Budget 2027: «On n'est pas allé chercher l'argent là où il est», pointe le député LFI Damien Maudet
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Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse partielle
Pourquoi, tout en saluant une victoire historique, vous avez décidé à la France insoumise de vous abstenir ?
- 1:05RelanceRéponse partielle
Et s'abstenir, c'est donc aussi en quelque sorte soutenir. Mais est-ce qu'au terme de ce consensus à l'Assemblée, ce message n'aurait pas encore été un peu plus fort sans votre abstention pour éviter que ce texte soit détricoté possiblement au Sénat ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Dites-moi si je me trompe, c'est de taxer plus encore les ultra-riches.
- 3:26OuverteRéponse directe
Il y a également dans ce contre-budget de LFI des annonces pour les lycéens en colère, la création de 10 000 postes dans l'éducation, 250 000 à l'université et rendre les cantines gratuites. Ça figurera donc dans le budget rectificatif de LFI.
- 3:49OuverteRéponse partielle
Si tant est que Jean-Luc Mélenchon remporte la présidentielle, est-ce qu'il n'aurait pas été heureux en attendant ce budget de rectificatif, de partager le débat sur l'actuel budget ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Je reviens sur les lycéens que vous soutenez et qui entendent se joindre au mouvement des Gilets jaunes de samedi prochain, mouvement où figureront également tous les révoltés aujourd'hui en France contre la vie chère. Est-ce que vous soutenez cette convergence, cette agrégation des luttes
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« Beaucoup de personnes ont été exclues du périmètre de la loi. Par exemple, les femmes étrangères sur pression du Rassemblement National et soutenues d'ailleurs souvent par Aurore Berger elle-même. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Par exemple, l'entretien qui peut être fait pour les enfants à l'école n'apparaît qu'à partir de 2032. »
- 2:23Invité politiqueFait
« C'est complètement vrai. »
- 2:47Invité politiqueChiffre
« Bercy a sorti une note il y a quelques jours en disant qu'effectivement, par exemple, sur les cadeaux faits aux entreprises et qui, en proportion, profitent aux plus grandes entreprises, on est à 166 milliards d'euros. »
- 3:08Invité politiqueFait
« C'est le cas chez moi à Limoges avec l'entreprise Legrand, par exemple, ou le cas à Clermont avec l'entreprise Michelin qui touche des aides, mais qui par ailleurs décide pour autant de s'engager dans des plans de licenciement alors que les entreprises vont très bien. »
- 3:20Invité politiqueChiffre
« Et d'ailleurs, les 500 fortunes du pays ont doublé leur patrimoine depuis l'année 2017. »
- 4:44Invité politiqueFait
« Donc ça veut dire sur les services publics, ça veut dire sur les APL, ça veut dire aussi sur tout un tas de prestations sociales pour lesquelles les gens ont cotisé, par ailleurs. »
- 4:49Invité politiqueFait
« Donc aujourd'hui, non, un budget tel qu'il est présenté, il est impossible de le voter parce que c'est une régression totale. »
- 6:23Invité politiqueFait
« Donc ça signifie que nous aussi, on a des besoins. Et vous voyez, on n'aura pas ces professeurs. »
Temps de parole
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- Présentateur31 %
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Bonjour Damien Maudet. Bienvenue sur RFI, on vient de l'évoquer, à cette victoire d'État pour la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles adoptée à l'unanimité hier à l'Assemblée. Pourquoi, tout en saluant une victoire historique, vous avez décidé à la France insoumise de vous abstenir ?
Déjà j'ai une pensée pour toutes les personnes victimes de ces violences sexistes et sexuelles et je veux remercier les associations pour leur travail. Oui, on salue une victoire, un grand travail des associations. Cela étant dit, c'est ce qui a été dit dans votre reportage juste avant, il y a un certain nombre d'associations aussi qui disent que la loi n'est pas pleinement intégrale. Beaucoup de personnes ont été exclues du périmètre de la loi. Par exemple, les femmes étrangères sur pression du Rassemblement National et soutenues d'ailleurs souvent par Aurore Berger elle-même. Il
y a
une question budgétaire aussi. Aujourd'hui,
il
n'y a pas d'engagement budgétaire concret. Il y a aussi d'autres points qu'on a un peu plus de mal à comprendre. Par exemple, l'entretien qui peut être fait pour les enfants à l'école n'apparaît qu'à partir de 2032. Il y a tout un tas d'éléments qui, pour nous, nous a plutôt poussés vers l'abstention, même si on peut saluer aujourd'hui cette avancée. C'est pour ça qu'on n
'a
pas fait opposition à la loi.
Et s'abstenir, c'est donc aussi en quelque sorte soutenir. Mais est-ce qu'au terme de ce consensus à l'Assemblée, ce qui est plutôt rare et qui est un message puissant envoyé au sénateur, ce message n'aurait pas encore été un peu plus fort sans votre abstention
pour éviter
que ce texte soit détricoté possiblement au Sénat ?
Ça, je l'ignore. Après, c'est dans le symbolique. En tout cas, nous, comme on vous le dit, la position qui a été prise, y compris par nos chefs de file, elle est aussi parce qu'il y a un certain nombre de personnes qui sont exclues de cette loi-là. D'ailleurs, il y
a
des associations comme Médecins du Monde, Amnesty ou encore Nous Toutes qui déplorent que la loi ne soit pas pleinement intégrale. Il y
a
aussi des questions budgétaires. Et le signal qu'on envoie par ailleurs au gouvernement en faisant ça, c'est en leur disant aussi qu'il faut que la loi devienne pleinement intégrale aussi par la suite et que des budgets soient débloqués très concrètement.
On
reste à l'Assemblée où va donc s'ouvrir aujourd'hui le périlleux débat sur le budget. C'est le jour qu'a également choisi votre candidat, Jean-Luc Mélenchon, pour présenter son contre-budget, pour remettre de l'ordre dans les comptes publics. Il y a une idée force. Dites-moi si je me trompe, c'est de taxer plus encore les ultra-riches. Ce qui explique le déficit du régime Macron, a dit Jean-Luc Mélenchon, c'est que le capital échappe à l'impôt.
C'est complètement vrai.
C
'est-à-dire qu'aujourd'hui, dès 2017, il y
a
eu tout un arsenal de dispositifs qui ont été mis en place. Par exemple, la baisse de la taxe sur les dividendes, la baisse d'un certain nombre d'impôts pour les plus fortunés du pays, qui a créé aujourd'hui un déficit.
Il
y
a
eu d'ailleurs... D'ailleurs, c
'est
Emmanuel Macron lui-même qui dit qu'en France, on n
'a
pas un problème de dépense, on a un problème de moindre recette. Et ces moindres recettes, ça veut dire qu'on n
'est
pas allé chercher l'argent. Là où il est d'ailleurs... Bercy a sorti une note il
y
a quelques jours en disant qu'effectivement, par exemple, sur les cadeaux faits aux entreprises et qui, en proportion, profitent aux plus grandes entreprises, on est à 166 milliards d'euros. C'est au-dessus du déficit annuel. C'est des cadeaux qui sont faits sans aucune contrepartie avec un certain nombre d'entreprises d'ailleurs qui peuvent licencier, qui peuvent délocaliser. C'est le cas chez moi à Limoges avec l'entreprise Legrand, par exemple, ou le cas à Clermont avec l'entreprise Michelin qui touche des aides, mais qui par ailleurs décide pour autant de s'engager dans des plans de licenciement alors que les entreprises vont très bien.
Donc aujourd'hui, oui, on a un problème de répartition des richesses. Et d'ailleurs, les 500 fortunes du pays ont doublé leur patrimoine depuis l'année 2017.
Il y a également dans ce contre-budget de LFI des annonces pour les lycéens en colère, la création de 10 000 postes dans l'éducation, 250 000 à l'université et rendre les cantines gratuites. Ça figurera donc dans le budget rectificatif de LFI. Si tant est que Jean-Luc Mélenchon remporte la présidentielle, est-ce qu'il n'aurait pas été heureux en attendant ce budget de rectificatif, de partager le débat sur l'actuel budget ?
Le
Cornu se batte, par exemple, pour augmenter dès à présent le budget de l'éducation nationale
? Mais vous
savez, on le fait. Moi, la semaine dernière, j'étais en commission sur le projet de finances. Donc ça veut dire que j'ai passé 13 heures par jour à discuter du budget. Cette semaine, je le fais sur le projet de finances, mais il y
a
aussi le projet de financement de la sécurité sociale en même temps. La vérité,
c
'est qu'on participe à tous ces arbitrages... Enfin, on participe aux arbitrages. On participe au débat, en tout cas, et on propose. Et on a face à nous maintenant un mur qui s'érige de la Macronie jusqu'au Rassemblement National pour s'opposer à toutes les mesures qui permettraient aujourd'hui de faire participer davantage nos concitoyens qui en ont les moyens et, en revanche, qui ne cherchent qu'à précariser celles et ceux qui, aujourd'hui, souffrent déjà beaucoup. Donc on est dans le débat parlementaire. On fait des propositions, mais force est de
constater qu'aujourd'hui... Mais quoi qu'il arrive, on ne
voterait pas ce budget.
Mais quoi qu'il arrive, aujourd'hui, on part déjà d'extrêmement loin avec ce budget qui est une saignée sociale avec 54 milliards d'euros d'économie demandée. Donc ça veut dire sur les services publics, ça veut dire sur les APL, ça veut dire aussi sur tout un tas de prestations sociales pour lesquelles les gens ont cotisé, par ailleurs. Donc aujourd'hui, non, un budget tel qu'il est présenté, il est impossible de le voter parce que c'est une régression totale. Et d'ailleurs, je tiens à signifier que l'année dernière, un certain nombre de députés avaient décidé de ne pas censurer le gouvernement. Par exemple, c'était le cas du Parti Socialiste.
Et on se rend compte aujourd'hui à l'étude du budget que, par exemple, le gouvernement décide de faire aussi les économies sur le budget de l'année dernière. Donc ça veut dire qu'ils ont été totalement floués, notamment quand ils ont décidé de ne
pas
censurer.
Je
reviens sur les lycéens que vous soutenez et qui entendent se joindre au mouvement des Gilets jaunes de samedi prochain, mouvement où figureront également tous les révoltés aujourd'hui en France contre la vie chère. Est-ce que vous soutenez cette convergence, cette agrégation des luttes
? On a toujours soutenu une convergence des luttes. Donc on soutient aussi la mobilisation des lycéens. D'ailleurs, je veux aussi souligner le fait que cette mobilisation des lycéens, elle se fait sur l'ensemble du territoire. C'est quand même parti proche de chez vous, à Créteil. Et ça va jusqu'à Limoges, chez moi, voire à Saint-Léonard-de-Nobla, chez moi aussi, qui est une ville au cœur de la Haute-Vienne, où là aussi il y
a
des...
Vous êtes
député de la haute
-limoges. Bien sûr, et où il y a
des mobilisations lycéennes. Donc je veux dire, ça s'est étendu parce qu'ils partagent un certain nombre de demandes en commun. La fin de parcours sub, par exemple, et de la sélection sociale à l'université. Le fait d'avoir des classes correctes,
d
'avoir des établissements corrects, surtout d'avoir des professeurs. Tout à
l
'heure, il a été dit que des professeurs à l'arrivée en remplacement, vous savez, en Limousin, chez moi, on aura zéro professeur pour l'instant. Zéro. Pourtant, moi,
j
'ai des lycées où il manque de... où, par exemple, les élèves ont une spécialité, et ils n
'ont
pas eu cours depuis... enfin là, depuis un mois, ils n
'ont
pas eu cours de cette spécialité. Donc ça signifie que nous aussi,
on
a des besoins. Et vous voyez, on n'aura pas ces professeurs. Et maintenant, la convergence des luttes, oui, on a un gouvernement qui a réussi à se mettre à dos l'intégralité de la population. Je veux dire, ça passe des lycéens, des pompiers, des pharmaciens. Aujourd'hui, tout le monde a une dent contre
le gouvernement parce que tout le monde s'est fait racheter. C'est une révolte
qui est en train de se lever aujourd'hui ?
Je ne sais pas si c'est une révolte. En tout cas, il y
a
une grande colère qui se réveille. Mais qui, en fait, en vérité, depuis le début des mandats d'Emmanuel Macron, tous les ans,
il
y a des gens qui se révoltent. Tous les ans,
il
y
a
des gens qui se font... à qui on prend plus d'argent.
Et
alors que, dans le même temps, on voit que l'accumulation de richesses au plus haut, elle, elle s'est réalisée avec un doublement de la fortune des 500 fortunes du pays.
Et on revient sur l'idée de départ et le contre-budget de LFI. Un dernier mot sur la campagne présidentielle, sur la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche. Jean-Luc Mélenchon n'a pas réagi. Est-ce que c'est une façon d'invisibiliser un concurrent à gauche
?
C'est surtout... on a des priorités. Et nos priorités, c'est battre la droite et battre l'extrême droite. Je veux dire, aujourd'hui, bon, Raphaël Glucksmann a gagné la primaire.
C'est un adversaire, Raphaël Glucksmann, qui exclut tout accord avec LFI
? Bon,
il a toujours été contre l'Union. Aujourd'hui,
je
pense que la dynamique de la gauche, c'est une gauche de rupture qui sait être claire, justement. Je ne crois pas que Raphaël Glucksmann en fasse partie. Par ailleurs, voilà, nous, notre adversaire, c'est vraiment l'extrême droite. On voit aujourd'hui dans toutes les enquêtes d'opinion, même s'il faut les prendre avec des pincettes, que c'est là où se situe le duel. Et donc, on ne
va
pas s'occuper des affaires de tous les candidats qui se présentent à l'élection présidentielle.
Merci, Damien Maudet. Merci d'être passée
à
RFI.
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Damien Maudet