffent pas. Alors Jean-Baptiste Gébari, vous entendez Nicolas Dupont-Aignan ?
Les Gilets
jaunes aussi sont déçus. Je vois que M. Dupont-Aignan a oublié qu'il s'est passé en juin 2017, en mai 2017, une élection présidentielle, et qu'Emmanuel Macron a été élu sur un programme, et que dans ce programme, il y avait toute une politique sur le pouvoir d'achat que nous mettons en œuvre,
que nous mettons sur
les revenus, l'augmentation des revenus. Écoutez, moi j'ai fait un truc simple, j'ai regardé Capital, M6, dimanche soir, et les journalistes sont allés voir des Français, un peu partout, des couples, des familles de 2, de 3, en Ile-de-France, par les territoires, et regardaient, factuellement, ils montraient leur fiche de paix, ça faisait 20, 30 euros en plus depuis le mois d'octobre, et regardaient leur feuille d'imposition, ça faisait 120, 130, 140 euros sur la baisse de la taxe d'habitation. Alors c'est peut-être pas le Pérou encore, mais c'est la politique concrète, et c'est loin des caricatures que vous nous présentez ici.
Et je vous dis d'un mot, juste sur la suite, le SMIC 300 euros, je dis pourquoi pas, asseyons-nous et disons alors ce que nous coupons comme dépenses publiques. Parce que ce discours qui consiste à dire, on peut raser gratis, et même sur intégrer l'ISF, vous savez très bien qu'on est incapable aujourd'hui, avec les 3,5
milliards
en plus, de subventionner ou de mettre en œuvre un salaire minimum augmenté de 300 euros. Donc moi je dis un truc très simple. Toutes les mesures peuvent être
étudiées,
puisque rien n'est idiot en soi. En revanche, je savais très bien qu'on est dans un cadre budgétaire contraint, et qu'en face des dépenses qu'on fait dans un pays qui vit
de
dettes depuis 40 ans, qui collecte moins qu'il ne dépense, ces mesures-là, que vous soutenez peut-être par une humanité ou un humanisme un peu de façade, elles ne sont pas des mesures
réalistes. On va venir, on
va
venir. Je
voudrais juste dire un mot, juste un mot. Vous avez raison sur les chiffres que vous avez cités, les premiers, sur les 30
euros. Mais vous oubliez
de
dire toutes les décisions que vous avez prises qui ont augmenté les dépenses contraintes des Français,
la taxe sur les carburants, la taxe sur le fioul, la taxe sur l'électricité, la taxe sur le forfait hospitalier.
Et vous oubliez toutes les mesures d'accompagnement, le chèque énergie, les limites de kilométrie. Le chèque énergie,
vous
avez augmenté les taxes supérieurement au chèque énergie. Donc,
ce qui ne va pas... Mais ça dépend des situations, ça dépend... Mais on pourra avoir ces décisions-là.
Pourquoi vous êtes impopulaire en ce moment et pourquoi les gens sont en colère ? C'est qu'en vérité, vous mentez aux Français parce que vous assédez des chiffres qui ne
correspondent pas à la réalité de ce qu'ils vivent, de ce qu
'ils
connaissent. Quant au SMIC, je n
'ai
jamais proposé 300 euros d'augmentation. Moi, je ne
suis
pas Merlin Lanchanteur. J'ai des propositions, au contraire, très raisonnables. Mais la première proposition, c'est qu'il faut arrêter de prélever 6 milliards d'euros, 3 milliards le 1er janvier 2018, 3 milliards supplémentaires le 1er janvier 2019 sur les automobilistes. Ça, c
'est inacceptable.
Alors, attendez, on va y revenir point par point. Agnès Verdier-Moligny, je voudrais vous entendre. Est-ce que ce matin, en fermant la porte à la hausse du SMIC, revalorisation finalement qui aura lieu au 1er janvier, mais légale, rien de neuf sous le soleil, en fermant la porte sur la hausse des carburants, est-ce que lui-même, Édouard Philippe et le gouvernement, l'exécutif, ferment la porte à tout dialogue, en définitive ?
Sur
la question de la fiscalité énergétique, c'est la taxe sur les carburants, c'est ce qu'on vit
en ce moment. C'est les 3 milliards 9 qui vont arriver à partir de janvier 2019 en TICPE supplémentaires. Mais c'est aussi une trajectoire très lourde jusqu'en 2022. C'est-à-dire que nous, à la Fondation IFRAP, on a regardé finalement les recettes de la fiscalité, ce qu'on appelle la fiscalité verte, la fiscalité énergétique. En 2017, c'est 50 milliards. À l'horizon 2022, ce sera 67 milliards. Ça fait 17 milliards de plus sur le quinquennat. C'est très élevé. C'est un éverest fiscal qu'on n'a jamais vu en France en la matière. Et je crois que le gouvernement ne pourra pas tenir, quel que soit son objectif aujourd'hui. Ce cap n'est pas tenable. Ils vont devoir reculer.
Il y a un premier recul qu'on a eu. C'est celui du président de
la
République qui a dit qu
'il
y aura une sorte de... Compensation.
Il y aura une sorte de
TIPPE
flottante. Une sorte de
TICPE
flottante. En tout cas, Adore Philippe a eu du mal ce matin. Laissez-moi
finir.
Parce
que finalement, personne n'a très bien compris comment ça marche. Parce que ce sera revu par trimestre. Ce ne sera pas automatique. Alors que précédemment,
les expériences
précédentes étaient automatiques.
C
'est vrai qu'il y a un souci de ce côté-là. Et pourquoi on en arrive là, finalement ? Pourquoi on en arrive là ? Tout simplement parce que toutes les baisses d'impôts qui ont été décidées par le gouvernement ont été gagées de l'autre côté par des hausses d'impôts. Pourquoi ? Parce que, vous l'avez très bien dit tout à l'heure, il n'y a pas véritablement de baisse de la dépense publique. Donc, tant qu'on n'aura pas en face des baisses d'impôts... Alors, il y a des baisses d'impôts. Il y a la baisse de la taxe d'habitation. Il y
a
des baisses de
cotisations
sociales. Mais de l'autre côté, vous avez vu, par exemple, les cotisations sociales salariales qui ont été supprimées. Elles ont été gagées par des augmentations de CSG. Alors, ce n
'est
pas exactement les mêmes qui paient. Mais globalement, les Français sont toujours dans le pays le plus imposé. Tout à fait. Il n
'y
a pas de pays
le plus imposé. En fait, les baisses ne se voient pas. Les baisses ne se voient pas à la fin du mois. Elles ne se ressentent pas.
Parce que, globalement, il n'y a pas de baisse. Et qu'en réalité, en 2022, si on suit la trajectoire budgétaire, on aura beaucoup plus de taxes qu'aujourd'hui. On sera vraiment à un niveau de 1 188 milliards d'impôts si on suit la trajectoire gouvernementale. Donc, beaucoup plus qu'aujourd'hui. Ça,
ça
fait fin. Il y a
eu
un récipus de croissance. Donc,
plus de croissance. Non, mais
on
voit
bien que... Mais en part de prélèvement obligatoire par rapport au PIB, c'est pareil. On retourne
au niveau d
'imposition de 2016 à la fin du quinquennat. Et donc, là, il y
a
un problème parce que les Français attendent des choses. Parce qu'il y a eu beaucoup d'effets d'annonce.
C
'est ça. Beaucoup d'attente.
Alors, attendez. Ce ne sont
surtout pas les mêmes
qui
payent. C'est ça, la grande injustice. Alors,
justement... Si je peux
juste compléter, et puis le monsieur répondra, mais les chiffres que dit madame sont très justes. Et même quand l'INSEE dit, globalement, ça s'équilibre. Oui, mais ce n
'est
pas du tout les mêmes qui payent. Et c'est là où les Français les plus modestes et les classes moyennes sont ulcérés parce qu'elles, elles n'ont plus rien pour vivre. Et on les taxe.
Et
en revanche, les plus aisés du pays ont des cadeaux fiscaux. Mais c'est insupportable. On peut imaginer une politique pour aider le réinvestissement en France. Mais là, c'est une politique d'une injustice
incroyable. Alors, une politique d'une injustice incroyable. Aucun gouvernement n'a osé
faire
ça depuis la Libération. Alors, attendez. Jean
-Étise Gébari. Juste une politique tellement injuste qu'aujourd'hui, regardez les chiffres du jour, notre sondage Elab pour BFM TV, 75% des Français, soit 5 points en une semaine, soutient la mobilisation des Gilets jaunes. 58% des électeurs d'Emmanuel Macron soutiennent le mouvement. 20% des Français se définissent comme les Gilets jaunes. Qu'est-ce que vous faites de ça ? Entre la violence dans les manifestations samedi dernier, donc cette radicalisation du mouvement, l'opinion qui est massivement là, derrière les Gilets jaunes, comment vous vous en sortez ? Il n
'y a
pas de proposition concrète ? Non, plein de choses. D'abord, les Gilets jaunes, moi, je les ai reçus à ma permanence. J'en ai rencontré hier une douzaine qui expriment plein de choses variées, différentes, hétéroclites, pas forcément cohérentes entre elles. Donc quand vous avez une plateforme de 20 mesures qui vous disent réinstauration de
l
'USF, qui vous disent dissolution de l'Assemblée nationale, qui vous disent suppression du Sénat, qui vous disent... En fait, vous avez toujours un élément à vous raccrocher. Et tout le monde peut être un peu Gilet jaune si l'un ou l'autre des éléments
vous
satisfait. Ça n'en fait pas une plateforme politique. Ça n'en fait pas une cohérence politique. Et nous avons été élus sur une politique. Mais si on dit aujourd'hui qu'en France, et ça ne l'aide pas d'aujourd'hui, si on dit qu'on est un peu malade de la folie fiscale, moi, j
'ai
des chiffres très simples. J'ai eu une étude dimanche dernier. En 10 ans, on a supprimé 600 taxes, on en a créé 1300, on en a modifié 8000. On fait de la politique par taxe. Je ne
dis
pas qu'on est meilleur que
les autres. Et comment ça se fait que les Français ne l'entendent pas, ne le sentent pas, ne le ressentent pas ?
Et moi, qu'est
-ce
que je tiens de mes discussions avec les Gilets jaunes ? Je tiens trois choses.
D
'abord, et ça,
c
'est peut-être à prendre sur nous. D'abord, il y
a
une perception d'arrogance de la parole politique. Peut-être pas que la nôtre. Mais la nôtre, en tout cas, et donc ça, il faut corriger. Deuxièmement, ils nous disent, les Gilets jaunes, en tout cas de mon territoire, avec des sujets qui sont particuliers, on a besoin que nos projets partent des territoires. Chez moi, c'est la couverture numérique, c
'est
les enclaves routiers, etc. Et ils nous disent, on veut plus de démocratie locale. Et je dis que nous avons des choses à inventer sur ce sujet. Mais qu'en revanche, il n
'y
a pas de plateforme politique cohérente des
Gilets jaunes ?
Non, mais attendez, attendez, là-dessus, Nicolas Dupont-Aignan, justement, il n
'y a
pas de plateforme, il n
'y a
pas d'unité, il n
'y a
pas un mot d'ordre,
il
n
'y a
pas une revendication.
Il
n
'y a
pas... Mais
c'est pas la chocquer répondant. Quand on
entend, effectivement, la liste des revendications, Nicolas
Dupont-Aignan,
on entend tout et son contraire,
jusqu'à un
référendum, la dissolution nationale,
etc. Si on en est
là,
le désordre, le désordre dans un pays, surtout en France, naît toujours de l'injustice. C'est l'histoire de France. Et naît de l'arrogance. Moi, ce qui me frappe, et ce que je ne comprends même pas chez le gouvernement, c'est-à
-dire
que je m'interroge, je me dis, mais qu'est-ce qu'ils ont ? Ils vivent à ce point hors sol ? Bien évidemment, c'est qu'avec l'attitude d'arrogance du président, qui a pris sur les classes moyennes pour donner aux très riches, qui, de surcroît, méprise son peuple, qui va jusqu'à inventer un délire de peste brune sur les Champs-Elysées, une manipulation surréaliste ce week-end, qui fait que moi, j'ai rencontré des mères de famille, des artisans, des retraités, des femmes, retraitées à minuit sur un rond-point, elles n'y sont pas par hasard, elles n'appartiennent à aucun parti. Donc, il y
a
un sentiment, comment dire, un tel rejet de la part du pouvoir politique qu'aujourd'hui, on aboutit à des revendications protéifères. Moi, je propose quelques solutions simples. Premièrement, il fallait d'abord dire franchement, on suspend l'augmentation du 1er janvier. Il fallait ce geste de réconciliation.
Deuxièmement, ce qui est incroyable, c'est qu'on taxe le travail en France à travers la taxe sur le carburant, et qu'en même temps, le fuel des cargos qui apportent des produits polluants du monde entier n'est pas taxé.
La taxe carbone, soyons précis, la taxe carbone sur l'industrie atteint 20 euros, alors qu'elle va atteindre, au terme du processus que madame a cité, 80 euros.
Les
centrales à charbon allemandes polluent
le pays par vent d'est, mais ça n'en fait rien. Il
y a un moment,
discours écologique, oui, mais discours écologique, juste. On va juste faire un tour de table,
parce
que je voudrais tous vous entendre. Agnès Verdier-Moliné, à la fois sur cette opinion publique, aujourd'hui, derrière les Gilets jaunes, de manière très massive, avec néanmoins une mobilisation en baisse, mais parce que ce n
'est
pas tenable non plus pour ces gens, salariés, souvent, qui vont sur les barrages, ou qui vont se mobiliser. Mais là, quand on est à cette prise de conscience de l'opinion et à cette manière de rejoindre ces Gilets jaunes, ça veut dire quoi pour le gouvernement ? Ça veut dire tout simplement que la fiscalité française est devenue insupportable, mais ce n
'est
pas le sujet, simplement, de la transition écologique, ce n
'est
pas le sujet juste des taxes sur le diesel. Finalement, c
'est
la goutte d
'eau
qui fait déborder le vase, mais on avait déjà eu des alertes précédemment. Et quand j'ai sorti mon livre En marche vers l'immobilisme, j'ai voulu alerter le gouvernement et la majorité sur le fait que, finalement, le ras-le-bol fiscal était très proche, n'était pas loin. Je commence, d'ailleurs, le livre sur ce sujet. Et là, ce que l'on voit, c'est que, finalement, on va rentrer dans une période où, finalement, et d'ailleurs, le président de
la
République l'a dit, le consentement à l'impôt, alors que la France est un pays avec un très fort consentement à l'impôt, traditionnellement, le consentement à l'impôt n'est plus là parce qu'on a atteint le maximum du supportable, quel que soit l'impôt. Donc, maintenant, il faut qu
'on
soit dans un reflux de l'impôt. Et là où je ne serai pas d'accord avec vous,
c
'est sur un sujet. La fiscalité, notamment sur les questions d'ISF, sur les questions de prélèvements forfaitaires uniques, il fallait une baisse de la fiscalité sur le capital. Et c'était absolument nécessaire et urgent. Pourquoi ? Pour qu'on investisse aussi dans notre pays. Mais derrière, il faut aussi une baisse de la fiscalité pour tout le monde. Et y compris pour les entreprises, pour les ménages, pour les ménages modestes, pour les entreprises, pour tout le monde, pour l'ensemble des Français. Mais ça demande. Et c'est ça, c'est là qu'il
y
a une
contradiction.
On a l'impression qu
'on
ne
fait
rien, mais c
'est 24
milliards
cette année. C'est 6 milliards de
baisse d'impôt sur les ménages.
C'est 18 milliards ces entreprises. Non, mais les 6 milliards... Attendez, je peux vous raconter ce qu'on veut. Est-ce que je peux vous dire ? Je finis à dire... Les 6
milliards de pouvoir d'achat en plus, soi-disant, sur les ménages...
C
'est pas
soi-disant, c'est
factuel. Non,
mais
non, c'est pas factuel. Je suis désolée. L'addition qui a été sortie par Bercy sur le sujet est fausse. Beaucoup l'ont dit de tous les bords possibles. Donc à un moment, il faut arrêter aussi de redécorer les choses parce que ça vous
joue des tours. Et ça vous joue des tours. Dans la mesure,
il
y a une attente énorme qui
est créée et qui, en fait, ne
reçoit rien en face. Moi, je réponds sur la justice parce qu'on peut
faire le même constat avec Nicolas Dupont-Aignan. Nous n'apportons pas les mêmes solutions. Je suis d'accord qu'il y a une surconcentration de la richesse partout dans le monde, et y
compris
en France. Quand vous voyez que 98% de la richesse produite ou 90% est captée par les 2% les plus riches. On peut tous faire ça. On peut tous faire ce constat-là. Mais vous, vous apportez une solution qui, à mon avis, n'est pas la bonne au niveau
français
stricto sensu quand nous, on pense que la régulation, elle se fait un peu en France. Elle se fait par des mesures, effectivement, d'accompagnement des moins aisés, mais elle se fait beaucoup au niveau européen. Mais vous citiez, par exemple, des secteurs comme le transport aérien qui sont par nature ouverts à la concurrence internationale sur laquelle les entreprises françaises se font domper depuis des années. Nous n'avons jamais été capables, au niveau européen, de mettre en place une Europe sociale, une Europe puissance, une Europe qui régule.
Juste... Moi, juste un mot sur l'ISF. C'est un mot
sur l'ISF Est-ce qu'il fallait, oui ou non, supprimer l'ISF ? Je pense que oui.
Oui, il fallait même
supprimer l'IFI.
Il y
a
un sujet symbolique politique sur lequel on est attaqué en permanence. Et est-ce que c'était une bonne mesure symbolique ? Je pense que non.
Je
pense que... Et donc, du coup, dans cette dichotomie qu'on peut tous vivre, on a une mesure qui, sur le plan fiscal stricto sensu, fait sens. Et on a une mesure qui, symbolique,
fait
les
choux gras de l'opposition. Mais un
mot... Très court sur l'ISF.
Moi, j'avais proposé zéro ISF quand l'argent de l'ISF s'investissait dans les PME françaises. C'était une mesure qui donnait un coup de pouce pour
que l'argent des riches ruisselle en France. Vous,
vous avez donné... Si je peux finir, vous avez donné 5 milliards
d'euros. On n'en a pas vu la couleur. Et c'est ça que je reproche. Vous savez, tout n'est pas blanc ou noir. Ce
que je voudrais,
c'est que le travail en France paye. C'était votre idée. Et pourquoi votre discours n
'est
pas cru ? Non, vous ne le faites pas. Non, c'est parce qu
'on est
attaqué
en permanence. Regardez le repos de l'Ontario. On va vous donner la parole. On va vous dire des
choses réelles. Et le travail en France est surtaxé alors que le travail qui fuit de France est détaxé.
Oui, mais... Attends, attends, attends. C'est une question de la taxe sur les transactions financières. Juste, la taxe sur les transactions financières. Je vais poser
une question à monsieur. Oui, monsieur. La taxe sur les transactions financières. On en parle depuis des années. Elle n
'est
toujours pas faite. Mais il faut le
faire. Mais il faut le faire. Il faut le faire. Il faut pas que
cette
question de la fiscalité ne doit pas
aboutir à, finalement, une opposition entre les riches, les pauvres, les retraités,
les actifs, les ruraux, les
urbains. Je pense qu'il ne faut pas tomber finalement
dans ces
caricatures-là.
Ce n'est pas une caricature. Les transactions financières ne sont pas taxées. Non, mais je ne parle pas de vous spécialement. Je parle en général dans l'analyse.
L'analyse, la bonne analyse, c'est de dire qu'il faut un véritable reflux de notre fiscalité au global sur l'ensemble de ceux qui paient cette fiscalité. Alors,
attendez. On le finance en baisse de dépense. Je vais vous dire qu
'un d'entre vous, on est là pour toute la soirée. Rassurez-vous. Emmanuel Lechypre, Bruno Jeudy. Vous, Emmanuel Lechypre, d'abord, quand même, ce matin, Édouard Philippe qui dit non, qui ferme la porte, de manière avec élan, j'allais dire, à la hausse du SMIC.
On
comprend ? Il y a
la lecture de la cohérence politique. Et la cohérence
politique,
c'est de dire quoi ? C'est de dire que si vous privilégiez l'emploi, si vous privilégiez le travail, il faut savoir que tout coup de pouce au SMIC, au-delà de l'indexation simple, détruit des emplois. Vous prenez tous les travaux faits par des économistes de gauche, de droite, etc.
Il y a des experts, un groupe d'esperts, depuis 2008, qui planchent sur le sujet de la année. Une augmentation
de 1% du SMIC, ça détruit, selon les calculs, entre
5 000 et 30 000 emplois. Donc
si vous dites que votre priorité, c'est l'emploi... D'abord, on va rappeler que depuis 2012, il
n
'y a
plus eu de... L
'État n'a plus accordé du coup
de pouce au SMIC depuis juillet 2012.
Parce que la
réalité du SMIC,
c
'est quoi ? Et qui est très difficile à entendre. Qui est très difficile à entendre. C'est qu'aujourd'hui, le SMIC, c'est une machine à fabriquer
du chômage et des travailleurs pauvres. Et que quand vous augmentez le SMIC, vous prenez en fait aux plus fragiles pour donner aux un petit peu moins fragiles. Je vous explique tout simplement. Je vous explique tout simplement. Pourquoi le SMIC fabrique du chômage ? Parce que, à cause d'hommes politiques extrêmement déraisonnables depuis 30 ans, qui l'ont augmenté de façon déraisonnable
deux
fois
plus
vite... C'est vrai que la France avec un
SMIC vit
très bien. Mais attendez, on y arrive !
On
y arrive !
Laissez
-moi finir ! Laissez-moi finir ! On y arrive ! On y arrive ! On y
arrive
!
Attendez, on ne peut pas s
'arrêter là, Nicolas Dupont-Téguin. Non, c'est pas le raisonnement qui est comme ça. La réalité, c'est
que si la France, c'est le pays qui a à la fois beaucoup de chômage et beaucoup de précarité, c'est parce qu'on a des raisonnements comme les vôtres. Non.
Mais si, bien sûr que oui. Continuez
comme ça. Attendez, laissez-moi finir !
Parce que je suis totalement d'accord avec vous. Je suis indigné. Vous allez répondre, Nicolas Dupont-Téguin.
On
ne peut pas vivre avec un SMIC. Mais bien
évidemment
! Et les solutions, c'est quoi ? C'est la
faute des SMICAR s'il
y a
du chômage ? Pas du tout. Ce n'est pas la faute de la taxe sur les transactions financières des travailleurs détachés qui
ne payent pas
leurs
charges sociales ? Mais
c'est tellement facile d'accuser toujours les SMICAR.
Non,
mais on n'accuse pas les SMICAR.
Ce que je vous dis, Nicolas Dupont-Téguin, la réalité, c'est quoi ? C'est qu'il y a des gens qui, aujourd'hui, n'ont
pas de
travail parce qu'ils sont peu
qualifiés,
parce qu'ils sont fragiles, parce qu'ils sont jeunes. Et pourquoi vous importez les travailleurs détachés qui sont payés des misères et qu'on laisse faire, M.
Macron et les autres
?
Vous pouvez mettre tous
les sujets sur la table. Non, je ne mets pas tous les sujets. Je ne mets qu
'un SMICAR
aujourd'hui pour pas de boulot. Respectez
-vous,
s'il vous plaît, parce que sinon on ne
respecte pas
ça. Imaginez les gens qui nous regardent. Mais justement, c'est pour ça qu'on pose la question. Ils
sont au chômage parce que, pour les entreprises, et on peut le déplorer, le coût du travail minimum est trop élevé.
Et la deuxième raison... Quand
vous allez
en
Suisse et que l'infirmière est payée deux fois,
qu
'est-ce qu'elle est payée en savoir
? Entièrement d
'accord.
Bon, alors, et la Suisse, c'est un pays qui a moins de dépenses publiées. Madame le dira, c'est qu'elle a une autre politique
économique.
Nicolas Dupont-Téguin, la deuxième chose, c'est que quand, à cause de ce SMIC
trop
élevé... Attendez,
Nicolas Dupont-Téguin, à cause de ce SMIC trop élevé, vous avez baissé les charges sur le salaire autour du SMIC et que, du coup, les patrons, ils n'ont aucun intérêt à vous augmenter et que vous restez au SMIC toute votre vie. Vous avez... Vous vous rendez compte que le SMIC
tel qu'il est
aujourd'hui, vous
fabriquez
du chômage et des travailleurs pauvres.
Et qui est dans la rue aujourd'hui ? Les chômeurs et les travailleurs pauvres. On est d'accord.
Là où Emmanuel a raison, c'est qu'à chaque fois qu'on fait des allègements de charges, on les fait au niveau du SMIC.
Exactement. Je suis
d
'accord. On
proche
du
SMIC.
Et qu'après,
on
a
des marches avancées en termes de charges qui
sont tellement énormes. Je termine, Nathalie, je termine très vite parce qu'on ne peut jamais terminer. Non, on ne peut pas
terminer
là-dessus. On ne peut pas terminer là-dessus. La
réalité, c'est que la vraie question, c'est comment on fait pour redonner du pouvoir d'achat.
Et là,
il y a plein de solutions que ce gouvernement n'explore pas. La première solution, c'est de rappeler quand même qu'il y a deux impôts sur le revenu en France. Il y
a
l'impôt sur le revenu qui est effectivement payé par la moitié des Français, les plus riches. Et il
y a
la CSG. La CSG, elle frappe les moins riches
à
un niveau de
9% dès
le départ qui est beaucoup trop élevé. Donc, une des solutions, c
'est
de faire une CSG progressive pour que sur les premiers euros gagnés,
vous soyez...
Vous auriez dû commencer
par là. Benjamin Amard va venir nous joindre. On ne peut jamais aller jusqu'au bout. Merci, Emmanuel. Vous auriez dû commencer par là. Bien
évidemment qu'on ne peut pas vivre aujourd'hui avec le SMIC, mais qu'il faut
trouver
d'autres solutions.
Alors,
Bruno Jeudy, Benjamin Amard va venir nous joindre sur ce plateau comme prévu. Merci beaucoup. Emmanuel, vous avez justifié parce que vous avez eu ce propos qui a beaucoup fait réagir déjà ce matin. Donc, sur Twitter, c'était évidemment important de vous entendre justifier le pourquoi du comment sur cette non-hausse, enfin sur cette... L'idée,
c
'est que si vous augmentez
encore le SMIC,
vous fabriquez encore plus de chômage
et encore plus de travailleurs pauvres. Après,
M.
Jeudy, j'aimerais juste
faire une remarque de proposition.
Bruno, Bruno. Je ne
vais
pas revenir sur le SMIC. Moi, je vais revenir plutôt sur la situation d'Emmanuel Macron. On est aujourd'hui, avec le sondage, montre, c'est la deuxième semaine. On est presque dans la troisième semaine du conflit
des Gilets jaunes. Et je crois que c'est une crise majeure que traverse le gouvernement. Et c'est vrai que il a multiplié, j'allais dire, l'exécutif a multiplié les erreurs. Sans doute, au départ, il y
a
une vraie erreur d'anticipation.
Personne n'a vu venir et pas La République en marche. Et c'est sans doute un des éléments qui montre à quel point le mouvement a manqué au président Emmanuel Macron, qui n'a finalement peut-être pas suffisamment bien organisé. En tous les cas, ce n'est pas
remonté du terrain et ça n
'a
pas été anticipé. Et pourtant, plusieurs parlementaires
de
la majorité, comme de l'opposition, ont alerté le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, sur le risque de se retrouver un peu comme les bonnets rouges, avec une jacquerie fiscale. Ça, c'était lors des débats, avant la décision de la hausse des carburants au Sénat, comme à l'Assemblée nationale. Ensuite, comme tout gouvernement, finalement, ils font comme les autres. Ils ont d'abord parié sur le
fait que ça n'allait pas marcher,
que ça a laissé souffler.
Ça, c'est la première semaine. Et on se retrouve, après la première manif du 17 novembre,
faut-il le rappeler, près de 300 000 personnes en France. Un mouvement extrêmement surprenant, pas incarné. Et on se retrouve avec un mouvement qui est déjà plus soutenu qu'au début.
Et là, troisième
semaine, après les discours d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe, mais surtout le gouvernement qui s'en est donné à cœur joie sur la peste brune,
avec un
festival de certains ministres qui,
à mon avis, n'ont
pas aidé l'exécutif dans cette affaire, on se retrouve avec des Français qui soutiennent plus massivement le mouvement. Donc le mouvement est enquisté. Ils ne pourront pas s'en débarrasser. Et à mon avis,
ils
veulent faire comme les gouvernements précédents. C'est-à-dire, ils disent dans leur communication, on ne veut pas faire comme les autres, mais ils sont en train de faire comme les autres. Ils insistent. Et ça se terminera par un moratoire sur les hausses de carburant.
C'est inévitable. Et j'ajoute même, Nathalie, que
ce qu'a décrit hier, et que vous disiez ce matin qu'Edouard Philippe avait du mal à le décrire à nouveau, cette TIPP flottante,
trimestrielle,
une adaptation des prix du carburant sur la hausse
ou la baisse du baril. Je crois que c'est simplement pour gagner un peu de temps,
mais que ça ne tombera. Mais
peut
-être que
c'est déjà trop
tard le prix du carburant,
et qu'on est passé à autre chose, et
que ce mouvement est passé à autre chose. Benjamin Marmar,
on vous accueille. Merci d'être avec nous. Vous êtes responsable de la politique revendicative de la CGT Val-de-Marne. Merci d'être là. Merci, vous avez
été compliqués. Et on vous accueille
régulièrement
pour
vous donner la parole. Tout à fait. Évidemment, vous avez entendu Edouard Philippe ce matin. Évidemment, vous avez entendu qu'il fermait la porte à cette hausse du SMIC. Évidemment, vous avez entendu cette hausse des taxes sur les carburants, qui aura bien lieu au 1er janvier. Et dans le même temps, le dialogue, on y est. On le touche du doigt. Ça a commencé hier soir, et ça va se poursuivre, a-t-il dit. Enfin, le dialogue, je veux bien... Je me suis déjà prononcé à plusieurs reprises sur le dialogue sur du vide, le dialogue sur du vent. M. Philippe a expliqué les choses très clairement sur le coup de pouce qui n'existerait pas. À propos, effectivement, du SMIC le 1er janvier.
Et j'ai entendu avec effarement les propos d'Emmanuel Schipp. J'étais en coulisses. Et franchement, c'était le supplice de Tantal. J'écoutais ça en tribune. Je voudrais juste rappeler une chose très, très simple. Depuis 2009, les entreprises du CAC ont consacré 67% de leurs bénéfices au versement de dividendes aux actionnaires. Et dans le même temps, elles ont consacré 5% à la masse salariale. 67% pour les dividendes aux actionnaires, 5% pour les salaires. Et visiblement, pour M. Lechip ou pour M. Philippe aussi, parce que finalement,
c'est ce qu'on dit M. Philippe. M.
Gépari est là aussi pour
tous les gouvernements. Oui, mais très
bien, mais ça, on va en discuter. En l'occurrence, visiblement, il
n
'y
a
pas besoin. Je rappelle quand même que le revenu médian en France, le salaire médian en France, c'est 1 700 euros. Et la retraite moyenne en France, c'est 1 370 euros. Visiblement, ça, c'est bonbon pour ce gouvernement
et pour un certain nombre d'analystes.
C'est bonbon. Les gens crèvent la gueule ouverte. Je rappelle que tous les chiffres du secours populaire français sont clairs. Il y a 37% des Français qui n'arrivent pas à faire face à leurs dépenses d'énergie. Il
y
a un Français sur trois qui ne part pas en vacances. Mais visiblement, on ne change rien, Mme Lamarck, il se trouve à très bien. Je vais vous dire, la colère sociale n'est pas prête à s'arrêter. Bien sûr.
Alors, la réponse de Jean-Baptiste Gébary et Nicolas Dusson. Je voudrais
expliciter ce qui va être fait sur la trajectoire, le prix des carburants à la pompe. C'est finalement
assez simple. Vous savez d'avance
que c'est insuffisant. Non, non, laissez-moi aller jusqu'au bout. D'abord, cette trajectoire, elle a été votée en 2008, en 2014, en 2015. Et aujourd'hui, on
voit
bien que ceux qui l'ont voté se défaussent assez largement dès que ça devient compliqué dans la rue. Ça consiste en quoi ? Chaque année, le prix de l'essence augmente de 3 à 5 centimes du litre. C'est ça qui va se passer. Et ce qu'a dit Edouard Philippe ce matin, c'est que s'il y a une envolée dans l'année, comme on l'a connue, du prix du carburant, alors,
quelque
part, on empêche
la hausse d'aller au-dessus de la santé. Mais pourquoi une
formulation ? Pourquoi un système au système
au système
? Ça évite d'avoir... Non,
mais c'est parce que moi je vais vous répondre. Ça évite d'avoir... Je ne sais pas
qu'il peut le tracter,
ça
évite
d'avoir
des hausses qui vous font un prix à la pompe à 1,60, 1,80, 2 euros. Il
faut revenir en arrière,
simplement revenir en arrière, ne pas faire cette hausse des
taxes, ce n'était pas juste le plus logique compte tenu de la crise. Vous savez quand même que c'est la hausse des taxes. Madame, je remarque, je remarque. Je remarque, justement, pour dire que ce que ça finance, c'est parce qu'on n'est jamais ce que ça finance. Non, mais attendez, ça finance, oui, les cadeaux fiscaux que vous avez fait aux
autres.
Non, ça ne
dépense pas des cadeaux fiscaux. On va financer, on finance aujourd'hui avec cet argent, notamment 5 milliards d'euros sur les énergies renouvelables. On va faire, d'ici à 2030, d'ici à 2035, moins 25% sur le nucléaire et plus 40% sur les énergies renouvelables. C
'est
massif,
c'est massif. C'est du délire, c'est-ce que c'est vrai ? Non, mais attendez, je peux finir. Il faut arrêter. On
finance entre 5 et 7 milliards par an de ces énergies renouvelables parce qu'on a décidé, collectivement, et pas que nous,
qu'il fallait se détoxiquer les énergies renouvelables et on l'assume, et d'aller
vers une énergie qui est décarbonée.
Le
problème de vos éléments de discours, si
je peux me permettre,
pourquoi il y
a
un désaveu populaire, même chez vous,
parce
que les gens voient que vous mentez. Je prends un exemple très
précis. Tous les gens qui, l'année dernière, ont changé leurs fenêtres
parce
qu'ils savaient qu'il y avait une déduction fiscale, ont appris cette année que 600 millions
d'euros d'économies ont été faits par votre ministre. Monsieur
Durugi, si je peux finir ma phrase, ça vous gêne. Un million
de
Français. J'en vais oublier pari. J'en vais oublier pari. Ce crédit. Excusez
-moi, je peux finir ma phrase.
Je vais
vous dire ce
qu'on fait. Je peux
finir.
Parce que la vérité... Et parce que ça vous gêne. La
vérité,
c
'est que quand vous donnez tous ces chiffres, au même moment, par l'autre main, vous avez supprimé une déduction fiscale fondamentale pour
l'isolation des bâtiments, qui a été aimée des Français, positif pour nos artisans, qui faisait travailler dans tous les territoires. Donc, il y a un moment, moi, je
vous demande de revenir sur Terre, d'arrêter
d'écouter les technos qui vous feront des... J'aimerais que quand on parle de suppression de
niche fiscale, on ne parle pas d'économie. Parce que ça a été l'éternel problème
de tous les gouvernements. Non, mais en tout cas, c'était bien
pour réussir la transition énergétique. On ne peut pas nous dire, on développe l'environnement, on protège, et puis supprimer le seul truc qui
marchait bien. Mais ce n'est
justement pas une économie, parce qu'en réalité, c'est une hausse de la fiscalité, finalement.
C
'est ça, on
supprimait... Est-ce qu'on peut parler de trucs à un peu concret ? C'est concret, là. Vous êtes là, vous
êtes
là,
mais
juste un peu... Non, mais on parle de niche fiscale. Je pense que ça ne parle rien, pour les gens. Ça ne parle rien, moi, je peux vous dire, je connais des gens qui ont mis leur fenêtre. C'était drôlement bien. Un peu notre vision
des choses. Qu
'est-ce que vous regardez ailleurs en Europe,
et notamment dans les pays scandinaves, et notamment en Suède, il
y a une
fiscalité écologique. On le sait, on nous l'a rabâchée depuis plusieurs années. On nous a dit que la France ne taxait pas assez pour des raisons écologiques. Mais figurez-vous que la Suède, depuis 2009, a baissé sa fiscalité écologique. Figurez-vous que si on suit la trajectoire gouvernementale des fameux 17 milliards d'augmentation, on sera au-dessus de tous les autres pays. Tout
à fait.
Alors, il y a une question...
Sauf pour
l'industrie.
Il y a une question. Est-ce que nous, la France, est-ce qu'on doit, et nous les Français, est-ce qu'on doit, pour des raisons, de reculer sur le nucléaire ? Mais peut-être qu
'on
devrait poser la question aux Français. Est-ce que, véritablement, on veut financer la fermeture de réacteurs nucléaires, qui vont nous coûter aussi cher, et sur lesquelles on va payer autant de taxes au quotidien, sur les carburants, sur l'électricité, sur le fuel, etc. Il y a une question à poser, peut-être par référendum à un moment. Peut-être qu'il faut faire des... Parce que, dans les revendications des gilets jaunes, il y a de tout. Il y a des choses qui sont tout à fait antinomiques avec,
finalement, la question fiscale.
Parce
que, quand on demande plus de
services publics, et qu'en même temps, on demande la baisse
de...
C
'est ça. Un état faible, c'est la question. C'est la question qu'on va poser à Benjamin.
Mais quand vous dites que toute cette fiscalité écologique, elle finance, finalement, la transition
énergétique...
Mais
d'abord, c'est
5
% de la fiscalité...
Attention,
attention,
on regarde pour 2019. 3,9
milliards
de plus de TICPE. Seulement 80 millions parmi ces 3,9
milliards
qui sont affectés au compte d'affectation spéciale pour
financer la transition énergétique. Mais soyons pas... Non, c'est vraiment... Juste, on est très concrets, justement. On est très
concrets. Et la question va être très concrète à Benjamin Amart. Je vous pose la question. Qu'est-ce que veulent les gilets jaunes ? Un état faible avec très peu d'impôts ? Une grosse part de services publics ? C'est ça,
aujourd'hui ? En réalité,
vous avez pour le coup, c'est vrai, des propositions qui sont antinomiques. Puisque le mouvement est une sorte de spontané. Et donc, il y
a
des éléments qui sont antinomiques. Et qui disent une chose et
leur contraire. Mais c'est pas grave. Parce qu'il y a des choses,
moi, qui m'interpellent et qui nous interpellent. Moi, j'ai pu voir, parmi les revendications, parce que je rappelle qu'il y
a
quand même des endroits en France où, depuis quelques jours, et ça va également être le cas dans les jours qui viennent, il y a eu des territoires où la CGT a lancé des mobilisations et des gilets jaunes y
ont participé. C'est un peu compliqué à l'éternité, alors.
On va parler de train,
après, si vous voulez. Vous la verrez.
Excusez-moi, on verra.
Vous aimez bien. Vous aimez bien. On se garde la blague, monsieur Amart. On se garde la blague. Ce que je veux dire, c'est que les questions et les réponses. Excusez-moi. Je peux déjà répondre à Benjamin Amart. Je peux répondre
à
la
question, Bruno Jeudy, de toute
façon. Mais effectivement, où sont les syndicats dans cette crise
? Où sont-ils ?
Mais
je vous la garde pour après.
Voilà, mais je crois que vous m'avez
posé une question, j'aimerais pouvoir y
répondre tranquillement.
Allez
-y, allez
-y. Ça aussi, c'est de la correction.
Vous
savez très bien que ça se passe toujours comme ça ici.
Oui,
mais... Alors allez
-y.
Attendez, vous me posez une question. Est-ce que j'ai le temps de vous poser une réponse ou pas ? Je vous en prie. Super. Donc, en l'occurrence, il y a, par contre, pour le coup, des choses, moi, que
j
'ai entendues, sur l'évasion fiscale. Il y a des gilets jaunes qui disent que c
'est
scandaleux, 80 milliards d'évasion fiscale. Et qui parlent de justice fiscale. Nous, à la CGT, on n'est pas contre l'impôt. On est contre la fiscalité injuste. Est-ce que l'on peut dire, demander
à M. Gébari... Mais tout le monde est d'accord. Est-ce que l'on
peut... Oui, pardon.
Dites-nous...
Est-ce que je peux répondre à la question
? Je ne vous coupe pas la parole. Je ne vous coupe pas la
parole.
Je
ne
vous coupe
pas la parole.
On peut être un peu de respect. On peut être un peu de respect. Non, mais attendez. Attendez, attendez. C'est incroyable. Voyons,
s'il vous plaît, Benjamin Marth.
Vous avez l'habitude de venir sur
cette réponse brièvement
et correctement, s'il vous plaît. Donc,
est-ce qu'on peut pointer le fait que depuis 1944, on ne taxe pas le kérosène pour les compagnies aériennes
? Vous savez, vous le savez, on ne taxe pas le fuel sur les compagnies maritimes ?
On
a
réformé la SNCF, a supprimé 9000 kilomètres de ligne.
C
'est fou. Ça en fait, la taxe carbone en
plus. Alors, est-ce qu'il y
a emplacé une ? Je vous le dis tranquillement.
C'est bon. En l
'occurrence, on peut aussi évoquer le fait qu'on ne peut pas revenir à la TVA 5.5 sur les transports en commun. Ça, ce serait une super idée. Autrement dit, il y a des solutions
alternatives. Il y a des solutions
possibles.
Mais ce
gouvernement ne veut faire qu'une chose. De la fiscalité verte injuste, qui ne pèse que sur les salariés et les travailleurs. Et je rappelle qu'il y a 25% seulement de la fiscalité verte qui est
utilisée pour l'écologie. Je pense qu'ils le savent. Est-ce que je peux ? Ça gêne ce gouvernement. C'est pour ça qu'ils voulaient remplacer une. Jamais. S'il vous plaît. S'il vous plaît, j'ai un peu de respect.
Sinon, franchement, pour les téléspectateurs, c'est désagréable au possible.
Je ne vois pas
l'intérêt d'avoir monté une émission où vous avez tous le temps et le droit de vous exprimer
correctement tout ça. Et bien, qui ne nous coupe pas ?
S'il vous plaît, Benjamin Amard. Jean-Vacile Gibari, je vous demande de répondre précisément à Benjamin Amard
de manière la plus concise possible. Sur ces 500 questions qui sont toutes absolument orthogonales d'une et d'une et d'une et d'une autre, qui ne font aucun
sens. Une question, M. Amard, c'est taxer combien un billet d'avion ? Taxer et redevance,
c
'est combien ? C
'est
quel pourcentage du prix du billet d'avion ? Vous savez ça ? Vous qui dites que la secteur du transport rien n'est pas taxée.
Est-ce que le kérosène est taxé, oui ou non
? Non, mais c'est 54%. Le carburant
des Français est taxé. Est-ce que le kérosène des compagnies
est taxé, oui ou non ? Vous savez, c'était
un peu mon
métier. Je peux vous faire un débat que
vous voulez sur la taxation. C'est vrai ou pas tout ? Mais ça, en tout cas, c'était mon métier. Vous voyez, c'est ça qui est le prix des Français. C'est vrai ou faux ? Vous avez supprimé
9000 km de ligne. C'est vrai ou faux ? C'est faux. Ah,
c
'est pas vrai ?
C
'est complètement faux. Eh bien, les
Français, c'est complètement faux.
Vous savez pourquoi
c'est complètement faux
? Alors, pourquoi c'est complètement faux ?
D'abord, parce que j'ai été
rapporteur de la loi Ferroviaire et que ça a été un peu mon sujet pendant plusieurs mois. Ensuite, parce qu'aujourd'hui, pour
la première
fois, nous avons fait la vérité sur le prix, sur
le coût de ces
compagnies.
C'est
incroyable.
C'est incroyable que la
vérité pour vous soit une opinion commune.
Je vous dis, M. Lamar, à force des caricaturats que vous voulez,
vous parlez très fort.
Mais votre parole, elle est aussi inaudible que la nôtre.
Parce que dans ce
jeu-là,
les politiques, les syndicats, les syndicats, les journalistes, plus personne ne croit. Vous
voulez rentrer tout le monde dans le gouffre ? Et vous savez que, si vous voulez, c'est rentrer tout le monde dans le gouffre, mais vous, monsieur, ça fait 25 ans que vous faites ça. C'est votre code de popularité qui tombe dans les abîmes. Il y a des
imprécisions, les mentions, les
uns après les autres.
Il n'y a pas 9
000 lignes de 9 000 kilomètres. Est-ce qu'on peut finir ? Il n'y a pas 9 000 kilomètres de ligne Ferroviaire qui est
supprimée. Vous savez pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on a fait un rapport très précis. Pour dire, par exemple, chez moi, la ligne Limoges-Angoulême, la ligne Limoges-Brive, pour la pérenniser, tout le monde a menti sur ces chiffres. L'État a relancé la balle à la région, qui a relancé la balle aux
collectivités. Je
finis. Est-ce que je peux voir un
petit... Mais oui, c'est désagréable. Donc aujourd'hui, nous avons
les vrais coûts. Demain, il y a la négociation des contrats-plans État-région où l'État et les régions vont co-financer ou pas les petites lignes.
Et
ça se joue la semaine
dernière. C'est un choix politique, mais vous
mentez quand vous
nous faites les supprimer. Est-ce qu'on peut revenir aux
fondamentaux ? Finalement, ce à quoi on assiste, c'est quoi ? Il y
a
de la bonne fiscalité, il
y
a de la mauvaise fiscalité. Non,
le problème, c
'est qu
'il
y a trop de fiscalité.
Donc je
sais bien que pour Benjamin Hamart,
c'est difficile à dire,
mais on est dans un pays qui est trop taxé, qui dépense trop. Et c'est pour ça que les syndicats sont gênés. Parce que les syndicats ont toujours finalement défendu plus de dépenses publiques, plus finalement de coûts sur les retraites publiques, plus de coûts sur la masse salariale publique, plus de coûts en général pour notre système, et un modèle social qui est trop cher. Pourquoi on a eu ce débat tout à l'heure autour du SMIC ?
Parce que finalement, on est dans une trappe à SMICardisation, parce qu'on a un modèle social trop cher, avec des charges qui arrivent très très vite, dès qu'on est autour de 2,5, 3 SMIC, qui arrivent dans des montants qui sont quasiment impossibles à payer pour des entreprises qui voudraient exporter, etc. Donc si on veut, parce que la lutte contre la pauvreté, elle ne se fera pas par des aides, des machins, des chèques énergie, etc. Elle se fera avant tout par la création d'emplois dans nos entreprises. Et la création d'emplois dans nos entreprises, elle se fait comment ?
Elle se fait en fiscalisant moins, en baissant la fiscalité sur les entreprises, contrairement à ce que Benjamin Hamart a l'air de dire. Eh bien oui, il faut baisser la fiscalité des entreprises. Il
faut baisser la fiscalité des
investisseurs,
il
faut baisser la fiscalité en général.
Et vouloir opposer
les uns
et les autres. Vous savez bien que 60
à 90 milliards de baisse
de la dépense
publique,
il va falloir mener dans les prochaines années. Mais sauf qu'il y a une urgence. Est
-ce
qu'on peut proposer ? On parle de chiffres et on ne dit jamais ce qu'il y a derrière eux. Non, mais moi je le dis.
Il
y
a 40 milliards,
il y a 40 milliards, c'est juste pour la retraite. Il y a des plateformes de l'âge de départ à la retraite à 65
ans. Tout ça, ça fait des économies. Vous les connaissez,
les
budgets.
Alors, Nicolas
Dupoignon. Oui, vous
êtes engagé, mais vous ne le faites pas.
Moi je trouve
qu
'il faut sortir de cette crise. Bon, soyons précis.
Il y a madame qui a juste raison, dit on dépense trop en France. D'accord. Mais déjà, si on pouvait avoir
des
prélèvements fiscaux plus justes, taxe sur les transactions financières, taxe sur le carburant des cargos qui nous amènent tous ces produits,
contrôle des charges sociales, c'est
-à
-dire que les travailleurs détachés payent des charges sociales, c'est-à-dire déjà remédier aux injustices que tous les jours les Français qui travaillent
voient. Premier point.
Deuxième
point. Au niveau
français.
Parce que nous sommes français. Donc ça résolvera. Deuxième point. Deuxième point.
Ça résolvera rien. Deuxième point.
Est-ce qu'on peut revoir les dépenses inutiles ? On a voté. On a voté
à l'Assemblée, un lundi, en deux heures, 2 milliards d'euros supplémentaires nets, 2 milliards d'euros supplémentaires, quasiment les taxes du 1er janvier, pour une Union européenne qui nous coûte 9 milliards d'euros nets
et qui subventionne la Turquie, l'Albanie, l'Ukraine, des
dépenses
de folie.
Dites-à-dire aux exploitants agricoles, ils vivent
beaucoup, beaucoup,
la politique agricole commune. Ne racontez
pas n'importe quoi.
Ça veut dire que ce
que les Français ne comprennent pas,
c
'est qu'au-delà de la nécessaire baisse de la pression
fiscale,
on
ne
favorise pas, comme
dans tous les pays du
monde, les producteurs français, qu'on arrête des dépenses inutiles, que si déjà on faisait ça, le train de vie de l'État... Je remarque
symboliquement, Madame, je remarque symboliquement que le Président de la République fait le tour de force de s'exprimer en créant un
nouvel organisme, le Haut Conseil pour le Climat. Mais c'est délirant. Alors juste,
Nicolas Dupont-Aignan, ça veut dire quoi concrètement ?
Nicolas Dupont-Aignan, ça veut dire quoi concrètement ?
Ça veut dire qu'il y a une marge de manœuvre. Ça veut dire que samedi, vous appelez
à manifester avec les Gilets jaunes pour ce troisième
acte ? J
'appelle tous les Gilets jaunes à être
présents
sur les ronds-points, sur les barrages, de manière pacifique, car c'est un grand mouvement populaire pacifique.
Et je leur dis... Vous savez qu'ils
veulent aller aux Champs
-Elysées ? Moi, je ne
suis pas comme ça. Ça veut dire quoi ? Moi,
je n'ai jamais dit d'aller aux
Champs-Elysées.
J'ai refusé cette mise en scène ridicule du week-end dernier, qui a d'ailleurs commis un tort considérable à la France dans le monde. Stupide. Je dis, les Gilets jaunes, c'est le peuple.
Les Gilets
jaunes, ils ne veulent pas de votre soutien.
Mais ils veulent du soutien de tout le monde. Ils
ne veulent pas de la récupération et d'un
soutien monopole. Qui vous
accuse de
récupération ? Évidemment, écoutez, j'ai été sur
les barrages des Gilets jaunes, j'étais très bien accueilli, parce qu'ils savent très bien, ils savent très bien, que je ne dis pas que tous les Gilets jaunes sont de
partout. Vous n'avez pas l'impression d'exploiter
la crise politique
?
Pas
du tout. Parce que,
madame, on s
'est
assez moqué de moi sur ces télévisions, quand en 2012, je levais les barrières d'autoroutes
pour
le scandale, mais ahurissant de la spoliation des sociétés d'autoroutes privées sur les autoroutes. Ils savent que je défends l'intérêt général. Maintenant, il y a plein de Gilets
jaunes qui ne sont pas du tout pour moi, qui sont pour M. Hamar, qui
sont...
Et je m'en fiche. Je veux qu'on résolve le problème et qu
'on
baisse les taxes sur ceux qui travaillent. Et si on est mobilisé, si on tient le choc, si on est pacifique, pacifique, tranquille, vous verrez que le gouvernement sera obligé, avant le 1er janvier, d'annuler la taxe. Et j'aurais fait mon boulot.
Et j'aimerais que les
syndicats... Vous l'écoutez, vous l'avez fait, vous l'avez fait, vous l'avez fait, mais
c
'est juste pour nous dire en
10
secondes.
Vous dites que vous ne récupérez pas le mouvement, je veux bien l'entendre. Vous dites quand même que j'appelle.
Oui, je soutiens.
Vous parlez en
leur
nom.
Non, j'appelle au soutien. Je dis aux
Français. Vous parlez en leur nom.
Non, M. Mejeudy, soyons très précis. C
'est périlleux quand
même.
Mais
j'assume à 150%. Je vais vous dire. La désindexation des pensions de retraite. Non, mais soyons précis. M. Dubourgne, attendez.
Ce gouvernement... Moi, j'assume politiquement. Je constate, M.
Dubourgne, que vous parlez
en leur nom. Non, je ne parle pas en leur nom. Et c'est bien ça. Et je n
'aurai jamais cette prétention de
parler en leur nom. C'est bien le
problème de ce
mouvement.
C'est que ce mouvement juge les politiques
suspects,
juge les syndicats suspects. Eh bien, je vais vous
dire... Suspect. Et ils ne veulent pas de mouvement. Ils ne
veulent
pas de vous. Vous vous trompez sur un point. Mais tout à l'heure, je lui ai eu un point d'ironie à l'égard
de M. Hamar. Je veux bien le retirer. Mais M. Hamar, ça ne change rien sur le fond. Vous n'étiez pas au des M.
Jeudi. Parce que les gilets jaunes dépassent tout ce que vous avez pu réussir. Dix secondes. Je vous
réponds.
Non, mais s
'il
vous plaît.
On va recevoir
nos invités qui attendent, j'aimerais bien,
par
correction, pouvoir les installer sur ce plateau. Je peux répondre à Brouillon. Je
vous assure que je compte.
Dix secondes.
J
'ai
dit,
on
ne récupère pas le mouvement, mais on a quand même le droit en tant qu'homme politique, en tant que syndicat, en tant que citoyen, en tant que journaliste, en tant qu'expert, de donner un avis et de dire
aux Français que s'ils ne bougent pas maintenant, ils seront plumés
et
ils ne pourront plus vivre dans leur pays qui
est plumé par ce gouvernement. On
attend avant
tout, et on
attend de la part
du gouvernement une
véritable feuille de route sur où on veut atterrir en termes de fiscalité à
la fin
du quinquennat, de combien on baisse vraiment les impôts, de combien on
baisse les dépenses avec le réel, la très trajectoire de baisse des dépenses. Parce que pour l'instant, on n'a rien de ce côté-là. 4 2022 n'a absolument rien donné. Et j'ai cru comprendre que le président de
la République commence à se poser de véritables questions là-dessus. J'espère qu'on va avoir une réponse sur ce sujet, parce qu'en janvier,
il
y a le prélèvement à la source qui arrive.
Et
ça va être quelque chose d'encore très difficile en termes de
compréhension.
Oui,
surtout qu'il y a
de
la France, il y a
de
la France, il y a de la France dans l
'administration
de fiscalité. Merci, Ferdi
Mollinier. Merci beaucoup, merci beaucoup Nicolas
Dupignan. Merci à vous.
Vous restez avec nous. Je voudrais qu'on entende justement, puisque ce n
'est
pas toujours clair pour tout le monde, la liste des revendications des Gilets jaunes, elle a été fournie hier au ministre de l'écologie. Donc, écoutons-les et on en rediscute juste après, bien sûr, calmement. Toujours.
Mon plein, il a pris 20 euros. On n'arrive plus à s'en sortir. Les taxes, elles nous assomment.
Aujourd'hui, on ne peut même plus sortir au restaurant. On ne peut même plus se payer une place de cinéma. On ne peut même plus partir en vacances.
On travaille pour l'État. C'est inadmissible.
On voudrait du pouvoir d'achat immédiat. Une revalorisation du SMIC plus importante. Un coup de pouce de l'État entre 150 et 200 euros, ça serait déjà un geste énorme. On ne lâchera pas.
La dissolution de l'Assemblée, il faut qu'on reparte à zéro. Nous sommes déterminés jusqu'à provoquer un référendum révocatoire pour provoquer des élections libres anticipées. La République, c'est à la fois l'ordre public
et
la libre expression des opinions. J'entends la colère
qui
a sa part de légitimité de nos concitoyens qui disent « Je veux bien comprendre ce que vous nous proposez,
mais
vous ne m'apportez pas de solution.
»
«
Ils
ne parlent pas des retraites, ils ne parlent pas du SMIC, ils ne parlent pas de rien. Ils parlent de l'environnement, la taxe carbone, l'environnement.
» «
S'ils ne comprennent pas, si les députés ne comprennent pas non plus, on tapera plus fort.
»
«
Quoi qu'il arrive, tant qu'on n'aura pas de réforme gourmandementale avec des gens des Gilets jaunes qui ont les connaissances du terrain et qui
ont
les connaissances culturelles et qui font partie de ces érudits anonymes, il est hors de question que ça bouge, bien au contraire, ça durcira.
» Si
vous nous rejoignez, merci à vous, avec une discussion évidemment fort animée compte tenu de cette crise et de l'ampleur de cette crise des Gilets jaunes depuis près de trois semaines maintenant. On accueille l'insoumis Gérard Miller. Bonsoir, bienvenue à vous.
Vous
êtes psychanalyste, cofondateur du Média, auteur de Mélenchon.
Mais
oui, 1968-2018 aux éditions du Seuil. Jean-Baptiste Djebari est avec nous, député de
la
République En Marche de la Haute-Vienne. Merci Benjamin Amar. Également responsable de la politique revendicative de la CGT Val-de-Marne, Bruno Jeudy, Emmanuel Lechypre. Vous êtes également avec nous. On a entendu à l'instant la liste des revendications des Gilets jaunes. Elle a été fournie hier à François de Rugy, le ministre de l'Écologie. On a démarré évidemment ce débat très animé. On va poursuivre avec un tour de table. Et évidemment, chacun va pouvoir prendre la parole, tout ça avec beaucoup de discernement. On va juste, parce que Benjamin Amar, vous étiez avec nous et on n
'a
pas encore pu vous entendre sur ce point. Et c'est important parce que là-dessus, on va voir si vous rejoignez. Benjamin Amar, Bruno Jeudy, vous posez juste avant cet extrait sonore et cette prise de parole des Gilets jaunes, la question de savoir si, au fond, les syndicats dans ce combat, dans cette crise des Gilets jaunes, vous avez été... On vous a piqué votre place pour dire les choses de manière un
peu triviale.
Ça, c'est délicieux. D'abord parce qu'on a un petit peu de mémoire. Je vous rappelle qu'on nous a sorti exactement les mêmes choses au moment des bonnets rouges. On nous avait dit la même chose. Vous vous êtes fait court-circuité, on vous a coupé l'herbe sous le pied. Les bonnets rouges ont disparu du paysage des mobilisations. Nous,
on
est toujours là. Ça fait 120 ans qu'on est là. Donc les Gilets jaunes, effectivement, sont mobilisés depuis trois semaines. Je l'ai dit... Enfin, je n
'ai
pas eu tout à fait l'occasion de le dire tranquillement. Mais en réalité, il y a une partie des Gilets jaunes qui font monter des revendications, qui sonnent en écho avec les nôtres. Mais pour dire tout à l'heure, ils font ce qu'on n
'est
pas arrivé à faire. Mais excusez-moi, le 17 novembre, il y avait beaucoup de monde avec les Gilets jaunes. Il y avait 300 000 personnes en France. Mais nous, réunir 300 000 personnes en France, on le fait régulièrement. Mais à ce moment-là, monsieur Jeudy, vous êtes là. Et avec un petit sourire en quoi, vous me dites mais il n
'y
avait personne en France. Vous étiez deux pelés et trois tendus. La semaine, samedi dernier, ils étaient 30 000 dans toute la France. Alors là, excusez-moi, nous, quand on réunit 30 000 personnes à Paris et pas en France... 100
000, 100 000, 100 000. Alors d'accord, 100 000. J'ai fait du l'arrivée du ministère à l'intérieur. Alors très bien, 100 000.
100 000, très bien, 100 000. Et
bien quand on
réunit 100 000 en France, monsieur, à ce moment-là, vous nous dites que c'est un désert. Donc je me rends
compte
que 100 000, selon que le Gilet est jaune ou selon que le Gilet est rouge, n'a pas la même appréciation pour vous. Ça fait partie du discours de discrédit des syndicats que monsieur avait tout à l'heure en nous disant que nous étions inaudibles. Je lui rappelle quand même, je vais vous rappeler un truc, monsieur Djébari. Vous avez été élu avec une majorité parlementaire au deuxième tour des élections législatives de 2017 avec 35% de participation. Mes camarades de la CGT Cheminot, sur lequel votre majorité a dit tant de mal, ils ont été élus avec une participation de 66%. Et la CGT, à qui certains d'entre vous promettaient vouer au gémonie,
et
bien effectivement, il a rejeté la première force syndicale à la SNCF. Donc je vais vous dire quelque chose. Les syndicats, ils ne sont pas dans le discrédit qui est le vôtre. Et je vais vous dire, sur les luttes sociales, on a eu raison d'avoir ce positionnement à la CGT. Ce que nous disons maintenant, c'est ceux des Gilets jaunes qui ont des revendications qui ne sont pas poujadistes, qui ne disent pas moins d'impôts de manière globale, ce qui ne veut rien dire, parce que moins d'impôts, c'est la jungle. Voilà ce qui se passe. Mais
ils demandent justice
fiscale, qui veulent lutter contre l'évasion
fiscale, qui veulent l
'augmentation des salaires. Ces gens-là, que ce soit dans la Haute-Garonne, à Narbonne, ou que ce soit à Toulouse, ou que ce soit à Orléans, ou que ce soit demain à Créteil, ou samedi à Paris, les Gilets jaunes qui veulent participer aux mobilisations de la CGT fondées sur un
radicalisme de
classe et de masse,
ceux-là, ils sont bienvenus. On vous a
entendu Benjamin Amard. On va donner, si vous le voulez bien, la parole à Gérard Miller qui nous a gentiment rejoint ce soir. Vous avez évidemment écouté attentivement ce matin Édouard Philippe, le Premier ministre, au micro de Jean-Jacques Bourdin. Quand il s'agit de parler de la hausse des carburants, c'est maintenu. Quand il s'agit de parler d'un coup de pouce du SMIC, pas de coup de pouce au SMIC. Qu'est-ce que vous comprenez de cette manière d'être droit dans ses bottes ? Et qu'est-ce que vous appelez à faire pour essayer de vous faire entendre ? Parce que vous non plus, à la France insoumise, vous n'êtes pas tellement plus audible finalement que du côté des syndicats.
Bon, je ne représente pas vraiment la France insoumise, même si je suis un électeur de Mélenchon, mais j'accepte ce rôle d'être insoumis puisque je m'y reconnais. Moi, j'ai écouté la vivacité du débat et je comprends parfaitement mon voisin. C'est-à-dire que le mouvement des Gilets jaunes, il ne tombe pas du ciel. Il y a eu avant un certain nombre d'autres manifestations, notamment organisées par les syndicats. Et il y a eu un certain nombre d'événements qui ont provoqué aussi l'affaire des Gilets jaunes. C'est
-à
-dire que vous apercevez qu'effectivement, par exemple, la disparition de l'ISF est une des raisons de cette mobilisation. Alors tout le monde a commencé à dire « ce sont les taxes ». Non, c'est l'ensemble de la politique de ce gouvernement qui a provoqué ce mouvement. Mais c'est aussi l'ensemble des manifestations de colère dont on disait « ce sont des échecs » qui ont provoqué. Pour moi, je ne situe pas du tout le mouvement des Gilets jaunes en opposition avec la lutte de la SNCF ou avec la lutte contre la loi travail. Je pense que tout ça fait boule de neige. Alors évidemment, ce n
'est
pas une avenue comme celle des Champs-Elysées. C'est
-à
-dire que
ce
n
'est
pas effectivement linéaire. N'empêche que quand j'écoute ce que disent les Gilets jaunes, en une semaine, ils ont élargi l'ensemble de leurs revendications. Vous voyez bien par exemple sur la question de l'ISF qui est quand
même
le péché originel du gouvernement Macron. Moi, je suis convaincu que chaque gouvernement, chaque quinquennat ou chaque septennat, il y a un péché
originel ou un
succès. Mitterrand peut lui reprocher mille choses et je serai le premier, même si j'ai voté pour lui. N'empêche que lorsque Mitterrand est arrivé en pouvoir en 1981, il nous a fait la cinquième semaine de congé payé dont vous bénéficiez tous. Il nous a fait effectivement l'augmentation du SMIC. Mais tout ce qu'il a fait après, ça n'a pas enlevé évidemment les critiques qu
'on
peut
verser. Le même mot aujourd'hui, ce
mouvement est l'héritier et des luttes syndicales et de la politique de M. Macron. On ne
peut
pas ne pas entendre Gérard Méliard. Je voudrais simplement préciser à nos téléspectateurs qui écoutent attentivement tout ce qu'on dit ce soir, même si parfois c'est un peu compliqué et bruyant. Mais grand angle exceptionnel à 22h avec des invités au cœur de la colère. pour aller voir vraiment au plus près des Gilets jaunes ce qu'ils pensent, ce qu'ils disent, ce qu'ils réclament 45 minutes d'enquête à 22h40 à ne surtout pas manquer ce grand angle exceptionnel avec Bruce Toussaint et bien sûr ses invités.
Jean-Baptiste Gébary, ce que je veux dire par là, c'est que quand on entend Gérard Miller et quand on lit ce sondage aujourd'hui avec ses Français, 75%, c'est ce que je vous avancez comme chiffre tout à
l
'heure, on est quand même à pratiquement trois semaines de mobilisation et on voit bien que l'opinion, elle est là, elle est massive derrière ce mouvement. Bon, ça veut dire que vous vous en sortez comment ? Vous
allez vous en sortir
comment ? Je veux répondre, mais je constate que tant Gérard Miller
et Benjamin
Hamas, je veux répondre à ça, essayent de, quelque part, ou tentent que les Gilets jaunes endossent leur propre plateforme politique. Et quand vous allez au fond des choses, moi ce qui m'intéresse, c'est pas de faire du théâtre, ou c'est pas d'avoir des débats complètement caricaturaux ici. Ce qui m'intéresse, c
'est
de comprendre réellement quelle est la cohérence de la plateforme politique des Gilets jaunes, telle qu'elle nous est présentée aujourd'hui, avec 20 mesures, ou plus parfois, qui sont présentées de façon très hétéroclée, très disparate, qui n'en font pas une politique. En tout cas, c'est pas la politique sur laquelle nous sommes, nous avons été élus, c'est pas celle que nous mettons en œuvre. Donc, si là-dedans, je vais être très concret,
si là
-dedans,
il y a des
mesures qui sont intéressantes, si là-dedans, il y
a
des mesures qui sont réalisables sur le plan financier, si, admettons même qu'à un moment, il y
a
un consensus politique, admettons, pour augmenter le SMIC de 200 euros, et qu'on sait quelle économie on met en face. Moi, j'ai pas de problème à hypothétiser tout ça. Sauf que je pense,
d
'abord, que la démocratie a parlé en mai et en juin 2017, et
ensuite, je pense que c'est assez irréaliste.
Non, mais ça fait des mois que vous voulez que le pays explose. Visiblement, ça vous ferait peut
-être même plaisir. On veut que
votre politique antisociale sèche,
ça n'est pas pareil. Et je vous
rappelle qu'il
y a
un truc qui s'appelle la démocratie, et il y a deux choses.
Mais j'ai pas de leçon à devoir recevoir de vous la démocratie. La démocratie, elle dit deux
choses. D'abord, effectivement,
il y a un vote. La majorité, c'est 50%
plus sain.
Et
cette démocratie, elle s'est exprimée à plusieurs reprises en mai 2017,
en juin 2017. Mais c'est pas le sujet. Vous m'avez pas répondu. Là, il y a quelque chose
de très, très, très parlant.
L'opinion massivement... Je pense que la démocratie, c'est le sujet. Non, mais c'est le sujet. Juste une chose. Justement.
Juste, vous me répondez pas là-dessus. Je voudrais votre réponse, parce que c'est quand
même le nouvel élément aujourd'hui, de
voir
que vous avez l'opinion contre vous. Qu'est-ce que
vous faites de ça ? Jusqu'à quand vous tenez ? Mais moi, si je prends une mesure sur les vins qui me convient, je vais dire que je suis sujet jaune. C'est ça que vous voulez faire
dire ? Non, c'est pas ça. Je peux vous
proposer une chose. Est-ce que, par exemple, il n'est pas raisonnable
?
Je vais vous proposer une chose simple, que j'entends partout et que je lis partout. Pourquoi ? Puisqu'il faut de l'argent, et nous sommes tous d'accord pour qu
'il
y
ait
de l'argent pour l'État. Pourquoi ne pas faire...
On est
tous d'accord. Pourquoi ne pas éviter ces taxes-là, qui vont frapper les plus faibles, et ne pas rétablir l'ISF ? C'est une chose, par exemple, très simple. J'ai écouté un débat où les gens disaient, vous êtes contre les taxes, mais vous êtes pour l'ISF. Mais évidemment, moi, je suis
contre les taxes pour les plus faibles. Mais les Gilets jaunes
ne disent pas forcément ça.
Et le prélèvement
forcétaire à 30% qui
limite la taxation du gouvernement, est-ce
que
c
'est
pas
une bonne idée ?
J'ai vu
ce que je pensais sur l'ISF. Je pense que l'ISF, rationnellement, techniquement, n'était pas un bon impôt. Je pense que symboliquement, politiquement, c'est quelque chose, effectivement, qui marque le quinquennat défavorablement pour
nous. C'est l'argent, quand même, l'ISF. Et bien, c'est la taxation du capital, c'est bien
ou c
'est
pas bien ? C'est pas de l'argent suffisamment pour augmenter le SMIC de 30, 40, 50 euros.
C'est pas suffisant, c'est 3 milliards et demi par an. Il paraît que c'est équivalent à une taxe. Mais l'évasion fiscal, 80 milliards d'euros par an, on fait quoi
?
Vous avez l
'impression...
Il
y a un magot qui est caché sur
une... Mais 80 milliards d'euros, c'est vrai, ça ! C'est pas un petit bateau, ils achètent... 400 milliards en 50,
vous en faites quoi
?
Vous êtes dans le fantasme... Vous faites quoi ?
Ah
bon ? C'est un fantasme,
les 80 milliards d'euros ? Alors, vous les cherchez, vous et moi, s'ils existent quelque part, ils sont visés quelque part... Mais ça s'appelle l'action
politique, monsieur !
Quand il s'agit d'aller contrôler les chômeurs, quand il s'agit de
stigmatiser les chômeurs, vous en avez de la détermination
politique ? Moi, je stigmatise les chômeurs... Excusez-moi, je vous rappelle les propos de monsieur Castaner sur les chômeurs ? Moi, je ne suis pas monsieur Castaner. D'accord, moi, je stigmatise les chômeurs... Moi, je stigmatise les chômeurs... Mais faites votre chose... Mais attendez, c'est vrai ou je n'ai pas de rester là sur les chômeurs ? Mais d'abord, alors... Qu'est-ce qui est tenable ? Qu'est-ce qui est
tenable pour le
gouvernement ?
Justement, d'abord, sur les 80 milliards d'évasion fiscale, c'est formidable. Sachez que tous les gens qui travaillent à Bercy seraient très heureux s'il n
'y
avait qu'à se baisser pour ramasser le pognon. 30 000 postes...
Et d'abord, il faut reconnaître que c'est un sujet, mais
pas
forcément un sujet sous Emmanuel Macron. Mais ça
a pas mal progressé.
Mais c'est vrai que c'est une dépiste.
Mais par contre, là où je ne
vous
comprends pas, c'est qu'Emmanuel
Macron, il a
donné la réponse hier. Il a dit, aujourd'hui, on peut dépenser moins pour un service public de meilleure qualité. Et
vous vouliez des chiffres précis.
Je vous cite trois choses. On est le pays d'Europe qui avons le niveau de dépense publique le plus élevé, le niveau d'impôt le plus élevé.
On
a le deuxième niveau de
précarité en Europe, derrière la Croatie. On a le sixième niveau de chômage le plus élevé. Et on a
une école gratuite. On
est quinzième au classement PISA. Notre école s
'effondre. On
est 23ème. Et Gérard Miller,
ça
va vous parler, vous avez vu les chiffres sans doute, sur le niveau de mortalité néonatale.
Ça veut dire juste quoi ? Ça veut dire que par
rapport
à l'argent qu'on dépense, la qualité du service public qu
'on a, elle s
'est
détériorée. Tout ça pour finir. Je
finis en disant qu'il n
'y a
pas seulement un problème d'injustice entre
classes sociales
par rapport à l'argent. Oui, mais il y a aussi un problème où les gens ont l'impression
de payer de plus en plus pour un service public
qu'on ne leur rend plus. S'il vous plaît. Bruno Jeudy, non.
Bruno
Jeudy. Il y a des marges de
malheur.
Bruno Jeudy. Édouard Philippe l'a dit ce matin. Alors, il ferme la porte à tout, mais il dit quand même, je vais recevoir une délégation représentative du mouvement. Oui. Est-ce que ça, c'est audible ? Je pense que ça...
Est-ce que
ça,
ça
fait sens quand on voit hier une heure et demie discussion avec le ministre de l'écologie ? Non, mais
forcément, ça va être
difficile. Je pense que c'est la partie la plus positive. Elle arrive trop tard, mais c'est ainsi dans le discours d'Emmanuel Macron, qui a ouvert la porte large, qui a fait une ouverture au dialogue, qui, dans l'après-midi, a demandé à son ministre de la Transition écologique de recevoir des gilets jaunes, et qui a décidé de changer de méthode, allant même jusqu'à dire qu'il faudra qu'il en sorte des solutions pragmatiques et concrètes. Et il a même ajouté
dans son propos, moi je l'ai relevé comme un élément presque étonnant, puisque Édouard Philippe ne dit pas tout à fait ça ce matin, prévoir y compris une modification, une révision de la trajectoire
budgétaire. – Bruno Édouard
Philippe, il a savonné la planche
d'Emmanuel Macron. – Non, mais on est d'accord, dans tous les cas, moi je m'en tiens à ce qu'il a dit. – On va y venir, on va y venir, on va y venir, on va y venir, on va y venir, on va y venir, on va y venir avec Jean-Baptiste. – Le dialogue
sera difficile, mais Jean-Baptiste
Djemari le disait à l'instant, il peut peut-être se nouer. Après,
il faut que tout soit sur la table, il faut que ce soit un dialogue sincère, il faut que les gilets jaunes y soient, ça démarre trop tard, mais bon, après tout,
il faut que ça
démarre, et il faut que ça démarre au plus
près du terrain. – Et je pense que c'est ça qui est assez difficile. – On ne parle que de chiffres. – Non, non, on ne va pas parler de chiffres, on va parler d'Édouard Philippe, vous allez
me
dire ce qu'il en est pour Édouard
Philippe.
Gérard Miller, qu'est
-ce que vous voulez aujourd'hui ? Troisième acte samedi, vous appelez à manifester, vous appelez à être aux côtés des gilets jaunes, vous les appelez à se mobiliser aux Champs-Elysées ? – C'est faux, vous me donnez une autorité aussi grande.
– Non,
moi je suis pour les manifestations, et évidemment pour soutenir celles de samedi, mais je ne suis pas, personnellement, parce que je ne parle au nom d'un qu'un parti, aucun mouvement, je ne suis pas contre le dialogue, et je voudrais rebondir sur ce que vous dites, c
'est
-à-dire que ce qui me semble important de dire au gouvernement, si on peut lui dire quelque chose, c'est qu'il n
'y a
aucune honte, aucune offense, aucun manque de virilité, que sais-je, à reculer. Le problème de ce gouvernement
et de ce pouvoir… – Mais sur quoi
? Est-ce que si on recule, alors, très
bien, Noto, est-ce
que si on recule sur la hausse des carburants, vous imaginez que le mouvement des Gilets jaunes puisse, j'allais dire,
se réorganiser, repenser des choses calmement
? Est-ce que vous pensez
qu'on prend un accord ? – Est-ce que vous pouvez
accepter que je suis aussi déboussolé que vous l'êtes vous-même,
et que le
gouvernement l
'est
par ce mouvement ? Il n'a été prévu par personne, donc ne me demandez pas comment il réagira. Ce que je pense simplement, c'est que c'est plutôt une bonne
chose, qu'on
dialogue évidemment avec eux,
que
c'est plutôt une bonne chose, qu'il
y ait
des assemblées populaires qui se développent un peu partout, et surtout qu'on explique qu'à la fois, comme je le disais, l'ISF est le péché originel, mais qu'il
y a
un autre péché originel de ce gouvernement, de ce pouvoir, c'est qu'il a dit « nous ne reculerons pas, nous ne ferons pas comme les autres ». C'est une
erreur. – Mais est-ce qu'on peut dire ce qu'il va se passer sur… – Ségolène Royal a reculé à juste titre au moment
des bonnets rouges, ça n'est pas une honte pour un
pouvoir
d'écouter, et vous me demandez de quoi faire, de donner effectivement, de conseiller…
– C'est écrit
plus
régional, mais est-ce que je peux illustrer ça ? – C'est écrit plus régional, mais est-ce que je peux illustrer ce que j'ai dit Gérard-Milleur ? – Concedé n'est pas grand, tout à l'heure, vous parliez du sondage
Opinion Noël qu'il
y a
eu, 75
% des Français, le Lab, il y a eu
plusieurs sondages qui disent tous à peu près la même chose, c'est-à-dire que 75% des Français estiment que les annonces de M. Macron vont renforcer les inégalités, c'est-à-dire que, quoi que fasse Emmanuel Macron, il a aujourd'hui une image qui correspond à une réalité de président des riches. Pourtant, il y aurait juste une chose, il y aurait des pistes. Vous savez, si ce gouvernement faisait des annonces sur les augmentations de salaires, peut-être qu
'il
serait audible sur d'autres sujets. – Moi, je propose que
Benjamin Amart se
présente
à la présidentielle et qu'il se présente à la présidentielle. – Excusez-moi, non, c'est ridicule, c'est-à-dire que vous avez la réponse à toi. – En l'occurrence, on pourrait
par exemple conditionner les exonérations de cotisations aux politiques salariales et aux politiques d'emploi des entreprises. Aujourd'hui, comme avec le généré des entreprises massivement, quelle que soit leur politique salariale ou
quelle que soit leur
politique
de l'emploi. – Alors, si vous dites ça
à M. Gébari, il va vous dire, « Oh, mais M.
Gébari, vous parlez caricaturales ! » – Alors,
Jean-Baptiste Gébari, répondez et
on vous écoute. – Je peux parler pour moi
-même et je vais rebondir à ce qu
'a
dit Gérard Miller sur le fait de reculer. Et reculer, c'est pas honteux. Mais par exemple, c'est qu'il
y a
une royale sur l'écotaxe, 1,2 milliard. Peut-être qu'aujourd'hui, on ne sait plus financer la régénération des routes. Par exemple, vous voyez, donc reculer, ça a toujours une conséquence. Reculer sur la fiscalité carburant, 3 milliards cette année, ça a des conséquences sur l'emploi public. Donc, il
faut
dire combien ? Il faut dire que c'est
10 000 emplois publics, 20 000 emplois publics, ou moins d'argent pour l'hôpital,
ou
moins d'argent
pour
l
'école
publique. – Quand
il
y a 75% des Français qui après un mouvement
aussi vif
restent
convaincus de ça, je
pense que… – Moi,
j'ai vécu à
l'étranger,
j
'ai
plus apprécié aussi ce qu'était la France de l'extérieur. Et je voudrais quand même qu'on dise un peu, oui, j'ai cette chance. Et ça ouvre aussi un peu,
vous devriez… – C'est formidable, quel mépris de classe ! – Benjamin
Amart, s'il vous plaît,
Jean-Baptiste Gébari. – Personne ne vous croit. – J'aurais trois questions en fait à vous poser à moi. – Vous savez, vous êtes tellement dans le théâtre que plus personne ne vous croit. – S'il vous plaît, Pierre Amart, s'il vous plaît. –
Posez
-vous cette question,
la
politique, c'est pas du théâtre. – Ça ouvre, c'est incroyable. – Moi, je suis Jean-Baptiste Gébari.
– Sincèrement,
je
ne
me
suis pas engagé pour 5 ans pour débattre avec des gens qui vivent de ce théâtre
politique-là. – Ah ben, excusez-moi, c'est moi que vous avez en face. – Oui, non, mais je prends, je prends, je subis, je subis, je subis. – Vous
aimeriez quelqu'un d'autre, mais c'est moi,
je suis désolé. –
Non, mais je pense que vous ne me rendez même pas servi à cette propre clientèle.
–
Non,
mais surtout,
là, ça ne
rend
pas servi à son téléspectateur, surtout, parce qu'il n'entend plus rien.
– Non, mais en fait, j'essaie d'avoir un
débat avec Gérard Miller pour dire effectivement que, pour moi, reculer,
c
'est pas honteux, mais il faut dire quel impact ça a. Il faut aussi dire ce que la France fait de bien. C'est un pays qui a une école publique, gratuite, c'est un acquis de
l'OEVAT
et ça ne marche toujours pas trop mal, quoi qu'on en dise. Quoi que disent les chiffres. L'hôpital public, qui a des grandes difficultés, qui connaît des dysfonctionnements.
– Et les Français
n
'ont jamais été aussi mal soignés, ou non aussi,
ça fait longtemps que l'accès... Mais c'est pas de votre faute, encore
une fois. – Mais c'est pas
la question.
– Mais l'accès, il
y
a plein de
Français qui ne peuvent plus se
soigner. – Le système
français, il est en difficulté, il manque peut-être de financement, il y a du mal-être des soignants, mais il permet de soigner
aujourd'hui des pathologies qui sont graves. – Des
millions
d'euros
supplémentaires non payés.
– D'accord, mais
on
peut dire qu'il y a... – Vous permettez, je vous pose
une question ? –
Merci,
c
'est
gentil. –
Je
voudrais juste qu'on entende, il y a des personnalités là, depuis quelques jours maintenant, qui se manifestent, des personnalités du spectacle, des personnalités publiques, des artistes qui approuvent le soutien au mouvement. Ils le disent. Écoutez, vous allez reconnaître, forcément.
– J
'étais très surpris de l'ampleur du mouvement, mais je comprends. Si on oppose la transition écologique, qui est une absolue nécessité, il faut quand même le rappeler, au pouvoir d'achat,
c
'est voué à
l
'échec. On ne peut pas faire cette transition au détriment du pouvoir d'achat des plus modestes. Donc je comprends que les gens réagissent comme ça, parce qu'effectivement, on est déjà dans un pays où les inégalités sont fortes. Si en plus, ces inégalités augmentent, et que vous n'avez pas de perspective de pouvoir progresser socialement, et que votre pouvoir d'achat mécaniquement baisse, c'est insupportable.
–
Alors, il
y a
les artistes, et puis il y
a
François-Horipino. Vous imaginez, là, on est dans le bout du bout.
– Je n'ai
pas tout entendu, parce que
le soin était faible. – Non, mais vous savez très bien que François-Horipino a
pris
fête école pour les Gilets jaunes. Ça veut dire que vous
avez réussi à rassembler contre vous un spectre tellement large qu'on se demande de ce
qu
'on…
– Mais
François-Horipino a paré amateur en la matière.
–
Donc, ce que je dis, c'est qu'on a une politique sur le pouvoir d'achat, qui factuellement commence à produire des effets. Et je dis qu'on a une nécessité. Mais vous, ça vous fait rigoler, mais c
'est pas théorique. – Ah oui, c'est drôle.
–
Et on
a la transition énergétique qui, derrière, recouvre des réalités hyper concrètes sur le logement, sur la facture énergétique, sur laquelle on met des mesures pour accompagner les Français. Donc,
c
'est la politique du pouvoir d
'achat, c'est le travail
paye, et c'est
qu'on accompagne les
moins
aidés d'entre nous. – Sauf que, Jean-Baptiste Dubarry,
je vais vous poser une autre question, parce que vous ne me répondez pas. Moi, quand j'entends Gilles Lejean, le patron des députés de la majorité à l'Assemblée, qui aurait dit à propos de cette fin de non-recevoir d'Edouard Philippe, quand il dit à Laurent Berger, patron de la CFDT, quand il fait cette proposition de concertation avec les syndicats, les Gilets jaunes, l'ouvernement, quand, pour Edouard Philippe, c'est une fin de non-recevoir, il dit, j'ai cru que sa langue avait fourché, tellement c'était inconscient, son inconscient avait parlé.
Quand on a
des
élus macronistes,
Patrick Vignal, qu'on a eu sur ce plateau, Mathieu Orphelin, qui dit, je suis déçu sur les mesures concrètes qu'on aurait pu annoncer aujourd'hui. Il y
a
un problème chez vous,
on voit bien qu'au sein de la majorité, il y a une vraie difficulté, et peut-être même pour Edouard
Philippe. Répondez-moi, s'il vous plaît, là-dessus, et pas sur le pouvoir d'achat, là-dessus,
s'il vous plaît. – J'ai vu
Laurent Berger, lundi, pendant 30 minutes, et on a parlé de comment construire ensemble, dans les territoires, des solutions hyper concrètes, par exemple. –
Non, mais
je ne
veux
pas vous répondre à vos sondages, je vous réponds
sur la politique qu'on fait. – Ce n'est
pas un sondage,
ce n
'est pas un commentateur politique.
–
C
'est
de la division qui commence à s'installer au sein
même
de la
majorité. – Non, écoutez, moi, mon
travail, mon travail n'est pas le vôtre, mon travail, c'est d'essayer de faire des choses pour améliorer la santé du pays. C'est ça, mon travail. Et donc, j'ai vu Laurent Berger, par exemple, lundi, non mais si, non mais... pour tenter de mettre en place, dans les territoires notamment, des choses qui sont hyper concrètes pour les Français. Dans les entreprises, des plans de déplacement, dans les entreprises, pour avoir plus de mobilité partagée. – D'accord.
– Vous voyez, vous êtes sur
le sondage, vous essayez de me
faire dire... – Ce n'est pas un
sondage, c'est des retours, vous
n'entendez rien, ce sont vous. – Je vous réponds,
je vous réponds. Non mais vous faites une boursouflure politique. –
Donc il n'y a pas de malaise, il n'y a pas de malaise. – Je ne dis pas ça,
mais peut-être qu'on peut tous ici s'accorder sur le fait que, sans arrêt, parler de tout ça, d'en faire... Je vous rappelle qu'il y a 6 mètres.
– Ah, c
'est
ce que
c
'est.
–
Non mais,
il y a un mois et demi, 3 mois, vous faisiez de Benalla, ici, sur ce plateau, H24, l'affaire du siècle.
– Donc vous ne craignez pas l'acte 3, c'est l'Union d'Elysée ? – Non, moi je dis, mon sujet à moi, mon sujet
à moi... –
D
'abord, la crainte, je ne crois pas que ce soit un bon conseiller en politique. Mon sujet à moi, j'ai été élu pour ça, c'est de faire en sorte que notre politique, qui peut être améliorée, qui peut être adaptée,
elle
soit utile au français.
– Non mais est-ce que je peux reformuler la question de
Nathalie, qui revient à dire quand même, face à ce sentiment d'impuissance des députés, est-ce que vous ne... – Il n
'y
a pas
un sentiment d'impuissance.
–
Bah si, regardez les états d'âme. Est-ce que vous n'avez pas l'impression de vous heurter à un mur
du
côté de Bercy, par exemple ? Est-ce qu'il n
'y a
pas une pression qui est
la pression
comptable, entre guillemets, que représente parfaitement Edouard
Philippe, qui a incarné ce matin Edouard
Philippe
? – Que
voulez-vous me demander ? – On va essayer. Gérard Miller, samedi, vous l'avez dit, les Gilets jaunes doivent manifester. Les Gilets
jaunes doivent se faire
entendre encore une
fois. La liste
des revendications, elle est longue comme le bras. Même si, effectivement, on l'opposait à Jean-Baptiste Gébari, on voit bien qu'elle est longue comme le bras. Et vous l'avez dit vous aussi, Benjamin Amar, vous l'avez concédé. Parfois, c'est une espèce de embruglio. Vous l'avez concédé vous-même.
– C'est l
'hétérogénéité. – Oui, mais c'est ça qui fait le charme. –
Vous savez, nous sommes tous
trop jeunes ici pour avoir connu la Révolution française. Je pense qu'au moment de la Révolution française, dans les cahiers des doléances des gens qui ont fait cette Révolution, il y avait ce que
BFM de l'époque
aurait trouvé excessif.
– La Révolution
en France, c
'est
ça le signal, Gérard Miller ? La Révolution en France, c'est ça le signal ? – Je trouve que ce qui est formidable, c'est que ça peut être une Révolution, mais pas au sens sanglant de la Révolution française, une Révolution citoyenne. –
Vous vous souvenez
de Nuit Debout ? –
Vous vous
souvenez du mouvement
Nuit
Debout
? – Regardez, ça
a duré combien de temps ?
–
Ah non mais attendez, là manifestement, on a cité le bonnet rouge,
on
a cité Nuit Debout, on cite aujourd'hui un mouvement beaucoup plus ample.
–
Ce n
'était
pas du tout la même
population. – Non, mais c'était un mouvement citoyen. – C'était un mouvement citoyen. – Moi j'ai été arrêté, j'ai trouvé ça intéressant.
–
Donc
ne sous-estimons pas ce mot. Peut-être pas
-t-il atteint.
Ce qui est étonnant dans ce mouvement, vous l'avez vu notamment dans les manifestations de la semaine dernière, c'est que la plupart des gens sont des primo-manifestants, j'ai appris le terme. Ça veut dire qu'effectivement aujourd'hui, quand vous me demandez le terme de révolution,
il
ne me choque pas. Moi je souhaite une révolution citoyenne, pacifique, et une révolution qui permette à la majorité des gens de s'exprimer. Est-ce que vous me permettez juste de faire une remarque à M. le député, puisqu'on peut dialoguer ? C'est que
ce
qui est sans doute le grand problème de la France d'aujourd'hui, c'est que l'État a déserté la question salariale, et je comprends l'agacement et l'énervement et la colère de mon voisin. Ça a déserté la question salariale, on ne peut plus parler dans ce pays d'augmentation de salaire depuis des années, sans qu
'on
vous dise et la mondialisation et la concurrence, et ça s'est déplacé sur la question fiscale. L'important, c'est de ramener maintenant la question sur la question salariale. Il faut augmenter les salaires, il faut considérer que ça n'est pas effectivement un gros mot que de demander aussi bien pour le SMIC que pour le reste des salaires qu'ils soient plus élevés.
–
Oui, sous
réserve,
sous réserve, de dire les
conséquences à ça. – Sera une question secondaire peut
-être par rapport à la question du
salaire. –
Moi,
je
peux être en accord avec votre constat, je peux même être en accord avec le début des solutions, il faut dire les conséquences.
– La
conséquence de l'augmentation des salaires,
c'est pas de problème. – Là, je vais
paralyser
les politiques depuis. – Il y en a quelques minutes à peine, je vais vous donner la parole, mais calme.
– Les
conséquences en
termes de dépenses publiques, les conséquences en termes du nombre de fonctionnaires,
et
il
faut dire tout ça, il faut faire la fonction des salaires. – Je vais rebondir sur ce qu'a dit Jean-Baptiste Gébary tout à l'heure,
qui disait qu'on essaie d'organiser avec Laurent Berger des débats dans les territoires. –
Des actions
concrètes.
– Je crois qu'il y a urgence à le faire, parce qu'il y a
urgence pour le président de la République à sortir de ce tête-à-tête avec la rue qui est absolument mortifère pour lui. On l'a bien vu, samedi c'était symbolique, ils n'ont pas voulu aller au champ de Mars, ils ont voulu aller au champ, pourquoi ? Parce qu
'ils
voulaient s'approcher au plus près de l'Elysée pour s'adresser directement à lui. Et c'est la conséquence sans doute d'une présidence qui a été trop verticale, alors qu'Emmanuel Macron avait fait une campagne incroyablement horizontale, et avec cette présidence verticale dont il a peut-être abusé, il se retrouve face à face avec la rue, parce qu'il n'y a plus des syndicats sont faibles, parce que les partis de l'opposition ont explosé, et ça, ça doit changer, c'est pour ça que vous avez urgence,
et vous devriez faire vite
faire
ces débats. – Vous allez fermer les champs d
'Elysée ou pas, samedi ? – Moi, à
titre
personnel, non, mais je crois que le ministre de l'Intérieur,
qui a dû faire une
évaluation, une appréciation en sécurité, je crois,
a
dit que les champs d'Elysée ne seraient pas ouverts. – Les champs d'Elysée seront interdits d'accès, donc, pour les
manifestants ? –
Je crois que c'est ce qui a été annoncé.
–
Benjamin Amart. –
Juste une chose, je
rappelle juste quand même que le samedi 1er décembre, il y a aussi une manifestation des gilets rouges, avec ou sans gilet d'ailleurs. La CGT, elle va manifester, comme elle l'a fait le 9 octobre, comme elle l'a fait pendant tout le printemps dans le cadre de la réforme régressive de la SNCF, comme elle l'avait fait l'année dernière au moment, la réforme des ordonnances.
Et effectivement, nous y convions tous ceux qui participent, tous ceux qui rejettent cette politique qui fait exploser les inégalités, qu'ils aient des blouses blanches, des gilets jaunes ou des gilets rouges, qu'ils viennent sur des bases idéologiques précises, c'est-à-dire celles qui réclament la lutte contre l'évasion fiscale, effectivement l'augmentation des salaires. Mais bien évidemment qu'il y a de la colère.
Mais
je vais vous dire quelque chose, Nathalie Lévy, il y a des pays où les inégalités ont explosé ces dernières années. Et lorsque les libéraux, effectivement, ont fait augmenter la précarité, augmenter le chômage derrière, qu'est-ce qui arrive ? Salvini en Italie, Bolsonaro au Brésil, Trump aux Etats-Unis. C'est-à-dire que lorsque la précarité s'installe, c'est l'extrême droite populiste, effectivement l'extrême droite la plus démagogue, la plus dangereuse, qui arrive au pouvoir les libéraux, font le lit, dressent la table pour les crypto-fascistes, il est là le danger. Voilà pourquoi il faut mesurer cette colère sociale. Ce
que vous dites est factuellement faux. Ce que vous dites est factuellement faux. Ah
bon
? Salvini n'est
pas au pouvoir après.
Non, ce n'est pas ça qui est faux. Ce n'est pas ça qui est faux. Ce que vous
dites, c'est que l'Italie n'a pas fait de réforme libérale.
Et ce sera le job acte ? Prenez l'Italie, prenez l'Espagne. L
'Espagne a fait des réformes beaucoup
plus profondes. Le Portugal, et aujourd'hui ce sont des pays qui partent.
Ce qu'ils
ont
fait des réformes. Mais le Portugal,
qu'est-ce qu'il y
a
au Portugal ? Il y
a
un gouvernement de gauche qui depuis trois ans fait
exactement l'inverse de
ce que demande l'Union
Européenne. Parce qu'avant, il a fait l'effort
de la compétitivité.
C'est comme si on disait qu'en France, le gouvernement
de droite, il est arrivé au pouvoir. Il a perdu le pouvoir il y
a
trois ans.
Les
indicateurs économiques qui sont ouverts depuis deux ans, c'est n'importe quoi.
Parce que c'est un pays qui a fait
ce
qu'il fallait faire pour retrouver sa compétitivité.
Et
quand vous avez le déficit commercial qu'a la France aujourd'hui, vous pouvez toujours augmenter les salaires,
vous
achèterez encore
plus de produits. Mais vous achèterez encore plus de produits coréens. Ça marche tellement bien. Je vous demanderai de vous arrêter. Certainement pas les libéraux.
On va repasser pour les téléspectateurs qui n'auraient peut-être pas bien en tête les revendications des Gilets jaunes. Ces messages, ces doléances qu'ils essayent de faire passer au gouvernement depuis un certain nombre de jours. Maintenant, on va les réentendre. Et elles vont être évidemment décryptées, étudiées et expliquées dès 22h, là dans 5 minutes très précisément, autour de Bruges-Soussin, ces invités. Et cette grande enquête qu'il faut absolument regarder pour bien comprendre ce qui se joue en ce moment, cette crise, au cœur de la colère, ce sera donc ce rendez-vous à 22h40. Merci à tous d'avoir joué le jeu, d'être venus ce soir sur ce plateau.
On voit bien que cette crise, elle est loin d'être terminée.
C
'est clair. On vous remercie, regardons et écoutons ces revendications.
On n'arrive plus à s'en sortir. Les taxes, elles nous assomment. Le carburant, c'est une étincelle. Je crois que c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Aujourd'hui, on lui dit haut et fort, mobilisez-vous, n'ayez pas peur.
On a le sentiment d'être complètement oppressé, d'être complètement comprimé par tout un tas de taxes supplémentaires. Aujourd'hui,
on ne peut même plus sortir au restaurant, on ne peut même plus se payer une place de cinéma, on ne
peut
même
plus
partir en vacances. On travaille pour l'État. C'est inadmissible.
On voudrait du pouvoir d'achat immédiat. Une revalorisation du SMIC plus importante, un coup de pouce de l'État entre 150 et 200 euros, ça serait déjà un geste énorme. On ne lâchera pas
la
dissolution de l'Assemblée.
Il
faut qu'on reparte à zéro, avec des citoyens, porte-parole dans chaque commune, dans chaque circonscription, et pour faire remonter la voix du peuple jusqu'à l'Assemblée nationale.
Nous sommes déterminés jusqu'à provoquer un référendum révocatoire pour provoquer des
élections libres anticipées. La République, c'est à la fois l'ordre public
et
la libre expression des opinions. J'entends la colère
qui
a sa part de légitimité de nos concitoyens qui disent « Je veux bien comprendre ce que vous nous proposez,
mais
vous ne m'apportez pas de solution.
»
C'est toujours du blabla et il
n'y a
toujours rien de derrière. Il
n'y a
rien de concret, comme l'habitude.
Ils
ne parlent pas des retraites, ils ne parlent pas du SMIC, ils ne parlent pas de rien. Ils parlent de l'environnement, la taxe carbone, l'environnement.
S
'ils
ne comprennent pas, si les députés ne nous comprennent pas non plus, on tapera plus fort. Ça ne me dérange pas de faire un blocus total.
Je
perdrai mon salaire, je perdrai peut
-être
mon emploi. Au moins, Macron va comprendre que si tout le monde arrête de travailler demain,
il
n
'y
aura aucun salaire, il n
'y
aura aucun fric qui va rentrer dans les caisses. Quoi qu'il arrive,
tant
qu'on n'aura pas de réforme gouvernementale avec des gens des Gilets jaunes qui ont les connaissances du terrain et qui
ont
les connaissances culturelles et qui font partie de ces érudits anonymes, il est hors de question que ça bouge, bien au contraire, ça durcira.