Service national volontaire, nationalisation d'ArcelorMittal et budget 2026… Le 8.30 franceinfo de Mathilde Panot
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Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe. On va parler de votre niche à l'Assemblée aujourd'hui, c'est-à-dire que vous avez carte blanche pour proposer 8 propositions de loi. On va parler du budget, de votre stratégie pour les municipales qui interrogent le parti socialiste. Mais d'abord, Mathilde Panot, le président est attendu sur un site de l'armée de terre en Isère aujourd'hui, dans un contexte de guerre en Ukraine. Et face à la menace que fait peser la Russie sur l'Europe, Emmanuel Macron envisage de réinstaurer le service militaire sous une forme volontaire. Est-ce que vous soutiendrez cette initiative à LFI ?
Alors non, nous ne pouvons pas être d'accord avec cela, d'autant plus que ça intervient dans un moment où il y a eu les propos il y a quelques jours du chef d'état-major des armées qui a expliqué qu'il fallait que nous soyons prêts à perdre nos enfants et à souffrir économiquement. Je rappelle qu'en République, l'autorité militaire est strictement subordonnée à l'autorité politique sous le contrôle du Parlement et que donc un chef d'état-major des armées n'a pas à parler de cette manière. Et nous sommes très inquiets de voir qu'il y a une manière de gouverner par la peur qui, je crois, ne fonctionnera pas dans notre pays.
Mais Jean-Luc Mélenchon, en 2022, il réclamait une conscription citoyenne obligatoire. Exactement. Mais ce n'est pas très éloigné.
Alors si, quelles sont les différences ? D'abord, comme Emmanuel Macron est en train d'expliquer que c'est peut-être une réinvention du service national universel, vous savez qu'il devait être généralisé en janvier 2026 et qu'il y a un échec tellement fort que finalement ils ont décidé de l'abandonner, qui concerne, je le rappelle, des mineurs, avec des dérives, un coup exorbitant qui ont été démontrés, avec, dans ce qui a été annoncé pour l'instant, parce que nous n'avons pas les informations exactes...
Mais vous, vous êtes contre le principe même du service militaire ?
Non, mais contre cette manière de faire, je vous explique. Donc quelle serait votre version ?
Quelle serait votre version ?
Alors, je dis d'abord leur version, j'explique la note. Exclusivement militaire et qui serait rémunéré entre 900 et 1000 euros par mois, ce qui est largement en dessous du SMIC. Nous, ce que nous proposons, c'est une conscription citoyenne qui a l'immense partie qui est justement citoyenne avec un volet militaire possible sur volontariat, qui est payé au SMIC et qui nous permet de faire face aux grands enjeux de notre siècle.
Parce que ce sur quoi je veux attirer votre attention, c'est que ce qu'est en train de faire Emmanuel Macron, c'est de concentrer le pays sur des menaces qui sont incertaines et de détourner le pays de menaces qui sont certaines, notamment celles du dérèglement climatique. Bah oui, moi j'espère qu'il n'y aura pas de guerre avec la Russie, j'espère que vous aussi.
Vous ne percevez pas cette menace malgré les cyberattaques, la guerre informationnelle, les attaques contre les hôpitaux, ce qu'on a vu récemment en France ?
Non, au contraire, moi j'ai été très surprise d'entendre le président de la République parler par exemple des cyberattaques sur un hôpital français et que derrière, nous n'avons aucune information sur les réponses qui doivent être apportées. Mais j'ose espérer que ici, tout le monde est conscient de l'idée que si nous rentrons en guerre contre une puissance nucléaire, alors nous serons dans une situation qui est gravissime. Et qu'il y a d'autres moyens de répondre, et il faut évidemment répondre aux menaces et aux actes qui sont faits sur le sol français, mais qu'il y a d'autres moyens de répondre que de faire la guerre immédiatement.
Et moi, je ferai tout pour que nous agissions pour la paix avec une France non alignée au service de la paix.
Justement, vous refusez l'alignement sur l'OTAN, c'est votre position historique, mais est-ce que le non-alignement de la France, est-ce que la neutralité est possible face aux attaques russes que décrit pas seulement l'Elysée ?
Alors, le non-alignement, ce n'est pas la neutralité. Le non-alignement permet à la fois de soutenir le peuple ukrainien de toutes nos forces, de soutenir le peuple palestinien face aux violations du droit international et au génocide qui continue. Donc, ce n'est pas la neutralité. Le non-alignement, c'est de dire que nous ne voulons être alignés ni sur les intérêts des États-Unis et notamment de ceux de Trump, ni sur les intérêts de la Russie, ni sur les intérêts de la Chine ou de je ne sais quelle autre puissance.
C'est que nous puissions, nous, décider que la France redevient une voix qui est écoutée parce qu'elle n'a pas un deux poids deux mesures choquant, comme on l'a vu entre l'Ukraine et la Palestine. Je rappelle, pour les violations du droit international, Vladimir Poutine a 19 trains de sanctions contre lui et Netanyahou, pour des violations du droit international extrêmement graves, attestées par nombre d'organismes internationaux et la justice internationale, a toujours zéro sanction contre lui. Donc, nous proposons, au contraire, que la France retrouve une voix sur la scène internationale.
Et vous dites, ce matin, contrairement au Président qui dit que la menace russe est durable, que cette menace russe est incertaine. Ce sont vos mots ?
Je disais ça par rapport au dérèglement climatique parce que nous, lorsque nous proposons la conscription citoyenne, nous proposons, par exemple, qu'il puisse y avoir la possibilité d'agir suite à des tempêtes et autres. Et je veux d'ailleurs adresser mes pensées à nos concitoyens de Polynésie qui viennent d'avoir au moins quatre morts dans des glissements de terrain suite à des plus torrentiels.
Mathilde, on parle de la menace russe. Vous avez vertement critiqué les propos du chef d'état-major des armées, Fabien Manzon. Vous y faisiez référence. Il avait évoqué la nécessité pour la crédibilité de notre défense aussi, que le pays soit prêt à accepter de perdre ses enfants. Ça a fait réagir Raphaël Glucksmann. Il était lundi sur France Info. Il parle de vous.
Le déchaînement de toute une partie de la classe politique, depuis la France Insoumise jusqu'au Rassemblement National, contre le chef d'état-major des armées, vient montrer une chose. C'est que l'esprit de capitulation et de défaite est extrêmement puissant dans cette classe politique. Je vise tous ceux qui ont crié, nous voulons la paix, comme si le chef d'état-major des armées voulait la guerre.
Est-ce que vous avez l'esprit de capitulation et de défaite ?
Non, j'ai l'esprit républicain. Et en République, je le redis, un chef d'état-major des armées, comme les autorités militaires, conseille le pouvoir politique. Elles obéissent et elles servent. Et c'est ce qui permet de protéger l'armée. Et moi, je veux alerter non seulement, bon, nous sommes habitués au saïe va-t'en-guerre de M. Glucksmann, mais la première chose pour faire face à des menaces, et notamment parce que les menaces qui ont été faites, ça ne vous a pas échappé, sont par exemple des menaces qui visent à diviser la communauté nationale, la première force d'un pays face à des menaces extérieures, c'est la cohésion du pays.
Et donc, pour la cohésion du pays, la chose que nous devons faire, c'est de refuser toute division, mais aussi de faire partir ceux qui divisent le pays, notamment Emmanuel Macron.
Mais quand Jean-Luc Mélenchon remet en cause la légitimité du président ukrainien, considère que Vladimir Zelensky est le président de rien, que l'Ukraine ne peut plus gagner, que le départ de Zelensky est la condition de l'accord, est-ce que c'est toujours sur cette position ? Est-ce que vous ne reprenez pas ainsi encore la rhétorique de Vladimir Poutine ?
Vous savez, l'accusation d'être pro-russe, on nous l'a fait absolument tout le temps. Nous, nous sommes le seul mouvement politique, monsieur, le seul de ce pays, qui avons non seulement fait sortir des opposants russes à Vladimir Poutine, des russes qui sont pour la paix. Nous les avons fait sortir du pays, et depuis pratiquement quatre ans, c'est nous qui faisons en sorte qu'ils puissent vivre correctement dans ce pays. Vous n'avez pas répondu à la question de soi, il est en Ukraine ? Si, si, je vais répondre, bien sûr, je vais répondre. Sur la question de Zelensky, ce qu'a fait Jean-Luc Mélenchon, c'est de ne pas remettre ça en cause, sa légitimité.
Il a dit qu'il fallait qu'il y ait des élections en Ukraine. Et je ne vois pas qui nous sommes tous ici pour refuser des élections au peuple ukrainien. Et je vais vous expliquer pourquoi c'est important. C'est important parce que nous, nous voulons qu'il y ait une paix qui soit basée sur la diplomatie, qu'il y ait la construction d'une sortie politique du conflit. Et donc, s'il y a une construction politique de sortie du conflit, cela veut dire que derrière, si vous ne faites pas des élections, y compris pour que ce soit monsieur Zelensky, de nouveau, il n'y a pas de problème. Mais si vous ne faites pas des élections, et que juste après...
Si il n'y a pas des élections, c'est parce qu'il y a une guerre, Mathilde Pano. Et vous, vous dites que...
Oui, mais c'est pour ça que nous demandions que le cessez-le-feu puisse avoir lieu pour faire en sorte que justement, il puisse y avoir des élections. Je vais expliquer pourquoi. Parce que sinon, la paix ne sera pas durable. Si vous avez derrière un autre président qui est élu, qui conteste les termes qui ont été signés par monsieur Zelensky, alors à ce moment-là, la paix ne sera pas durable. C'est la seule chose que nous disons.
Et je vais vous dire que tous les vatanguères qui nous ont expliqué pendant des mois et des mois que c'est comme ça qu'il fallait faire, se retrouvent devant une situation où l'Ukraine est dans la pire situation possible face à la Russie, avec évidemment Donald Trump
qui en plus négocie directement avec Vladimir Poutine. On va parler de votre niche parlementaire aujourd'hui à l'Assemblée. C'est-à-dire que vous présentez huit textes dans ce cadre, parmi lesquels notamment une résolution contre l'accord sur le Mercosur, la gratuité des parkings hospitaliers, l'abrogation de la réforme des retraites. Déjà, c'est un peu comme le RN la dernière fois, vous proposez quand même des textes assez consensuels pour une bonne partie de l'hémicycle. C'est quoi l'idée ? C'est de piéger vos adversaires qui auront du mal à s'opposer à ces textes, même s'ils viennent de vous ?
Non, nous n'avons pas des petits objectifs politiciens. Nous, nous faisons des textes qui peuvent changer la vie des gens et qui montrent que la politique peut être au service de l'intérêt général et de l'intérêt commun. Et je crois que c'est en plus une niche qui arrive, donc la seule journée dédiée que nous ayons dans l'année, qui arrive dans un moment particulier, dans un moment où depuis un an et demi, nous avons un président de la République qui refuse de reconnaître le résultat des urnes, où nous avons des gouvernements qui tombent les uns après les autres et qui continuent coûte que coûte la même politique au service des plus riches.
Et donc, ce que nous faisons, fidèles à la stratégie que nous utilisons à l'Assemblée, un pied dedans, un pied dehors, nous allons faire rentrer aujourd'hui les luttes populaires à l'intérieur de l'Assemblée. Justement. Et pendant ce temps-là, le Rassemblement National essaye évidemment d'empêcher ses votes avec une obstruction jamais vue dans une niche parlementaire.
Le Rassemblement National vous répond que vous, vous avez fait de l'obstruction quand lui proposait la gratuité des parkings hospitaliers ou de lutter contre les frais bancaires. C'est absolument faux.
D'abord parce que la différence entre le texte que nous, nous avons sur la gratuité des parkings et celui que portait le Rassemblement National, c'est que la gratuité des parkings pour le Rassemblement National, c'était dans 20 ans quand les concessions seraient terminées. Nous, c'est immédiatement. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, nous avons déposé en tout et pour tout sur la niche du Rassemblement National 71 amendements. Eux en ont déposé 600 sur la nôtre. Et nous, quand nous faisons de l'obstruction, nous l'assumons, par exemple, 13 000 amendements pour empêcher le vote de la retraite à 64 ans.
Donc, nous, nous faisons de l'obstruction uniquement pour protéger les Français. Eux en font pour pourrir la vie des gens. Et je le dis aujourd'hui, par exemple, sur la nationalisation d'ArcelorMittal, c'est 15 000 emplois qui sont en jeu.
Le RN permettra un vote sur Arcelor, mais aura donné une bonne leçon à LFI qui se croit tout permis. On va parler d'Arcelor dans quelques instants. Mais qu'est-ce que vous répondez à Jean-Philippe Tanguy ? Est-ce que vous n'êtes pas comme des enfants dans le cours de récréation ?
Le RN est l'ennemi des travailleurs, qu'ils ne pensent qu'à leurs petits intérêts et qu'ils défendent le camp du Grand Capital, notamment celui de Mittal, mais aussi celui de Vinci Parking, d'Indigo et de beaucoup d'autres. Et que ce qu'ils sont en train de faire, c'est bafouer le droit des groupes d'opposition à avoir une journée dédiée pour pouvoir passer des textes et que ça va se voir beaucoup.
Avec Mathilde Panot,
présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale, la France Insoumise qui propose aujourd'hui la nationalisation d'Arcelor Mittal, Paul.
Le dernier grand assiériste français a annoncé un plan social en avril, mais pour le ministre de l'Economie, votre proposition n'est qu'un écran de fumée. Et pour le président d'Arcelor Mittal, l'invité ce matin de France Info, Alain Legris de la salle, c'est une très mauvaise idée, votre nationalisation. La plupart de nos sites en France sont compétitifs parce que le groupe maintient et a maintenu ses investissements. Nos sites sont exposés aujourd'hui aux surcapacités mondiales et aux importations destructrices des marchés européens. Donc nous sommes face à une concurrence déloyale et la nationalisation ne règle en rien ce problème.
Est-ce que vous pensez qu'un gros chèque d'argent public réglera le problème de la compétitivité ?
En fait, ce n'est pas une question d'un gros chèque d'argent public puisque vous regarderez que Arcelor Mittal reçoit déjà des centaines de millions d'argent public et refuse d'investir à la fois dans les usines et dans la décarbonation alors que la France pourrait être leader de l'acier vert notamment en Europe. Il faut comprendre que l'acier, la production d'acier dans notre pays détermine derrière toute la souveraineté industrielle du pays.
Ça détermine le secteur automobile, de la construction, de la défense, bref, toute la souveraineté industrielle et que sont en jeu 15 000 emplois et on parle de 80 000 emplois indirects qui pourraient disparaître à quelques années, dans quelques années s'il n'y a pas d'investissement. Est-ce que vous savez
pourquoi l'acier n'est pas compétitif aujourd'hui ? Et pourquoi Arcelor Mittal
souffre autant ? Oui, mais ils parlent de concurrence, mais très bien, mais ils sont en train de vouloir délocaliser à la fois en Inde.
Oui, non mais d'accord. Est-ce que vous voulez travailler là-dessus ? Parce que ce que dit le ministre de l'économie, ce que dit le patron d'Arcelor Mittal, c'est que vous aurez beau réajouter de l'argent, vous ne réglerez pas les sujets de compétitivité si l'acier chinois est toujours plus attractif si on ne décarbone pas. Parce que nous travaillerons
sur la décarbonation de l'acier, ça c'est la première chose. Et la deuxième chose, nous pouvons tout à fait organiser le fait de faire disparaître totalement la production d'acier dans notre pays et d'ensuite d'être dépendant de l'ensemble de ces autres pays. Et je pense que personne ne veut de ça. Si vous regardez par exemple en Grande-Bretagne, ils ont dû au dernier moment nationaliser en urgence justement leur production d'acier dans une situation catastrophique. La nationalisation permet au contraire de pouvoir organiser et planifier cela. Donc nous, nous le redisons.
Tous les gens, notamment le ministre de l'économie dont vous parliez tout à l'heure, qui nous explique qu'il n'y a pas d'autre solution que la nationalisation ne propose absolument rien. Donc, puisque Mittal refuse de faire les investissements nécessaires, l'État le fera et nous protégerons ainsi un secteur qui est essentiel encore une fois
à la souveraineté de notre pays. Le gouvernement a notamment annoncé des mesures pour baisser les coûts de l'énergie justement pour aider aussi les industriels.
Oui, ça serait temps qu'ils le fassent mais je vais vous dire, ils auraient dû faire en sorte d'empêcher ce qui a été voté au niveau européen qui fait que les prix de l'énergie dans notre pays sont toujours corrélés sur le prix du gaz et qui n'ont rien à voir avec leur coût de production ce qui est le principal problème dans notre pays que nous avions fortement dénoncé et dont la France Insoumise était le seul groupe à avoir voté contre au niveau du Parlement européen.
On passe au budget. La perspective d'un compromis s'éloigne. Le Sénat a entièrement détricoté tout ce qu'avait fait l'Assemblée nationale. L'ancien chef de l'État, François Hollande, n'exclut plus un recours au 49-3 qui permettrait de faire adopter ce texte sans vote. On l'écoute, c'était hier sur BFM. Nous verrons bien. Pour l'instant, c'était le choix du Premier ministre, c'était aussi la demande du Parti Socialiste. Donc, il faut aller jusqu'au bout de cette logique.
Il serait quand même mieux dans une Assemblée, puisque c'est elle qui aura le dernier mot, que les uns et les autres, qui n'ont pas forcément ce qu'ils veulent, puissent trouver le compromis et voter le budget de la Sécurité sociale et le budget du pays. Mais il ne faut jamais se priver d'une disposition constitutionnelle. Est-ce que ce matin, Mme Pannot, vous allez nous faire une haute au 49-3 parce que ça permettrait notamment de sauver la suspension de la réforme des retraites ?
Déjà, ce n'est pas une suspension de la réforme des retraites. Je vais réexpliquer. C'est un décalage du calendrier d'application de la réforme borne, c'est-à-dire exactement la même chose sur la retraite à 64 ans, mais décalé d'un an. Je n'appelle pas ça une grande victoire. Quant à la question du 49-3, vous imaginez quand même le ridicule de la situation. Il y avait deux grandes victoires obtenues par le Parti Socialiste. La soi-disant suspension qui aurait dû bloquer à 62 ans et 9 mois la réforme des retraites, ce qui n'est pas le cas puisque la retraite à 64 ans est avalisée par ce qu'a obtenu le Parti Socialiste.
Et là, la deuxième grande victoire de la direction socialiste, c'était d'avoir obtenu le non-recours au 49-3 et voilà qu'ils se retrouvent devant vos plateaux télé pour expliquer qu'il faudrait de nouveau utiliser le 49-3. Ça veut dire que vous ne préférez
pas de budget du tout
et une loi spéciale, Mathilde Panneau ? En fait, dans notre pays, ça n'existe pas de ne pas avoir de budget. Nous ne sommes pas comme dans une situation comme aux Etats-Unis où il n'y a rien de faire.
Vous préférez une loi spéciale et le signal que cela enverrait à nos voisins, aux marchés, le signal d'une France incapable de se mettre d'accord, de trouver un compromis et toutes les hausses de crédit qui étaient décidées ne seront pas appliquées. Donc, il y aura aussi des perdants en cas de loi spéciale.
Oui, il y aura beaucoup de gagnants surtout. Je vais vous dire, le budget de l'année dernière était très dur, nous l'avons combattu, mais celui de cette année propose des milliards de coupes supplémentaires qui vont toucher l'ensemble des services publics qui est absolument dramatique avec toujours une même politique qui est menée qui refuse de taxer les plus riches, la taxe du CMAN, l'impôt de solidarité sur la fortune et autres. Je vais vous dire, nous avons eu déjà l'année dernière une loi spéciale. La loi spéciale, par exemple, ça ferait qu'on ne taxerait pas les malades du cancer. Ça pourrait être intéressant.
On n'enlèverait pas la prime de Noël aux personnes qui ont l'ERSA et qui sont sans enfants. Là aussi, c'est intéressant. Donc, moi, je vais vous dire, moi, je suis favorable à ce qu'on arrête. Ce n'est pas une question de se mettre d'accord.
C'est une question d'un pouvoir qui est aujourd'hui illégitime, qui continue coûte que coûte une politique qui a été battue largement par les urnes et donc de faire en sorte que nous ayons une loi spéciale pour pouvoir avoir du temps avec un budget où les fonctionnaires sont payés et ensuite pouvoir revenir devant le peuple français pour trancher par les urnes les grandes orientations qu'ils veulent car il est impossible de continuer encore 18 mois comme cela. À propos de grandes orientations,
la question majeure aussi, c'est la répartition des richesses. Quelle est votre position sur l'idée qu'ont sorti par surprise les socialistes avant-hier au Sénat ? Vous savez, ce fameux emprunt forcé pour les 20 000 foyers les plus riches.
Vous savez, je vous rappelle, les socialistes devaient ne pas censurer un gouvernement macroniste au départ s'il n'y avait pas un candidat NFP à Matignon. Puis ensuite, ils devaient censurer s'il n'y avait pas l'abrogation de la retraite à 64 ans, s'il n'y avait pas la suspension. Puis ensuite, s'il n'y avait pas la taxe Zuckman. Et maintenant, ils ont abandonné la taxe Zuckman qui était l'impôt planché à 2% sur les ultra-riches qui fait que les ultra-riches de ce pays continueraient à s'enrichir mais paieraient la même chose que ce que payent en moyenne les Français et les Françaises. Donc c'était quand même un minima de minima. Rien ne trouve grâce à vos yeux.
Non mais attendez, nous on ne veut pas emprunter, on ne veut pas faire un prêt aux grandes fortunes de ce pays. Nous on veut qu'elles contribuent autant que le reste des Français et des Françaises. Ça s'appelle de la justice fiscale et de la justice sociale.
Il faut qu'on avance. A Grenoble, récemment, un enfant de 12 ans a été blessé par balle sur fond de trafic de drogue. Dans ce contexte, le candidat LFI au municipal dans la ville a déclaré mon équipe n'aura pas vocation à faire la chasse aux dealers. L'insécurité, le narcotrafic qui ont prospéré ces dernières années à Grenoble, ça ne doit pas être le sujet d'un maire pour LFI ? Alors, je vais vous expliquer
dans quel cas notre candidat a dit cela. Il a dit les grands réseaux, par exemple, sur les grands réseaux, démanteler des réseaux d'armes, démanteler les réseaux de blanchiment d'argent qui permettent d'avoir une criminalité organisée autour de la drogue dans notre pays. Et je ne crois pas qu'un échec n'aura pas vocation à faire la chasse aux déserts. Vous pensez que c'est les policiers municipaux qui doivent faire ça ? En tout cas, ils ne veulent pas qu'ils soient armés, ils ne veulent pas
de vidéoprotection.
Je vais vous expliquer. Le problème de la politique qui est menée depuis 20 ans, c'est que c'est un échec absolu. Et si nous reparlons encore de cette question, c'est parce que, comme nous l'avions dit, la loi narcotrafic, telle qu'elle était appelée, n'a absolument rien donné. Nous nous avons fait un plan de comment est-ce qu'on lutte contre la criminalité organisée. Et pourquoi ça n'a rien donné la loi narcotrafic ? Parce qu'il n'y a pas d'enquêteurs, parce qu'il n'y a pas assez de juges dédiés. Vous savez, par exemple, que dans le budget l'année dernière, il y a eu 5 000 postes de police judiciaire qui ont été supprimés.
Et nous avons besoin, au contraire, parce que si on ne démantèle pas les réseaux, vous pouvez faire toutes les opérations place nette que vous voulez. Ça ne sert absolument à rien.
Mais la police municipale ne doit pas être armée pour vous ? Vous ne vous dites pas qu'il y a des scénarios où c'est nécessaire ? Par exemple, en 2020, l'attentat à la basilique de Lille de Nice, ce sont des policiers municipaux qui ont neutralisé l'assaillant. Oui, mais vous êtes d'accord avec... Ils n'avaient pas été armés ?
Oui, madame Lambret, vous vous rendez compte que les villes, aujourd'hui, développent les polices municipales et souvent arment les polices municipales aussi parce qu'elles doivent pallier au désengagement de l'État. Lorsque vous avez, par exemple, un commissariat pour neuf villes et que la nuit, une équipe doit aller quelque part et que, du coup, les 18 autres villes se retrouvent sans policiers à disposition, eh bien, souvent, ils doivent faire appel à la police municipale.
Mais madame Lambret, vous serez d'accord avec moi que vous n'êtes pas d'accord, par exemple, qu'à un endroit, les gens puissent être protégés parce qu'il y a une police municipale et qu'à un autre endroit où il n'y a pas de police municipale, ils ne puissent pas être protégés. Donc, je le redis, la police est une fonction régalienne de l'État. Elle doit être assurée par l'État et nous, nous sommes pour le retour à la police de proximité. Madame Padone, je dois vous interrompre, je suis désolé parce qu'on a plein d'autres thèmes. Excusez-moi de vous couper. C'est d'avoir un service public de la police, véritablement, au service de la population.
Une question sur Grenoble avant de continuer, c'est intéressant aussi, sur la désunion de la gauche dans la mesure où il y a un maire écologiste sortant, il y a une liste d'union VRPS et vous allez présenter, vous LFI, en face de votre propre candidat comme de nombreuses autres villes face à vos ex-alliés du NFP. Elle paraît loin, l'alliance NFP. Cette stratégie interroge le patron du Parti Socialiste, Olivier Faure, qui était à votre place mardi.
Quand on est de gauche, en fait, on devrait se battre pour ne pas faire tomber des villes de gauche vers la droite parce que c'est en fait ce qui va se produire si leur seule intention est d'aller chercher à battre socialistes, écologistes, communistes. Quel est leur objectif dans la vie ? C'est être les idiots utiles de la droite. Idiots utiles de la droite ou renforts de la gauche, m'a-t-il pas dit ?
Alors, quand on est de gauche, M. Faure, on ne soutient pas un gouvernement macroniste qui est absolument contraire à la promesse qui avait été faite aux électeurs et aux électrices de rompre avec la politique de malheur d'Emmanuel Macron. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, vous pourriez peut-être demander à M. Faure s'il connaît Mme Trottmann. Mme Trottmann, c'est la candidate du Parti Socialiste à la mairie de Strasbourg et vous savez à Strasbourg qui est la maire. Une maire écologiste. Donc, est-ce que le Parti Socialiste a le droit, lui, de se présenter contre des mairies écologistes et nous, nous n'aurions pas le droit ? On pourrait demander aussi s'il connaît M.
Blanchard qui est, lui, candidat à Poitiers et là aussi contre une maire écologiste. À la Courneuve, il y a un candidat socialiste contre un maire communiste. Donc, je vais vous dire, ça s'appelle la démocratie. Et nous, nous porterons dans ces élections la question de la régie publique, la question de la baisse des loyers, bref, la question du référendum d'initiative citoyenne, bref, des manières de rompre aussi au niveau municipal avec les politiques qui sont menées.
Il va être 8h58 sur France Info. C'est l'heure de la question qui, ce matin, la question qui touche. Des élus écologistes ont déposé un vœu au Conseil de Paris. Ils veulent un socle plus élevé ou l'installation de panneaux pédagogiques autour de la statue de Dalida sur l'aboutement Marthe. Pourquoi ? Eh bien, parce que les touristes lui touchent systématiquement la poitrine. Ces élus dénoncent, je les cite, des gestes inappropriés, mimant une agression sexuelle qui participe à la culture de l'impunité. Qu'en pensez-vous ?
Oui, ça peut être une bonne idée. Je le dis parce que ça peut paraître un peu loin parfois puisque nous parlons d'une statue. Mais je le dis, tout ce qu'on appelle la culture à la fois du viol, du non-consentement, des agressions, sont des choses qui participent aussi au sentiment d'impunité. Vous savez que dans notre pays, rien que la semaine dernière, jeudi dernier, il y a eu 4 féminicides, qu'on compte 149 féminicides, donc de femmes qui sont mortes parce que femmes. Le frère de Dalida
qui a donné ce buste te dit que c'est absolument ridicule.
Eh bien, très bien. Mais moi, je pense que c'est intéressant de poser les questions. Mais poser les questions, mais évidemment, ce qu'il faut faire, et je le dis notamment à Aurore Berger sur le plan qui a été proposé, qu'il n'est pas possible de lutter contre les violences faites aux femmes sans aucun moyen supplémentaire et les associations ne cessent de demander 3 milliards supplémentaires et notamment de faire en sorte que leurs subventions ne baissent pas. Merci beaucoup, Mathilde Panot.
Merci d'avoir répondu aux questions de France Info.
Merci Paul.
Merci Agathe.
Mathilde Panot