Sénateur en action : Sébastien Pla, la crise viticole
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Nous sommes au cœur du pays Qatar, non loin des Pyrénées. Une forteresse imposante, une vue à couper le souffle. Bienvenue au château de Perpertuse dans la terre de cœur du sénateur de l'aude.
Sébastien Plat, 48 ans. Je suis né ben pas très loin d'ici en Arbon. Je suis vigneron au domaine Châteauille Reertuse.
Je suis la 7e génération, mon fils la 8e. Donc l'objectif c'est garder les pieds sur terre et puis de temps en temps témoigner à Paris de ce qui se passe en province pour pouvoir à travers la loi et à travers le travail que l'on mène au Sénat apporter la voix de celles et ceux que l'on entend pas et qui ont pas la possibilité de s'exprimer. Je me suis retrouvé merde magnifique village de Duyx au payertus et de ce super château là à l'âge de 23 ans et ma conscience l'engagement personnel pour les autres m'ont amené progressivement à franchir les des échelons.
J'étais conseiller général puis conseiller régional et et puis récemment il y a 5 ans, sénateur du département de l'ude. Pour Sébastien Plat, la vigne est une histoire de famille. Il a repris le domaine de son grand-père.
Désormais, il partage son activité avec son fils. La viticulture présente ici depuis depuis l'antiquité. Donc quelque part, c'est c'est notre ADN et euh et je suis engagé pour continuer à la faire vivre, à la soutenir parce que ça fait partie de nos racines et c'est un territoire et un terroir de très grande qualité qui permet de générer de l'économie partout puisque la viticulture est présente sur tous les territoires.
Allez, fait bon là. Super aujourd'hui hein. Ouais.
Ouais. C'est une taille idéal. Mais depuis quelques années, les aléas climatiques mettent le moral des viticulteurs à rue d'épreuve.
Tu descends, il y en a un qui descend là vers la route et l'autre il passe là-bas. Dans l'Aude. Après des sécheresses à répétition, les rendements sont de plus en plus faibles.
À l'heure des vendanges, Sébastien Plat constate les dégâts d'un été particulièrement sur ses raisins. En fait, avec le réchauffement climatique, les gros coups de chaleur du mois de juin et du mois d'août, les raisins, vous voyez, ils sont touchés par les coups de chaud. Donc il grossissent pas et ils sèchent.
Et ça c'est euh ça ça touche tout le pourtour méditerranéen depuis quelques années. Après la vigne, elle souffre aussi de la sécheresse. On le voit ça les les les feuilles sèches comme ça là c'est lié à la sécheresse.
C'est un phénomène que l'on voyait pas il y a ces dernières années. Donc ça les gros coûts de chaleur. En fait l'intensité la chaleur est tellement forte que les la vigne carrément sèche.
Alors aux aléas climatiques s'ajoutent les ravages des nuisibles, un fléau pour les viticulteurs. Euh la sécheresse, le fait qu'il y ait pas d'eau, en fait les les sangliers rentrent, pètent le grillage, rentrent dans les vignes pour manger les raisins et c'est assez désespérant pour les pour les viticulteurs parce que vous avez travaillé toute l'année. Vous êtes passé à travers des conditions météo, à travers les maladies, vous avez une belle récolte et puis au dernier moment, vous constatez que les sangliers mange les raisins.
Alors cette année, en terme d'évaluation, j'ai perdu 5 tonnes de raisin. Donc ce qui est colossal, 5 tonnes de raisin, ça fait une trentaine d'hectolitres de vin. Ça fait à peu près 20000 € de perte sur le domaine. [Musique] Confronté à une crise inédite par son ampleur, la filière viticol tente de s'adapter.
Sur le domaine de Sébastien Plat, on mise sur des sépage plus robuste issu d'Italie et d'Espagne comme l'explique son fils Axel. Enfin, on s'est battu pour récupérer les dernières vignes de blanc qu'il y avait dans le pays parce qu'on en avait pas et on a planté 2 hectares cette année d'un sépage espagnol de Galice, des sépages qui sont adaptés ici et en plus le sépage espagnol. qui sont résistants quand même aux fortes chaleurs.
Jeunes agriculteur, Axel Plat croit à l'avenir de la viticulture dans l'Aude mais n'exclut pas d'autres cultures. Avec l'état actuel, ça fait réfléchir à à faire autre chose. Il y a il y a d'autres, comment dire comme les Amandiers, ça s'adapte très bien ici.
Les oliviers aussi, même peut-être faire de la lavande comme ils font en Provence, ça peut être intéressant. C'est toujours des idées qu'on garde dans la tête au cas où si vraiment il y a des années extrêmes et que on s'en sort plus. Mais actuellement euh nous notre objectif c'est surtout se baser sur de nouveaux blancs un peu exotiques qui s'adaptent bien au coin et développer un gros marché de blanc qui a complètement disparu ici dans les corbières.
Si là peut-être là ça a commencé à presser du coup va falloir peut-être pomper. C'est ici que se construit la l'agriculture de demain parce que réchauffement climatique, ça va continuer. Des incendies, il y en a pas que sur le portu méditerranéen, il y en a en Bretagne aussi aujourd'hui.
Donc ce qui se passe ici, il faut que ce soit vraiment euh un laboratoire pour éviter que demain ben ce soit l'intégralité du pays qui soit qui soit impacté. Membre de la mission d'information du Sénat sur l'avenir de la viticulture, Sébastien Plat veut apporter des solutions à la filière. Entre l'effondrement de la consommation, la hausse des coûts de production et les alléas climatiques, les viticulteurs sont pris à la gorge.
On est au creux de la vague en fait vraiment au plus profond. On voit pas de de d'avenir et euh tout le monde est enfin est convaincu. Faut réduire les surfaces, faut réduire les volumes, c'est plus adapté.
Donc ça passera par de l'arrachage, par de la distillation et puis après ça veut dire des structures comme la nôtre va perdre comme toutes les câbles coopératives va perdre des volumes. Et donc comment on va tourner ? Il va falloir se réorganiser se avec des plans sociaux des tous les amortissements qu'on a comment on va faire les investissement. [Musique] Si dans l'hexagone la viticulture représente près de 400000 emplois directs et indirects en langue doc rousillon la récolte est en constante baisse moins 15 % en 5 ans.
La question en fait c'est le revenu et la valorisation. C'est ça qui ressort donc cette mission d'information pour prétention simplement de faire un diagnostic très très clair et très lucide de la situation de la filière en France parce que la viticulture est un des secteurs économiques majeurs pour le pays. Faut savoir que ça pèse 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires globalement et et elle contribue à l'excédent de la balance commerciale.
La viticulture est française aujourd'hui est à la croisée des chemins. des crises, il y en a eu tout tout le temps, tout au long de l'histoire, mais celle-ci, elle est poli plurifactorielle et donc elle n'a jamais été aussi grave. Un secteur en crise dans un département qui a connu en août un méga feu, le plus vaste incendie en France depuis 1949.
Dans l'Aude, 17000 hectares sont partis en fumée. C'est un désastre. Tout est détruit, tout est calciné.
On va voir le le maire de Couougoue Paul Bertier qui est un jeune maire, l'un des plus jeunes maires du du département qui est aussi Vigneron et qui a tout perdu à la fois ses vignes mais aussi ben son village. Sa commune a été totalement détruite par l'incendie. Même les vignes ont pas réussi à à arrêter le feu tellement que il était d'une puissance incroyable.
Tout est détruit, les habitations sont détruites. Un paysage lunaire. [Musique] À coou, le maire est encore sous le choc.
Tout a brûlé autour du village. Ben ouais, ça fait ça remu les tripes à chaque fois quoi. Ben oui, si ouais, c'est dur.
C'est encore dur. Ce sera dur. Et hier, il y avait un beau chantier bénévole à 35 bûcherons qu'on Ouais.
Euh nettoyé, débossaillé, euh broyé, des arbres calcinées. La mairie de Luc nous a fait la logistique, une paa. Ah ouais, enfin non mais il y a des choses belles hein qui s'organisent malgré ce drame.
C'est c'est ça les cormères. C'est ça les cormè. Tu as tout dit.
Voilà. Là, c'est une maison que j'ai fait évacuer parce que le pompier ici m'a dit "Faites-les évacuer." Et là, tu vois, on voit bien voilà que les vignes ont vraiment fait par feu pour pour ces mais pour protéger ces maisons.
Voilà, une vigne qui s'est sacrifiée, une vigne où il y avait des raisins, une vigne où c'était entretenu et et on voit sur quelques pieds après euh l'intensité de la sève a fait écran à ce feu et a permis de sauver en l'occurrence ici un caveau familial et ensuite après le village. Donc voilà, pour ce maire, lui-même viticulteur, c'est le coup de grâce. Paul Bertier a perdu ses 6 hectares de vigne.
Il songe à arrêter. Ça fait trois hivers qu'il ne pleut pas ici. Trois hiver au village, on a nos sources qui se sont taries.
Là, c'est plus un climat méditerranéen, on est en climat semi-haride. Voilà, les raisins qui auraient pu être vinifiés. Donc là, bien sûr, ça se passe de commentaire, hein.
C'est invinifiable. C'est invinifiable. et plus loin, ce sont des raisins qui sont trop fumés pour pouvoir les vinifier.
Ce drame qui nous a touché, j'aimerais qu'il puisse servir pour les autres territoires parce que on s'est rendu compte que personne n'est préparé à vivre un incendie d'une telle ampleur. Les pompiers n'avaient jamais vu ça, cette violence, cette soudaineté, cette vitesse. Donc je crois que personne était préparé.
À la cave coopérative de Taleran, Sébastien Plat retrouve l'UV Crou, président de la chambre d'agriculture de l'Aude. Salut, merci de venir nous voir. Ouais, il pointe du doigt les vignes laissées en friche.
Dans l'Ude, 5000 hectares ont été arrachés ce qui a favorisé la propagation des flammes. Comme on est dans une zone où il y a des terres qui sont peu fertile et où il y a peu de pluie, mais finalement quand les terres sont abandonnées par la viticulture, elles sont abandonné tout court, donc de l'enfrichement et là on n'est pas dans des forêts domaniales du nord de la France, on est dans de la forêt méditerranéenne, donc c'est des allumettes à ciel ouvert et euh c'est ça qu'on appelle la déprise agricole. Et donc dès qu'il y a un feu, ben toutes ces friches s'enflamment.
Et donc là où avant l'agriculture a finalement cloisonné les massifs et protégé les villages, aujourd'hui le feu passe d'un massif à l'autre, traverse des villages et il arrive ce qu'il est arrivé. Il faut absolument que tout le monde se retrouve les manches pour qu'il y ait un changement de paradigme. Ça fait 40 ans qu'on est dans la déprise agricole et viticole dans ce territoire.
Aujourd'hui, on arrive au bout. Soit il y a un changement profond qui se fait, soit c'est un territoire qui va se désertifier dans tous les sens du terme. Si c'est le schéma qui se mettait en place, le prochain mégafeu est en route, quoi.
Bonjour, ça va ? Bonjour monsieur le sénateur et bienvenue. À quelques kilomètres de là, Sébastien Plent au domaine Saint-Trop.
Cette année, les cuves restent vides. Dans la famille Verdal, vigneron depuis 5 générations, on n' jamais vu ça. C'est inédit quoi.
Un méga feu et une inédit parce qu'on va pas rentrer 1 kg de résin au château de Sainte Trope. C'est du jamais vu. C'est c'est difficile.
C'est difficile moralement et on se pose deux sérieuses questions pour l'avenir quoi. Et tout simplement parce que faut pas se leurer. Une année sans récolte, c'est une année sans commerce et sans commerce sans rentrée de chiffre d'affaires.
Quelle entreprise peut se relever de ça ? Donc celle-là peut-être on la fera lundi. Dans la famille Malric, on est viticulteur de père en fils.
Mathieu diversifie son activité en parallèle du travail de la vigne, incertain et peu rentable. Fraîchement installé, il a investi dans un cheptel de 50 brebis et dans des panneaux solaires. Hop là !
La récionation est [Musique] de là octobre novembre jusqu'en quasiment en mars, elles sont uniquement dans les vignes chez moi et chez des collègues. Et en fait, ça me permet ben d'un déjà de nettoyer cette herbe. En plus, ça fait un peu de fumure en ce moment, surtout vu le climat qu'on a. euh avoir un une culture unique, c'est ça peut marcher mais c'est quand même je trouve beaucoup plus dangereux.
Moi, j'ai préféré un peu diversifier, avoir une partie viticulture, une partie élevage. J'ai même une partie solaire parce que j'ai fait mon hangar et et j'ai financé les panneaux. Donc l'un dans l'autre, avoir les deux, ça permet de de jongler un
Sebastien Pla